Le Karmapa (AFP)
 
Après le Dalaï Lama, le Karmapa sera-t-il le chef spirituel des Tibétains ?

Jeudi 15 juillet 2010 - Dharamsala - La fête d'anniversaire du dalaï lama, qui vient de souffler ses 75 bougies, a livré quelques clés concernant la succession mystère du chef spirituel et politique des Tibétains: assis à côté du prix Nobel de la paix, se tenait un lama de 26 ans à l'avenir prometteur.

Orgyen Trinley Dordje revendique le titre de 17e karmapa, l'un des plus importants chefs du bouddhisme tibétain. Séparés par deux générations, le Dalaï Lama et le Karmapa partagent un lien particulier: ils ont tous deux fui leur pays pour vivre un exil incertain.

Le Karmapa, qui s'enfuit en 1999, a aujourd'hui le même âge que le Dalaï Lama quand celui-ci quitta le Tibet à la suite d'un soulèvement anti-chinois.
Tous deux vivent à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, une ville qui sert de base au gouvernement tibétain en exil, dont le Dalaï Lama est le chef.
 
"Il est comme une figure paternelle pour moi. Je le considère comme mon professeur et mon guide", confie-t-il dans un entretien à l'AFP.

Selon lui, la mort du Dalaï Lama, de son vrai nom Tenzin Gyatso, aura un "impact énorme" sur le mouvement tibétain et la lutte pour une véritable autonomie au sein de l'administration chinoise.

Il n'y a cependant pas "de précipitation" pour penser à la succession, jure-t-il, avant d'ajouter qu'il "ferait de son mieux pour aider aux activités que le Dalaï Lama a portées" pour le Tibet et les Tibétains.

Le Karmapa est l'un des chefs spirituels bouddhistes les plus importants au Tibet, avec le Dalaï Lama et le Panchen Lama. Mais le dernier Panchen Lama, un enfant de six ans nommé par le Dalaï Lama en mai 1995, a été porté disparu peu après et Pékin a nommé son propre candidat.

Même s'il ne pourra jamais devenir le 15ème Dalaï Lama car il appartient à une autre branche du bouddhisme, le Karmapa pourrait avoir une position dominante jusqu'à ce qu'une nouvelle figure soit trouvée.
 
Ce Karmapa a été à la fois reconnu par le Dalaï Lama et intronisé par le pouvoir chinois, avant sa fuite du pays, ce qui fait de lui une figure très influente.

Il est de ce fait considéré comme un possible médiateur entre Pékin et les 200.000 membres de la communauté tibétaine en exil, même si selon lui, il reste considéré avec méfiance par la Chine.

Sa fuite du Tibet, à l'âge de 14 ans, avait été motivée par la crainte de se voir réduit à un rôle de marionnette par les autorités chinoises.

"L'une de mes inquiétudes était qu'à l'âge de 18 ans, j'obtienne un poste au sein du gouvernement (chinois) et qu'alors je doive aller contre sa Sainteté et la cause pour le Tibet", explique-t-il.

Vivant désormais sous la loi indienne, il est soumis à des restrictions de déplacement. Un voyage prévu en Europe cette année a ainsi échoué et son seul voyage en 11 ans à l'étranger fut aux États-Unis en 2008.
 
L'existence en Inde d'un mouvement tibétain, qui milite ouvertement pour l'autonomie ou l'indépendance et dénonce des violations des droits de l'Homme au Tibet, tend les relations diplomatiques entre l'Inde et la Chine.
 
Interrogé par l'AFP, le porte-parole du Dalaï Lama, Tenzin Taklha, souligne que le Karmapa est l'un des nombreux Lamas à pouvoir endosser des responsabilités après la mort du Dalaï Lama.

"Il est certainement l'un des chefs spirituels les plus importants. Il est charismatique et un chef prometteur avec un nombre important de fidèles", a-t-il cependant souligné.

Traditionnellement, la recherche du Dalaï Lama est menée par les Lamas les plus haut placés dans la hiérarchie, mais le régime communiste chinois a récemment indiqué qu'il se réservait le droit d'avoir le dernier mot.
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PARIS / TAIWAN / PEKIN :
Plus que jamais, bas les pattes devant la Chine ! Coucher… ! à la niche !

Mercredi  7 juillet 2010 - Marianne - Philippe Cohen
 
Et encore plus que jamais quand le président de l'assemblée de la RPC est en visite à Paris et à l'Assemblée nationale française...(ndlr).

Ça se passe comme ça à Paris : la conférence d'un chercheur taiwanais à l'IFRI a été annulée pour ne pas chatouiller les oreilles sensibles de la représentation diplomatique chinoise...
 
La recherche scientifique sur la Chine est-elle encore libre en France ? On peut se le demander suite à la mésaventure vécue par Andrew Yang, chercheur taiwanais, et par ailleurs vice-ministre de la Défense dans son pays.

Andrew Yang était invité à donner une conférence sur la sécurité en Asie à l'IFRI l'un des tout premiers instituts de recherche en matière de relations internationales, dirigé par Thierry de Montbrial. Or, quelques jours avant ladite conférence, l'impétrant apprend l'annulation de son voyage et le refus par l'administration française de lui accorder un visa de séjour.
 
Que s'est-il passé ? C'est assez simple à comprendre. La venue de ce chercheur taiwanais, bon connaisseur de la défense chinoise, n'avait pas l'heur de plaire à l'ambassade de Chine. Qui l'a fait savoir à qui de droit. Oui mais qui est qui de droit ? C'est ce que nous avons cherché à savoir. Côté IFRI, le chercheur en charge du dossier nous renvoie à la direction. Le patron, Thierry de Montbrial, qui a régulièrement des relations avec la Chine , nous réoriente, via sa secrétaire, vers un directeur général. Lequel nous indique, de façon laconique, que " Monsieur Yang a eu un problème technique ", et qu'il faut voir avec le Quai d'Orsay. Côté quai d'Orsay, différents interlocuteurs se renvoient la patate chaude jusqu'à un mail du service de communication d'une certaine Elsa Pignol. Un message on ne peut plus sybillin : " Nous n'avons aucun commentaire sur cette affaire."
 
Personne - les Ambassades de Chine et de Taiwan étant bien sûr muettes sur l'affaire - ne voulant donc raconter l'histoire, nous sommes contraints de le faire nous-mêmes. Selon toute vraisemblance, l'Ambassade de Pékin a joint à la fois l'IFRI et le Quai d'Orsay. Thierry de Montbrial a obtempéré : pour lui, le maintien de bonnes relations avec la Chine est au dessus de tout, (et même de la liberté de la recherche ?). L'IFRI a donc annulé la conférence tandis que le ministère des Affaires étrangères refusait le visa.
 
L'ambassade de Taiwan ne peut rien faire au moment où le pays vient de signer un accord commercial avec Pékin, accord sur lequel mise depuis des mois le gouvernement taiwanais pour normaliser ses relations avec la Chine. Quant au Quai d'Orsay, selon des sources internes, à la veille de la prochaine visite à Paris, en septembre du Président Hu Jintao, dont on espère qu'il signera une nouvelle moisson de contrats commerciaux, il n'est pas question susciter le moindre ombrage aux diplomates chinois. Plus que jamais, bas les pattes devant la Chine !
 
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Nancy Pelosi demande à la Chine d'engager des discussions "sérieuses" avec le Dalaï Lama

Mardi 6 juillet 2010 - Washington (AFP) - La présidente de la Chambre américaine des représentants Nancy Pelosi a demandé à la Chine mardi, à l'occasion des 75 ans du dalaï lama, d'engager des discussions "sérieuses" avec le dignitaire bouddhiste qu'elle a qualifié "d'homme de paix et de sagesse".

"Sa Sainteté a fait part de sa volonté de se rendre en Chine et de dialoguer directement avec des hauts responsables. Mon voeux le plus cher est que Pékin envoie un message ferme en invitant sa Sainteté en Chine pour d'importantes discussions", a indiqué Mme Pelosi dans un communiqué.

Nancy Pelosi, connue pour ses critiques envers Pékin au sujet des violations des droits de l'homme, a estimé qu'il était "grand temps de résoudre la question" du Tibet.

"Un accord négocié assurera la stabilité intérieure au Tibet et oeuvrera en faveur de la réputation de la Chine dans le monde", a ajouté Mme Pelosi.

"A l'occasion du 75e anniversaire de sa Sainteté le dalaï lama, je continue d'admirer l'oeuvre de sa vie qui fait la promotion de la compassion, de la paix et des droits de l'homme pour toutes les personnes du monde", a-t-elle dit.

Adulé par son peuple, icône en Occident, le dalaï lama, qui a fui le Tibet en 1959 à la suite d'un soulèvement anti-chinois, est abhorré par Pékin qui voit en lui un dangereux séparatiste.

Pour autant, le lauréat du prix Nobel de la paix en 1989, apôtre de la non-violence, défend une stratégie conciliante face à la Chine, une "voie moyenne" qui prône une simple "autonomie culturelle".

Des milliers de Tibétains ont fêté mardi les 75 ans du Dalaï Lama dont l'âge et la santé précaire posent avec une acuité croissante la question de sa succession.
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Claude B. Levenson
 Mai 2010
 
Le Tibet à rebrousse-temps
 
Regardez une carte de géographie, vous le verrez au coeur de l'Asie, même si son nom n'y figure plus, au milieu de nulle part, c'est-à-dire au centre même, axe de la planète dorénavant assimilé au " troisième pôle " ou toit du monde au-dessus des étendues euroasiatiques, pays que des idéologue s'acharnent à faire disparaître en l'effaçant de l'histoire des hommes et que d'autres, mieux inspirés et fondés à le faire, préservent tranquillement avec non moins d'obstination pour l'avenir des générations futures. Pays qui existe tellement à force d'être souhaité disparu corps et biens de la mémoire humaine et dont l'âme nomade caracole sur la crêtes des montagnes, des nuages ou des rêves.
 
Défaite des vainqueurs, victoire des vaincus : alors que le bras de Pékin se fait de plus en plus long à mesure que ses interlocuteurs se font plus petits et semble étendre ses tentacules bien au-delà de la Grande muraille, fût-elle virtuelle, des hommes et des femmes chassés de chez eux il y a plus d'un demi-siècle ont dû se résoudre un jour à partir et à prendre l'une des multiples routes du temps, celle de l'exil. Peut-être à rebrousse-temps du temps linéaire commun dans la société humaine. Car enfin, à l'heure de l'émancipation des peuples, lorsque tant d'autres recouvraient la liberté ou accédaient à l'indépendance, le Tibet, lui, était militairement occupé contre la volonté de son peuple révolté, et depuis lors, soumis à une colonisation systématique au nom d'une hypothétique modernisation à marche forcée piétinant les aspirations profondes des premiers concernés, les Tibétains eux-mêmes. Curieuse destinée à vrai dire pour un peuple dont Jacques Bacot disait à l'orée du XXe siècle qu'il était " étrange et vivait à part des autres, ne faisant rien comme eux "…
Et pourtant : comme d'autres peuples naguère asservis, les Tibétains restent insoumis.

Ils le font savoir à leur manière, parfois surprenante, s'entêtant à ne pas capituler ni à l'intérieur de leur pays défiguré où tout est fait afin qu'ils oublient leurs racines, leur passé, leurs traditions et leur histoire - ni dans l'exil où non contents de reconstruire et de préserver leur héritage, ils l'offrent en partage. Pour enrichir le patrimoine commun de l'humanité. Du toit du monde jusqu'aux rives d'océans lointains : de quoi contribuer à irriguer ou à éclairer les temps à venir.
 
Sur place néanmoins, en leur vaste berceau d'altitude, la vie est rude à ceux qui persistent à ne pas abdiquer leur singularité, voire à réclamer le respect de leurs droits. Un jeune Tibétain téméraire, rapidement arrêté par des gardiens de l'ordre chinois aux aguets, a osé devant le Jokhang à Lhassa réclamer en solitaire une aide réellement efficace et des compensations pour les victimes du séisme de la mi-avril, laissées pour compte dans les hameaux à peine éloignés de l'épicentre du désastre. D'autres dans la région de la catastrophe ont été arrêtés pour avoir posé des questions sur l'organisation des secours et les incohérences de l'aide d'urgence, retardée par la méconnaissance du terrain et les difficultés d'accès.
 
Toutefois, comme pour tenter de mieux dissimuler des réalités qui dérangent, à la grandiose exposition universelle de Shanghai censée témoigner aux yeux du monde de la montée pacifique de la Chine sur l'échiquier mondial, il se trouve un " pavillon du Tibet céleste " où, selon une dépêche de l'AFP, on voit des " Tibétains tout sourire richement parés dans des paysages somptueux illustrant ainsi " la société harmonieuse " version le président Hu Jintao, sous le slogan " le Tibet nouveau, une vie meilleure ". Revers de la médaille, fin avril, l'agence officielle Xinhua en appelait au " renforcement de la vigilance contre les forces étrangères hostiles à la Chine " et à " bloquer les informations nuisibles concernant les droits de l'homme, le Tibet ou le Xinjiang ". Amis du Tibet, vous voilà dûment avertis, attention à la liste noire…
 
Mieux encore, le 9 mai, une dépêche de la même agence Xinhua rapportait les propos de Jia Qinglin, président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois, appelant les ressortissants chinois à l'étranger et les étrangers d'origine chinoise, membres de diverses associations culturelles ou d'amitié, à contribuer par des investissements " au développement de la Région autonome du Tibet er la Région autonome ouïghoure du Xinjiang ". Et de les encourager à être de " fermes partisans de l'unité nationale et de mieux faire découvrir au monde les progrès du Tibet et du Xinjiang, à faire plus d'efforts pour sauvegarder l'intégrité territoriale, la cause de la réunification et la diffusion de la culture chinoise à l'étranger ". Comme si tous les grands (et les moins grands) de ce monde ne s'étaient pas empressés il y a peu dans le sillage du récent tremblement de terre de présenter au président chinois des condoléances très " chinoisement correctes ", sans jamais mentionner les victimes tibétaines… Bien seul à tenter un peu tardivement de sauver l'honneur, le Congrès américain serait en train de rédiger une résolution visant à réparer ce manque d'élémentaire courtoisie…
 
" Se libérer de la peur ", n'a cessé de répéter la Dame de Rangoun, toujours recluse dans la maison familiale en train de se délabrer et abandonnée au mauvais vouloir d'une camarilla paranoïaque que d'aucuns font mine de croire sur parole quand les militaires birmans promettent des "élections " libres et ouvertes " devant déboucher sur une " démocratie disciplinée ". Il y a plus longtemps, vers la fin des années 80, d'autres ailleurs se battaient pour garder la mémoire, résister à l'oubli, ne pas se soumettre ni capituler, se protéger du désespoir : ce vadémécum de la dissidence est-européenne a finalement permis à ses artisans de casser un temps immobile et de briser le contrat du silence. Persister, informer, ne pas céder - disait Vaclav Havel. Parce que, comme l'avait alors résumé l'un d'eux, " le chemin le plus court vers la liberté des autres est ma propre liberté. "

Newsletter janvier 2010
mailto : claude.levenson@gmail.com

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IMPORTANT  SEISME  AU  TIBET  (KHAM)

Province du Qinghai colonisée par la Chine (nord-ouest de la Chine actuelle)

Bilan provisoire au 20 avril : 2000 Morts , 12315 blessés et 300 disparus

 
La ville de Gyegu (Jyekundo) 3 jours avant le séisme. Elle est peuplée à 95 % de Tibétains et regroupe la plus grande quantité de Mani au Tibet (pierres gravées) ©Tibet De Facto.
 
Un Comité pour venir en aide aux victimes de Yushu
 
Bureau du Tibet à Paris

Un violent tremblement de terre, d'une amplitude de 6,9 sur l'échelle de Richter, a frappé la région de Kyejudo (Yushu) dans la province de l'Amdo le 14 avril dernier.

A ce jour, les autorités dénombrent environ 2 000 décès, 300 disparitions et plus de 12 000 blessés graves. Plusieurs milliers de personnes se trouvent dans une situation extrêmement critique, beaucoup de bâtiments ayant été détruits.

Via la Circulaire du Cabinet (Kashag) n° Kh86 (61 10)-11 du Gouvernement tibétain en exil, un Comité pour venir en aide aux victimes de Yushu a été créé. Tous les dons financiers seront les bienvenus. Le Bureau du Tibet est habilité à les percevoir?; ils seront regroupés et envoyés à ce comité basé à Dharamsala qui se chargera de les répercuter.

Merci infiniment de faire largement circuler cette information au plus grand nombre possible. Pour des raisons pratiques, n'oubliez pas d'accompagner vos chèques d'une petite note mentionnant la destination de votre donation.

Nous vous remercions de votre solidarité ainsi que la Communauté tibétaine en France (
www.tibetan.fr) et toutes les Associations qui ont déjà pris l'initiative d'œuvrer dans le même sens.
 
Wangpo Bashi

Bureau du Tibet, 84 Bd Adolphe Pinard, 75014 Paris
Tél: (1) 46 56 54 53 
Fax: (1) 41 17 00 14
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Témoignage d'Olivier du site
Tibet De Facto
 
Mardi 20 avril 2010 - Tibet De Facto
 
 
Tibet-defacto était à Gyegu (ou Jyekundo) dans le district de Yushu au Nord-Ouest de la région tibétaine traditionnelle du Kham, 3 jours avant le séisme.
 
La ville de Gyegu est située à 3.700 mètres d'altitude. Elle est la capitale de la Préfecture Autonome de Yushu dans la province chinoise du Qinghai. Nous sommes ici en fait dans la province traditionnelle du Kham dans la région de Jyekundo (ou encore Gyegu ou Gawa pour les Tibétains Khampa).
 
Le mercredi 14 avril 2010, un tremblement de terre de grande ampleur a frappé la ville et la région. Les dernières estimations portent le bilan à près de 2.000 morts et environ 15.000 blessés. Et ce bilan risque encore de s'alourdir car nombre de personnes sont encore portées disparues. De plus, la région comporte beaucoup de sites isolés difficilement accessibles. Il y a également des centaines de milliers de sans-abri.
 
Trois jours avant la catastrophe, Tibet-defacto était dans la région. Après avoir hésité, je me décidé à publier quelques photos prises juste avant cet événement dramatique. Pour aider à faire connaître cette région un tout petit peu mieux au moment ou elle est si durement frappée (Gyegu est maintenant à 85 % détruite) et ou sa population a tant besoin d'aide.
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Communiqué de Thupten Gyatso, Président de la Communauté Tibétaine de France 
 
URGENT - Appel aux dons
 
Samedi 17 Avril 2010
 
La Communauté Tibétaine de France lance un appel à don après le puissant tremblement de terre, d'une intensité de 7.1 sur l'échelle de Richter, qui a frappé la région de " la Préfecture Autonome Tibétaine de Yushu ", dans la province traditionnelle tibétaine du Kham, mercredi 14 avril, à 6 heures, heure locale.
 
Selon le bilan provisoire, environ mille personnes ont péri et plus de 10.000 personnes sont blessées. 90% des habitations en bois et en terre sont détruites et 100.000 personnes se trouvent sans abri avec une température de moins 10 degrés Celsius. L'épicentre du séisme est habité par une population à 98% Tibétaine, par conséquent presque toutes les victimes sont des Tibétains.
 
La Communauté Tibétaine dans la diaspora, s'organise pour venir en aide aux victimes, dans la phase d'urgence, sans oublier la reconstruction de la ville de Yushu.
 
Nous avons besoin de votre solidarité et de votre générosité envers les victimes du tremblement de terre au Tibet.
 
Sélectionnez votre montant * :
 
60 euros soit 15€ après déduction fiscale
80 euros soit 20€ après déduction fiscale
100 euros soit 25€ après déduction fiscale
160 euros soit 40€ après déduction fiscale
 
Vous pouvez payer par internet sur : www.tibetan.fr

soit par chèque à l'ordre de " la Communauté Tibétaine de France " 28, rue Sorbier 75020 Paris.
 
Nous vous adresserons un reçu par la suite.
 
Nous vous remercions cordialement pour votre soutien.
 
Bureau de la Communauté Tibétaine de France et ses Amis.

Thupten Gyatso, Président
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Secours dans la zone de Yushu (nord-ouest de la Chine)      
après une série de violents séismes, le 14 avril 2010/AP/SIPA
 
Selon le dernier bilan, 617 personnes sont mortes
et plus de 9.000 autres sont blessées...
 
Jeudi  15 avril 2009 - 20minutes.fr
 
DERNIERE INFO : 17h28 - Le président chinois Hu Jintao a qualifié le séisme d'«énorme désastre» et a confirmé qu'il rentrait en Chine à l'issue d'un sommet des grands pays émergents jeudi soir.

En visite au Brésil, Hu Jintao écourte son voyage en Amérique latine pour rentrer en Chine. Sur place, les parents des élèves ensevelis sous les décombres attendent avec inquiétude des nouvelles. Les opérations de secours se révèlent compliquées à cause du le faible niveau d'oxygène lié à l'altitude. Les sauveteurs s'activent toujours ce jeudi pour retrouver des survivants dans la province du Qinghai, dans le nord-ouest de la Chine, après le violent séisme de mercredi.

Le Premier ministre Wen Jiabao est arrivé jeudi soir à Yushu, épicentre du séisme de magnitude 6,9 qui s'est produit mercredi, selon les médias officiels. Il est à la tête d'une délégation de 40 personnes et devrait se rendre au quartier général des opérations de secours. Il devrait repousser une tournée en Asie du sud-est. Le président chinois Hu Jintao, en visite au Brésil, a quant à lui décidé d'écourter son voyage en Amérique latine en raison du séisme survenu dans son pays. Le président chinois était arrivé mercredi soir à Brasilia, pour participer à un sommet des grands pays émergents.

Les secouristes travaillent à mains nues

Le dernier bilan fait état de plus de 617 morts, selon l'agence Nouvelles de Chine, révisant à la baisse un chiffre donné auparavant par la Radio nationale. Selon l'agence, 1.045 personnes ont été extraites vivantes des décombres par les secouristes, qui ont retiré 107 corps, alors que 2.038 personnes sont soignées.

Auparavant, la Radio nationale de Chine avait affirmé que 2.038 personnes avaient été extraites des décombres dans la préfecture de Yushu, épicentre du puissant séisme. Les autorités avaient annoncé mercredi soir que plus de 900 personnes avaient pu être extraites des décombres, souvent par des secouristes travaillant à mains nues.

Parmi les morts, au moins 66 élèves. Ce jeudi, la télévision officielle diffusait des images de sauveteurs s'affairant dans les décombres pour tenter d'atteindre des élèves coincés dans la préfecture de Yushu. Wang Yubo, responsable de l'éducation de la province du Qinghai, cité par l'agence Chine Nouvelle, a précisé que le tremblement de terre avait détruit au moins 11 écoles.

Ecoliers coincés dans les dortoires de leurs écoles

Des dizaines de parents attendaient dans l'angoisse des nouvelles de leurs enfants qui fréquentaient l'école professionnelle de Yushu, selon l'agence. «Lors du séisme, les élèves venaient d'achever leurs exercices physiques du matin. La plupart prenaient leur petit déjeuner à la cantine de l'école ou nettoyaient leurs salles de classe», a déclaré le proviseur, Kunga Tenzin. «Certains ont été piégés dans leurs dortoirs», a ajouté le proviseur.

Lors du séisme au Sichuan voisin en mai 2008, des milliers d'écoliers avaient péri dans l'effondrement des écoles, un sujet qui avait provoqué une très vive polémique sur le respect ou non des normes antisismiques dans la construction des bâtiments. Certains parents avaient évoqué la corruption qui aurait pu expliquer pourquoi des milliers d'établissements scolaires, construits à la va-vite, s'étaient écroulés, alors que d'autres bâtiments avaient résisté.

Difficultés du fait de l'altitude

Des milliers de sinistrés ont passé la nuit dehors dans la préfecture de Yushu avec des températures descendant sous zéro degrés et un vent glacial. L'armée chinoise a dépêché sur place 100 parachutistes ainsi que 1.500 autres personnels pour prendre part aux opérations de secours et de recherches de survivants. Plus de 6.000 soldats ont été envoyés sur place. Cependant, les opérations de secours sont compliquées par le faible niveau d'oxygène du fait de l'altitude élevée.

La préfecture de Yushu, se situe sur le plateau tibétain, surnommé «le Toit du monde», à une altitude moyenne de 4.000 mètres. Les opérations de secours en haute altitude «sont beaucoup plus exigeantes physiquement et techniquement en raison de la raréfaction de l'oxygène», a expliqué He Xiong, directeur du Centre de prévention et de contrôle des maladies de Pékin. Le niveau d'oxygène dans la région de Yushu, région montagneuse de la chaîne himalayenne, peut être un tiers voire moitié moins élevé que celui au niveau de la mer, selon des chiffres officiels.

Les opérations sont également rendues difficiles du fait de l'état des routes et des réseaux d'électricité et de télécommunications, endommagés par le séisme suivi de nombreuses répliques et de glissements de terrain.
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Déclaration du Kashag (*) à l'occasion du 51e anniversaire de la journée du soulèvement national tibétain
 
Aujourd'hui, le 10 mars 2010, marque le 51e anniversaire du soulèvement pacifique tibétain de 1959 contre les autorités chinoises. En ce jour mémorable, le Kashag rend hommage au courage des Tibétains et des Tibétaines qui ont sacrifié leur vie à notre cause temporelle et spirituelle. Par solidarité envers nos compatriotes de l'intérieur du Tibet, actuellement soumis à la torture, le Kashag adresse sa reconnaissance et sa commisération à chacun d'entre eux.
 
Comme stipulé dans la déclaration du Kashag en date du 10 mars dernier, nous avons constaté des évolutions négatives et positives au cours de ces 50 dernières années. D'un côté, tous les Tibétains vivant au Tibet et en dehors ont été les victimes de terribles épreuves et notre spiritualité, notre politique et notre peuple ont subi des pertes irréparables. Néanmoins, d'un autre côté, des Tibétains du Tibet de tous les âges, sans se décourager, maintenant leur vaillance, ont alimenté notre lutte pour la vérité au fil des ans. De même, ceux de l'exil ont accompli de grandes réussites spirituelles et politiques, en particulier dans les domaines de la préservation et de la promotion de la spiritualité et de la culture tibétaines. Aujourd'hui, alors que nous nous souvenons de tout cela, le Kashag souhaite exprimer sa plus profonde gratitude à Sa Sainteté le Dalaï-Lama dont la direction positive a pu mener à toutes ces réalisations au cours des années.
 
Entre le 10 mars dernier et aujourd'hui, les Tibétains exilés et leur administration ont organisé diverses cérémonies de commémoration pour marquer le cinquantenaire de leur vie en exil et pour remercier du fond du cœur leurs pays d'accueil. Dans le cadre de ces cérémonies, une réunion informelle des employés de l'Administration Centrale Tibétaine (ACT) s'est récemment tenue afin de tirer les enseignements des expériences passées et de faire des propositions relatives à l'avenir. Un résumé de l'issue de cette réunion, qui a été apporté à Sa Sainteté le Dalaï-Lama, comprend (entre autres sujets) un renouvellement du serment des employés de rester sur la voie de la paix et de la non-violence dans notre lutte pour la vérité, jusqu'à ce qu'une solution durable ait été trouvée à la question du Tibet. Nous sommes convaincus que la plupart de la population du Tibet (au Tibet et en dehors) se joindra à ce serment.
 
Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait qu'aucune évolution positive ne se soit produite au Tibet depuis l'éclatement de la crise, le 10 mars 2008. Le Kashag enjoint donc la République Populaire de Chine (RPC) à mettre un terme immédiat à toutes ses actions inhumaines et illégales, dont la répression et des violations des Droits de l'Homme au Tibet, de même que les condamnations à mort et à de longues périodes d'emprisonnement prononcées contre des Tibétains, sans procès légaux. Le Kashag réclame également officiellement la remise en liberté de tous les prisonniers tibétains innocents, dont le jeune Panchen-Lama, Gondun Choekyi Nyima. De plus, le Kashag exhorte tous les Tibétains du Tibet à faire preuve de la plus grande retenue et de la plus grande prudence.
 
Dans le cadre du processus de pourparlers actuel, nous avons présenté aux officiels concernés de la RPC un mémorandum pour une autonomie véritable du peuple tibétain, le 31 octobre 2008. Dans ce document, en plus d'une articulation des aspirations fondamentales des Tibétains au Tibet et en dehors, nous avons réclamé la pleine application des clauses relatives à l'autonomie nationale régionale telles qu'inscrites dans la constitution.
 
Cependant, les Chinois ont cherché à détourner ou à mal interpréter les demandes que nous y avons inscrites. Afin de clarifier ces sujets et pour faire une nouvelle demande en deux points, les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama se sont rendus à Pékin cette année et y ont participé à une neuvième série de pourparlers avec leurs homologues chinois, les 30 et 31 janvier. Dans ces derniers entretiens, les émissaires, sur les conseils de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, ont mis en avant les deux propositions suivantes:
 
1. Le souci ultime de Sa Sainteté le Dalaï-Lama est le bien-être des six millions de Tibétains. À ce sujet, le gouvernement central chinois soutient que les Tibétains du Tibet sont heureux et qu'en tant que telle, il n'y a pas de question du Tibet à résoudre. Nous croyons au contraire que la plupart des Tibétains du Tibet sont soumis à de terribles épreuves. Il règne parmi eux un vaste sentiment d'insatisfaction et de mécontentement dans tous les domaines (religieux, politique, économique, linguistique, culturel et social). Face à des vues aussi divergentes entre les deux parties, il nous semble nécessaire de mener une étude collective et méticuleuse de la situation sur place afin de saisir quelle est la réalité. Par conséquent, nous demandons au gouvernement chinois d'entreprendre une telle étude, de manière à ce que chaque Tibétain puisse véritablement exprimer ce qu'il ressent réellement, sans crainte et sans doute. S'il s'avérait, suite à une telle étude, que les Tibétains, dans leur majorité, estiment qu'il n'y a pas de problème au Tibet et qu'ils sont contents de leur sort, Sa Sainteté le Dalaï-Lama ne recherche rien d'autre. Il n'y aurait alors nul besoin pour les deux parties d'être en désaccord sur l'avenir du Tibet. Mais s'il s'avère que les Tibétains sont mécontents, alors le gouvernement central chinois devra, " preuves concrètes à l'appui ", reconnaître qu'il y a un véritable problème au Tibet et entamer des discussions pour collectivement trouver des solutions et leurs moyens au problème du Tibet.
 
2. L'allégation que Sa Sainteté le Dalaï-Lama et son administration en exil ont provoqué le soulèvement spontané et pacifique qui secoue toutes les zones tibétaines depuis le 10 mars 2008, est faux. De fait, cette allégation n'est pas acceptable par nous. Cela a été signifié aux dirigeants chinois lors des pourparlers informels qui se sont déroulés à Shenzhen. En conséquence, lors de la 7ème série de pourparlers, le gouvernement central chinois a accepté la réalité et a changé sa position en passant des " trois interdits " à " quatre choses à ne pas soutenir ". Pourtant, récemment, il a de nouveau formulé de telles allégations à notre encontre. Il y a donc désormais une nécessité pour le gouvernement central chinois de clarifier si sa position est restée la même que lors de la 7ème série de pourparlers ou s'il l'a changée. S'il l'a effectivement changée, alors le gouvernement central chinois doit entreprendre cette étude en profondeur (au Tibet et en dehors) pour scientifiquement identifier la véracité de ces accusations. L'issue d'une telle enquête devra être acceptée par les deux parties concernées. De plus, dussions-nous être dans notre tort, nous en ferions amende honorable. Si ce n'est pas le cas, le gouvernement central chinois doit cesser de répandre des mensonges et de telles allégations infondées, à la fois sur son sol et sur la scène internationale, et publier une clarification sur ce point.
 
Le gouvernement central chinois n'a pas apporté de réponses claires sur ces deux points et n'a pas non plus communiqué nos deux demandes dans ses déclarations de presse ultérieures. Nous allons de notre côté continuer de faire pression sur ces deux points que nous avons formulés de manière honnête et sincère. Si le point de vue et ce que dit le gouvernement central chinois contiennent un élément de vérité, alors celui-ci ne devrait avoir aucune hésitation à accepter cette enquête. Nous pouvons tous garantir qu'une fois qu'une enquête en bonne et due forme sera menée, les choses seront plus claires pour l'avenir et la réalité sera plus évidente à tous.
 
Au cours des neuf séries de pourparlers, les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama ont catégoriquement affirmé au gouvernement chinois qu'il n'y a pas lieu de débattre de la question personnelle de Sa Sainteté le Dalaï-Lama ou de ses proches. L'unique intérêt du processus de dialogue est le bien-être des six millions de Tibétains. La question personnelle de Sa Sainteté n'a été avancée dans aucun de ces échanges. Nous avons amplement clarifié cela dans le passé et nous le réitérons aujourd'hui. Par conséquent, le gouvernement central chinois, à travers ses dires et ses déclarations officielles, selon qui la raison des pourparlers est précisément de parler de la question personnelle de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, et pas le bien-être des six millions de Tibétains, a tort. C'est tout simplement hors propos. Bien qu'il n'y ait pas le moindre changement dans notre détermination à nous engager dans le dialogue avec la RPC jusqu'à ce qu'une solution durable soit trouvée à la question du Tibet, le Kashag souhaite officiellement stipuler que l'agenda du processus de dialogue ne doit concerner que le bien-être des six millions de Tibétains et rien d'autre. Nous réaffirmons par conséquent qu'il n'y a strictement rien à débattre au sujet de la situation personnelle de Sa Sainteté le Dalaï-Lama.
 
D'avis que la question du Tibet est d'ordre intérieur et qu'elle doive donc être résolue dans le cadre de la RPC, nous sommes toujours ouverts envers le gouvernement central chinois. Cependant, les Chinois continuent d'évoquer Sa Sainteté le Dalaï-Lama et de la question du Tibet et ils continuent d'exercer partout d'énormes pressions liées à cela : dans leurs relations bilatérales avec d'autres pays ou dans divers forums internationaux. Cela contribue manifestement à nos yeux à faire de la question du Tibet une question internationale.
 
Notre lutte se base sur la vérité et la non-violence. Il ne fait aucun doute que si tous les Tibétains du Tibet et du dehors mettent toute leur foi dans la voie de la non-violence que nous avons choisie et que nous pratiquons, alors la véracité du problème tibétain prévaudra plus tôt que prévu. Aujourd'hui, un nombre croissant de pays en quête de vérité, des gens, des dirigeants religieux et politiques manifestent leur inquiétude et leur soutien envers la question du Tibet. De plus en plus d'intellectuels chinois en Chine et à l'étranger commencent à apprécier et à soutenir la " Voie Médiane " choisie par Sa Sainteté le Dalaï-Lama. De plus, la vérité liée aux mauvaises politiques chinoises au Tibet devient de plus en plus évidente. Qui plus est, la politique de la " Voie Médiane ", bénéfique à tous, ne prévoit pas la victoire des uns et la défaite des autres. Le monde entier nous l'envie et des pays comme les États-Unis et d'autres partageant les mêmes idéaux lui ont offert leur soutien. Les intellectuels tibétains des trois régions tibétaines l'admirent et la soutiennent également. Ainsi, la question du Tibet a atteint et continue d'atteindre de grands résultats dont les bénéfices sont à moyen et à long termes. Alors que nous exprimons notre infinie gratitude à Sa Sainteté le Dalaï-Lama d'avoir élaboré une politique aussi authentique, le Kashag souhaite faire le serment devant Votre Sainteté de poursuivre cette politique à l'avenir, sans la remettre en question.
 
La cruauté et les atrocités inimaginables de ces 60 dernières années n'ont pas réussi à ébranler l'esprit et la détermination du peuple tibétain. Le gouvernement chinois aiguise actuellement sa politique du recours au mensonge et à l'argent pour détruire l'esprit et l'unité du peuple tibétain. Le Kashag pense que le peuple tibétain ne se laissera pas prendre au piège des Chinois et de leurs tromperies. L'unité de tout le peuple tibétain, intacte depuis si longtemps, a été renforcée par le soulèvement populaire de 2008. Le Kashag appelle tous les Tibétains à fournir un effort pour renforcer cette unité et à résister aux sollicitations et aux machinations de la partie adverse qui cherche à nous diviser, nous, les Tibétains. Le Kashag exhorte tous les Tibétains à veiller à ne pas s'engager dans des querelles internes pour des motifs de moindre importance.
 
Deux points importants auxquels les Tibétains du Tibet doivent être vigilants sont les suivants :
 
1. Les jeunes Tibétains doivent être encouragés à étendre leurs horizons éducatifs en se concentrant à la fois sur l'enseignement traditionnel et sur l'enseignement moderne et en acquérant des compétences professionnelles dans leurs domaines d'études.

2. Il faut rechercher tous les moyens possibles de préserver le délicat environnement du plateau tibétain de toute dégradation supplémentaire.
 
Il s'agit là de sujets apolitiques qui auront pourtant un impact fort à cout et à long termes pour le bénéfice à la fois de Tibétains et des Chinois. Il est donc capital que les deux parties fassent des efforts collectifs dans ce sens. De même, chacun doit faire de son mieux pour appliquer les conseils de Sa Sainteté le Dalaï-Lama aux gens à travers le monde en général et aux Tibétains en particulier, conseils à teneur à la fois spirituelle et temporelle, pour cette existence actuelle mais également pour toutes celles à venir.
 
Si les Tibétains, actuellement divisés en différentes unités administratives, peuvent être réunies sous une seule administration autonome, cela facilitera l'élaboration d'une politique uniforme visant à développer les domaines de l'éducation, de la culture, de la santé etc. Cela contribuera notamment à préserver la culture et l'identité uniques du Tibet. La demande de réunir tous les Tibétains sous une administration unique a été faite et répétée au gouvernement chinois depuis 1951. Ainsi, au cours du Vème Forum de Travail sur le Tibet, il a été demandé aux délégués de toutes les zones tibétaines de réfléchir à un plan de développement uniforme pour tous les Tibétains. Le Forum a également identifié le fait que les conditions de vie de tous les Tibétains en général, mais des paysans et des éleveurs tibétains en particulier, sont particulièrement mauvaises. Nous devons répondre à cet état de fait. Nous attendons que le gouvernement chinois applique un programme de développement uniforme pour toutes les zones peuplées de Tibétains.
 
Le 6 juillet 2010, Sa Sainteté le Dalaï-Lama aura 75 ans. Le Kashag prévoit de célébrer cet anniversaire de manière plus recherchée que les années précédentes, grâce à des activités spirituelles majeures. De même, notre démocratie en exil fêtera ses 50 ans le 2 septembre cette année. Nous planifions par conséquent de fêter cet anniversaire-là également. Nous espérons que tous les Tibétains garderont ces deux événements à l'esprit. Bien qu'il soit particulièrement difficile pour les Tibétains du Tibet de célébrer ouvertement ces deux événements, nous ne doutons pas que leurs cœurs et leurs esprits s'uniront à ceux des Tibétains en exil à ces deux occasions.
 
Pour finir, le Kashag prie pour que Sa Sainteté le Dalaï-Lama vive encore longtemps et pour l'accomplissement spontané de tous ses vœux. Puisse la vérité de la question tibétaine éclater très prochainement !
 
Le 10 mars 2010
Le Kashag
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(*) Le Kashag est le nom tibétain qui signifie " le cabinet du gouvernement tibétain "
 
NB : Le présent document a été traduit d'après un original publié en tibétain. En cas de différence de sens entre les deux, veuillez considérer la version en tibétain comme primant et finale sur toute autre.
 
Traduction française d'Alexandre Huillet pour le Bureau du Tibet, Bruxelles.
 
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Entretien avec Sa Sainteté le Dalaï Lama
(réalisé en octobre 2009 avant sa visite récente aux Etats-Unis)

Le Tibet survivra-t-il ?
 
Cet entretien a été conduit par Chen Yan (**)

Dans le monde interconnecté du XXIème siècle, il y a longtemps que la question tibétaine ne relève plus uniquement des " affaires intérieures " de la Chine, mais s'inscrit dans un mouvement plus vaste d'aspiration à la démocratie. Comment répondre à la demande d'autonomie et de liberté du peuple tibétain ; et comment aider une Chine économiquement développée et politiquement arriérée à s'engager dans la voie de la démocratie : aux yeux du Dalaï Lama, ces deux questions sont intimement liées.
 
Un dialogue entre représentants du Dalaï Lama et autorités chinoises s'est engagé en Chine à partir de 2002. Huit rencontres officielles ont eu lieu sur le territoire chinois, mais pour l'heure, les pommes de discorde restent nombreuses. Le Tibet historique comprend, outre la région autonome du Tibet, les territoires peuplés de Tibétains dans les provinces du nord-ouest de la Chine : Qinghai, Gansu, Sichuan (1) et Yunnan. Afin de sauvegarder la culture tibétaine dans son ensemble, le gouvernement tibétain en exil a demandé au gouvernement chinois de procéder à un redécoupage territorial qui permette d'inclure dans la région " autonome " du Tibet (qui n'a d'autonome que son nom officiel !) toutes les régions habitées par les Tibétains. Cette suggestion a provoqué une réaction virulente de la part du gouvernement chinois pour lequel cette tentative de reconstitution d'un " Grand Tibet " n'est qu'une revendication d'indépendance voilée. Le malaise est d'autant plus profond que, malgré les réformes démocratiques introduites en 2001 par le quatorzième Dalaï Lama et la mise en place d'un pouvoir exécutif désormais dirigé par un chef de gouvernement élu au suffrage universel (2), les médias officiels chinois continuent de voir dans le gouvernement tibétain en exil un régime théocratique. Il est pourtant certain que, résidant en Inde, le gouvernement tibétain en exil n'a été reconnu par aucune instance internationale et n'a guère que le pouvoir d'organiser la vie des quelques centaines de milliers de Tibétains éparpillés à travers le monde, tout en se projetant dans un avenir hypothétique. Le jour où l'armée chinoise quittera les terres tibétaines n'est, en effet, aucunement prévisible…
 
Nos lecteurs apprécieront cet entretien exceptionnel réalisé à Dharamsala et accordé à Radio France Internationale (émission en chinois) ainsi qu'à notre revue. Cet entretien (mené en tibétain et en chinois), a permis au Dalaï Lama de s'adresser directement, pour la première fois, à un auditoire de Chine populaire et de briser ainsi le mur de la propagande que les dirigeants de Pékin s'emploient à ériger entre lui et la population chinoise.

Sa Sainteté le Dalaï Lama - La Chine d'aujourd'hui est fondamentalement différente de la Chine d'il y a trente ou quarante ans. Le tournant se situe en 1978, avec le retour de Deng Xiaoping au pouvoir et le lancement de la politique de réforme. Incontestablement, le développement économique a permis d'améliorer les conditions de vie des Chinois. Ils sont de plus en plus nombreux à voyager, et de plus en plus d'étudiants chinois font des études à l'étranger. Grâce à ces échanges, la Chine devient de plus en plus perméable aux valeurs démocratiques de l'Occident.
 
C. Y. - 2009, c'est aussi le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, qui a sonné le glas du système communiste en Europe. Comment envisagez-vous la sortie du communisme en Chine ?
 
D.L. - Un effondrement brutal du régime, à l'image de ce qu'à connu l'Union Soviétique, serait problématique non seulement pour la Chine mais aussi pour les pays voisins. La meilleure solution serait, pour le Parti communiste chinois, de mettre en place, de sa propre initiative, des réformes politiques graduelles. J'approuve entièrement le point de vue qu'a exprimé le vice-président Xi Jinping dans un long texte publié par le Quotidien du Peuple (3) : il insiste sur l'importance des comportements démocratiques au sein du Parti et appelle de ses vœux l'organisation d'élections directes au niveau des instances de base. Le président Hu Jintao a également mentionné à plusieurs reprises le mot démocratie dans son discours d'ouverture du XVIIe Congrès du Parti communiste chinois en octobre 2007. Mais la démocratie ne saurait se contenter de discours. Elle doit s'ancrer dans le concret. Je suis néanmoins confiant : les dirigeants savent que la démocratie est incontournable, et lorsqu'ils mesureront l'intérêt à long terme que la Chine peut en retirer, ils seront bien obligés de régler cette question.
 
C.Y. - Vous voulez dire que, sans la démocratie, la Chine ne deviendra jamais une véritable grande puissance ?
 
D.L. - Absolument. La Chine est un grand pays qui est appelé à occuper une position importante sur la scène mondiale. Pour l'instant, elle en est loin car le reste du monde ne lui fait pas confiance. La raison ? Son manque de transparence. C'est parce que la Chine se dissimule que ses voisins et la communauté internationale la redoutent. Il n'y a ni liberté de la presse ni liberté de parole. Le gouvernement se réfugie constamment derrière le secret d'Etat. Ce mot avait peut-être un sens pendant la guerre civile, avant 1949, ou pendant la guerre de Corée, au début des années 1950 ; mais, en temps de paix, est-il nécessaire de tout bâillonner ? Cette censure des médias nuit à l'image de la Chine. N'importe qui, n'importe quel pays, peut commettre des erreurs. Il faut les reconnaître et s'excuser publiquement aux yeux du monde.
 
C.Y. - Lors de votre récent voyage aux Etats-Unis, vous n'avez pas été reçu par le président Obama. Savez-vous s'il a subi des pressions de la part du gouvernement chinois ? Avez-vous prévu de le rencontrer dans un proche avenir ?
 
D.L. - Le président Obama a certainement subi des pressions. C'était peu de temps avant sa visite à Pékin, au cours de laquelle il a abordé la question tibétaine avec le gouvernement chinois. Pour ne pas irriter ses interlocuteurs, il a jugé plus opportun de ne pas me recevoir. J'étais de son avis. Notre but ultime n'est-il pas de résoudre le problème tibétain ? Il est donc inutile de froisser qui que ce soit. Des amis qui entretiennent des contacts avec des officiels chinois de haut rang m'ont, eux aussi, conseillé de ne pas rencontrer le président américain cette fois-ci.
 
Mais il a été convenu qu'au retour de sa visite en Chine, M. Obama me recevrait dès que possible. Comme mes voyages sont programmés longtemps à l'avance et que je n'ai pas l'intention de modifier mes plans, je pense que notre rencontre aura lieu probablement en 2010 (NDLR : Le Dalaï Lama a rencontré le président Obama le 18 février 2010 "Le gouvernement chinois a émis une protestation formelle, concernant cette rencontre, auprès de l'ambassadeur des Etats-Unis en Chine Jon Huntsman).
 
C.Y. - Un certain nombre de dirigeants européens, eux, ont bravé les foudres de Pékin. C'est le cas du président Sarkozy qui vous a rencontré en Pologne (4). A la suite de cette entrevue, les relations franco-chinoises ont d'ailleurs connu un sérieux refroidissement …
 
D.L. - La chancelière allemande et le président français, que j'ai vus l'an dernier, ont tous deux été " punis " par le gouvernement chinois. Cela dit, je ne tiens pas particulièrement à multiplier mes contacts avec les dirigeants, surtout si ces rencontres doivent leur causer des ennuis. Si je sillonne la planète, c'est avant tout pour aller au devant des peuples. J'estime que, en tant qu'élément de ce vaste ensemble qu'on nomme humanité, il est de mon devoir de promouvoir la bonté qui réside en chacun de nous afin que le monde devienne plus harmonieux. Et, en tant que chef religieux, j'essaie de favoriser le dialogue entre les religions. C'est pourquoi, chaque fois que je visite un pays, je donne toujours des conférences devant le plus grand nombre de personnes possible. Enfin, en tant que Dalaï Lama, je dois assumer mon rôle de porte-parole de tous les Tibétains qui me font confiance, quel que soit l'endroit où ils se trouvent. Depuis 2001, les responsabilités administratives sont assumées par des élus tibétains (5). Il me reste des responsabilités politiques, mais je joue plus un rôle de conseiller que de décideur. Je suis un semi-retraité !
 
C.Y. - Quelle impression le président Sarkozy vous a-t-il laissée ?
 
D.L. - C'est un homme très franc et pas maniéré du tout. Quant à son épouse, que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans le sud de la France, elle était visiblement très émue et très franche elle aussi.
 
C.Y. - Après les manifestations de mars 2008 au Tibet, la Chine a connu en juillet 2009 des affrontements interethniques meurtriers dans la province du Xinjiang. Quelle est votre lecture de ces deux événements ? Une alliance est-elle envisageable entre les peuples tibétain et ouighour pour lutter ensemble en faveur de l'indépendance ou d'une véritable autonomie ?
 
D.L. - Lorsque j'ai quitté le Tibet en 1959, j'ai fait la connaissance de nombreux Ouighours - (6). Nous nous réunissions pour parler de notre souffrance et de notre avenir. Il y avait parmi eux des gens qui préconisaient de recourir à la lutte armée pour conquérir l'indépendance - une démarche que, comme vous le savez, j'ai toujours réfutée. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes éloignés peu à peu les uns des autres.
 
Mais apparemment, les esprits ont évolué. Il y a quelques années, j'ai rencontré Mme Rebiya Kadeer (7). Je lui ai exposé mon point de vue sur l'autonomie et la lutte non violente et elle a totalement approuvé mes idées. Après les événements du 5 juillet dernier à Urumqi, je l'ai revue à Prague à l'occasion d'une conférence de la Fondation Nobel et elle m'a, à nouveau, confirmé son choix de la non violence.
 
Certains de mes amis chinois pensent que je devrais éviter Mme Kaader en raison de sa mauvaise réputation : Pékin la considère comme un leader terroriste. Je leur ai répondu que je leur avais rendu service puisque j'ai réussi à la rallier à ma position et à lui faire abandonner toute idéologie belliqueuse !
 
C.Y. - Mme Kaader jouit-elle sur le peuple ouighour de la même autorité que vous sur les Tibétains ?
 
D.L. - J'ai abordé ce sujet avec elle. Je lui ai dit qu'elle devait souder autour d'elle tous les Ouighours et enfants d'Ouighours installés à l'étranger. De la même façon, j'encourage les très nombreux dissidents qui ont quitté la Chine après les événements de Tian'anmen à s'unir pour former une force commune. Malheureusement, cette force n'a pas encore vu le jour.
 
C.Y. - Vous avez organisé, il y a quelques mois, deux rencontres sino-tibétaines : la première a eu lieu au mois d'août 2009 à Genève, et la seconde un mois plus tard à Vancouver. Les Tibétains en exil ont, de leur côté, multiplié les contacts avec les Chinois d'outremer. Cette politique de rapprochement a-t-elle porté ses fruits ?
 
D.L. - Après les événements de Lhassa en mars 2008 (8), j'ai effectué des voyages aux Etats-Unis, en Angleterre et en Allemagne. Partout, je me suis heurté à des centaines d'étudiants chinois qui protestaient avec véhémence contre moi et contre le gouvernement tibétain en exil. Pensant qu'ils n'étaient pas au courant de ce qui s'était réellement passé, j'ai décidé d'aller vers eux, en particulier les bouddhistes, et de leur expliquer ma position. Cette démarche a été très fructueuse puisque, lors de mon voyage en Australie au mois de juin, les manifestations avaient baissé d'un ton. Certains étudiants, chercheurs et écrivains chinois m'ont fait part de leur étonnement. Non seulement ils ont pu constater que je ne ressemble en rien à la personne décrite par la propagande officielle, mais en plus ils approuvent entièrement mon point de vue. J'en ai déduit qu'en améliorant la communication entre les Tibétains et les Chinois on pourrait grandement contribuer à la résolution du problème tibétain. De même, certains Chinois, fraîchement arrivés à Dharamsala (9), étaient inquiets pour leur sécurité. Ils pensaient que les Tibétains allaient les attaquer. Lorsqu'ils ont compris qu'ils se trouvaient sur une terre de paix, ils en ont été tout heureux !
 
Rien ne remplace l'expérience directe. En 1956, quand j'ai quitté le Tibet pour la première fois à l'occasion d'un pèlerinage en Inde, l'armée chinoise m'a escorté jusqu'à la frontière. Il y avait là un vice Général qui me disait que, si l'on me posait des questions sur le Tibet, il faudrait répondre qu'il valait mieux voir la réalité de ses propres yeux, et que les yeux sont des témoins plus fidèles que les oreilles. Et il avait parfaitement raison. Au lieu de stigmatiser les Tibétains de Dharamsala, de les accuser - comme ce fut encore le cas en mars 2008 - de fomenter des troubles au Tibet, pourquoi les autorités chinoises n'envoient-elles pas sur place une délégation pour faire toute la lumière sur ce prétendu complot ? Les archives du gouvernement tibétain en exil sont à leur disposition, sans aucune restriction. Mais Pékin n'a pas répondu à notre offre. Cette ouverture doit pourtant s'effectuer dans les deux sens. S'il est vrai que les Tibétains profitent du développement économique de la Chine et qu'ils sont heureux, pourquoi les autorités chinoises n'ouvrent-elles pas les portes du Tibet aux journalistes du monde entier pour qu'ils puissent le constater de leurs propres yeux ? Au lieu de cela, ils continuent d'en interdire l'accès aux médias étrangers.
 
C.Y. - Vous expliquez depuis plusieurs années que vous ne revendiquez pas l'indépendance du Tibet, mais une simple autonomie, conformément à la Constitution chinoise. Vous insistez également sur le fait que la région tibétaine devrait comprendre non seulement la région autonome du Tibet, mais aussi toutes les zones où la culture tibétaine est fortement présente, ce qui est interprété par Pékin comme la revendication d'un " Grand Tibet " et un premier pas vers l'indépendance …
 
D.L. - C'est le gouvernement chinois qui parle de Grand Tibet. Jamais nos représentants n'ont utilisé cette expression. La vérité, c'est qu'il existe, en dehors de la région autonome, des départements et des districts autonomes tibétains dans plusieurs provinces limitrophes du Tibet, qui possèdent leurs propres radios et journaux en langue tibétaine. Ce que nous demandons, c'est une réelle autonomie du Tibet qui permette de protéger la religion et la culture tibétaines. Pendant plus de mille ans, les régions de U-Tsang, d'Amdo et de Kham, qui se trouvent aujourd'hui en dehors de la région autonome tibétaine proprement dite, ont largement contribué au rayonnement de notre culture. Parmi les Tibétains qui ont quitté la Chine en 1959 nombreux sont ceux qui sont originaires de ces contrées. Certains sont même devenus des guéshé (10) bouddhistes.
 
Le monastère de Drepung (11), qui comptait sept ou huit mille disciples avant 1959, en accueillait encore ces dernières années entre six cents et mille, malgré l'exil de nombreux Tibétains. Mais un ami chinois, qui s'y est rendu il y  a quelques mois, nous a appris qu'il ne reste pas plus de soixante-dix moines. Pour quelle raison ? Parce que, après les événements du 14 mars 2008, les Tibétains dont le lieu de résidence (12) se trouve en dehors de la région autonome ont été renvoyés chez eux par les autorités.
 
Depuis l'ouverture d'un dialogue avec Pékin en 2002, mes représentants se sont entretenus à huit reprises avec les autorités chinoises. Lors de la cinquième rencontre à huis clos, qui a eu lieu en février 2006, les négociateurs de Pékin ont clairement dit qu'ils savaient que le Dalaï Lama ne cherchait pas l'indépendance du Tibet. Pourtant, en avril et en mai de la même année, la presse officielle a redoublé de critiques à mon égard, m'accusant de vouloir diviser le pays. Ce double discours prouve que les dirigeants chinois ont toujours eu des arrière-pensées. S'agissant du Grand Tibet aujourd'hui, c'est exactement la même chose. Les Chinois déforment sciemment mes propos. Après les événements qui se sont déroulés au Xinjiang (13) le 5 juillet 2009, le secrétaire du parti de la province de Guangdong, Wang Yang, a souligné la nécessité de réexaminer la politique chinoise à l'égard des minorités nationales. Je suis tout à fait d'accord avec lui. Deng Xiaoping a eu le courage de réformer l'économie chinoise. Si le gouvernement chinois pouvait faire preuve du dixième de ce courage pour entreprendre des réformes politiques, nous en serions les premiers ravis.
 
C.Y. - Si le gouvernement chinois vous donnait des garanties suffisantes sur le plan culturel, seriez-vous prêt, en contrepartie, à consentir des concessions politiques ? Pourriez-vous transiger sur le point controversé de la réunification des trois régions tibétaines (14) ?
 
D.L. - Notre devoir est de respecter la volonté du peuple tibétain et de nous battre pour que ses souhaits soient exaucés. Le dixième Panchen Lama (15) était très attaché à la réunification des trois régions tibétaines. Parmi les nombreuses raisons citées, il mettait surtout en avant la protection de notre culture et de notre religion. D'ailleurs, demandez aux Tibétains de l'Amdo, du Gansu et du Qinghai, y compris aux membres du Parti communiste chinois, ce qu'ils en pensent : tous sont favorables à l'unification. Au moment de la fondation de la région dite " autonome " du Tibet en 1965, le vice-premier ministre de l'époque Chen Yi, envoyé du gouvernement à Lhassa, avait lui-même admis que l'unification de toutes les régions tibétaines était incontestablement une bonne idée.
 
Il est évident que, pour entrer dans le détail d'une unification, il faudrait négocier concrètement avec le gouvernement chinois - ce qui, dans le contexte actuel de tensions extrêmes, est peu probable. Nous avons appelé la communauté internationale à faire pression sur la Chine pour qu'elle autorise des organismes indépendants et fiables à conduire une enquête auprès de la population tibétaine. Si les Tibétains sont satisfaits de leur sort, s'ils vivent dans de bonnes conditions, alors nous retirerons notre demande et nous présenterons nos excuses auprès de la communauté internationale. En revanche, s'il apparaît que les Tibétains sont malheureux, sur le plan économique ou spirituel, alors le gouvernement chinois doit faire face à la réalité et entamer les réformes.
 
C.Y. - Vous avez mentionné la réforme de 2001 qui a démocratisé le pouvoir tibétain en exil. Cette réforme n'a-t-elle pas signé également, d'une certaine manière, la fin de la tradition tibétaine ?
 
D.L. - Le titre et la fonction du Dalaï Lama ont correspondu à une certaine période de l'histoire du Tibet. Il n'y a pas de rapport intrinsèque entre la culture tibétaine - qui compte environ mille trois cents ans d'histoire - et le système du Dalaï Lama qui ne remonte qu'à six cents ans. Le régime du Dalaï Lama est le produit de la culture tibétaine, plus particulièrement du bouddhisme tantrique, et non l'inverse. L'ancien système, dans lequel le Dalaï Lama était un leader à la fois spirituel et temporel, est révolu à jamais.
Quant à l'institution du Dalaï Lama elle-même, il appartiendra au peuple tibétain de se prononcer sur sa survie. C'est à lui que reviendra la décision. Pas tout de suite, parce que je n'ai pas l'intention de mourir demain matin ! Mais, un jour ou l'autre, les Tibétains devront se poser la question. S'ils considèrent qu'il n'y a plus de raison de maintenir ce système, alors il faudra arrêter. L'idée d'être le dernier Dalaï Lama ne me déplairait pas car, après tout, par rapport à mes treize prédécesseurs, je ne suis peut-être pas le meilleur, mais je ne suis pas le pire non plus !
 
C.Y. - Si l'on interrogeait les Tibétains aujourd'hui, je suis sûr qu'ils ne seraient pas d'accord pour abolir votre fonction !
 
D.L. - Vous avez raison. Les Tibétains souffrent terriblement et ils comptent sur moi pour améliorer leur situation. C'est à cause du gouvernement chinois que je suis devenu quelqu'un d'extrêmement important. Mais l'abolition du système n'est pas impossible : si le Tibet devenait une région réellement autonome et si le niveau de vie des Tibétains augmentait sensiblement, il n'aurait plus lieu d'être. J'exhorte les bouddhistes du monde entier - ceux du Tibet, de Chine ou de Corée, du Vietnam ou du Japon, les disciples du Petit Véhicule ou du Grand Véhicule - à entrer pleinement dans le XXIe siècle. Un bouddhiste moderne doit vivre en harmonie avec son temps, concilier sa croyance et la science. Le jour où ce souhait sera réalisé, c'en sera probablement fini de l'ère des lamas et des grands maîtres du bouddhisme tantrique.
 
