En 2003, à l'initiative
de Christiane CHAIX-BROUSSAUD et d'Odile PASSOT 
et sur présentation du député-maire, Hervé MARITON,
à son Conseil municipal,
le parrainage par la Ville de Crest 
du prisonnier de conscience tibétain, Jigme Gyatso,
a été voté à l'unanimité.

 

Jigme GYATSO a, enfin, été libéré après 15 ans d'emprisonnement et nous nous en réjouissons.

C'est sans nul doute la conjugaison des volontés des associations, comme la nôtre, et l'aide des responsables politiques, comme Hervé MARITON, qui ont eu raison des décisions iniques de la RPC quant à ses ressortissants Tibétains.

Nous souhaitons aux autres prisonniers de conscience un résultat similaire à brève échéance.

 
Nouvelles alarmantes concernant Jigme Gyatso
 
Après avoir été longuement battu,
il était dans l'impossibilité de marcher...
... Maintenant nous craignons pour sa vie !
 
Précédemment, et à plusieurs reprises, nous vous avons fait part de nouvelles inquiétantes concernant le prisonnier tibétain Jigme Gyatso.

Les dernières informations, transmises en décembre 2010 par l'intermédiaire de l'Administration Centrale tibétaine en exil, sont plus qu'alarmantes et font planer des doutes sur sa capacité à survivre.

Ce prisonnier a été condamné à 18 ans de prison pour "activités séparatistes" et "contre révolution".

Jigme Gyatso (nom religieux) serait aussi connu sous le nom de Dhondup Tsering (ch : Yi Deng Ci Ren). Ses amis parlent d'un homme "honnête, ouvert d'esprit, fortement dévoué au peuple tibétain".
 
Il est né dans le village de Bartha près de la ville de Gangya Shang, dans le district de Sangchu, région de Kanlho (ch : Gannan), province de Gansu en Amdo. Cet ancien moine d'environ 45 ans, était entré à 21 ans au monastère de Labrang Tashikyil dans la province de Gansu. Plus tard, il a appartenu au monastère de Ganden à Lhassa.

Au milieu des années 80, il a voyagé en Inde et a étudié quelques mois au monastère de Drepung, au sud de l'Inde.

Entre 1988 et 1989, Jigme Gyatso a mené une organisation secrète de jeunesse appelée "Association du Mouvement pour la liberté du Tibet".

Le 17 janvier 1992, il a organisé une manifestation à Lhassa, au cours de laquelle de nombreux manifestants furent arrêtés et détenus par le Bureau de la Sécurité Publique (PSB) et les fonctionnaires du département anti-émeutes. Jigme Gyatso ne fut pas arrêté mais les fonctionnaires du PSB le soupçonnaient d'être impliqué et il fut mis sous haute surveillance.

Le 30 mars 1996, Jigme Gyatso fut arrêté à Lhassa dans le restaurant Tsongla Yangzom, dont le propriétaire, précédemment arrêté, faisait partie de l' "Association du Mouvement pour la liberté du Tibet". Le même jour, il fut détenu à Lhassa, suspecté par les autorités de mener des activités politiques, ayant constitué et dirigé un groupe appelant à l'indépendance du Tibet.
 
Le restaurant fut fermé lorsque les autorités découvrirent que le restaurant était un lieu de rendez-vous de l'association.

Après son arrestation, Jigme Gyatso a tout d'abord été emmené au poste de police de Lhassa réservé aux gens d'Amdo. Il y fut interrogé et terriblement torturé un jour et une nuit.

Le jour suivant, il a été transféré au centre de détention du PSB de Gutsa où il est resté sans inculpation ou jugement jusqu'au 29 août 1996. Durant les 5 premiers mois de sa détention à Gutsa, enfermé dans une "cellule d'interrogatoire" sombre, il fut inhumainement battu et torturé par les policiers et les procureurs qui l'interrogeaient.

