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Les Tibétains voulaient arrêter le dialogue avec Pékin

Mercredi 16 juillet 2008 - AFP

Les Tibétains avaient demandé lors de la dernière rencontre avec les autorités chinoises début juillet l'arrêt du dialogue sino-tibétain, mais ont accepté de le continuer à la demande de Pékin, a indiqué mardi l'envoyé spécial du dalaï lama, Kelsang Gyaltsen.

"Durant la discussion, nous avons dit à nos homologues chinois en des termes clairs que nous ne voyions pas d'utilité à poursuivre le dialogue, puisqu'il y a de toute évidence un manque de volonté politique" côté chinois, a déclaré l'envoyé spécial, qui menait la délégation tibétaine lors de ces discussions.

"Mais nos homologues chinois estimaient que ce dialogue, que nous avons commencé en 2002, avait été utile pour mieux nous comprendre" et qu'il ne serait "pas réaliste" de penser qu'un problème si ancien puisse être résolu "en quelques années".

"Nous avons donc accepté de nous rencontrer encore en octobre", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles, assurant malgré tout avoir de "grandes attentes" de cette réunion.

L'envoyé du dalaï lama a par ailleurs émis l'espoir que le président français Nicolas Sarkozy, qui a annoncé qu'il se rendrait à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques le 8 août, profiterait de cette occasion pour "encourager" le président chinois à chercher une solution "mutuellement acceptable" au Tibet.

Après l'annonce de sa participation, "nous avons espéré que le président Sarkozy, qui s'est toujours inquiété de la situation au Tibet, utiliserait cette occasion pour parler au président Hu Jintao, pour encourager le président Hu Jintao à s'occuper sérieusement de la question tibétaine et à chercher une solution mutuellement acceptable", a-t-il indiqué.

Alors que la décision de Nicolas Sarkozy d'assister à cette cérémonie a été critiquée par certains, il a assuré que les Tibétains étaient "reconnaissants" envers le président français pour ses efforts.

"Il a fait de son mieux pour promouvoir le dialogue" entre Chinois et Tibétains, a-t-il insisté, sans pouvoir confirmer une éventuelle rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dakaï lama lors de la visite de ce dernier prévue en France en août.

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Nos Amis de " Lions des Neiges Mont-Blanc " organisent une Kora (tour en tibétain) autour du Mont-Blanc durant les JO.
 
Les 7 et 8 août, durant les cérémonies d'ouverture, ils proposent un concert de 24 heures non-stop avec de nombreux groupes présents bénévolement.
 
 

Un grand rendez vous pour cet été Olympique afin de soutenir le peuple Tibétain " La Kora autour du Mont Blanc" pendant les Jeux Olympiques
Les inscriptions sont ouvertes !!!
  
Pour obtenir le bulletin d'inscription cliquez sur : 
http://olympe.everest.over-blog.com/
 
Pour plus d' informations :

web : www.tibet-montblanc.org    
  Contacts : Lions des Neiges Mont-Blanc - Mairie des Houches
74310 Les Houches - courriel :
korajo@hotmail.fr

 
 
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Des communications internes au Parti Communiste Chinois mettent en évidence sa stratégie répressive au Tibet
 
New Delhi, le 13 juillet - Les numéros d'avril et mai du bulletin confidentiel " Xigang Tongxun " (Tibet Communications), destiné exclusivement aux responsables du Parti, révèlent que la Chine s'engage actuellement dans une série de mesures déjà décidées antérieurement pour accroitre sa domination politique du Tibet.

Ce bulletin d'information dévoile que Zhang Qingli, Secrétaire du Parti au Tibet depuis 2006, avait planifié un programme de " ré-éducation " dans une note personnelle à l'attention d'autres membres du Parti Communiste.

La révolte de mars à Lhassa (Tibet) a éclaté après des dizaines d'années d'administration brutale par un régime qui n'a que peu ou aucun respect pour les droits de l'homme. Des documents internes citent le chiffre de 242 blessés parmi l'armée et la police chinoises; et 120 habitations et entreprises commerciales auraient été détruites à Lhassa.

De son côté le gouvernement tibétain en exil estime qu'au moins 209 Tibétains ont perdu la vie, que le nombre de blessés dépasse 1000 personnes, et qu'au moins 5 972 Tibétains se trouvent derrière les barreaux.

En dehors des plaintes chinoises à propos d'actes séparatistes de la part du Dalai Lama et de ses partisans, Zhang reconnaissait que " la paix sociale avait mise à mal " au cours des manifestations anti-chinoises au Tibet.