C.Y. - Mais la fin du système théocratique ne va pas forcément de pair avec la disparition du Dalaï Lama …
 
D.L. - Les choses sont claires : le chef du gouvernement tibétain en exil est désormais élu tous les cinq ans au suffrage universel. Je n'exerce donc plus aucune responsabilité de nature administrative. Quant à ma mission politique et historique, elle s'arrêtera le jour où les Tibétains de Chine et les Tibétains de l'exil seront réunis au sein d'un Tibet qui n'aura pas d'"autonome" que l'appellation. Ce jour là, je pourrai me contenter de donner des conférences sur le bouddhisme…
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* Quatorzième Dalaï Lama, Tenzin Gyatso vit en exil en Inde depuis 1959. Prix Nobel de la paix en 1989.
 
** Historien. Chef de la section en langue chinoise de Radio France Internationale. Auteur, entre autres publications, de : L'Eveil de la Chine, Editions de l'Aube, 2004.
Chen Yan - La Chine vient de fêter le soixantième anniversaire de la naissance de la République populaire. Cette année 2009 a également marqué le cinquantième anniversaire de votre départ de Lhassa et de celui de milliers de Tibétains vers l'exil. Quel regard portez-vous sur ces dernières décennies ?
 
(1) Le Tibet historique comprend une zone beaucoup plus vaste que la région autonome du Tibet telle qu'elle a été définie par le gouvernement chinois en 1965. L'Amdo se situe dans les provinces actuelles du Qinghai et du Gansu, et le Kham dans celles du Sichuan et du Yunnan.

(2) La démocratisation du régime tibétain a débuté dès l'arrivée en exil du Dalaï Lama et a été réalisée progressivement sous sa direction. Depuis 2001, le premier ministre, actuellement le professeur Samdhong Rinpoché, est élu au suffrage universel. En 2007, le départ à la retraite du Dalaï Lama a été officiellement évoqué, ainsi que son remplacement éventuel par le XVIIe Karmapa, Orgyen Trinley Dorje. Bien que le Dalaï Lama se déclare lui-même en semi-retraite, les Tibétains continuent à le révérer comme leur chef spirituel, créant ainsi une ambiguïté sur la nature de ses fonctions. Même s'il ne joue plus le rôle traditionnel du théocrate, il reste l'ultime recours vers lequel les Tibétains se tournent, faisant passer la dévotion avant les principes démocratiques que le Dalaï Lama tente patiemment de leur inculquer.

(3) Quelques réflexions sur les soixante ans d'édification du parti dans la Chine nouvelle, discours prononcé le 1er septembre 2009 à l'Ecole centrale du parti et reproduit par le Quotidien du Peuple.

(4) Le président français a rencontré le Dalaï Lama à Gdansk, le 6 décembre 2008, à l'occasion des cérémonies du 25e anniversaire du prix Nobel de la paix de Lech Walesa.

(5) Le Parlement tibétain est l'organe législatif du gouvernement tibétain en exil. Il comprend 43 membres élus, dont 10 députés pour chacune des trois provinces principales du bouddhisme tibétain. Trois députés représentent la diaspora tibétaine en Europe et en Amérique. Les derniers députés sont nommés par le Dalaï Lama pour représenter la culture, les sciences ou le service de la communauté. C'est le Parlement qui est habilité à élire le Cabinet tibétain : le Kashag ou Conseil des ministres.

(6) La province du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, est peuplée à 47 % d'Ouighours, groupe ethnique de langue turque, en majorité des musulmans sunnites, à 40 % de Chinois Han et à 12 % de membres d'autres groupes ethniques comme les Kazakhs et les Kirghizes.

(7) Rebiya Kadeer est devenue la personnalité politique la plus représentative du mouvement d'opposition ouighour en exil. Elle vit à Washington depuis 2005, après avoir passé six ans en prison en Chine.

(8) Des manifestations importantes se sont déroulées à Lhassa du 10 au 14 mars 2008, avant que la police et l'armée interviennent pour ramener le calme. Le gouvernement tibétain en exil estime qu'il y aurait eu plus de 150 morts et des milliers d'arrestations suite aux manifestations qui se sont déroulées dans la plupart des régions habitées par des Tibétains.

(9) Dharamsala est une ville du nord de l'Inde, située dans l'Etat de l'Himachal Pradesh. C'est là que siège le gouvernement tibétain en exil, et que réside le XIVe Dalaï Lama, Tenzin Gyatso.

(10) Docteur en bouddhisme tantrique.

(11) Le monastère de Drepung se trouve au nord-ouest de Lhassa. Fondé en 1416, il est l'un des trois grands monastères de la branche des Gelugpas du bouddhisme tibétain, à laquelle appartient le Dalaï Lama et le Panchen Lama.

(12) Le système du hukou, mis en place par le gouvernement chinois dès le début des années 1950, fixe le lieu de résidence de chaque citoyen chinois, en distinguant les ruraux et les citadins et en obligeant chacun à dépendre d'un seul village ou d'une seule ville, de la naissance à la mort. Les " migrants " peuvent ainsi être renvoyés à tout moment dans leur lieu de résidence.

(13) Les émeutes du 5 juillet au Xinjiang trouvent leur origine dans un événement qui s'était produit dans une usine de jouets à Shaoguan au Guangdong, en juin 2009, et qui avait provoqué la mort de deux ouvriers ouighours.

(14) Région autonome du Tibet, Kham et Amdo.

(15) Le dixième Panchen Lama, contemporain du XIVe Dalaï Lama, est mort au Tibet en janvier 1989.
Entretien traduit du chinois par Mme Yang Mei et Marie Holzman.

Edité par :
Politique Internationale, n° 126, Hiver 2009-2010 (revue trimestrielle)
Coût : 15 €

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Communiqué de la Communauté Tibétaine de France
 
51e anniversaire du soulèvement national tibétain contre l'occupation illégale chinoise du Tibet
 
Manifestation nationale de solidarité avec le Tibet, le mercredi 10 mars 2010 à 15 h au Trocadéro à Paris.

Le Tibet marquera le 51e anniversaire du soulèvement national contre l'occupation chinoise du Tibet et cette année correspond aussi aux 60 ans de l'invasion chinoise sur le sol du territoire tibétain, suite à la guerre d'agression contre l'Etat tibétain libre et indépendant. Cet acte d'intrusion forcée a mis à mal la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale du Tibet.
 
Après 50 ans de domination coloniale de la Chine, en 2008 au Tibet il y a eu un soulèvement populaire et pacifique à travers toutes les zones de peuplement tibétain pour rejeter la présence chinoise au Tibet. Depuis, le gouvernement chinois mène une campagne de terreur contre les Tibétains résistants, qui sont suspectés d'avoir participé aux manifestations anti-pouvoir colonial chinois.
 
La situation des Tibétains au Tibet en 2009 était aggravée par des arrestations, des condamnations expéditives à des peines capitales. Deux Tibétains ont déjà été exécutés. Des détentions prolongées sans aucune procédure judiciaire, ni information des familles des détenus politiques. Par ailleurs, les militaires chinois sont toujours stationnés auprès des habitations tibétaines dans tous le pays et la vie quotidienne des Tibétains est soumise à la loi martiale qui ne dit pas son nom.

Malgré la mise en scène des pourparlers entre les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et les représentants du Parti Communiste de Chine, aucun progrès n'est signalé sur le terrain, pour la population tibétaine dans leurs conditions sociales, économiques et encore moins dans le domaine de la revendication politique.
 
Le gouvernement chinois tient toujours la même rhétorique à l'égard du Dalaï Lama. La stratégie chinoise consiste à diviser les Tibétains en creusant des fossés afin de détruire l'unité nationale. La Chine cherche à boycotter toutes les activités de Sa Sainteté le Dalaï Lama sur la scène internationale pour que cela aboutisse un jour à un anéantissement escompté par le régime colonial.

A l'occasion du 10 mars 2010, tous les compatriotes tibétains de la France et les amis du Tibet allons envoyer à la Chine populaire le message suivant que nous sommes toujours debout et déterminés à mener le combat pour la liberté du peuple tibétain. Nous vous sollicitons afin de faire circuler cet appel autour de vous et venir vous*même à la journée de mobilisation massive pour le Tibet.
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Le Dalaï-Lama sera reçu à la Maison Blanche courant février

 
Jeudi  4 février 2010 - LEMONDE.FR - AFP/Stefan Rousseau      

Le Dalaï-Lama, chef spirituel des Tibétains en exil, sera reçu ce mois-ci à la Maison Blanche en dépit de la colère exprimée par la Chine à l'annonce de sa rencontre avec Barack Obama, a confirmé, jeudi 4 février, le porte-parole de la présidence américaine. "Il sera ici ce mois-ci", a dit M. Gibbs en réponse à une question sur la date de la visite du Dalaï-Lama à Washington.

Le porte-parole n'a cependant pas communiqué la date exacte de cette visite, ni précisé si M. Obama et le Dalaï-Lama poseraient ensemble pour les photographes. La Maison Blanche avait déjà confirmé mercredi la rencontre, sans évoquer de date, expliquant que "le Dalaï-Lama est une figure religieuse et culturelle respectée dans le monde entier, et c'est à ce titre que le président va le rencontrer". Pékin, qui accuse le Dalaï-Lama de vouloir l'indépendance du Tibet, avait protesté, indiquant que "la Chine s'oppose fermement à la visite du Dalaï-Lama aux Etats-Unis et à ce que des dirigeants américains le reçoivent".
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NDLR : Si la visite du Dalaï-Lama devait se confirmer, la France de Nicolas Sarkozy ne sortirait pas grandie des ses atermoiements de 2009.
 
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Claude B. Levenson 
 
Janvier 2010

Tibet, afin que perdure la lumière
 
Elles étaient froides et venteuses, ces nuits de janvier à Bodh Gaya, et pourtant, les journées poussiéreuses, brumeuses au petit matin, étaient empreintes de cette légèreté bienveillante qui - en dépit de bousculades passagères - accompagne d'ordinaire les déplacements du Dalaï-lama. A ce rendez-vous d'enseignement public, les fidèles étaient bien présents, attentifs sous la vaste tente pompeusement baptisée Kâlachakra maïdan. Autour du grand stûpa et de l'arbre de la Bodhi où le prince Gautama a jadis atteint l'Eveil, c'était la circumambulation traditionnelle en rangs serrés des pèlerins venus de loin, accompagnée de la non moins traditionnelle litanie profonde des moines, dans le crissement des moulins à prières au poing des dévots et le glissement feutré de milliers de pas sur les cailloux et la terre battue du chemin de ronde consacré par le temps et la foi. Les moments forts n'ont pas manqué, parmi lesquels hors session une audience remarquée accordée aux participants chinois de divers horizons de l'intérieur et de l'extérieur, ainsi qu'une rencontre avec des étrangers (entendez " occidentaux ") venus à trois ou quatre mille d'une quarantaine de pays écouter le maître de sagesse que les Tibétains apprécient depuis si longtemps.
 
Si les enseignements sont chose sérieuse par excellence, le Dalaï-lama sait aussi les agrémenter de remarques judicieuses parfois inattendues mais toujours à propos - ainsi, alors qu'il expliquait la nécessité de se débarrasser de l'hypocrisie en tant qu'obstacle sur le chemin, son allusion brocardant le président américain ajournant leur rencontre afin de ne pas froisser des susceptibilités à fleur de peau à l'autre bout du monde a soulevé une vague de rires dans l'assistance. Plus grave cependant, à l'issue de ces journées bien remplies, au cours d'une rencontre informelle, le leader tibétain a renouvelé un appel pressant à tous ceux qui le pouvaient d'aller voir " ce qui se passe au Tibet militairement occupé, afin de prendre la mesure des souffrances endurées par le peuple tibétain, et d'en porter témoignage. "
 
Il y a une année, l'ONU et les décideurs de tout calibre d'horizons divers avaient fait la sourde oreille. Certes, un vieil adage prétend qu'il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir - mais comment rester de marbre quand Dhondup Wangchen écope de six ans de prison pour avoir filmé des Tibétains exprimant leur ras-le-bol d'une présence étrangère imposée ? Les peines sont lourdes pour quiconque ose parler vrai dans un pays sous la botte, Tibétains et Chinois téméraires en font la cruelle expérience. A preuve, deux écoles, l'une élémentaire et l'autre moyenne, viennent d'être fermées d'autorité dans la région de Machu, pour avoir annoncé l'organisation d'un séminaire consacré à la sauvegarde de la langue tibétaine… Et ce n'est pas la nomination d'un Tibétain de souche, Pema Thinley, au poste de secrétaire adjoint (adjoint seulement, pas dans le rôle principal) du parti communiste de la Région dite autonome qui va changer quelque chose, tandis qu'à peu près dans le même temps, lors d'une réunion politique dans la capitale tibétaine, Jampa Phuntsok (Qiangba Pingcuo, selon la transcription chinoise) donnait sa démission du poste de gouverneur - payerait-il les pots cassés des manifestations de Lhassa de 2008 ? Pas de nouvelles cependant de son double chinois, Zhang Qingli, dont les prises de position d'une rare intransigeance ont sans doute contribué à entretenir les tensions.
 
Et pendant ce temps, on apprend qu'il y a quelques jours, le 8 janvier de cette année, le Bureau politique du parti communiste chinois réuni à Pékin sous la présidence de Hu Jintao en personne, flanqué du premier ministre Wen Jiabao et du vice-président Xi Jinping discutait du " système d'autonomie régionale des minorités ethniques et d'une voie de développement à la chinoise adaptée aux conditions locales ", afin d'assurer " la stabilité à long terme du Tibet ". Mais, au fait, qui donc a décidé que les Tibétains étaient une " minorité ethnique " de la Chine ?
 
Après les jeux olympiques et le 60e anniversaire tant claironné de la République populaire, la clique dirigeante de la Chine se prépare en vue de l'exposition universelle de Shanghai et, un peu plus tard dans l'année, des jeux asiatiques de Canton. Inutile donc de s'étonner qu'à la veille de la réunion à Pékin des plus hautes têtes pensantes du régime, le Bureau d'information du Conseil d'Etat ait jugé nécessaire d'annoncer et de définir publiquement ses objectifs pour 2010. En voici l'essentiel, dans le respect du jargon officiel : " La Chine doit se saisir du pouvoir du discours, prendre la direction de l'opinion publique et accroître sa capacité de communication internationale, travailler à gagner en puissance dans l'opinion publique étrangère - à la mesure du développement économique de la Chine et de son statut international. " Et le directeur dudit Bureau, Wang Chen, de préciser : "nous nous efforcerons encore davantage afin d'aider le monde à comprendre une Chine prospère, démocratique, ouverte, pacifique et harmonieuse. " Rien que ça…

Inutile de rire, même jaune, nous voilà prévenus, et en guise d'illustration concrète, il faut savoir que très fâchés par le refus des organisateurs privés d'un festival de cinéma à Palm Springs de retirer de leur programmation un film tibétain de Ritu Sarin et Tenzin Sonam intitulé " Le soleil au-delà des nuages ", les responsables de l'industrie cinématographique chinoise ont décidé de quitter la compétition en emportant les deux films officiels. Le film tibétain a remporté un franc succès. Et encore plus courroucés par les (timides) remontrances anglaises à la suite de la récente exécution d'un citoyen britannique, les diplomates chinois ont fort peu diplomatiquement fait avoir qu'ils ne se rendraient pas au rendez-vous du dialogue sino-britannique bisannuel sur les droits de l'homme qui devait se tenir en janvier à Londres. Ça commence bien…Il n'empêche : à en croire l'avis de deux experts aux points de départ de leur réflexion croisée grandement opposés, le Tibétain Tsering Shakya et le Chinois Wang Lixiong, " la bataille du Tibet " est bel et bien engagée, et ce qui se joue tragiquement aujourd'hui sur le toit du monde nous concerne tous, chacun et chacune. Il n'est pas concevable de laisser disparaître le Tibet, son peuple et sa culture, ni de les laisser être métamorphosés de force en produits folkloriques de pacotille… chinoise, la communauté humaine ne s'en remettrait pas.
 
C'est à coups d'investissements économiques, d'encouragements effrénés au consumérisme et de contrôle renforcé sur la religion que le régime de Pékin entend venir à bout de la résistance tibétaine. Et si le chemin est semé d'embûches à l'heure d'une érosion généralisée des libertés fondamentales et de la liberté tout court, n'est-ce pas Alexandra David-Neel qui disait : " La bravoure est la plus sûre des attitudes. Les choses perdent de leur épouvante à être regardées en face ", alors qu'Albert Camus estimait pour sa part que " en vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à tout… "
 

Newsletter janvier 2010
mailto : claude.levenson@gmail.com

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Neuvième rencontre Tibet-Chine
 
Le compte-rendu du chef de la délégation Lodi Gyari
 
Transmis par Christiane Stocchi et Thupten Gyatso - Bureau du Tibet Paris
 
Avec Kelsang Gyaltsen et accompagné de Tenzin P. Atisha, Bhuchung K. Tsering et Jigmey Passang membres de la Task Force, Lodi Gyari a conduit la délégation tibétaine en RPC du 26 au 31 janvier pour une neuvième série de pourparlers avec les représentants des autorités chinoises. Discussions intervenant après une interruption de 15 mois.

Revenus à Dharamsala le 1er février 2010, Lodi Gyari et les membres de la délégation ont présenté leur rapport officiel au Dalaï-Lama, au Premier ministre du Gouvernement tibétain en exil Samdhong Rinpoche, ainsi qu'au Président et à la Vice-présidente du Parlement tibétain en exil.

Voici ce rapport établi par Lodi Gyari (*)
 
"Le 30 janvier, nous nous sommes entretenus à Pékin avec M. Du Qinglin, Vice-président de la Conférence consultative politique populaire chinoise et Ministre du Département du Travail du Front uni du Comité central.  Le lendemain, le 31 janvier 2010, nous avons passé une journée en pourparlers avec Zhu Weiqun, Vice-ministre adjoint et avec le Vice-ministre Sithar. M. Nyima Tsering, l'un des Vice-directeurs du Congrès populaire de la Région autonome du Tibet, a également assisté à ces entretiens.
 
Nous sommes arrivés à Changsha, capitale de la province de Hunan, le 26 janvier 2010. Avant d'entamer notre programme sur place, nous avons officiellement présenté au Département du Travail du Front uni du Comité central une Note relative au Mémorandum sur l'autonomie réelle pour tous les Tibétains, que nous avions déjà proposée lors de la huitième série de pourparlers, en novembre 2008.  Cette Note contenait sept points sur les questions fondamentales soulevées par les autorités chinoises lors de cette huitième entrevue, ainsi que des suggestions constructives pour faire progresser le processus de dialogue.  Ces sept points comprennent le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République populaire de Chine, le respect de la Constitution de la RPC, le respect des "Trois Adhésions", le respect de la hiérarchie et de l'autorité du gouvernement central chinois.  Des questions soulevées par le gouvernement central sur des compétences particulières se rapportaient au Mémorandum, reconnaissant le cœur du problème et offrant la coopération de Sa Sainteté le Dalaï-Lama en vue d'une solution mutuellement bénéfique.
 
La Note indiquait clairement que Sa Sainteté le Dalaï-Lama et d'autres membres du gouvernement en exil n'ont aucune exigence personnelle à formuler.  Sa Sainteté se préoccupe des droits et du bien-être des Tibétains.  Par conséquent, la question fondamentale devant être résolue est l'application fidèle d'une autonomie réelle, permettant aux Tibétains de se gouverner eux-mêmes, selon leurs propres idées et besoins.
 
Sa Sainteté le Dalaï-Lama s'exprime au nom du peuple tibétain avec lequel il entretient une relation profonde et historique, basée sur une confiance totale. Il est indéniable que Sa Sainteté représente légitimement le peuple tibétain et elle est certainement perçue comme son légitime représentant et porte-parole.  En effet, ce n'est que par le dialogue avec Sa Sainteté le Dalaï-Lama que la question tibétaine pourra être résolue.  Il est capital de reconnaître cette réalité.
 
Nous insistons sur le fait que l'engagement de Sa Sainteté pour la cause tibétaine ne vise pas la revendication de droits personnels ou d'une position politique, ni pour le compte de l'administration tibétaine en exil.
 
Nous avons appelé nos homologues chinois à cesser les accusations infondées contre Sa Sainteté et de la traiter de séparatiste. Au contraire, nous enjoignons les autorités chinoises à travailler avec Elle afin de trouver une solution au problème du Tibet, acceptable des deux côtés et basée sur le Mémorandum. C'est ainsi que seront assurés la stabilité, l'unité et le développement d'une société harmonieuse.
 
Nos homologues chinois ont quant à eux exposés " les Quatre Interdits " pour définir leur position. Ils nous ont aussi fourni un exposé détaillé sur les récents développements relatifs au Tibet, et en particulier à l'important Vème Forum sur le travail au Tibet.  Ils ont déclaré que le Forum visait à améliorer la vitalité des Tibétains dans la Région autonome du Tibet et dans toutes les zones tibétaines, et tout particulièrement, dans les services publics tels que l'éducation, les services médicaux et la protection de l'environnement.  En nous basant sur les rapports qui nous ont été transmis sur le Forum à l'origine, nous avons salué les questions qu'il a soulevées pour améliorer la vie des Tibétains, notamment dans les zones rurales.  Nous saluons le fait que le Vème Forum sur le travail au Tibet a examiné des points comme le développement dans toutes les zones tibétaines ( la Région autonome du Tibet ainsi que les autres zones tibétaines ). Nous croyons fermement que toutes les zones tibétaines doivent être régies par une politique uniforme et une administration unique. En nous débarrassant des slogans politiques, bien des problèmes dont le Forum a fait des priorités s'apparentent aux besoins de base des Tibétains, tels que mentionnés dans notre Mémorandum.
 
Le regard opposé porté sur l'analyse de la situation actuelle au Tibet demeure une différence majeure entre nos homologues chinois et nous.  Donc, pour une compréhension mutuelle de la situation réelle, nous avons suggéré un effort commun pour saisir la réalité de fait sur place, avec le souci de chercher la vérité d'après les faits. Cela aidera les deux parties à évoluer au-delà des controverses l'une de l'autre.
 
Ces prochains jours, nous examinerons les points soulevés par nos homologues, y compris les comptes-rendus du Vème Forum sur le travail au Tibet ainsi que " les Quatre Interdits ".  Comme je l'avais fortement précisé au cours de notre entretien, je souhaite ardemment que les autorités chinoises se livreront à un travail de réflexion sérieuse sur les points que nous avons soulevés. Comme Sa Sainteté le Dalaï-Lama n'a cessé de clarifier sa position quant à l'avenir du Tibet au sein de la République Populaire de Chine et qu'elle a fait preuve de volonté politique envers les autorités chinoises, nous ne voyons aucune raison pour laquelle un terrain d'entente ne pourrait être trouvé pour résoudre ces problèmes.  Nous souhaitons réitérer l'incessante volonté de Sa Sainteté à travailler avec le gouvernement central chinois là-dessus afin que le peuple tibétain puisse retrouver sa fierté et sa dignité et que la stabilité et l'unité de la République Populaire de Chine soient assurées..
 
Nous remercions nos hôtes, le Front uni du Hunan, le Front uni pékinois et le Département du Travail du Front du Comité central pour leur hospitalité au cours de ce séjour.
 
Dharamsala, le 2 février 2010."
 
(*) Traduction française d'Alexandre Huillet pour le Bureau du Tibet, Paris.
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NDLR : Comme on le voit, il n'y a aucune proposition de la part des responsables chinois lors de cette nouvelle rencontre, ces derniers restant campés sur leurs positions... désormais bien connues !
 
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Décès à 99 ans d'un "collabo tibétain" historique !
 
Jeudi 24 décembre 2009 - Agence France-Presse

Un ancien haut responsable du gouvernement du Dalaï-lama, qui avait signé l'accord de 1951 reconnaissant la souveraineté de la Chine sur le Tibet, Ngapoi Ngawang Jigme, est décédé mercredi à Pékin à l'âge de 99 ans, ont rapporté jeudi les médias officiels.

Dans un communiqué, cité par les médias chinois, le comité central du Parti communiste a salué "un grand patriote, un militant social connu, un bon fils du peuple tibétain".

Né en février 1910 à Lhassa dans une famille de nobles, Ngapoi Ngawang Jigme était gouverneur du Kham, lorsque les troupes communistes chinoises s'étaient emparées de cette province de l'est du Tibet en octobre 1950.

Capturé, il avait ensuite dirigé la délégation qui s'était rendu à Pékin en 1951 pour, selon la terminologie chinoise, négocier la "libération pacifique du Tibet". Il avait alors signé l' "accord en 17 points", reconnaissant la souveraineté de la Chine sur le Tibet.*

Pékin affirme que le Tibet fait partie de la Chine depuis le XIIIe siècle, une affirmation contestée par le gouvernement tibétain en exil.

Le Dalaï lama, chef spirituel des Tibétains qui vit en Inde depuis 1959, soutient que l'accord de 1951 a été imposé par les Chinois et qu'il en a pris connaissance en écoutant la radio.

Après la fuite du Dalaï-lama, à la suite d'un soulèvement avorté contre la présence chinoise en 1959, Ngapoi Ngawang Jigme était devenu l'un des principaux responsables politiques tibétains au sein du régime communiste. En 1965, il avait été nommé président de la toute nouvelle Région autonome du Tibet.
 
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(*) Accord et prise d'otages (NDLR).
Cet accord ornementé d'un faux cachet a été imposé par Pékin à la délégation tibétaine coupée de Lhassa et ne disposant d'aucun moyen de communication avec le Dalaï-lama et les responsables tibétains.      
                 
L'accord lui-même signifiant la mise sous tutelle manu-militari d'une nation indépendante avec cependant la reconnaissance d'une "certaine" autonomie n'a pourtant jamais été respecté par les responsables de la dictature chinoise qui l'avaient imposé au cours de cette prise d'otages.

Aucun changement depuis 1951 : le point de vue de Pékin étant de croire et faire croire qu'un mensonge mille et mille fois répété inlassablement finira par devenir un jour une "vérité" d'inspiration divine sans aucun doute !             
 
Avec les compliments de toutes les dictatures et régimes autoritaires du monde ! C'est ce que certains appellent sans doute les progrès du régime chinois en matière de Droits de l'homme.
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Une nonne, prisonnière politique tibétaine, décède à l'hôpital de Chengdu (Chine) des suites de ses tortures
 
Lundi 7 Décembre 2009 - Phayul - (traduction Tibet Chine Actualité)  

Dharamsala (Inde) - Une nonne tibétaine de Kardze est morte tôt dimanche dans un hôpital de Chengdu, capitale de la province chinoise du Sichuan, selon des sources tibétaines en éxils en Inde.
 
La religieuse de la nonnerie de Kardze Lamdrag, Yankyi Dolma, âgée de 33 ans a été arrêtée le 24 mars 2009 avec une autre religieuse, Sonam Yangchen, après avoir organisé une manifestation sur la place du marché à Kardze contre la politique répressive du gouvernement chinois.
 
Les nonnes on scandé des slogans comme : "La Chine hors du Tibet", "retour du Dalaï Lama au Tibet", "arrêtez la persécution religieuse au Tibet", tout en jetant en l'air des tracts pro-indépendance, selon un communiqué.
 
Environ 50 soldats armés ont battu sévèrement les deux religieuses et les ont emmenées dans un fourgon. Les autorités ont ensuite saccagé la nonnerie. Ce soir-là, Yankyi et Sonam ont dû enlever les photos du Dalaï Lama, ajoute le communiqué. Leurs parents et les membres de leur famille ont été réprimandés pour avoir des liens avec les "forces séparatistes en exil du Dalaï-lama". Le jour suivant, les autorités chinoises ont appelé le frère de Yankyi, Tsangyang Gyatso, à l'autorité administrative locale et l'ont interrogé pendant des heures.
 
Yankyi aurait succombé à la suite des tortures en prison. Tenzin Choeying de l'Association "Étudiants pour un Tibet Libre" (Inde) a déclaré : "Les soldats chinois l'ont battue sans pitié en plein jour dans le marché historique de la ville de Kardze. Et nous pouvons très bien imaginer ce qu'ils peuvent faire à huis clos dans la prison."
 
Yankyi avait été remise à la Cour populaire intermédiaire de Kardze, le 24 août 2009. Toutefois, on ne connaît pas les décisions du tribunal.
 
Yankyi est née de Guendune Dhargye et Pema Khando de Hormeytsang, famille du canton de Roltsa dans le comté de Kardze, "TAP" province du Sichuan. Elle devint religieuse à l'âge de 17 ans.
 
L'Association des femmes tibétaines, Étudiants pour un Tibet libre, le Parti démocratique national du Tibet et l'Association d'anciens prisonniers politiques "Gu Chu Sum" ont tenu, tard dans la soirée, une veillée aux chandelles sur la place principale de McLeod Ganj (Inde) pour rendre hommage à Yankyi.
 
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Le chanteur tibétain Tashi Dondrup a été arrêté à cause de "chansons subversives"

Lundi 7 décembre 2009 - Phayul (Traduit par Gachet, H.N.S Info)
 
Les autorités chinoises ont arrêté jeudi un chanteur tibétain jeune et populaire sous les accusations de composition de chansons subversives, selon le Times Online.

Tashi Dondrup (photo) a été arrêté hier après-midi alors qu'il était en fuite dans la ville de Xining, capitale de la province de Qinghai, où il s'était réfugié après que les autorités eurent interdit sa musique.

Le chanteur professionnel de 30 ans a sorti un album intitulé "Torture sans trace" le mois dernier. Cet album contient treize chansons exprimant la nostalgie envers le leader tibétain exilé, le Dalaï-Lama et rappelle la répression qui a suivi les émeutes anti-chinoises au Tibet en mars dernier.
Les 5000 CD ont vite été épuisés chez les tibétains de la région de l'Amdo dans l'est du Tibet, où Tashi Dondrup est une star locale. Les autorités chinoises ont interdit l'album immédiatement.

Selon le reportage, les officiels de la province centrale du Henan, où le chanteur est membre de la troupe artistique de la région autonome mongole du Henan, ont émis un mandat pour son arrestation. Le musicien, fils de fermiers tibétains, marié il y a deux mois, a ensuite pris la fuite avant son arrestation.
 
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Claude B. Levenson 
 
Décembre 2009

Les Iles Féroë à l'Unesco, le Tibet peut toujours attendre...
 
Récemment, le petit monde parisien de l'Unesco était en pleine effervescence, dans l'attente du nouvel élu qui tiendra dorénavant le devant de la scène à sa direction. De rumeurs en joutes serrées, de palabres en négociations laborieuses, la tête de l'organisation internationale est féminine, Irina Bokova la Bulgare, l'ayant finalement emporté sur Farouk Hosny l'Egyptien. A peu près en même temps, les amateurs de foot, bien plus nombreux, se passionnaient pour un match décisif entre les équipes de France et des îles Féroé, justement.

A première vue, pas grand-chose de commun entre ces deux événements. Et pourtant… Le brouhaha autour du premier et les clameurs entourant le second ont relégué loin à l'arrière-plan un troisième événement qui vaut tout de même son pesant d'information.

Heureusement, à la différence d'un surprenant silence journalistique, un organe de presse sérieux et qui ne perd aucune occasion de lancer son scoop n'a pas négligé d'annoncer à son vaste public cette nouvelle si importante : dès la mi-octobre, tous les intéressés étaient informés que les Iles Féroé venaient d'être admises comme deux-centième membre à l'Unesco, " qui compte désormais 193 Etats membres et sept associés ".
Merci le Service français de Radio Pékin, qui précise doctement : " Selon l'Acte constitutif de l'Unesco, les territoires ou groupes de territoires qui n'assument pas eux-mêmes la responsabilité de la conduite de leurs relations extérieures peuvent être admis comme membres associés par la Conférence générale. "
 
Sage disposition qui a permis à l'archipel européen de 18 îles et 40.000 habitants de se joindre aux associés qui l'ont précédé, à savoir Aruba, les Antilles néerlandaises, les Iles Caïman, les Iles Vierges, Tokelau (dans le Pacifique, trois îlots et 1.187 habitants), et … Macao. La dépêche chinoise a ceci d'intéressant que non seulement elle donne l'information, capitale pour enrichir le patrimoine culturel mondial de l'humanité, mais en même temps, elle est stimulante, car elle peut donner des idées et suggérer des initiatives tout aussi heureuses et novatrices. Que les pays adhérant à l'ONU soient de plein droit membres de l'Unesco, rien à redire, et que son institution spécialisée dans l'éducation et les sciences en compte une demi douzaine de plus eu égard à la diversité culturelle de notre brave petite planète bleue, rien que de très normal : l'auguste institution n'a-t-elle pas pour mandat de " contribuer au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde en resserrant, par l'éducation, la science, la culture et la communication, la collaboration entre nations, afin d'assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples " ?
 
Il est donc tout naturel d'y retrouver St. Kitts et Nevis, St. Marin, St. Vincent et les Grenadines, les Iles Marshall et les Salomon, ou encore Kiribati, Nauru, Tuvalu et Tonga, pour accueillir leur nouvel associé, les Féroé, " connues pour l'intégrité des paysages, l'architecture traditionnelle et une identité culturelle marquée ". " Identité culturelle marquée… territoires qui n'assument pas eux-mêmes la responsabilité de leurs relations extérieures ", ça ne vous rappelle rien? D'accord, Macao y a bien sa place… Mais alors, pourquoi pas le Tibet ? Nul doute qu'il s'agit là d'un malencontreux oubli, que le ministre chinois des affaires étrangères (ce sont eux qui se chargent généralement de déposer la demande d'association à l'Unesco, au nom du pays qui exerce la tutelle) se fera un réel plaisir de réparer dans les meilleurs délais. Il est de notoriété publique - pour reprendre une formule chère aux porte-paroles de Pékin - que le Pays des Monts neigeux qui, comme chacun sait ou feint de le croire, " appartient à la Chine depuis la nuit des temps ", se prévaut sans ambiguïté d'une " identité culturelle marquée ", avec son architecture traditionnelle et ses paysages naguère intègres d'une beauté puissante, pour ne citer que ces traits saillants.

Son passé, son savoir ancestral, ses trésors artistiques, sa langue et son alphabet, ses us et coutumes, ce qui reste de son patrimoine qualifient amplement ce vaste territoire qu'on appelle " le toit du monde ", autant que Macao, pour entrer par la grande porte à l'Unesco.

Une idée en ce sens avait été lancée il y a environ une année, visant à l'inscrire au Patrimoine mondial, en vue d'apporter une " réponse magistrale et pacifique au problème posé par le statut de ce pays ". Intention on ne peut plus louable, mais qui l'a entendue en des temps où le tout économique l'emporte sur le tout politique, voire sur le respect des principes mêmes de l'ONU et de l'Unesco auxquels ont souscrit tous les membres de ces honorables institutions ? Faute d'un geste de véritable courage politique, l'Unesco qui revendique l'universalité culturelle s'honorerait de pareille audace…
 
Une ombre de taille entre New Delhi et Pékin
 
Au-delà cependant de ce qui peut paraître relever de l'anecdote, la realpolitik de plus en plus largement en vogue à travers le monde a de quoi laisser songeur. Comme si le Tibet n'était qu'un simple alibi, ou un cache-misère, selon les intérêts de l'instant - que l'on s'appelle Barack Obama ou Nicolas Sarkozy, sans oublier Manmohan Singh, voire Sonia Gandhi. Entre les deux mastodontes asiatiques qui se livrent sans cesse à des escarmouches plus ou moins feutrées masquant mal une rivalité croissante, le Tibet n'est plus l'Etat-tampon de naguère, mais une ombre gigantesque sur les relations entre New Delhi et Pékin. Et ces rapports ne sont pas au beau fixe, quand bien même la presse est plutôt discrète à ce propos.

Davantage que des bruits de bottes, ce sont des roulements de chars et le sourd vacarme d'une construction accélérée d'infrastructures militaires sur le toit du monde qui se font entendre au loin, tandis que le gouvernement indien joue apparemment la sérénité… tout en suspendant des chantiers frontaliers dès que les autorités chinoises manifestent leur mauvaise humeur.

Il ne suffit toutefois pas de laisser le Dalaï-lama répondre aux demandes des fidèles d'Arunachal Pradesh et d'ailleurs pour faire croire que l'Inde n'a pas à se soucier des intentions de sa nouvelle voisine au-delà de l'Himalaya - les intentions de cette dernière ne sont pas à l'abri de tout soupçon. Le Tibet et les Tibétains en ont fait et en font encore l'amère expérience, certains stratèges ou hauts fonctionnaires en Inde n'ont pas oublié l'expérience de 1962 et ne souhaitent pas qu'elle se renouvelle. Personne n'y a intérêt certes, à l'exception de ceux qui aimeraient bien allumer la mèche, et l'histoire indique qu'ils se laissent plus souvent qu'à leur tour enivrer par l'orgueil de la puissance, cette illusion pernicieuse qui monte si vite à la tête au point d'en ignorer les conséquences.
 
Prenant à rebrousse-poil l'antienne du déclin de l'influence occidentale, américaine en particulier, dans le monde et du rôle des démocraties en faveur des droits de l'homme, Wei Jingsheng, un vétéran de la dissidence chinoise, rappelait récemment à l'occasion de l'anniversaire de la chute du mur de Berlin : " Nous autres Chinois, nous étions découragés après le massacre du 4 juin à Tiananmen. Cette victoire des Européens de l'Est nous a fait l'effet d'un feu de camp dans les ténèbres, elle nous a encouragés et rendu espoir. " Certes, les temps changent lentement, et même si parfois l'horizon s'obscurcit et le ciel semble bas, le dernier mot revient toujours à la lumière. " L'humanité crie à l'aide, constatait naguère le Dalaï-lama. Notre temps est désespéré. Ceux qui ont quelque chose à offrir, qu'ils se manifestent. Il est grand temps… " En des temps encore plus reculés, un autre sage assurait : " C'est lorsqu'il n'y a plus d'espoir qu'il convient d'espérer. "

Newsletter Décembre 2009
mailto : claude.levenson@gmail.com


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Photo SL - capture Dailymotion - LeMonde.fr - montage SL

 
Accord UMP-PC chinois :
Le Député Lionnel Luca voit... rouge

24 Octobre 2009 - Nice Matin
 
" Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, a signé jeudi un protocole entre son parti et le Parti communiste chinois lors de sa visite à Pékin (...)"
 
Bertrand signe... Et Luca s'étrangle.

De colère. D'amertume, aussi.

Le député des Alpes-Maritimes, président du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale, se dit " complètement abasourdi " que son mouvement " s'acoquine à un parti totalitaire ". Et, dans un courrier adressé à Xavier Bertrand, il annonce sa décision " de se mettre en congé de l'UMP pour son fonctionnement interne ".

Lionnel Luca, député impétueux, ne mâche pas ses mots.

Comment avez-vous appris que Xavier Bertrand avait signé ce protocole ?

Franchement ? On m'a envoyé la dépêche de l'AFP et j'ai cru que c'était une mauvaise blague. Un bidouillage. Un canular sur Internet, c'est dire...

Et quand vous avez compris que c'était vrai...

Déjà, faire ça un 22 octobre, le jour de la lecture de la lettre de Guy Môquet dans les lycées, il fallait oser. Et pendant que Xavier Bertrand signait le protocole à Pékin, le même jour, trois Tibétains - deux hommes et une femme - étaient exécutés par l'armée chinoise pour leur rôle dans les émeutes de l'an dernier. Et je ne suis pas loin de penser que ce n'est pas une coïncidence de faire ça, ce jour-là. De ça, Xavier Bertrand n'en dit pas un mot. Les manifestations au Tibet n'avaient qu'une seule revendication : la liberté. Je suis écoeuré que mon parti soit du côté des tyrans et non des résistants.

" On va lui faire péter son protocole ! "

A quoi sert ce protocole ?

Il s'agit de resserrer les liens, de mieux travailler et échanger. Je crois rêver ! Ils se sont même promis une manifestation commune chaque année. Une fois en France, une fois en Chine. Même le PCF, dans ses rêves les plus fous, n'aurait pas imaginé un truc pareil !

En réaction, vous vous mettez en congé de l'UMP pour son fonctionnement interne, ce qui veut dire ?

Que je n'assure plus mes fonctions comme celle au Conseil national par exemple. Pour tout ce qui fait la machine UMP, je ne m'associe plus au fonctionnement du parti. C'est une grève passive. Un boycott. J'en ai marre, c'est vraiment n'importe quoi. En revanche je garde ma carte. D'abord parce que l'UMP, c'est... familial. Et parce que je ne suis pas certain que tous les membres du mouvement soient d'accord avec ce protocole, bien au contraire.

Vous êtes remonté...

Enfin ! On ne le fait même pas avec les conservateurs britanniques et on fait ça avec les communistes chinois. 60 millions de morts ! Oui, en colère, décontenancé. Et triste aussi, parce que ce n'est pas l'idée que je me fais de la politique. A l'époque, en prenant ma carte au RPR, je pensais qu'on était plutôt du côté de la résistance que du côté des collabos. Et moi je ne veux pas me déshonorer.

Vous comprenez Xavier Bertrand ?

Non. Je tombe des nues. Je peux comprendre la nécessité pour nous d'avoir des relations d'Etat à Etat avec la Chine, mais pas qu'on lui donne un brevet de bonne fréquentation. Là franchement, ça rime à quoi ? Qu'est-ce qu'on a à gagner ? Des chaussures pourries qui vous brûlent les pieds ?

Je suis étonné de ce qu'à fait Xavier Bertrand qui était un homme pour qui j'avais plutôt de la sympathie. Mais on va lui faire péter son protocole !

Qui avez-vous informé de votre décision ?

J'ai prévenu Copé, mon président de groupe. Et les députés du Groupe Tibet. On est 180, dont plus de 100 UMP quand même. Mais cela ne remet pas en cause mon soutien à Nicolas Sarkozy, qui restera dans l'histoire comme le seul président de la République à avoir rencontré officiellement le Dalaï-lama.

Votre décision est-elle révocable ?

Je veux marquer le coup. On verra comment ça va réagir.
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L'UMP Lionnel Luca :
" l'UMP est solidaire des tyrans chinois"

Vendredi 23 Octobre 2009 - Marianne - Gérald Andrieu
 
Le député UMP des Alpes-Maritimes et président du Groupe d'étude sur la question du Tibet n'a pas apprécié de voir son parti "s'acoquiner avec un parti totalitaire", le Parti communiste chinois. Dans un courrier adressé à Xavier Bertrand, il annonce "sa mise en congé de l'UMP".

Ça sentait la goutte d'eau, la goutte de trop. Et ça l'a été. Pour Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes et défenseur de la cause tibétaine, l'annonce de la signature par Xavier Bertrand d'un protocole d'accord entre son parti et le Parti communiste chinois ne passe pas. Dans un courrier adressé au secrétaire général de l'UMP en date de ce vendredi, Lionnel Luca annonce " avec beaucoup de regrets mais également avec une entière certitude " vouloir " [prendre] congé de l'UMP pour son fonctionnement interne auquel [il] ne [saura] participer dans ces conditions". 

Certes, il prend soin de préciser que " cela ne remet nullement en cause [son] soutien au Président de la République qui restera dans l'histoire comme le seul Président de la République à avoir rencontré officiellement le Dalaï Lama ".

Mais Lionnel Luca n'est pas du genre à mâcher ses mots. Et il le prouve à nouveau lorsqu'il s'agit d'expliquer sa décision : " Si je peux comprendre, écrit-il, la nécessité pour la France d'avoir des relations d'Etat à Etat avec le grand pays qu'est la Chine, rien n'oblige un parti démocratique comme le nôtre à s'acoquiner avec un parti totalitaire, lui donnant ainsi un brevet de bonne fréquentation. "

Et d'ajouter à l'adresse de Xavier Bertrand : " Dans le même temps où vous étiez présent (en Chine, ndlr), trois Tibétains dont une femme ont été exécutés par l'armée chinoise à Lhassa pour leur participation aux manifestations de mars 2008 violemment réprimées ; elles font suite à 12 condamnations à mort prononcées à la suite des récentes manifestations dans le Si-Kiang. Toutes ces manifestations n'avaient qu'une revendication : la Liberté. Je suis triste que mon parti soit du côté des tyrans et non des résistants. Le Parti communiste chinois aura tôt ou tard à rendre des comptes à son peuple et devant l'Histoire. Qu'aurons-nous à dire à ce moment-là ? " 
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*** Lionnel Luca, député UMP des Alpes maritimes, président du groupe d'Etudes parlementaire sur le problème du Tibet, 
Assemblée nationale, Palais Bourbon, casier de la Poste .
75355 PARIS 07-SP
Lionnel Luca
lluca@assemblée-nationale.fr
Attachée parlementaire Marie Huteau :
mariehuteau@lionnel-luca.org
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L'UMP se jumelle avec les communistes chinois
 
Jeudi 22 Octobre 2009 - Marianne - Philippe Cohen et Sylvain Lapoix

A l'occasion d'une visite en Chine, Xavier Bertrand a signé un protocole entre l'UMP et le Parti populaire chinois. A quand les grandes fresques sur le Président Sarkozy sur les murs de Paris ? 

 
"Le vent d'Est l'emporte sur le vent d'Ouest !", avait coutume de dire Mao. En devenant parti-frère du Parti populaire chinois, l'UMP réalise enfin les prédictions du Grand Timonier ! A l'occasion d'une visite officielle du secrétaire général du parti présidentiel français, Xavier Bertrand a signé un protocole pour "une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d'échanges" entre les deux formations politiques. Une façon de rattraper l'incident suite à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama en début d'année et un message fort envers le dissident UMP Lionnel Luca, soutien de la monarchie théocratique illégitime du Tibet, reclus sur la Côte d'Azur !
 
On a eu du mal à le croire. On a vérifié pour savoir s'il ne s'agissait pas d'un hoax. Mais non, c'est du béton, l'UMP se marie bien avec  le dernier parti totalitaire du monde (avec le PC nord-coréen), celui qui a dirigé la révolution culturelle et provoqué la mort de centaines de millions de Chinois.
 
Lou ravi qui a eu cette idée de génie, tout heureux d'avoir pris de vitesse le sinophilique Jean-Pierre Raffarin, a même fourni des précisions sur cet accord historique. Tous les deux ans, a-t-il promis, un événement donnera "un relief particulier" à ce protocole. On imagine le dilemme : que choisir, un défilé militaire signé Serge Dassault ? Une longue Marche des caissières de Carrefour ? Un défilé de majorettes conduit par Carla Bruni ?
 
Une chose est sûre : le secrétaire général de l'UMP était également là pour s'inspirer de la réussite du PCC. Il a ainsi visité l'école des cadres du parti qui compte 76 millions de membres afin de s'initier aux méthodes les plus modernes de recrutement et de formation des militants politiques. " Le quart de rouge c'est la boisson du Garde Rouge ", chantait Nino Ferrer dans les années 1970.
 
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Jacques Rogge et Liu Qi, maire de Pékin, lors de l'ouverveture des J.O. le 8 août 2008.
 
On comprend, enfin, pourquoi Jacques Rogge a fait la sourde oreille aux demandes réitérées
du "respect des Droits de l'Homme en Chine" durant les JO !
 
Un accord secret entre Jacques Rogge et la Chine pour que les J.O. soient attribués à Pékin

Mardi 20 octobre 2009 - Harold Thibault (Aujourd'hui la Chine)

Voila qui pourrait expliquer la ferveur avec laquelle le président du CIO a toujours défendu les Jeux de Pékin. La Chine et Jacques Rogge se sont entendus secrètement pour que Pékin obtienne les J.O. et que lui soit élu président du CIO, révèle l'ancien ministre chinois des sports. 

Jacques Rogge et Liu Qi, maire de Pékin, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques le 8 août 2008
La Chine a passé un accord secret avec Jacques Rogge, président actuel du Comité International Olympique (CIO), pour s'assurer l'attribution des Jeux de Pékin, selon un livre du ministre chinois des sports de l'époque, Yuan Weimin, que s'est procuré le quotidien britannique Times.
 
L'ancien ministre y explique que M. Rogge a négocié avec lui pour s'assurer le vote des membres chinois du CIO lors de sa réunion de Moscou en 2001, au cours de laquelle il devait attribuer les Jeux d'été de 2008 et élire un nouveau président.
 
Le livre, intitulé "Yuan Weimin et les vents et nuages du sport international" révèle comment Pékin a réussi à se mettre des votes de membres européens du CIO dans la poche, alors que ces derniers étaient plus susceptibles de voter pour Istanbul ou Paris.
 
"Bien que n'ayant pas de contrat écrit avec Rogge nous avions un accord privé" écrit Yuan, selon le Times.
 
Yuan explique que lui et le maire de Pékin Liu Qi ont eu un rendez-vous avec M. Rogge dans un appartement d'un centre de conférences de Genève à l'approche de la réunion de Moscou. Rogge aurait alors dit que l'une des raisons pour lesquelles il soutiendrait la candidature de Pékin était qu'en cas d'attribution des J.O. de 2008 à Paris, cela serait mauvais pour sa propre campagne à l'intérieur du CIO. La rencontre était une initiative de Li Lanqing, alors membre du Comité Permanent du Bureau Politique du PCC, la plus haute instance politique de Chine, selon l'ancien ministre.
 
"Nous avons expliqué à Rogge que nous espérions que (lui) et ses amis soutiendraient Pékin. Rogge a dit qu'il espérait que les trois délégués chinois du CIO et les amis de la Chine le soutiendraient" écrit Yuan Weimin, selon le Times. "Rogge m'a dit qu'il m'était très reconnaissant de le soutenir dans sa campagne pour être président et qu'il soutiendrait complètement la candidature chinoise aux Jeux Olympiques", poursuit-il.
 
"Mais il espérait que la Chine comprendrait qu'il ne puisse pas exprimer sa position et son opinion (publiquement) parce qu'il était président du Comité Olympique Européen et que Paris et Istanbul étaient en Europe - mais que malgré cela il travaillerait pour Pékin".
 
L'ancien ministre révèle dans le livre que la Chine a promis qu'elle persuaderait ses amis de soutenir Rogge et qu'en retour Rogge s'était engagé à gagner le soutien des membres européens du CIO.
 
Le plan du Bureau permanent a failli vaciller lorsque l'un des délégués chinois au CIO s'est montré enclin à voter pour un autre candidat à la présidence, le Sud-Coréen Kim Un-yong. Furieux, les dirigeants chinois auraient alors donné l'ordre aux trois Chinois du CIO de voter pour Rogge. Finalement, Pékin s'était vue attribuer le 13 mai 2001 et Jacques Rogge avait été élu président 3 jours plus tard.

Un porte-parole de M. Rogge a répondu au quotidien londonien que le président du CIO avait été élu par une large majorité et que toute insinuation que des accords auraient été passés est complètement fausse.
 
A l'époque, et jusqu'à la tenue des Jeux, le choix du Comité Olympique d'attribuer les Jeux à Pékin avait été critiqué au regard du bilan de la Chine en matière de droits humains.
 
A plusieurs reprises, M. Rogge avait défendu son choix. "Au moment de la candidature à Moscou en 2001, un membre dirigeant du Comité de candidature (de Pékin) a dit qu'attribuer les Jeux à Pékin ferait avancer l'agenda social de la Chine, dont les droits de l'Homme. C'est ce que j'appelle un engagement moral" avait par exemple expliqué M. Rogge au printemps 2008, à quelques mois des J.O, sur CNN.
 
Jacques Rogge a été réélu président du CIO pour 4 ans vendredi 9 octobre dernier après avoir été le seul candidat à sa succession.
 
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Claude B. Levenson 
 
Octobre 2009
 
Tibet on t'aime, Washington non plus...

Les grands titres de l'actualité qui se bousculent à la une de la presse et occupent le devant des journaux télévisés ont tendance à laisser dans l'ombre des informations souvent révélatrices. Ainsi, rien que depuis début octobre, plusieurs sources tibétaines ont permis de confirmer l'arrestation d'un certain nombre de Tibétains qui avaient participé le 7 juin à une cérémonie d'offrande d'encens à l'occasion de Saka Dawa (une fête d'importance capitale du calendrier tibétain), quelques-uns ont été relâchés, mais familles et proches sont toujours sans nouvelle d'autres participants. Par ailleurs, les responsables du monastère de Pangsa sont également sans nouvelle ni information d'une dizaine de moines arrêtés lors des protestations de mars 2008. D'autres renseignements reçus début octobre confirment qu'une doctoresse tibétaine à la retraite a été condamnée en novembre 2008 à 15 ans de prison sous l'accusation d'avoir " passé des secrets d'Etat à l'étranger " lors des manifestations du printemps 2008.

Elle purge sa peine de travaux forcés dans un centre près de Lhassa, sans avoir été autorisée à voir quiconque de ses proches depuis sa détention et sans avocat lors du procès…
 
Et afin de ne pas oublier qu'une " bonne " nouvelle peut tenter d'en cacher une autre bien moins réjouissante, l'agence officielle chinoise annonçait le 4 octobre que près de 3 millions d'hectares de prairie de la réserve des Trois rivières (Dri-chu, Ma-chu et Za-chu, soit le Yangtsé, le Fleuve jaune et le Mékong, entre Kham et Amdo) avaient été " écologiquement réhabilités " au cours des quatre dernières années. Pas un mot en revanche des restrictions imposées dans ce louable but à des dizaines de milliers de nomades tibétains dont c'était naguère le terrain de transhumance depuis des siècles, désormais sédentarisés de force dans les nouveaux " villages socialistes " où, privés de leurs bêtes et sans possibilités d'activités de substitution, ils semblent voués à une mort aussi lente que certaine. Toute comparaison avec le sort naguère réservé aux peuples indiens des Amériques serait oiseuse ou fortuite, voire taxée de malveillance.

Quant au Nobel surprise attribué au fringant président américain, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il était inattendu et qu'il n'a pas suscité que de l'enthousiasme jusque parmi ses plus ardents partisans. Des commentateurs, y compris américains (et de tout bord) s'étonnent de la promptitude d'un prix couronnant certes de belles intentions, mais bien peu de concret. Bien sûr, l'heureux lauréat n'est qu'en début de mandat, même si d'aucuns se disent qu'une candidature déposée à la hâte juste avant la clôture des listes de proposition et à peine onze jours après son entrée à la Maison Blanche, c'est aller un peu vite en besogne.
 
Le fait que le nouveau président du Comité Nobel de la paix soit parallèlement et depuis peu secrétaire du Conseil de l'Europe peut donner à penser que le brave homme n'avait guère envie de se mettre à dos Moscou pas plus que Pékin. Or, l'association russe " Mémorial " et le dissident Hu Jia (au nom de tous les autres, et ils sont nombreux à languir dans les geôles chinoises souvent sans même que l'on sache leurs noms ou les accusations qui pèsent sur eux) étaient cités comme favoris pour le prix de cette année. De quoi regretter le discrédit ainsi jeté sur une récompense prestigieuse, gaspillée pour un lauréat qui n'en demandait pas tant ni n'en avait besoin - ce qui fait dire à un blogueur américain que cette bévue pourrait bien signaler le début de la fin d'un certain rêve américain de pays protecteur pur et dur des libertés fondamentales.

Il semble difficile de ne pas percevoir une contradiction évidente entre de belles paroles et des faits pratiques - nombre d'analystes n'ont pas manqué de relever le report par la Maison Blanche de la rencontre envisagée entre Barack Obama et le Dalaï-lama justement de passage à Washington, et certains responsables tibétains ont eu du mal à masquer leur déconvenue tandis que Pékin ne cachait pas sa satisfaction. Sortant de sa réserve coutumière, seul Samdong Rimpoché, chef de l'administration en exil, a constaté publiquement que comme tant d'autres, le président américain choisissait l'apaisement vis-à-vis de la Chine.
 
Dame, quand une bonne partie de la dette américaine est en mains chinoises, on le comprendrait à moins… Il n'empêche : ce que l'on appelle aujourd'hui en politique un " signal " lancé en direction d'un partenaire (ou d'un adversaire) est en l'occurrence un signe qui laisse mal augurer de la place concédée dorénavant à la défense des libertés et des droits de l'homme par une administration américaine plus préoccupée (comme tant d'autres !) par des soucis économico-financiers et d'une relance convoitée pour sortir de la crise d'un capitalisme débridé.
 
De l'autre côté de la planète, entre l'Inde et la Chine, en dépit des protestations de bonne foi et de bonne volonté réciproques, la tension monte le long de la frontière, avec déploiement de troupes à la clef. Des frictions sont évitées de justesse du côté du Ladakh et les responsables chinois voient rouge à l'idée de la visite annoncée du Dalaï-lama en Arunachal Pradesh, au monastère de Tawang où était né le VIème dalaï-lama… Pendant ce temps, au Népal, les nouvelles autorités mènent la vie dure aux réfugiés tibétains, de plus en plus surveillés et restreints dans leurs activités, alors que le gouvernement népalais a demandé à Pékin la prolongation de la voie ferrée de Lhassa à Katmandou, afin de favoriser les échanges entre les deux pays. Pourtant, dans les campagnes népalaises, la grogne monte devant les intrusions chinoises, l'ouverture de routes nouvelles menaçant directement le mode de vie et les conditions de travail des populations locales.
 
Dans le contexte actuel, tout cela ne signifie nullement qu'on se croise désormais les bras, car on ne saurait oublier que d'autres affrontent les autocrates à mains nues : ils résistent aux pires épreuves, et quand on les entend, on n'en finit pas de s'interroger - comment font-ils? Impossible de ne pas les soutenir par une solidarité agissante, aussi modeste soit-elle.
Naguère, lorsque le continent latino-américain était le théâtre favori des dictateurs, des amis comparaient, en guise d'humour trop souvent noir, les dictaduras et les dictablandas (soit dictadure contre dictadouce ?).
 
L'actuelle variante en vogue chez les héritiers du Céleste empire ressemble de plus en plus à une forme exemplaire de la première variété - raison suffisante de ne pas rendre les armes. Les graines de démocratie prennent du temps à éclore, mais elles ont été semées, reste à les cultiver et les arroser - sans jamais oublier qu'il n'est rien de permanent, sinon le changement…
 
Newsletter Octobre 2009
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Le Népal s'apprête à déployer une force de police à sa frontière tibétaine
 
5 octobre 2009 - Treck Magazine Anthony Nicolazzi
 
Selon Anthony Nicolazzi, le Népal s'apprête à déployer une force de police à sa frontière tibétaine, selon Bhim Rawal, le ministre de l'Intérieur népalais, cité par l'AFP (lire la dépêche originale en anglais). Si le ministre se défend d'agir sous la pression de la Chine, cette annonce intervient au lendemain de l'arrestation, par la police népalaise, de 80 militants tibétains, qui manifestaient jeudi devant l'ambassade de Chine à Katmandou, à l'occasion des 60 ans de la république populaire de Chine.
 
"Nous envisageons de déployer l'APF (Armed Police Force) à différents points le long de la frontière" a ajouté M. Rawal. "Nous avons déjà déployé nos forces de sécurité le long de la frontière indo-népalaise. Il est clair que la sécurité de nos frontières est d'un intérêt national. Nous devons consacrer tous nos efforts à rendre notre frontière sûre et efficace".
 
Plusieurs milliers de Tibétains franchissent chaque année la frontière népalaise pour fuir la politique d'intégration chinoise à l'égard du peuple tibétain. Le 30 septembre 2006, un groupe de Tibétains qui fuyaient au Népal en passant par le col de Nangpa La et le Solukhumbu avait essuyé les tirs de la Police Populaire Armée (PAP) chinoise, chargée de la sécurité des frontières chinoises. Une nonne de 17 ans avait été tuée.
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Le Dalaï-lama sera reçu aux Etats-Unis
par la coordinatrice sur le Tibet

Mardi 6 octobre 2009 - AFP

Maria Otero, responsable du dossier tibétain auprès du gouvernement américain, a rencontré le Dalaï-lama lundi lors de la visite à Washington du chef spirituel tibétain en exil, a annoncé le département d'Etat. "La sous-secrétaire d'Etat pour la démocratie et les affaires générales, Maria Otero, qui est également la coordinatrice spéciale du gouvernement américain sur le Tibet, rencontrera le Dalaï lama à son arrivée à Washington", avait déclaré le porte-parole du département d'Etat, Ian Kelly, dans la journée.