Jigme Gyatso avait été séparé des 17 autres personnes arrêtées en même temps que lui.

Il fit preuve d'un incommensurable courage face aux sévices corporels qu'on lui infligeait, il ne nia aucun des chefs d'accusation et se montra fier de ses actions. Il proclama qu'il ne regrettait rien de ce qu'il avait entrepris en faveur de la liberté de son pays et que l'histoire future prouvera le bien-fondé de ses actes. Il fut aussi torturé pour avoir fait passé un papier aux autres prisonniers. Ses mains et ses pieds étaient enchaînés. Il reçu des coups de pieds mais aussi de matraques électriques sur son dos et sa poitrine.

Jigme Gyatso réussi à faire parvenir une lettre à un camarade dans laquelle il disait que vraisemblablement il recevrait une longue peine de prison mais qu'il n'avait aucun regret. Il faisait allusion à la longue peine du 10e Panchen Lama (en 1962, le Panchen Lama fut condamné à 14 ans de prison) et à d'autres personnes qui avaient connu la prison pour la liberté, parmi lesquelles il citait Nelson Mandela.

Jigme Gyatso a été officiellement jugé le 25 novembre 1996 à Lhassa, par la Cour Populaire Intermédiaire, accusé d'être le chef d'un mouvement indépendantiste tibétain "contre révolutionnaire", mais aussi pour "mise en danger de la sécurité de l'Etat" en relation avec la création d'une organisation illégale et "incitation". Il a été condamné à 15 ans d'emprisonnement et 5 ans de privation de ses droits politiques. Ce fut la plus lourde sentence des membres du groupe. Les autres étaient condamnés pour avoir mis un drapeau tibétain sur le monastère de Ganden et autres actes de résistance pacifique.

Jigme Gyatso n'avait pas d'avocat, pensant que sa présence n'aurait aucun effet sur le résultat du procès. Pendant son jugement, ses quatre amis ont rapporté que Jigme Gyatso a bien parlé.

Quand le juge lui a demandé s'il regrettait ce qu'il avait fait, il répondit :  "Je n'avais pas tort, Je n'ai aucun regret, l'Histoire est avec moi pour prouver que je n'ai pas tort. S'il vous plaît, libérez tous mes amis. Je prends sur moi tous leurs crimes. Vous pouvez me tuer".

Il fut conduit à la prison de Drapchi à Lhassa en avril (ou mai) 1997 pour y purger sa peine. Quelques mois plus tard (date difficile à déterminer, se situant vraisemblablement en septembre 1997) des agents de la sécurité d'Amdo, sa région d'origine, vinrent interroger Jigme Gyatso. Il fut emmené et retenu au ministère de la sécurité à Lhassa pendant 9 jours. Il y fut aussi une fois de plus torturé à outrance notamment par des policiers saouls. Ils le frappèrent avec une bouteille de bière sur tout le corps, le battant jusqu'à ce qu'il soit inconscient et l'ont laissé dehors toute la journée au soleil. Pendant plusieurs jours, il n'a pas pu bouger.

Le 20 novembre 1997, le jour du parloir, Jigme Gyatso est sorti du groupe des prisonniers qui attendaient qu'on les appelle, pour se mettre dans un rayon de soleil. Les gardes le plaquèrent sur le mur et le reconduisirent dans sa cellule. Les autres prisonniers protestèrent et, à titre de punition, personne ne fut autorisé à recevoir de visite. A cette période, Jigme Gyatso fut aperçu la tête recouverte d'un tissu noir et battu, mis en cellule d'isolement, puis enfermé avec les criminels, prisonniers de droit commun.

Il a de nouveau connu la torture avec d'autres prisonniers politiques à Drapchi, à la suite des manifestations coïncidant avec la visite à la prison, en mai 1998, d'une délégation d'ambassadeurs de trois pays de l'Union Européenne en place à Pékin.