Mais Lie Que, premier défenseur de la ligne du Parti au Tibet, était encore plus catégorique dans ses commentaires repris par le journal officiel " Tibet Daily " du 2 Juin : " Il nous faut épurer les monastères et renforcer les comités de gestion. Quand ce sera fait, nous les controlerons totalement, " déclarait-il.

Accusant le leader sprituel tibétain d'être l'instigateur de ces troubles, Zhang, selon les écrits du Parti, disait en privé que " Nous devons tirer les leçons de cette épreuve, et gérer nos masses pour éléver une forteresse imprenable face aux vagues l'assaillant de toutes parts, afin de terrasser notre ennemi. "

" Mais nous sommes loin de la victoire définitive, parce que les partisans du Dalai Lama, manipulés par les forces occidentales ennemies, sont en train de préparer un nouveau plan séparatiste, " disait Zhang Qingli. " C'est pourquoi vous, en tant que leaders des cellules de travail, vous devez maîtriser votre secteur et gérer vos gens efficacement. Que les chefs des comités de rue soient vigilants et attentifs à tout individu venant de l'extérieur ".

" Propagande et Education sont les principaux atouts de notre Parti. Ce sont les armes les plus efficaces pour nous défendre contre les partisans du Dalai Lama. Alors, que notre Département de la Propagande travaille plus activement et nous présente son plan d'actions."

En outre il est sensé avoir dit : " Chaque département devrait profiter au maximum de tous ces religieux qui chérissent notre mère patrie (la Chine - NDT) et la religion, pour apporter plus de vigueur au travail des comités de gestion ", laissant entendre que les forces de l'ordre, les branches religieuses et toutes les directions politiques devraient appliquer ses directives.

Auparavant les leaders chinois avaient accusé le Dalai Lama d'avoir comploté pour instaurer la " terreur " au Tibet et de conspirer avec les nationalistes Ouighours au Xinjiang (Turkestan Oriental - NDT) pour attiser les tensions dans la région à l'approche des Jeux Olympiques.

Le Dalai Lama a toujours affirmé qu'il soutenait le fait que Pékin accueille les Jeux Olympiques, tout en revendiquant le droit pour les manifestants pro-Tibet de pouvoir exprimer librement leur opinion s'ils s'abstiennent de toute violence.

Zhang a provoqué une vive controverse à l'occasion du relais de la flamme olympique dans son étape de Lhassa, conduisant même le Comité International Olympique à lui faire des remontrances suite à ses déclarations où Zhang avait dit : " Le ciel du Tibet ne changera jamais, et le drapeau rouge aux cinq étoiles y flottera pour toujours. Et nous allons à coup sûr totalement anéantir les vélléités séparatistes de la clique du Dalai Lama. " Ces paroles furent interprétées par beaucoup comme une politisation des Jeux et une vile démonstration du régime d'oppression dominant aujourd'hui le Tibet, un pays autrefois indépendant.

La Chine, dans sa volonté extrême d'accroitre son autorité et son emprise sur le Tibet dans les prochains jours, avec de multiples interdictions concernant les pratiques religieuses, les libertés fondamentales d'expression et de mouvement, va faire souffrir encore plus la minorité tibétaine, en portant directement atteinte à sa dignité et à son éthique morale. Les leaders du Parti sont persuadés que leur croisade contre les Tibétains va réussir ; ce n'est pour eux qu'une composante de leur stratégie dénuée de tout scrupule.
 
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Pourquoi la Marche est-elle si importante
 
Tenzing Sonam (1) le 22 juin 2008
 
La 'Marche du retour au Tibet' s'est terminée il y a trois jours à l'orée de la ville frontalière de Darchula, éloignée de tout, enchâssée dans les collines de l'état d'Uttarakhand. C'est là que les cinquante derniers marcheurs se sont rendus pacifiquement  - très émus et leur passion toujours vive -  à plusieurs centaines de policiers qui leur bloquaient la route.
 
Ayant filmé par intermittence toute la progression de la Marche, de son lancement à Dharamsala jusqu'à sa conclusion à Darchula, et ayant vécu 14 jours auprès des marcheurs dans leur campement encerclé par la police à Seraghat puis à Banspatan, j'estime que le sens de cette Marche va bien au delà de la question de savoir si elle a atteint ou pas son objectif officiel de pénétrer au Tibet.
 
A son humble niveau, la 'Marche du retour au Tibet' pourrait très bien indiquer un tournant dans la politique des Tibétains en exil. Elle pourrait faire date en effet comme la première véritable opération démocratique initiée et conduite par de simples Tibétains cherchant désespérément le moyen de contribuer à la Cause Tibétaine en dépit des critiques, et parfois même de la condamnation, émises par certains de leurs dirigeants.
 