Le Dalaï-lama, qui effectue actuellement une longue tournée en Amérique du Nord, est arrivé lundi dans la capitale américaine où il doit notamment s'entretenir avec des parlementaires, mais pas avec le président Barack Obama. M. Kelly, qui n'a pas donné de détails sur la rencontre entre Mme Otero et le Dalaï-lama, a indiqué lors du point de presse quotidien du département d'Etat que le président américain "rencontrerait le Dalaï-lama à un moment qui leur conviendra à tous les deux", renvoyant les journalistes vers la Maison Blanche pour plus de détails.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a nommé la semaine dernière Mme Otero responsable de la coordination sur le Tibet, avec pour objectif de promouvoir le dialogue entre les autorités chinoises et les représentants du leader spirituel tibétain.
 
Nous n'essayons pas de minimiser certains de nos désaccords avec la Chine dans le domaine des droits de l'homme

Les autorités chinoises se sont "fermement opposées" le mois dernier à ce que le Dalaï-lama rencontre des responsables officiels étrangers, après qu'il ait rencontré des collaborateurs de M. Obama en Inde. Pékin a également adressé une mise en garde voilée à la Maison Blanche contre une rencontre entre M. Obama et le Dalaï-lama, considéré par la Chine comme un "séparatiste" visant l'indépendance du Tibet sous couvert d'appels à plus d'autonomie.

L'entourage du Dalaï-lama a alors indiqué que ce dernier ne rencontrerait pas M. Obama lors de sa visite à Washington cette semaine, tandis que le "Premier ministre" tibétain en exil, Samdhong Rinpoche, accusait les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux d'opter pour "l'apaisement" avec Pékin.
 
"Nous avons décidé de rencontrer le Dalaï-lama en raison de notre respect pour ses positions, pour le fait qu'il est un dirigeant spirituel respecté", a expliqué M. Kelly. "Notre position à l'égard de la Chine est claire, nous voulons tendre la main à la Chine. Nous pensons que la Chine est un acteur mondial important", a poursuivi le porte-parole. "Pour autant, nous n'essayons pas de minimiser certaines de nos préoccupations concernant la Chine et certains de nos désaccords avec la Chine dans le domaine des droits de l'homme, de la liberté religieuse et de la liberté d'expression", a-t-il dit. "Mais je pense qu'il s'agit de deux questions distinctes, la décision du président de rencontrer le dalaï lama et la forme que prennent nos relations avec la Chine", a-t-il conclu.
 
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Manifestation de Tibétains en marge du G20 de Pittsburgh
 
Vendredi 2 5septembre 2009 (AFP)

Une centaine de Tibétains ont défilé jeudi dans les rues de Pittsburgh (Pennsylvanie, est) pour dénoncer "l'occupation chinoise du Tibet depuis soixante ans" alors que le président chinois doit participer au sommet du G20, a constaté l'AFP.

"Nous sommes là pour dénoncer l'occupation illégale par la Chine du territoire du Tibet", a affirmé Pema Gyalpo, un militant tibétain de New York.
 
"Le président Hu Jintao est un meurtrier plutôt qu'un dignitaire qui mérite d'être respecté par le monde entier. Il n'est pas le bienvenu en Amérique, le pays de la liberté" ***, a affirmé ce protestataire.

"Les Tibétains ont été brutalement réprimés par la Chine dont le président est honoré aujourd'hui", a ajouté Alan Loryfice, un Américain de New York participant à cette manifestation qui rassemblait une centaine de Tibétains vêtus de jaune, venus de Chicago, New York et Boston.

Le Dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains, a entamé mardi une visite de plus de deux semaines en Amérique du Nord.
 
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Le Tibet de nouveau fermé aux touristes étrangers

22 septembre 2009 - La Presse Canadienne

Pékin - Le gouvernement chinois a de nouveau fermé le Tibet aux touristes étrangers, dans la perspective du 60ème anniversaire de la Chine populaire, a indiqué mardi un responsable du tourisme, alors que des mesures de sécurité renforcées sont prises partout pour éviter des incidents pendant les célébrations.

Tan Lin, du bureau du tourisme du Tibet, précise que l'interdiction est entrée en vigueur ce mardi, mais ne s'applique pas à ceux qui sont déjà sur place.

La Chine a imposé des mesures de sécurité telles que l'interdiction de la vente de poignards dans les grands magasins Carrefour, après deux attaques au couteau place Tiananmen la semaine dernière, d'après les médias locaux. D'après une responsable du magasin du Grand Hôtel de Lhassa, l'interdiction s'applique jusqu'au 8 octobre prochain.
 
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Appel à un rassemblement citoyen
pour la liberté

Lundi 21 septembre 2009 - par Communauté Tibétaine

Jeudi, 1er octobre 2009 de 18h à 20h30 sur le parvis des droits de l'Homme, au Trocadéro à Paris.

Nous allons observer le 1er octobre comme une journée mondiale de deuil pour les peuples chinois, Ouighour et Tibétain ; parce que nous sommes tous victimes d'un même tyran ( le P.C.C.).

Nous respectons toujours la Chine comme une Nation, un peuple au même titre que les autres dans le monde. Les autres peuples doivent aussi bénéficier du même respect de la part de la " Chine populaire ".

Les Chinois, les Ouighours et les Tibétains se retrouveront ensemble avec les amis français, le 1èr octobre, pour dénoncer les violences et les injustices infligées par le régime totalitaire du " Parti communiste chinois " contre les populations qu'il prétend gouverner. L'intérêt suprême du Parti communiste chinois est de se maintenir au pouvoir éternellement.

Désormais, la Chine est dominée par un Parti communiste sans l'idéologie communiste, qui défend les intérêts d'une poignée d'autocrates aux dépens des populations.

L'union de trois peuples symbolisera l'amitié et la reconnaissance réciproque entre nous tous et nous dirons haut et fort, que notre adversaire commun est celui qui abuse sans cesse de nos droits fondamentaux. C'est le "Parti communiste chinois" qui a le monopole des pouvoirs depuis 60 ans.

Diviser pour mieux régner : Le gouvernement du " P.C.C. " tente de dresser les Chinois contre les Tibétains, les Ouighours en prévalant l'idéologie du grand Han qui aurait la vocation naturelle de coloniser les peuples du monde.

Venez nombreux nous prêter votre voix de citoyen libre pour réclamer la liberté, la justice, et la démocratie pour nous tous.
 
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Tsewang Dondrup montre ses blessures
lors d'une conférence de presse à Dharamsala
le 28 mai (Abhishek Madukhar/Reuters)
 
Tsewang Dondrup, une histoire tibétaine en exil
 
Mardi  8 septembre 2009 - Alexandre Marchand (Etudiant en journalisme) - Rue 89
 
Dharamsala - Accrochée aux contreforts des Lower Himalayas, Dharamsala (Himachal Pradesh) est une agréable station de montagne dans laquelle débarquent des flots continus de touristes et de hippies. Mais de cette foule vêtue à l'occidentale surgissent ça et là des teintes ocre et mauve. Les moines tibétains sont là pour rappeler au voyageur, si besoin en est, qu'il se trouve au centre de la communauté tibétaine en Inde.

Il y a cinquante ans cette année, le Dalaï-lama s'enfuyait de Lhassa, capitale tibétaine, entraînant dans son sillage des foules d'exilés volontaires. L'hémorragie n'a jamais cessé depuis. Aujourd'hui encore des Tibétains continuent de prendre le chemin de l'Inde pour échapper à la présence chinoise. Tsewang Dondrup est un de ceux-là.

Coincée entre deux échoppes, l'entrée sombre du centre pour les réfugiés tibétains est peu engageante. C'est ici, dans une triste chambre sentant le feu de bois, que réside Tsewang depuis son arrivée en Inde il y a trois mois et demi. Dehors, la pluie martèle les vitres et des torrents d'eaux dévalent les rues pentues. Petit homme vif au visage rond et au teint hâlé, Tsewang est vêtu d'une polaire rouge, son bras gauche en écharpe. La voix chargée de colère, il entame son récit.

Fermier dans la province de Kham (est du Tibet), Tsewang se joint en ce 24 mai 2008 à une manifestation pacifique spontanée en faveur des droits de l'Homme dans la ville de Tihoe. Seules armes des participants : des slogans, que ce soit parce que " Sa Sainteté [le Dalaï-lama] interdit l'usage de la violence " ou, sur un plan plus pratique, parce que les Chinois ont entrepris de confisquer tout objet susceptible de servir d'armes.

Face au groupe, près de 200 policiers et soldats chinois. Ayant d'abord vainement tenté de disperser les manifestants à coups de barres de fer, la police se met à tirer dans la foule.

Fuite à dos de moto

Non loin de lui un jeune moine s'effondre, incapable de se relever. Tsewang se jette à sa rescousse en le traînant par le bras. Rejoint par un autre homme, ils commencent à déplacer le moine. C'est à ce moment-là qu'il reçoit une balle dans le dos dans la région du rein. Balle vite suivie par une autre qui lui traverse l'avant-bras dans toute sa longueur (le curieux angle de ses os atteste de l'irréversibilité des dommages). Il perd connaissance et tombe. Les manifestants le mettent sur une moto où deux hommes prennent son corps en sandwich et démarrent immédiatement.

Après une halte de deux heures dans un village voisin, le temps de panser tant bien que mal les blessures afin de réduire l'hémorragie, il faut continuer à fuir. Les deux motocyclistes ainsi que deux autres hommes du village prirent sur eux de le mettre sur un brancard et de le transporter dans les montagnes. Il raconte : " Le trajet fut très douloureux car mes blessures étaient très mauvaises et le terrain très accidenté. "

Avançant uniquement de nuit, sans lumière, se cachant dans les forêts en journée, le convoi marcha ainsi pendant six jours.

Mis sur la liste des " personnes les plus recherchées " par les autorités chinoises, Tsewang se vit privé de toute possibilité de retour à la vie normale. Commença ainsi son long séjour dans les montagnes en compagnie de ses quatre sauveurs (trois dont il ne peut révéler les noms car ils vivent toujours au Tibet). Afin d'éviter de se faire repérer, la troupe changeait régulièrement d'emplacement, vaguant de grottes en forêts.

Les tsampas (galettes faites de farine d'orge), cuites la nuit, constituèrent l'alimentation de base des cinq hommes pendant tout ce temps. A tour de rôle, chacun de ses compagnons retournait au village pour un temps afin d'éviter d'éveiller des soupçons et d'amasser de la nourriture et des médicaments. Coûteux, ces derniers étaient payés par des villageois au courant de la présence et de l'état du fuyard. Pendant six mois, Tsewang resta ainsi allongé sur le dos, se rétablissant douloureusement.

Une " seconde mort ", quitter le Tibet

Malgré les rigueurs du climat et un traitement médical assez sommaire, Tsewang réussit à survivre animé, dit-il, " par la volonté de raconter son histoire au monde ". Au bout d'un an et deux mois, se sentant suffisamment fort il prit la décision, sa " seconde mort ", de quitter le Tibet pour l'Inde.

Avec un de ses compagnons d'infortune, Lobsang Samten, ils rejoignirent Lhassa où, de là, ils traversèrent l'Himalaya avec l'aide d'un passeur. Trois semaines furent ainsi nécessaires pour atteindre leur havre, le Népal, où ils furent pris en charge par les autorités tibétaines en exil.

Homme simple, sans éducation, Tsewang sait les risques qu'il prend en racontant son histoire, surtout vis-à-vis de sa famille restée au Tibet. Mais son récit ne lui appartient pas, c'est celui de ces personnes qui l'ont aidé à travers ces épreuves, celui de ceux qui vivent toujours cachés dans la nature, celui de toute une communauté. Dans les rues de Dharamsala, la pluie continue de tomber, drue.
 
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Les Sénateurs français exhortent Pékin d'accorder au Tibet une autonomie réelle

Samedi 5 septembre 2009 - Tibet.net (site officiel du Gouvernement tibétain en exil)

 
"La délégation du Parlement français presse le Gouvernement chinois de mettre réellement en application au Tibet les dispositions en matière d'autonomie régionale des ''nationalités''(2) inscrites dans la Constitution chinoise.

A Pékin, lors d'une 8ème rencontre sino-tibétaine (début nov. 2008), les Représentants de Sa Sainteté le Dalaï-lama avaient présenté au Gouvernement chinois un ''Memorandum pour une Autonomie réelle du Peuple tibétain''(4). Le Memorandum insiste sur la nécessité de voir préservés l'unité de la nationalité tibétaine et son patrimoine riche et unique (sur les plans historique, culturel, linguistique, spirituel, etc.). Ce texte considère que la mise en application effective de ce que prévoit théoriquement la Constitution chinoise pour les ''minorités''(2) permettrait de répondre aux principales aspirations des Tibétains.

" En France, parfois les avis divergent au Sénat sur des questions qui nous sont soumises, mais quand il s'agit des Tibétains les Parlementaires restent unanimes dans leur attitude et dans le souci qu'ils ont du problème du Tibet " a déclaré le Sénateur Humbert(1) aux médias internationaux et locaux.

" Notre présence à Dharamsala symbolise la solidarité du Peuple français et son soutien envers le Peuple tibétain. Notre visite ne vise aucunement à porter atteinte aux sentiments du Peuple chinois ", affirmait le Sénateur Humbert.

Il a ajouté qu'ils n'étaient pas du tout ennemis de la Chine et qu'ils ne cherchaient pas à lui infliger une défaite, mais " ce que nous voulons dire au Pouvoir chinois, c'est que ce qui se passe actuellement au Tibet est inacceptable ".

Le Sénateur Humbert a mis l'accent sur le fait que  le problème du Tibet n'est pas une question de politique intérieure chinoise, et qu'au contraire il figure parmi les préoccupations les plus fortes de toute la Communauté internationale.

Il a déclaré que le Peuple français considère l'avenir du Tibet, comme un problème très important, mettant en jeu la survie même d'une civilisation unique, et que les Français sont admiratifs du Peuple tibétain pour sa lutte non-violente d'émancipation.

"Cette visite à Dharamsala nous a permis de parfaire et d'enrichir notre approche de la question du Tibet. Nous allons maintenant faire en sorte de communiquer l'information à la population française", a-t'il ajouté.

Le Sénateur Thierry Repentin a fortement incité les Parlementaires du monde entier à se rendre au Tibet pour prendre vraiment conscience de tout ce que peut endurer le Peuple tibétain sous le régime répressif instauré par Pékin. Il a précisé que le Parlement français avait déjà voté trois résolutions sur le Tibet et que les Parlementaires continuaient à se préoccuper fortement du problème du Tibet en se tenant informés de la situation.

Les Sénateurs français (1)  vont rencontrer Sa Sainteté le Dalaï Lama à New Delhi le 5 septembre 2009."
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Notes du traducteur :
1. Les Sénateurs de la délégation parlementaire française en visite à Dharamsala auprès de la Communauté tibétaine: le Sénateur Jean-François Humbert (UMP, Président du Groupe d'information sur le TIBET; région Franche Comté (Est de la France)); le Sénateur Thierry Repentin (Parti Socialiste, Groupe Tibet); la Sénatrice Jacqueline Panis (UMP, Groupe Tibet). Sénat / Groupe d'information internationale sur le TIBET: www.senat.fr/ga/ga_tibet/index.html
2. ''Nationalités, minorités'' : en dehors de l' ''ethnie Han'', le Pouvoir chinois reconnaît 55 groupes ethniques - dits ''Minorités'' (dont les Tibétains) - tous sensés faire partie intégrante de la R.P. de Chine. Sa Constitution leur accorde certains droits... surtout sur le papier. L'ethnie Han, dite majoritaire en RPC, est en réalité un patchwork de ''minorités'' de langues et de cultures très diverses: cf. article " Cent façons ou presque d'être Chinois " : www.courrierinternational.com/article/2009/08/01/cent-facons-ou-presque-d-etre-chinois

3. Démocratie : la Communauté tibétaine en exil est régie par un système démocratique instauré par le Dalaï Lama depuis les premières années de son exil forcé en Inde, avec une nette séparation des Pouvoirs :
Exécutif : assuré par le Gouvernement tibétain en exil composé de plusieurs Ministres (Ministre se dit Kalon en tib.) dirigé par un Premier Ministre (élu tous les 5 ans par tous les exilés dans le monde entier; poste occupé par le Professeur Samdhong Rinpoche; élections en 2011; Premier Ministre = Kalon Tripa en tib.). Le Premier Ministre est assez méconnu au niveau international - alors que le Dalaï lama lui a délégué le pouvoir politique - car à ce jour aucun pays n'a eu le courage de reconnaître le Gouvernement tibétain en exil.

" NB : le 6 juillet 2000, le Parlement européen votait une résolution invitant les "gouvernements des États membres à examiner sérieusement la possibilité de reconnaître le gouvernement tibétain en exil comme représentant légitime du peuple tibétain si, dans un délai de trois ans, les autorités de Pékin et le gouvernement tibétain en exil n'étaient pas parvenus à un accord sur un nouveau statut pour le Tibet par le biais de négociations organisées sous l'égide du Secrétaire général des Nations unies".

" Au terme de l'échéance, en juillet 2003, il était attendu que le Parlement européen fasse le bilan des objectifs fixés et reformule en conséquence ses recommandations dans le cadre d'une nouvelle résolution. Cela n'a pas été le cas. Pourtant, la mise en oeuvre de cette résolution est aujourd'hui plus que jamais justifiée.: cf. extrait de la Campagne Tibet-Europe (
www.tibet-europe.eu/). La France devrait donner le ton !

Législatif : 43 députés élus par les exilés tibétains tous les 5 ans (le Dalaï lama n'exerce pas l'option qui lui permet de désigner 3 députés supplémentaires: il veut que les Tibétains prennent en charge leur propre destin);

Judiciaire : en Inde, les Tibétains traitent d'affaires civiles spécifiques; le reste incombe à la Justice indienne.

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Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères britannique
en visite au Tibet cette semaine

Mardi 8 Septembre 2009 - Aujourd'hui La Chine
 
Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Ivan Lewis accomplira cette semaine la première visite au Tibet jamais effectuée par un membre du gouvernement britannique, dans le cadre d'une mission d'information en Chine, a annoncé lundi le Foreign Office.

M. Lewis doit visiter Pékin et Lhassa, la capitale de la Région autonome du Tibet, entre lundi et jeudi, a indiqué une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères, sans donner plus de précisions pour des raisons de sécurité.

"C'est la première visite au Tibet" jamais effectuée par un membre du gouvernement britannique, a-t-elle souligné. M. Lewis "rencontrera des contacts-clés au sein du gouvernement chinois à Pékin, pour faire avancer notre coopération avec la Chine sur une série de dossiers internationaux et bilatéraux", a précisé le Foreign Office dans un communiqué. "Il entrera également en contact avec les autorités régionales du Tibet et étudiera de visu la situation politique, économique, sociale et culturelle des Tibétains", a ajouté le ministère.

Des associations de défense des Tibétains ont demandé à M. Lewis de dénoncer la manière dont Pékin administre le territoire himalayen et ce qu'elles considèrent comme des abus croissants des droits de l'Homme à l'égard des Tibétains depuis les émeutes meurtrières du 14 mars 2008.

"Ne pas faire de déclaration publique serait vu comme une acceptation tacite de la politique de la Chine au Tibet, donnerait à la Chine une victoire en terme de propagande qu'elle ne mérite absolument pas et ne ferait qu'encourager les autorités chinoises à continuer à perpétrer de nouvelles atrocités", a estimé Stephanie Brigden, directrice de Free Tibet.

En 2008, des manifestations avaient dégénéré à Lhassa et dans les régions peuplées de minorités tibétaines, faisant 21 morts selon Pékin, dus aux manifestants, et quelque 200 selon le gouvernement tibétain en exil.
 
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Claude B. Levenson 
 
Septembre 2009

 
Tibet, la résistance au coeur

Le Dalaï-lama à Taiwan - une visite-surprise, inattendue, et qui en a pris plus d'un au dépourvu, suscitant même une controverse passagère sur place. Mais celle-ci avait à voir essentiellement avec la politique intérieure de Taipeh, dans la mesure où l'invitation émanait de l'opposition peu favorable au rapprochement trop appuyé du président Ma de la Chine continentale. Pékin a d'ailleurs parfaitement saisi les intentions de chacun, en se montrant inhabituellement modéré dans ses protestations dirigées davantage vers les initiateurs de la visite que vers un président taïwanais navigant si bas dans les sondages qu'un refus d'accéder à la demande d'approbation de visa n'aurait en rien arrangé ses affaires.
 
A l'évidence, la sagesse du leader tibétain n'a pas été prise en défaut, lui qui, en répondant favorablement à l'invitation, s'est empressé de préciser haut et clair que ce voyage avait pour but unique de réconforter les familles endeuillées après le passage d'un cyclone meurtrier d'une rare violence et de prier avec elles pour le repos des disparus. Et comme à l'ordinaire, le Dalaï-lama s'en est tenu à sa promesse, se contentant à l'occasion de constater devant une poignée de contestataires combien ils avaient de la chance de vivre en démocratie et d'être libres de s'exprimer. Magistrale leçon de droiture et de compassion, soit dit en passant, qui devrait donner à réfléchir à bien des responsables d'un monde ne tournant pas tous les jours très rond.
 
A la fin du voyage, il se dégage sans nul doute un sentiment de gratitude de tous ceux
- et ils étaient nombreux - qui ont bénéficié de cette Présence, mais peut-être aussi des réflexions à en tirer. Ainsi donc, le Dalaï-lama a passé quelques jours en un territoire bruyamment revendiqué comme sien par Pékin qui ne se gêne pas pour l'ostraciser, et le ciel n'est pas (encore ?) tombé sur la Cité interdite ? Serait-ce que le temps est enfin venu de voir en ce pèlerin pas tout à fait comme les autres un authentique facteur de paix plutôt qu'un méchant fauteur de troubles ? Au moment où le Turkestan oriental s'enflamme à nouveau et qu'Ouroumchi quadrillé par l'armée fait écho à Lhassa il n'y a guère, la question n'est pas forcément impertinente.
Sédentarisation, alcoolisme et Potala. Car pendant ce temps, au Tibet comme dans les enclaves tibétaines qui persistent à demeurer elles-mêmes au Kham et en Amdo, il se passe des choses qui éveillent fort peu d'intérêt et ne font pas les grands titres de l'actualité internationale. Par exemple, qui prête attention au drame silencieux que vivent les nomades en voie de sédentarisation forcée ? Plus de 50.000 d'entre eux viennent d'être délogés du " parc naturel " autour des sources du Fleuve jaune, du Yangtsé et du Mékong - sous prétexte de surpâturage qui mettrait en péril l'équilibre écologique des lieux, alors que pasteurs et bergers tibétains ont de tout temps été les meilleurs gardiens de ce fragile environnement. Un vaste programme de relocation a été lancé en octobre 2008, prévoyant la sédentarisation dans les cinq ans de près d'un demi million de nomades au Séchouan…
 
Ou encore, cet encouragement aussi insidieux qu'officiel à la boisson dans les villes et les nouveaux villages " socialistes " : avec l'apparition de promotions tapageuses pour la bière et autres breuvages, l'alcoolisme va croissant parmi les jeunes générations et les laissés pour-compte marginalisés chez eux, au point qu'un fonctionnaire chinois, maire adjoint de Lhassa, Chen Zhi Chan, déclare tout de go à un journaliste indien de passage dans la capitale tibétaine à l'occasion de la fête de Choeton, rebaptisée d'autorité ' du yaourt' : " Boire est dans la nature des Tibétains, c'est une espèce de culture locale. La bière tibétaine est à base d'orge, c'est une manière de stimuler l'économie locale ". Ah bon ? Ce qui n'empêche pas le journaliste de relever que tandis que visiteurs et touristes boivent jusqu'à plus soif, les Tibétains, eux, se pressent du côté du monastère de Drépung pour assister au déploiement du grand thangka de Bouddha, élément fondamental de la fête.Autre nouvelle passée inaperçue, pourtant claironnée par Chine nouvelle, l'achèvement " avec succès " (bien entendu !) des travaux de rénovation de " trois reliques du patrimoine tibétain - les palais d'hiver et d'été à Lhassa, et le monastère de Sakya ".
 
Mais ce qu'omet de dire l'agence officielle chinoise et que relève le Times of India, c'est que le Potala et le Norbulingka sont devenus des musées, des coquilles vides sans âme, et qu'il est vain de chercher au Potala la moindre image du XIVe Dalaï-lama… Sans doute les adeptes bien pensants de la modernisation et du développement du Tibet seront-ils ravis d'apprendre qu'il est question de creuser un tunnel d'accès souterrain au Potala, " pour alléger la circulation et faciliter le parcours des pèlerins "…
 
Et qui donc a relayé la protestation silencieuse d'une Tibétaine et de ses enfants devant le commissariat de police d'un village près de Chamdo pour demander la libération de son mari arrêté le 27 juin pour n'avoir pas donné suite aux ordres d'application d'une nouvelle " campagne de rééducation patriotique " au monastère de Pema dans le district dont il était responsable ? Tans d'autres informations si quotidiennes qu'elles vont se perdre dans un marais de routine, comme si le sort des uns laissait indifférents tous les autres… Même le témoignage poignant d'un moine de Labrang, passé clandestinement en vidéo, n'a guère éveillé d'écho - il rappelle pourtant " aux Nations unies et à la communauté internationale qu'elles ont l'obligation morale de parler au nom du peuple tibétain à l'intérieur du Tibet qui vit dans une peur constante et endure une sévère répression ". Est-ce ainsi que les hommes vivent ?, s'interrogeait un jour un poète…D'autres nouvelles passent elles aussi, sans qu'il leur soit réellement prêté attention - cette sourde tension qui monte insidieusement entre New Delhi et Pékin autour du vieux monastère de Tawang et de la revendication chinoise affichée ouvertement sur l'Arunachal Pradesh, ou cette brusque flambée de violence du côté de Kokang à la frontière septentrionale de la Birmanie avec la Chine, au grand déplaisir de Pékin qui demande à la junte de prendre les mesures adéquates pour protéger les citoyens chinois. Et ce rappel de l'injustice faite à Aung San Suu Kyi qui résiste en faisant appel de son inique condamnation, alors qu'une rumeur circule que les moines birmans en ont assez de la mauvaise conduite des généraux. Quant aux grands de ce monde, ils sont apparemment aux abonnés absents, ou en vacances, ou ils regardent ailleurs, englués dans des soucis plus urgents, et surtout ne pas faire de vagues, ne pas faire de peine aux autocrates en place où que ce soit, maîtres chez eux comme le veut la bienséance diplomatique internationale. Comme s'ils étaient sourds à cette autre rumeur qui court, résister, désobéir, ne pas se croiser les bras devant l'intolérable…
 
Car au loin, là-haut, brille une flamme, celle du Tibet.
 
 
Newsletter septembre 2009
mailto : claude.levenson@gmail.com

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De la gauche vers la droite :
Wang Lequan, Li Dezhu, Zhang Qingli, Liang Guanglie.
 
Les dirigeants Chinois accusés par la justice espagnole
de la répression lors du soulèvement
du peuple Tibétain de mars 2008.
 
 
La Chine adresse par écrit des menaces à l'Espagne,
au sujet du Tibet
 
Quant à la Cour espagnole, dans sa poursuite pénale contre les dirigeants chinois, elle ajoute le carnage de Nangpala ...  

Vendredi 21 août 2009 - Communauté Tibétaine de France 

 
Dharamsala, le 21 août 2009, la Chine a rejeté la demande judiciaire concernant les dirigeants chinois, qui doivent comparaître devant la Cour espagnole pour " les crimes contre le Peuple Tibétain ". Par ailleurs, la Chine a répliqué en demandant au gouvernement espagnol d'arrêter l'enquête et en la qualifiant de " faux procès ".

L'ambassade de Chine en Espagne, dans ses premières réponses écrites aux poursuites pénales la concernant, a dit que l'Espagne a violé " les principes de base d'une juridiction d'Etat et de l'immunité établie par le Droit International, et que l'assistance judiciaire n'est pas couverte par le Traité concernant les Affaires criminelles entre la Chine et l'Espagne ".
 
La Chine a dit qu'elle "refuse avec fermeté toute demande de l'assistance judiciaire concernant le procès, et elle demande à l'Espagne d'assumer ses responsabilités face au Droit international, et d'adopter des mesures immédiates et effectives pour empêcher une quelconque violation du Traité par l'assistance judiciaire dans les Affaires criminelles entre la Chine et l'Espagne, et donc de mettre un terme à la poursuite pénale contre la Chine aussi vite que possible ".

L'ambassade de Chine à Madrid a également retourné la commission rogatoire délivré par le Ministère espagnol de la Justice pour que les dirigeants chinois puissent témoigner devant la Cour.
 
Les Tribunaux nationaux espagnols, lesquels traitent des cas de crimes contre l'humanité et de génocide, ont accepté d'entendre une poursuite pénale engagée le 9 juillet 2008, par un Groupe de soutien au Tibet. Cela a été admis en vertu des principes de la compétence universelle, que le système judiciaire espagnol a adopté en 2005, et sous lesquels les Tribunaux espagnols peuvent entendre des Affaires concernant le génocide et les crimes contre l'humanité où que cela soit commis, et quelque soit la nationalité du défendeur.

Le Juge espagnol, Monsieur Santiago Pedraz a informé le 5 mai dernier le Ministère chinois de la Justice de la poursuite pénale devant la Haute Cour d'Espagne, contre huit dirigeants chinois, dont le Secrétaire du Parti pour " la Région Autonome du Tibet " Zhang Qingli, en rapport avec la répression du gouvernement chinois sur les manifestants tibétains depuis mars 2008.

Le Juge Monsieur Pedraz a demandé en mai, à la Chine, d'interroger les défendeurs chinois en Chine, au cas où ils refusent de venir en Espagne. Un représentant de l'ambassade chinoise à Madrid, selon des sources fiables à Madrid, aurait indiqué dans des échanges verbaux avec les officiels espagnols, que le Juge Pedraz serait arrêté s'il se rendait en Chine.

Les procès concernant le Tibet, affrontent des menaces depuis qu'une résolution du Congrès espagnol, a adopté le 19 mai, de limiter les compétences juridictionnelles des Juges aux Affaires dans lesquelles, il y aurait un lien espagnol clair.

En dépit des manœuvres politiques et de la pression continue de la Chine, le Juge Monsieur Pedraz a récemment annoncé l'extension de l'un des procès concernant le Tibet, qui inclura l'enquête sur la fusillade du 30 septembre 2006 à Nangpala, par les forces des gardes frontière. Ce qui a entrainé la mort de la none Kelsang Namtso, âgée de 17 ans, au moment où, ils essayaient de traverser la frontière du Tibet et du Népal.
 
Le Juge Monsieur Pedraz a demandé le 14 juillet au gouvernement indien, un visa afin d'interroger les témoins tibétains de la fusillade de Nangpala. Un Alpiniste américain, Luiz Benitez qui a vu abattre fatalement la none Kelsang Namtso , celle-ci avec soixante quatorze autres tibétains incluant des nones, des moines, et des enfants fuyaient le Tibet, par le passage du col de Nangpala ; l'alpiniste américain a fourni des preuves le 17 juillet au Juge Pedraz de la Haute Cour d'Espagne.

Parmi les personnes poursuivies, sont inclues, le Ministre chinois de la Défense, monsieur Lian Guanglie, le Ministre de la Sécurité d'Etat, monsieur Geng Huichang , le Ministre de la Sécurité publique, monsieur Meng Jiangzhm, le secrétaire du Parti monsieur Zhang Qingli, membre du Bureau politique, monsieur Wang Lequang, le Président de la Commission des Affaires ethniques, monsieur Li Deshu, Commandant de l'Armée populaire de " libération " à Lhassa, le général Tong Guishan, ainsi que le Commissaire politique du commandement militaire à Chengdu, parmi lesquels Zhang Qingli, Wang Lequan, et Li Dezhu ont été associés en tant que les principaux architectes des répressions au Tibet et dans d'autres régions à population tibétaine.

Les tribunaux nationaux espagnols qui traitent les crimes contre l'humanité, et le génocide, ont accepté d'entendre un procès engagé par " le Comité de Apoyo al Tibet " (CAT) et la fondation " Casa Del Tibet ", le 5 août de l'année dernière avant les J.O. de Pékin. Cela a été admis en vertu des principes de la " compétence universelle " adoptés par l'appareil judiciaire espagnol en 2005 et sous lesquels les Tribunaux espagnols peuvent entendre les cas de génocide et de crimes contre l'humanité, où que cela soit commis et quelque soit la nationalité du défendeur.

Le Juge d'une autre Cour nationale est en train d'enquêter sur un génocide allégué au Tibet, dans les années 1980 et 1990. Dans ce procès, les trois anciens prisonniers politiques ont témoigné devant la Cour, il s'agit de Paldent Gyatso ; Jampel Monlam et Bhagdro.

Un avocat espagnol Dr. Jose Elias Esteve et Alan Cantos du Comité " de Apoyo al Tibet " (CAT) ont été en Inde, au mois de février de l'année dernière, pour demander aux Tibétains de témoigner devant la Cour espagnole, après que l'Inde ait refusé de mettre en place une commission rogatoire qui aurait permis aux Tibétains de témoigner en Inde, d'après un rapport " d'Asian Age " en date du 17 février 2008.

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Conférence sino-tibétaine "Trouver des terrains d'entente"
 
Communiqué de presse (1)
 
Déclaration de la Conférence sino-tibétaine

GENEVE - Une conférence sino-tibétaine intitulée "Trouver des terrains d'entente" s'est tenue à Genève du 6 au 8 août 2009. Elle a réuni des Chinois et des Tibétains, notamment des experts, professeurs, écrivains et des défenseurs des droits de l'homme.
 
L'objectif de la conférence était d'abord d'informer le peuple chinois et la communauté internationale du fait que :

- la culture et l'identité mêmes du peuple tibétain se trouvent en grave danger ;

- le régime chinois ne respecte absolument pas les droits humains fondamentaux des Tibétains.
 
La conférence visait aussi à identifier des orientations concrètes pour soutenir le peuple tibétain encore davantage dans sa lutte pour ses libertés et pour sauver de l'extinction son identité et sa culture uniques, comme l'avait exprimé de manière poignante Sa Sainteté le Dalaï-Lama dans son discours d'ouverture.
 
Dans ce contexte, la conférence a mis en évidence les orientations communes suivantes :
 
I. Valeurs fondamentales

La conférence s'est appropriée les valeurs fondamentales de la " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ", dont la liberté, la démocratie, l'État de droit, le respect des Droits humains, l'égalité et la coexistence de toutes les cultures.
 
II. Origines et nature du problème du Tibet

- Le problème du Tibet ne tire par son origine d'un conflit quelconque entre les peuples chinois et tibétain. La cause vient du pouvoir totalitaire que la République Populaire de Chine exerce au Tibet, en y perpétrant un génocide culturel.
 
- Pékin revendique que le Tibet fait partie de la Chine depuis toujours. Or, les faits historiques prouvent le contraire.
 
- La culture, la religion, la langue et le mode de vie du peuple tibétain sont en voie de disparition.
 
- Les droits humains fondamentaux du peuple tibétain sont bafoués : notamment le droit à l'auto-détermination nationale, le droit de participer aux choix politiques et la liberté religieuse.
 
- Les media du pouvoir chinois déforment la réalité du problème du Tibet et attisent les conflits entre les deux Peuples.
 
III. Voies pour une résolution du problème du Tibet
 
- Respect des droits humains fondamentaux du peuple tibétain, notamment la participation aux choix politiques et la liberté religieuse.
 
- La solution du problème du Tibet est fortement liée à la démocratisation de la Chine.

- Le peuple chinois devrait sérieusement réfléchir aux dérives du nationalisme Han et se mettre à vraiment respecter la culture et le mode de vie des Tibétains.
 
- Le gouvernement chinois doit se conformer aux règles d'un État de droit.
 
- Respect du droit indéniable de Sa Sainteté le Dalaï-Lama de pouvoir retourner dans sa patrie.
 
IV. Recommandations à l'attention du gouvernement tibétain en exil
 
- Développer dans le monde entier des cercles d'amitié sino-tibétains (associations, forums, organisation citoyennes etc.) afin d'accroître les échanges culturels et les liens affectifs entre ces deux peuples.
 
- Créer un Institut de Recherches pour les experts chinois et tibétains travaillant sur l'histoire et la culture du Tibet et dont le credo sera la vérité des faits.
 
- Mettre en œuvre des moyens pour contrer le blocus de l'information à propos de Sa Sainteté le Dalaï-lama et pour briser le contrôle médiatique du régime chinois sur la question tibétaine, afin notamment de permettre aux citoyens de Chine et de la communauté internationale d'accéder à une information autre que celle élaborée par Pékin.
 
- Faire en sorte que Sa Sainteté le Dalaï-lama puisse communiquer plus facilement ses valeurs à la communauté chinoise et renforcer ainsi le renouveau en cours des valeurs spirituelles au sein de la population chinoise.
 
Notre vœu à tous au sein de la conférence sino-tibétaine est que le peuple tibétain recouvre sa liberté et que l'on empêche la culture tibétaine de disparaître.

Nous partageons cette foi fondamentale : la liberté est la valeur la plus essentielle de toutes ; la culture tibétaine est un précieux trésor de l'humanité au même titre que toutes les autres cultures.

Tant qu'il n'y aura pas de liberté au Tibet, il n'y en aura pas non plus en Chine.
 
L'extinction de la culture tibétaine ne serait pas seulement une tragédie pour le peuple tibétain mais aussi une honte pour le peuple chinois et une perte irremplaçable pour toute l'humanité.

Les participants à la conférence sino-tibétaine
Genève, le 8 août 2009.
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(1) Document initial en mandarin, puis traduit en anglais. En cas de divergence, le document en mandarin fait référence.
PS : une documentation complète sur la conférence est disponible sur le site : www.tibet-china-conference.org < http://www.tibet-china-conference.org/> < http://www.tibet-china-conference.org/>
  
Contacts pour la presse:
- en anglais :
M. Chompel Balok Tél : +41 78 638 79 90 Courriel :
press@tibet-china-conference.org < http://tibet-china-conference.org/>
 
- en mandarin et tibétain :
M. Kunga Tashi Tél : +41 76 762 12 37 Courriel :
chinese@tibet-china-conference.org < http://tibet-china-conference.org/>
 
Traduit de l'anglais par le Bureau du Tibet, Paris :
www.tibet-info.net
 
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Claude B. Levenson 
 
Août 2009
 
" Le Tibet, le Dalaï-Lama et les foudres de Pékin"

Si d'aventure quiconque en doutait, les actuels locataires de la Cité interdite n'ont guère l'intention de changer quoi que ce soit à leur politique envers les 'minorités', et surtout pas à l'égard des Tibétains pas plus d'ailleurs qu'envers les Ouïghours. Pour les Mongols et les Mandchous, c'est déjà vraisemblablement un peu tard, et toujours dans une même indifférence internationale qui donne à réfléchir. Le récent voyage européen du Dalaï-lama - Pologne, Allemagne et Suisse - est révélateur à ce propos, non pas qu'il ait été très différent des précédents, même si certains aspects en disent plus long qu'il n'y paraît de prime abord, mais parce que du côté de Pékin, le ton est encore monté jusqu'à devenir comminatoire.
 
Bien sûr, les fidèles étaient au rendez-vous, les enseignements et conférences ont été suivis avec une attention soutenue, les échanges avec le public empreints à la fois de bonne humeur et de bon sens, les Tibétains accourus des alentours pour s'incliner devant leur chef spirituel et temporel. Ce qui a pu peut-être attirer l'attention d'un œil un tant soit peu scrutateur, c'est parfois la frivolité de plusieurs articles de presse, une connaissance approximative du sujet abordé et la tonalité souvent agressive de certains intervenants. L'étonnement aussi de percevoir assez nettement dans quelques propos l'écho marqué de la propagande officielle chinoise. Certes, nul n'ignore l'offensive, de propagande justement, lancée récemment à grand fracas par les responsables dudit Bureau tous azimuts et en de multiples langues - rien de surprenant là, après tout c'est leur boulot. Mais qu'aujourd'hui encore -à nouveau ? - d'aucuns, journalistes ou autres, se laissent si aisément piéger, voilà qui ne manque pas de surprendre.
 
Il est de notoriété publique (pour reprendre une expression qu'affectionne particulièrement la propagande chinoise) depuis belle lurette que les dirigeants chinois n'aiment pas que le Dalaï-lama se déplace peu ou prou à sa guise, et à chacun de ses voyages où que ce soit, lorsque Pékin ne réussit pas à bloquer visas ou invitations toujours jugés malintentionnés, la machine se met en marche comme s'il suffisait d'appuyer sur un bouton pour entendre la même rengaine. Cette fois cependant, le tir de barrage a été plus violent que de coutume, avertissant péremptoirement, par exemple le 3 août à la suite de l'escale à Varsovie (chinatibet.people.com.cn) que "les activités d'instigation au séparatisme en Chine doivent cesser". Vous m'en direz tant sur le sacro-saint principe de non-ingérence dans les affaires d'autrui, dont Pékin ne cesse de se gargariser à la moindre occasion.
 
Le lendemain, le Quotidien du peuple en ligne (version française originale) récidivait encore plus explicitement. Sous le titre " La Suisse officielle ignore le Dalaï-lama ", Zhao Guojun, " spécialiste des problèmes internationaux " expliquait : " Autrefois, la Suisse n'a pratiquement aucune influence sur la stratégie politique internationale, c'est pourquoi elle osait provoquer la Chine en recevant officiellement le Dalaï-lama. Cette fois-ci la Suisse officielle décide de l'ignorer et la raison c'est qu'elle constate que la Chine occupe une place de plus en plus importante dans l'environnement mondial actuel et qu'elle doit prendre en considération sa coopération avec celle-ci, ce afin de pouvoir préserver ses intérêts d'Etat et surtout protéger ses intérêts économiques et commerciaux (…) D'autre part, la violente protestation diplomatique du gouvernement chinois (après les incidents d'Ouroumchi) a produit un certain effet sur les autres pays. " Illustration involontaire du vieil adage chinois " effaroucher les poules pour faire peur aux singes " ? Allez savoir…
 
Il n'empêche, le ton est encore monté pour stigmatiser la rencontre à Genève, sous l'égide d'une respectable ONG, le Mouvement international pour la réconciliation, et de l'Association d'amitié Suisse-Tibet, d'intellectuels tibétains et chinois dans le but avoué d'explorer ensemble des ouvertures afin de préserver l'avenir. Certes, le chemin est encore long jusqu'à jeter des ponts, mais l'histoire enseigne qu'il faut bien commencer un jour, quitte à nourrir une infinie patience : quelques cartes en main, ou quelques oreilles réellement attentives, permettent à l'espoir de durer. Et dans le contexte de blocage actuel dû à l'intransigeance des dirigeants chinois, force est de miser sur l'avenir.
 
D'aucuns font grief au Dalaï-lama de l'échec, qu'il admet lui-même, de sa volonté de dialogue pour parvenir à une solution négociée, viable pour les deux peuples que la géographie a placés dans un voisinage commun. Lui est allé aussi loin qu'il le pouvait dans les concessions, et il est parfaitement conscient de la volonté profonde de son peuple qui aspire au respect de son droit inaliénable à l'autodétermination, à la liberté. Dans ces conditions, plutôt que de lui imputer l'échec de cette tentative non violente de sortir de l'impasse, ne serait-ce pas plutôt grand temps de reconnaître que c'est un signe sans équivoque de la faillite du système de société contemporaine et des règles dont elle s'est dotée dans le sillage de la Seconde guerre mondiale et que chaque dictature bafoue à sa convenance ? A y réfléchir à deux fois, sans attendre un miracle, plus que jamais il s'avère nécessaire de faire pièce au mensonge, de résister sans oublier que ma liberté dépend aussi de celle d'autrui.
 
 
Newsletter juillet 2009
mailto :
claude.levenson@gmail.com
 
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Les dirigeants chinois peu empressés de recevoir François Fillon

Vendredi 30 Juillet 2009 - Le Monde
 
François Fillon avait prévu de se rendre à Pékin fin août. Ce devait être la première visite, sur le plan bilatéral, d'un haut responsable du gouvernement français, depuis la brouille spectaculaire entre Paris et Pékin à propos du Tibet, en 2008. Le déplacement a dû être repoussé à la demande des Chinois, qui ont invoqué le calendrier chargé du premier ministre, Wen Jiabao.

Le report de ce voyage, au cours duquel le premier ministre français devait poser la première pierre d'une des deux centrales nucléaires EPR vendues à la Chine par Areva, signale, selon des connaisseurs du dossier, la persistance d'une mauvaise humeur chinoise à l'égard des autorités politiques françaises. Malgré les multiples efforts de l'Elysée, depuis des mois, pour rétablir la relation avec Pékin. Le voyage de M. Fillon reste programmé. Selon des sources autorisées à Pékin, il devrait avoir lieu d'ici à la fin de l'année, avant une visite prévue en France du président Hu Jintao.

"Principe de non-ingérence"

M. Sarkozy avait provoqué la colère de Pékin à deux reprises en 2008. En conditionnant sa venue aux JO de Pékin à la reprise d'un dialogue entre les émissaires du dalaï-lama et la Chine (le chef de l'Etat fit malgré tout le déplacement pour la cérémonie d'ouverture). Puis en annonçant abruptement, en novembre, qu'il rencontrerait le chef de l'Eglise tibétaine en Pologne.

Paris avait cherché à dissiper ces tensions, décrites par des diplomates comme la plus grave crise dans les relations bilatérales depuis des décennies. Dans un communiqué publié en avril, avant une rencontre à Londres, en marge du G20, entre M. Sarkozy et son homologue chinois Hu Jintao, la France s'engageait, "dans le respect du principe de non-ingérence", à ne jamais, "sous quelque forme que ce soit", soutenir le principe d'une indépendance du Tibet.

Certains passages du texte avait été interprétés par des observateurs comme une façon pour Paris de promettre aux Chinois qu'aucune nouvelle rencontre entre le dalaï-lama et M. Sarkozy ne serait désormais envisageable. Côté français, on assurait toutefois n'avoir que réitéré la position traditionnelle de la France à l'égard du Tibet, ajoutant que, le dalaï-lama ne revendiquant pas lui-même l'indépendance, la formule ne pouvait donc s'appliquer à lui. Le geste français était censé en tout cas solder le contentieux avec Pékin. Les diplomates notaient des améliorations dans la relation. Mais cela a-t-il suffi ?

Certains facteurs internes chinois pourraient aussi avoir joué. Le report de la visite de M. Fillon est annoncé au moment où Wen Jiabao, qui incarne l'aile plus modérée du régime, est curieusement absent de la scène politique publique depuis des semaines.
 
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Deux Tibétains de retour d'exil gravement torturés
 
15 juillet 2009 - Tibet DeFacto et Phayul
 
Deux jeunes tibétains en exil retournant au Tibet ont été brutalement torturés par la police chinoise suite à leur arrestation près de la frontière du Népal en avril de cette année.

D'après boxun.com, un site Web en langue chinoise, les deux jeunes étaient en Inde pour aller à l'école gérée par le gouvernement tibétain en exil.

Dagah et Tsuiltrim de la Préfecture autonome du Tibet de Dechen dans la province du Yunnan ont tenté une première fois d'entrer au Tibet en février. Ils sont arrêtés à la frontière par une patrouille chinoise qui leur indique qu'il y a en ce moment des restrictions gouvernementales sur les déplacements des jeunes tibétains à la frontière. Les deux retournent alors à la capitale népalaise et reviennent à la frontière en avril. De nouveau, une patrouille chinoise les arrête sous prétexte que leur permis de voyage a expiré depuis quinze jours.

Les deux jeunes sont emmenés dans un centre de détention à Shigatsé où la police chinoise les interroge pendant plusieurs jours. D'après le site, ils sont soumis à de terribles séances de torture durant lesquelles ils sont frappés avec des matraques électriques ce qui provoque de graves lésions sur leurs abdomens et leurs organes génitaux.
 
Avant leur départ du Népal, les deux jeunes avaient contacté par téléphone leurs familles dans le Yunnan. Les recherchant, les deux familles les localisent au centre de détention de Shigatsé.
 
D'après les sources, la mère de Dagah s'est évanouie en voyant son fils dans un état de faiblesse extrême. Alors que la famille de Dagah obtient sa libération sous caution, les parents de Tsuiltrim seraient en route pour Shigatsé pour le faire libérer.

Dagah a été admis dans un hôpital de Kunming dans le Yunnan pour y suivre un traitement médical. Des sources fiables ont fait part au site Web de l'inquiétude des médecins envers les problèmes médicaux que Dagah risque d'avoir plus tard dans sa vie malgré sa récupération progressive à l'hôpital.
 
Selon le site, il y a d'autres Tibétains au centre de détention de Shigatsé arrêtés soit alors qu'ils fuyaient le Tibet soit de retour d'exil.

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Vendredi 17 juillet 2009 - Le Dauphine Libéré - Crest 
Enfin... un semblant de réponse !!!
 
A un mois de l'exposition sur les Cinq continents
la Mairie de Portes-lès-Valence
avait annulé téléphoniquement
la participation de TVD à la manifestation
des 17 et 18 juillet... pour un "problème de salle" !
 
 
Interrogée par le "Dauphiné Libéré"  la mairie de Portes-lès-Valence
apporte une "réponse" qui ne peut que surprendre
par ses contre-vérités ou ses approximations...
 
 
 
"Nous avons fait le choix d'une diversité à offrir au public au niveau des associations. Et finalement, nous avons trouvé que Tibet Vallée de la Drôme était trop partisane pour convenir à l'esprit du festival" explique Cyril Bernardin, directeur du cabinet du maire. "Nous avons également appris que l'association allait travailler avec un établissement privé, nous nous préférons favoriser le public au privé, c'est un choix politique assumé. Ce festival a vocation à rassembler, nous avons également craint que le discours de l'association choque certains des visiteurs. Même si nous respectons son activité. Je regrette qu'elle face de cette décision une montagne, cela ne reflète pas d'une certaine sérénité" et de conclure "le drapeau tibétain ne flotte pas sur notre mairie, nous jugeons qu'un service public ne doit pas prendre position sur un tel sujet."
 

Lettre ouverte au Maire de Portes-lès-Valence
 
MAIS POURQUOI DONC AVONS-NOUS ETE INVITES ?
 
1) Sommes-nous une association partisane ? Oui, si l'on prend ce terme dans le sens de "favorable à" ou "qui défend une opinion, une idée". Non, dans le sens de "partial" ou "de parti pris".
 
Donc, nous ne sommes pas une association partisane, au sens ou semble l'entendre la mairie de Portes, puisque notre raison d'être est de faire connaître la culture tibétaine, de mener à bien des projets de scolarisation au Tibet (avec l'accord tacite des autorités chinoises) et maintenant en France et de demander le respect des Droits de l'Homme pour les Tibétains.
 
Nous laissons à d'autres associations, qui le font mieux que nous, le soin d'engager des actions plus militantes. Nous avons d'ailleurs répondu à l'invitation de communes (quelques soient les opinions politiques de leurs maires) ou d'associations qui nous ont invitées, et ce, sans faire de "vagues" que ce soit à Chabeuil, Saillans, Eurre, Rousset-les-Vignes, Chastel-Arnaud, Cléon d'Andran, Montmeyran, Allex ou Crest. Il suffit qu'un "cahier des charges" précis soit signé par les partenaires.
 
2) Nous allons effectivement scolariser deux étudiants dans un lycée privé "sous contrat"  mais ce n'est pas un choix délibéré. Ceci résulte de la fin de non recevoir des lycées publics que nous avons contactés en premier lieu. Ces derniers réclamaient les dossiers scolaires de nos étudiants que nous n'étions pas en mesure de fournir puisque ces derniers arrivaient de camps de réfugiés en Inde.
 
3) Notre discours ne peut être choquant car selon les directives données par le "cahier des charges" nous restons sur le terrain culturel.
 
4) Il semblerait que nous fassions "une montagne" de cette décision d'annuler notre participation à un mois de l'exposition ! Notre article paru dans la presse prouve le contraire. Mais l'élémentaire correction aurait nécessité de nous écrire (ou de nous rencontrer) pour nous informer  de ce changement radical de dernière minute, voire de nous présenter des excuses pour les frais engagés, or rien de tel n'a été fait ! Seul un bref appel téléphonique a ruiné tout notre travail. 
 
Nous avions été invités (sans avoir rien demandé !) après que la commune de Portes ait consulté notre site Internet, compulsé notre book et visionné des photos, elle  s'était dite "intéressée par notre travail". 
 
Je rappelle que TVD avait investi dans de l'artisanat et des décors  en accord avec le service culturel de la mairie de Portes. Cette décision risque de mettre en difficulté financière notre association qui n'avait inscrit à son calendrier 2009 que cette seule manifestation. Nous entamons une action sur quatre années de scolarisation de deux étudiants et avions besoin des bénéfices potentiels dégagés par cette exposition. 
 
On aurait voulu faire capoter notre action que l'on ne s'y serait pas pris autrement.
 
5) Quant au "Drapeau tibétain". Il n'a jamais été question de le faire flotter sur la mairie de Portes-lès-Valence à l'occasion de cette exposition.
 
Chaque mairie prend ce type de décision en son âme et conscience et après un vote de son Conseil municipal. La seule demande qui ait été formulée (comme il se doit !) c'est de savoir si nous pouvions l'apposer dans ou sur la salle d'exposition durant la manifestation.
 
Une campagne de drapeaux avait été menée par plusieurs associations drômoises, dont la nôtre, à l'occasion des JO de Pékin... mais, c'était en 2008. Il serait bon de ne pas faire l'amalgame !
 
Conclusion - Laissons donc vivre Portes-lès-Valence sur son île déserte en dehors de toute information... ne troublons surtout pas la quiétude de sa population par des "vérités choquantes" qui ont pour nom : tortures, emprisonnements arbitraires, exécutions sommaires, avortements programmés par les autorités, infanticides, génocide culturel, etc. Toutes choses que nous n'aurions pas dites... pour ne pas faire de "vagues" !
 

TIBET VALLEE DE LA DROME
souhaite vous avoir éclairé sur cette "réponse"
pour le moins contestable de la mairie de Portes-lès-Valence.

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Avec un peu de retard
 
Vibrant hommage de Robert Badinter au Dalaï Lama
 
Jeudi 11 juin 2009 - Communauté Tibétaine
 
"Les gouvernants chinois, exaspérés par sa force tranquille, peuvent le dénoncer comme un loup caché sous sa robe de moine. Mais si nous voyons la robe du moine, nous ne distinguons pas les traits du loup. Et à dire vrai mes amis, les gouvernants chinois nous paraissent bien peu qualifiés pour jouer le rôle du petit chaperon rouge.

La vérité est plus simple. Le Dalaï Lama est un homme de paix. Et il sait que la résistance spirituelle d'un peuple opprimé, à travers le temps et les épreuves, finit toujours par l'emporter."

C'est un rare privilège de présenter le Dalaï Lama en de telles circonstances et à une telle assemblée.

Souvent je me suis interrogé : Pourquoi parmi les personnalités si diverses que j'ai eu l'occasion de rencontrer, le Dalaï Lama est-il marqué du sceau de l'exception ? Sans doute, son savoir est considérable et recouvre des domaines multiples de la connaissance, philosophique, politique, scientifique, écologique. Mais d'autres détiennent aussi ces clefs du monde. Sans doute, son expérience de la vie et des épreuves traversées au cours d'une existence déjà longue ajoute à son enseignement la densité de la sagesse. Mais d'autres personnalités détiennent aussi cette vertu.

En vérité, ce qui fait aujourd'hui du Dalaï Lama un être d'exception, c'est le message dont il est porteur, qu'il a toujours enseigné et incarné : un message d'humanité et de spiritualité dans un monde marqué par le matérialisme quand ce n'est pas la cupidité, et la cruauté quand ce n'est pas la barbarie.

D'abord l'humanité : Le Dalaï Lama en a fait son horizon tout au long d'une vie qui depuis un demi-siècle est faite d'exil et d'errance, loin de son peuple et de sa terre natale. Parce qu'à l'orée de sa vie, le Dalaï Lama a vu son pays envahi et écrasé par une puissance militaire étrangère, le Dalaï Lama est devenu bien au-delà de sa propre cause un messager de la paix universelle, cette condition première du bonheur des peuples.

L'humanité, pour le Dalaï Lama, elle s'exprime dans le respect constant de la dignité et des droits de l'Autre, de notre frère humain. Pour lui, les droits de l'homme sont la charte politique de l'humanité. Ils sont les droits de tous les êtres humains, partout dans ce monde. Ces droits précieux et fragiles, ils ne se conçoivent qu'universels et indivisibles. Car que seraient les droits de l'homme s'ils n'appartenaient qu'aux sociétés riches et développées alors que des milliards d'êtres humains vivent dans la misère, la maladie et l'ignorance ?

Le message du Dalaï Lama est ainsi proclamation de notre solidarité avec tous les êtres humains, face aux épreuves que le destin réserve à chacun de nous. Car où l'être humain accablé trouvera-t-il refuge ou secours sinon dans la solidarité de ses frères ?

Enfin l'humanité, pour le Dalaï Lama, ne survivra que sur une terre protégée contre sa destruction progressive en assurant la sauvegarde de l'environnement, ce patrimoine commun de tous les êtres vivants.

Ce message d'humanité qui inspire l'enseignement et la vie du Dalaï Lama, il ne prend toute sa dimension que par sa spiritualité. Face à la violence dans ce monde, le Dalaï Lama a toujours opposé les seules forces qui vaillent, celle de l'esprit et de la justice.

Si le Dalaï Lama, chef d'un état occupé, meurtri, opprimé, a maintenu haut et fort les droits du peuple tibétain, c'est parce qu'il a choisi de faire de la non violence une arme spirituelle à nulle autre pareille. Oui, le Dalaï Lama croit, comme nous, qu'une cause juste doit pour l'emporter, faire appel inlassablement à la conscience humaine face à la violence mortelle. A cet égard, le Dalaï Lama s'inscrit dans la droite ligne de Gandhi.

Les Chinois exaspérés par sa force tranquille, peuvent le dénoncer comme un " loup caché sous sa robe de moine ". C'est d'ailleurs ce terme de " simple moine " qu'utilisait le Dalaï Lama lui-même pour se qualifier, au moment solennel où il recevait à Oslo le prix Nobel de la Paix. Mais si nous voyons la robe du moine, nous ne distinguons pas les traits du Loup. Et à dire vrai, les dirigeants chinois nous paraissent peu qualifiés pour jouer le rôle du petit " Chaperon rouge ".

La vérité est plus simple : le Dalaï Lama est homme de paix. Il sait que la résistance spirituelle d'un peuple opprimé, à travers le temps et les épreuves, finit toujours par l'emporter. Le Dalaï Lama croit à la force du Droit. Et parce que la cause des Tibétains est juste, il sait qu'elle triomphera de ses oppresseurs. Car que demande le Dalaï Lama ? non pas, comme affirme la propagande chinoise, la proclamation d'un Etat tibétain souverain, reconnu comme tel par la communauté internationale. (Pour ma part, je l'avoue, je n'y verrai pas d'inconvénient).

Le Dalaï Lama, lui, conscient des réalités internationales et des rapports de force, ne réclame que le statut d'autonomie pour le Tibet, la sauvegarde de son identité culturelle, si importante dans le concert des civilisations, et le respect des droits fondamentaux des Tibétains. Mettre un terme à un régime d'oppression et à un génocide culturel, instaurer un régime d'auto gouvernement et amener l'Etat de droit au Tibet, il n'y a rien là qui menace l'intégrité territoriale de la république chinoise ni sa souveraineté internationale. Aussi nous continuerons inlassablement à soutenir, par les voies du droit et la force spirituelle de la justice tous ensemble, sans violence ni provocation, mais avec résolution et constance, la juste cause des Tibétains. C'est pourquoi je vous remercie d'être venus si nombreux aujourd'hui écouter le " simple moine bouddhiste " de passage chez nous, notre ami Le Dalaï Lama.
 
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Un Tibétain en prison depuis plus d'un an
pour un envoi de SMS et d'emails

Vendredi 26 juin 2009 - RSF et IFEX

Reporters sans frontières dénonce la condamnation à trois ans de prison de Gonpo Tserang, un guide de montagne tibétain, pour avoir envoyé des SMS et des emails à l'étranger. Les messages portaient sur les manifestations de mars 2008 défiant le pouvoir chinois. Les autorités de la Préfecture autonome tibétaine de Dêqên (Yunnan, sud de la Chine) l'ont reconnu coupable d'"incitation au séparatisme", le 26 avril 2008.
 
