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Le Tibet fut
une des plus grandes puissances d'Asie pendant les siècles qui suivirent,
comme le confirment l'inscription sur une colonne du Potala à Lhassa ainsi
que certaines révélations historiques chinoises de l'époque Tang. Un traité formel de
paix fut conclu entre la Chine et le Tibet en 821 / 823. Ce traité
démarquait la frontière entre les deux pays et assurait que "Les Tibétains seront heureux
au Tibet et les Chinois seront heureux en Chine".
Alors qu'au cours du XIIIe siècle
l'Empire mongol de Gengis Khan s'étendait à l'ouest vers l'Europe et à l'Est
vers la Chine, les leaders tibétains de la puissante école Sakya de bouddhisme
tibétain conclurent un accord avec les chefs mongols afin d'éviter la conquête
du Tibet.
Les relations qui se développèrent et
continuèrent d'exister jusqu'au XXe siècle entre les Mongols et les Tibétains
étaient un reflet d'une étroite affinité raciale, culturelle et religieuse entre
les deux peuples d'Asie centrale. L'Empire mongol était un empire mondial et
quelles que fussent les relations entre ses gouvernants et les Tibétains, les
Mongols n'intégrèrent jamais l'administration du Tibet et celle de la Chine, ni
unirent le Tibet à la Chine.
Le Tibet redevint totalement
indépendant au XIVe siècle et ce jusqu'au XVIIIe siècle où s'établit un "parrainage"
entre l'empereur mandchou et le Dalaï Lama sans entamer l'indépendance
tibétaine, du moins jusqu'à ce que certains puissant empereurs mandchous
envoient des troupes impériales au Tibet afin de protéger le Dalaï
Lama et le peuple tibétain des invasions mongoles, gorkas, mais aussi de
prévenir d'éventuels troubles internes. Ces expéditions donnèrent aux empereurs
les moyens d'établir leur influence sur le Tibet.
Le Tibet ne fut jamais annexé à
l'Empire mandchou, ni même à la Chine, et continua de conduire ses relations
avec les Etats voisins de façon autonome.
Les Britanniques envahirent
pendant une brève période Lhassa et conclurent un traité bilatéral avec le Tibet,
mais le gouvernement impérial de Pékin continua de revendiquer une
certaine autorité dite "suzeraineté". Après la révolution chinoise de 1911 (chute de l'empire),
et la proclamation de la République de Chine, est signé le traité d'Ourga 1912
(proclamation d'indépendance du Tibet) qui permet le retour d'exil du XIIIe
Dalaï Lama.
En 1929, la Chine accepte de
reconnaître l'autorité du Dalaï Lama en échange de certains avantages… Le Tibet
est à nouveau libre jusqu'en… 1949.
Les maoïstes contestent l'autorité en
place et après une guerre civile renversent le gouvernement nationaliste de
Tchan Kai Chek. Mao Zedong proclame la République populaire de Chine le 1er
octobre 1949.
Aussitôt, l'Armée
populaire de libération de la RPC pénètre au Tibet et impose, sous prétexte d'un
prétendu "Accord en 17 points pour la libération pacifique du Tibet", la présence de 40
000 soldats chinois.
En 1959, les soulèvements populaires
culminèrent avec des démonstrations de masse à Lhassa. Dans la seule région de
Lhassa quelque 87 000 Tibétains furent tués et les proches du Dalaï Lama
organisèrent sa fuite en Inde, où il réside maintenant avec le gouvernement
tibétain en exil.
En 1963, le Dalaï Lama promulgua une
constitution pour un Tibet démocratique à Dharamsala.
Durant toute cette période, la
persécution religieuse, les graves violations des droits de l'Homme, la
destruction systématique des bâtiments religieux et historiques par les
autorités occupantes n'ont pas réussi à détruire la volonté du peuple tibétain
de résister à la destruction de son identité nationale. À la suite de
l'occupation chinoise, 1 200 000 Tibétains (c'est-à-dire plus d'un sixième de la
population totale) ont perdu la vie.
Mais la nouvelle génération tibétaine semble autant
déterminée que la génération précédente pour reconquérir l'indépendance du
Pays.
10 mars 2008. Quand l'actualité
rattrape l'histoire... De nouvelles manifestations ont lieu dans tout le
Tibet (province dite "autonome", Amdo et Kham), des centaines de personnes
laïques et religieuses ont été arrêtées et de nombreux Tibétains ont
été tués.
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