Cinq ONGs tibétaines, qui ensemble mobilisent une part importante de la diaspora tibétaine, ont réussi à s'unir sous la même bannière -  la campagne "Tibetan People's Uprising Movement" (Mouvement de Soulèvement du Peuple Tibétain) - et à mener à bien ce plan d'action, alors qu'elles ne partagent pas exactement les mêmes orientations politiques. Sur ce seul point c'est déjà une réussite. Trop souvent parmi les exilés nous avons vu le grand dessein d'agir pour la Cause Tibétaine être sacrifié au profit de mesquines querelles intestines ou de disputes entre personnes.
 
Il n'a pas été facile pour ces cinq organisations de collaborer ainsi, en raison notamment des divergences existant à l'intérieur de certaines d'entre elles, des voix s'élevant contre cet effort de coopération et s'évertuant à le rabaisser.
 
Mais la 'Marche du retour au Tibet' a démontré que lorsque chaque organisation met de côté ses différences et unit ses forces sur un projet commun d'intérêt supérieur, non seulement ces ONGs parviennent à coopérer réellement, mais en plus elles se trouvent alors en position de recueillir le soutien et l'implication d'une part beaucoup plus large de la communauté tibétaine.
 
Au cours du 'siège' de Banspatan, j'ai eu le privilège de pouvoir observer de près les marcheurs et de partager certaines de leurs épreuves et péripéties. Ce qui m'a impressionné en premier, c'est le fait qu'ils forment à eux tous un échantillon vraiment représentatif de la diversité de la société tibétaine: le plus jeune avait 17 ans, le plus âgé environ 70 ans; on trouvait à la fois de nouveaux arrivants du Tibet, et d'autres ayant vécu toute leur vie en exil; on pouvait voir des moines et des nonnes, à côté de laïcs; et, plus intéressant, on voyait côte à côte d'ardents défenseurs de l'indépendance et des partisans de la "voie médiane" pour une réelle autonomie (à l'intérieur de la Chine).
 
Il régnait un fort esprit de solidarité entre les marcheurs et cela s'exprimait parfois de manière surprenante. Ainsi, lorsque la police est intervenue pour la première fois en déployant toutes ses forces dans une tentative d'intimidation - après quoi elle se retira -  les marcheurs exprimèrent spontanément leur soulagement par une kyrielle de chants et de danses. De jeunes moines, qui peu de temps avant s'étaient échappés de la région de Tawu au Kham, se remémoraient les chansons et les danses de leur enfance. Et les autres moines ne tardèrent pas à se joindre à eux.
 
Une ronde (Toepa gorshay) se forma et tout d'un coup on vit les Amdowas et les Khampas du groupe main dans la main avec leurs cousins tibétains de la région centrale, marquant la cadence avec entrain. La tension qui avait plané au dessus du campement se dissipa bien vite. On ne pouvait que s'interroger sur le comportement à venir des observateurs de la police et des villageois du coin dans cet atmosphère de carnaval, juste après l'intense épreuve de force.
 
Pour ma part, je trouvais que la scène avait un caractère profondément tibétain. En les regardant tous, je réalisais au fond de moi toutes ces choses que nous étions en train de perdre et qui distinguent notre peuple et notre nation.
 
Les journées étaient torrides à Banspatan et au cours de ces longs après-midi suffocants, on discutait ferme sous les tentes. J'ai filmé l'un de ces débats : un groupe de moines était engagé dans une discussion d'une passion et d'une férocité telles qu'un observateur non averti aurait pu croire qu'ils allaient en venir aux mains. Se bousculant et se repoussant les uns les autres comme dans un intense débat dialectique, ils comparaient en fait les avantages respectifs des stratégies de la voie médiane et de celle de l'indépendance, quant à l'orientation de la résistance des Tibétains.
 
Les partisans de chaque option tenaient bon en essayant de convaincre les autres de la justesse de leurs arguments, tandis que des curieux s'invitaient parfois au débat munis de leurs propres raisonnements. Ce n'était pas qu'un fait occasionnel : au cours des jours suivants j'ai pu voir le même type de joute oratoire se multiplier sous les tentes, avec des approches diverses mais toujours avec le même enthousiasme et la même excitation. De tels débats passionnés et ouverts sur l'orientation à suivre pour notre mouvement politique sont encore rares dans notre communauté en exil. Mais c'est le signe que les choses sont peut-être en train d'évoluer, et cela me donne encore plus de courage.
 