"Cette condamnation est inadmissible car elle punit un simple citoyen qui faisait circuler des informations sur la situation au Tibet, que les médias étrangers étaient interdits de couvrir. Les messages incriminés ne relèvent pas de l'incitation au séparatisme et Gonpo Tserang ne les a nullement envoyés dans cette intention. Nous demandons la suspension de sa condamnation et sa libération", a déclaré Reporters sans frontières.
 
Selon des informations recueillies auprès d'organisations tibétaines, Gonpo Tserang, 33 ans, a été arrêté le 23 mars 2008. Il est actuellement détenu à la prison de Xianggelila (Yunnan). Aux dires des autorités, "du 16 au 18 mars 2008, Gonpo Tserang a utilisé Internet et son téléphone portable pour envoyer des messages provocateurs déformant les faits réels et la stabilité de l'ordre social dans la province tibétaine après l''incident' du 14 mars 2008". Dans le verdict de la décision de la préfecture de Dêqên, il est également souligné que "Gonpo Tserang a utilisé Internet afin de fabriquer délibérément des rumeurs, déformer les faits et inciter au séparatisme".
 
L'internaute a été condamné en vertu de l'article 103 (2) du code pénal chinois selon lequel "si un crime contre-révolutionnaire est à l'origine d'une critique féroce à l'encontre de l'Etat et si les circonstances sont particulièrement flagrantes, la peine mort est envisageable".
 
Depuis mars 2008, Reporters sans frontières a enregistré une augmentation significative des procès de Tibétains accusés d'avoir envoyé des informations à l'étranger, principalement vers les communautés tibétaines en exil. A la connaissance de l'organisation, sept personnes ont été condamnées entre octobre et novembre par la Cour intermédiaire de Lhassa, à des peines allant jusqu'à la prison à vie.
 
Selon une étude de l'organisation dissidente chinoise Gongmeng, publiée en juin 2009 et rédigée par quatre chercheurs chinois, les accusations de "séparatisme" sont un moyen de "cacher les erreurs de gestion des dirigeants locaux". Lors des émeutes de mars 2008, les journalistes étrangers n'ont pas pu couvrir les faits et les médias officiels chinois ont complètement ignoré l'événement.
 
Le 11 mars 2009, un moine tibétain a également été arrêté et accusé de "séparatisme" après avoir donné à la communauté tibétaine en exil des informations relatives aux manifestations et aux arrestations dans la province. Par ailleurs, le 5 mai, le webjournaliste tibétain Namkha Sonam Drakpa a dû quitter le Tibet pour avoir possédé et distribué des photos du Dalaï Lama. Par peur d'être découvert par les autorités chinoises de la province, il a pris la route de l'Inde. Il travaille aujourd'hui pour une publication en ligne chinoise basée aux Etats-Unis.
 
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Le Tibet devient une priorité
de la politique américaine envers la Chine
 
Vendredi 26 Juin 2009 - France Tibet

Les questions liées au Tibet resteront parmi les principales priorités de la politique américaine envers la Chine, a dit Kurt M. Campbell, récemment nommé par le Président Obama au poste de Secrétaire Adjoint aux affaires de l'Asie de l'est et de la Pacifique.
 
Encourager le respect des Droits de l'Homme, dont les droits des minorités et la liberté de religion, dans toutes les régions, y compris le Tibet, est une grande priorité dans notre engagement bilatéral avec la Chine a dit M. Campbell lors de son audition devant le Comité des Relations Etrangères du Sénat et en réponse aux questions des sénateurs le 10 juin 2009.
 
"En engageant la Chine sur un grand éventail de défis, nous aurons des discussions franches sur des questions où il y a des désaccords, dont les Droits de l'Homme, le Tibet, la liberté de religion et la liberté d'expression" a dit M. Campbell dans une réponse écrite à une question.
 
Il soutient que la "promotion des droits de l'homme est un aspect essentiel de la politique étrangère américaine" et il a ajouté que le Président Obama et la Secrétaire d'Etat Clinton avaient tous les deux soulevé leurs inquiétudes à propos des Droits de l'Homme et les questions tibétaines lors de leurs réunions respectives avec les dirigeants chinois.
 
"Nous ne répugnerons pas à chercher des occasions de soulever franchement avec les dirigeants chinois nos inquiétudes sur la mauvaise situation des Droits de l'homme au Tibet. Le Président Obama et la Secrétaire d'Etat Clinton ont discuté des problèmes tibétains avec les responsables chinois au plus haut niveau, et moi je ferai de même" dit Campbell qui devrait être confirmé rapidement dans son poste par le Sénat.
 
Campbell est le premier responsable haut placé du Département d'Etat à se présenter devant le comité qui sera responsable des questions qui, dans leur ensemble, formeront la politique américaine sur le Tibet, dit dans un rapport sur son site web la Campagne Internationale pour le Tibet, un groupe de pression qui soutient le Tibet à Washington.
 
D'après ce rapport, le Secrétaire Adjoint de la démocratie, des droits de l'homme et du travail, le Secrétaire Adjoint de la population, des réfugiés et de la migration, l'ambassadeur américain en Chine, et le coordinateur spécial des affaires Tibétaines sont tous des membres clés de l'équipe de politique du Département d'Etat et devraient être en place dans les semaines à venir.
 
Dans sa déclaration, Campbell a également dit que le gouvernement américain continuerait à promouvoir le dialogue positif entre les responsables chinois et tibétains dans le but d'atteindre résultats significatifs sur le Tibet.
 
"De la même manière, nous encouragerons aussi les Tibétains à poursuivre le dialogue avec les Chinois et à identifier des domaines où des améliorations substantielles dans la vie des Tibétains peuvent de manière réaliste être atteintes."
 
Cette administration considère que les discussions entre le gouvernement chinois et les représentants du Dalaï Lama sont essentielles pour résoudre les tensions de longue date dans les régions tibétaines de la Chine, et pour protéger l'identité ethnique, culturelle et religieuse du peuple tibétain. "
 
Nous continuerons à nous concentrer sur la promotion du dialogue positif qui vise à atteindre des résultats significatifs", dit-il.
 
Répondant à la déclaration de Campbell, Todd Stein, directeur des relations avec le gouvernement de la Campagne Internationale pour le Tibet, a dit : "L'attente des 'résultats significatifs' fait écho aux déclarations récentes du président Obama, de la secrétaire d'état Clinton et de la présidente de la Chambre des représentants Pelosi, qui donnent une haute priorité pour le Tibet et un sentiment que les discours ne suffiront pas pour satisfaire une nouvelle équipe présidentielle qui recherche des preuves de progrès sur le Tibet et qui est prête soutenir les moyens de l'obtenir. Le langage sans ambiguïté de ces déclarations devraient être ainsi entendu par le gouvernement chinois".
 
Les discussions entre les représentants du Dalaï Lama et Beijing se sont arrêtées après que Pékin a reçu avec dérision le "Mémorandum sur l'Autonomie Véritable pour le Peuple Tibétain" soumis par les Tibétains lors de la huitième session de discussions en octobre 2008.
 
La Chine continue d'insister sur le fait que la porte est toujours ouverte pour les discussions.
 
Cependant, du côté tibétain, on dit que les chinois n'ont pas été sincères dans les discussions qui ont eu lieu depuis 2002, et on prétend que le gouvernement de Pékin a rejeté le mémorandum proposé sans donner d'explications juridiques ou raisonnées.
 
Le Groupe de Travail pour le Tibet, une organisation mise en place en 1999 principalement pour aider les représentants du Dalaï Lama dans leurs discussions avec les représentants du gouvernement chinois, se serait réuni récemment à Dharamsala, le siège du gouvernement tibétain en exil, pour réfléchir sur des façons de briser l'impasse et reprendre les discussions avec les responsables chinois.
 
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Une ONG chinoise remet en cause la version officielle sur
la révolte tibétaine de 2008

Samedi 13 juin 2009 - LE MONDE - Correspondant à Shanghaï
 
Plus d'un an après les manifestations qui ont secoué Lhassa en mars 2008, une organisation non gouvernementale (ONG) chinoise ose prendre à revers la thèse officielle et simpliste sur les événements, en publiant les résultats d'une enquête d'un mois sur le terrain, dans la province du Gansu, près de Xiahe et Hezuo, ainsi qu'au Tibet même, à Lhassa et Haidong.

Rédigé par quatre chercheurs pour le compte de l'ONG Gongmeng (ou Open ConstitutionInitiative), un tel rapport, qui soulève des questions taboues en Chine, aurait difficilement pu voir le jour s'il n'avait pas été le fait deChinois Hans (population majoritaire en Chine), oeuvrant sous couvert de recherches universitaires.
 
Gongmeng, fondée en 2003, n'est autre que la plate-forme des "avocats des droits de l'homme". Plusieurs de ses membres ont par ailleurs entrepris ces derniers mois de défendre des Tibétains accusés de divers crimes suite aux troubles de 2008, non sans s'exposer au harcèlement policier.
 
Intitulé "Rapport d'enquête sur les causes sociales et économiques de l'incident du 14 mars dans les zones tibétaines" - ce jour-là, ont eu lieu au Tibet les plus importantes manifestations depuis celles de 1989 à Lhassa -, le texte d'une quarantaine de pages annonce très vite la couleur : au-delà des prétendus "facteurs externes" qui ont contribué à échauffer les esprits au Tibet en 2008, les auteurs notent combien ils ont ressenti, sur place, "le mécontentement populaire et la colère qui se cachaient derrière les incidents, et la complexité de leurs causes sociales".
 
Il serait vain, expliquent-ils en substance, de faire l'économie d'un débat "autour des causes historiques de ces contradictions", des "questions de sentiment religieux et d'identité ethnique"ainsi que de "la réalité profonde des problèmes de conflits d'intérêts" au coeur de ce mécontentement. Ils s'en prennent ouvertement à la "surexposition de la violence du 14 mars par la propagande" à travers les médias, qui n'a conduit qu'à "attiser les rancoeurs entre Hans et Tibétains".
 
En s'intéressant à l'entreprise de modernisation du Tibet par le gouvernement chinois, l'enquête révèle les limites des politiques de "développement rapide" lancées dans les années 1990, qui ont en réalité "créé les bases d'une marginalisation accrue" des Tibétains. Ce sont "les nouveaux venus, les Non-Tibétains, qui sont les premiers à bénéficier (de la) stratégie de chances pour tous" à Lhassa et ailleurs, soulignent les auteurs.
 
Surtout, "une nouvelle aristocratie" s'est substituée à l'ancienne. A la tête de "ressources sociales complexes", elle est "plus puissante que l'ancienne aristocratie" et a adopté des "pratiques rentières". Son pouvoir provient "d'une source de légitimité externe", le gouvernement central, ce qui accroît l'aliénation de la population. Le prétexte du "maintien de la stabilité", les"accusations de séparatisme", ou "de forces étrangères" masquent comme "un cache-sexe les erreurs de gestion (des dirigeants locaux) justifiant la répression du mécontentement populaire", lit-on.
 
L'extrême indigence des politiques culturelles et éducatives en langage tibétain a contribué, constatent les auteurs, à créer une jeunesse tibétaine désoeuvrée et ignorante de sa propre histoire culturelle.
 
Enfin, le rapport considère que le "bouddhisme tibétain", qui "est à la base du système et de la culture traditionnelle tibétaine, non seulement ne devrait pas être considéré comme un obstacle à la modernisation mais plutôt comme une base sur laquelle il faut compter pour la promouvoir".

L'enquête de Gongmeng est bienvenue dans le contexte d'omerta qui règne autour de la question tibétaine en Chine : de source chinoise et indépendante, elle confirme et nourrit la plupart des problèmes exposés par les ONG tibétaines en exil.
 
Accessible en ligne, sa diffusion reste toutefois confidentielle - aucun média chinois n'en a encore fait l'écho. Mais elle a tout lieu de ne pas passer inaperçu à Pékin. "Le but est de proposer des idées constructives au gouvernement. Il est indispensable d'avoir des voix plurielles lors d'un événement aussi complexe que celui du 14 mars", confie, à Pékin, Zhang Boshu, professeur à l'Académie des sciences sociales. Proche de Gongmeng, il est l'auteur, en 2008, d'un texte corrosif sur le rôle historique du Parti communiste du Tibet.
 
"Le problème du Tibet est avant tout une question des droits de l'homme. Mais ce n'est pas que cela. Les violations des droits de l'homme sont un effet, et non une cause. La cause du problème du Tibet, c'est un système dictatorial irrationnel", y écrit-il.
 
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Chamdo : la campagne de boycott agricole sévèrement réprimée
 
Jeudi 18 Juin 2009 - Tibet de Facto
 
Un Tibétain blessé par balle et trois autres grièvement blessés à Chamdo dans l'est du Tibet lors d'une opération contre la campagne de boycott agricole en cours dans la région.

Au cours de la répression, un dénommé Tsering a été touché par une balle et deux autres Tibétains, Paga et Lhadar, ont été emportés par la police après avoir été gravement battus et blessés à coups de matraques. Un autre, nommé Samga, a lui été frappé à coups de crosse. D'après les sources, tous ces événements se sont déroulés fin mai dans le district de Jomda, Préfecture de Chamdo, Région Autonome du Tibet (RAT).

Ces mêmes sources précisent que les forces de sécurité chinoises ont également arrêté des manifestants dont certains font partie du personnel des monastères de Vara et Jobhu dans le district de Jomda.

Tous les détenus ont plus tard été relâchés à l'exception de trois personnes?: Sonam Palmo (dit Sopal) Lobsang Palden et Yeshe Dorjee, accusés d'être les meneurs de cette campagne de boycott agricole.

Plusieurs lamas en retraite de deux autres monastères de la région ont également été sévèrement frappés par les forces de sécurité chinoises au cours de descentes nocturnes.

Le monastère de Gyune a été assiégé et encerclé par les forces armées et 8 de ses lamas en retraite ont été battus lors d'un raid de nuit. Même scénario pour des lamas du monastère de Palchen, eux aussi battus.

Des campagnes de boycott agricole similaires ont également eu lieu à différents endroits dans la préfecture de Kardze (Ch: Ganzi) dans la province du Sichuan depuis mars dernier.

Le TCHRD (Tibetan Center for Human Rights and Democracy) dit que ce mouvement de désobéissance civile symbolique est mené par les habitants de ces régions afin de défier la " politique répressive qui prévaut, initiée et mise en œuvre par les autorités chinoises contre les Tibétains ".

Le TCHRD avait déjà rapporté que les autorités chinoises avaient averti par voie d'affiches les paysans tibétains des sérieuses conséquences encourues, pouvant aller jusqu'à la confiscation des terres, par ceux qui refuseraient de reprendre leurs activités agricoles.

Depuis, les autorités chinoises de Kardze ont mené une opération " arrestations et passages à tabac " contre les paysans continuant de défier l'ordre donné de cultiver leurs terres.

Selon le TCHRD, beaucoup des jeunes de Kardze ont été arrêtés et mis en détention par les autorités chinoises après avoir participé aux manifestations de l'an dernier.

Pour le TCHRD, " même si les gens de Kardze désiraient labourer les terres, il n'y a presque plus de main-d'œuvre disponible ".
 
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Le Dalaï lama remet une kata à Bertrand Delanoë en symbole de respect, dimanche 7 juin à Paris.
 
Nouvelle tentative d'ingérence de la RPC dans les affaires intérieures françaises...
 
La Chine appelle la ville de Paris à "rectifier ses erreurs"

Mardi 9 juin 2009 - AFP et Aujourd'hui la Chine
 
 La Chine a fermement condamné lundi la remise la veille par Paris du titre de "citoyen d'honneur" au dalaï lama, estimant qu'il s'agissait d'une "grave ingérence" dans les relations sino-françaises.
 
La remise de cette distinction dimanche au chef spirituel des Tibétains par le maire socialiste de la capitale française, Bertrand Delanoë "ne pourra que porter atteinte aux relations de Paris avec les municipalités chinoises concernées et constitue une grave ingérence dans les relations sino-françaises", a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué faxé à l'AFP.
 
Ce titre de "citoyen d'honneur" de Paris avait été décerné en mars 2008 par les élus de la ville.
Les autorités chinoises, qui accusent le Dalaï lama de rechercher l'indépendance du Tibet, ce qu'il récuse, avaient par avance protesté, début mai, contre cette cérémonie. "Ignorant l'opposition de la Chine, la ville de Paris a accordé au dalaï lama le prétendu titre de citoyen d'honneur, nous exprimons notre fort mécontentement et notre opposition déterminée à cet égard", déclare le ministère dans son texte, rappelant les "graves difficultés" récentes entre la Chine et la France en raison du Tibet.
 
Pékin appelle la ville de Paris "à cesser toutes ses ingérences sans exception, à adopter des mesures sincères et efficaces, à rectifier ses erreurs et à éviter de s'enfoncer dans la voie de l'erreur".
 
Dimanche, le maire de Paris avait expliqué ne vouloir "ni pratiquer d'ingérence dans les affaires chinoises, ni même prôner l'indépendance du Tibet, ce que nous n'avons jamais fait".
 
Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a affirmé lundi "ne pas négliger la réaction des dirigeants chinois" qui ont condamné la remise dimanche par Paris du titre de "citoyen d'honneur" au dalaï lama, tout en soulignant que la ville "ne fait pas la politique étrangère de la France". "Je ne néglige pas la réaction des dirigeants chinois. Je m'y attendais un peu", a-t-il souligné lors d'un déjeuner de presse en marge du conseil de Paris, après la vive réaction de Pékin à la remise de ce titre, décerné en mars 2008 par les élus de la Ville.
 
"Paris doit se situer du point de vue des valeurs, mais Paris ne fait pas la politique étrangère de la France", a-t-il souligné, précisant: "Je n'ai subi absolument aucune pression de l'Elysée ou du Quai d'Orsay".
 
"Je n'ai jamais été pour l'indépendance du Tibet, je ne suis pas bouddhiste. Je prends des positions liées aux valeurs de Paris et à mes convictions profondes. Je ne prétends pas régenter le monde", a redit lundi Bertrand Delanoë, après des propos similaires la veille.
 
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La RPC trompe tout le monde...

Dalaï-lama à Paris : profil bas sous la pression de la Chine

Lundi 8 juin 2009 - Pierre Haski - Rue89 
 
En visite en France, le Dalaï-lama a estimé que "la Chine trompe tout le monde, y compris les hommes politiques français" qui, à part Betrand Delanoë, n'ont pas souhaité le rencontrer. Le prix à payer pour la réconciliation franco-chinoise. 

 
Le Dalaï lama a une grande capacité à rire de tout, y compris de ce qui semblerait à première vue négatif pour lui. Dimanche matin, à Paris, lors d'une visite en demi-teinte, il a fait remarquer à quelques journalistes, dont Rue89, que "la Chine trompe tout le monde, y compris les hommes politiques français", partant dans un éclat de rire aussi communicatif qu'intrigant.
 
S'il y a une chose dont le chef spirituel des bouddhistes tibétains peut rire, c'est effectivement les embarras que sa visite suscite dans le monde politique français ! Nicolas Sarkozy et le gouvernement prennent bien soin de faire savoir qu'ils n'auront aucun contact avec le Dalaï lama lors de son séjour, et même le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui l'avait invité pour lui remettre sa médaille de "citoyen d'honneur" de la capitale française décerné l'an dernier en pleine crise tibétaine, le reçoit dimanche en catimini, sans tapage, comme s'il regrettait son geste passé.

Il est vrai qu'entre temps, la Chine a piqué une grosse colère contre la France après la rencontre de Nicolas Sarkozy avec le leader tibétain en Pologne, annulant un sommet sino-européen sous présidence française, et pénalisant les entreprises françaises dans l'attribution des contrats. Dimanche, en piqure de rappel, des étudiants chinois en France manifestaient à Paris contre la venue du dalaï lama risquant d' "endommager la relation franco-chinoise, qui vient de sortir d'un époque difficile"…

"Victoire" diplomatique chinoise

La réconciliation franco-chinoise s'est en effet faite sur le dos du Dalaï lama : même s'il ne l'admet pas, Nicolas Sarkozy a dû promettre à Pékin de ne plus rencontrer ce "diable en habit de moine", selon la terminologie du Parti communiste chinois… Le communiqué commun franco-chinois d'avril dernier a été présenté à Pékin comme une grande victoire diplomatique.

Le Dalaï lama ne s'en formalise pas en apparence. Il confiait dimanche matin à un petit groupe de journalistes français invités à le rencontrer dans un palace parisien que l'enjeu de sa visite n'étant pas diplomatique mais spirituel - il prononçait dimanche après midi une conférence sur "éthique et société" à… Bercy ! -, cette absence de contacts politiques ne le chagrinait pas. Et il considère toujours Nicolas Sarkozy comme "un ami du Tibet".

Pourtant, à y regarder de plus près, Nicolas Sarkozy aurait des raisons de considérer que le compte n'y est pas au Tibet, par rapport à sa demande publique, l'an dernier, de voir reprendre le dialogue entre Pékin et les émissaires du dalaï lama. Ce dialogue a certes repris à la veille des Jeux olympiques de Pékin, mais a vite tourné court : "Après les événements de mars 2008, on pouvait espérer une approche plus réaliste de la part du gouvernement de Pékin. Mais cela ne s'est pas produit. Toute leur politique est basée sur l'hypocrisie, à tous les niveaux. (…) Il n'y a rien à attendre du gouvernement chinois, je n'ai pas beaucoup d'espoir. Il peut toujours changer d'avis, mais je n'y crois pas. Mais je garde confiance dans le peuple chinois."

Le Dalaï lama sait pertinemment que si la mobilisation internationale autour du Tibet est importante pour sa cause, elle n'a que peu d'influence sur la Chine en raison du rapport de force qui a basculé en faveur de Pékin, à mesure que le poids économique et diplomatique chinois montait.

Dalaï-lama : "L'esprit tibétain ne sera jamais brisé"
 
S'il reste optimiste, c'est parce qu'il est convaincu que "l'esprit tibétain ne sera jamais brisé". Il souligne que trois générations de Tibétains se sont confrontés au pouvoir chinois. Celle des années 50 qui a été brisée par le pouvoir maoiste ; celle des années 80 qui a fait face à la répression des manifestations de 1987-88 ; et enfin la nouvelle génération qui a explosé l'an dernier, même s'il suggère que les violences de Lhassa le 14 mars 2008 auraient pu être organisées par le pouvoir chinois.

"Les dirigeants chinois devraient savoir que tous les vingt ans, ils ont face à eux une nouvelle génération déterminée. Ils devraient savoir que sans une approche plus réaliste, d'autres manifestations suivront. Ce n'est dans l'intérêt de personne".

A moins que, comme il l'admet lui-même, "ils attendent ma mort" ! Et d'éclater de nouveau de rire… A 74 ans, le chef exilé des Tibétains réfléchit en effet à sa succession pour ne pas laisser Pékin en profiter pour semer la confusion parmi son peuple. La succession des dalaï lama répond en effet à des rituels très stricts liés à la "réincarnation" et le pouvoir chinois a déjà prouvé dans celle du panchen lama, le "numéro deux" de la hiérarchie tibétaine, qu'il était capable de s'immiscer dans un processus religieux complexe.
 
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Source France Tibet
 
Réincarnation de son vivant ?
 
Le dalaï lama a confirmé dimanche qu'il réfléchissait, avec les autres chefs spirituels tibétains en exil en Inde, à désigner de son vivant l'enfant qui devra "accueillir" sa réincarnation après sa mort. Une procédure qui, selon lui, n'est pas étrangère à la tradition tibétaine, même si elle peut sembler contradictoire avec l'idée même de "réincarnation". Il est certain que Pékin s'opposera à ce choix et tentera d'imposer une alternative.
 
Pour l'heure, le dalaï lama reste le porte drapeau de la cause tibétaine et reste une épine pour le géant chinois. On conscoit bien que Pékin mise beaucoup sur sa disparition au plus vite. Fort de son aura spirituelle, il parvient à remplir un stade comme Bercy pour écouter ses enseignements spirituels et a développé un discours "universel" qui s'adresse aussi aux non-croyants, ou aux non-bouddhistes.
 
De ce point de vue, quel que soit le jugement que l'on porte sur son action, le dalaï lama a assurément pris un ascendant moral sur ses ennemis de Pékin, qui l'emportent toutefois au "nombre de divisions", comme disait Staline en parlant du Vatican… Le profil bas des officiels français dimanche en est le signe le plus sûr !
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Le Dalaï-lama accuse la Chine
d'avoir orchestré les émeutes de mars 2008

 Dimanche 07 juin 2009 - LEXPRESS.fr

Le chef spirituel en exil des Tibétains, de passage dans la capitale, a été fait "citoyen d'honneur" de la ville de Paris.
 
Le Dalaï-lama, chef spirituel en exil des Tibétains, a évoqué dimanche à Paris une "orchestration" par la Chine des émeutes de mars 2008 au Tibet et une campagne pour le discréditer, peu avant de recevoir le titre de "citoyen d'honneur" de la ville de Paris.
 
"On a eu des témoignages selon lesquels trois camions de Tibétains qui étaient inconnus ont été amenés le 14 (mars) au matin. On soupçonne une orchestration", a affirmé le Prix Nobel de la Paix à quelques journalistes.
 
"Les Chinois ont dit que tout avait commencé le 14 mars au matin et en fait on sait très bien que ça a commencé le 10 après-midi mais que la police et l'armée ne sont pas intervenues", a-t-il ajouté en tibétain traduit par son interprète officiel en France, Matthieu Ricard.
 
De même, en février 2006, lors d'une rencontre entre des envoyés du Dalai-lama et des officiels chinois, ces derniers "ont reconnu qu'ils acceptaient le fait que le Dalai lama ne demandait pas l'indépendance (du Tibet). Mais quelques mois plus tard, il y eu une intensification de la dénonciation du Dalaï-lama comme étant un séparatiste", a traduit Matthieu Ricard.
 
Le Dalaï lama qui multiplie les rencontres avec les Chinois à l'étranger depuis un an, leur explique, comme il l'a fait samedi à Paris, "qu'il n'a pas confiance dans le gouvernement totalitaire chinois mais qu'il fait confiance au peuple chinois", a expliqué à l'AFP Matthieu Ricard.
 
"Il veut contrer la propagande de Pékin qui tend à monter les Chinois contre les Tibétains et ramener de bonnes relations entre les deux ethnies", explique Marie Holzman, présidente de l'association Solidarité Chine, proche des dissidents chinois, qui a organisé la rencontre entre le Dalai-lama et un groupe de Chinois.
 
La Chine avait accusé le Dalaï-lama d'avoir fomenté des émeutes anti-chinoises en mars 2008 pour saboter les jeux Olympiques de Pékin, et l'accuse de séparatisme. Lui dément, et affirme qu'il prône seulement une large autonomie culturelle et spiriturelle du Tibet.
 
Samedi, le Dalaï lama avait dénoncé, à son arrivée à Paris, la "condamnation à mort" dont est victime la "nation tibétaine", en raison de la "politique dure" de Pékin.
 
Dimanche après-midi, il devait donner une conférence de deux heures sur le thème de "l'Ethique laïque" au Palais-Omnisport de Bercy où des milliers de fidèles étaient attendus.
 
"Mon engagement c'est la promotion des valeurs humaines. Je décris ces valeurs comme [l'éthique laïque] ce qui signifie le respect de toutes les origines, de toutes les religions", a-t-il expliqué en anglais.
 
Le Dalaï lama devait se rendre ensuite à la mairie de Paris en fin d'après-midi pour recevoir son titre de citoyen d'honneur pour lequel il s'est dit "honoré". Décernée en 2008, la distinction lui sera remise par le maire de Paris Bertrand Delanoë, membre de l'opposition socialiste à Nicolas Sarkozy.
 
En dépit des foudres de Pékin, qui avait qualifié l'octroi de ce titre d' "ingérence dans les affaires intérieures chinoises", M. Delanoë a maintenu le rendez-vous, affirmant qu'il n'entendait pas renoncer à ses convictions.
 
Cette visite intervient à un moment délicat des relations entre la France et la Chine qui se remettent à peine de quatre mois de "brouille" consécutifs précisément à une rencontre en décembre en Pologne entre le président Nicolas Sarkozy et le Dalaï-lama, qui avait ulcéré la Chine. Aucun rendez-vous avec le gouvernement n'est prévu lors de cette visite de deux jours à Paris du chef tibétain.

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Le Dalaï-Lama à Paris, une visite embarrassante

Vendredi 5 juin 2009 - LEMONDE.FR - Hélène Franchineau

Programmée le même week-end que les élections européennes et la finale de Roland-Garros, la visite du dalaï-lama en France, les 6 et 7 juin, pourrait presque passer inaperçue. Surtout depuis que la France et la Chine se sont officiellement réconciliées, reléguant à l'arrière-plan leur différend autour du Tibet. Après une conférence à Bercy sur le thème "l'éthique et la société", le dalaï-lama recevra une médaille de citoyen d'honneur des mains du maire de Paris, Bertrand Delanoë.
 
Le Dalaï-lama avait été fait citoyen d'honneur de la Ville de Paris le 21 avril 2008, au moment où les relations franco-chinoises connaissaient un sérieux refroidissement en raison des positions françaises concernant le chef spirituel des Tibétains. Quelques mois plus tard, en décembre, le président de la République, Nicolas Sarokzy, l'avait rencontré, provoquant l'ire de Pékin. Mais depuis une entrevue entre le président français et son homologue chinois Hu Jintao, le 1er avril, l'ardoise semble effacée. Un voyage en Chine du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, y aura aidé. Ce qui n'a pas empêché Pékin, dans un communiqué publié le 7 mai, d'exprimer à nouveau sa forte opposition à la venue du chef spirituel dans la capitale, appelant Paris à "ne plus commettre d'erreurs au sujet du Tibet".

Le Dalaï-Lama " mérite un meilleur accueil " dixit Lionnel Luca

Le député UMP Lionnel Luca, président du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale, déplore que l'événement n'intéresse plus personne.
 
"Ce n'est pas un enjeu pour les médias, car il tombe après les Jeux olympiques et les vingt ans de la répression sur la place Tiananmen." Du côté de la Mairie de Paris, l'équilibre est délicat. Sur l'agenda de M. Delanoë, disponible en ligne, on ne trouve aucune mention de la cérémonie censée commencer dimanche à 17 heures. L'entourage du maire explique qu'elle sera organisée en petit comité. Les groupes UMP, centriste et communiste au conseil municipal ont pour leur part annoncé leur intention de boycotter la rencontre. Jean-François Lamour, président du groupe UMP au conseil municipal, s'interroge en effet sur "l'opportunité d'un tel événement" alors que les relations entre les deux pays commencent à s'améliorer.

"Cet état de choses reflète la situation de la diplomatie en France : on ne sait pas sur quel pied danser. L'autocensure envers la Chine s'exerce à fond", déplore la sinologue Marie Holzman, qui participera à la rencontre entre le Dalaï-lama et la communauté chinoise de Paris. Lionnel Luca regrette pour sa part que le chef spirituel des Tibétains reçoive un accueil aussi ambigu : "Le Dalaï-lama n'est pas un repris de justice, c'est un Prix Nobel de la paix. Il mérite un meilleur accueil."
 
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Contre toute tentative d'ingérence de la Chine
dans les affaires intérieures françaises...
 
A chacun son drapeau :
une haie d'honneur demain rue de Rivoli pour le Dalaï-lama
 
Dimanche 7 juin 2009 - France Tibet
 
L'idée lancée par l'association "France-Tibet" et reprise par nombre de groupes de soutien au Tibet qui doivent se réunir lundi, à l'invitation du Dalaï-Lama et du Bureau du Tibet, consiste à faire rue de Rivoli une haie d'honneur au Dalaï-lama avec les drapeaux tibétains à la sortie de sa conférence à Bercy demain dimanche.

Pour honorer d'une part le prix Nobel de la paix, citoyen d'honneur de la Ville de Paris, guide spirituel et leader politique du Peuple tibétain.

Pour souligner d'autre part l'opposition nette et massive de l'opinion publique française à toute tentative d'ingérence de la Chine dans les affaires intérieures européennes ou françaises.
 
Dans un communiqué l'association France Tibet indique notamment : "Pour que l'on n'oublie pas le Tibet et tous les drames qui s'y déroulent actuellement, pour obliger les médias à un minimum de couverture de cette " cérémonie ", pour montrer au gouvernement de la République Populaire de Chine, que nombre de citoyens français n'ont pas l'intention de fermer les yeux sur ce qui se passe au Tibet, mais bien au contraire de poursuivre le soutien pour la revendication d'un Tibet autonome, nous vous invitons à rejoindre dès la sortie de la conférence de Bercy, la rue de Rivoli au plus près de l'Hôtel de Ville. A l'intérieur de Bercy, en fin de conférence, comme à Nantes, nous saluerons le Dalaï-lama avec nos drapeaux du Tibet, et avec ces mêmes drapeaux nous nous déploierons le long de la rue de Rivoli pour une haie d'honneur la plus longue possible.

A Pékin, la place Tian' an Men a été bouclée le jour anniversaire du massacre de sa jeunesse étudiante. Le rêve du gouvernement chinois serait sans doute de baillonner la presse à Paris et que cet hommage passe inaperçu."

Une position similaire a été adoptée par de nombreux groupes de soutien au Tibet dont ceux du sud-est et du sud-ouest . Ces groupes qui en dehors de la conférence de Bercy doivent se retrouver lundi pour une réunion de coordination [le 2e vice-président de TVD, Benoît L'HUILLIER, y représentera l'association] , appellent ainsi chacun à rejoindre avec son drapeau dès la sortie de la conférence ou au plus tard à 17 h, la rue de Rivoli au plus près de l'Hôtel de Ville  (métro ligne 14) .
 
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Hillary Clinton veut que Pékin rende publics
les noms des victimes

Mercredi 3 Juin 2009 - Le Monde

A la veille de l'anniversaire de la répression des manifestations de Tiananmen, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a appelé le régime chinois à publier les noms des personnes tuées, disparues ou arrêtées il y a vingt ans.
 
"Des centaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue pendant des semaines à Pékin et dans l'ensemble du pays, tout d'abord pour honorer la mémoire du dirigeant réformiste disparu Hu Yaobang, puis pour exiger les droits fondamentaux qui leur étaient refusés", a rappelé la chef de la diplomatie américaine.
 
A ses yeux, "une Chine qui a fait d'énormes progrès économiquement et qui est en train de trouver sa juste place au premier plan sur la scène internationale devrait examiner ouvertement les pages sombres de son passé et publier le décompte de ceux qui ont été tués, arrêtés ou ont disparu".
 
Aucun décompte définitif des manifestations dans la capitale chinoise n'existe. Des centaines, peut-être des milliers de personnes auraient été tuées le 4 juin 1989. Le 30 juin 1989, un rapport de la mairie de Pékin avait fait état de "dizaines de militaires morts, six mille membres des forces de l'ordre blessés, plus de trois mille civils blessés et plus de deux cents morts dont trente-six étudiants".
 
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Droits de l'homme :
des réfugiés tibétains interpellent l'ONU à Genève
 
Mardi - 2 Juin 2009 - Romandie News
 
Une centaine de manifestants tibétains ont demandé à l'ONU d'envoyer une mission d'enquête au Tibet et de faire annuler des condamnations à mort prononcées par Pékin. Ils ont lancé cet appel à l'ouverture d'une session du Conseil des droits de l'homme.

Parti le 25 mai de Berne, un groupe de marcheurs de la communauté tibétaine en Suisse s'est joint à la manifestation sur la place des Nations, devant le siège de l'ONU. Les Tibétains ont alterné prières et discours et condamné les "détentions arbitraires" au Tibet.

Dans un mémorandum transmis au bureau de la Haut Commissaire aux droits de l'homme Navi Pillay, la communauté tibétaine de Suisse lui demande d'intervenir pour exiger de la la Chine qu'elle annule les condamnations prononcées le 8 avril dernier à Lhassa contre quatre militants. Lobsang Gyaltsen et Loyak ont été condamnés à mort et Gangtsu Tenzin Phuntsog et Penkyi à la prison à vie.

Dans sa pétition, la communauté tibétaine de Suisse demande à la Haut Commissaire et au Conseil des droits de l'homme de "censurer la Chine". Elle souhaite l'envoi immédiat d'une commisison d'enquête internationale indépendante au Tibet, l'autorisation d'un accès sans entraves, notamment pour la presse, au territoire et la fin des "exécutions brutales" de militants tibétains.

Le Conseil des droits de l'homme a entamé une session régulière de trois semaines, consacrée à la discussion des rapports de plusieurs experts de l'ONU. Les nouveaux pays membres élus le 12 mai par l'Assemblée générale de l'ONU, dont les Etats-Unis, n'assumeront leur nouveau rôle qu'à la fin de cette session, le 19 juin.
 
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Les figures clefs de la confrontation
sur la place Tiananmen en 1989

Mardi 02 juin 2009 - NOUVELOBS.COM

Voici les principales figures qui ont marqué le mouvement prodémocratique de 1989 en Chine...
 
Les politiques :
 
Li Peng : le boucher de Pékin
Premier ministre et principal opposant au secrétaire général du Parti Zhao Ziyang's - ce dernier étant contre la répression militaire du mouvement prodémocratique -, Li Peng fut considéré comme "le boucher de Pékin". Il est vu comme celui qui persuada Deng Xiaoping que les étudiants menaçaient le régime. Il se retira en 2002 et vit toujours à Pékin.

Chen Xitong : la repression + la corruption
Maire de Pékin en 1989, il soutint la répression militaire. En 1995, il fut démis de ses fonctions et écopa de 16 ans de prison pour corruption. Mais les observateurs voient plutôt dans son emprisonnement le résultat de rivalités politiques. Il fut libéré en 2006.

Deng Xiaoping : l'ordre à l'Armée de tirer c'est lui
En 1989, il était l'homme fort du régime. Président de la Commission militaire centrale et père des réformes économiques, il fit pencher la balance en imposant la manière forte et ordonna que l'armée tire sur les manifestants après sept semaines de paralysie du pouvoir.
 
Zhao Ziyang et Hu Yaobang : les honnêtes hommes
Quand s'est déclenché le "Printemps de Pékin", Zhao Ziyang était secrétaire général du Parti communiste et partisan du dialogue. Le 19 mai 1989, il se rendit à Tiananmen, exhortant, en pleurs, les étudiants à quitter la place. Ce fut sa dernière apparition publique. Limogé le 24 juin, il fut placé en résidence surveillée à Pékin. Il mourut en 2005. Ses mémoires posthumes ont été publiés en avril dernier. Il avait succédé au poste de secrétaire général du PCC à Hu Yaobang mort le 15 avril 1989 en résidence surveillée qui de retour d'une tournée au Tibet dans les années 80 avait jugé l'occupation chinoise au Tibet :  "ça, c'est du colonialisme à l'état pur" .
 
Les étudiants :
 
Wang Dan
Il fut, à 20 ans, l'un des plus importants leaders étudiants du mouvement de 1989. Il passa près de huit ans en prison avant d'être relâché en 1998. Il s'exila aux Etats-Unis où il reprit ses études et passa une thèse sur l'Histoire asiatique.
 
Wuer Kaixi
Il avait 21 ans et étudiait à Pékin au moment du "Printemps de Pékin". Il prit part aux grèves de la faim sur la place Tiananmen et devint célèbre en tenant tête au Premier ministre chinois Li Peng, en mai, en direct à la télévision.
 
Chai Ling
Etudiante de 23 ans, elle fut baptisée la "pasionaria" des étudiants chinois. Elle reste une figure controversée du mouvement prodémocratique de 1989, en raison de l'obstination qu'elle montra à convaincre les étudiants à continuer d'occuper la place Tiananmen, alors que la répression semblait imminente. Elle s'enfuit plus tard à Paris, puis partit en exil aux Etats-Unis. Elle y poursuivit ses études à Harvard avant de monter une société d'informatique. > lire son témoignage dans Le Nouvel Observateur de 1989

Les intellectuels et artistes :
 
Liu Xiaobo
Il fut l'un des principaux intellectuels à soutenir le mouvement prodémocratique de 1989. Il participa aux négociations avec l'armée pour laisser la vie sauve au dernier groupe d'étudiants qui demeurait sur la place Tiananmen. Pour avoir combattu pour les droits de l'homme et critiqué le Parti communiste, il a passé bon nombre de ces vingt dernières années en prison.
 
Fang Lizhi
S'il n'a pas participé directement au mouvement de Tiananmen, les idées de cet astrophysicien, expulsé du Parti communiste en 1987 pour avoir soutenu des manifestations d'étudiants, l'a inspiré. Peu après la répression, les autorités émirent un mandat d'arrêt à son encontre. Il trouva refuge à l'ambassade des Etats-Unis, pays où il obtint l'asile politique en 1991.
 
Cui Jian
Le "père du rock" en Chine vint plusieurs fois sur la place Tiananmen et l'une de ses chansons ("Etre dans un extrême dénuement") devint l'hymne du mouvement des étudiants.
 
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Nouvelle tentative d'ingérence de la Chine
dans les affaires européennes...
 
Pékin menace à nouveau les pays hôtes du Dalaï-Lama

Mardi 2 juin 2009 - NOUVELOBS.COM
 
Une "détérioration" des relations serait le prix à payer pour les pays qui recevront le leader spirituel tibétain, actuellement en tournée européenne, prévient le gouvernement chinois.

Une nouvelle mise en garde contre les pays qui accueilleraient le Dalaï-Lama a été lancée, mardi 2 juin, par la Chine, alors que le leader spirituel est actuellement en tournée européenne. En cas d'accueil du chef des bouddhistes tibétains, une "grave détérioration"  des relations avec Pékin seraient la conséquence à assumer par ces nations.

Qin Gang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a annoncé aux médias que "Toute action irresponsable de quelque pays que ce soit sur cette question représentera une grossière ingérence dans les affaires intérieures de la Chine et détériorera gravement les relations (de la Chine) avec ces pays", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang à la presse.
 
Le Dalaï-Lama est accusé par Pékin de demander l'indépendance du Tibet. Il est pourtant uniquement partisan d'une large autonomie. Le leader spirituel tibétain vient de séjourner au Danemark pendant trois jours, où il a été reçu par le Premier ministre Lars Loekke Rasmussen.

Du 6 au 8 juin, le Dalaï-Lama est attendu dans la capitale française, où le maire de Paris, Bertrand Delanoë, doit le recevoir afin de lui remettre la distinction de citoyen d'honneur de la ville, accordé l'année dernière par le conseil de la ville. Une visite qui survient alors-même que les relations franco-chinoises commençaient à s'apaiser. Invité par Nicolas Sarkozy après des mois de tension, le président chinois est attendu en France avant la fin de l'année. Les deux chefs d'Etat s'étaient rencontrés début avril à Londres, en marge du sommet du G20. La rencontre avait mis fin à une longue période de tensions dans les relations franco-chinoises.

Lors du passage de la flamme olympique à Paris, en 2008, les manifestations pro-tibétaines avaient créé des frictions entre les deux pays.

En réponse à un rendez-vous entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï-Lama à Gdansk (Pologne) début décembre, le président chinois avait annulé sa venue au sommet de l'Union européenne à Lyon.
 
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Deux manifestants (frères) évadés du Tibet
parlent des atrocités chinoises

Lundi 1er Juin 2009 - Tibet de Facto

Tsewang Dhondup, 38 ans et Lobsang Thupten, 31 ans, originaires de Tehor, (district de Dragko (Ch?: Luhuo), préfecture autonome de Kardze (Ch?: Ganzi), province du Sichuan) avaient participé avec des centaines d'autres personnes à une grande marche de protestation contre les autorités chinoises dans le district de Dragko le 24 avril 2008. En tête de cette marche, des nonnes et des moines du monastère de Palden Chokri.

La manifestation pacifique s'était terminée par des tirs meurtriers de la police armée chinoise, faisant au moins deux morts et plus de dix blessés graves.

Tsewang pense qu'il y a eu probablement beaucoup plus de victimes.

 "Vers 16?h?30, le 24 mars, une grande marche de protestation menée par environ 150 nonnes du couvent de Ngangong se met en branle à Dragko. La marche est ensuite rejointe par des moines de Palden Chokri et des centaines de civils, principalement des paysans", explique Tsewang.

Les marcheurs chantaient "Longue vie au Dalaï-lama", "Chine, quitte le Tibet", et "Retour de Sa Sainteté le Dalaï-lama au Tibet".

"Plus tard, plus de 300 policiers chinois armés ont ouvert le feu au hasard dans la foule. Ils ont également lancé des gaz lacrymogènes et fait usage de cannes électriques et de matraques métalliques pour réprimer la manifestation. Ces forces chinoises ont frappé sans aucune retenue et sans montrer la moindre pitié."

Tsewang a été touché par deux fois en essayant d'aider Kunga, un moine de 20 ans du monastère de Chokri, blessé par balle.

"Alors que j'essayais de sauver la vie de kunga, j'ai moi-même étais atteint par deux fois. Une balle tirée dans mon dos a traversé mon corps et est ressortie devant, un peu au-dessus de ma taille et une autre a touché mon bras gauche. Je suis tombé quasi inconscient", raconte Tsewang tout en montrant ses mauvaises blessures aux journalistes présents à la conférence de presse.

Son frère Thupten l'a vu tomber sous les balles. Très vite, il réussit à le mener en sécurité à l'aide de sa moto. Konga, le moine de 20 ans et fils de Tashi Gyaltsen, était lui déjà mort.

À partir de là, Tsewang a lutté entre la vie et la mort tout en réussissant à ne pas être arrêté pendant un an et trois mois.

"C'est mon frère qui a pris constamment soin de moi alors qu'on était toujours en cavale de peur d'être arrêtés", raconte Tsewang.

"On a même passé environ 6 mois dans une famille. On ne pouvait pas rentrer dans notre ville vu que nos noms apparaissaient dans la liste des personnes recherchées par le gouvernement avec une prime entre 15000 et 20000 Yuan (1500 et 2000 €) sur chacune de nos têtes."

"C'était vraiment un combat entre la vie et la mort pour moi. Comme je ne pouvais pas accéder à des soins médicaux corrects, les blessures par balle ont commencé à pourrir en se couvrant d'asticots et de pus, ce qui provoquait des douleurs insoutenables."

"Ma santé allait tellement de mal en pis que j'ai envisagé de mettre fin à mes jours".

"Et puis l'espoir et la détermination de voir Sa Sainteté le Dalaï-lama et l'envie de raconter au monde extérieur les souffrances endurées par le peuple tibétain sous l'occupation chinoise m'ont rendu plus fort."

"Tout au long du parcours, nous avons été généreusement soutenus par plusieurs familles. Mais je suis avant tout éternellement redevable à mon frère Thupten."

Questionné par un étudiant américain sur ce que les communautés afro-américaines pouvaient faire pour le Tibet, Tsewang a lancé un appel pour que des "recherches approfondies" soient faites pour mettre réellement en lumière le problème du Tibet.

 "Je demande à la communauté internationale de soutenir le Tibet en se basant sur la réalité de la situation et à se dégager de l'emprise de l'information partisane émise par la puissante machine de propagande chinoise en Chine et à travers le monde."

"Je demande à la communauté internationale d'aider le Dalaï-lama à retourner dans son pays, le Tibet. Vous pouvez également aider à faire libérer les prisonniers politiques tibétains ainsi que le Panchen-lama, celui reconnu par le Dalaï-lama."

"Les gens des médias doivent être assez courageux pour aller au cœur des villages tibétains et dans les régions isolées pour évaluer eux-mêmes et de manière indépendante la véritable situation du Tibet sous l'autorité chinoise. Ils doivent entendre les vraies voix du Tibet qui sont si bien bâillonnées par le gouvernement chinois", insiste Tsewang.

"Le niveau de violence que nous avons dû subir de la part des forces chinoises l'année dernière confirme ce que nous pensons depuis longtemps. La Chine n'a aucun respect ni aucune considération pour la vie et le bien-être des Tibétains", ajoute Tsewang avec dédain.

"Je ne peux même pas m'imaginer comment les Chinois ont pu infliger une telle violence à des manifestants pacifiques l'année dernière. Après ce qu'ils ont fait au Tibet l'année dernière, je peux seulement imaginer la quantité de ressentiment qu'éprouvent maintenant les Tibétains envers le gouvernement chinois."

Les deux frères disent qu'ils ont quitté le Tibet avec la "conviction et l'espoir" d'aider à soulager les souffrances des Tibétains au Tibet.

À la conférence de presse, Tsewang et Thupten ont été rejoints par Tsering Gyurmey et Gompo qui avaient pris part à une manifestation similaire à Kardze l'année dernière et qui ont réussi eux aussi à regagner l'Inde la semaine dernière.
 
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Six femmes tibétaines blessées
lors d'une fusillade à Tawu

Mardi 26 mai 2009 - Tibet de Facto
 
Au moins 6 femmes tibétaines ont été gravement blessées après que les forces de sécurité chinoises aient ouvert le feu sur des Tibétains dans le district de Tawu.

Dimanche 24 mai, 11 heures du matin (heure de Pékin): la police et la police armée (la PSB et la PAP) tirent à l'aveuglette sur des habitants des districts de Tawu et de Kardze (préfecture autonome de Kardze).

A l'origine de cet événement, la volonté de la Chine de construire un énorme barrage hydroélectrique entre les districts de Nyagchu et Tawu qui implique un déplacement massif de Tibétains (des dizaines de milliers). Alors qu'elles commencent à planifier les travaux début 2008, les autorités chinoises contraignent les habitants du district de Tawu à signer des documents relatifs à leur expropriation.

Cette année, les autorités veulent commencer le transfert des populations, ce à quoi les Tibétains s'opposent vivement, refusant de quitter leurs terres et maisons ancestrales.

Le 5 mai 2009, le gouvernement chinois envoie un grand nombre de policiers armés dans la région. Ils détruisent les maisons de plusieurs familles dont celles d'Ati Gyatso Tsang et de Chego Pezi Tsang.

Plus tôt, lors d'une réunion à laquelle les habitants de la ville de Wara Mato ont été convoqués, les autorités font ériger un pilier en pierre pour leur signifier leur transfert dans un autre lieu.

Sous la conduite de Lhamo, une femme de plus de 70 ans, les habitants furieux et s'opposant fermement à cette politique de transfert forcé, refusent de bouger et détruisent le pilier.

Le 24 mai 2009, les habitants des districts de Tawu et de Nyagchu sont convoqués au siège du district de Tawu pour assister à une déclaration publique à propos de leur évacuation de la région à cause du barrage. Très vite après cette annonce, le rassemblement se mue en manifestation que la police tente d'arrêter en lançant des gaz lacrymogènes. L'armée ouvre le feu.

Six femmes (Tsering Lhamo, Rigzin Lhamo, Dolma, Kelsang, Dolkar et Khaying) sont gravement blessées sans que l'on sache si c'est mortellement ou non vu qu'elles ont été immédiatement évacuées de force.
 
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Le maire de Paris recevra
le Dalaï-Lama début juin

Mercredi 27 mai 2009 - AFP
 
PARIS - Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë recevra le Dalaï-Lama lors de sa visite en France prévue du 6 au 8 juin, a indiqué mardi à l'AFP Laurent Fary, porte-parole du maire, confirmant des informations de RTL.

Le porte-parole a cependant précisé qu'il n'était pas en mesure pour le moment de "confirmer quelque date ou créneau horaire que ce soit".

Le Conseil de Paris avait voté en 2008 pour faire du Dalaï-Lama un Citoyen d'honneur de la capitale et le secrétaire général du bureau du Tibet à Paris, Wangpo Bashi, avait évoqué début mai la possibilité que le chef spirituel des Tibétains reçoive ce titre des mains de M. Delanoë lors d'une visite à Paris prévue du 6 au 8 juin.

La Chine avait immédiatement demandé à la Ville de Paris de cesser ses "ingérences dans les affaires intérieures chinoises", assurant que ce titre de Citoyen d'honneur décerné au chef spirituel tibétain, que Pékin accuse de vouloir obtenir l'indépendance du Tibet, avait "soulevé une forte indignation du peuple chinois".

"Si la municipalité de Paris remet ce titre, cela entraînera de nouveau une forte opposition de la Chine", avait déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu.

Le 11 mai dernier, M. Delanoë avait toutefois indiqué ne pas avoir "l'intention de changer de point de vue" à ce propos, tout en affirmant qu'il "n'est pas question d'ingérence" dans les affaires intérieures chinoises.

"Mais il n'est pas question non plus de renoncer à mes convictions, sans provocation", avait-il ajouté.

Le Quai d'Orsay a confirmé mardi la venue du "Dalaï-Lama (qui) effectue une tournée européenne qui va le conduire au Danemark, en Islande, aux Pays-Bas et en France".

"Il sera à Paris pour recevoir la distinction de citoyen d'honneur qui lui a été attribuée en 2008", a confirmé le porte-parole adjoint du ministère, Frédéric Desagneaux.

"Il s'agit d'une initiative prise par la Ville de Paris en toute indépendance", a-t-il ajouté, soulignant qu'"aucune demande n'a été faite, aucune rencontre n'est prévue avec un représentant du gouvernement français".

"Nous considérons que la visite du Dalaï-Lama à Paris ne doit pas avoir d'impact sur la qualité de nos relations avec la Chine", a-t-il ajouté, alors que la France et la Chine ont mis officiellement un terme début avril à la brouille provoquée par une rencontre en décembre du président Nicolas Sarkozy et du Dalaï-Lama, qui avait ulcéré Pékin.

M. Sarkozy a nié l'existence d'un accord secret avec Pékin au terme duquel il aurait renoncé à rencontrer le Dalaï-Lama en échange de la reprise d'un dialogue de haut niveau avec la Chine.

Le Dalaï-Lama vit en exil depuis 1959 dans le nord de l'Inde, à Dharamsala, et affirme avoir renoncé à ses exigences indépendantistes au profit d'une autonomie pour la région himalayenne.

Après l'invasion et l'occupation par la Chine du Tibet en 1950-1951, le 14e Dalaï-Lama avait fui le 17 mars 1959 et traversé la frontière indienne le 30, près de trois semaines après le début d'une insurrection avortée contre le régime chinois.

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Visite du Dalaï-Lama :
Bertrand Delanoë se défend de toute ingérence,
mais ne veut pas renoncer à ses convictions

Mardi 12 mai 2009 - AFP
 
Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë n'a "pas l'intention de changer de point de vue" à propos du Dalaï-lama qui a été fait citoyen d'honneur de la capitale tout en affirmant qu'il "n'est pas question d'ingérence" dans les affaires intérieures chinoises.

La Chine a récemment demandé à la Ville de Paris de cesser ses "ingérences dans les affaires intérieures chinoises", alors qu'il y a un an, la municipalité parisienne a décerné le titre de citoyen d'honneur au Dalaï-lama. "J'ai reçu le Dalaï-lama il y a quelques années (...) J'assume le vote des élus de Paris de lui accorder la citoyenneté d'honneur. Quand lui remettrai-je? Je n'en sais rien", a indiqué M. Delanoë lors d'un déjeuner de presse en marge du conseil de Paris. "Il n'est pas question d'ingérence.
 
Mais il n'est pas question non plus de renoncer à mes convictions, sans provocation" a-t-il ajouté.

Le secrétaire général du bureau du Tibet à Paris, Wangpo Bashi, avait évoqué les dates d'une visite du 6 au 8 juin pour que le chef spirituel des Tibétains, accusé par les Chinois de vouloir obtenir l'indépendance du Tibet, reçoive son titre de citoyen d'honneur des mains de M. Delanoë. 
 
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Photo : VOA Tibetan language TV relayée par Tibet de Facto
 
Des images de la manifestation étudiante
à Labrang sortent du Tibet

Dimanche 10 mai 2009 - Tibet de Facto

De nouvelles images de la manifestation réunissant lycéens et étudiants à Labrang (chinois?: Xiahe) le 24 avril 2009 sont sorties du Tibet.
 
Les images confirment que plusieurs centaines d'étudiants du collège tibétain de Labrang ainsi que plusieurs enfants âgés d'environ une dizaine d'années ont participé à la manifestation contre la diffamation permanente du Dalaï-lama qu'orchestrent les autorités chinoises.

Une des images montre un groupe de jeunes filles d'environ douze ans, presque toutes en costumes tibétains traditionnels, en tête d'un cortège de manifestants.

D'autres images montrent des enfants portant des bannières apparemment " faites mains ".

Des adultes ou des étudiants plus âgés sont également visibles ainsi que des moines (probablement du monastère de Labrang) en arrière-plan bien qu'ils ne semblent pas prendre part à la manifestation.

Ces photos ont été prises avant que la police n'intervienne pour appréhender les étudiants. Sur une photo postérieure, on aperçoit en arrière-plan des camions de l'armée.
 
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Des moines manifestants de Labrang s'échappent du Tibet

Dimanche 10 mai 2009 - Tibet de Facto

Cinq moines tibétains recherchés par les autorités chinoises pour avoir organisé une manifestation au monastère de Labrang en 2008 viennent de trouver refuge en Inde.
 
Les cinq moines tibétains (Gendun Gyatso, Kelsang Jinpa, Lobsang Gyatso, Jamyang Jinpa et Jigme Gyatsa) avaient réussi à manifester contre l'oppression chinoise devant des journalistes étrangers participant à une visite organisée et contrôlée par le gouvernement chinois en avril 2008 au monastère de Labrang (province de Gansu). Cette action avait eu un grand retentissement médiatique à un moment ou de nombreuses autres manifestations se multipliaient dans la région depuis le mois de mars. Les moines sont arrivés sains et saufs à New Delhi, la capitale indienne, après avoir réussi à échapper aux forces de sécurité chinoises pendant plus d'un an.

Ayant eu vent après la manifestation qu'ils seraient arrêtés, les cinq moines, séparés en plusieurs groupes, se réfugient dans les collines près du monastère.

" Nous avons vécu comme des animaux, nous déplaçant constamment d'un endroit à un autre. Mais mieux valait ça que la prison " déclare Gendun Gyatso.

Alors qu'ils vivent dans la clandestinité depuis deux mois, Gyatso et ses deux amis se retrouvent un jour encerclés par la police chinoise. Kelsang Gyatso et Jinpa arrivent à s'échapper de nouveau mais leur compagnon est capturé et est toujours en prison.
 

Une évasion conseillée

Jamyang Jinpa, l'un des moines ayant parlé aux journalistes étrangers lors de la manifestation, dit avoir entendu parler une première fois de leur visite à Labrang sur Radio Free Asia diffusant une émission en dialecte de l'Amdo " Mais nous ne savions pas la date exacte " précise-t-il.

Jinpa et ses camarades de classe du monastère, Jigme Gyatso et Lobsang Gyatso, se sont mis alors à planifier la manifestation, persuadés que c'était " une excellente occasion " de faire connaître les problèmes du Tibet.

" Nous avons demandé la liberté pour le Tibet ainsi que la libération des prisonniers politiques tibétains dont le Panchen-lama " déclare Jinpa.

Les troupes chinoises ont encerclé le monastère de Labrang après la manifestation ajoute Jinpa, précisant que lui et ses amis se sont enfuis dans les collines, habillés en civil, après qu'un lama leur ait conseillé de s'échapper.

Questionnés sur leurs intentions actuelles, Jinpa dit qu'ils ne souhaitent qu'une chose, aller à Dharamsala, siège du gouvernement tibétain en exil, afin de rencontrer le Dalaï-lama.

 En dépit de leur évasion réussie, ils n'éprouvent pas de satisfaction particulière " Trop de personnes souffrent encore au Tibet " dit Jinpa.

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Pékin demande à Obama
de ne pas rencontrer le Dalaï-lama
 
23 avril 2009 - NOUVELOBS.COM - AP
 
Alors que le chef spirituel tibétain en exil doit se rendre aux Etats-Unis, la Chine exhorte le président américain à ne pas autoriser "le Dalaï-lama à se livrer à des activités séparatistes aux Etats-Unis".
 
Le président américain Barack Obama devrait s'abstenir de rencontrer le Dalaï-lama lors de la visite aux Etats-Unis du chef spirituel tibétain en exil, a déclaré la Chine, jeudi 23 avril. Bien que cette rencontre n'ait pas été officiellement confirmée par Washington, tous les présidents américain depuis George Bush père ont reçu le Dalaï-lama, provoquant systématiquement la colère de Pékin qui l'accuse de vouloir la sécession du Tibet.
 