Ces révoltes furent brutalement matées. On compta 8 morts et des prolongations de peines pour au moins 27 prisonniers. Jigme Gyatso fut blessé à la tête du fait des coups reçus en punition des manifestations du 1er et du 4 mai 1998.

Sorti de l'enceinte de la prison par les gardes qui avaient obtenu l'autorisation officielle de "pouvoir obtenir davantage d'informations sur son action politique" lors d'un affichage à Gansu, ils lui attachèrent les mains dans le dos et lui firent subir des chocs électriques sur tout le corps et le forcèrent à avouer. Jigme Gyatso refusa car au moment de l'affichage, il était avec un ami à Lhassa. Durant 5 jours, il n'eu ni à boire ni à manger et fut de nouveau fortement torturé. Lorsqu'il revint à la prison de Drapchi, il pouvait à peine marcher. Il devait se tenir au mur et son corps présentait de manière évidente des traces de mauvais traitement.

Madame Yangchen, femme d'un de ses amis, se rendit régulièrement à Drapchi pour rendre visite à Jigme Gyatso. La dernière rencontre a eu lieu le 20 septembre 1998. Dans un langage codé, Jigme Gyatso informa Yangchen qu'il a été arrêté et torturé durant les émeutes de Drapchi en mai et en juillet. Confirmation aurait été faite à sa femme, qu'il aurait été, entre autre, sauvagement battu sur la tête, mais également sur les épaules et le dos.

En mai 2004, la condamnation de Jigme Gyatso a été allongée de deux ans (ou trois ans selon l'organisation Dui Hua) après avoir crié, en mars, des slogans favorables au Dalaï-lama alors qu'il était à la prison de Drapchi.

Crier "Longue vie au Dalaï-lama" lui aurait valu de recevoir des coups de pieds et d'être battu, y compris avec des matraques électriques.

En septembre 2004, le cas de Jigme Gyatso fut évoqué auprès des autorités chinoises au cours d'une visite à Lhassa du Groupe de travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires. Le Groupe de travail avait alors établi que le cas de Jigme Gyatso était une détention arbitraire en violation des articles 19 et 20 de la Déclaration des droits de l'Homme, car "Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques".
 
26 mars 2005 : Jigme Gyatso qui purgeait une peine de 15 ans de prison a vu sa peine allongée de 2 ans.

Avril 2005 - Réponse des autorités chinoises au questionnaire du Congrès américain :

"M. Jigme Gyatso (ch : Yi Deng Ci Ren) né en 1961. A suivi l'école primaire. Propriétaire d'une petite affaire au Comté de Xiahe, Province de Gansu. Accusé de crimes de "mise en danger de la sécurité de l'Etat" par la Cour Populaire intermédiaire de Lhassa le 25 novembre 1996 et condamné à 15 ans de prison (30 mars 1996 - 29 mars 2011) et privé de tous ses droits civils pour une période de 5 ans. Purge sa peine à la prison de la Région Autonome du Tibet (même réponse qu'en septembre 2004, cette réponse ne fait pas mention de l'allongement de peine).
 
En novembre 2005, le Rapporteur spécial des Nations Unies s'est rendu dans un certain nombre de prisons chinoises et tibétaines. Notamment à Lhassa à la prison de Drapchi, où Jigme Gyatso était enfermé. A Manfred Nowak, il a été répondu que Jigme Gyatso avait été déplacé, comme beaucoup d'autres prisonniers, le 12 avril 2005, vers la nouvelle prison de Qushui (Tib : Chushur) à l'ouest de Lhassa, près de Nyethang (ch : Nidang) sur la route de Lhassa à Shigatse.

Ce lieu de détention a été ouvert en avril 2005. C'est une prison de plus de 300 hommes. C'est là que de nombreux anciens prisonniers de Drapchi ont été déplacés dans le cadre de la réorganisation. Il a été dit que la prison de Qushui est destinée aux très grands crimes (plus de 15 ans de prison de condamnation).

