Nous nous
souvenons, ce jour, comme dans beaucoup de villes du monde entier du 48e
anniversaire du soulèvement de Lhassa survenu le 10 mars
1959.
Au niveau du
Parlement européen, il n'y a toujours pas de nomination d'un Représentant spécial du Tibet malgré la demande de nombreuses
associations.
Cette demande
a fait l'objet d'un examen approfondi en 2002 et 2003 et les Etats
membres sont
convenus que cette initiative n'était pas de nature à favoriser
l'information
de l'UE sur la situation tibétaine.
Satisfecit sur
les négociations entre Pékin et les représentants du DL qui ont déjà eu lieu
et se poursuivent favorablement puisque encore en 2006 des entrevues
se sont déroulées. L'Union risquerait de compliquer la tâche …donc elle
s'abstient !
Ce que représente le 10 mars
1959
C'est au cours
des années 1949-1950 que les troupes de l'armée chinoise envahirent le
territoire tibétain. Le Tibet lança un appel à la communauté internationale
qui resta sans réponse. Seule face à la Chine, une petite délégation
tibétaine fut contrainte de signer, en 1952, à Pékin, l'infâme " Accord en
17 points " dans lequel le Tibet faisait abandon de sa souveraineté. Un
accord inique, qui sera dénoncé plus tard par le XIVe Dalai-Lama. Il
s'ensuivit, pour le Tibet bouddhiste et la Chine communiste, une période de
neuf années de coexistence difficile.
Les Tibétains
du nord-est et de l'est du Tibet qui assistèrent les premiers à l'intrusion
de l'Armée populaire de libération, fuirent devant la répression chinoise
croissante et durent gagner les zones rurales. C'est là qu'une résistance
armée s'organisa, laquelle se propagea bientôt dans tout le Tibet.
Tristement célèbres dans la mémoire des Tibétains, les provinces de l'Amdo
et du Kham furent la scène d'un cycle résistance-répression qui contraignit
des milliers de Tibétains à fuir vers le Tibet central et vers Lhassa,
relativement plus sûrs. Mais le ressentiment de ces populations, engendré
par l'arrogance avec laquelle la Chine traitait le gouvernement tibétain,
s'abreuvait encore des récits de destruction des monastères et de massacre
de lamas et de moines que rapportaient les réfugiés venus du Tibet oriental.
Bientôt, le mécontentement qui couvait se traduisit par une défiance ouverte
à l'égard de la Chine.
Le 10 mars 1959, ce sont des dizaines de milliers d'hommes et de
femmes qui descendent dans les rues de Lhassa pour réclamer l'indépendance du
Tibet. Ce mouvement de protestation, porté par une population déjà exaspérée, fut réprimé
dans un bain de sang.
Selon une estimation
chinoise, près de 87 000 Tibétains furent massacrés dans le seul Tibet
central. Il fallut un peu plus de trois jours à l'Armée populaire de
libération pour venir à bout du soulèvement, mais elle ne réussit pas à
étouffer le mouvement de résistance qui se répandait dans tout le
Tibet.
Le soulèvement
du 10 mars et sa répression inconditionnelle eurent pour conséquence la
fuite vers l'Inde du Dalaï-Lama, des membres de son gouvernement et
d'environ 80 000 Tibétains. Le gouvernement tibétain en exil, depuis son
siège de Dharamsala, petite ville située au nord de l'Inde dans les
contreforts de l'Himalaya, a développé, sous la conduite du Dalaï-Lama, une
résistance non violente à l'occupation chinoise, résistance qui a donné
naissance à un Mouvement pour la liberté du peuple tibétain étendu
aujourd'hui à l'échelle mondiale.
Aussi, chaque
année, où qu'ils soient, les Tibétains commémorent le 10 mars, pour
qu'eux-mêmes se souviennent et pour rappeler au monde que les Tibétains qui
sont morts pour la cause de la liberté ne sont pas morts en vain, que leur
mort est un sacrifice juste et noble, consenti pour que puisse renaître un
Tibet libre.
Source : Bureau du Tibet - 84, bd Adolphe Pinard - 75014
PARIS