Ferme opposition
 
"Nous nous opposons fermement à l'engagement du Dalaï -lama dans des actions séparatistes dans quelque pays que ce soit, sous quelque motif que ce soit et sous quelque nom que ce soit", a souligné Jiang Yu, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères au cours d'un point de presse habituel. "Nous avons présenté aux Etats-Unis des doléances les exhortant à tenir leurs engagements en n'autorisant pas le dalaï à se livrer à des activités séparatistes aux Etats-Unis", a-t-elle ajouté.
 
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Tibet : un juge espagnol veut interroger des responsables chinois
 
Mardi 5 mai 2009 - NOUVELOBS.COM

Un juge espagnol souhaite interroger huit hauts dirigeants chinois sur leur implication dans la répression tibétaine du printemps dernier. Le ministre chinois de la Défense fait partie des "mis en examen".
 
Le juge d'instruction espagnol Santiago Pedraz a annoncé, mardi 5 mai, son intention d'interroger huit hauts dirigeants chinois présumés responsables de la répression du printemps 2008 au Tibet.

Il a indiqué avoir demandé aux autorités chinois l'autorisation de se rendre en Chine et y interroger ces personnes parmi lesquelles figurent le ministre chinois de la Défense, Liang Guanglie, selon un document auquel l'AFP a eu accès.

Le juge souligne que ces responsables politiques et militaires seront interrogés en qualité de "mis en examen", c'est-à-dire de suspects, et non comme témoins. Leurs interrogatoires seront ensuite remis à l'Audience nationale, tribunal espagnol dédié aux enquêtes sur les crimes de masse commis dans le monde entier.

Répression chinoise : "un crime contre l'humanité"
 
En août 2008, la justice espagnole s'est déclarée compétente pour instruire une plainte du Comité de soutien au Tibet (CAT) déposée à Madrid contre ces dirigeants chinois. Les plaignants estiment que la répression des troubles au Tibet par les autorités chinoises au printemps 2008, est constitutive "de crimes contre l'humanité par élimination systématique et généralisée de Tibétains, de blessures graves, tortures et disparitions forcées".

Cette répression a fait, selon eux, au moins 203 morts, plus de 1.000 blessés graves et 5.972 arrestations illégales et disparitions. De son côté, Pékin a assuré qu'un seul Tibétain avait été tué par les forces de sécurité et que les émeutiers avaient tué 21 personnes lors des graves troubles de la mi-mars 2008 au Tibet et dans les régions environnantes.

Le juge Santiago Pedraz souligne que les faits dénoncés par la plainte, s'ils se confirment, "seraient constitutifs de crime contre l'humanité selon la législation pénale espagnole". La justice espagnole se reconnaît, depuis 2005, une compétence universelle pour enquêter sur les crimes contre l'humanité, génocides, et tortures de masse commis dans le monde entier, à condition que les faits dénoncés ne fassent pas ou n'aient pas fait l'objet d'une enquête dans le pays concerné.
 
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Le Dalaï Lama, "partie de la solution" pour le Tibet, selon un conseiller d'Obama 

Samedi  2 mai 2009 - A.F.P

La Chine devrait considérer le dalaï lama comme "faisant partie de la solution" tibétaine plutôt que de tenter de l'isoler, a déclaré vendredi un conseiller du président américain Barack Obama.

Jeff Bader, directeur pour l'Asie au Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, a demandé au Comité des 100, un groupe de pression d'Américains d'origine chinoise, d'user de son influence pour que Pékin adopte une position différente vis-à-vis du chef spirituel du bouddhisme tibétain, exilé en Inde depuis 1959.

"J'espère que vous allez user de (votre) crédibilité et (vos) relations pour aider à convaincre les responsables chinois que le Dalaï Lama n'est pas un problème mais fait plutôt partie d'une solution à la situation au Tibet", a déclaré M. Bader.

Début avril, en marge du sommet du G20 à Londres, M. Obama avait fait le pari de la main tendue à la Chine en annonçant un "dialogue" tous azimuts avec Pékin et a accepté une invitation à se rendre en Chine avant la fin de l'année.

Des responsables du département d'Etat américain avaient néanmoins rappelé à cette occasion qu'à la faveur du dialogue les Etats-Unis ne fermeraient pas les yeux sur les questions délicates telles que les droits de l'homme.
 
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La Chine reçoit Chirac, un "vieil ami"

Mardi 28 avril 2009 - Aujourd'hui la Chine

L'ancien président de la République française Jacques Chirac, que les autorités chinoises aiment à qualifier de "vieil ami de la Chine", a été reçu par le chef de l'Etat Hu Jintao, au début d'une brève visite à Pékin.

M. Chirac a été reçu mardi 28 avril par M. Hu à Diaoyutai, la résidence des hôtes étrangers, pour un entretien qui devait être précédé d'un dîner, a constaté l'AFP. Hu Jintao l'a remercié au début de la rencontre pour son action, alors qu'il était président, au service de l'amitié sino-française.

M. Chirac a été invité par les autorités chinoises pour cette visite de deux jours de caractère privé lors de laquelle il souhaite évoquer la crise
économique mondiale, le G20, l'Afrique, et le rôle prépondérant de la Chine sur ces dossiers, a-t-on indiqué dans son entourage.

L'ancien chef de l'Etat français devait avoir mercredi un entretien téléphonique avec l'ex-numéro un chinois Jiang Zemin, puis prononcer un discours à l'Institut des Hautes Etudes Diplomatiques de Pékin, dont il sera fait docteur honoris causa.

M. Chirac doit évoquer également à Pékin les questions que défend la Fondation Chirac qu'il a créée après avoir quitté le pouvoir en 2007 : lutte contre la déforestation, accès aux médicaments pour tous et sauvegarde des langues et cultures menacées.

Jacques Chirac est populaire en Chine où les autorités le traitent souvent de "lao pengyou", vieil ami de la Chine, un pays qu'il connaît bien.

Cette affection officielle et populaire fait ressortir par contraste la difficulté de la relation avec son successeur Nicolas Sarkozy, surtout depuis le passage chaotique de la flamme olympique au printemps 2008 à Paris et sa rencontre avec le Dalaï-lama, leader spirituel des Tibétains. Cet entretien, en décembre, avait ulcéré Pékin et provoqué une brouille diplomatique de quatre mois, jusqu'à ce que les deux pays signent le 1er avril un communiqué conjoint et tournent officiellement la page.

Depuis, le chef de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer a fait le voyage de Pékin. Un autre ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing, est également attendu, fin mai, dans la capitale chinoise.
 
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Chine : la mort après les JO
Suite aux condamnations à morts réaction du député Lionnel Luca
Président du groupe d'étude sur le Tibet à l'Assemblée Nationale

Nice 17 Avril 2009

L'agence Chine Nouvelle a révélé des condamnations à mort prononcées à l'encontre des manifestants tibétains arrêtés l'an dernier. Au mépris de tous ses engagements pour obtenir les JO, le Gouvernement chinois poursuit tranquillement sa politique de répression avec la complicité passive des démocraties qui se taisent.

En France où on aime faire du zèle, c'est le moment qu'ont choisi des responsables politiques anciens et actuels pour se rendre en Chine sûrement pour s'excuser du soutien du peuple français au peuple tibétain…

L'annonce de ces condamnations à mort politique devraient les faire renoncer à ce déplacement sauf à prendre l'engagement d'intercéder en leur faveur.

Lionnel LUCA   
Président du Groupe d'Etudes sur la question du Tibet   
Vice-Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes   
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REPUBLIQUE FRANCAISE
 
Communiqué du Sénat
 
Paris, le 9 avril 2009
Réaction du Président du groupe d’information sur le Tibet du Sénat au "communiqué de presse sino-français"
du 1er avril 2009
 
Les sénateurs membres du groupe d’information sur le Tibet du Sénat ont pris connaissance avec la plus grande attention du communiqué de presse rendu public le 1er avril 2009, après plusieurs réunions de consultations, par le ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine et le ministère des Affaires étrangères de la République française, à l’occasion de la rencontre entre le président Nicolas Sarkozy et le président Hu Jintao.
 
M. Jean-François Humbert (UMP – Doubs), président du groupe d’information sur le Tibet du Sénat, formule à propos de ce communiqué de presse sino-français les observations suivantes :
 
1. La Chine et la France sont légitimement attachées au principe de non-ingérence tel que consacré par la Charte des Nations unies. Toutefois, la question tibétaine ne saurait être considérée comme une affaire intérieure à la Chine, tant que 140 000 exilés politiques tibétains continueront de vivre en dehors des frontières du Tibet, et que le flux quotidien des réfugiés tibétains vers le Népal et l’Inde, à travers l’Himalaya, ne sera pas tari.
 
2. La question du Tibet est effectivement très importante et sensible, au premier chef pour les Tibétains eux-mêmes. Elle est aussi sensible pour les Français et pour leurs représentants élus, nationaux ou locaux, qui sont attachés au respect partout dans le monde des droits humains, et notamment des libertés politiques, d’opinion et de conscience.
 
3. le Tibet est effectivement partie intégrante du territoire chinois, depuis "l’accord en dix-sept points" signé sous la menace de la force en 1951 par les émissaires de Lhassa avec les représentants de Pékin. Même si les Tibétains ont une interprétation très différente de celle des Chinois sur les relations qui ont existé entre les deux pays dans le passé, antérieurement à la "libération pacifique" du Tibet en 1949, il est aujourd’hui inutile de contester ce fait.
 
4. Depuis 1988, la position constante et très claire du Dalaï Lama, comme du Gouvernement tibétain en exil à Dharamsala en Inde, a été de renoncer à l’indépendance pour demander une véritable autonomie. Les propositions concrètes des négociateurs tibétains pour un nouveau statut du Tibet, dans le cadre actuel de la Constitution de la République populaire de Chine, sont exposées dans le Memorandum pour une véritable autonomie du peuple tibétain présenté en novembre 2008 aux négociateurs chinois.
 
Source : Sénat, 9 avril 2009 et Rédaction Tibet Info (JMB)
 
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REPUBLIQUE FRANCAISE

Communiqué de l'Assemblée nationale
 
Paris, le 3 avril 2009
" L'ingérence dans la non-ingérence "
 
L'annonce d'un accord entre les gouvernements français et chinois pour renouer des contacts ne peut que réjouir tous ceux qui sont attachés à la défense de l'identité culturelle et religieuse du peuple tibétain.
 
Affirmer que le Tibet est partie intégrante de la Chine est également la position du Dalaï- lama ; par contre l'affichage d'une région autonome du Tibet au sein de l'Etat chinois reste purement virtuel et doit donc être vraiment réalisé en étant conforme à la constitution chinoise.
 
Cela dit, quand le Quai d'Orsay évoque le respect du principe de non-ingérence, a-t-il consulté son Ministre des Affaires Etrangères avant lui qui s'était fait le hérault de l'ingérence ?

Lionnel LUCA
Président du Groupe d'Etude sur la question du Tibet
 
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Deux émeutiers de Lhassa en 2008 condamnés à mort

Mercredi  8 avril 2009 - Les Echos.fr
 
Deux personnes qui avaient participé aux émeutes de Lhassa ont été condamnées à mort par un tribunal du Tibet pour avoir provoqué des incendies meurtriers, a rapporté mercredi l'agence Chine Nouvelle, annonçant les premières peines capitales plus d'un an après les troubles.

Deux autres accusés ont été condamnés à mort, mais avec un sursis de deux ans, une peine généralement commuée en prison à vie en Chine, a précisé l'agence officielle. Un autre s'est vu infliger la prison à vie, a ajouté Chine Nouvelle, citant un porte-parole du tribunal de Lhassa.

Les cinq accusés, sur lesquels aucun détail n'a été fourni, ont été jugés dans trois affaires séparées, pour des incendies de magasins qui ont fait sept morts à Lhassa en mars 2008.

Selon l'agence officielle, un autre dossier d'incendie, qui s'est soldé par cinq morts durant les émeutes de mars est en cours de jugement.

Contactée par l'AFP, une personne de garde au tribunal n'a pas été en mesure de confirmer les condamnations. Le gouvernement régional n'était pas joignable.

Selon les autorités chinoises, les émeutiers de Lhassa en mars 2008 ont tué 18 civils et un policier.

Une version contestée par les exilés, pour qui 203 Tibétains ont trouvé la mort à Lhassa et lors de la répression des troubles qui s'étaient propagés dans les régions à population tibétaine environnantes, dans l'ouest de la Chine.

En février, le vice-président du gouvernement régional du Tibet, Baema Cewang, avait fait état de 76 personnes condamnées après les émeutes de l'année dernière dans la capitale de la Région autonome du Tibet, sans donner de détails.

Le chiffre précédent donné par les autorités en novembre avait été de 55.

Les manifestations antichinoises avaient débuté le 10 mars à Lhassa, jour anniversaire du soulèvement contre la tutelle de Pékin de mars 1959, avant de prendre une tournure plus violente le 14 mars et de s'étendre à d'autres régions de Chine où vivent des minorités tibétaines.

Cette année, pour le 50e anniversaire de cette insurrection manquée, les autorités chinoises avaient considérablement renforcé la sécurité au Tibet et dans les zones environnantes en mars pour empêcher que des troubles ne se reproduisent.
 
Source AFP - Selon un récent rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International, l'année dernière, la Chine a exécuté 1.718 personnes, soit 72% du total mondial (2.390).
 
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Jean-Pierre Raffarin se félicite
du "compromis fertile" avec la Chine

Mercredi  8 avril 2009 - Le Monde - Bruno Philip
 
Pékin - Venu présider un colloque économique franco-chinois, l'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a estimé, lundi 6 avril, que le communiqué de réconciliation publié le 1er avril par Paris et Pékin était le fruit d'un "compromis fertile" qui permettait d'en revenir "aux fondamentaux" après des mois de bouderie chinoise. M. Raffarin a expliqué que le texte était à la fois "plus précis et plus engageant" à l'égard de Pékin.
 
"On ne parle pas seulement de (l'attachement français) à l'unité de la Chine (dans ce communiqué) : on dit que l'on est non seulement contre l'indépendance du Tibet mais aussi contre le soutien à l'indépendance.
 
Jean-Pierre Raffarin persiste et signe...
"Si Nicolas Sarkozy rencontrait de nouveau le Dalaï Lama
Pékin considérerait que c'est un soutien à l'indépendance" (*)
 
" A la question de savoir si le même texte engage le président Nicolas Sarkozy à renoncer à toute rencontre avec le Dalaï-Lama, M. Raffarin a répondu qu'"on ne peut pas faire dire au texte ce qu'il ne dit pas", ajoutant cependant que, si M. Sarkozy rencontrait de nouveau le chef spirituel tibétain en exil, "les Chinois considéreraient cela comme une forme de soutien (à l'indépendance du Tibet)".
 
La rencontre entre les deux hommes, en décembre 2008, en Pologne, avait provoqué la fureur de Pékin, qui avait annulé un sommet sino-européen.
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(*) NDLR : Rappelons, pour la vérité des faits, que le Dalaï Lama ne demande pas l'indépendance du Tibet, mais une réelle autonomie. Il n'y donc pas lieu d'évoquer un quelconque soutien à l'indépendance.
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Quelque soit leur âge "Les Tibétains votent avec leurs pieds et avec leurs vies" pour fuir le "le Paradis chinois" - @ Centre des réfugiés - Dharamsala.
 
 
EXPO A PEKIN
Un sommet dans l'art de la propagande d'Etat !

" Au Tibet, c'est le paradis ! "

Vendredi 3 avril 2009 - Le Monde - Bruno Philip (correspondant à Pékin)
 
En ce 50e anniversaire du soulèvement de Lhassa et de la fuite du Dalaï-Lama (10 et 17 mars 1959), le régime chinois a tenu à frapper les esprits. En témoigne l'organisation à Pékin d'une exposition dont l'intitulé ne laisse pas place au doute - "Cinquante ans de réforme démocratique au Tibet" - et qui, de fait, représente, dans son genre, un sommet dans l'art de la propagande d'Etat.
 
Les organisateurs ne se sont préoccupés ni d'une vision historique globale ni des subtilités anthropologiques ou culturelles pour décrire la réalité médiévale du Tibet d'avant les "réformes". Pris sous le feu d'une critique occidentale qui ne faiblit pas à propos de la "colonisation" han sur le Toit du monde ou des failles de la légitimité chinoise historique au pays des neiges, il leur fallait choisir dans les réalités de l'Histoire ce dont ils avaient besoin pour démontrer que le Tibet d'autrefois n'était qu'une terre de violence et d'injustice.
 
A l'entrée, alors qu'une longue file d'attente d'enfants des écoles et des membres des comités d'entreprise s'est formée devant le Musée des nationalités, qui héberge l'exposition, tout visiteur est soigneusement fouillé. Une inspection si minutieuse que le journaliste étranger, qui a pourtant montré sa carte de presse prouvant son accréditation officielle auprès des autorités chinoises, se fait subtiliser son carnet de notes par les gardiens. Motif : les notes déjà prises en français ressemblent à du tibétain et il est interdit d'introduire des documents dans l'exposition...
 
Celle-ci est organisée de façon chronologique. Tout commence, au temps du Tibet "féodal", une époque marquée par le servage dans lequel étaient plongés, selon les chiffres des légendes explicatives, "95 % des Tibétains". Dans le premier hall, le visiteur ne peut qu'être impressionné par les vieilles photos de certains serfs enchaînés, d'autres qui brandissent des moignons, d'autres encore qui fixent l'objectif de leurs orbites vides, signes de l'amputation et de l'énucléation rituelles punissant parfois les coupables de crimes.
 
Dans une ferme reconstituée, une paysanne ploie sous un sac tandis que son bébé en haillons gémit sur le sol en terre battue. A côté, une maison d'aristocrate respirant l'opulence illustre les contrastes du monde tibétain d'autrefois.
 
Une notice enfonce le clou : "Avant 1959, la société tibétaine était sombre et cruelle. Le peuple souffrait de l'oppression politique et spirituelle. La société était décadente et arriérée, le Tibet était plongé dans un stade prolongé de pauvreté et d'immobilisme." Selon le même texte, "les aristocrates, les officiels et les représentants du clergé qui constituaient 5 % de la population possédaient toutes les terres".
 
Certes, le Tibet d'autrefois n'était pas le pays de cocagne tel que se le représentent certains Occidentaux fantasmant sur le pays des neiges qui, selon certaines images d'Epinal, incarne une sorte de "Shangri-La" paisible et bienheureux avant l'invasion chinoise. Le Tibet était un pays médiéval et un royaume théocratique. Les réalités sociales étaient cependant plus complexes ou différentes de ce que la propagande chinoise instrumentalise aujourd'hui pour justifier sa politique dans l'ancien royaume du dalaï-lama. Ces mêmes réalités continuent de faire débat et divisent les chercheurs occidentaux : A. Tom Grunfeld, un sinologue canadien pourtant plutôt bien en cour à Pékin, publie des chiffres différents de ceux présentés à l'exposition dans son livre sur l'histoire du Tibet : "Le clergé et la noblesse formaient 20 % de la population et 60 % des Tibétains étaient des serfs." (Et pas 95 %, donc...) Le grand tibétologue américain Melvyn Goldstein confirme que le Tibet d'avant 1950 était une "théocratie féodale" dirigée par "des leaders incompétents et corrompus". Il ajoute que le servage ne signifiait pas pour autant que la société était figée et qu'il n'existait pas une certaine forme de mobilité sociale chez les serfs où se distinguaient plusieurs sous-groupes, de conditions variables.
 
En 2003, Heidi Fjeld, anthropologue norvégien, affirmait pour sa part que les termes servage et féodalisme étaient des concepts non adaptés au Tibet qui aurait, selon lui, davantage ressemblé à une "société de castes"... Le terme de serf lui-même - qui se dit miser en tibétain - est controversé dans sa traduction, certains spécialistes estimant qu'il faut y voir avant tout la notion de "sujet" lié aux seigneurs féodaux ou aux monastères, même si une partie d'entre eux étaient soumis à l'impôt ou à la corvée.
 
A ce sujet, Melvyn Goldstein devait préciser que les conditions de vie du serf tibétain ressemblaient fort à celles du serf de l'Europe médiévale, utilisant les écrits de l'historien français Marc Bloch. Selon ce dernier, la condition de servage supposait un statut héréditaire, permettait à l'individu de jouir de certains droits sans qu'il lui soit possible de posséder les moyens de production, en l'occurrence les terres.
 
En ce qui concerne les amputations et l'énucléation, si ces formes de punitions existaient bel et bien dans le Tibet médiéval, elles n'étaient pas employées de manière systématique et le treizième Dalaï-Lama les avait même fait évoluer dans les années 1930 en alternant curieusement d'une année sur l'autre châtiments corporels et peine de mort. Ce qui n'empêcha pas le gouvernement tibétain de condamner à l'énucléation, en 1934, le politicien réformateur Lungshar, accusé d'avoir fomenté un complot contre certains ministres...
 
Heureusement, tout cela est bel et bien révolu. Une autre partie de l'exposition vante les mérites de la "Libération pacifique du Tibet" (1951), celle-ci finissant par être mise en danger par les "23 000 rebelles" qui, à la fin de 1958, infestaient les campagnes tibétaines. Mais l'insurrection populaire de mars 1959 dans Lhassa fut matée, le Dalaï-Lama s'enfuit, les rebelles se rendirent et, le 28, la Chine finit par dissoudre le "gouvernement local du Tibet". Cette date, annonce fièrement l'une des affichettes de l'exposition, sanctionne désormais "le jour anniversaire de l'émancipation des serfs".
 
Dans un des halls principaux, une fresque spectaculaire annonce la couleur : des mannequins vêtus en paysans brûlent, sur un feu artificiel aux flammes mouvantes, les titres de propriété des seigneurs désormais dépossédés de leurs droits sur les serfs. Des fusils mitrailleurs et des grenades capturés sur les guérilleros sont exposés dans des vitrines, mais la violente répression de l'année 1959, les conséquences du Grand Bond en avant, durant lequel un Tibétain sur cinq serait, selon certaines sources occidentales, mort de faim au début des années 1960, les émeutes des années 1980, sont bien entendu passées sous silence.
 
La dernière partie de l'exposition est consacrée, chiffres à l'appui, à la mise en valeur de la modernisation du Tibet grâce à la République populaire de Chine. Au hasard, on apprend qu'il n'y avait encore que 0,4 télévision pour 100 habitants en "Région autonome" tibétaine en 1990 et qu'il y en a 61,8 aujourd'hui. En 1958, il y avait 62 hôpitaux, cliniques ou dispensaires au Tibet. Il y en a 1 339 désormais. Dans le Tibet féodal, 2 % des enfants étaient scolarisés ; depuis 1985, 29 500 Tibétains ont étudié dans différentes provinces chinoises.
 
Sur les livres de commentaires mis à la disposition du public, on peut lire des phrases du genre : "L'union fait la force !" "Vive la République populaire prospère !" "Vive l'Union des nationalités de Chine !" Un jeune homme de 23 ans nommé Peng Xu, stagiaire informaticien, nous glisse gentiment en sortant : "La Chine est une grande famille. Taïwan et le Tibet sont des parties inaliénables de la Chine. Personne ne pourra les séparer de la mère patrie."
 
Comme le dit l'un des slogans de l'expo : "Au Tibet, maintenant, c'est le paradis !"
 
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Tibet : pas d'accord "secret" France-Chine
pour renouer le dialogue
 
Vendredi 3 avril 2009 - AFP
 
Londres - Le président Nicolas Sarkozy a catégoriquement démenti jeudi à Londres tout "accord secret" au terme duquel il aurait renoncé à rencontrer le Dalaï Lama en échange de la reprise d'un dialogue de haut niveau avec la Chine.
 
"Il n'y a pas d'accord caché avec la Chine (...). Les Chinois sont extrêmement pragmatiques et il ne leur viendrait pas à l'idée de demander des choses qu'ils n'obtiendraient pas", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse en clôture du sommet du G20.
 
"Toute ma vie politique, j'ai considéré qu'il n'existait qu'une Chine (...) J'ai toujours considéré que le Tibet faisait partie de la Chine", a-t-il poursuivi, rappelant que le chef spirituel des bouddhistes tibétains lui-même "ne demande pas l'indépendance du Tibet".
 
"Je tiens beaucoup au partenariat stratégique avec la Chine (...) On a levé les malentendus, j'en suis extrêmement heureux", a conclu Nicolas Sarkozy.
 
Après quatre mois d'une brouille provoquée par sa rencontre en décembre en Pologne avec le Dalaï Lama, la France et la Chine ont repris leur relation à haut niveau mercredi soir, à la faveur d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le président chinois Hu Jintao en marge du G20.
 
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La France et la Chine se réconcilient
sur le dos du Tibet...
 
Jeudi 02 avril 2009 - Liberation.fr
 
La France et la Chine se sont réconciliées en catimini, à l’ombre des grandes tractations du G20. Alors qu’une rencontre avec Nicolas Sarkozy ne faisait pas partie des plans de Hu Jintao, il y a encore une semaine, c’est un petit communiqué (voir le communiqué du Ministère des Affaires étrangères, en fin d'article), glissé discrètement hier, qui a scellé la réconciliation. Ce texte a été publié conjointement par les deux pays.
 
Symbole du renouveau, les deux présidents se sont finalement entrevus hier soir. Hu Jintao s’est félicité de ce revirement: «Notre rencontre (...) marque un nouveau point de départ pour nos relations bilatérales et j’espère que les deux parties vont travailler ensemble pour lancer une nouvelle phase dans les relations sino-françaises».
 
Pour rétablir les relations, il n’a fallu qu’une petite phrase, paraphée par la France: «La France mesure pleinement l’importance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme qu’elle s’en tient à la politique d’une seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois».
 
Finies les références à une autonomie culturelle large tibétaine, au respect des droits de l’homme, la France lâche le Tibet pour courtiser Pékin.
 
Les relations sino-françaises, déjà peu chaleureuses depuis le passage chaotique de la flamme olympique à Paris l'an dernier, avait pris un sérieux coup de froid en décembre, lorsque Nicolas Sarkozy avait rencontré le Dalaï Lama à Gdansk.
 
A cette époque, Nicolas Sarkozy exprimait encore sa «préoccupation» pour le Tibet, jugeant primordiaux la reprise du dialogue entre les autorités chinoises et le dalaï lama ainsi que le respect des droits de la minorité tibétaine. Mais dans le communiqué d'hier, nulle trace de ces exigences. La realpolitik a repris le dessus.
 
Cette réconciliation furtive reste largement eclipsée par la poignée de main entre Barack Obama et Hu Jintao. Le président américain a accepté une invitation de son homologue chinois à se rendre à Pékin avant la fin de l’année. Les Etats-Unis, comme beaucoup d’autres, veulent s’engager sur la voie d'une collaboration plus étroite avec le géant chinois.
 
Communiqué du ministère des Affaires étrangères et européennes
 
Après plusieurs réunions de consultations, le ministère des Affaires étrangères et européennes de la République française et le ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine sont parvenus aux conclusions agréées suivantes.
 
Les deux parties ont réaffirmé leur attachement à l’importance primordiale de la relation franco-chinoise et leur volonté de saisir l’occasion du 45e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine pour renforcer le partenariat stratégique global, fondé sur une approche stratégique et de long terme, le respect mutuel et la prise en considération des intérêts fondamentaux des deux pays. La France et la Chine réitèrent leur attachement au principe de non-ingérence tel que consacré par la Charte des Nations unies, et conviennent de renforcer leur concertation sur les dossiers mettant en jeu les intérêts fondamentaux des deux pays dans un esprit de confiance mutuelle.
 
La France mesure pleinement l’importance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme qu’elle s’en tient à la politique d’une seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois, conformément à la décision prise par le général de Gaulle qui n’a pas changé et ne changera pas. Dans cet esprit et dans le respect du principe de non-ingérence, la France récuse tout soutien à l’indépendance du Tibet sous quelque forme que ce soit.
 
Les deux parties estiment que dans la situation politique et économique internationale actuelle marquée par de profonds changements, la France et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, assument de lourdes responsabilités dans la préservation de la paix mondiale comme dans la promotion du développement. Les deux parties ont souligné leur disposition à renforcer le dialogue et la concertation pour relever ensemble les défis planétaires tels que la crise financière internationale.
 
Dans cet esprit, les deux parties ont décidé de tenir, au moment opportun, des contacts de haut niveau ainsi que de nouvelles sessions du dialogue stratégique entre les deux pays, en vue de promouvoir la coopération bilatérale dans les différents domaines et d’assurer un développement harmonieux et stable de la relation franco-chinoise.
 
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Communiqué

La Journée chinoise de "l'émancipation des serfs" 
cache une répression au Tibet
 
La décision chinoise d'observer demain une soi-disant journée d'émancipation des serfs aggrave les problèmes au Tibet. Les Tibétains y voient une insulte et une provocation. Nous considérons cette "journée d'émancipation des serfs" le 28 mars comme une tentative de déstabilisation et de créer le chaos au Tibet, du fait de quelques individus uniquement préoccupés par leurs propres intérêts. Si les Tibétains perdent patience et descendent dans les rues pour manifester, les dirigeants chinois auront un prétexte pour exercer une répression encore plus brutale.
 
Tout le Tibet subit déjà une répression de haute sécurité et un déploiement supplémentaire de troupes. Malgré ces mesures, les Tibétains, considérant les conditions de vie au Tibet insupportables, descendent dans les rues individuellement et collectivement et distribuent des tracts appelant à la liberté, à décrocher le drapeau chinois pour hisser le drapeau tibétain.
 
Cette année, les Tibétains n'ont pas fêté le Nouvel An tibétain en signe de deuil envers les victimes de la répression de l'an dernier durant les importantes manifestations qui ont éclatées à travers tout le Tibet. Fait sans précédent dans l'histoire du Tibet, les Tibétains de Kanze, dans l'est du Tibet, ont décidé de ne pas s'occuper des champs en signe exceptionnel de désobéissance civile et de protestation contre la main de fer chinoise.
 
Un moine, Tashi Sangpo, du monastère Ragya à Golok, dans le nord-est du Tibet, a été arrêté le 10 mars 2009, pour avoir prétendument hissé le drapeau tibétain. Il a échappé à ses gardes et s'est noyé à proximité, dans le Fleuve Jaune. Ces actes et bien d'autres sont la réelle attitude tibétaine face à l' "émancipation" par la Chine.
 
Cette journée sera observée par les Tibétains à travers le monde, surtout par ceux du Tibet, comme un jour de deuil.  Figure aussi emblématique que Hu Yaobang, le secrétaire général du Parti communiste chinois, qui s'est rendu à Lhassa en 1980, s'est excusé auprès du peuple tibétain et a déclaré que les conditions au Tibet étaient pires que dans le Tibet d'avant 1959.
 
Quelques jours avant de mourir prématurément, en 1989, feu le Panchen-Lama a déclaré que la domination chinoise au Tibet avait apporté plus de souffrances que de progrès au peuple tibétain.
 
Depuis l'invasion chinoise au Tibet, en 1949-1950, plus de 1,2 million de Tibétains ont péri en conséquence directe du pouvoir chinois et plus de 6000 monastères ont été réduits en cendres. Aujourd'hui, il est difficile de rencontrer une famille tibétaine qui ne compte pas un membre ayant été emprisonné ou tué par le régime chinois. Cette journée sera considérée comme celle où les Tibétains, en tant que peuple, ont perdu tout vestige de leurs libertés fondamentales, individuelles et collectives.
 
L'une des justification de la "libération" du Tibet par la Chine est que l'ancien Tibet était féodal et répressif. Ceci est une déformation flagrante de la nature de l'ancienne société tibétaine. Au début du XXème siècle, il n'y avait pas de réel fossé entre les paysans du Tibet et ceux de la Chine. De plus, les paysans tibétains jouissaient de davantage de libertés et de meilleures conditions de vie.
 
Pour prouver que l'ancienne société tibétaine était répressive, les autorités chinoises organisent actuellement une exposition sur les prisons tibétaines et les châtiments appliqués. Cependant, la réalité est que la taille de la prison de Nangze Shar à Lhassa, abondamment citée par la propagande chinoise, ne pouvait accueillir qu'une poignée de prisonniers.
 
En fait, le nombre total de prisonniers dans tout le Tibet avant 1959 est estimé à une centaine. Après les soi-disant libération et émancipation des "serfs" tibétaines, les prisons sont apparues dans tous les coins du Tibet. Rien qu'à Lhassa, il y a désormais 5 prisons principales et la population carcérale se situe entre 3 500 et 4 000 individus.
 
Le meilleur juge de la "libération" reste le peuple tibétain. Les Tibétains votent de leurs pieds et de leurs vies en franchissant l'Himalaya, en quête de liberté et de bonheur hors de leur Tibet " libéré ". Ils sacrifient également leurs vies pour informer le monde des conditions de vie terribles au Tibet.
 
Cela a été amplement démontré l'an dernier lorsqu'une série de manifestations très suivies et généralisées a éclaté à travers tout le Tibet. Si les " serfs " étaient heureux de leur " émancipation ", pourquoi auraient-ils risqué leurs vies et se seraient-ils exposés à des coups pour protester contre le pouvoir chinois au Tibet ?

Le Kashag    
Le 27 mars 2009
    
 
Contact : Thubten Samphel
Sonam N Dagpo
Secrétaire
Département de l'Information et des Relations internationales
Administration Centrale Tibétaine
Tél. : 01892 222510 222457
 
Traduction en français effectuée par le Bureau du Tibet, Paris.
 
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La France envoie à Pékin des délégations
en vue d'une réconciliation ?
 
26 mars 2009 - AFP
 
Pékin - La France va envoyer en Chine plusieurs délégations politiques et économiques dans un effort pour remettre sur les rails les relations bilatérales perturbées depuis quatre mois par une vive controverse sur le Tibet, a annoncé jeudi un quotidien chinois.

Par ailleurs, une rencontre entre les présidents français Nicolas Sarkozy et chinois Hu Jintao en marge du G20 la semaine prochaine à Londres n'est pas totalement exclue, même si la Chine a indiqué la semaine dernière qu'un tel entretien n'avait pas été prévu, selon le China Daily.

Bernard Accoyer sera le premier président de l'Assemblée nationale française depuis 1982 à effectuer en avril une visite en Chine, a annoncé le quotidien de langue anglaise.

Il doit être précédé, début avril, par l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, à la tête d'une délégation économique comprenant les représentants de dix poids lourds des affaires pour un séminaire économique bilatéral.

Les anciens chefs de l'Etat Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing devraient aussi se succéder à Pékin en avril, selon le quotidien.

La Chine boude la France depuis une rencontre entre M. Sarkozy et le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, début décembre en Pologne. Ulcérée, elle avait annulé le sommet UE-Chine, M. Sarkozy étant également président en exercice de l'Union européenne à l'époque.

Lors de sa longue tournée en Europe en janvier, le Premier ministre Wen Jiabao avait soigneusement contourné la France, à laquelle Pékin a demandé, à moult reprises et sans effet, des "mesures concrètes" non précisées pour sortir de la crise.
Le G20 de Londres aurait pu fournir une occasion de rapprochement franco-chinois. Mais Pékin a communiqué la semaine dernière une longue liste de responsables étrangers que Hu Jintao doit rencontrer en bilatérales en marge du sommet et dans laquelle M. Sarkozy n'apparaît pas.

Toutefois le China Daily cite un universitaire, Pang Zhongying, selon lequel "il est possible qu'il y ait une espèce d'interaction entre (MM. Hu et Sarkozy) à Londres.

Le journal cite également un diplomate français expliquant que "le fait que (la rencontre) ne soit pas prévue ne signifie pas qu'ils ne vont pas se voir".
"Ce serait dommage si les deux pays ne coopéraient pas", estime M. Pang, "la Chine et la France ont des intérêts sur des questions telles la réforme du FMI et la crise financière".

La Chine est intraitable sur les rencontres du dalaï lama, qu'elle accuse de menées indépendantistes, avec des dirigeants étrangers.

L'Afrique du Sud vient de refuser, au nom de l'intérêt national, d'accorder un visa au chef spirituel tibétain qui devait prendre part vendredi à une conférence à Johannesburg.
 
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Paris honore la censure chinoise

Rue89 - Pierre Haski  et Aujourd'hui la Chine
 
C'est Aujourd'huilachine.com qui a découvert cette décoration insensée remise à Long Xinmin (à droite sur la photo), alors Directeur Général de l'Administration générale de la Presse et de la Publication.

La révélation de cette cérémonie a aussitôt provoqué la disparition des photos de la cérémonie et du discours de l'ambassadeur de France du site de la Chancellerie...
 
L'ambassadeur de France, Hervé Ladsous, avait eu quelque audace, pendant la cérémonie, en déclarant :  "une information plurielle, une information fiable, libre d'accès et libre de circuler sont autant d'objectifs pour une réelle liberté d'expression dans un Etat de droit en construction".
 
Mais cette réaffirmation des principes s'accompagnait d'un passage de pommade en règle, avec cette phrase étonnante au paragraphe suivant :  "Vous avez su concilier votre passion pour les médias avec une carrière au sein du parti". Long Xinmin est membre suppléant du Comité central du Parti Communiste Chinois.
 
Commentaire du site Aujourd'huilachine.com à propos de M. Long :  "C'est en fait lui qui a la responsabilité de la mise en place de la politique d'information voulue par les autorités. Il n'est certes à ce poste que depuis la fin 2005, mais c'est en droit à lui que les journalistes emprisonnés en Chine, ou que les internautes en délicatesse avec la sécurité d'Etat pourraient s'adresser. Il a fait interdire plusieurs publications, dont le populaire supplément du China Youth Daily". C'est ce qui s'appelle concilier une passion pour les médias avec une carrière au PCC...
 
 
Remerciements pour l'autorisation de lancement du magazine
"Chine Plus" du groupe Hachette ?
 
Une clé de cette décoration est peut-être contenue dans les remerciements qui lui sont adressés pour avoir permis le lancement du magazine Chine Plus. Chine Plus, c'est le dernier né du groupe Hachette, qui a besoin d'avoir beaucoup de guangxi, de relations au sein des autorités, pour sortir ses nombreuses publications.
 
Quelle qu'ait été l'arrière-pensée de cette cérémonie, elle aura tourné court :  Long Xinmin a en effet perdu son poste, soupçonné, selon la presse de Hongkong, d'être impliqué dans un "énorme scandale immobilier à Pékin". D'autres sources hongkongaises attribuent son limogeage à son conservatisme excessif... De quoi donner un petit goût encore plus détestable à cette décoration de la honte.

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Militaires chinois frappant des Tibétains menottés au sol (mars 2008)
 
Les premières images
de la répression chinoise au Tibet
 
Vendredi 20 mars 2009 - NOUVELOBS.COM
 
Le gouvernement tibétain en exil a diffusé les premières images – extrêmement choquantes –
des violences exercées par le régime chinois lors de la répression des manifestations à Lhassa en mars 2008
 
POUR VOIR LA VIDEO, CLIQUEZ SUR LE LIEN SUIVANT : http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafJ_qE.html
ATTENTION CERTAINES IMAGES PEUVENT CHOQUER !
 
Diffusée vendredi 20 mars par le gouvernement tibétain en exil, la vidéo provient apparemment de trois sources différentes. On peut y voir des images qui ont de toute évidence été prises par des cameramen de l'armée chinoise. Des manifestants affrontant les forces de l'ordre sont ensuite roués de coups et menottés à terre. Certains semblent s'être évanouis.

Les images qui suivent proviennent probablement de la famille d'un jeune Tibétain. Il a été torturé, et apparemment relâché sans avoir été soigné. A l'Hôpital de la Région autonome du Tibet (TAR), des médecins – payés par sa famille, précise la voix off – essayent de le soigner, sans parvenir à le sauver. La vue de ses plaies infectées est insoutenable. L'équipe médicale a été amenée à extraire 2,5 kg de chair pour parvenir à les nettoyer, est-il précisé. Le jeune homme serait mort le 19 juin 2008. La vidéo montre ensuite ses "funérailles célestes" célébrées selon la tradition, avec les vautours qui dévorent rituellement le cadavre. Dans les restes d'ossements, indique la voix off, un clou fiché dans son pied est découvert. Selon les indications de la vidéo, il aurait notamment été brûlé, battu avec bâton électrique et son talon droit aurait été percé avec un clou, avant d'être relâché.

Enfin, une troisième source a fourni des images volées des troupes chinoises qui quadrillent Lhassa aujourd'hui.

En mars 2008, des manifestations pacifiques de moines avaient démarré à Lhassa et rapidement débordé du Tibet. Elles s'étaient soldées par de nombreuses arrestations et par la mort de 21 personnes selon Pékin, d'au moins 203 Tibétains selon le gouvernement tibétain en exil.
 
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Texte de la "Résolution du Parlement européen"
du 12 mars 2009

Le Parlement européen,

-  vu ses précédentes résolutions sur la Chine et le Tibet, et en particulier celles du 10 avril 2008 sur le Tibet[1] et du 10 juillet 2008 sur la situation en Chine après le tremblement de terre et avant les jeux olympiques,

- vu l'allocution prononcée par Sa Sainteté le Dalaï-Lama devant le Parlement européen le 4 décembre 2008,

- vu la déclaration sur le Tibet faite par le gouvernement des États-Unis et l'Union européenne lors du sommet UE-États-Unis du 10 juin 2008,

- vu l'article 108, paragraphe 5, de son règlement,

A. considérant que le mois de mars 2009 marque le cinquantième anniversaire de la fuite du Tibet et du début de l'exil en Inde de Sa Sainteté le Dalaï-Lama,

B. considérant que les huit sessions du dialogue entre les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et les représentants du gouvernement chinois se sont soldées par un échec et qu'aucune nouvelle négociation n'est prévue,
 
C. considérant que le mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain, élaboré à la demande du gouvernement chinois et présenté en novembre 2008 à Pékin par les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, lors de la huitième session de négociations, respecte les principes de la constitution chinoise et de l'intégrité territoriale de la République populaire de Chine, mais qu'il a été rejeté par le gouvernement chinois, qui y voit une tentative de "semi indépendance" et d'"indépendance déguisée",

D. considérant que Sa Sainteté le Dalaï-Lama fait appel à la non-violence, que cette démarche lui a valu d'être couronné par le prix Nobel de la Paix en 1989 et qu'il ne demande pas l'indépendance du Tibet mais la reprise des négociations avec les autorités chinoises, afin de parvenir à un accord politique global d'autonomie réelle, dans le cadre de la République populaire de Chine,

E. considérant que, au cours des derniers jours, les autorités chinoises ont renforcé les mesures de sécurité au Tibet, en interdisant aux journalistes et aux étrangers de se rendre dans la région et en annulant les autorisations qui avaient été accordées aux étrangers, menant une campagne de représailles violentes à l'encontre du peuple tibétain,

F. considérant qu'un grand nombre de moines du monastère de An Tuo, dans la province chinoise de Qinghai, ont été arrêtés le 25 février 2009 au cours d'une marche pacifique à l'occasion du nouvel an tibétain,

1. prie instamment le gouvernement chinois de considérer le mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain, présenté en novembre 2008, comme une base de discussion sur le fond, dans la perspective d'un changement positif et notable au Tibet, dans le respect des principes énoncés dans la constitution et la législation de la République populaire de Chine;

2. invite le Conseil à établir avec précision ce qui s'est passé lors des négociations entre la République populaire de Chine et les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama;

3. demande à la présidence du Conseil, à l'occasion du cinquantième anniversaire du départ en exil vers l'Inde de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, d'adopter une déclaration demandant au gouvernement chinois l'ouverture d'un dialogue constructif en vue de parvenir à un accord politique global et d'y introduire une référence au mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain;

4. condamne tous les actes de violence, qu'ils soient le fait de manifestants ou d'une répression disproportionnée de la part des forces de l'ordre;

5. demande au gouvernement chinois de libérer sans délai et sans conditions toutes les personnes détenues au seul motif de leur engagement dans un mouvement de protestation pacifique et de fournir des informations sur toutes les personnes qui ont été tuées, qui sont portées disparues ou maintenues en détention, y compris sur les charges retenues contre elles;

6. demande aux autorités chinoises de permettre aux médias étrangers d'entrer librement au Tibet, y compris dans les territoires tibétains situés hors de la région autonome du Tibet, et de supprimer le système d'autorisations spéciales nécessaires pour pouvoir se rendre dans ladite région autonome;

7. invite instamment les autorités chinoises à permettre aux experts des droits de l'homme des Nations unies et aux organisations non gouvernementales internationales et reconnues d'accéder librement au Tibet afin qu'ils puissent enquêter sur la situation sur place;

8. prie instamment la présidence du Conseil de prendre l'initiative d'inscrire la question tibétaine à l'ordre du jour d'une session du Conseil "Affaires générales" afin d'aborder la manière dont l'Union pourrait faciliter l'accomplissement de progrès en vue d'une solution pour le Tibet;

9. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, ainsi qu'aux gouvernements et aux parlements des États membres, au président, au gouvernement et au parlement de la République populaire de Chine et à Sa Sainteté le Dalaï-Lama.
 
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Rama Yade estime que le Dalaï-Lama
est un "homme de paix" et non un "homme dangereux"

Mercredi 11 mars 2009 - NOUVELOBS.COM - AP

Réagissant aux commentaires du gouvernement chinois accusant le Dalaï -lama de colporter des "mensonges", Rama Yade souligne que le chef spirituel des Tibétains est "un homme de paix".
 
La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade a estimé mardi 10 mars que le Dalaï-Lama n'est "pas un homme dangereux", mais "un homme de paix". Réagissant aux déclarations du gouvernement chinois accusant le chef spirituel tibétain de colporter des "mensonges", à l'occasion du 50e anniversaire du soulèvement manqué de mars 1959 contre l'occupation chinoise, Rama Yade a souligné sur France-2 que "ce n'est pas un homme dangereux, c'est un homme de paix, un homme de dialogue, (...) de sagesse, un apôtre de la non violence. C'est pour cela qu'on lui doit respect et égard".

Pas d'indépendance
 
"Ce que nous souhaitons c'est que l'identité spirituelle et religieuse du Tibet soit pleinement respectée", a rappelé la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme. "Nous ne demandons pas l'indépendance du Tibet (qui) fait partie intégrante de la Chine. C'est une donnée de la politique étrangère française depuis le général de Gaulle".

"Partenariat stratégique" avec la Chine
 
Sur le plan économique, Mme Yade a déclaré qu'un "partenariat stratégique" entre la France et la Chine "existe déjà depuis plusieurs années, et nous y tenons". En ce qui concerne le Tibet, "il n'y a nulle ingérence, il y a eu juste, rencontre entre le chef de l'Etat français et un homme de paix", a-t-elle insisté, faisant référence à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï-Lama en décembre en Pologne.

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Les eurodéputés appellent à une autonomie réelle du Tibet
 
Jeudi 12 mars 2009 - NOUVELOBS.COM
  
Les députés européens ont demandé, jeudi 12 mars, à Pékin de renouer le dialogue sur une "autonomie réelle" du Tibet. Ils se sont à leur tour penchés sur la question tibétaine, deux jours après le 50e anniversaire du départ en exil en Inde du dalaï lama, et au lendemain de l'adoption d'un texte similaire par la Chambre des représentants américaine.

Le texte des eurodéputés a été adopté par 338 voix contre 131 et 14 abstentions. Ce document "prie instamment le gouvernement chinois de considérer le mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain, présenté en novembre 2008, comme une base de discussion sur le fond".

Un memorandum rejeté par Pékin
 
Les eurodéputés, qui ont pour nombre d'entre eux arboré un drapeau tibétain dans l'hémicycle ces derniers jours, demandent aussi aux 27 Etats membres de l'Union européenne de faire une déclaration demandant à Pékin "l'ouverture d'un dialogue constructif" et mentionnant explicitement ce mémorandum.

Présenté en novembre 2008 aux autorités chinoises par les émissaires du Dalaï-Lama, ce mémorandum a été rejeté par Pékin. Car la Chine le considère comme une remise en question de l'intégrité territoriale chinoise.

Lors d'un débat, la commissaire européenne aux Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner, a regretté le fait que les discussions en 2008 entre Pékin et les émissaires du Dalaï-Lama n'aient "pas apporté de résultats substantiels".

Elle a rappelé elle aussi "la nécessité pour les deux parties de reprendre rapidement le dialogue", soulignant qu'il s'agissait du "meilleur moyen d'éviter la frustration et la violence chez les jeunes Tibétains".

Le vote du Parlement européen intervient peu après des protestations de Pékin contre l'adoption par la Chambre des représentants américaine d'une autre résolution de soutien au Tibet.

Pour un libre accès au Tibet
 
Invité en marge de la session du Parlement à Strasbourg, le représentant à Bruxelles du Dalaï-Lama, Tashi Wangdi, avait appelé mardi les journalistes à faire pression sur Pékin pour obtenir le droit d'aller librement au Tibet.

Un appel relayé par les eurodéputés qui demandent le libre accès au Tibet aux médias étrangers et aux observateurs indépendants.

Les journalistes étrangers ne peuvent pas se rendre librement dans la région autonome du Tibet. Cependant, selon les règles en vigueur depuis deux ans, ils sont autorisés à circuler normalement dans les régions tibétaines proches.

Mais, ces derniers jours, de nombreux journalistes étrangers ont rencontré les mêmes difficultés dans ces zones, ce qui a suscité des protestations du Club des correspondants étrangers de Chine et de groupes de défense des droits de l'Homme.

Paris dans le collimateur de Pékin
 
Les relations entre l'UE et la Chine avaient été mises à mal en décembre par la rencontre entre le chef spirituel des bouddhistes tibétains et le président français Nicolas Sarkozy, qui assumait alors la présidence tournante de l'UE. Pékin avait alors annulé le sommet UE-Chine prévu à Lyon.

En janvier, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a effectué une tournée d'apaisement en Europe, en évitant soigneusement de faire escale à Paris.
 
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Le Congrès américain vote une résolution de soutien au Tibet par 422 voix contre 1

Mercredi 11 mars 2009 - Romandie News

WASHINGTON - La Chambre des représentants américaine a adopté mercredi une résolution de soutien au Tibet à l'occasion du 50e anniversaire du soulèvement de Lhassa contre la présence chinoise dans la région himalayenne qui a provoqué le départ en exil du dalaï lama.
 
La résolution a été adoptée par 422 voix contre 1.
 
Le texte introduit à la chambre basse par le représentant Rush Holt appelle à "reconnaître la détresse du peuple tibétain à l'occasion du 50e anniversaire de la fuite du dalaï lama et appelle à un effort multilatéral soutenu pour apporter une solution durable et pacifique au problème du Tibet".
 
Aucun texte similaire n'était en projet au Sénat mercredi.
 
La Chine estime que cette résolution représente l'expression de quelques anti-Chinois... 422 représentants !!!
 
De son côté, Pékin avait appelé mardi le Congrès américain à retirer son projet de résolution. "Nous faisons part de notre profonde inquiétude à ce sujet, la résolution au Congrès américain proposée par quelques représentants anti-chinois va à l'encontre de l'histoire et de la réalité du Tibet", avait déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ma Zhaoxu.
 
Le texte "reconnaît le peuple tibétain pour sa persévérance face aux épreuves et à l'adversité". Il appelle "le gouvernement de la République populaire de Chine à répondre aux initiatives du dalaï lama pour trouver une solution durable à la question tibétaine".
 
"Cette résolution appelle à une cessation immédiate de la répression et des violences à l'encontre du peuple tibétain", a déclaré M. Holt mercredi devant ses collègues de la Chambre des représentants.
 
La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a ensuite pris la parole affirmant, en reprenant les mots du dalaï lama, que "la vie pour les Tibétains sous la répression du régime chinois est l'enfer sur terre".
 
Le chef spirituel des Tibétains, âgé de 73 ans, vit en exil en Inde depuis l'écrasement en 1959 d'un soulèvement contre la domination chinoise du Tibet, occupé neuf ans plus tôt par Pékin.
 
Pékin accuse le dalaï lama de séparatisme, ce que ce dernier rejette en se prononçant seulement pour le respect de l'identité culturelle du Tibet et des droits de l'homme dans cette région himalayenne au sein de la Chine.
 
En octobre 2007, malgré la colère de la Chine, le président américain George W. Bush avait remis au dalaï lama, la plus haute distinction civile du Congrès, au cours d'une cérémonie sous la coupole du Capitole.
 
Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a rencontré mercredi son homologue américaine Hillary Clinton. Il devrait être reçu jeudi par le président Barack Obama.
 
Mardi, le département d'Etat américain a exprimé sa "profonde préoccupation" concernant les droits de l'homme au Tibet et pressé la Chine de "revoir" une politique "qui a créé des tensions à cause de son impact négatif sur la religion, la culture et le mode de vie tibétains".

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Cinquante ans après la fuite du Dalaï-lama,
le Tibet sous tension
 
Lundi 9 mars 2009 - Pierre Haski  (Rue 89)
 
Extraits   -   C'était il y a cinquante ans. Mais la page d'histoire n'a jamais été tournée, et continue de peser sur l'un des points de crise de la planète: le Tibet. Un demi-siècle après la fuite de Lhassa du Dalaï-lama, le "toit du monde" sous contrôle chinois reste sous haute tension, comme en témoigne la forte mobilisation sécuritaire à l'approche de cet anniversire à haut risque. 
 
L'approche de l'anniversaire du 10 mars 1959 est chaque année un moment difficile pour les autorités chinoises. L'an dernier, on se souvient que la répression des premières manifestations de moines avait dégénéré en émeutes antichinoises dans les rues de la capitale tibétaine, Lhassa, le 14 mars, faisant une vingtaine de morts et d'importants dégats matériels, et replaçant la question tibétaine au coeur de l'agenda mondial.
 
Les autorités chinoises redoutent ce désormais double anniversaire, celui du soulèvement de 1959 et celui des émeutes du 14 mars 2008 et de la répression qui s'ensuivit. Ces derniers jours, un début d'agitation a été signalé parmi les moines des zones tibétaines du Sichuan, où un moine nommé Tabe s'est immolé par le feu vendredi 27 février devant le monastère de Kirti, dans la ville d'Aba. Le moine serait sorti de son monastère avec un drapeau tibétain à l'effigie du dalaï lama dessiné à la main, puis se serait aspergé d'essence avant d'allumer le feu.
 
Le poids de l'histoire
 
Il y a un demi-siècle, l'histoire a basculé dans cette partie du monde. Les troupes chinoises avaient pris le contrôle du Tibet peu après la victoire des troupes communistes de Mao Zedong à Pékin en 1949, mais avaient respecté jusque-là une autonomie relative à cette région placée sous l'autorité d'un chef religieux, le dalaï lama, quatorzième "réincarnation" du Bouddha de la Compassion. De vieilles photos montrent même le jeune dalaï lama, Tenzin Gyatso, qui n'a alors que 16 ans, en compagnie du chef de la révolution chinoise, un choc culturel profond.
 
Mao extorque au leader tibétain un "Accord en dix-sept points" signé le 23 mars 1951, qui intègre le Tibet dans la toute jeune République populaire de Chine, tout en lui garantissant la liberté religieuse et une relative autonomie.
 
Mais cette autonomie se révèle de plus en plus factice, et le parti communiste chinois (PCC) veut imposer aux Tibétains le système qu'il met en oeuvre dans le reste du pays : une modernisation à marche forcée doublée d'un égalitarisme absolu, et un abandon des "superstitions" religieuses. Le contexte de la guerre froide naissante accentue le climat de crise, d'autant que deux frères du dalaï lama critiquant sa soumission à la volonté de Pékin s'enfuient aux Etats-Unis où ils sont enrôlés dans un programme de destabilisation de la CIA...
 
La crise arrive à son paroxysme en mars 1959. Les Tibétains sont convaincus que les Chinois, qui ont amassé des troupes, veulent tuer le dalaï lama. Le 10 mars, la foule assiège la résidence de son chef spirituel pour l'empêcher de se rendre à ce qui ressemble comme un traquenard chinois. La tension monte, et l'armée chinoise tire même quelques obus près de la maison.
 
Le 16 mars, finalement, conseillé par son "oracle", le dalaï lama s'enfuit en pleine nuit de Lhassa avec quelques fidèles, et gagne à travers les sommets enneigés l'Inde voisine, où Nehru l'accueille et lui accorde l'asile. En apprenant la fuite du chef spirituel des Tibétains, Mao aurait déclaré : "Dans ce cas, nous avons perdu la bataille"...
 
Le dalaï lama vit depuis un demi siècle à Dharamsala, en Inde, où il a été rejoint par quelque 250 000 réfugiés formant une véritable nation tibétaine en exil, avec son gouvernement, son parlement, ses rituels...
 
A Lhassa, la fuite du dalaï lama provoque une répression sanglante de ce soulèvement populaire, faisant des milliers de victimes - jusqu'à 80 000 selon les exilés, chiffre invérifiable - et plongeant le Tibet dans une situation de soumission totale à l'autorité chinoise. Le Tibet subira, comme le reste de la Chine, les outrances du maoïsme, à commencer par la Révolution culturelle dont un des aspects a porté sur la tentative d'éradication de la religion.
 
Le 10 mars 1959 marque la dernière tentative des Tibétains de résister massivement à la mainmise chinoise; c'est aussi le début d'un exil sans fin pour celui qui incarne historiquement ce peuple des montagnes, fort d'à peine quelques millions d'âmes et qui tente de maintenir sa culture et son identité dans un pays d'1,3 milliard d'habitants.
 
Cinquante ans après, le problème tibétain est entier
 
Les événements de l'an dernier ont montré que cinquante ans de pouvoir chinois absolu sur la "Région autonome tibétaine" n'ont rien changé au problème: les Tibétains vivent leur situation comme coloniale, un mot qui agace les Chinois qui, documents historiques à l'appui, disent que le Tibet est chinois.
 
Mais le problème est moins l'appartenance du Tibet à la Chine - même le dalaï lama affirme qu'il ne veut pas l'en détacher - que ce qui s'y passe. Une fois passées les outrances de la Révolution culturelle, le pouvoir chinois a changé de stratégie au Tibet et a joué la carte du développement économique et de l'intégration de plus en plus forte du Tibet dans l'ensemble chinois.
 
L'identité tibétaine est-elle soluble dans le matérialisme? C'est finalement sur cette queston que repose le pari chinois, qui semble d'ores et déjà perdu. En déversant des milliards dans une des zones les plus pauvres de l'ensemble chinois, le gouvernement pensait calmer les critiques tibétaines contre l'afflux de Chinois Han dans la zone autonome, et affaiblir le poids de l'influence du dalaï lama et des moines.
 
Si les Chinois s'étaient contentés de casser la vieille société féodale et d'apporter au Tibet la "modernité", ils seraient sans doute moins critiqués aujourd'hui. Mais l'autonomie du Tibet a été réduite à une dimension purement symbolique, et le très athée parti communiste chinois se mêle même de décider qui est la bonne réincarnation des dignitaires bouddhistes.
 
Un an après, le rendez-vous de mars est donc revenu hanter les dirigeants chinois, confrontés à une équation sans autre solution, pour le moment, que celle de la force et de la patience : attendre la mort du dalaï lama en espérant profiter de la confusion qui en découlera pour asseoir définitivement le pouvoir chinois.
 
Le temps presse pour le dalaï lama
 
Le dalaï lama, pour sa part, sait que le temps presse. A 73 ans, il sait que les autorités chinoises jouent la montre en attendant sa disparition. Lorsque le successeur du panchen lama, le deuxième personnage du clergé bouddhiste tibétain, a été sélectionné selon les rituels de la "réincarnation", Pékin a littéralement kidnappé le choix du dalaï lama et lui a imposé son propre choix. On n'a plus jamais revu l'enfant qui avait été initialement choisi, et c'est le "panchen lama de Pékin" qui parade aujourd'hui dans les cérémonies officielles.
 
La même chose risque de se reproduire pour le choix du 15e dalaï lama, et le risque est d'en avoir deux, l'un choisi en exil, l'autre par Pékin, avec les dangers de la confusion. Le parti communiste a même émis un décret interdisant les réincarnations sans l'accord du PCC, un comble pour un parti théoriquement marxiste !
 