Avant que la Marche ne commence à Dharamsala j'ai interrogé plusieurs marcheurs. L'une de mes questions portait sur ce qu'ils décideraient de faire si le Dalai Lama leur demandait d'arrêter la Marche. Parmi mes interlocuteurs il y avait aussi bien des moines, des nonnes que des laïcs, ainsi que des jeunes et des vieux. Et pratiquement aucun activiste radical. A l'inverse, c'était plutôt de simples Tibétains, tous dévoués et loyaux disciples de leur leader spirituel.

Bref, chacun d'entre eux répondit sans hésiter qu'il poursuivrait la Marche quoiqu'il arrive. Ils avaient pris un engagement et ils étaient déterminés à le tenir. Ils estimaient prendre part à une action non-violente bénéfique pour la cause tibétaine dans son ensemble.
 
Leur détermination fut rapidement mise à l'épreuve lorsque le tout récent Comité de Solidarité(*), puis le Dalai Lama lui-même, demandèrent aux organisateurs d'arrêter la Marche. Mais, malgré les pressions, la Marche continua. J'ai alors une nouvelle fois interviewé plusieurs marcheurs sur ce qu'ils pensaient de cette apparente opposition à la volonté du Dalai Lama, et je fus frappé de la maturité politique de certaines de leurs réponses.
 
Le Dalai Lama, dirent-ils, est tenu par son infinie compassion à s'intéresser à ce qui est bon pour l'ensemble de l'humanité. Voilà pourquoi il ne peut soutenir aucune action qui pourrait devenir conflictuelle, que ce soit vis-à-vis des autorités chinoises ou indiennes.

Par ailleurs, ils se devaient de faire quelque chose et, tant que leur motivation restait saine et leurs actions résolument non-violentes, ils avaient la certitude de ne pas être en contradiction avec les vœux de leur leader.
 
La 'Marche du retour au Tibet' est l'une des rares fois où des Tibétains du peuple ont marché, littéralement, au rythme de  leurs propres convictions. En cela, ce mouvement fait écho à l'esprit du soulèvement de mars 1959 à Lhassa quand des milliers de Tibétains, dans leur tentative de protéger le Dalai Lama, refusèrent de quitter le palais du Norbulingka malgré les appels de leur leader.
 
Cela répond aussi à l'objectif annoncé du " Tibetan People's Uprising Movement " (Mouvement de Soulèvement du Peuple Tibétain) qui est de raviver l'esprit du Soulèvement de Lhassa et de contribuer à mettre fin à l'occupation illégale du Tibet par la Chine, et ceci en suivant une démarche totalement non-violente.
 
Ce matin là à Darchula, quand le dernier des marcheurs fut porté dans un bus de la police et conduit en dehors de l'état d'Uttarakhand, j'ai ressenti de la tristesse et en même temps de l'optimisme. Ce à quoi je venais d'assister témoignait moins de la fin d'une opération spécifique que du début d'une ère caractérisée par un sens nouveau de la responsabilité individuelle et de l'activisme politique. 
 
Nul ne sait comment et quand la situation des Tibétains trouvera une solution, mais ce que nous pouvons faire - nous, les exilés tibétains - c'est de renforcer nos structures démocratiques en exerçant réellement nos droits à la libre expression et à l'action. A longue échéance, l'existence d'un système démocratique fort dans la communauté en exil peut constituer l'une des seules sources d'espoir et d'encouragement pour les Tibétains vivant au Tibet.  
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(1) Tenzing Sonam est réalisateur de films et écrivain. Basé à New Delhi, il co-dirige White Crane Films.

(*) Solidarity Committee: associe des membres du parlement tibétain en exil et du gouvernement (Kashag).
 
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La Chine réfute une déclaration sur le Tibet formulée au sommet UE-Etats-Unis  

Beijing, le 11 juin (Agence Xinhua) - La Chine a marqué mercredi son  opposition par rapport à un commentaire tenu récemment au sommet  entre l'Union Européenne et les Etats-Unis concernant le Tibet,  lui reprochant de s'ingérer dans les affaires intérieures de la  Chine. 
 
"Nous sommes attentifs aux reportages relatifs et nous opposons à la déclaration sur le Tibet tenue au sommet entre l'Union  Européenne (UE) et les Etats-Unis", a dit le porte-parole du  ministère chinois des Affaires étrangères Qin Gang. 
 
Ses commentaires font suites à une déclaration conjointe  proclamée à la fin du sommet 2008 UE-Etats-Unis, faisant des  commentaires sur le Tibet et accusant la situation sur les droits  de l'homme en Chine.  
 
Soulignant que le Tibet constituait une partie inaliénable du  territoire chinois, Qin a dit que "la question du Tibet était une  affaire intérieure de la Chine, de même que les relations entre le gouvernement chinois et le Dalaï Lama". 
 