Monsieur Nowak est le premier observateur international à visiter la prison où Jigme Gyatso et d'autres prisonniers politiques sont détenus dans le comté de Chushur (ch : Qushui).
 
Le Rapporteur spécial a été particulièrement sensible aux témoignages des prisonniers disant que les moines tibétains détenus n'étaient pas autorisés à prier et que parfois n'étaient pas autorisés à sortir de leur cellule plus de 20 minutes par jour. Sensible aussi au fait que les prisonniers ne pouvaient pas travailler ou faire de l'exercice et qu'ils n'avaient rien à lire.

Les prisonniers se plaignent de la nourriture, des températures extrêmes dans les cellules pendant les mois d'été et d'hiver et d'un sentiment général de faiblesse à cause du manque d'exercice.

Les prisonniers ayant été transférés de la prison de Drapchi déclarent que les conditions étaient meilleures là-bas. En particulier que la prison manque de possibilité de travail et d'exercice pour les prisonniers de longue peine.

Manfred Nowak a aussi noté dans son rapport que "dans cette prison comme dans d'autres visitées au Tibet et en Chine, il existe un niveau palpable de peur et de contrôle de soi".

Jigme Gyatso fait partie des prisonniers que le Rapporteur a pu rencontrer, le 27 novembre 2005.

Voici son rapport sur Jigme Gyatso :
 
Le 30 mars 1996, il a été arrêté et battu par l'équipe d'Investigation criminelle "condamné à 15 ans d'emprisonnement et 5 ans de ces droits politiques" le 25 novembre 1996, par la Cour Populaire Intermédiaire Municipale de Lhassa pour crime de "mise en danger de la sécurité de l'Etat  en relation avec la création d'une organisation illégale".
 
Il déclara au rapporteur que les mauvais traitements étaient pires à Gutsa, où il est resté un an et un mois. Puisque les personnes avec lesquelles il était accusé avaient déjà avoué, il se décida à avouer. Il fut alors transféré à la prison de Drapchi en avril 1997. Lors d'un incident en mars 2004, il cria " Longue vie au Dalaï lama ". Pour cela, il fut battu notamment à coups de pieds mais aussi avec des matraques électriques. Ces matraques furent utilisées sur son dos et sa poitrine. Ce fut extrêmement douloureux. Cela cessa lorsque le chef de la police entra et y mis fin. Après cet incident sa condamnation fut allongée de 2 ans. Il répéta que les conditions étaient meilleures à Drapchi qu'à la prison de Quishi : meilleure nourriture, les cellules étaient mieux faites et ventilées, et les températures à l'intérieur n'étaient pas si extrêmes en été et en hiver. Il peut passer 3 heures et demi par jour en dehors de sa cellule.
 
A la suite de cette entrevue, voici ce que Monsieur Manfred Nowak écrit sur Jigme Gyatso dans son rapport sur sa visite en Chine, publié le 10 mars 2006 "Puisqu'il a été accusé de crime politique, probablement sur la base d'informations obtenues sous la torture, le Rapporteur Spécial appelle le gouvernement (chinois) à le libérer".
 
Depuis la visite à la prison de Chushul du Rapporteur des Nations Unies en novembre 2005, Jigme Gyatso a été maltraité et mis en cellule d'isolement dans des conditions particulièrement strictes. 

Il aurait été hospitalisé au début de l'année 2006 pendant plusieurs semaines et ne serait plus capable de marcher, étant blessé à une jambe.
Au début de l'année 2009, Jigme Gyatso a été de nouveau hospitalisé à l'hôpital de la prison de Drapchi à Lhassa.

Ses proches l'y ont aperçu pour la dernière fois en février 2009. Il était très fragile et soufrait des reins. Il marche très courbé (Source : OMCT 28 avril 2009).
 
Le Comité de Soutien au Peuple Tibétain, très inquiet du sort réservé à Jigme Gyatso, demande la libération immédiate et inconditionnelle de ce prisonnier politique.

 

 
 

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