En attendant, Pékin amuse la galerie avec un dialogue largement destiné à montrer sa bonne foi au reste du monde qui se mobilise à intervalles réguliers autour de la question tibétaine, pour mieux l'oublier dès que les opinions publiques sont apaisées... Ainsi, pour sauver ses Jeux olympiques, le gouvernement chinois a accepté de tenir plusieus réunions l'an dernier, avec les émissaires du dalaï lama, sans résultat et sans lendemain.
 
Le calcul chinois pourrait être à courte vue, car le dalaï lama est aujourd'hui en mesure de contrôler les éléments les plus radicaux de la jeunesse tibétaine, en empêchant le recours à la violence, même si Pékin l'accuse sans preuve d'avoir été l'instigateur des émeutes de mars 2008.
 
On sait que la Ligue de la jeunesse tibétaine en exil rue dans les brancards, et n'accepte que par fidélité de soutenir la "voie moyenne" du dalaï lama, c'est-à-dire la négociation d'une véritable autonomie pour le Tibet au sein de la RPC.
 
Pour l'heure, la bataille de propagande fait rage. Pékin vient ainsi de publier un "livre blanc", à la veille de cette période anniversaire, pour accuser les Occidentaux d'entretenir les troubles et de freiner le développement économique de la région tibétaine. Ce texte, rédigé par le Bureau de l'Information du Conseil d'Etat et publié par l'agence de presse officielle Xinhua, souligne notamment : " Il est clair que la soi-disante question tibétaine n'est en aucune façon un problème ethnique, religieux ou social. Il s'agit plutôt d'une manoeuvre des forces occidentales anti-chinoises pour affaiblir, diviser et diaboliser la Chine. "
 
Pas vraiment la main tendue aux Tibétains, mais plutôt le signe d'une nervosité du pouvoir chinois actuel, confronté à une grogne sociale de plus en plus forte, pris au dépourvu par l'impact colossal de la crise économique mondiale sur une Chine qui se croyait au-dessus de ça, et même au réveil d'une dissidence qu'il croyait matée, comme le montre la publication de la Charte 08 en décembre dernier.
 
Au moment où s'engage un rapprochement à pas comptés avec Taiwan, Pékin ne veut pas donner le moindre signe de faiblesse sur la question de l'"unité nationale". Ce sont les Tibétains qui en font les frais, mais qui pourraient bien ne pas l'accepter sans se faire entendre.

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COMMUNIQUE DU BUREAU DU TIBET
ET DE LA COMMUNAUTE TIBETAINE EN FRANCE

C'est au cours des années 1949/50 que les troupes chinoises envahirent le territoire tibétain. Le Tibet lança un appel à la communauté internationale qui resta sans réponse. Seule face à la Chine, la délégation tibétaine fut contrainte de signer, en 1951, à Pékin, l'infâme " Accord en 17 Points " dans lequel le Tibet fut forcé d'abandonner sa souveraineté. Il s'ensuivit, pour le Tibet bouddhiste et la Chine communiste, une période de neuf années de coexistence difficile.
 
Les Tibétains du Nord-Est et de l'Est du Tibet, qui assistèrent les premiers à l'intrusion de l'Armée populaire de " libération ", fuirent devant la répression chinoise croissante et durent gagner les zones rurales. C'est là qu'une résistance armée s'organisa, laquelle se propagea bientôt dans tout le Tibet. Tristement célèbres dans la mémoire des Tibétains, les provinces de l'Amdo et du Kham furent la scène d'un cycle résistance-répression qui contraignit des milliers de Tibétains à fuir vers le Tibet central et vers Lhassa, relativement plus sûrs. Mais le ressentiment de ces populations, engendré par l'arrogance et la violence avec lesquelles la Chine traitait le gouvernement tibétain, s'abreuva encore des récits de destructions des monastères et de massacres de lamas et de moines que rapportaient les réfugiés venus du Tibet oriental.  Bientôt, le mécontentement qui couvait se traduisit par une défiance ouverte à l'égard de la Chine et le rejet de son pouvoir colonialiste.
 
Le 10 mars 1959, ce sont des dizaines de milliers d'hommes et de femmes qui descendent dans les rues de Lhassa pour réclamer l'indépendance du Tibet. Ce mouvement de protestation, porté par une population déjà exaspérée, fut réprimé dans un bain de sang.  Selon une estimation chinoise, près de 87 000 Tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central. Il fallut un peu plus de trois jours à l'Armée Populaire de Libération pour venir à bout du soulèvement, mais elle ne réussit pas à étouffer le mouvement de la résistance qui se répandait dans tout le Tibet. Le soulèvement du 10 mars et sa répression inconditionnelle eurent pour conséquence la fuite vers l'Inde du Dalaï-Lama, des membres de son gouvernement et d'environ 80 000 Tibétains.
 
Le gouvernement tibétain en exil, depuis son siège de Dharamsala en Inde, a développé, sous la conduite du Dalaï-Lama, une résistance non-violente contre l'occupation chinoise, résistance qui a donné naissance à un Mouvement pour la liberté du peuple tibétain étendu aujourd'hui à l'échelle mondiale.
 
Aussi chaque année, où qu'ils soient, les Tibétains commémorent le 10 mars, pour qu'eux-mêmes se souviennent et pour rappeler au monde que les Tibétains qui sont morts pour la cause de la liberté ne sont pas morts en vain, que leur mort est un sacrifice juste et noble, consenti pour que puisse renaître un Tibet libre.
 
Depuis 1996, plusieurs communes en France et en Europe, ont décidé de hisser le drapeau du Tibet autour du 10 mars pour manifester leur solidarité envers le peuple tibétain et ainsi soutenir sa lutte non-violente pour trouver une solution négociée avec la Chine afin de résoudre durablement le problème du Tibet.  
 
C'est ainsi qu'en France, près de 500 communes arborent une fois par an le drapeau du Tibet et plus de 300 communes ont décidé de le hisser de façon permanente. Ces actions ont pris de l'ampleur et depuis, sont suivies dans de nombreux pays européens. 
 
Pour la première fois, le 10 mars 2006, la Ville de Paris et le Conseil régional d'Ile-de-France, ont décidé de hisser le drapeau du Tibet dans le cadre d'une cérémonie officielle afin de montrer leur solidarité au peuple tibétain.
 
AUJOURD'HUI LA REPRESSION CONTINUE AU TIBET : plus de 6000 Tibétains sont détenus pour leur participation dans les manifestations de mars-avril 2008, plusieurs Tibétains ont été condamnées sans aucun recours ou avec le simulacre de justice, les surveillances sont renforcées autour de tous les monastères et lieux du culte au Tibet, les autorités ont annoncé le renforcement de campagne " Frapper fort " au Tibet, toute manifestation est interdite, postes de contrôles de l'armée et de la police ont été multiplié de façon significative, voyageurs étrangers sont autorisés avec des restrictions extrêmes, aucun journaliste n'est autorisé de travailler sur place, et récemment, des nouvelles arrestations ont eu lieu,…et pour provoquer les Tibétains, les autorités chinoises ont récemment fait annoncer au gouvernement de la soi-disant " Région autonome du Tibet " de décréter le 28 mars comme la journée de fin de servage au Tibet !!
 
Manifestation de commémoration organisée conjointement par la Communauté tibétaine en France et le Bureau du Tibet.
  
CONTACTS PRESSE :
 
M. Thupten Gyatso        Mobile : 0680729054 ou  0145673837
M. Wangpo Bashi           Mobile : 0633346087 au Bureau : 0146565453
M. Alain Vercamer          Mobile : 0616572592 ou 0144520969                              
E mail :
10mars2009@gmail.com  ou  tibetparis@aol.com
Sites :  www.tibet-info.net  ou www.tibetan.fr
 
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Au Tibet... vive inquiétude à l'approche du 10 mars
 
La presse chinoise se déchaîne !

Samedi 21/02/2009 - Le Monde - Bruno Philip 

Ecraser la clique du Dalaï-Lama !" Trois semaines avant le 50e anniversaire du soulèvement de Lhassa, le 10 mars 1959, la presse officielle se déchaîne contre le chef de l'Eglise tibétaine, et prévient que le pouvoir ne tolérera pas une répétition des émeutes antichinoises du printemps 2008.
 
Selon le journal Xi Zang Ribao ("Le Quotidien du Tibet"), des responsables de la "Région autonome" tibétaine ont appelé "le Parti communiste, le gouvernement, l'armée et le public à se mobiliser", afin "d'écraser fermement la sauvage agression de la clique du Dalaï-Lama". "Il faut, conclut l'article, vaincre le séparatisme et maintenir la stabilité."

Dans les zones tibétaines, le niveau de contrôle exercé par la police et les forces paramilitaires de la Police armée populaire (PAP) a été renforcé. Les forces de l'ordre ont été déployées principalement à Lhassa, à Xiahe (Gansu) - où se situe le grand monastère de Labrang, qui avait été le théâtre de manifestations en mars 2008 -, à Tongren, dans la province du Qinghai, et enfin à Litang, au Sichuan.

C'est dans cette dernière ville que vient d'avoir lieu la manifestation la plus significative depuis les troubles du printemps 2008 : dimanche 15 février, un moine du nom de Lobsang Lhundup, 37 ans, a été arrêté après avoir crié des slogans en faveur du Dalaï-Lama.

Selon l'organisation Free Tibet et le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), basé à Dharamsala, en Inde, 300 personnes se sont rassemblées le lendemain dans le centre de Litang pour exiger la libération du moine. Des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre, qui ont dispersé la manifestation à coups de bâton et de crosse de fusil. Selon ces mêmes sources, une vingtaine de manifestants ont été arrêtés.

"Le doigt sur la détente"

Que ce soit au Tibet ou dans les districts et "préfectures autonomes" tibétaines des provinces avoisinantes, l'ambiance est morose, rapportent des voyageurs ou des habitants. La population semble bien décidée à boycotter les festivités du nouvel an tibétain (Losar), qui ont débuté mercredi 18 février. Les Tibétains veulent faire de ce boycottage un exemple, afin de marquer leur hostilité au pouvoir et de protester contre la répression qui s'est abattue sur ces régions depuis les événements de 2008.

Les mesures prises à l'approche de l'anniversaire qui marque la fuite en exil du Dalaï-Lama trahissent la préoccupation des autorités. De passage en Allemagne, le chef de l'Eglise tibétaine avait déclaré : "La situation est si tendue que les militaires chinois ont le doigt sur la détente quand ils portent leurs armes. Aussi longtemps qu'il y aura présence militaire chinoise, il y a aura tension."
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Le Dalaï-Lama contre le Karma noir

19 Février 2009 - L'Express - François Gautier à Auroville (Inde)  

Le 14e Dalaï-Lama est en visite à Auroville, la cité internationale près de Pondichéry, où 2000 personnes venant de 44 pays s'essaient à l'unité humaine. " Le monde a besoin de tentatives comme celle d'Auroville ", sourit le Dalaï-Lama, alors qu'il sort du Matrimandir, une boule d'or futuriste qui est le centre spirituel d'Auroville. Un peu plus tard, après avoir inauguré le pavillon tibétain, le premier centre culturel tibétain au monde, le Dalaï-Lama accorde une interview exclusive au Point. Cette interview -immédiatement après le conclave de Dharamsala, où de nouvelles stratégies pour la libération du Tibet ont été discutées - est une première.
 
INTERVIEW

Le Point : Qu'avez-vous pensé des attentats de Bombay du 26 novembre ?

Le Dalaï-Lama : Quelle horreur ! Le terrorisme frappe de plus en plus l'Inde et ces gens-là ont réussi à prendre Bombay en otage pendant trois jours. Du point de vue tibétain, le terrorisme est un péché, non seulement contre ceux que l'on assassine, mais contre soi-même, lorsqu'il s'agit de terrorisme suicide, comme cela a été le cas à Bombay...

Le Point : Justement, sous l'angle bouddhique, quel karma se créent ces terroristes ?

Le Dalaï-Lama : Nous, les Tibétains, croyons en un karma noir que des individus ou des peuples se créent à eux-mêmes, et qui leur revient un peu plus tard, ou au cours d'autres vies [il marque un silence]... mais, pour ces terroristes, je ne veux pas [il insiste sur " veux pas "] répondre à cette question [autre silence]... La violence engendre la violence... Mais tous mes amis musulmans me disent que le vrai djihad, c'est contre soi-même, que le Coran ne prêche pas la violence et qu'à partir du moment où on pratique la violence, on n'est plus musulman. Alors, je ne sais pas [il marque une pause]... Tout de même, ces terroristes recherchent la publicité, et à Bombay, ils en ont bénéficié au maximum grâce aux télévisions. Montrer ces images qui médiatisent la terreur constitue une sorte de violence passive, qui elle aussi engendre son karma.

Le Point : Comment combattre le terrorisme ?

Le Dalaï-Lama : Du point de vue bouddhiste, si votre motif est sincère, si vous êtes plein de compassion, alors la violence est permise pour se défendre, ou pour combattre une autre violence qui cherche à faire le mal. Les dieux grimaçants de nos temples tibétains sont d'ailleurs les incarnations de cette violence pétrie de compassion et de sagesse. En fait, il existe deux sortes de violence : une première qui est mentale ; et la seconde, physique, qui se manifeste dans l'action. Généralement, on ne parle que de celle-ci et on oublie celle-là, qui est le moteur premier de la violence. Mais si vous avez un mental plein de compassion et d'amour pour le prochain, même vos mots durs et vos actions violentes seront pleins d'amour. Cela dit, une fois que vous avez commis quelque violence, même si au départ votre motif est juste, on ne peut jamais prédire quels effets cette violence va avoir sur vous car, comme je l'ai déjà dit, la violence engendre la violence.

Le Point : Alors, comment faire ?

Le Dalaï-Lama : Il faut utiliser le dialogue, pour que la prochaine génération de musulmans soit différente. Il faut avoir de la compassion, fût-ce envers les terroristes-car c'est aussi à eux-mêmes qu'ils se font du mal.

Le Point : Vous avez récemment dit que vous étiez en semi-retraite ?

Le Dalaï-Lama : Absolument ! J'ai remis tous mes pouvoirs au gouvernement tibétain [en exil] démocratiquement élu, ce qui a été entériné par le récent conclave de Dharamsala ; 90 % des décisions sont d'ailleurs aujourd'hui prises par les élus tibétains.

Le Point : Mais vous êtes le porte-flambeau du Tibet !

Le Dalaï-Lama : [Il rit] Je sais bien... C'est pour cela que je continue à voyager et à donner des interviews comme celle-là [nouveau rire]. Mais le sort du Tibet ne peut pas reposer sur une seule personne, c'est trop dangereux. Notre lutte doit devenir nationale et tous les Tibétains doivent y prendre part. Personnellement, j'ai toujours pris trois engagements : le premier, envers le monde entier, est de promouvoir les valeurs humaines telles que la compassion, le pardon, la tolérance ; le deuxième, en tant que bouddhiste, est d'inciter à une compréhension ainsi qu'à une harmonie parmi les traditions religieuses majeures à travers le monde ; et le troisième, en tant que dalaï-lama , est donc d'oeuvrer pour la cause tibétaine, pour le Tibet.

Le Point : Le Tibet en dernier ?

Le Dalaï-Lama : Oui, mon premier engagement est pour l'humanité tout entière.

Le Point : Vous avez été opéré récemment de la vésicule biliaire ; quel est l'état de votre santé ?

Le Dalaï-Lama : [Il part d'un grand rire] Je suis en pleine forme. Regardez : je me suis levé à 4 h 30 ce matin, j'ai fait deux heures d'avion, trois heures de voiture, puis deux heures d'audiences... Est-ce que j'ai l'air fatigué ? Le docteur qui m'a récemment examiné pour voir si j'avais bien récupéré de l'opération m'a dit que j'avais la constitution d'un homme de 60 ans, alors que je vais en avoir 74... Est-ce grâce à toutes ces heures de méditation et de contemplation ? Je n'en sais rien, mais je pense que je vais vivre jusqu'à 95 ans... Tant pis pour les Chinois qui attendent ma mort prochaine afin de choisir un dalaï-lama qu'ils pourront contrôler.

Le Point : Justement, préparez-vous votre prochaine réincarnation ?

Le Dalaï-Lama : [Il soupire] Je ne sais pas si je vais me réincarner... ou alors je me réincarnerai en femme... [rire]... Vous savez, dans la tradition des dalaï-lamas, on peut même se réincarner avant sa mort. Un de mes maîtres, Sakya Tchögyach Rimpoché, fut choisi par le 13e dalaï-lama comme la réincarnation de son propre maître, alors que ce dernier était encore vivant. Les Chinois sont fous de rage quand je parle de nommer quelqu'un de mon vivant.

Le Point : Pensez-vous que la récession économique chinoise va aider la cause tibétaine ?

Le Dalaï-Lama : Vous faites allusion au fait que le Tibet a recouvré la liberté chaque fois que la Chine connaissait des problèmes internes... Mais non, cette fois, cela va les durcir encore plus [il marque un silence]. J'ai l'impression que mes cinquante ans de politique de non-violence pour retrouver l'autonomie tibétaine ont échoué et c'est de cela que le conclave récent a principalement discuté. En même temps, que pouvons-nous faire, nous un million de Tibétains, contre un milliard de Chinois ? Lors de la dernière rencontre [entre Tibétains et Chinois après les JO], les Chinois ont purement et simplement nié l'existence d'un problème tibétain. Le seul problème pour eux, c'est le dalaï-lama, ce " séparatiste ".

Le Point : Quelle est la solution ?

Le Dalaï-Lama : Il faut protester. Le mouvement contre la guerre du Vietnam a été un exemple de suprême efficacité pour nous. Mais comment créer un tel mouvement contre les Chinois ? Il faudrait que le monde entier participe à cette protestation.

Le Point : Que pensez-vous d'Obama ?

Le Dalaï-Lama : Je l'ai rencontré en 2004 lorsqu'il était sénateur. Il a l'air très jeune, dynamique, mais je ne le connais pas très bien [il marque une pause puis dévoile un petit sourire moqueur]. Moi, j'aimais bien Bush ! Il rigolait tout le temps et me prenait par la main chaque fois qu'il me rencontrait...

Le Point : Vous trouvez que le monde va mieux ?

Le Dalaï-Lama : Absolument ! Il y a de nombreux signes positifs : l'élection d'Obama en est une, mais aussi l'Union européenne qui avance-et les Français ont donné le ton et le donnent encore aujourd'hui grâce à votre président.

Le Point : De quoi d'autre avons-nous besoin ?

Le Dalaï-Lama : D'un peu plus d'amour, d'un peu plus de compassion les uns pour les autres... Du sens de l'humour, il faut savoir sourire [il part alors d'un rire tonitruant qui lui secoue tout le corps]...

Le Point : Vous avez rencontré récemment Carla Bruni...

Le Dalaï-Lama : J'ai été très impressionné. Carla Bruni est non seulement belle, mais elle est intelligente, dynamique et sincère. Lorsque je l'ai rencontrée en août 2008, à Lodève, elle m'a demandé comment elle et son mari pouvaient aider la cause tibétaine [le dalaï-lama ne veut pas nous dire ce qu'il lui a demandé mais, trois mois plus tard, Nicolas Sarkozy rencontrait enfin officiellement le dalaï-lama en tête à tête].

Le Point : Vous pensez qu'elle est bouddhiste ?

Le Dalaï-Lama : [Silence]... Je ne sais pas... Il faudrait lui demander [grand rire]...

Le Point : Comment s'est donc déroulée votre entrevue avec le président français à Gdansk ?

Le Dalaï-Lama : Il a les idées claires , il est très intelligent et ne cache pas ses buts. J'ai décelé quelqu'un d'ouvert, qui sait écouter et qui, peut-être grâce à Carla, comprend la spiritualité tibétaine.

Le Point : Si vous deviez définir les Français en quelques mots...

Le Dalaï-Lama : Chaque fois que je vais chez vous, je remarque que les journalistes français, même s'ils ne sont pas toujours des plus polis, posent des questions plus intellectuelles, plus profondes, que celles que posent par exemple les journalistes américains. Beaucoup de Français s'intéressent également de près à la cause tibétaine et au bouddhisme tibétain.

Le Point : A quoi attribuez-vous cet engouement ?

Le Dalaï-Lama : Moi, je ne cherche pas à convertir, je crois que chacun devrait garder sa religion. Mais que l'on croie au bouddhisme ou non, il n'y a pas de doute que c'est une des philosophies les plus riches de ce monde ; et cela explique peut-être cet engouement croissant en France.

Le Point : Vous avez proposé que le Tibet devienne un Etat démilitarisé, dénucléarisé, qui fasse tampon entre l'Inde et la Chine, les deux géants d'Asie.

Le Dalaï-Lama : Oui, dénucléarisé surtout. Car les Chinois ont placé sur le plateau du Tibet un certain nombre d'ogives nucléaires. Nous savons également qu'ils stockent leurs déchets nucléaires dans des grottes au nord du Tibet, car de nombreux animaux y donnent naissance à des bébés difformes. Il faut que cela cesse et c'est pour cela que je pense que le bouddhisme et sa religion de non-violence et de compassion peuvent aider la Chine communiste [silence]. Une zone de paix ne veut pas simplement dire une absence d'armes nucléaires, mais aussi qu'il n'y ait pas la moindre trace de haine et de violence mentale dans ceux qui la peuplent. Car, comme je l'ai dit plus haut, c'est la motivation de la haine qui est plus grave que l'acte lui-même. Grâce à une longue tradition bouddhique qui enseigne la compassion et l'amour, nous les Tibétains pouvons remplir ce rôle
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Tibet : les ferments de la révolte

Vendredi 20/02/2009 - Libération.fr - Pascale Nivelle
 
Grand angle - A l'approche des commémorations d'un mois de mars qui s'annonce explosif, et malgré le bouclage de la région, notre envoyée spéciale a pu rencontrer des résistants au quotidien.

Des centaines d'hommes, serrés, debout à l'arrière de camions, remontent l'unique rue de Tagong. Moines en robes rouges, bergers en manteaux doublés de fourrure, le couteau à la ceinture. Ils lèvent les bras en signe de victoire. Devant le temple étincelant dans le soleil d'hiver, un millier de personnes et quelques yacks placides ont formé une haie d'honneur. Villageois et nomades descendus des plateaux sont venus sur leurs chevaux harnachés, les femmes ont sorti leurs lourdes coiffes de fête ornées d'os de yack et d'argent. La foule pousse des cris aigus, s'engouffre dans l'enceinte du monastère à la suite des camions. Deux garçons, la tête basse, sont menés dans les profondeurs du temple sous les huées : "Voleurs, pilleurs !" Dans la salle de prière, du riz et du thé au beurre fumants attendent les justiciers. Partis à 300 avant le lever du soleil à la poursuite des pilleurs de temple, ils n'ont rien avalé depuis près de dix heures.

Dans le Tibet verrouillé, constellé de casernes de la wujing, la police armée, la scène paraît inouïe. Toute cette longue journée, les policiers chinois de Tagong sont restés terrés dans leur local. L'expédition punitive aurait été montée à leur insu. "Ils savent, mais ils ont peur", se moque Adjie (1), une solide commerçante tibétaine, les joues écarlates de soleil et d'excitation. "La police, c'est nous", pérore Telsen, l'un des "combattants". "Nous savions où étaient les voleurs, nous sommes allés les chercher.
 
Maintenant, c'est aux grands lamas de les juger." Bras nus dans le froid coupant, un moine, Nonorpa, explique : "Ces jeunes garçons ont volé sept statues au temple, pour les revendre à Chengdu. Leur famille, des nomades pauvres installés par ici pour l'hiver, les a dénoncés. On les a arrêtés chez eux." A la découverte du vol, il y a moins d'un mois, le temple n'avait pas porté plainte devant la justice. Selon Nonorpa, le pouvoir chinois n'a pas à se mêler des "affaires intérieures du monastère". C'est la tradition, Tagong s'y accroche au mépris de la loi. "Si la police chinoise intervenait, les villageois se soulèveraient, affirme Telsen, on ne la voit jamais dans ce genre d'affaires." Selon le moine, "il s'agit d' un vol de plusieurs millions de yuans, les jeunes risquent la peine de mort avec la loi chinoise. Pour eux, mieux vaut que nous rendions la justice entre nous." La peine est fixée à l'avance : quelques jours de détention dans le monastère, puis une parade dans l'unique rue de Tagong, sous les sifflets de la foule en colère, prête à lyncher les iconoclastes. Et peut-être un pèlerinage obligatoire, à pied jusqu'au palais du Potala de Lhassa, à quelque 1 500 kilomètres. Tout Tibétain doit s'y rendre un jour. "Cela leur remettra les idées à l'endroit et servira d'exemple, juge Telsen, 33 ans. Beaucoup de jeunes n'ont plus de religion, plus rien dans la tête. Le gouvernement leur a lavé le cerveau."

Bouche à oreille

Des Telsen, le Tibet en compte des dizaines de milliers. Fiers, forts, fervents, ils sont allés, ou rêvent d'aller en Inde se prosterner devant leur idole, la bête noire de Pékin. "Chez moi, j'ai 400 photos du dalaï-lama, affirme Telsen dans un anglais presque parfait. Si la police en découvre une seule, je peux partir en prison pour huit mois." A 20 ans, ce fils de nomades pratiquement illettrés, en charge de sa mère et de plusieurs frères et sœurs depuis la mort de son père, était parti pour "devenir un vrai voyou", traînant de bars en bars, prompt à la bagarre. Un séjour d'un an et demi à Dharamsala, parmi les Tibétains en exil, l'a "métamorphosé". Il a vu le dalaï-lama deux fois et a appris l'anglais. Revenu à Tagong, il a ouvert un commerce, s'est acheté une voiture et des chevaux, et s'est mis au service du temple qui a facilité son voyage en Inde : "J'ai compris ce que signifiait être Tibétain", dit-il. Sur la route du Kham, haute région tibétaine rattachée à la province du Sichuan, Telsen fait mine de tirer sur les voitures de police et les convois militaires qui sillonnent la région depuis les émeutes de mars dernier : "Je hais ce gouvernement. Pas les Chinois, qui sont comme nous, mais ce régime." Il ajoute : "On est tous prêts à se battre. Ce ne sera pas pour l'économie ou la politique, mais pour défendre notre religion. A Pékin, ils n'ont pas compris ça."

Adjie, la villageoise aux joues rouges, n'est pas une rebelle. Mariée à un Chinois elle remercie "le gouvernement qui nous donne à manger", se rappelant qu'enfant, elle marchait pieds nus l'hiver : "On n'avait que de l'herbe et de la poudre d'os de yack pour ne pas mourir de faim." Ce qui manque à Adjie, c'est "la liberté d'aimer celui que vous appelez DL". Jamais elle ne reniera "sa sainteté" comme le voudraient les autorités de Pékin. "Sa présence nous éclaire, il est dans le cœur de chaque Tibétain, pour toujours", dit-elle. C'est sa façon "personnelle" de résister. Le 25 mars, pour la première fois de sa vie, Adjie boycottera le Losar, le nouvel an tibétain. Pas de danse, pas de parades de chevaux, comme le veut la tradition. Cette année, le Tibet priera "pour les morts de mars 2008". Selon les Tibétains en exil, la répression des violentes émeutes au printemps dernier aurait fait 200 morts et 1 000 blessés. Pékin parle d'une vingtaine de victimes, tous han (ethnie majoritaire chinoise).

Dans l'immense région tibétaine, de la Région autonome du Tibet (TAR) au Kham et à l'Amdo (provinces de Gansu et Qinghai), la consigne du boycott du Losar est passée de bouche à oreille, de portable en portable. Elle est partie d'on ne sait où, mais chacun s'apprête à la suivre : "Seuls les Tibétains carriéristes ou ceux qui sont fonctionnaires danseront ce jour-là", affirme Cewang, commerçant de 27 ans et déjà propriétaire de plusieurs boutiques de souvenirs. Une vieille femme au visage tanné, occupée à balayer le temple, s'approche à la vue d'étrangers : "Comment va le dalaï-lama ?" Mola fera la grève du nouvel an et priera pour les morts du 14 mars, "comme tout le monde". Elle ajoute : "Je ne suis jamais allée à l'école, j'ai passé ma vie avec les yacks, je suis un yack moi-même. Je ne comprends pas tout."

A huit heures de voiture de Tagong, sur la plus mauvaise route de Chine qui relie la capitale du Sichuan à Lhassa, voici Lithang, devenue en dix ans une bourgade chinoise grise et sale, serrée au pied d'un immense monastère. L'altitude - 4200 mètres - n'a pas découragé les nombreux Chinois installés ici. Pour arriver ici, il faut passer au travers de plusieurs check-points tenus par des policiers de 18 ans, peu motivés. "Des Tibétains enchinoisés", comme explique, maussade, notre chauffeur local : "La plupart des policiers, sauf les chefs, sont Tibétains. C'est la force du pouvoir chinois de faire ça. En cas d'émeutes, ils préfèrent qu'on se batte entre nous."

Bâton de pèlerin

La foule est tibétaine. Les hommes, cheveux longs, portent la chuba, une manche négligemment rejetée en arrière. Les femmes aux lourds bijoux cachent leur visage sous des bonnets colorés et doublés de fourrure. Les policiers sont partout, errants sans but dans la rue principale. Ce dimanche, vers midi, Lobsang Lhundup, 37 ans, lama d'un monastère voisin, a brusquement levé son bâton de pèlerin dans la rue du marché. Il a crié : "Longue vie au dalaï-lama, indépendance pour le Tibet, pas de Losar cette année !" Les policiers ont fondu sur lui aussitôt. "Ils l'ont frappé et arrêté", raconte un témoin. Le lendemain, 300 personnes défilaient dans Xingfu Donglu, la "rue du Bonheur" en chinois. 24 Tibétains ont été arrêtés selon le groupe Free Tibet et des témoins sur place. Le district, assure un commerçant, a été "placé sous loi martiale".

En mars dernier, les émeutes tibétaines avaient démarré comme ça. L'immense région s'était enflammée à quelques mois des Jeux olympiques. Lithang était restée calme. Mais depuis, la ville a été transformée en garnison de la PAP, la police armée populaire. Des milliers de soldats campent, prêts à intervenir, ne sortant que pour des parades spectaculaires.

Dans son Restaurant des Neiges, minuscule gargote qui sert des momos (raviolis) tibétains, Metipa écarte le rideau de la cuisine. Sous ses fenêtres, dans la cour d'une école transformée en caserne, des dizaines de soldats s'entraînent, bouclier au poing, hurlant en chœur. Metipa branche une cassette du chanteur interdit Gonga pour couvrir ces "cris de guerre". Sur une étagère, une petite photo du dalaï-lama jeune, du temps où il portait des verres fumés : "S'ils la découvrent, les policiers m'obligeront à l'écraser du pied. Ils me colleront une amende de plusieurs milliers de yuans et me mettront en prison." Ce portrait pourtant en évidence, c'est la contribution de Metipa, père de deux jeunes enfants, à la révolte secrète qui habite selon lui les Tibétains : "Tout est devenu interdit, porter un couteau en ville, mettre l'écharpe blanche à la porte du restaurant, ou des drapeaux de prière… On a tous, tout le temps, envie de se rebeller. Mais d'un autre coté, on a peur." Metipa dit connaître "au moins dix personnes, dont des moines", qui ont été arrêtées ces derniers mois et dont personne n'a plus de nouvelles. Au pied du Chöde Gompa, la grande lamaserie qui surplombe la ville, il désigne quelques ruines : "Tout a été détruit par l'armée chinoise dans les années 50. Des milliers de moines ont été tués à cette époque. Chaque Tibétain le sait. On n'a jamais pardonné."

Le 10 mars prochain sera le cinquantième anniversaire de la plus importante rébellion tibétaine, matée dans la violence par l'Armée populaire de libération (APL) qui avait "libéré" le Tibet neuf ans plus tôt. Une semaine après, le dalaï-lama s'échappait définitivement pour l'Inde, laissant 6 millions d'orphelins. Les Tibétains, et encore plus les autorités chinoises, craignent de nouvelles émeutes début mars. Déjà, de nombreuses régions de la zone tibétaine ont été fermées préventivement aux étrangers, le passage des convois militaires s'intensifie. Un jeune moine hésite à parler, de peur d'avoir affaire à des envoyés du gouvernement, comme cela arrive souvent. Puis il se lance, au mépris des caméras de surveillance piquées tout autour : "Il va se passer des choses lors de cet anniversaire."

Il ne faut pas insister longtemps pour être conduit dans un dédale d'escaliers antiques jusque sous les toits. Comme dans chaque monastère tibétain, la "Présence" est là, dans un réduit enfumé d'encens. Dans un cadre d'un demi-mètre de hauteur, Tenzin Gyatso, quatorzième dalaï-lama, sourit devant un monceau de billets de banque à l'effigie de Mao. Un vieux moine fait un clin d'œil, le pouce levé, heureux de la visite. Ses jeunes frères, occupés à façonner des statuettes en beurre coloré dans un local glacial, le sont moins. Leurs yeux en disent plus long que leurs paroles, contingentées sur ordre du supérieur. Un bonnet enfoncé sur les yeux, un masque sur le visage, un grand moine finit par souffler en anglais : "J'ai passé dix mois en prison, comprenez-nous, on ne peut pas vous parler."
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(1) Les noms ont été changés

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A Pékin, Jean-Pierre Raffarin fait un faux procès au gouvernement tibétain en exil !

" Peut-on être favorable à la théocratie quand on est Français, c'est-à-dire que le religieux prenne le pouvoir ? "
 
Mardi 10 février 2009 - Aujourd'hui la Chine
 
L'ancien haut responsable français Jean-Pierre Raffarin a affirmé mardi à Pékin qu'il restait "encore du travail" pour un apaisement des relations entre la Chine et la France, à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre Wen Jiabao. "On est plutôt dans une situation où tout le monde cherche à sortir de la crise (...) mais naturellement il y a encore du travail à faire, des précisions et des clarifications à apporter", a-t-il déclaré à la presse, soulignant que M. Wen avait insisté "de manière positive sur l'exigence d'une bonne relation avec la France".

"Les Chinois attendent de nous des positions rassurantes", a-t-il poursuivi, se déclarant persuadé que le président français Nicolas Sarkozy prendrait "des initiatives avant le 2 avril (date du G20 à Londres) pour rassurer les autorités chinoises sur son attachement au partenariat global stratégique".

"Les diplomates travaillent", a-t-il souligné, refusant de donner des précisions sur les initiatives que la France pourrait prendre pour calmer la situation.

"Sur la souveraineté et la théocratie, deux sujets sur lesquels les Chinois nous interpellent, nous avons une forte proximité", a jugé M. Raffarin, expliquant que la France ne pouvait pas "encourager le séparatisme du Tibet". "Peut-on être favorable à la théocratie quand on est Français, c'est-à-dire que le religieux prenne le pouvoir ?", a-t-il aussi lancé.

Les relations sino-françaises qui avaient déjà pris un coup de froid au printemps dernier, lors du passage chaotique de la flamme olympique à Paris, se sont encore tendues à la fin de l'année dernière.

Le président Sarkozy, alors président en exercice de l'Union européenne, avait décidé de rencontrer le 6 décembre le dalaï lama en Pologne, entraînant l'annulation exceptionnelle par Pékin d'un sommet sino-européen prévu à Lyon le 1er décembre. Wen Jiabao a aussi volontairement évité la France lors de sa récente tournée européenne.
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A tous les groupes et associations de soutien au Tibet en rapport avec le Bureau du Tibet
 
Paris - le 10 février 2009                                                                                                                                                   
 
Bien des communes et des collectivités dans votre région ont adhéré aux actions de solidarité avec le peuple tibétain, notamment, en hissant le drapeau du Tibet à l'occasion de la commémoration du soulèvement du peuple tibétain du 10 mars 1959.  Emues par les répressions brutales des forces chinoises contre les manifestants tibétains au cours du printemps 2008, plusieurs centaines de mairies se sont déclarées solidaires de votre action.
 
Nous sommes particulièrement fiers de compter plus de 500 maires de France et plus de 700 à travers l'Europe qui se joignent à cette action.  Nous savons également que certains d'entre eux (228 mairies/collectivités à ce jour dans l'Hexagone ) ont décidé de hisser nos couleurs de manière permanente jusqu'à ce que le peuple tibétain ait trouvé une solution négociée avec la Chine populaire.
 
Nous savons également qu'un grand nombre de ces mairies ont adhéré à l'action grâce aux mobilisations  des associations comme la vôtre qui oeuvrent pour le peuple tibétain.  Et nous vous remercions pour l'efficacité de votre action.
 
Alors que nous vivons le moment le plus sombre de notre histoire, plus que jamais nous avons besoin de votre soutien. Le peuple tibétain aussi bien à l'intérieur du Tibet que celui qui vit en exil reste sensible au soutien exprimé par les populations, élus, ONG et gouvernements. Les manifestations de protestations à Lhassa et dans les régions orientales du Tibet au cours de l'année 2008 ont démontré, une fois de plus, la situation extrêmement grave de notre peuple qui vit depuis 50 ans sous la domination chinoise.
 
Si 2008 a été une année charnière marquée par des manifestations et, malheureusement, les répressions toujours aussi brutales de la part des autorités chinoises au Tibet, le passage de la flamme Olympique à Paris et le soutien extrêmement fort manifesté par les populations, les médias et les élus de la nation française, sans oublier la visite de Sa Sainteté le Dalaï Lama en France, 2009 reste une année historiquement marquante pour nous, car le 10 mars prochain, nous commémorerons le cinquantenaire du soulèvement du peuple tibétain. Nous envisageons, à Dharamsala ainsi qu'ailleurs dans le monde, de nombreux événements et actions tout au long de l'année et cela jusqu'au 10 mars 2010, actions dont nous vous informerons et auxquelles vous pourrez participer. 
 
Afin de donner tout son sens à cette date anniversaire importante, nous avons récemment présenté une lettre à plus de 620 mairies en leur  demandant de relayer leurs actions et si possible de rechercher l'adhésion de leurs confères et consoeurs.    Nous venons de faire la même démarche auprès des sénateurs et des députés membres du Groupe Tibet dans les deux Assemblées de la France.  L'action  " Drapeau pour soutenir le peuple tibétain "  bénéficie d'un grand écho sur le plan national et international, et la Chine demeure très sensible à cette marque de soutien manifesté par les élus représentant les populations d'un pays dont la devise est " Liberté, Egalité, Fraternité ".  Ces actions comptent beaucoup dans la poursuite du dialogue initiée par Sa Sainteté le Dalaï Lama qui plus que jamais, est déterminé à poursuivre le combat pour son peuple en s'appuyant sur les valeurs de la démocratie, de la justice et de la liberté.  Nous vous rappelons également que notre peuple, dans sa très grande majorité, mène une résistance active de non-violence et ce dans des conditions extrêmement contraignantes que vous connaissez tous.
 
Nous vous informons de nos démarches, et par la même occasion, nous vous demandons de les appuyer en faisant des démarches parallèles de votre côté en qualité d'association Tibet Support Group.
 
Le cas échéant, nous aimerons être informés de toute nouvelle adhésion des mairies et des collectivités dans votre région.
 
Avec toutes nos cordiales salutations…
  
Tashi Wangdi (M.)
Représentant de Sa Sainteté le Dalaï Lama
 
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Sénat : Jean-François Humbert élu à la tête
du groupe d'information sur le Tibet

Visitez le site de Jean-François Humbert... édifiant !!!  Ce sénateur " est engagé", c'est sur !!!   http://www.jfhumbert.com/index2.php
 
5 Février 2009  - Ma Commune.info 

Le groupe a porté à sa présidence le sénateur du Doubs qui succède à Louis de Broissia. La cause du Tibet a toujours été très chère à Jean-François Humbert.
 
En cette année 2009, qui s'annonce cruciale pour le Tibet et sera l'occasion de commémorer l'invasion chinoise de 1949 et l'insurrection de Lhassa en 1959, le groupe d'information sera plus actif que jamais, annonce un communiqué.
 
Il s'efforcera de prendre des initiatives en commun avec les groupes sur le Tibet de l'Assemblée nationale, du Parlement européen, et des autres Parlements de pays démocratiques.
 
Le nouveau président du groupe d'information sur le Tibet du Sénat a, sans plus attendre, demandé à l'ambassadeur de la République populaire de Chine à Paris de bien vouloir recevoir une délégation de son bureau.
 
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Matthieu Ricard :
"le Dalaï-Lama est découragé..."
 
Mardi 3 février 2009 - Le Matin (Suisse)  - Patrick Vallélian

Le chef spirituel des Tibétains n'a pas le moral. La faute aux Chinois qui refusent tout dialogue, estime Matthieu Ricard, un de ses proches.

Quelle issue à la crise entre le Tibet et la Chine? Aucune, estime Matthieu Ricard*, moine bouddhiste français et proche du dalaï-lama. Pis, cette situation bloquée par les Chinois sape le moral du chef spirituel des Tibétains, 73 ans, qui a été hospitalisé brièvement cette semaine à New Delhi. Pour la troisième fois en cinq mois. "Le dalaï-lama est découragé depuis les tragiques événements de mars dernier (ndlr: les révoltes antichinoises de Lhassa)", reconnaît Matthieu Ricard.

"Les Chinois ne veulent pas négocier un accord sur l'autonomie culturelle et religieuse du Tibet. Depuis la fin des Jeux olympiques et le refus en bloc par Pékin du projet tibétain d'une autonomie, compatible avec la Constitution chinoise, qui permettrait la survie de l'héritage culturel du Tibet, le dialogue semble être au point mort", poursuit Matthieu Ricard qui est sorti de sa retraite spirituelle dans l'Himalaya le temps du WEF pour participer à divers dialogues auxquels il a été convié et promouvoir Karuna-Shechen, l'association humanitaire qu'il coordonne et qui est active au Népal, en Inde et au Tibet.
C'est une situation déplorable, estime le Français: "Les Chinois ne comprennent pas que le mieux pour tous serait de trouver un accord avec le gouvernement tibétain en exil tant que le dalaï-lama est en vie. Une fois qu'il ne sera plus là, ceux qui exigent l'indépendance du Tibet pourraient prendre le relais. Ce qui ne mènera pas à grand-chose."

D'autant que la communauté internationale a d'autres préoccupations que de voler au secours du Tibet depuis l'éclatement de la crise des subprime. "Dans beaucoup de pays démocratiques, c'est le plus souvent "mollesse oblige". Il est regrettable que la cause tibétaine soit ainsi sacrifiée."

Intérêts commerciaux

Les pays capitalistes ont trop besoin de faire du commerce avec la Chine pour exiger un véritable respect des droits de l'homme de la part de la nation la plus peuplée du monde. "Le monde se couche trop facilement devant les Chinois. C'est un mauvais calcul, car le gouvernement chinois est des plus cyniques et méprise ceux qui s'abaissent devant lui."
Une phrase que le Conseil fédéral devrait méditer, lui qui a accueilli en grande pompe la semaine dernière à Berne Wen Jiabao, le premier ministre chinois. Et qui a fait dégager manu militari de la place Fédérale la poignée de manifestants protibétains.

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Appel du Kashag à propos de la relance de la campagne "Frapper fort" au Tibet
 
Dharamsala le 29 janvier 2009
 
A la suite des politiques très répressives adoptées par la RPC pour étouffer la protestation des Tibétains dans toutes les régions du Tibet l'année dernière, nous sommes très inquiets d'apprendre qu'à compter du 18 janvier 2009, les autorités chinoises à Lhassa ont lancé une campagne "Frapper fort" de 42 jours dans l'intention d'accroître la vigilance contre le regain de protestations politiques et pour maintenir la stabilité dans la politiquement rétive région du Tibet.
 
Des sources crédibles ont signalé des " raids " officiels dans des maisons et hôtels tibétains à Lhassa par le Bureau de sécurité publique (PSB) qui a raflé "5766 suspects" à fin d'interrogatoire. Un incident de tir a été également signalé au monastère de Dergué, à minuit le 27 janvier. Cette campagne a pris un angle politique, particulièrement après les nombreuses émeutes au Tibet en mars 2008 et est utilisée comme une arme pour éliminer les dissidents.
 
Nous sommes consternés d'apprendre par un récent communiqué de presse, qu'en raison de tortures et de coups sévères, Pema Tsepak, un jeune garçon tibétain, est mort le 23 janvier dans la région de Chamdo. Le 20 janvier, il avait prit part à une manifestation non-violente avec deux autres jeunes garçons tibétains, dont le sort reste aujourd'hui inconnu.
 
Il y a davantage de témoignages d'une pression accrue sur les Tibétains au Tibet pour célébrer le prochain nouvel an tibétain (le Lossar), malgré leur réticence à la célébration de celui-ci afin de montrer leur deuil envers les compatriotes tibétains qui sont morts pendant les manifestations de mars 2008. Dans les régions de "la préfecture autonome tibétaine" de Ngaba et de "la préfecture autonome tibétaine" de Kardzé, au Sichuan, les autorités chinoises ont même promis des primes de 500 yuan pour chaque famille et la délivrance de pétards gratuits afin d'inciter à célébrer le Lossar tibétain.
 
La relance de la campagne "Frapper fort" et l'intensification d'autres politiques extrêmes de la RPC vont causer encore bien plus de violations des droits fondamentaux et des libertés du peuple tibétain. Il y a un accroissement du sentiment de peur et d'intimidation à Lhassa et dans d'autres régions du Tibet. Nous sommes très peu informés des intentions de la RPC derrière la relance de ces campagnes, y compris l'éducation politique, qui vont incontestablement créer une atmosphère propice à plus d'agitation politique et, de ce fait, justifier l'usage de mesures encore plus répressives.
 
Nous demandons aux autorités de la RPC de suspendre leur campagne "Frapper fort" et de mettre immédiatement un terme à leurs politiques extrêmes au Tibet. Nous demandons vivement aux parlements, aux gouvernements et à tous citoyens autour du monde d'intervenir activement de façon à ce que les incidents malheureux de mars 2008 ne se répètent pas.
 
Nous demandons également aux Tibétains au Tibet de comprendre que, malgré la dure répression et les sévères restrictions, nous devons maintenir notre calme et puiser dans notre persévérance non-violente, dans l'intérêt à long terme de notre combat. Nous appelons vivement les Tibétains au Tibet à ne pas s'engager dans la violence et d'éviter toute activité qui risquerait de conduire à un emprisonnement inutile ou une mise en danger de la vie. Nous vous engageons également à tout faire pour prévenir toute animosité et conflit avec le peuple chinois.
 
Le Kashag 
Cabinet de l'Administration centrale tibétaine en exil 
Dharamsala  
  
Traduction en français effectuée par le Bureau du Tibet  
tibetparis@aol.com
 
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Opération "Frapper fort"... La police est chargée
d'enquêter sur plusieurs milliers de personnes

Mercredi 28 janvier 2009 - Redaction Tibet Info (JMB)
 
La Chine a lancé une opération de police au Tibet, enquêtant sur des milliers de personnes, dont certaines ont été arrêtées pour leurs opinions "réactionnaires", a affirmé le 28 janvier 2009 l’organisation de défense des Droits de l’Homme International Campaign for Tibet (ICT).

La campagne "Frapper fort" a été lancée le 18 janvier, à quelques semaines du 50e anniversaire du soulèvement antichinois de mars 1959 au Tibet.

En une semaine, 8 424 personnes (1) ont fait l’objet d’une enquête et 81 ont été interpellées, a de son côté indiqué le journal officiel China Tibet News sur son site internet, dans un article récent.

Deux personnes ont notamment été arrêtées parce que des "opinions réactionnaires" ont été trouvées dans leur téléphone portable. D’autres sont soupçonnées de crimes tels que vol, prostitution, meurtre, actes de violence, selon ce media.

La police de Lhassa n’a pas voulu commenter ces informations.

 
China Tibet News affirme que l’opération visait à créer "un bon environnement social" pour le Nouvel an chinois (le 26 janvier) et le Nouvel an tibétain, le 25 février, mais ICT estime qu’elle pourrait avoir pour but "d’intimider les Tibétains" avant le 50e anniversaire du soulèvement de mars, et le premier anniversaire des violences qui avaient secoué la région en 2008.
 
"Les autorités ont peur de nouveaux troubles après la vague de manifestations qui avaient balayé le plateau (himalayen) l’an dernier", a indiqué ICT.
 
(1) L’AFP mentionne 8 424 personnes, ICT n’en mentionne "que" 5 766, car il fait référence à une source antérieure.
 
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Pema Tsepak. © Phayul
Communauté tibétaine de Tsawa
Un jeune Tibétain battu à mort par la police chinoise

Mardi 27 janvier 2009 - Redaction Tibet Info (JMB) - Phayul 
 
Pema Tsepak, l’un des trois jeunes Tibétains qui ont protesté dans le comté de Dzogang [1], préfecture de Chamdo, en "Région autonome du Tibet", est décédé le 23 janvier 2009 de ses blessures après avoir été battu par les autorités chinoises.

Le 20 janvier, trois Tibétains, identifiés comme Thinley Ngodrub, 24 ans, son frère Thargyal, 23 ans [2], et Pema Tsepak, 24 ans, tous originaires de Punda, Comté de Dzogang, ont exhibé une bannière blanche où était écrit "Indépendance pour le Tibet", ont jeté des tracts en l’air et crié des slogans, avant de se faire arrêter par les forces de sécurité chinoises. Une jeune tibétaine, Dechen Dolma, qui a été trouvée en possession du portable de Pema Tsepak, a également été arrêtée mais libérée plus tard, le 24 janvier.

Selon des contacts à Dharamsala, Pema a été admis à l’hôpital du Comté de Dzogang pour des soins, mais son cas était tellement grave qu’il a dû être transporté à l’hôpital de la préfecture de Chamdo, où il a succombé à ses blessures.

Pema avait subi de graves blessures à l’intestin et aux reins, selon le témoignage de Yeshi Tsomo, originaire de cette région du Tibet, à Phayul.
 
Dans un autre incident survenu le 22 janvier, trois autres Tibétains ont participé à une manifestation de protestation et ont été arrêtés immédiatement. Ils ont été identifiés comme étant Tashi Norbu, 29 ans [3], Thinlay Gyatso, 44 ans, et Lobsang Lhamo, 27 ans, tous du Comté de Dzogang. [4]
 
Une veillée aux chandelles et une session de prière ont eu lieu à Dharamsala pour pleurer la mort de Pema Tsepak avec les personnes originaires de sa communauté, en collaboration avec les associations Tibetan Women Association (Association des femmes tibétaines), Gu-Chu-Sum, et Students for a Free Tibet - India (Etudiants pour un Tibet libre - Inde).
 
Le Gouvernement tibétain en exil rappelle que la violente répression des manifestations au Tibet après mars 2008 est estimée avoir fait 219 morts, 1 294 blessés, et 5 600 personnes arrêtées ou détenues, dont plus de 1 000 manquent encore.
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[1] Le Comté de Dzogang forme, avec celui de Markham, la partie la plus au sud-est de la "Région Autonome du Tibet".
[2] Thinley Ngodrub et son frère Thargyal sont retenus à la prison de Chamdo
[3] Tashi Norbu est enfermé à la prison du Comté de Dzogang
[4] Thinlay Gyatso et Lobsang Lhamo ont été libérés le 24 janvier.
 
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Nouveau représentant du Dalaï Lama à Paris

Lundi 19 janvier 2009 - Redaction Tibet Info (JMB) - Bureau du Tibet, Paris.
 
Suite à l’annonce faite par le Kashag, Monsieur Tashi Wangdi, ancien Représentant de Sa Sainteté le Dalaï Lama en poste à New York, a succédé à Monsieur Jampal Chosang pour diriger les Bureaux du Tibet à Paris.
 
Du 12 au 15 janvier dernier, l’ensemble des dossiers et des responsabilités a été confié au Représentant entrant par M. Jampal Chosang. Un certain nombre de rencontres a eu lieu lors de cette toute première visite à Paris de Monsieur Tashi Wangdi en qualité de Représentant. Une rencontre collective avec la Communauté tibétaine en France a eu lieu le samedi 17 janvier 2009.
 
Il va de soi que, au gré de ses missions, M. Wangdi aura l’occasion de faire d’autres rencontres avec des organismes et des personnes liés au Tibet dans les pays mandatés aux Bureaux du Tibet de Bruxelles et de Paris.
 
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BUREAU DU TIBET - PARIS
 
Mercredi 14 janvier 2009
 
Discours au parlement Européen
Traduction française effectuée par le Bureau du Tibet
 
Décembre 2008

Sa Sainteté le Dalaï Lama

Votre Excellence, M. le Président, Honorables membres du Parlement, Mesdames et Messieurs,

C'est un grand honneur de parler devant vous et je vous remercie de votre invitation. Où que j'aille, mon principal intérêt et mon engagement premier sont la promotion des valeurs humaines, telles que l'affection - que je considère comme le facteur clé d'une vie heureuse tant aux niveaux individuel et familial que collectif. De nos jours, il semble qu'une attention insuffisante soit prêtée aux valeurs intérieures. Les promouvoir constitue donc mon engagement numéro un.

Mon second engagement le plus important, c'est la promotion de l'harmonie entre les religions. Nous acceptons le besoin de pluralisme en politique et en démocratie mais nous semblons souvent plus hésitants quant à la pluralité des fois et des religions. Malgré leurs différents concepts philosophiques, les traditions religieuses majeures portent le même message d'amour, de compassion, de tolérance, de contentement et de maîtrise de soi. Elles ont également en commun le potentiel d'aider les êtres humains à mener des vies plus heureuses. Ces deux objectifs constituent mes engagements les plus forts.

Bien sûr, le problème du Tibet me concerne tout particulièrement et j'ai une responsabilité spécifique à l'égard du peuple tibétain, qui continue de placer en moi ses espoirs et sa confiance en cette très difficile période de notre histoire. Le bien-être du peuple tibétain est ma constante préoccupation et je me considère comme son libre porte-parole en exil.

La dernière fois que j'eus le privilège de m'adresser au Parlement européen (PE), le 24 octobre 2001, j'ai déclaré : " malgré quelques développements et progrès économiques, le Tibet continue de faire face à des problèmes de survie fondamentaux. Les violations sérieuses aux droits de l'Homme sont répandues dans tout le Tibet et sont souvent le résultat de politiques de discriminations raciales et culturelles. Malgré tout, elles sont seulement les symptômes et les conséquences d'un problème plus profond. Les autorités chinoises voient la culture et la religion distinctes du Tibet comme la source d'une menace de séparation. De ce fait, un peuple entier avec sa culture et son identité uniques font face à la menace d'extinction résultant de politiques délibérées ".

Depuis mars de cette année, des Tibétains de tous milieux, à travers tout le plateau tibétain, ont manifesté contre les politiques discriminatoires et oppressives des autorités chinoises au Tibet. Avec la pleine conscience du danger imminent pour leurs vies, des Tibétains de tout le Tibet appelé aussi Tcheulkha-Soum (U-Tsang, Kham et Amdo), jeunes et vieux, hommes et femmes, moines et laïcs, croyants et non-croyants, y compris des étudiants, se sont rassemblés spontanément et courageusement pour exprimer leur angoisse, leur mécontentement et leurs doléances authentiques vis-à-vis des politiques du gouvernement chinois. J'ai été profondément attristé par la perte de vies humaines, tibétaines et chinoises, et j'ai immédiatement appelé les autorités chinoises à la retenue. Comme les autorités chinoises m'ont accusé d'orchestrer les récents événements au Tibet, j'ai appelé de façon répétée à ce qu'une investigation en profondeur soit diligentée par un comité indépendant et internationalement reconnu, que j'invite aussi à Dharamsala, en Inde. Si le gouvernement chinois dispose de la moindre preuve pour soutenir ses allégations, il doit la révéler au monde.

Malheureusement, les autorités chinoises ont eu recours à des méthodes brutales pour gérer la situation au Tibet, malgré les appels de plusieurs dirigeants du monde, d'ONG et de personnalités de stature internationale pour éviter la violence et montrer de la retenue. Durant les évènements, un grand nombre de Tibétains ont été tués, des centaines blessés et emprisonnés. Nombreux sont ceux dont le sort reste inconnu. Alors que je me tiens devant vous, il y a dans plusieurs régions du Tibet une forte présence policière et militaire. Dans plusieurs endroits, les Tibétains continuent de souffrir à cause d'une situation de loi martiale de fait. Il y a une atmosphère d'angoisse et d'intimidation. Les Tibétains au Tibet vivent constamment avec la peur d'être le prochain arrêté. Compte tenu de l'interdiction faite aux observateurs internationaux, aux journalistes ou même aux touristes de se rendre dans plusieurs régions du Tibet, je suis profondément inquiet du sort des Tibétains. Actuellement, les autorités chinoises ont la main complètement libre au Tibet. C'est comme si les Tibétains faisaient face à une peine de mort, une peine visant la destruction de l'esprit du peuple tibétain.

Plusieurs honorables membres du PE connaissent mes efforts constants pour parvenir à une solution mutuelle acceptable au problème tibétain, à travers le dialogue et la négociation. Dans cet esprit, au PE à Strasbourg, en 1988, j'ai présenté une proposition formelle de négociation qui n'appelle pas à la séparation et à l'indépendance du Tibet. Depuis lors, nos relations avec le gouvernement chinois ont connu diverses fortunes. Après une interruption de près de dix ans, en 2002 nous avons établi à nouveau un contact direct avec les dirigeants chinois. Des discussions importantes ont eut lieu entre mes envoyés et des représentants du gouvernement chinois. Dans ces discussions nous avons clairement exposé les aspirations du peuple tibétain. L'essence de mon approche de la voie médiane est d'assurer une autonomie véritable pour le peuple tibétain, dans le cadre de la constitution de la République populaire de Chine (RPC).

Durant le 7ème round de discussions à Pékin, les 1er et 2 juillet de cette année, la partie chinoise nous a invités à présenter nos vues sur l'autonomie véritable. En conséquence, le 31 octobre 2008 nous avons présenté au gouvernement chinois le Mémorandum pour l'autonomie réelle du peuple tibétain. Notre mémorandum présente notre position sur l'autonomie véritable et comment les besoins primaires de la nation tibétaine pour cette autonomie peuvent être satisfaits. Nous avons présenté ces suggestions avec le seul objectif de faire un effort sincère pour régler les problèmes réels au Tibet. Nous étions confiants qu'avec de la bonne volonté, les solutions présentées dans notre mémorandum pouvaient être mises en œuvre.

Malheureusement, la partie chinoise a rejeté notre mémorandum dans sa totalité, stigmatisant nos suggestions comme une tentative de " semi-indépendance " et " d'indépendance déguisée " et, pour cette raison, inacceptables. De plus, la partie chinoise nous accuse de " nettoyage ethnique " parce que notre mémorandum appelle à la reconnaissance du droit des régions autonomes " de réguler la résidence, l'installation, l'emploi ou les activités économiques des personnes qui souhaitent venir dans des régions tibétaines et provenant d'autres régions de la RPC. "

Nous avons clairement exposé dans notre mémorandum que notre intention n'est pas d'expulser des non-Tibétains. Notre inquiétude est le mouvement de masse mis en oeuvre, en premier lieu de Han, mais aussi d'autres nationalités, dans plusieurs régions tibétaines qui marginalise la population autochtone tibétaine et menace l'écosystème fragile du Tibet. Les changements démographiques majeurs qui résultent d'une immigration massive conduiront à l'assimilation plutôt qu'à l'intégration de la nationalité tibétaine dans la RPC et, graduellement, à l'extinction de la culture distincte et de l'identité du peuple tibétain.

Le cas des populations de la Mandchourie, de la Mongolie intérieure et du Turkestan oriental sont des exemples pertinents des conséquences dévastatrices d'un transfert massif de population Han majoritaire vers des zones aux ethnies minoritaires. Aujourd'hui, la langue, l'écriture et la culture du peuple mandchou ont disparu. Et en Mongolie intérieure, aujourd'hui, seuls 20% sont d'origine mongole sur une population totale de 24 millions.

Malgré les déclarations contraires de certains officiels chinois tenant d'une ligne dure, nous avons répondu sincèrement aux inquiétudes du gouvernement chinois s'agissant de la question de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RPC. Le mémorandum, dont nous vous remettons une copie, l'explique parfaitement. Vos commentaires et vos suggestions sont les bienvenus.

Je profite de cette opportunité pour solliciter les bons offices de l'Union européenne et du Parlement : ne ménagez pas vos efforts pour convaincre le gouvernement chinois de résoudre le problème du Tibet par des négociations sincères , pour le bien commun des peuples tibétain et chinois.