Les dirigeants de l'Union Européenne et des Etats-Unis ont  exprimé dans la déclaration leur "inquétude face aux émeutes  récentes au Tibet, et encouragé toutes les parties à s'abstenir de toute violence supplémentaire". 
 
Ils ont apprécié la décision récente de la Chine de rentrer en  contact avec les représentants du Dalaï Lama et encouragé les deux parties à progresser par le biais d'un dialogue substantiel,  constructif et orienté vers des résultats rapidement. 
 
Répondant à l'appel de l'UE et des Etats-Unis à la Chine pour  que cette dernière "s'attaque à son mauvais bilan en matière des  droits de l'homme", Qin a répliqué que le gouvernement avait  fourni des efforts continus pour promouvoir et protéger les droits de l'homme. 
 
"Nous résistons à toute tentative d'ingérence dans les affaires intérieures d'autres nations sous prétexte des droits de l'homme  et nous opposons à l'adoption de tout double standard", a-t-il  ajouté. 
 
La Chine croit que les différends peuvent être gérés sur une  base d'égalité et de confiance mutuelles, et par le dialogue et la coopération, a affirmé le porte-parole.
 
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Juin 2008
 
Claude B. Levenson

L'ombre du Tibet sur les JO de Pékin

Il aura fallu les démonstrations d'abord pacifiques des moines des grands monastères de Lhassa, drapeaux tibétains en tête, du 10 mars; des heurts violents quatre jours plus tard, quelque débordements civils anti-chinois dans l'ancienne capitale du Tibet; une répression brutale, des morts et des arrestations par dizaines sur place; la révolte identitaire embrasant  l'ensemble du territoire historique tibétain; le bouclage hermétique de la région à tout étranger, quel qu'il soit; le parcours chaotique de la torche olympique à travers le monde; les protestations de milliers de sympathisants de la cause tibétaine à chaque étape d'un périple conçu par ses organisateurs chinois comme un hommage planétaire à l'affirmation de la puissance nationale (impériale?) retrouvée; les critiques timorées de dirigeants politiques arrachés à leur torpeur par le sursaut de dignité outragée des Tibétains; les appels d'abord "à la retenue", puis "au dialogue" de quelques responsables de la gestion des affaires du monde et de plusieurs gouvernements poussés à s'exprimer par leur opinion publique - pour renouer un contact suspendu depuis plus d'une année entre les émissaires du dalaï-lama, au nom de la communauté tibétaine en exil horrifiée par la nouvelle épreuve endurée par le siens sur le sol ancestral, et des représentants des autorités chinoises qui imposent leur loi sur place au Tibet. Sous cette pression conjuguée et dans la nécessité de calmer le jeu à l'approche justement des JO, une rencontre a bien eu lieu à Shenzhen le 4 mai, à huis clos, dans une 'zone spéciale' au sud de la Chine. Les plus optimistes avaient alors relevé que pour la première fois, un entrefilet dans la presse nationale chinoise avait explicitement signalé des discussions avec des "représentants du dalaï-lama", alors que lors des fois précédentes, il ne s'agissait que de "visite de compatriotes d'outre-mer à leurs familles." Rien pourtant n'a filtré, sinon que les discussions allaient se poursuivre. Une date avait même été envisagée - le 11 juin, subitement reportée début juin à cause du séisme au Séchouan.

Fortuit certes, le contraste n'en est que plus frappant entre ces deux événements majeurs qui auront marqué la période immédiate d'avant les jeux en Chine: en mars-avril, la flambée de mécontentement dans les régions tibétaines alimentée aussi par l'obstination des tenants du pouvoir chinois de faire passer la flamme sur la plus haute montagne du monde comme pour bien marquer leur détermination à ne rien céder au Tibet, et le tremblement de terre meurtrier du 12 mai dans le Séchouan, où d'après les premières explications lapidaires d'experts géologues, "le Tibet pousse la Chine vers l'Est". Avec une efficacité aussitôt remarquée, le gouvernement chinois a organisé les opérations de secours, dépêchant sur place soldats, personnel médical et matériel, comme pour montrer au monde son souci immédiat du bien-être des habitants; il est vrai que des drames antérieurs, récents comme les tempêtes de neige du début de l'année ou plus anciens, comme un précédent tremblement de terre de grande envergure il y a une trentaine d'années, ont servi d'avertissement à propos de ce qu'il pouvait en coûter en termes de propagande. Cet effort à la fois de sauvetage et de relations publiques s'est avéré payant, tant pour les victimes que pour détourner l'attention de l'opinion de sujets toujours névralgiques.