Bien que je rejette fermement l'emploi de la violence comme moyen, dans notre combat, nous avons certainement le droit d'explorer toutes les autres options politiques qui nous sont disponibles. Dans un esprit démocratique, j'ai appelé à une réunion spéciale des Tibétains en exil pour discuter de l'état du peuple tibétain, du problème du Tibet et de la conduite future de notre mouvement. La réunion a eu lieu du 17 au 22 novembre 2008 à Dharamsala, en Inde. Le manque de réponse positive du gouvernement chinois à nos initiatives a renforcé la suspicion de nombreux Tibétains, qui considèrent que le gouvernement chinois n'a aucun intérêt à trouver une solution mutuellement acceptable. Ils continuent de croire que le gouvernement chinois est résolu à une assimilation forcée et complète et à une absorption du Tibet par la Chine. Du coup, ils appellent à une complète indépendance du Tibet. D'autres défendent le droit à l'autodétermination et à un référendum au Tibet. En dépit de ces différents points de vue, les délégués ont unanimement décidé de me donner le pouvoir de décider de la meilleure approche, en accord avec la situation du Tibet, de la Chine et du monde et des changements qui interviennent.

Je vais étudier les suggestions faites par 600 leaders et délégués des communautés tibétaines dans le monde, y compris les vues que nous pouvons rassembler de Tibétains au Tibet.

Je suis un ardent défenseur de la démocratie. En conséquence, j'ai constamment encouragé les Tibétains en exil à suivre le processus démocratique. Aujourd'hui, la communauté de réfugiés tibétains fait partie des rares communautés de réfugiés qui ont établi les trois piliers de la démocratie : le législatif, le judiciaire et l'exécutif. En 2001, nous avons franchi une grande étape dans le processus de démocratisation en élisant par suffrage direct le Premier ministre du Kashag (le cabinet de l'administration tibétaine en exil).

J'ai toujours soutenu que le peuple tibétain devait, en dernier ressort, décider du futur du Tibet. Comme l'a dit le Pandit Nehru, Premier ministre de l'Inde, devant le Parlement indien le 7 décembre 1950 : " le dernier mot en ce qui concerne le Tibet devrait être celui du peuple du Tibet et de personne d'autre ". Le problème du Tibet a des dimensions et des implications qui vont bien au-delà du sort de 6 millions de Tibétains. Tout d'abord, le Tibet est situé entre l'Inde et la Chine. Pendant des siècles le Tibet a été une zone tampon pacifique, séparant les deux pays les plus peuplés de la Terre. Quoi qu'il en soit, en 1962, seulement quelques années après la soi-disant " libération pacifique du Tibet ", le monde a été témoin de la première guerre de l'histoire entre les deux géants de l'Asie. Cela démontre clairement l'importance qu'il y a à trouver une résolution juste et pacifique de la question du Tibet pour permettre une confiance et une amitié véritables et durables entre les deux plus puissantes nations de l'Asie. Le problème du Tibet tient également en la fragilité de son environnement qui, selon les scientifiques, a un impact sur une grande partie de l'Asie et ses milliards d'habitants. Le plateau tibétain est la source de plusieurs des plus grands fleuves d'Asie. Les glaciers du Tibet forment la plus grande masse de glace en dehors des pôles. Certains experts de l'environnement parlent du Tibet comme du 3ème Pôle. Et si le présent réchauffement perdure, le fleuve Indus pourrait s'assécher dans les prochains 15-20 ans. Enfin, l'héritage culturel du Tibet est basé sur le principe bouddhique de compassion et de non-violence. De ce fait, il concerne non seulement les 6 millions de Tibétains mais aussi les 13 millions de personnes à travers l'Himalaya, la Mongolie et les Républiques de Kalmoukie et de Bouriatie en Russie, y compris les frères et soeurs chinois qui, de plus en plus nombreux, partagent cette culture qui a le potentiel de contribuer à bâtir un monde pacifique et harmonieux.

Ma maxime a toujours été d'espérer le meilleur et de se préparer pour le pire. Avec ceci à l'esprit, j'ai conseillé aux Tibétains en exil de faire plus d'efforts dans l'éducation de nos jeunes générations, de renforcer nos institutions culturelles et religieuses en exil, avec pour objectif de préserver notre riche héritage culturel, d'étendre et de renforcer les institutions démocratiques et la société civile au sein de la communauté des réfugiés tibétains. L'un des principaux objectifs de notre communauté en exil est de préserver notre héritage culturel là où c'est possible et d'être la voix libre de notre peuple captif au Tibet. Nous faisons face à des tâches et à des défis démesurés. En tant que communauté de réfugiés, nos ressources sont naturellement limitées. Nous, Tibétains, devons également envisager le fait que notre exil pourrait durer encore plus longtemps. Je voudrais donc remercier l'Union européenne pour son aide dans les domaines de l'éducation et la culture.

Je n'ai aucun doute sur le fait que l'engagement, fidèle sur les principes, du Parlement européen à l'égard de la Chine aura un impact sur le processus de changement en cours en Chine. La tendance globale est vers plus d'ouverture, de liberté, de démocratie et de respect pour les droits de l'Homme. Tôt ou tard, la Chine devra suivre la tendance mondiale. Dans ce contexte, j'aimerais louer le PE pour avoir honoré du prestigieux prix Sakharov le défenseur des droits de l'Homme Hu Jia. C'est un signal important alors que nous voyons la Chine progresser rapidement. Avec son nouveau statut, celle-ci est conduite à jouer un rôle majeur de leader sur la scène mondiale. Pour le remplir, je pense qu'il est essentiel pour la Chine de permettre l'ouverture, la transparence, le droit et la liberté d'information et de penser. Il n'y a pas de doute sur le fait que les attitudes et les politiques de la communauté internationale envers la Chine auront un impact sur le processus de changement en cours, autant que sur les événements et développements internes.

En contraste avec l'attitude toujours extrêmement rigide du gouvernement chinois envers le Tibet, il y a heureusement au sein de la population chinoise - surtout au sein des cercles chinois éduqués et informés - une compréhension et une sympathie grandissantes pour la souffrance du peuple tibétain. Bien que ma foi dans le gouvernement chinois sur la question du Tibet devienne de plus en plus faible, ma foi dans le peuple chinois reste inébranlable. J'ai donc conseillé au peuple tibétain de faire des efforts concertés pour toucher le peuple chinois. Les intellectuels chinois ont ouvertement critiqué la répression brutale des manifestations tibétaines par le gouvernement chinois en mars de cette année et ont appelé à la retenue et au dialogue pour résoudre les problèmes au Tibet.
 
Des avocats chinois ont publiquement offert de défendre lors de leur procès des manifestants tibétains arrêtés. Aujourd'hui, il existe une compréhension, une sympathie, un soutien et une solidarité grandissantes au sein de nos frères et soeurs chinois pour la situation difficile des Tibétains et leurs aspirations légitimes. C'est très encourageant. Je profite de cette opportunité pour remercier nos courageux frères et soeurs chinois pour leur solidarité.

Je remercie également le PE pour son soutien et son attention continus pour le combat juste et non-violent des Tibétains. Votre sympathie, votre soutien et votre solidarité ont toujours été une grande source d'inspiration et d'encouragement pour le peuple tibétain, à la fois au-dedans et au-dehors du Tibet. Je voudrais remercier tout particulièrement les membres de l'Intergroupe Tibet du PE, qui ont fait de la tragédie du peuple tibétain non seulement le sujet de leur travail politique mais aussi la cause de leur coeur. Les nombreuses résolutions du PE sur le problème du Tibet ont beaucoup aidé à révéler la souffrance du peuple tibétain et à faire prendre conscience du problème du Tibet au grand public et aux gouvernements, ici, en Europe, et partout dans le monde.

Le soutien constant apporté par le PE pour le Tibet n'a pas été ignoré en Chine. Je regrette que cela ait causé quelques tensions dans les relations UE - Chine. Quoi qu'il en soit, j'aimerais partager avec vous mon espoir et ma croyance sincères que l'avenir du Tibet et de la Chine passera d'une incompréhension à une relation basée sur le respect mutuel, la confiance et la reconnaissance d'intérêts communs - malgré la situation actuelle très sombre au Tibet et l'impasse du processus de dialogue entre mes émissaires et le gouvernement chinois. Je n'a pas de doutes sur le fait que votre attention et votre soutien continus pour le Tibet vont, sur le long terme, avoir un impact positif et aideront à créer l'environnement politique nécessaire pour une résolution pacifique du problème du Tibet. Votre soutien continu est donc essentiel.

Je vous remercie de l'honneur que vous m'avez fait de pouvoir partager mes pensées avec vous.

Sa Sainteté le XIVème Dalaï Lama
le 4 décembre 2008
Bruxelles
 
 
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La Chine relâche des prisonniers
pour ne pas les voir mourir en prison

Mardi 6 janvier 2009 - Redaction Tibet Info (JMB) - Phayul et Voice of Tibet
 
La Chine a commencé à libérer les prisonniers tibétains qui sont susceptibles de succomber à leurs blessures des suites de la torture et des sévices subis en prison. Cela permet aux autorités chinoises de ne pas être responsable de la mort d’un détenu en prison.

"Ils (les autorités chinoises) remettent les prisonniers aux familles pour éviter d’être blâmé pour leur mort", a déclaré Tenzin Choeying de Students for a Free Tibet (Étudiants pour un Tibet Libre) en Inde.

Selon la radio Voice of Tibet, Guru Dorji, de Kardzé, a été libéré avant la fin de sa peine de prison, après avoir été sauvagement torturé en prison.

Citant des sources fiables, VOT a indiqué que les villageois ont été appelés par les autorités pénitentiaires pour venir récupérer Guru Dorji le 1er janvier. Les villageois l’ont ramené à son domicile le lendemain dans un piètre état.

L’épouse de Guru Dorji est décédée alors qu’il était en prison. Il a exprimé sa tristesse de ne pas avoir pu la voir, mais a déclaré qu’il n’était pas inquiet au sujet de sa propre mort. Prévoyant sa mort prochaine, Guru Dorji a distribué ses biens à ses deux enfants et a exhorté ses concitoyens à prendre soin d’eux.

Les villageois qui sont allés le chercher ont été forcés de signer une lettre promettant qu’il ne participerait pas à des manifestations, s’il se remettait de ses blessures. Une source locale a indiqué à Voice Of Tibet que Guru vomissait ce qu’il mangeait, et qu’il était dans un état grave.
 
Dans un autre incident, une fille nommée Rigden Lhamo, 21 ans, de Kardzé, a été remise à sa famille autour du 25 décembre 2008, parce que les autorités craignaient qu’elle ne succombe à ses blessures en prison. Elle a été grièvement blessée lors des manifestations du 28 mai 2008, et a ensuite été emprisonnée.
 
Le 22 décembre, Rinchen et Jampa Dolma, du couvent de Getsul à Kardzé, ont également été libérées avant leur date de sortie prévue. Elles ont été arrêtées avec deux autres religieuses de Getsul pour leur participation à des protestations le 22 mai à Kardzé.

Cependant, les raisons de leur libération n’ont pas pu être confirmées pour le moment.
 
Une autre sœur nommée Dolma Yangtso du couvent de Laru à Sertha avait informé sa famille de sa condamnation à 2 ans de prison. Elle est décédée des suites de ses blessures après avoir été touchée par balle par les forces de sécurité chinoises lors d’une manifestation le 10 août 2008, toujours à Kardzé.
 
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Voeux de Thupten GYATSO, président de la Communauté tibétaine de France
 
Chers amis du Tibet,
 
A l'occasion de la festivité de la Saint Sylvestre, je voudrais vous présenter à toutes et à tous de tout mon coeur au nom de notre équipe du Bureau de "la Communauté Tibétaine de France et ses Amis" nos meilleurs voeux pour 2009. Nous prions que celle-ci vous apporte de la paix et de la santé aussi bien à l'échelle individuelle que collective, ainsi que la réalisation de vos projets.
 
L'année 2008 a marqué par une multitude des événements de tout genre sur le plan mondial et  plus particulièrement au Tibet, les manifestations politiques du mois de mars dernier ont ouvert une nouvelle page dans l'Histoire de la Résistance pacifique du peuple tibétain contre l'occupation illégale de notre pays par la "République populaire de Chine".
 
Une répression sanglante menée par des militaires chinois et "la Police armée du Peuple" à l'encontre des manifestants Tibétains et celle-ci a été commandité directement par Hu Jin Tao sous sa responsabilité.
 
Nous sommes tellement attristés par l'absence d'une réaction concertée de la part de "la Communauté internationale" sur la question tibétaine à l'instar d'autres problèmes du monde afin d'imposer aux autorités chinoises "une enquête internationale" sur la persécution généralisée de la population civile tibétaine complètement désarmée.
 
La République populaire de Chine a bénéficié une totale impunité de l'ONU pour ses crimes contre l'humanité au Tibet et ailleurs.  Le résultat de course, le Tibet est devenu une prison à ciel ouvert où les Tibétains sont considérés moins que rien par un pouvoir colonial qui ne sait que exprimer à travers la violence ensuite Hu Jing Tao cherche à cacher ses crimes en déformant les faits et sa machine de propagande (Xinghai) prêche une version des faits selon laquelle les rôles inversés des criminels des victimes.
 
Au mois de mai dernier, malgré la tension qui régnait au Tibet suit aux répressions chinoises, les Tibétains dans le monde entier ont fait preuve de compassion et d'amitié en exprimant leurs solidarité avec le peuple chinois lors de la tremblement de Terre du 12 mai 2008 en Chine, qui a provoqué la mort de 92, 000 personnes selon "l'agence officielle de Chine nouvelle" et que plusieurs millions se seraient retrouvés sans abri.

le processus du dialogue sur l'avenir du Tibet entre Dharamsala et Pékin se retrouve dans l'impasse à cause de la mauvaise foi et du manque de la volonté politique des autorités chinoises pour régler la question tibétaine. Mais tout n'est pas perdu pour le Tibet, les Tibétains dans sa forte majorité ont apporté un soutien sans faille à la politique de la voie médiane du gouvernement tibétain donc à Sa Sainteté le Dalai Lama à travers la "Réunion extraordinaire du 17-22 du novembre dernier à Dharamsala en Inde.
 
A l'issue de cette réunion spéciale, la société civile a démontré son unité et sa pertinence sur sa demande de l'autonomie pour le Tibet. Désormais la balle se trouve du côté de Pékin.
 
En tant que Tibétains, nous apportons notre soutien à " Charte 08" rédigée par plus de trois cents chinois de tous les secteur de la société chinoise. ce document résume en 19 points réclame fin de monopole du pouvoir "du parti communiste" afin d'engager la Chine vers un Etat fédérale dans un cadre d'une démocratie chinoise soucieuse du respect des droits fondamentaux pour tous.
 
Enfin, nous vous souhaitons une très belle année et nous demandons à nos amis citoyens de continuer votre soutien à la cause du Tibet. je vous remercie infiniment.
 
Thupten GYATSO,
pour l'équipe du Bureau
de "la Communauté Tibétaine de France".

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Nicolas Sarkozy a rencontré le Dalaï-Lama

6 Décembre 2008 - Le Parisien
 
Le président de la République a rencontré pour la première fois le chef spirituel tibétain. L'entretien a eu lieu à Gdansk (Pologne), à l'occasion de la cérémonie organisée pour le 25e anniversaire de la remise du prix Nobel de la paix à Lech Walesa, ancien président polonais et ancien dirigeant du syndicat Solidarnosc.

"Il convient de ne dramatiser aucun rendez-vous. Je suis libre en tant que président de la République française de mon agenda", a déclaré Nicolas Sarkozy, avant  la rencontre avec le dalaï lama qui devrait durer trente minutes cet après-midi.  "En tant que président du Conseil de l'Europe, je porte des valeurs, des convictions. C'était mon devoir de le faire, je le fais bien volontiers", a-t-il ajouté.
 
Cette rencontre suscite la colère des Chinois, qui menacent de boycotter les produits français. Pour Pékin, le chef spirituel tibétain en exil est un agitateur dangereux. Après avoir annulé un sommet avec l'UE à Lyon le 1er décembre et, dans la foulée, le sommet France-Chine prévu le lendemain à Paris, Pékin a maintenu la pression sur Paris. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a ainsi affirmé que les relations commerciales bilatérales pourraient en souffrir, tandis que les appels à boycotter les produits français ont ressurgi sur Internet.

Face à la colère chinoise, Nicolas Sarkozy a déclaré à Gdansk : "Il faut voir ces choses tranquillement, sereinement. Le monde a besoin d'une Chine ouverte qui participe à la gouvernance mondiale. La Chine a besoin d'une Europe puissante (...) nous avons le devoir de travailler ensemble." Les relations s'étaient refroidies au printemps après la sévère répression par Pékin de manifestations tibétaines, qui avait "choqué" le chef de l'Etat français, puis du passage mouvementé de la flamme olympique à Paris. En août, Nicolas Sarkozy avait renoncé à rencontrer le dalaï lama en visite en France. Le chef spirituel tibétain avait inauguré un temple boudhique avec Carla Bruni-Sarkozy.  "J'ai déjà rencontré l'épouse. Je suis heureux maintenant de rencontrer le mari", a-t-il déclaré, non sans ironie, cette semaine lors de sa visite au Parlement de Bruxelles.
 
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Edito du Monde

Alarme tibétaine
 
Edition du 25/11/2008 - Le Monde  
 
Il faut s'inquiéter pour le Tibet. L'apparent calme qui règne sur le Toit du monde, secoué au printemps par des troubles violents avant que la main de fer de Pékin ne le bâillonne, est trompeur. En l'absence de règlement politique, le désenchantement et le désespoir continueront d'y faire oeuvre délétère, avant la prochaine explosion.

L'échec récent des discussions avec Pékin, auxquelles les dirigeants chinois avaient consenti pour faire bonne figure avant les Jeux olympiques de l'été, est un fort mauvais présage.

Déjà le raidissement se dessine dans le camp tibétain. Comme si la trêve olympique se concluait. En l'absence d'une information libre, on peine évidemment à prendre toute la mesure des sentiments qui travaillent les cinq millions de Tibétains de l'"intérieur" qui vivent sous la férule chinoise.

Mais la diaspora (140 000 personnes) est gagnée, elle, par une exaspération lourde de périls. Si un message devait être retenu des états généraux de l'exil qui se sont réunis du 17 au 22 novembre à Dharamsala, sur les contreforts himalayens du nord de l'Inde, c'est bien celui-là : les esprits se crispent à nouveau.

Il ne faut pas chercher à se rassurer en relevant que le document final du conclave, sans précédent dans les annales du mouvement tibétain, réaffirme le soutien à la voie modérée - l'autonomie - prônée par le dalaï-lama. Il convient de bien lire entre les lignes. Ce que sous-entend vraiment ce texte, c'est que toutes les options vont redevenir ouvertes si, "dans un proche futur", Pékin ne se départ pas de son intransigeance coutumière.
 
Toutes les options ? Le projet d'"indépendance", terme jusque-là tabou dans les cercles proches du dalaï-lama, est ainsi brandi comme une mise en garde.

Deux décennies d'approche conciliatrice - la fameuse "voie du milieu" - du chef politique et spirituel des Tibétains sont ainsi virtuellement en danger. Il est urgent que la communauté internationale comprenne la rupture en train de se dessiner. Il est impératif qu'elle se tourne à nouveau vers Pékin pour le convaincre qu'il n'est dans l'intérêt de personne, y compris des Chinois eux-mêmes, que le Toit du monde s'enfièvre à nouveau.

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Le Dalaï-Lama juge la communauté tibétaine
"en grand danger"

Dimanche 23/11/2008 - LEMONDE.FR

Le dalaï-lama a tenu une conférence de presse, dimanche 23 novembre, à Dharamsala, après avoir déclaré, lors d'un rassemblement des Tibétains en exil, qu'il avait "récemment perdu de plus en plus confiance dans les autorités chinoises".

La communauté tibétaine est "en grand danger" faute de stratégie, a averti, dimanche 23 novembre, le dalaï-lama, qui a aussi reconnu avoir perdu toute confiance dans les autorités chinoises après l'échec d'années de négociations sur le statut du Tibet.

"J'ai récemment déclaré que ma confiance dans les autorités chinoises s'amenuisait", a-t-il ainsi déclaré lors d'un rassemblement de la communauté tibétaine à Dharamsala, "capitale" depuis 1959 du gouvernement en exil, située dans le nord de l'Inde. Ce type de consultation, où quelque 550 exilés tibétains débattaient depuis une semaine sur l'avenir de leur lutte, était sans précédent. "Dans les vingt prochaines années, si nous ne prenons pas garde à nos actes et à notre stratégie, alors la communauté tibétaine est en grand danger", a prévenu le dignitaire bouddhiste, âgé de 73 ans, qui a appelé à des "projets innovants pour les Tibétains".

Alors qu'une frange des exilés tibétains aspirait à une radicalisation de la lutte contre la domination chinoise, l'option d'un possible durcissement - l'indépendance du Tibet plutôt qu'une simple autonomie - a été écartée. Un consensus s'est en fait dégagé parmi les délégués pour s'aligner sur la ligne conciliante prônée par le dalaï-lama, qui a renoncé à revendiquer l'indépendance, sachant que la Chine ne reviendra jamais sur sa souveraineté sur le Tibet qu'elle contrôle depuis 1951. Le chef politique et spirituel tibétain a ainsi choisi une diplomatie dite de la "voie moyenne" consistant à réclamer une large "autonomie culturelle".

 "La majorité s'est prononcée pour poursuivre la politique de la 'voie moyenne'" du compromis avec Pékin sur le statut de la province autonome chinoise, avait déclaré, samedi, le président du Parlement tibétain en exil, Karma Chophel. Mais "un certain nombre [d'exilés] ont déclaré que si la 'voie moyenne' ne donnait pas de résultats dans un avenir proche, alors le peuple tibétain sera contraint de modifier sa position en vue d'une totale indépendance ou d'une exigence d'auto-détermination", a cependant prévenu Karma Chophel.
 
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Les délégués tibétains en conclave à Dharamsala (Reuters)
 
Les Tibétains en exil
soutiennent la voie moyenne du Dalaï-Lama
 
Samedi 22/11/2008 - Libération.fr et Reuters - par Bappa Majumdar (traducrion Marc Delteil et Guy Kerivel)

DHARAMSALA - Le conclave qui a rassemblé cette semaine des centaines de Tibétains en exil à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, a décidé de poursuivre la "voie moyenne" du dalaï-lama vis-à-vis de la Chine.

Cette réunion de six jours dans la "capitale" des Tibétains exilés visait à discuter de l'avenir du mouvement devant l'absence de résultats de huit sessions de discussions entre les autorités de Pékin et le camp du chef spirituel des Tibétains.

La "voie moyenne" du dalaï-lama consiste à rechercher par le dialogue une plus grande autonomie de la province chinoise au détriment de la revendication d'indépendance.

"Nous continuerons sur cette 'voie moyenne' et s'il n'y a pas de résultat à court terme nous envisagerons d'autres options, y compris l'indépendance", a cependant déclaré Karma Choephel, président du parlement tibétain en exil.

Pour Samdhong Rimpoche, Premier ministre du gouvernement en exil, "la voie moyenne reste notre objectif". "Nous sommes toujours partisans de la non-violence. Une petite partie de notre peuple n'est pas d'accord mais sa voix a aussi été entendue", a-t-il dit.

Immobilisme chinois

Certains délégués à Dharamsala voulaient qu'un délai de deux ans soit fixé à Pékin pour régler la question tibétaine, faute de quoi ordre serait donné de radicaliser le mouvement d'émancipation.

Mais la majorité a apporté son soutien à la ligne du dalaï-lama qui, à 73 ans, a récemment connu des ennuis de santé et n'assistait pas aux débats.
Pour certains observateurs, la réunion de Dharamsala visait à persuader les Chinois qu'en l'absence de compromis des éléments plus radicaux se dresseront contre eux.

Des pourparlers se sont tenus du 31 octobre au 5 novembre à Pékin, au cours desquels la Chine a continué de rejeter les revendications d'autonomie des Tibétains en exil.

Ceux-ci ont présenté à leurs interlocuteurs un "protocole pour une véritable autonomie", soulignant leur droit à leur propre gouvernement régional, à une représentation au sein des organes de décision, à la protection de la culture et de l'identité des nationalités minoritaires au Tibet et à la préservation de l'environnement.

Les responsables chinois ont fermé la porte à toute "indépendance, semi-indépendance ou indépendance déguisée".

Selon une source tibétaine, les mesures de sécurité ont été renforcées ces derniers temps à Lhassa, la capitale du Tibet.

Les personnes dépourvues de permis de séjour, comme les pèlerins ou les hommes d'affaires, sont expulsées de la ville, a précisé cette source, selon qui la police et les militaires patrouillent dans les rues.
 
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La pièce originale (sa version en tibétain) du "Traité Tibet-Mongolie de 1913" a été retrouvée en Mongolie
 
Le traité d'indépendance du Tibet (1913) a été retrouvé

Phayul - 12 novembre 2008 - par Phurbu Thinley (English version)

"Dans les premières lignes du traité (traité Tibet-Mongolie de 1913) le Tibet et la Mongolie attestent de s'être libéré de la domination Mandchou et d'avoir chacun constitué un état indépendant."

Au cours des siècles, le Tibet et la Mongolie avaient développé des liens très forts au niveau culturel et historique. Suite à l'effondrement de la Dynastie Manchu (Qing) en 1911, le Tibet et la Mongolie déclarèrent leur indépendance puis, par la suite, signèrent en 1913 un traité d'amitié et de reconnaissance mutuelle de leurs indépendances respectives.

Parfois, l'existence de ce traité entre le Tibet et la Mongolie, tel qu'il a été conclu début 1913, a été mise en doute par certains intellectuels. Mais récemment, la pièce originale de la version en Tibétain (mais pas celle en Mongol) du traité Tibet-Mongolie de 1913 a été redécouverte, mettant pour la première fois à la disposition des experts une part essentielle du document original.

Interviewé par Phayul, le Professeur Elliot Sperling fait un peu plus la lumière sur ce traité, en montrant sa portée historique par rapport aux controverses sur la question du Tibet.

Le Professeur Elliot Sperling travaille au Département d'Etudes Eurasie-Centrale de l'Université d'Indiana (USA). Il y dirige le programme de recherche sur le Tibet. Il est venu récemment à Dharamsala (siège du Gouvernement Tibétain en Exil en Inde) pour une conférence sur le Traité, la redécouverte de son texte original, et en décrivant ses implications. Il vient de donner de nombreuses conférences sur ce sujet dans diverses universités occidentales.
 
Interview
Q - En quoi consiste exactement ce traité Tibet-Mongolie de 1913 ?

Elliot Sperling : Le Traité revêt exactement ce que laisse entendre son libellé. C'est un traité signé en janvier 1913 et portant les sceaux des représentants du Tibet et de la Mongolie. Dans les premières lignes du traité, le Tibet et la Mongolie attestent de s'être libéré de la domination Mandchou et d'avoir chacun constitué un état indépendant. Suivent une série de courts articles portant, entre autres sujets, sur leur engagement mutuel de secours et d'assistance, et abordant des dispositions commerciales et financières.

Q - La version en tibétain de l'original du Traité a été retrouvée au cours de l'année dernière. Où et à quelle date précisément ? Pourquoi n'a-t'il pas été officiellement accessible plus tôt ?

E.S. - Le Traité a été retrouvé en Mongolie. Il devait être dans les archives nationales (d'ailleurs il porte le sceau de l'ancien ministère des affaires étrangères). Des copies ont commencé à circuler seulement en 2007. La délicate situation politique de la Mongolie (située entre l'URSS et la Chine), pendant presque tout le XXème siècle, a sûrement joué sur le fait que cette version originale soit restée inaccessible aussi longtemps.

Néanmoins, d'autres versions du traité étaient disponibles : en anglais, mandarin, et mongol. Il y en avait même une en tibétain - résultant d'une traduction de l'anglais (!) comme celle en mandarin - réalisée par Tsepon W.D. Shakabpa - et, avant que n'apparaisse le document original en tibétain, c'était la seule version accessible pour ceux qui lisent le tibétain.

La version en anglais résultait quant à elle d'une traduction d'une version en russe, cette dernière ayant probablement été rédigée à partir d'un rapport officieux des Mongols relatant l'original. Aucune de ces autres versions ne donnait une vue exhaustive de toutes les parties du texte original en tibétain, mais elles sont étonnament fidèles à l'original sur le fond.

En résumé, les traductions se sont enchaînées à partir de la pièce originale en tibétain, qui fut d'abord traduite en mongol, puis cette version fut convertie en russe, elle-même traduite en anglais. Ce dernier a ensuite été traduit d'un côté en mandarin, et de l'autre en tibétain (par Shakabpa) à nouveau (avec des différences par rapport à l'original en tibétain).
 
Q - Quelle est la signification historique de ce traité daté de 1913 ?

E.S. - Sachant que l'existence même de ce traité était parfois mise en doute, la redécouverte du document original est très importante au niveau historique. Sa portée vient surtout du fait qu'il s'agit d'un document officiel dans lequel, conjointement, le Tibet et la Mongolie reconnaissent mutuellement leur indépendance, suite à l'effondrement de la Dynastie Qing.
 
Q - La Chine conteste l'existence et la validité de ce traité. Sur quelles bases ?

E.S. - La plupart des auteurs chinois ont dénigré ce traité, mais pas tous de la même façon. Il y a un ouvrage en mandarin qui s'évertue laborieusement à n'évoquer ce traité que sous le terme "accord", laissant entendre qu'il n'a aucune valeur au plan international. (Les mêmes circonvolutions lexicales furent utilisées pour l'Accord en 17 Points de 1951, où le terme "Accord" fut choisi pour montrer que le document en question ne constituait qu'un arrangement entre parties à l'intérieur d'un même pays, et pour le rendre inutilisable juridiquement au niveau international.)

D'autres auteurs chinois s'appuient, pour dénigrer le traité Tibet-Mongolie de 1913, sur les observations de Charles Bell, qui affirmait que le 13ème Dalai Lama n'aurait ni requis explicitement la signature d'un tel traité, ni assuré ensuite sa ratification.
 
Q - Il est incontestable que le Tibet ait été totalement indépendant de toute subordination étrangère entre 1911 et 1950. Aussi le 13ème Dalai Lama avait-il déclaré formellement l'indépendance du Tibet en 1912. Cependant, l'existence du traité entre le Tibet et la Mongolie, conclu début 1913, était sujet à discussion pour certains intellectuels.

E.S. - Cela est, je le répète, largement dû à ce compte rendu de Bell. Alfred Rubin dénigre sa validité avec l'expression "même si le traité existe vraiment", tandis que Tom Grunfeld y fait allusion avec l'adjectif "prétendu". Dans l'édition 1987 de son livre sur le Tibet moderne, il affirme que le traité "se révèle être un cas classique de désinformation venant de responsables russes, colons en Mongolie". Il a omis cette mention dans l'édition de 1996.
 
Q - Maintenant que le texte original du traité est retrouvé, quelles sont les implications éventuelles sur le problème du Tibet, pour les experts de cette question ?

E.S. - C'est un point qui reste à étudier. Mais désormais il ne peut évidemment plus être balayé d'un revers de main.
 
Q - Quelle conclusion pouvez vous tirer après avoir eu accès à l'original de ce traité méconnu, objet de tant de débats ?

E.S. - Le traité est authentique. Il existe vraiment, et il porte les signatures et les sceaux de responsables agissant avec les attributions de Ministres Plénipotentiaires du Dalai Lama, dotés des pleins pouvoirs pour conclure ce traité. Il n'y a aucun doute sur le contenu du traité.

Même si des doutes ont pu être émis, venant notamment de Charles Bell, il serait inconcevable que les Tibétains signataires aient pu fabriquer les certificats prouvant que le Dalai Lama leur avait donné tout pouvoir pour mener à bien cette mission (je fais notamment référence à leur délégation de pouvoir accordée par le Dalai Lama les faisant ses Plénipotentiaires), et qu'ils auraient ensuite pu masquer leur fraude à travers la formulation même du traité.

Pour comprendre les remarques de Bell sur le fait que le Dalai Lama ait minimisé son rôle dans ce traité, on peut supposer que dans le prolongement des événements qui ont conduit par deux fois à son exil, le Dalai Lama ne se faisait plus d'illusion sur les rapports de force autour du Tibet : alors, quand il a vu les Britanniques, informés par des rumeurs, commencer à exprimer leur désaccord par rapport à ce traité, il a sûrement préféré rester dans le vague sur le traité dans ses échanges avec Bell.
 
Merci beaucoup Professeur Sperling.

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Des copies ont commencé à circuler seulement en 2007. Le Prof. Elliot Sperling pense que la délicate situation politique de la Mongolie, pendant presque tout le XXème siècle, expliquerait le fait que l'original du traité n'ait pas été découvert plus tôt. (Phayul/File).
 
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Malgré l'échec des dernières discussions le Dalaï Lama veut continuer à discuter avec la Chine

Mercredi 12 novembre 2008 par Redaction Tibet Info (JMB)
 
Le Dalaï Lama croit toujours aux vertus du dialogue avec la Chine sur une éventuelle autonomie du Tibet, a annoncé le 11 novembre son conseiller, malgré l’échec des récentes discussions sino-tibétaines.

Le Secrétaire du Département de la Sécurité Tenzin Taklha a indiqué à l’AFP que le chef en exil du bouddhisme tibétain "estimait que, dans n’importe quel conflit, la seule solution réside dans le dialogue".

"Il ne peut y avoir aucun progrès sans pourparlers. C’est la position constante du Dalaï Lama", a-t-il affirmé.
 
 
"La Chine ne fera jamais de concession sur le statut du Tibet"

Pourtant, la Chine a annoncé le 10 novembre que ses dernières discussions à Pékin avec les émissaires du dignitaire religieux avaient échoué en précisant qu’elle ne ferait "jamais de concession" sur le statut du Tibet, région annexée par la Chine en 1951.

Deux émissaires du Dalaï Lama ont participé début novembre en Chine à un nouveau cycle de négociations sur le Tibet, premiers entretiens depuis ceux de juillet jugés décevants par les Tibétains.

Des émissaires du lauréat 1989 du prix Nobel de la paix 1989 et des représentants chinois discutent officiellement depuis 2002.

En octobre, le Dalaï lama avait reconnu que la revendication pour une plus grande autonomie du Tibet avait échoué et s’était dit prêt à envisager un durcissement de sa stratégie. Des groupes de jeunes exilés tibétains, amers et indépendantistes, sont favorables à une radicalisation du mouvement. Pour sa part, Pékin refuse toute idée d’indépendance ou de "semi-indépendance".
 
Une grande réunion de Tibétains est programmée à Dharamsala du 17 au 22 novembre pour discuter de l’avenir de la cause tibétaine.

Le Dalaï Lama avait lui-même admis en octobre avoir perdu espoir de trouver un règlement avec la Chine, "mais il n’a jamais dit qu’il renonçait au dialogue", a assuré le Secrétaire du Département de l’Information et des Relations Internationales, Thubten Samphel.
 
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Deux émissaires du Dalaï-Lama en Chine
 
30 Octobre 2008 - Le Figaro

Deux émissaires du dalaï lama ont quitté le nord de l'Inde pour se rendre en Chine pour un nouveau cycle de négociations sur le statut du Tibet, a-t-on appris de source officielle.
 
Le dignitaire bouddhiste avait indiqué dimanche avoir perdu tout espoir de continuer à discuter avec la Chine d'une autonomie pour le Tibet et envisager de durcir sa stratégie en la matière, notamment en examinant les revendications d'indépendance formulées par des groupes tibétains radicaux.
 
Mais ce huitième cycle de discussions sino-tibétaines était programmé et les deux émissaires Lodi Gyaltsen Gyari et Kelsang Gyaltsen devraient passer une semaine à Pékin en compagnie de représentants chinois, a indiqué le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala (nord de l'Inde) dans un communiqué.
 
La Chine avait appelé mercredi le leader spirituel tibétain à saisir cette "opportunité et à répondre positivement aux conditions posées par les autorités centrales" lors des contacts précédents.
 
Des émissaires du lauréat 1989 du prix Nobel de la paix et Pékin discutent officiellement depuis 2002 du statut du Tibet. Le dernier entretien remonte à juillet, mais il avait été jugé décevant par les Tibétains.
 
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Des moines tibétains battus à coups de pelles et de machettes par la police paramilitaire chinoise !  
 
27 septembre 2008
 
Free Tibet Campaign  English version  Free Tibet Campaign (FTC) rapportait le fait que 50 moines tibétains avaient été battus par la police paramilitaire chinoise le 24 septembre 2008 au monastère de Kirti (dans le comté de Ngaba, région d'Amdo, dans l'est du Tibet historique; territoire rattaché à la province chinoise de Sichuan).

Aujourd'hui FTC dispose de plus de détails, venant d'une source certifiée, sur ces événements au monastère de Kirti : Le moine qui avait été battu dans la soirée du 24 sept. se dénomme Jimpa Ladja. Il était sorti du bâtiment du monastère pour aller aux toilettes, à l'intérieur de l'enclave du monastère.

Le monastère de Kirti se trouve encerclé par la police paramilitaire chinoise, qui a installé 9 postes de garde autour du monastère: chacun d'eux est entouré de barrières et 10 à 15 policiers y sont regroupés. Au delà de ces checkpoints, une limite a été tracée tout autour du monastère : les religieux ont interdiction de sortir de cette zone sans autorisation.

Jimpa Ladja a été arrêté par des paramilitaires, à l'un des postes de garde, alors qu'il revenait vers le batiment du monastère. Les policiers l'ont accusé de circuler hors du périmètre autorisé. Ladja a dit que c'était faux, et ils se sont mis à le frapper sauvagement. Après ce tabassage, Ladja a pu parvenir à pied jusqu'à la cantine qui fait partie du monastère. Une cinquantaine de moines s'y trouvaient en train de dîner. En sang, Ladja leur a raconté qu'il avait été battu sans qu'il ait commis d'infraction.

Alors, deux des moines sont allés demander des explications au poste de police, du côté nord du monastère. Là-bas des paramilitaires chinois les ont menacé en tirant en l'air et dans le sol, à balles réelles, tout près des moines qui sont alors repartis en courant vers le réfectoire, poursuivis par les policiers qui exigeaient que Ladja en sorte immédiatement. 

 A la cantine, deux moines se sont indignés auprès des paramilitaires du fait insensé de sanctionner des moines sortant de leur monastère pour aller aux toilettes. Les religieux ont demandé aux policiers de contacter leurs responsables pour traiter avec eux de cette affaire. L'un des policiers a effectivement téléphoné mais, juste après, deux camions remplis de paramilitaires ont débarqué. Ils étaient armées de fusils, de pelles et de machettes. 

 Lorsque ces policiers en armes firent irruption, les moines se tenaient assis par terre, ouvrant même leurs vêtements pour montrer qu'ils n'avaient aucune arme. Les religieux n'ont montré aucun signe de violence, mais la police s'est mise brutalement à leur taper dessus à coups de crosses de fusil, de pelles et même de machettes.  

 Leurs blessures étaient telles que cinq moines durent être hospitalisés. Il s'agit de Lama Sotse, Rabgye, Tsang Chopel, Labchoek and Lophel. Rabgye et Tsang Chopel souffrent de graves blessures dues à des coups de pelles et de machettes. 

Les moines blessés ont été conduits à l'hôpital public de la ville de Ngaba. Au 26 sept. seul Lama Sotse s'y trouvait encore.

A ce jour, on ne sait toujours pas ce que sont devenus les quatre autres religieux hospitalisés.
 
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Jetsun Pema à Crest - Fabrice Anterion - Dauphiné Libéré
 
La soeur du Dalaï-Lama était hier à Crest
 
Lundi 25 août 2008 - Chantal Seignoret - Dauphiné Libéré
 
Pour tous les réfugiés tibétains d'Inde, elle est "Pema la", la "Mère". C'est par son action inlassable en faveur de l'éducation et des enfants que Jetsum Pema a mérité cet affectueux surnom. La soeur cadette du Dalaï Lama a consacré près de 40 ans de sa vie aux "tibetian children village" installés pour les exilés sur le territoire indien. Depuis 2006, date de sa retraite, elle parcourt le monde pour témoigner et recueillir les fonds nécessaires à la poursuite de son action et à la création de la première université tibétaine. Elle était hier à Crest à l'invitation de l'association "Tibet vallée de la Drôme" et de "Tibet, les enfants de l'espoir".

Le matin, la soeur du Dalaï-Lama -avec lequel elle partage une certaine noblesse physique- a été officiellement honorée par la municipalité d'Hervé Mariton. Membre du groupe d'études pour le Tibet à l'Assemblée nationale, le député maire soutient depuis longtemps la cause du Tibet; il a tenu à remettre à Jetsum Pema la médaille de l'Assemblée nationale, la ville se serait également engagée à parrainer les études de deux jeunes tibétains.
 
Toujours de jeunes orphelins arrivants  Au lendemain de la visite du Dalaï Lama en France, sa soeur s'est refusée à tout commentaire politique, se déclarant seulement "inquiète de l'après Jeux Olympiques" et des quelque 10.000 prisonniers qui seraient actuellement dans les prisons chinoises.
 
"Notre mission est d'être "la voix des sans voix". La Chine est un pays économiquement très fort, mais très faible du point de vue des droits de l'homme et il lui faudra progresser sur cette voie pour être reconnue des autres nations". Pas de découragement donc puisque le long combat pacifique des exilés tibétains et de leur chef spirituel "est aujourd'hui connu dans le monde entier".
 
"L'important est de former un bon être humain"

En Inde, un travail considérable a été accompli depuis la première école, créée dès 1959. Aujourd'hui 27.000 enfants sont accueillis, dont 16.000 en "tcv", ces villages d'orphelins organisés en communauté éducative autour d'une "mère". Et il en arrive encore près d'un millier par an. Les parents tibétains préfèrent se sacrifier et se séparer de leurs enfants pour qu'ils rejoignent l'Inde -souvent à pied, dans le froid et la neige- et puissent conserver leur culture d'origine. Ces écoles sont financées soit par l'aide occidentale, soit par le parrainage individuel (30 dollars par enfant).

A Bangalore, est en construction la première université qui accueille déjà 87 étudiants destinés au professorat. Neuf millions d'euros sont nécessaires, dont la moitié est déjà trouvée. "La démocratie va de pair avec l'éducation et celle-ci est au centre des préoccupations du Dalaï-Lama, explique Jetsum Pema, mais plus que le savoir, l'important est de former un bon être humain". Porteur de ces valeurs éthiques et spirituelles qui ont valu au Dalaï-Lama une reconnaissance mondiale.
 
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Bernard Kouchner :
le Dalaï-Lama "toujours le bienvenu en France"
 
Lodève - Vendredi  22 août 2008 - Le Point.fr - Marc Vignaud
 
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'État aux Droits de l'homme Rama Yade ont assisté aux côtés du Dalaï-Lama, vendredi, à l'inauguration du temple bouddhiste de Lérab Ling à Roqueredonde dans l'Hérault, tout comme l'épouse du chef de l'État Carla Bruni-Sarkozy. Cette entrevue intervient à la veille du départ du Prix Nobel de la paix et alors que l'accueil officiel a été, selon l'opposition, frileux et confus pour ne pas froisser Pékin.
 
À son arrivée, l'épouse du président de la République française Carla Bruni-Sarkozy a été accueillie par le Dalaï-Lama. Elle a effectué avec lui une procession autour de l'édifice sous une pluie battante. Le père spirituel du bouddhisme, vêtu de l'habit et d'une coiffe traditionnels, lui a ensuite passé autour du cou la traditionnelle écharpe blanche portée en signe de bienvenue au Tibet, la "kata". La première dame de France, vêtue d'une robe bleu marine et chaussée de sandales mauves, a joint un moment les mains en signe de respect. Puis ils ont défait le noeud d'un ruban sur la porte centrale du temple de Lérab Ling, inaugurant officiellement ce lieu. Au cours de leur entrevue, Carla Bruni-Sarkozy lui a transmis "les salutations" de son mari, a fait savoir le représentant en Europe du Dalaï-Lama, Jampal Chosang.
 
Lors de l'inauguration, le chef spirituel du Tibet s'est prosterné devant la statue de Bouddha à l'intérieur du temple, avant de saluer dans l'assistance le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui lui a remis un présent. La secrétaire d'État aux Droits de l'homme Rama Yade ainsi que l'ancien Premier ministre Alain Juppé l'ont aussi salué.
 
Son combat "pour la justice"
 
Bernard Kouchner a assuré que ce dernier était "toujours le bienvenu en France". Le chef de la diplomatie française s'est refusé à toute autre déclaration, s'engouffrant rapidement dans sa voiture sitôt l'entrevue achevée. Il est le seul représentant du gouvernement français avec Rama Yade à avoir rencontré le Dalaï-Lama lors de sa visite en France. Le président Nicolas Sarkozy avait indiqué qu'il ne recevrait pas le Dalaï-Lama car le moment était peu opportun et que le chef spirituel n'avait pas demandé à le voir. En revanche, l'exilé en Inde avait été reçu à Nantes par le maire de la ville et le président du groupe socialiste à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault, et s'était affiché samedi dernier avec Ségolène Royal.
 
Le moine bouddhiste a pour sa part déclaré à Bernard Kouchner que "la Chine [était] une grande puissance, la nation la plus peuplée au monde, avec une immense culture", mais que "pour gagner la respectabilité au sein de la communauté mondiale, elle [avait] besoin d'une autorité morale qu'elle ne pourra obtenir que si elle marche vers la démocratie", rapporte Matthieu Ricard, son interprète français. Le Dalaï-Lama "a exprimé à quel point la situation était grave et que c'était la seule solution qui était bonne pour la Chine et bonne pour le Tibet". Il a également affirmé que, "en parallèle aux Jeux olympiques, il y a une certaine forme de répression extrêmement brutale qui continue de régner. La trêve olympique est donc un peu une histoire".
 
Le Dalaï-Lama a assuré que son "combat - et celui de son peuple - n'est pas un combat contre la Chine, mais pour la justice" et qu'il continuait à apprécier "la façon dont la France, depuis les événements tragiques de mars, a essayé de soutenir ce combat", espérant que "cela pourra se poursuivre". Il a par ailleurs annoncé qu'il y aurait en septembre une réunion du parlement tibétain en exil "qui déciderait peut-être de nouvelles options à proposer au gouvernement chinois" lors d'une rencontre "qui pourrait se faire en octobre" entre ses représentants de Pékin. C'est au parlement tibétain, "de façon purement démocratique", de décider de l'avenir du Tibet, a-t-il conclu.
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SS le Dalaï Lama à Nantes, à ses côtés Matthieu Ricard
(photo : Régis Routier - Ville de Nantes)
 
L'armée chinoise tire sur la foule dans le Kham

140 Tibétains tués lundi 18 août (*)
 
Jeudi 21 août 2008 - Henri Tincq  - Le Monde
 
A la veille de sa visite au temple bouddhiste Lerab Ling près de Lodève (Hérault), où il doit rencontrer, vendredi 22 août, Carla Bruni-Sarkozy, Bernard Kouchner et Rama Yade, le Dalaï-Lama a évoqué à Nantes, pour Le Monde, l'avenir politique du Tibet après les Jeux olympiques de Pékin.

Le Monde - La répression a-t-elle continué au Tibet, malgré la trêve olympique ?

Dalaï-Lama - L'armée chinoise a encore tiré sur la foule, lundi 18 août, dans la région du Kham, dans l'est du Tibet : cent quarante Tibétains auraient été tués, mais ce chiffre demande à être confirmé (*). Depuis le début des émeutes, le 10 mars, des témoins fiables ont pu établir que 400 personnes ont été tuées dans la seule région de Lhassa. Tuées par balles, alors qu'elles manifestaient sans armes. Leurs corps n'ont jamais été rendus aux familles. Si l'on considère tout le Tibet, le nombre des victimes est bien sûr plus grand. Dix mille personnes ont été arrêtées. On ne sait pas où elles sont incarcérées.
 
La nouveauté est la construction de vrais campements militaires. La présence militaire au Tibet est ancienne, mais la frénésie de constructions nouvelles, dans les régions de l'Amdo et du Kham, me fait dire que cette colonisation par l'armée est destinée à durer. Autrefois, des camions militaires venaient et restaient quelques mois. Aujourd'hui, un projet de répression brutale s'inscrit dans la durée.

Le Monde - Qu'attendre donc de la discussion que vous espérez toujours avec Pékin ?

Dalaï-Lama - Entre les émeutes de mars et les Jeux olympiques, nous avions cru à des signaux positifs. Le président Hu Jintao lui-même s'était engagé à des discussions sérieuses. Mais nous avons vite déchanté. Nos émissaires se sont heurtés à un mur. Aucune ouverture n'a été enregistrée. Le Parlement tibétain en exil se réunira donc en septembre, mais notre approche ne va pas bouger : celle de la non-violence et de la voie médiane. L'autonomie reste notre but. Une autonomie véritable, car l'autonomie à la chinoise, nous savons ce qu'elle est : un leurre.

Le Monde - Vous venez de déclarer au Financial Times qu'il faut "respecter" la Constitution de la République populaire de Chine. Et au New York Times, que vous êtes prêt à endosser le "socialisme" chinois. Est-ce un changement de cap ?

Dalaï-Lama - J'ai toujours dit qu'il fallait instaurer l'autonomie du Tibet dans le cadre de la Constitution de la République populaire de Chine. Je n'ai pas changé d'avis. De même, je dis depuis longtemps qu'il faut respecter le régime chinois, y compris sa nature socialiste. Dès 1992, j'affirmais que si une solution était trouvée au Tibet et nous paraissait acceptable, alors nous rentrerions au pays et reconnaîtrions les pouvoirs en place. J'avais même ajouté que le gouvernement tibétain en exil se trouverait automatiquement dissous. C'est toujours vrai.

Le Monde - Hypothèse inimaginable...

Dalaï-Lama - Oui, parce que les autorités continuent de penser qu'il n'y a pas de problème au Tibet, que le seul problème est celui posé par le dalaï-lama ! Elles ont souvent tenté de me convaincre que si je m'alignais, je retrouverai tous mes pouvoirs. Mais le sort du dalaï-lama me préoccupe moins que le sort de six millions de Tibétains.
 
Bien sûr, il y a un problème au Tibet ! Le président Hu Jintao affirme qu'il travaille à une "société harmonieuse". Mais tout ce qu'il fait va à l'encontre d'une telle harmonie. Den Xiao Ping avait un vrai projet de développement économique et nous l'avions approuvé, car nous connaissons les retards matériels du Tibet. Mais tout ce qui a suivi a contredit les projets d'éducation, de développement, de stabilité politique, d'unité nationale. Aucune harmonie ne sera possible en Chine avec la politique de la force, qui est tout sauf une politique réaliste.
 
La Chine veut devenir une superpuissance ? Elle doit d'abord retrouver une autorité morale. La répression qui frappe le Tibet et d'autres régions de Chine porte une atteinte considérable à sa respectabilité. De plus en plus d'intellectuels le disent et critiquent le régime. Mais notre position n'est pas qu'il y ait des gagnants et des perdants. C'est que les deux parties soient gagnantes. En attendant, nous considérerons toujours que les Tibétains de l'intérieur sont nos maîtres. Je ne suis que le porte-parole libre du peuple tibétain qui est chez lui et réprimé au Tibet.

Le Monde - La "voie médiane" et la "non-violence" ne sont-elles pas en recul chez les jeunes, comme l'ont prouvé les émeutes de mars ?

Dalaï-Lama - Contrairement à ce qu'on a dit dans les médias, ce n'est pas la non-violence qui est en cause. Il n'y a qu'une très faible minorité - y compris chez les jeunes - qui évoque le recours à la violence. La vraie divergence est celle qui oppose ceux qui réclament l'indépendance du Tibet et ceux qui, comme nous, veulent proposer une voie médiane et une véritable autonomie. Or nous sommes dans une situation difficile parce que la voie médiane, il faut le reconnaître, n'a pas porté beaucoup de fruits.
 
Je voudrais ajouter, à propos de la violence, que celle-ci n'est jamais une solution. L'Europe le sait, qui a subi les carnages de deux grandes guerres. La France le sait, qui va enterrer dix de ses soldats tués en Afghanistan. J'ai de la compassion pour leurs familles. Comme j'ai de la compassion pour les familles du Sichuan touchées par le tremblement de terre : cette politique chinoise de l'enfant unique est amère. En perdant un enfant dans une école détruite, beaucoup de parents perdaient leur enfant unique !

Le Monde - Quel bilan faites-vous, après les polémiques, de l'accueil de la France ?

Dalaï Lama - Si j'étais venu avec un agenda politique précis, des rendez-vous avec des responsables politiques et gouvernementaux, alors il y aurait eu de quoi être largement déçu ! Je dois rencontrer Bernard Kouchner. Je le connais depuis longtemps et n'ignore pas sa solidarité pour le Tibet, ni celle du président Sarkozy.
 
Alors, j'espère qu'après les Jeux olympiques, le président en exercice de l'Union européenne fera des propositions constructives au gouvernement chinois. Quoi qu'il en soit, mon agenda n'était pas politique. Je suis venu en France travailler à la promotion de valeurs humaines et au dialogue entre les religions. Si j'en juge par les publics rencontrés, j'ai de quoi être très satisfait.
 
Propos recueillis par Henri Tincq
 
(*) Le bureau du Dalaï-Lama a publié un communiqué, jeudi 21 août à 17 heures, de mise au point : "Suite à un article paru dans le journal Le Monde, daté du 21 Août, Sa Sainteté Dalaï-Lama aurait déclaré que 140 personnes auraient été tuées récemment dans l'est du Tibet. Nous souhaitons clarifier le fait que Sa Sainteté n'a pas mentionné un nombre de victimes. En réponse à une question du journaliste concernant des nouvelles récentes selon lesquelles les troupes chinoises auraient tiré sur une foule de manifestants, Sa Sainteté a clairement répondu que nous n'avions pas d'informations spécifiques concernant le nombre de victimes. Dans cette interview, Sa Sainteté a dit : " Nous avons simplement reçu cette nouvelle, mais sans pouvoir la confirmer. " Depuis la réception de ces nouvelles, tous les efforts faits pour communiquer avec la population locale affectée par ces événements à Kardzé (Kham, est du Tibet, province du Sichuan) ont échoués."

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Appel à tous ceux qui sont concernés
par le sort du Tibet
 
Samdhong Rinpotché, Premier ministre

Dimanche 17 août 2008 - Dharamsala - Inde - Au nom du Comité de solidarité tibétaine
 
Le monde entier, de manière générale, souffre de graves problèmes tels que la pauvreté, la violence, la dégradation de l'environnement et les conflits inter-religieux, lesquels entraînent - et entraîneront encore dans le futur, à moins qu'on décide d'y remédier - d'interminables souffrances.
 
Au Tibet, la politique intolérante, répressive et discriminatoire du gouvernement chinois a provoqué, en une soixantaine d'années, la mort de milliers de Tibétains ainsi que la disparition progressive de leurs institutions religieuses et culturelles dont il n'est préservé que des simulacres à l'intention des touristes.
 
Intentionnellement ou pas, les différentes politiques adoptées par le gouvernement chinois envers le Tibet conduisent inexorablement à ce que l'on peut appeler un " génocide culturel ". En outre, le façon dont la police et l'armée chinoise, depuis le mois de mars, ont réprimé et répriment encore, sans la moindre compréhension ni pitié, des protestations pacifiques dont le seul but est d'exprimer les peurs et les aspirations profondes d'un peuple désespéré a entraîné la mort de centaines de personnes, tandis que des milliers d'autres ont été blessées, torturées ou emprisonnées sur de simples soupçons et sans aucun jugement. Ces atrocités sont commises en ce moment même et plus que jamais, et l'atmosphère de terreur qui règne dans tout le pays augure mal d'un relâchement de la politique de répression aveugle après la fin des Jeux Olympiques.
 
Il est également clair que non seulement les Tibétains mais aussi une grande partie du peuple chinois sont privés de liberté d'expression, que ce soit dans le domaine social, politique ou religieux. Le massacre de la place Tian An Men nous a montré avec évidence de quelle façon le gouvernement chinois répondait aux demandes légitimes de son propre peuple. Pour ceux qui en doutent encore, il n'est pas difficile de se représenter la manière dont ils traitent actuellement le peuple tibétain dont ils clament, officiellement, l'appartenance à la " mère patrie " au même titre que les quatre autres ethnies " chinoises ", mais qu'ils considèrent officieusement - il suffit d'écouter les chinois parler entre eux pour s'en convaincre - comme barbare et inférieur aux Hans.
 
Si vous pensez que l'intention pure possède une force qui lui est propre, nous vous invitons à participer, sous la direction de Sa Sainteté le Dalaï Lama, à une journée d'action pacifique pour la paix dans le monde en général, et en particulier pour la résolution du drame tibétain. Cet appel s'adresse bien sûr aux Tibétains en exil, mais aussi à ceux qui soutiennent leur combat pour la liberté, et tout simplement aux amoureux de vérité et de justice. La journée que nous avons choisie est celle du 30 août prochain.
 
Consacrons-la, toute entière si nous le pouvons, ou en partie selon nos possibilités, à cultiver une intention pure envers tous les êtres, à former des vœux sincères pour le bonheur d'autrui, de même qu'à prier pour la paix dans le monde et, en particulier, pour la fin des souffrances du Tibet. 
 
Cette action collective permettra, nous le croyons, de contrebalancer les effets négatifs des actes violents qui provoquent inutilement le malheur d'autrui et se retournent tôt ou tard contre ceux qui les commettent, de soutenir en pensée les victimes de cette violence, de susciter dans notre propre esprit l'amour et la compassion et d'instiller un peu de compassion et de sagesse dans le cœur de ceux qui oppriment les autres. Nous accompagnerons cette action, si nous le pouvons, du jeûne traditionnel que l'on pratique au Tibet pour faire participer le corps aux pensées purificatrices.  

 
                                                 Samdhong Rinpotché (Kalon Tripa)
Premier ministre du gouvernement tibétain en exil
 
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République Française
 
Communiqué du Sénat
 
L’essentiel des propos tenus au Sénat par le Dalaï Lama

Paris, mercredi 13 août 2008
 
Le Dalaï Lama a été reçu au Palais du Luxembourg aujourd’hui, mercredi 13 août 2008, par 40 sénateurs et députés membres du groupe d’information sur le Tibet du Sénat, présidé par M. Louis de Broissia (UMP – Côte d’Or), et du groupe d’études sur le Tibet de l’Assemblée nationale, présidé par M. Lionnel Luca (UMP – Alpes-Maritimes).
 
Au cours de cette audition commune, le Dalaï Lama a rappelé que le but principal de sa visite en France était culturel et spirituel, et pas politique, mais qu’il était heureux de rencontrer à cette occasion des parlementaires français, dont beaucoup sont des amis de longue date.
 
Le Dalaï Lama a confirmé, d’après de nombreux témoignages, la gravité de la situation au Tibet à la suite des événements du mois de mars, les Tibétains étant actuellement victimes d’arrestations arbitraires, d’exécutions sommaires et de tortures à mort. Il a signalé un très fort renforcement de la présence policière et militaire dans toutes les régions du Tibet historique. Il en a conclu que les Tibétains subissent une nouvelle "Révolution culturelle".
 
Le Dalaï Lama a indiqué, citant ses propres sources d’information, que le gouvernement chinois aurait l’intention, après la fin des Jeux olympiques, de faire venir un million de Chinois supplémentaires dans la région autonome du Tibet.
 
Le Dalaï Lama a regretté que le gouvernement de Pékin ait propagé au sein de la population chinoise l’idée que les Tibétains haïssent les Chinois, entraînant en réaction un fort ressentiment et une discrimination à l’encontre de ceux des Tibétains qui vivent dans les grandes villes chinoises.
 
Le Dalaï Lama a récusé les accusations des autorités chinoises, selon lesquelles il aurait organisé les émeutes du mois de mars. Il a proposé d’ouvrir toutes les archives du gouvernement tibétain en exil et tous les enregistrements de ses discours, mettant au défi le gouvernement chinois d’apporter la preuve de ses affirmations.
 
Le Dalaï Lama a espéré que le gouvernement chinois, se rendant compte que la situation réelle du Tibet n’est pas celle qu’il prétendait, adopterait désormais une position plus réaliste et plus constructive. Dans cette hypothèse, il a estimé que sa propre approche pragmatique de la "voie médiane" serait tout à fait adaptée.
 
Le Dalaï Lama, après avoir rappelé que nombre de ceux qui soutiennent la cause tibétaine et des jeunes Tibétains eux-mêmes sont devenus critiques de son approche de la "voie médiane" parce qu’elle n’a pas encore donné de résultats, a annoncé que le Parlement tibétain en exil se réunira à Dharamsala au mois de septembre pour discuter de la politique à suivre.
 
Le Dalaï Lama a précisé que les députés tibétains allaient actualiser et détailler le plan de paix en cinq points qu’il avait personnellement présenté en 1988 devant le Parlement européen à Strasbourg. Il a considéré que l’histoire donnait une base solide à un statut d’autonomie pour le Tibet, la Chine ayant toujours considéré le Grand Tibet comme une entité spéciale, différente de toute autre province chinoise.
 
Le Dalaï Lama a souligné que, contrairement au point de vue des autorités chinoises, la question tibétaine ne se réduit pas à son propre statut personnel, mais concerne le sort des six millions de Tibétains qui vivent en Chine et y sont opprimés. Il s’est inquiété du ressentiment accumulé par les Tibétains depuis trois générations à partir de l’invasion chinoise de 1950 qui, si aucune solution n’est apportée, se transmettra encore aux générations futures.
 
Le Dalaï Lama a affirmé que le Tibet est une nation ancienne, dotée d’un riche héritage culturel, qui semble avoir reçu une condamnation à mort. Il a rappelé qu’il tendait constamment une main amicale au peuple chinois mais que, personne ne la saisissant pour l’instant, il était bien obligé de tendre l’autre main à ceux qui soutiennent les Tibétains dans leur combat pour la justice.
 
Le Dalaï Lama a considéré que, les pressions économiques étant irréalistes, une forme de pression politique était nécessaire sur le gouvernement chinois pour l’amener à faire enfin preuve de bon sens. Il s’est félicité du fort soutien apporté au Tibet par plusieurs pays européens, parmi lesquels la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la République tchèque, ainsi que par l’Union européenne toute entière, par l’intermédiaire du Parlement européen. Il a estimé que, la tendance d’un régime totalitaire comme celui de la Chine étant toujours d’abuser, la communauté internationale n’avait aucune raison d’accepter de se laisser brimer par le régime communiste chinois.
 
Le Dalaï Lama a regretté que l’accession de la Chine à un statut de superpuissance, par ailleurs méritée, se fasse sur la base d’une force militaire, pour qui le pouvoir est conçu comme s’obtenant d’abord par les armes. Il a estimé que cette situation n’était pas optimale pour le monde, et surtout pour les voisins immédiats de la Chine que sont l’Inde, le Japon et la Russie. Il a considéré qu’il était de la responsabilité de la communauté internationale d’amener la Chine à embrasser les idéaux de la démocratie, ce qui ne pouvait se faire que par étapes.
 
Contacts : Bureau de M. Louis de Broissia 01 42 34 35 17
Secrétariat du groupe d’information 01 42 34 36 08
 
Un compte rendu de l’audition sera disponible dans les jours prochains sur les pages Internet du groupe d’information
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"Les Chinois : prix Nobel de la dictature" selon Lionnel Luca
 
Lundi 11 août 2008 - Tibet Info (JMB)
 
Plusieurs voix se sont élevées le 11 août contre la réception à huis clos et sans journalistes du Dalaï Lama au Sénat, prévue le 13 août, notamment qualifiée de "honte" par un parlementaire UMP.

Les présidents des groupes parlementaires sur le Tibet des deux assemblées - tous deux membres de l’UMP - ont chacun regretté cette décision.

"Nous devons le recevoir à huis clos, dans le bureau d’un sénateur. C’est une honte !", a déclaré le député Lionnel Luca, président du groupe d’études sur le Tibet à l’Assemblée.

Soulignant que le Dalaï Lama est prix Nobel de la paix, il a relevé que "ce n’est pas le cas des dirigeants chinois. Eux, c’est plutôt le prix Nobel de la dictature. Elle me fatigue, l’ambassade de Chine", a-t-il dénoncé dans un communiqué.
 
Christian Poncelet fait ami-ami avec Pékin !

Son homologue du Groupe d’information sur le Tibet au Sénat, Louis de Broissia, a assuré que le huis-clos (prévu dès l’annonce de la rencontre fin juillet) avait été décidé car le président de la Haute Assemblée Christian Poncelet "craignait de fâcher la Chine" avec une réception officielle.

"En outre, Christian Poncelet a souhaité que les journalistes ne soient pas là. Heureusement, il ne peut pas interdire aux parlementaires d’accéder au Sénat !", ajoute M. de Broissia dans un entretien du 12 août dans La Croix (publié le 11 août sur le site web du journal La Croix).

Il considère cependant le rendez-vous comme un "contact officiel". "Nous sommes un groupe reconnu par le bureau du Sénat et, en tant que parlementaires, nous représentons la nation", dit-il.
 
"Le président du Sénat tente une nouvelle fois de faire plaisir aux autorités de Pékin en refusant à la presse de couvrir une rencontre entre des élus français et le Dalaï Lama", a déploré de son côté Reporters sans frontières.

Selon un communiqué de l’ONG, M. Poncelet tente ainsi "d’empêcher la presse de se faire l’écho d’un événement qui revêt une grande importance pour la communauté tibétaine".
 
Les deux groupes sur le Tibet réunissent respectivement 189 députés et 63 sénateurs, soit 252 parlementaires de toutes tendances politiques.
 
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" On ne dit plus rien, sauf aux amis très sûrs... "

Le tibet sous la botte
 
Lhassa - Jeudi 24 juillet - Ursula Gauthier - Le Nouvel Observateur

Patrouilles incessantes, contrôles d'identité à chaque instant, mouchards, caméras de surveillance, micros-espions dans les rues : quatre mois après la révolte du Tibet, le pouvoir chinois fait régner à Lhassa, d'où les journalistes sont bannis, une paranoïa qui rappelle les pires persécutions staliniennes, a constaté notre envoyée spéciale Ursula Gauthier.

A Lhassa, les chauffeurs de taxi sont presque tous chinois, les cyclopousses presque tous tibétains : c'est un des signes les plus visibles de l'inégalité des statuts qui fait grincer les dents des Tibétains. Mais depuis l'écrasement de la révolte du 14 mars et l'imposition d'une loi martiale qui ne dit pas son nom, on n'entend plus la moindre plainte. Il faut être fou, ou inconscient, pour élever la voix. Ou ivre. C'est le cas de ce jeune homme qui prend un taxi un jour de juin, trois mois après les émeutes. Il vient d'une "bonne famille tibétaine", il est éméché et sans doute arrogant. Sûrement trop confiant dans l'entregent de son père, haut cadre du Parti. Il se répand en invectives contre ces Chinois qui se conduisent au Tibet comme en pays conquis. En temps normal, le chauffeur aurait fait profil bas, de crainte que le fils à papa ne le prive de sa licence. Mais les temps ont changé. Le petit taxi sichuanais s'arrête au premier carrefour et va se plaindre auprès des soldats postés là comme à tous les coins de rue. Les militaires foncent sur l'ivrogne. Malgré sa mise de golden boy de la nomenklatura, malgré le nom de son père qu'il hurle en chinois, ils le jettent sur le pavé et s'acharnent sur lui à coups de botte - jusqu'à ce que mort s'ensuive. Paralysée d'effroi, une foule immense a suivi toute la scène, sans un mot, sans un geste.

Mission accomplie. Tout Tibétain, du haut en bas de l'échelle, sait désormais qu'il risque la mort au moindre soupçon d'irrespect à l'égard de la puissance chinoise. Lhassa doit oublier la dangereuse audace des grappes de jeunes qui hurlaient d'excitation en arrachant les grilles métalliques de la Banque de Chine, qui caillassaient les camions militaires, incendiaient les commerces chinois et molestaient leurs boutiquiers. Après avoir passé en boucle à la télévision les images inouïes de ces jours de désordre et de rébellion, le pouvoir veut maintenant imprimer la terreur dans les esprits.
 
La présence militaire est écrasante, les contrôles d'identité incessants. Ne pas avoir ses papiers entraîne une arrestation immédiate, parfois une disparition définitive. Car la lutte contre les "éléments criminels" responsables des troubles de mars n'est pas terminée. Une liste d'émeutiers recherchés est toujours affichée sur des panneaux publics.
 
Les contrôles visent surtout les grands gaillards aux cheveux longs, au teint cuivré, portant un rosaire au poignet, une turquoise au cou ou une dent en or : des Tibétains des hauts plateaux, qui ont fourni le gros des insurgés de mars. "La plupart sont renvoyés dans leurs bleds, souffle un habitant de Lhassa sous couvert d'anonymat. Ceux qui ont trempé de près ou de loin dans les émeutes sont arrêtés, torturés, déportés. Une amie chinoise, qui prenait le train quelques semaines après les événements, a vu des centaines d'hommes blessés, claudiquant, couverts de bandages sales, menottes, embarqués sur le train pour Xining. De là, ils auraient été envoyés au Sinkiang, où se trouvent les pires goulags de Chine. Les familles, des nomades ou des paysans illettrés, n'osent pas demander des comptes..."
 
Cette chasse au faciès a vidé les rues de Lhassa des impressionnants nomades couverts de bijoux qui faisaient tourner les moulins à prières. Surtout fuir toute ressemblance avec ces fiers Khampas qui ont osé se dresser contre les maîtres chinois. Exit la mode "ethnique" qui avait cours chez les jeunes branchés de Lhassa. "Plus personne ne porte les cheveux sur l'épaule : trop dangereux, explique un musicien avec un rire amer. On s'est tous rabattus sur la coiffure déstructurée qui a cours chez les modeux Chinois..." En priant pour ne pas s'attirer la suspicion des uniformes omniprésents.
 
On ne peut faire trois pas sans tomber, à chaque carrefour, devant chaque bâtiment officiel, chaque point sensible ou symbolique (stations d'essence, postes, banques, etc.), sur des groupes de soldats, l'air mauvais, déployés en éventail, fusils pointés vers l'extérieur, doigt sur la gâchette. Dans toutes les rues et ruelles, toutes les cinq minutes, une patrouille de militaires, visages fermés, tenue léopard et gants blancs, défile au pas. Des camions vert-de-gris sillonnent les avenues, exhibant leur cargaison de wujing (police armée) en attirail complet - casques, boucliers, matraques, fusils... Les nombreuses casernes qui entourent la ville sont-elles insuffisantes à loger cet afflux de troupes ? Les unités militaires venues du Sichuan avec leurs véhicules briqués, leur matériel dernier cri, occupent ostensiblement le Musée du Tibet, la Bibliothèque du Tibet, désormais fermés aux visiteurs.
 
A cette mise en scène qui vise à frapper les esprits s'ajoute la part immergée de l'iceberg : des milliers de mouchards, déguisés en citoyens ordinaires, en nomades, voire en moines, épient les conversations dans tous les lieux publics. "On ne dit plus rien de personnel, sauf aux amis très sûrs, dans des endroits très sûrs, avoue un Tibétain à mi-voix. Prenez la place du Jokhang, le temple principal : c'est le lieu le plus fliqué de la planète." En effet, il suffit de lever le nez : à côté des caméras de surveillance classiques, les bâtiments qui bordent l'esplanade du majestueux coeur de Lhassa ont reçu de nouvelles caméras sphériques plantées au bout de longs bras horizontaux. Ce sont des fish eyes, capables de filmer à 360°. Le bruit court que des "micros-zooms" ont été installés, qui peuvent capter une conversation particulière à des dizaines de mètres de distance.
 
De quoi créer une paranoïa qui rappelle l'époque des pires persécutions staliniennes. Les gens simples sont ainsi persuadés que les Chinois disposent de moyens techniques fabuleux. "Quand les fouilles des maisons ont commencé, ma nounou m'a confié en pleurant qu'elle avait détruit les deux photos du dalaï-lama qu'elle possédait, raconte une intellectuelle. Pourquoi ne pas les avoir cachées ? Parce qu'elle avait entendu dire que les Chinois avaient une torche spéciale qui bipait et détectait les photos du dalaï-lama les mieux dissimulées..."
 
Cette terreur extrême, frôlant l'irrationnel, explique peut-être en partie l'absence de photos de la répression. Certes, lors des fouilles, des contrôles, les forces de l'ordre ont spécifiquement recherché les images, épluchant les ordinateurs, les cartes à mémoire des mobiles, saisissant tout ce qui avait trait aux événements de mars. Mais il faut aussi compter avec l'autocensure : "Si quelqu'un a eu le courage de faire des photos des tués, il lui en faut encore plus maintenant pour ne pas les détruire. Quant à essayer de les faire sortir, ce serait de l'héroïsme", affirme-t-on sous le manteau. Toute personne en possession de la moindre image "sensible" est traitée comme un criminel.
 
Tous les touristes, y compris les touristes chinois, doivent respecter la consigne : pas de photos qui fâchent. Les agences habilitées à recevoir des visiteurs étrangers se sont engagées auprès du Bureau du Tourisme à surveiller étroitement leurs clients : "Pas de photos de militaires, ni de policiers. Pas de photos de bâtiments détruits pendant les émeutes. Ne faites pas de photos d'un quelconque incident, un quelconque heurt entre la population et les forces de l'ordre, insistent les guides. S'il vous plaît, respectez les ordres, nous sommes responsables de votre conduite."
 
A ce jour, la stratégie est payante : aucune image n'a transpiré des tueries de mars, ni des arrestations massives qui ont suivi. Quant à celles de l'occupation militaire actuelle, elles se réduisent à quelques photos volées.
 
Le 25 juin, la Chine a pourtant annoncé la réouverture du Tibet au tourisme. En fait, seuls de rares voyageurs indépendants sont admis. Quant aux journalistes accrédités, théoriquement bienvenus, on les empêche systématiquement de s'y rendre. Le Tibet est la seule province de Chine dont l'accès soit subordonné à un permis spécial - aux conditions désormais draconiennes : séjour limité à six jours; visites et trajets prédéfinis; guide, chauffeur et même véhicule désignés à l'avance et impossibles à modifier... Ici, les touristes sont surveillés comme le lait sur le feu.

"Jusqu'aux JO, il ne faut pas espérer autre chose que cette ouverture en trompe-l'oeil, estime le patron d'un café privé. Une concession à l'opinion publique internationale, aussi factice que la prétendue reprise du dialogue avec les émissaires du dalaï-lama." La Chine, à l'évidence, cherche à gagner du temps au Tibet. Mais dans quel but ? Que va-t-elle faire après les JO ? Remédier enfin aux causes réelles de la colère tibétaine ? Ou, comme le redoutent les habitants traumatisés de Lhassa, déclencher "la répression finale" une fois l'attention du monde détournée ? 
 
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La Chine réfute une déclaration sur le Tibet formulée au sommet UE-Etats-Unis  

Beijing, le 11 juin (Agence Xinhua) - La Chine a marqué mercredi son  opposition par rapport à un commentaire tenu récemment au sommet  entre l'Union Européenne et les Etats-Unis concernant le Tibet,  lui reprochant de s'ingérer dans les affaires intérieures de la  Chine. 
 
"Nous sommes attentifs aux reportages relatifs et nous opposons à la déclaration sur le Tibet tenue au sommet entre l'Union  Européenne (UE) et les Etats-Unis", a dit le porte-parole du  ministère chinois des Affaires étrangères Qin Gang. 
 
Ses commentaires font suites à une déclaration conjointe  proclamée à la fin du sommet 2008 UE-Etats-Unis, faisant des  commentaires sur le Tibet et accusant la situation sur les droits  de l'homme en Chine.  
 
Soulignant que le Tibet constituait une partie inaliénable du  territoire chinois, Qin a dit que "la question du Tibet était une  affaire intérieure de la Chine, de même que les relations entre le gouvernement chinois et le Dalaï Lama". 
 
Les dirigeants de l'Union Européenne et des Etats-Unis ont  exprimé dans la déclaration leur "inquétude face aux émeutes  récentes au Tibet, et encouragé toutes les parties à s'abstenir de toute violence supplémentaire". 
 
Ils ont apprécié la décision récente de la Chine de rentrer en  contact avec les représentants du Dalaï Lama et encouragé les deux parties à progresser par le biais d'un dialogue substantiel,  constructif et orienté vers des résultats rapidement. 
 
Répondant à l'appel de l'UE et des Etats-Unis à la Chine pour  que cette dernière "s'attaque à son mauvais bilan en matière des  droits de l'homme", Qin a répliqué que le gouvernement avait  fourni des efforts continus pour promouvoir et protéger les droits de l'homme. 
 
"Nous résistons à toute tentative d'ingérence dans les affaires intérieures d'autres nations sous prétexte des droits de l'homme  et nous opposons à l'adoption de tout double standard", a-t-il  ajouté. 
 
La Chine croit que les différends peuvent être gérés sur une  base d'égalité et de confiance mutuelles, et par le dialogue et la coopération, a affirmé le porte-parole.
 
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Christiane Chaix, Karma Tinley et Danièle Froment réunis au TCV de Dharamsala en nov. 2006 - Photo Richard Broussaud
 
Pupilles du Tibet en exil
 
3 juin 2008 - Dharamsala (Inde) - Le Monde - Julien Bouissou (envoyé spécial)
 
Pendant quarante jours, Legphel a traversé l'Himalaya, depuis le Tibet jusqu'en Inde, blottie dans les bras de sa mère. "Elle m'a embrassée longuement avant de repartir dans les montagnes. Par la suite, j'ai oublié son visage", raconte l'écolière de 12 ans, les mains agrippées à la jupe de son uniforme.
 
Depuis son arrivée, il y a sept ans, au centre des réfugiés de Dharamsala, la capitale du gouvernement tibétain en exil, Legphel n'a plus reçu de nouvelles de ses parents. Un de ses camarades lui a rapporté que son oncle avait vu mourir sa mère sur le chemin du retour. "Mais une mère ne disparaît pas comme ça", lâche la jeune réfugiée en haussant les épaules.
 
Désormais, Legphel étudie l'histoire et la culture tibétaines dans un village spécialement aménagé pour accueillir les enfants exilés du Tibet, construit à flanc de montagne à quelques kilomètres de Dharamsala. Ici, les 2 100 élèves ont droit au surnom d'"orphelins". Non pas que leurs parents soient morts - ils habitent de l'autre côté des sommets enneigés qui dominent la vallée -, mais ces derniers ne leur donnent plus aucun signe de vie.
 
Envoyer une lettre ou passer un coup de téléphone serait trop risqué. En 2007, 50 jeunes réfugiés ont dû retourner chez leurs parents après que la police chinoise eut découvert qu'ils avaient fui le Tibet. "Alors, les enfants préfèrent oublier leurs parents plutôt que de supporter leur absence, même si tous n'y parviennent pas", reconnaît le directeur de l'école. La nuit, Legphel se réveille parfois en croyant voir les siens, à côté d'elle, "tout près des yeux".
 
Entre 700 et 1 200 enfants tibétains arrivent illégalement, chaque année, en Inde. Agés de 6 à 15 ans, ils sont confiés par leurs parents à des passeurs à quelques mètres des premiers postes-frontières du Tibet. Personne ne connaît le visage, ni le nom de ces intermédiaires qui préfèrent rester anonymes, de peur d'être dénoncés. Avec eux, les enfants exilés entreprennent une marche d'un mois, le plus souvent en hiver, la saison la plus sûre pour traverser l'Himalaya. "A cause du froid, les garde-frontières préfèrent rester dans leurs abris plutôt que de patrouiller", explique Dhorjee, directeur du centre des réfugiés de Dharamsala.
 
La marche s'effectue toujours de nuit et, surtout, dans le silence. La moindre pierre qui tombe du sentier peut donner l'alerte. Certains enfants périssent sous les balles ou tombent dans des crevasses. Impossible de savoir combien meurent chaque année. Ceux qui arrivent au centre des réfugiés de Dharamsala sont les seuls à être comptabilisés. Ce vieux bâtiment, coincé entre des magasins de souvenirs, abrite dans la pénombre de son dortoir une cinquantaine de lits collés les uns aux autres, avec, à leurs pieds, quelques cartables remplis de vêtements chauds. Les enfants y lisent des biographies illustrées du dalaï-lama et apprennent à dessiner. D'abord le drapeau tibétain, puis des monastères bouddhistes. Pour tuer l'ennui, il leur arrive de jouer à l'entrée du bâtiment, le long d'un mur tapissé de photographies de cadavres gisant dans les rues de Lhassa, la capitale du Tibet. Puis arrive le jour de la bénédiction du dalaï-lama. Dès le lendemain, les enfants partent vivre chez leur nouvelle mère, dans le village tibétain.
 
Les "home mothers" sont des mères professionnelles. Formées pendant deux ans à la couture, à la cuisine et à la psychologie de l'enfant, elles accueillent les jeunes exilés dans des maisons tibétaines construites en pierres, en hauteur du village. "En élevant les enfants dans le respect de la tradition tibétaine, je sauve mon pays de l'oubli", précise Tsering, une mère de 48 ans qui vit avec 36 enfants, au milieu des tapisseries de monastères bouddhistes et des portraits de famille du dalaï-lama. Son mari, discret, ne quitte pas des yeux l'écran de télévision, où défilent les dernières images d'émeutes en provenance du Tibet. "Il n'y a qu'une mère, ici, pas de père", prévient Tsering en jetant un regard furtif en direction du portrait du dalaï-lama. Au lever du jour, pendant que les garçons arrosent des fleurs, les écolières peignent leurs longs cheveux noirs dehors, face à la vallée. Au son de la cloche, des centaines d'enfants dévalent les chemins escarpés qui mènent au terrain de basket-ball, transformé tous les matins en terrain de prière. Assis en tailleur sur des tapis, des centaines d'écoliers répètent, penchés sur leurs livres, les mantras récités par les moines.
 
"Les enfants deviennent tibétains en apprenant la culture, l'histoire et la religion de notre pays", insiste Karma Tinley, superviseur de l'école, au pied d'un bâtiment qui affiche le slogan "Venez pour apprendre, partez pour servir". Les livres d'histoire et de langue sont écrits par les professeurs eux-mêmes. Le manuel d'histoire commence au chapitre "Tibet et Chine" et se termine au chapitre "Exil".
 
Sur le bureau soigneusement rangé de Karma Tinley, une pile de journaux intimes attendent d'être lus. Les confidences des écoliers, qui doivent tenir sur une page, sont lues chaque jour par un professeur avec, en priorité, celles qui portent la mention "A lire s'il vous plaît".
 
"Il faut déceler les souffrances psychologiques de l'enfant avant qu'il ne soit trop tard", explique le superviseur. "Je suis triste aujourd'hui car Sa Sainteté a de la fièvre", écrit un écolier, à la date du 18 mars. Le même jour, un autre s'inquiète : "J'ai vu des Tibétains brûler les voitures des Chinois à la télévision. J'ai peur pour mes parents. Je ne peux rien faire pour eux sinon apprendre à être une bonne Tibétaine." Pour apprendre à le devenir, l'école dispense des cours d'éducation civique. Y sont enseignés la Constitution tibétaine, rédigée en 1960, tout comme la règle selon laquelle chaque Tibétain doit verser 2 % de son salaire au gouvernement en exil.
 
"Il faut bien nous entraîner à la démocratie pour être prêts le jour de l'indépendance", résume l'une des institutrices, qui souhaite garder l'anonymat. Elle-même a passé son enfance au village, avant de retourner chez ses parents, au Tibet, il y a quelques années. "Lorsque j'ai revu leurs visages, les souvenirs de mon autre vie me sont revenus. C'était insupportable pour moi. J'ai finalement décidé de rester en Inde, car c'est ici que j'ai vécu le plus longtemps", dit-elle. En choisissant de vivre à Dharamsala, l'institutrice s'est fait une raison : "Ici, je suis peut-être orpheline de mes parents, mais pas du Tibet."
 
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Pékin et les émissaires du dalaï-lama s'accordent pour poursuivre les consultations

Samedi 3 et dimanche 4 mai 2008 - LEMONDE.FR
 
Pour leur première rencontre officielle depuis dix mois, les autorités chinoises et les deux émissaires du dalaï-lama, qui ont eu une entrevue à huis clos, dimanche 4 mai à à Shenzhen, sont convenus de laisser la porte ouverte au dialogue et d'"avoir de nouveaux contacts", sans toutefois faire état de progrès dans la résolution de la crise tibétaine, a rapporté l'agence officielle Chine Nouvelle. Aucune date n'a été communiquée pour une nouvelle rencontre entre les deux parties.
 
Auparavant, le premier ministre du gouvernement tibétain exilé en Inde, Samdhong Rinpoche, avait précisé que les deux émissaires, Lodi Gyari, représentant du chef spirituel des Tibétains à Washington, et Kelsang Gyaltsen, son homologue en Suisse, "reviendront en Inde mardi ou mercredi", et que la teneur des entretiens ne sera connue "qu'après leur retour".

Cette rencontre, annoncée vendredi par le gouvernement tibétain, a lieu à trois mois de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, alors que la Chine est accusée de violations de droits de l'homme au Tibet. Les émeutes qui ont commencé le 10 mars à Lhassa ont fait au moins 203 morts selon les Tibétains en exil, tandis que Pékin accuse des "émeutiers" d'avoir tué 18 civils et un policier. C'est sous la pression internationale, alors que le parcours de la flamme olympique à travers le monde a été émaillé de nombreux incidents entre militants pro-Tibet et pro-Chinois, que Pékin avait proposé le 25 avril de renouer le dialogue, et appelé le dalaï-lama à "mettre fin" aux violences avant les JO.
 
Des "suggestions pour apporter la paix"
 
Les exilés tibétains et les autorités chinoises négocient officiellement depuis 2002, et ont "toujours maintenu le contact", y compris en mars, a reconnu le gouvernement en exil. Mais les pourparlers de Shenzhen ne seront en aucun cas "un septième cycle de négociations, juste une consultation informelle", a prévenu vendredi Samdhong Rinpoche, qui disait ne pas "nourrir de fortes attentes", mais être "heureux" de cette rencontre. Les émissaires "feront part des profondes inquiétudes de Sa Sainteté sur la manière dont les autorités chinoises gèrent la situation et feront des suggestions pour apporter la paix dans la région" du Tibet, avait précisé Thubten Samphel, porte-parole de ce gouvernement établi à Dharamsala.

Selon l'agence Chine nouvelle, Pékin a dépêché Zhu Weiqun et Sitar, deux vice-ministres du front uni du travail, un département du Parti communiste chargé des contacts avec les dirigeants religieux et les minorités ethniques. 
 
Les derniers signaux envoyés côté chinois sont contrastés. Samedi, la presse officielle ne mentionnait pas la rencontre prévue, et continuait d'accuser le dalaï-lama et sa "clique" d'avoir fomenté les émeutes à Lhassa dans le but de saboter les JO - ce dont le chef spirituel des tibétains se défend. Dans un entretien à des médias japonais dimanche, le président chinois Hu Jintao a lui espéré que les discussions sur la crise au Tibet aboutissent à des "résultats positifs". A la veille d'une visite officielle au Japon, la deuxième de l'histoire pour un chef d'Etat chinois,  il s'est aussi dit confiant dans la réussite des JO :"Je pense que les jeux seront un succès, avec un large soutien de l'étranger, y compris du peuple japonais", a-t-il déclaré selon l'agence de presse Jiji.
 
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17 Tibétains condamnés... dont 2 à perpétuité !!!
 
Selon Pékin, il y aurait eu 19 morts... tous Chinois ???
 
Mardi 29 avril 2008 - par FRANCE 24

La justice chinoise a condamné 17 Tibétains pour leur implication dans les émeutes de mars à Lhassa, capitale du Tibet, contre la Chine. Le tribunal, basé à Lhassa, a prononcé des peines allant de trois ans à la perpétuité. Il s’agit des premières condamnations depuis les violences.
 
Notre correspondant à Pékin, Sébastien Le Belzic, parle de "peines sévères et de justice expéditive". Et de préciser : "La justice a retenu des accusations de meurtres affirmant que ces émeutes avaient fait 19 victimes, toutes chinoises". La Chine accuse également les émeutiers d'avoir blessé 382 civils et 241 policiers.
 
Selon les autorités chinoises, les émeutiers ont incendié sept écoles, cinq hôpitaux et 120 habitations et pillé 908 magasins, pour des dégâts totaux estimés à plus de 244 millions de yuans (plus de 22 millions d'euros).
 
Le détail des peines individuelles n’a pas été rendu public excepté pour deux condamnés : Soi'nam Norbu, un conducteur employé par une agence immobilière de Lhassa, et un moine, Basang, qui ont écopé de la prison à vie. "Ce genre de procès est très opaque", commente Sébastien Le Belzic.
 
Un responsable du tribunal a indiqué à l’AFP que les détails des jugements seraient annoncés publiquement en fin de journée.
 
Selon Dharamsala, on dénombre 203 Tibétains tués et 2000 arrestations
 
Les manifestations anti-chinoises, qui avaient commencé à Lhassa le 10 mars, jour anniversaire de la révolte anti-chinoise de 1959, avaient dégénéré quatre jours plus tard. Elles s’étaient ensuite étendues dans l’ouest de la Chine où vivent des minorités tibétaines. Le dalaï lama, en exil en Inde, est accusé par Pékin d'avoir fomenté les émeutes pour saboter les Jeux olympiques du mois d'août. De leur côté, les dirigeants tibétains en exil assurent que la répression chinoise a fait au moins 203 morts et que plus de 2.000 personnes ont été arrêtées. La police chinoise avait annoncé l'arrestation de 400 personnes participant aux émeutes.
 
"On s’attend à d’autres condamnations dans les jours et les semaines à venir", avance Sébastien Le Belzic.
 
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Le dernier maoïste de France
 
Réponse à Jean-Luc Mélenchon
 
Lundi 14 avril 2008 par Jean-Paul Ribes
 
Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essone, aime que l'on parle de lui. Bien qu'élu du parti socialiste, il n'hésite pas à faire ouvertement campagne contre son parti quand ça l'arrange, l'essentiel étant de se singulariser par des positions, souvent outrancières, sur les sujets les plus variés.
 
Aujourd'hui, devant le grand mouvement de sympathie pour le Tibet qui se manifeste en France et un peu partout dans le monde, il fallait bien que quelqu'un se dresse, à contre-courant, comme le champion de la Chine calomniée. Le sénateur s'est donc instruit sur la question... mais aux plus mauvaises sources. A savoir, la petite collection de brochures de propagande diffusée par l'ambassade de Chine.
 
D'où ses chiffres fantaisistes, ses dates inexactes, ses affirmations aussi fausses que péremptoires. Le tout baignant dans un éloge vibrant de la politique chinoise, non seulement au Tibet, mais en Mongolie, au Turkestan oriental (ch. : Xinjiang), et une approbation à peine voilée des mesures de répression à l'égard des dissidents ou des adeptes de Falung Gong (une secte, donc pas vraiment des humains) torturés et croupissant en prison.
Si le bouillant défenseur de la bureaucratie pékinoise avait un peu le souci de l'équilibre, nous lui conseillerions de se mettre vraiment au travail en allant s'informer, non seulement auprès des "fanatiques du Dalaï Lama" que nous sommes à ses yeux (la fameuse "clique" n'est pas loin) mais des universitaires les plus qualifiés, experts d'une histoire, d'une langue et d'une culture auxquelles ils consacrent leur vie et leur intelligence. Plus de cinq-cents d'entre eux, de Varsovie à Oslo en passant par Hong Kong, Paris et Washington, viennent d'ailleurs d'adresser une lettre sans équivoque au président chinois M. Hu Jintao.
 
 Premier ouvrage dont nous lui recommandons instamment la lecture " Le Tibet est-il chinois ? " [1], paru en 2002 chez Albin-Michel sous la direction d'Anne-Marie Blondeau et de Katia Buffetrille, et qui regroupe les contributions de tibétologues mondialement reconnus.
 
Il y découvrirait que la prétention d'appartenance du Tibet à la Chine depuis le IXème siècle, qu'il a glanée dans ses lectures approximatives, est une idée récente, et qui n'a vraiment cours que depuis une cinquantaine d'années, depuis qu'elle a été imposée par le PC chinois.
 
Même Mao Zedong avait quelques doutes sur la question, puisque, dans ses années de lutte pour le pouvoir, il reconnaissait aux Tibétains le droit à leur drapeau, et son projet constitutionnel accordait aux "nationalités" le droit à l'autodétermination.
 
Pour faire court voici ce qu'affirment les universitaires compétents.
Lié aux empereurs mongols (dynastie Yuan), lors de leur arrivée au pouvoir en 1271 par un accord spécifique (Chö-Yon) dit de "maître spirituel à bienfaiteur", le Tibet ne figure pas comme faisant partie du domaine impérial dans les très officielles "annales des Yuan". Pas plus qu'il ne figure dans les "annales des Ming", la dynastie qui devait succéder aux Yuan en 1368.
 
Avec l'arrivée des Mandchous (dynastie Qing) en 1644 les choses se sont lentement modifiées, notamment sous le règne de Qianlong (1735-1796) où l'on voit apparaître l'idée d'une suzeraineté de l'empereur sur le Tibet. En quelque sorte le "bienfaiteur" devient "protecteur" et le Tibet un "protectorat", sans pourtant que cela prête vraiment à conséquence sur le terrain. La présence symbolique des ambans (envoyés de l'empereur) et l'entretien épisodique d'une petite garnison (quelques centaines d'hommes), à qui était exclusivement confiée une tâche de défense extérieure devant être perçue comme relevant d'un consentement mutuel plus que d'une domination par le pouvoir central.
 
L'érudit sénateur pourrait-il par exemple nous citer une seule "mesure de gouvernement" imposée par l'empereur, comme les rois de France pouvaient en prendre dans leurs provinces ?
 
Un pouvoir central qui ira en s'affaiblissant au cours du XIXème siècle au point que le corps expéditionnaire envoyé par la couronne britannique en 1904 et commandé par le lieutenant-colonel Younghusband ne trouvera en face de lui pas l'ombre d'un soldat chinois !
 
En revanche, la première et sanglante tentative d'annexion du Tibet en 1906 par les troupes de Zhao Erfeng, le "boucher du Kham" se terminera par une déroute en 1911, avec la chute de la dynastie mandchoue.
 
C'est donc tout naturellement que, de retour dans sa capitale Lhassa, le XIIIéme Dalaï Lama pourra déclarer l'indépendance du Tibet et (point 5 de la déclaration) limiter considérablement le système des fermiers "attachés à la terre" en affirmant : "nul n'a le droit d'empêcher quiconque de cultiver toute terre vacante", allant même jusqu'à utiliser, bien avant d'autres, cette formule : "la terre appartiendra au cultivateur".
 
Le Tibet va donc frapper monnaie, produire ses propres timbres, délivrer des passeports, bref s'attribuer les instruments de tous les pays indépendants. Une indépendance que la Commission des juristes qui siège à Genève, avec statut consultatif à l'ONU, décrira ainsi dans son rapport de 1960 : "le Tibet était au moment de la signature de l'accord en dix-sept points en 1951 un Etat indépendant de facto... Il a démontré de 1913 à 1950 qu'il présentait les conditions d'un Etat, telles qu'elles sont généralement acceptées par la loi internationale".
 
Le seul reproche que l'on puisse faire aux Tibétains de l'époque, par négligence ou mauvaise connaissance du terrain diplomatique, c'est de n'avoir pas transformé ce "de facto" en "de jure", comme avait su le faire la Mongolie, dite extérieure.
 
Sur la question du régime politique et social qui prévalait au Tibet avant l'invasion chinoise de 1950, personne ne prétend qu'il était un modèle de justice et de modernité. Tout n'allait pas pour le mieux au Pays des Neiges. Il fallait réformer. Mais les meilleures réformes ne sont-elles pas celles auxquelles le peuple consent ?
 
Le XIVème Dalaï Lama, dès son installation dans ses fonctions en 1950, avait fermement exprimé son souhait de s'atteler à la tâche et de sortir son pays de l'archaïsme. L'invasion chinoise ne lui en laissera pas le temps.
L'ébauche de constitution qu'il promulgue en 1963, dès son arrivée en exil, est d'ailleurs une preuve évidente de sa détermination démocratique, puisqu'il y est prévu que les députés et même les membres du gouvernement, y soient élus au suffrage universel.
 
En revanche, parer le régime chinois de toutes les grâces, lui qui n'accorde aucun droit de vote à ses citoyens, et même pas celui de s'exprimer sur internet (mémento Hu Jia), notre gaucho sénatorial y va un peu fort. Et de lui attribuer, dans la foulée, toutes les vertus émancipatrices que revendiquent les régimes coloniaux, à commencer par la France lorsqu'elle régnait Outre-mer. Le brouillon sénateur ne s'embarrasse d'ailleurs pas de ses propres contradictions ; lui qui se montre si critique de l'importation armée de la "démocratie" américaine en Irak, ne trouve rien à redire à l'imposition du communisme au bout des baïonnettes chinoises au Tibet, et ce depuis un demi-siècle.
 
Enfin là où l'ignorance devient carrément de la mauvaise foi partisane, c'est lorsque le Mao du Sénat reprend quasiment mot à mot les thèmes qui lui sont soufflés par l'ambassade de Chine sur la "volonté de restaurer la théocratie" du Dalaï Lama et autre balivernes mensongères.
 
Dans toutes ses déclarations sur l'avenir de son pays, le dirigeant tibétain affirme clairement sa volonté de n'assumer aucun rôle au pouvoir lorsqu'il reviendra au Tibet, celui-ci devant être issu exclusivement des urnes, dans le cadre d'une constitution laïque et démocratique.
 
Quant au régime social, c'est en France, devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, présidée à l'époque par Jack Lang et devant un Edouard Balladur ébahi, que nous avons tous entendu le Dalaï Lama affirmer avec une certaine audace que son choix se portait résolument vers un système socialiste. Affirmation qu'il complétait dans le Nouvel Observateur du 17 janvier 2008 en se décrivant comme "un marxiste en robe bouddhiste". On comprend que cela puisse déplaire au sénateur de gauche. Enfin, la robe de moine. Car il préfère sans doute réserver l'appartenance marxiste aux vareuses des commissaires politiques, aux complets-vestons des businessmen et aux uniformes des militaires, zélés défenseurs du capitalisme chinois.
 
Qu'on nous pardonne notre ton parfois polémique, il ne cache ni hargne ni colère. Simplement notre souhait de voir l'élu de la République s'obliger à un peu de retenue dans ses propos, appliquant la consigne que tous les journalistes dignes de ce nom partagent : "qui n'a pas fait d'enquête n'a pas droit à la parole". Inutile de lui préciser l'auteur de cette citation.
 
Qu'il sache en outre que nous n'agissons jamais par haine de la Chine, attachés que nous sommes à la liberté de ce grand peuple, que nous ne sommes pas des "indépendantistes tibétains" et encore moins des "agitateurs professionnels" comme l'affirme la langue de bois pékinoise. S'il veut s'en convaincre, et à moins qu'il ne calque son attitude sur l'horreur du dialogue propre aux dirigeants chinois, nous sommes, cela s'entend, parfaitement disposés à le rencontrer. En toute bonne foi.
 
Jean Paul Ribes
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Petite bibliothèque à l'usage de l'élu qui veut savoir de quoi il parle sans limiter sa connaissance à "Tintin au Tibet" ou aux brochures de propagande :
 "Histoire du Tibet", Laurent Deshayes : Fayard, 1997 [2]
 
 "Le Tibet est-il chinois ?", Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille : [1], Albin Michel, 2002
et bien sûr les deux excellents rapports publiés dans le cadre des documents de travail du Sénat :
 "Tibet, un peuple en danger" (GA 50, Octobre 2003)
 "Quelle solution politique pour le Tibet ?" (GA77, Octobre 2007)

articles récents :
 "Tibet, le défi à la Chine", Le Nouvel Observateur, janvier 2008
 "Bourgeonnement précoce du printemps de Lhassa", Le monde diplomatique, avril 2008, interview de M. Ricard dans Le Monde
et pour une information quotidienne :
www.tibet-info.net
 
[1] Le Tibet est-il chinois ? sous la direction d'Anne-Marie Blondeau et de Katia Buffetrille.
Pour la première fois, des chercheurs du monde entier se sont réunis pour donner au lecteur une connaissance aussi exacte et pondérée que possible du Tibet. Symbole en Occident d'une prestigieuse tradition spirituelle "orientale", ce pays est aussi, depuis la "libération pacifique" chinoise dans les année '50, l'objet de polémiques, de propagande et contre-propagande, entre Chinois, Tibétains en exil, Tibétains du Tibet et Occidentaux.
 
Tout en reconnaissant dans son titre, Le Tibet est-il chinois ?, l'enjeu essentiel de ces affrontements, cet ouvrage ne cède à aucun parti pris et recherche seulement l'objectivité. La genèse de l'ouvrage est liée à une réaction de spécialistes occidentaux à la publication, en 1988 d'un pamphlet chinois intitulé "Le Tibet, cent questions et réponses". Ce document affirmait présenter le résultat des recherches des tibétologues chinois sur les points controversés de l'histoire tibétaine et de la politique chinoise au Tibet. Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, les éditrices, ont conservé le plan du pamphlet et ont placé en regard des réponses des savants chinois celles des savants occidentaux pour chacun des thèmes traités.
 
L'éventail est vaste, de l'histoire à l'éducation, de la médecine à la démographie en passant par les émeutes, la folklorisation de la culture tibétaine, etc. Cette encyclopédie condensée sur le Tibet offre tout particulièrement un éclairage novateur sur la religion, inscrite ici dans l'ensemble dont elle est solidaire. La forme interrogative du titre de l'ouvrage est une invitation à la réflexion, à partir de connaissances rassemblées sans passion et dont la divulgation s'imposait dans les circonstances présentes. Le lecteur pourra enfin juger sur pièces de ce que fut le Tibet, de ce qu'il est devenu et de ce qu'il pourra devenir.
 
[2] " Histoire du Tibet " de Laurent Deshayes. Editions Fayard, janvier 1997.
Très attendue, cette "Histoire du Tibet" - la première du genre en français - est fondée, outre les sources classiques, sur un fond d'archives peu utilisé jusqu'alors : celui du Ministère des Affaires étrangères français et de la Société des Missions Etrangères de Paris. D'où, sans doute, l'accent mis sur la place des missionnaires chrétiens au Tibet, à différents moments de son histoire.
 
Une histoire complexe et tourmentée dont Laurent Deshayes réussit, et c'est un tour de force, à suivre le fil à travers les influences mongoles et mandchoues, les guerres pour le pouvoir entre écoles du bouddhisme (ou du moins entre lamas dignitaires), ou les convoitises étrangères. Une chose est certaine en tous cas : cette histoire ne peut être lue avec les seuls concepts occidentaux de la géopolitique.
 
Ainsi cette relation Chö-Yon (de maître spirituel à bienfaiteur) qui unit les peuples tibétains (de Sakya Pandita aux Dalaï Lamas) d'abord aux Khans mongols, puis à l'empereur de Chine, malgré ses implications politiques, ne peut en rien se confondre avec une suzeraineté chinoise et encore moins un protectorat, impliquant un abandon de soumission du côté tibétain.

Historien, donc impartial, Laurent Deshayes rétablit les vérités tronquées, masquées, transformées par les fonctionnaires impériaux du Parti communiste chinois.
 
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République Française
 
Paris, le 8 avril 2008
 
Assemblée Nationale
 
 
Lionnel LUCA
Président du Groupe d'études sur le problème du Tibet 
à l'Assemblée nationale
 
Flamme olympique : une organisation "bunkérisée"
 
Le président UMP du groupe Tibet à l'Assemblée nationale, Lionnel Luca, a dénoncé le choix fait par les organisateurs du passage de la flamme olympique à Paris de "bunkériser" l'événement, écartant par principe les associations de défense des droits de l'Homme.
 
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Des députés manifestent sur le passage de la flamme olympique

Le 07 avril 2008 - AP

Des députés de toutes sensibilités politiques ont manifesté lundi après-midi pour le respect des droits de l'Homme en Chine lors du passage de la flamme olympique devant le Palais-Bourbon. Trente-cinq d'entre eux sont sortis sur le mur d'enceinte de l'Assemblée au moment du passage de la flamme. Les manifestants, dont certains étaient ceints de l'écharpe tricolore et agitaient des drapeaux tibétains, ont crié "Liberté pour le Tibet" et chanté "La Marseillaise".
 
Une banderole "Respect des droits de l'Homme en Chine" avait été placée sur le mur. Sur le quai, des manifestants pro-tibétains ont repris le slogan, couvrant de leurs voix quelques dizaines de partisans du régime de Pékin installés au coin du quai Anatole-France et du boulevard Saint-Germain.
Parmi les députés manifestants se trouvaient Jean-Marc Ayrault (PS), Françoise de Panafieu (UMP), Jean-Christophe Lagarde (Nouveau centre) ou encore Yves Cochet (Verts).
 
Le groupe d'études sur le Tibet et le groupe socialiste avaient organisé cette manifestation inédite pour "montrer l'attachement de notre peuple aux droits de l'Homme de manière générale et en particulier pour les Tibétains qui ont eu le courage d'alerter le monde en bravant la répression et en mourant pour cela", selon Lionnel Luca (UMP), président du groupe d'études.
 
 
"Une manifestation de CRS" selon Jean-Louis Borloo
 
Personne n'a pu voir la flamme olympique, qui se trouvait à l'intérieur d'un autocar précédé de plusieurs dizaines de camions de CRS et protégé par un impressionnant dispositif policier. "Vous avez vu la flamme, vous?", demandait la députée socialiste Aurélie Filippetti, qui avait revêtu pour l'occasion le T-shirt de l'association Reporters sans frontières.
 
"C'est une manifestation de CRS", s'est amusé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, venu assister à la scène depuis les marches du Palais-Bourbon.
 
"On a l'impression que c'était un défilé militaire", a remarqué M. Ayrault, un badge avec le mot "liberté" au revers de sa veste. "La flamme olympique, c'est le symbole de la fraternité, et aujourd'hui on a entr'aperçu cette flamme olympique encadrée de policiers".
 
 
L'ambassade de Chine se comporte comme "une ambassade occupante" selon Lionnel Luca
 
De son côté, M. Luca a trouvé "scandaleux" que les forces de l'ordre ait arraché les drapeaux tibétains brandis par des manifestants sur le passage de la flamme. "Plutôt que Pékin à copier Paris, c'est plutôt Paris qui aurait tendance à copier Pékin", s'est insurgé le député UMP. Il a dénoncé "l'arrogance" de "l'ambassade de Chine à Paris qui se comporte selon lui comme "une ambassade occupante".
 
Le débat sur le projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés (OGM) avait été interrompu pendant une demi-heure pour permettre aux députés de participer à la manifestation.
 
Le président UMP de l'Assemblée Bernard Accoyer n'a en revanche pas accédé à la demande du groupe socialiste de déployer le drapeau du Tibet sur le fronton du Palais-Bourbon. Il a invoqué le principe de neutralité des services publics qui "s'oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d'opinions politiques, religieuses ou philosophiques".
 
"Il y a quelques temps, le portrait d'Ingrid Betancourt avait été érigé devant l'Assemblée nationale et le règlement ne l'exigeait peut-être pas non plus", a remarqué le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault.
 
M. Accoyer a informé les députés qu'il allait saisir le prochain bureau de l'Assemblée d'une "réflexion sur l'utilisation du frontispice de l'Assemblée lors des expressions nationales de cette nature". AP
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Le 3 avril 2008 - AFP
 
Paris
 
Le Groupe d'études Tibet de l'Assemblée nationale passe de 62 à 143 membres !
 
Le groupe d’études sur la question du Tibet de l’Assemblée a plus que doublé ses effectifs après la répression chinoise à la mi-mars à Lhassa, passant de 62 à 130 membres, députés de gauche comme de droite, selon son président Lionnel Luca (UMP).
 
Ce groupe Tibet se prépare à participer aux manifestations de soutien au peuple tibétain lors du passage de la flamme olympique.

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Le 2 avril 2008 - AFP
 
Paris

Jean-Marc Ayrault demande que le drapeau tibétain flotte sur le Palais Bourbon le 7 avril 2008
 
Le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, a demandé le 3 avril au président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), que le drapeau tibétain soit déployé sur le fronton du Palais-Bourbon le 7 avril à l’occasion du passage de la flamme olympique à Paris. (La flamme olympique passera notamment le long de la Seine, devant l’Assemblée nationale).

"J’ai écrit au président Bernard Accoyer afin qu’il fasse arborer les couleurs du Tibet au fronton de l’Assemblée nationale le jour du passage de la flamme", annonce M. Ayrault, au nom des députés PS, PRG et apparentés (205 élus), dans un communiqué.

"Nous souhaitons que la représentation nationale exprime son soutien" aux Tibétains, "ces hommes courageux qui luttent contre l’oppression" chinoise, souligne-t-il.

"Malgré l’approche des Jeux olympiques de Pékin et les multiples pressions internationales, les autorités chinoises s’obstinent dans cette funeste voie. Elles viennent ainsi de condamner Hu Jia, figure emblématique du combat pacifique pour l’amélioration de la situation des Droits de l’Homme dans le pays, à trois ans et demi de prison", écrit M. Ayrault dans sa lettre à M. Accoyer, communiquée à l’AFP.

"Le passage de la flamme étant un moment hautement symbolique, il nous paraît inconcevable que la représentation nationale française n’exprime pas, à cette occasion, son attachement aux valeurs universelles des Droits de l’Homme et son soutien aux victimes du régime chinois", insiste-t-il.

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      Louis de Broissia
 
 
  REPUBLIQUE FRANÇAISE
  Paris, le 31 octobre 2007
 
 
  COMMUNIQUE DE PRESSE


Quelle solution politique pour le tibet ?

M. Louis de Broissia (UMP – Côte-d’Or), président du groupe d’information sur le Tibet du Sénat, a présenté à la presse son rapport intitulé « Quelle solution politique pour le Tibet ? », qui fait suite à la visite officielle d’une délégation du groupe d’information à Pékin et à Lhassa. Cette visite officielle répondait à une invitation de l’Assemblée nationale populaire de Chine, car les sénateurs membres du groupe d’information sur le Tibet sont partisans d’un dialogue direct avec les autorités chinoises. Les entretiens tenus à cette occasion, dont les comptes-rendus figurent en annexe du rapport, ont été courtois mais francs.
 
Si la position des autorités chinoises mérite d’être entendue, elle ne peut pas cependant être acceptée sans réserves. La « libération pacifique » du Tibet, en 1950, puis sa « réforme démocratique », à partir de 1959, sont des expressions reçues de la propagande destinées à masquer la réalité d’une annexion par la force suivie de bouleversements violents. De même, il est contraire aux faits d’imputer la rébellion tibétaine à un complot impérialiste occidental, alors qu’elle résultait spontanément d’un sentiment national bafoué.

Le développement matériel du Tibet depuis son annexion a pu être constaté sur place par la délégation du groupe d’information. Toutefois, l’envers du décor laisse apparaître une marginalisation économique et culturelle des Tibétains de souche, caractéristique d’une situation de type colonial.

Les sénateurs membres du groupe d’information sont convaincus qu’il est de l’intérêt des autorités chinoises de parvenir rapidement à un accord avec le Dalaï-Lama, dont les positions modérées sont connues. Ce n’est pas un arrangement relatif au statut personnel de celui-ci qui est en jeu, mais bien une vraie solution politique qui permettrait au Tibet de s’épanouir au sein de la grande Chine dans un cadre d’autonomie sincère.

Le rapport, qui est le troisième publié par le groupe d’information, après « Tibet : un peuple en danger » (n°GA 50 – octobre 2003) et « Le Tibet en exil : à l’école de la démocratie » (n° GA 67 – juin 2006), est disponible sur internet : http://www.senat.fr/noticerap/2007/ga77-notice.html.   

Contact presse : Jacques-Henri de Rohan Chabot   01 42 34 35 17  
 
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COMMUNIQUE DE PRESSE
 

 

République Française

Paris, le 16 octobre 2006

Assemblée Nationale


Le Groupe d'Etudes sur le Tibet
à l'Assemblée Nationale
exprime sa révolte sur la tuerie du Nangpa-La

Les Jeux de Pékin ont-ils commencé ?

Ball-trap avec les Tibétains ! Le 30 septembre dernier, Kelsang Namdrol (*), une jeune nonne tibétaine âgée de 17 ans, a été abattue par les gardes-frontières chinois qui ont ouvert le feu sur un groupe d'environ soixante-dix personnes qui tentaient de passer du Tibet au Népal.

Contrairement à ce qu'affirmaient les autorités chinoises, les pélerins n'étaient pas armés et n'ont pas attaqué les gardes chinois, comme le montre bien la vidéo réalisée par un caméraman de la chaîne roumaine ProTV qui se trouvait avec les alpinistes qui ont alerté l'opinion internationale.

Les 140 membres du groupe d'études sur le problème du Tibet, révoltés par cette lâche agression, dénoncent avec fermeté cette violation des règles internationales, et demandent à la communauté internationale d'ouvrir une enquête indépendante sous l'égide de l'ONU, afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

Ils saisissent le Ministre des Affaires Etrangères pour obtenir des explications auprès du Gouvernement chinois.

C'est une nouvelle fois la preuve indiscutable de ce que le Peuple tibétain subit depuis 56 ans; des centaines de Tibétains tentent de quitter le Tibet, occupé depuis 1950 par la Chine, afin de fuir la répression politique, culturelle et religieuse dont ils sont victimes.

Lionnel LUCA
Président du Groupe d'études sur le problème du Tibet
à l'Assemblée nationale
Député des Alpes-Maritimes

CONTACT PRESSE:
Marie Huteau 06 63 04 61 09

(*) Note de FranceTibet : Rectificatif de l'identité de le jeune nonne abattue KELSANG NORTSO (et non Kelsang Namdrol ) indique le Centre des Droits de l'Homme de Dharamsala.

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REPUBLIQUE FRANÇAISE
Le 23 août 2006

COMMUNIQUE DE PRESSE


Invitation officielle au Tibet pour des parlementaires français

Pour la première fois dans l'histoire des relations franco-chinoises, une délégation de parlementaires français se rend au Tibet à l'invitation officielle de l'Assemblée Populaire de Chine.

Du 21 au 31 août, une délégation de quatre sénateurs conduite par Louis de Broissia, Président du Groupe d'Information sur le Tibet du Sénat, se rendra via Pékin à Lhassa, Shigatse et Chengdu à la rencontre de la population tibétaine. 

Les sénateurs ne manqueront pas de rappeler aux autorités chinoises que les conditions de vie imposées aux tibétains (vie économique bien sûr, mais aussi culturelle, religieuse, expression libre etc…) obscurcissent l'image que la puissante Chine offre au monde, dans la perspective des Jeux Olympiques de 2008 notamment.

Ils seront en particulier les interprètes de la communauté tibétaine en exil qu'ils sont allés rencontrer à Dharamsala (Inde) en avril 2005, et se feront l'écho de sa sainteté le Dalaï-lama dont le retour facilité donnerait du Tibet l'image d'une démocratie respectée dans l'Ensemble Chinois.


Louis de BROISSIA

Président du Groupe d'Information sur le Tibet
SENAT
15 rue de Vaugirard - 75006  PARIS
Tél. : 01 42 34 35 17 - Fax : 01 42 34 43 22
E-mail :
l.debroissia@senat.fr

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PEKIN

Le 30 août 2006

COMMUNIQUE DE L'AFP

" On les a agacés en posant la question du Panchen Lama "

Une délégation parlementaire française, qui a  eu l'autorisation de visiter pour la première fois le Tibet, a appelé mercredi  le gouvernement chinois à ouvrir le dialogue avec le Dalaï Lama avant les jeux Olympiques de 2008. 

" Le moment est venu pour les Chinois de montrer une ouverture plus grande  sur le Tibet ", a estimé, mercredi à Pékin, Louis de Broissia qui préside au  Sénat le " Groupe d'information sur le Tibet " et a rencontré 15 fois le Dalaï  Lama, leader spirituel des Tibétains en exil.

" Il y a une opportunité, ce sont les jeux Olympiques ", a ajouté son collègue Jean Faure.

M. de Broissia (UMP) a conduit la délégation, formée de trois autres sénateurs, pour cette première visite d'information dans les villes tibétaines de Lhassa et de Shigatse, puis au Sichuan, dans une zone où vit une minorité tibétaine.

Il a indiqué avoir soulevé auprès de ses interlocuteurs officiels la question des prisonniers politiques et du sort de Gedhun Choekyi Nyima.

Aujourd'hui âgé de 16 ans, ce dernier avait été désigné 11e Panchen Lama par le Prix Nobel de la Paix quand il avait six ans avant de disparaître puis d'être remplacé par Gyaincain Norbu, choisi par Pékin.

" Le sentiment que j'ai, c'est qu'ils acceptent ce dialogue, on les a agacés en posant toujours la question du Panchen Lama, celui qui a disparu, on a dit qu'on voulait le voir, on a parlé des prisonniers politiques " a déclaré le sénateur français.

M. de Broissia a souligné que " le Dalaï Lama veut revenir (en Chine) comme religieux, pas comme chef d'Etat ", affirmant avoir répété aux autorités chinoises que " la théocratie c'est fini, ne parlez donc pas du passé ".

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PARIS
Le 23 août 2006

INTERVIEW AFP

"Je pensais aller au Tibet, je suis allé en Chine"

Le sénateur UMP Louis de Broissia, de retour de la première visite au Tibet d'une délégation parlementaire française, a plaidé auprès des autorités chinoises le retour des réfugiés tibétains avant les Jeux olympiques de 2008.

M. de Broissia, qui préside le "Groupe d'information sur le Tibet" du Sénat était accompagné des UMP Jean Faure et Laurent Béteille, ainsi que du PS Thierry Repentin, pour ce voyage à l'invitation de l'Assemblée populaire de Chine.

AFP - Cette visite représente-t-elle à vos yeux une ouverture de la part des autorités chinoises ?

Louis de Broissia - C'est la première fois, en tout cas, qu'une délégation parlementaire française s'occupant officiellement des questions tibétaines est reçue par les autorités chinoises, donc c'est un pas positif puisque, après tout, ils ont accepté le dialogue. On a beaucoup parlé du Panchen Lama, disparu il y a 11 ans, on a beaucoup parlé du Dalaï Lama, on a parlé de prisonniers politiques, avec une liste que j'ai remise aux autorités officielles. Donc ça a été un langage vraiment franc. Et que ces autorités aient accepté ce langage est déjà un premier pas.

AFP - Avez-vous pu avoir des contacts avec des Tibétains hors la présence d'autorités chinoises ?

Louis de Broissia - On n'a pas eu de contact. Je ne voulais pas non plus compromettre des Tibétains. On voit des policiers dans les monastères. On sent que les monastères ne sont pas un lieu d'expression spontanée. Ce qui est pesant, pour un occidental qui y va, c'est que c'est la Chine. Moi, je pensais aller au Tibet, je suis allé en Chine. La ville de Lhassa est une ville chinoise, la ville de Shigatse est une ville chinoise. Tout le long de la route, l'habitat rural tibétain laisse la place à des habitats chinois. Mais les jeunes tibétains revenus des universités chinoises veulent retrouver leur identité tibétaine.

AFP - Quel message avez-vous laissé aux autorités chinoises ?

Louis de Broissia - Faites rentrer, avant 2008, les réfugiés tibétains au Tibet. Faites cela, ce sera un coup de génie, et vous réussirez les Jeux olympiques, vous réussirez l'exposition universelle. Dans le respect de l'autonomie, de la Constitution, ouvrez des négociations sérieuses avec le Dalaï Lama. Ils ne nous ont pas dit non. Les autorités chinoises se disent ouvertes au dialogue. Je considère que la question tibétaine doit être posée par la Chine et réglée à l'intérieur de la Chine. A ce moment-là, ce sera un problème intérieur chinois.

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L'association TIBET VALLEE DE LA DROME remercie
Patrick Bonnassieux, Cl. B. Levenson,
ainsi que le Sénat et la Chambre des députés pour leurs précieuses infos.
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