Dans le même temps, le Tibet demeure bouclé, relégué loin à l'arrière-plan d'un flot d'images et de commentaires qui défile, un désastre chassant l'autre. Ce qui ne veut nullement dire qu'il ne se passe rien au Tibet, coupé du monde comme aux pires moments de l'enfermement maoïste. Trois visites officielles dûment chaperonnées - la première d'une poignée de journalistes anglo-saxons, la deuxième de quelques diplomates en poste dans la capitale chinoise et la troisième début juin de journalistes chinois de Hong Kong, Macao et Taiwan ne suffisent évidemment pas à donner des explications ni des éclaircissements sur ce qui s'est passé et sur ce qui se passe actuellement dans la Région dite autonome. Quant aux zones tibétaines pourtant durement touchées par le séisme, les journalistes en sont toujours tenus à l'écart, les rares informations disponibles émanant d'habitants sur place relayés par des parents proches ou lointains en exil.
 
Ces nouvelles ne sont guère encourageantes: poursuite des campagnes de "rééducation patriotique" dans les monastères et les campagnes, arrestations de moines, de nonnes et de civils comme par exemple du côté de Kardzé, des procès expéditifs avec pour les accusés des avocats commis d'office, alors que des juristes chinois qui s'étaient proposés pour les défendre se sont vus retirer leur brevet d'exercer. Et de lourdes condamnations - pour l'exemple. Et si la décence commande de ne pas s'en prendre à quiconque se trouve précipité dans le malheur, est-ce une raison suffisante de faire opportunément l'impasse sur des abus persistants en matière des droits de l'homme en Chine?

Les jeux au mépris des droits de l'homme
 
Les signaux contradictoires ne manquent d'ailleurs pas. Si la rencontre du 4 mai à Shenzhen laissait entrevoir une mini-ouverture et a été bruyamment saluée de divers côtés comme un "premier pas encourageant", la presse chinoise pour sa part redouble parallèlement d'attaques et d'insultes contre le dalaï-lama, accusé de tous les maux et d'être à l'origine des récents troubles au Tibet. Commentateurs et analystes se montrent dubitatifs quant à la portée du geste, estimant qu'il peut fort bien s'agir d'une manoeuvre de diversion en vue d'assurer à tout prix la réussite de l'offensive de charme des JO. Certains dissidents chinois n'hésitent pas à mettre en garde l'opinion internationale contre la duplicité du régime chinois, reprochant à celui-ci de vouloir sciemment tromper le monde. Ainsi, lors de la 8e session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, le représentant chinois s'est opposé avec virulence à ce que Takna Jigmé Sangpo témoigne de ce qu'il a vécu dans les geôles du régime, sous prétexte qu'il devait s'exprimer "dans une langue officielle de l'organisation". Mieux encore, l'honorable diplomate a tenu à répéter que la question du Tibet "n'est pas une question ethnique ou religieuse, ni une affaire concernant les droits de l'homme", mais qu'il s'agissait de "protéger l'unification nationale" et que cette question "est entièrement une affaire de politique intérieure de la Chine, qui concerne la souveraineté du pays". De quoi s'interroger sur la substance des discussions promises, alors que dans ce contexte, les positions demeurent toujours aussi éloignées.

Les Tibétains, eux, ne semblent guère se bercer d'illusions. En Inde, la communauté exilée tente de se faire entendre et d'exprimer ses aspirations, alors que les responsables indiens toujours aussi embarrassés face à leur propre dilemme n'hésitent pas à faire preuve d'autoritarisme, tout en espérant que des pourparlers avec leurs homologues chinois parviendront un jour à chasser les vieux démons pesant sur les relations entre les deux pays. Ce qui n'est pas gagné d'avance, à en juger d'après les nouvelles revendications chinoises affirmées sans vergogne sur l'Arunachal Pradesh, sous prétexte que Tawang, petit localité himalayenne où est né le VIe dalaï-lama, doit leur revenir, puisqu'il s'agit d'une terre tibétaine... CQFD, n'est-ce pas? Le terrain est mouvant sur lequel s'engage l'analyse car, au-delà même de son poids politique, économique et géostratégique, la question tibétaine ainsi ramenée sur le devant de la scène se pose en termes de symboles. A l'heure où Pékin s'efforce d'assurer le succès de son entrée triomphale sur l'échiquier mondial par le sacre olympique, le peuple tibétain se rappelle au souvenir de la communauté internationale en exprimant sa volonté de survie dans la liberté. Dès lors s'affrontent, sous un regard extérieur parfois médusé, deux lectures et donc deux interprétations des mêmes faits qui en deviennent symboliques. Avec en arrière-fond, la dictature au défi de la démocratie: un enjeu qui ne concerne pas seulement les Tibétains et leurs voisins chinois, une raison de plus de persévérer.
 

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Christiane Chaix, Karma Tinley et Danièle Froment réunis au TCV de Dharamsala en nov. 2006 - Photo Richard Broussaud
 
Pupilles du Tibet en exil
 
3 juin 2008 - Dharamsala (Inde) - Le Monde - Julien Bouissou (envoyé spécial)
 
Pendant quarante jours, Legphel a traversé l'Himalaya, depuis le Tibet jusqu'en Inde, blottie dans les bras de sa mère. "Elle m'a embrassée longuement avant de repartir dans les montagnes. Par la suite, j'ai oublié son visage", raconte l'écolière de 12 ans, les mains agrippées à la jupe de son uniforme.
 
Depuis son arrivée, il y a sept ans, au centre des réfugiés de Dharamsala, la capitale du gouvernement tibétain en exil, Legphel n'a plus reçu de nouvelles de ses parents. Un de ses camarades lui a rapporté que son oncle avait vu mourir sa mère sur le chemin du retour. "Mais une mère ne disparaît pas comme ça", lâche la jeune réfugiée en haussant les épaules.
 
Désormais, Legphel étudie l'histoire et la culture tibétaines dans un village spécialement aménagé pour accueillir les enfants exilés du Tibet, construit à flanc de montagne à quelques kilomètres de Dharamsala. Ici, les 2 100 élèves ont droit au surnom d'"orphelins". Non pas que leurs parents soient morts - ils habitent de l'autre côté des sommets enneigés qui dominent la vallée -, mais ces derniers ne leur donnent plus aucun signe de vie.
 
Envoyer une lettre ou passer un coup de téléphone serait trop risqué. En 2007, 50 jeunes réfugiés ont dû retourner chez leurs parents après que la police chinoise eut découvert qu'ils avaient fui le Tibet. "Alors, les enfants préfèrent oublier leurs parents plutôt que de supporter leur absence, même si tous n'y parviennent pas", reconnaît le directeur de l'école. La nuit, Legphel se réveille parfois en croyant voir les siens, à côté d'elle, "tout près des yeux".
 
Entre 700 et 1 200 enfants tibétains arrivent illégalement, chaque année, en Inde. Agés de 6 à 15 ans, ils sont confiés par leurs parents à des passeurs à quelques mètres des premiers postes-frontières du Tibet. Personne ne connaît le visage, ni le nom de ces intermédiaires qui préfèrent rester anonymes, de peur d'être dénoncés. Avec eux, les enfants exilés entreprennent une marche d'un mois, le plus souvent en hiver, la saison la plus sûre pour traverser l'Himalaya. "A cause du froid, les garde-frontières préfèrent rester dans leurs abris plutôt que de patrouiller", explique Dhorjee, directeur du centre des réfugiés de Dharamsala.
 
La marche s'effectue toujours de nuit et, surtout, dans le silence. La moindre pierre qui tombe du sentier peut donner l'alerte. Certains enfants périssent sous les balles ou tombent dans des crevasses. Impossible de savoir combien meurent chaque année. Ceux qui arrivent au centre des réfugiés de Dharamsala sont les seuls à être comptabilisés. Ce vieux bâtiment, coincé entre des magasins de souvenirs, abrite dans la pénombre de son dortoir une cinquantaine de lits collés les uns aux autres, avec, à leurs pieds, quelques cartables remplis de vêtements chauds. Les enfants y lisent des biographies illustrées du dalaï-lama et apprennent à dessiner. D'abord le drapeau tibétain, puis des monastères bouddhistes. Pour tuer l'ennui, il leur arrive de jouer à l'entrée du bâtiment, le long d'un mur tapissé de photographies de cadavres gisant dans les rues de Lhassa, la capitale du Tibet. Puis arrive le jour de la bénédiction du dalaï-lama. Dès le lendemain, les enfants partent vivre chez leur nouvelle mère, dans le village tibétain.
 
Les "home mothers" sont des mères professionnelles. Formées pendant deux ans à la couture, à la cuisine et à la psychologie de l'enfant, elles accueillent les jeunes exilés dans des maisons tibétaines construites en pierres, en hauteur du village. "En élevant les enfants dans le respect de la tradition tibétaine, je sauve mon pays de l'oubli", précise Tsering, une mère de 48 ans qui vit avec 36 enfants, au milieu des tapisseries de monastères bouddhistes et des portraits de famille du dalaï-lama. Son mari, discret, ne quitte pas des yeux l'écran de télévision, où défilent les dernières images d'émeutes en provenance du Tibet. "Il n'y a qu'une mère, ici, pas de père", prévient Tsering en jetant un regard furtif en direction du portrait du dalaï-lama. Au lever du jour, pendant que les garçons arrosent des fleurs, les écolières peignent leurs longs cheveux noirs dehors, face à la vallée. Au son de la cloche, des centaines d'enfants dévalent les chemins escarpés qui mènent au terrain de basket-ball, transformé tous les matins en terrain de prière. Assis en tailleur sur des tapis, des centaines d'écoliers répètent, penchés sur leurs livres, les mantras récités par les moines.
 
"Les enfants deviennent tibétains en apprenant la culture, l'histoire et la religion de notre pays", insiste Karma Tinley, superviseur de l'école, au pied d'un bâtiment qui affiche le slogan "Venez pour apprendre, partez pour servir". Les livres d'histoire et de langue sont écrits par les professeurs eux-mêmes. Le manuel d'histoire commence au chapitre "Tibet et Chine" et se termine au chapitre "Exil".
 
Sur le bureau soigneusement rangé de Karma Tinley, une pile de journaux intimes attendent d'être lus. Les confidences des écoliers, qui doivent tenir sur une page, sont lues chaque jour par un professeur avec, en priorité, celles qui portent la mention "A lire s'il vous plaît".
 
"Il faut déceler les souffrances psychologiques de l'enfant avant qu'il ne soit trop tard", explique le superviseur. "Je suis triste aujourd'hui car Sa Sainteté a de la fièvre", écrit un écolier, à la date du 18 mars. Le même jour, un autre s'inquiète : "J'ai vu des Tibétains brûler les voitures des Chinois à la télévision. J'ai peur pour mes parents. Je ne peux rien faire pour eux sinon apprendre à être une bonne Tibétaine." Pour apprendre à le devenir, l'école dispense des cours d'éducation civique. Y sont enseignés la Constitution tibétaine, rédigée en 1960, tout comme la règle selon laquelle chaque Tibétain doit verser 2 % de son salaire au gouvernement en exil.
 
"Il faut bien nous entraîner à la démocratie pour être prêts le jour de l'indépendance", résume l'une des institutrices, qui souhaite garder l'anonymat. Elle-même a passé son enfance au village, avant de retourner chez ses parents, au Tibet, il y a quelques années. "Lorsque j'ai revu leurs visages, les souvenirs de mon autre vie me sont revenus. C'était insupportable pour moi. J'ai finalement décidé de rester en Inde, car c'est ici que j'ai vécu le plus longtemps", dit-elle. En choisissant de vivre à Dharamsala, l'institutrice s'est fait une raison : "Ici, je suis peut-être orpheline de mes parents, mais pas du Tibet."
 
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Communiqué des organisateurs de la
"Marche de retour au Tibet"

29 mai 2008 - Source : TibetanUprising.org

Les marcheurs tibétains sont déterminés à poursuivre leur "Marche vers le Tibet" malgré le déploiement impressionnant des forces de l’ordre indiennes qui barrent la route prévue, à 200 kilomètres de la frontière indo-tibétaine dans l’Etat d’Uttaranchal. La police a empêché tout mouvement d’entrée ou de sortie des marcheurs au niveau du campement situé à 80 km de Almora. Le 27 mai 2008, les autorités ont fait usage de la force pour saisir trois camions de la logistique. Tôt le 29 mai, elles ont confisqué le quatrième et dernier camion de ravitaillement, soulevant les craintes de manquer bientôt de nourriture.


Les leaders des cinq organisations non gouvernementales [1] qui ont mis en œuvre la Marche, ainsi que le coordinateur de la Marche, sont toujours détenus après avoir été arrêtés le 27 mai. Selon les derniers rapports, les six responsables tibétains ont été transférés au poste de police de Haldwani (Uttaranchal).
 
"Au cours des mois passés, la "Marche vers le Tibet" a pris de l’ampleur et représente désormais une force non-violente de 300 marcheurs déterminés, et plus encore avec les nombreux Tibétains déjà en route pour nous rejoindre", affirme Sherab Woeser [2] un coordinateur de la "Marche de retour au Tibet".

"Les autorités indiennes redoublent d’efforts pour faire arrêter la Marche, avec plusieurs centaines de policiers positionnés le long de la route.  Mais les 300 marcheurs restent fidèles à leur engagement qui est de retourner au Tibet".
 
Le 27 mai, environ 1 000 policiers vinrent bloquer l’entrée du campement. La police a alors intimé l’ordre aux marcheurs de faire demi-tour sous peine d’être arrêtés. Les marcheurs ont immédiatement réagi en traversant le lit à sec d’une rivière et là ils entamèrent un sit-in à la manière de Gandhi, psalmodiant des prières et chantant l’hymne national tibétain.  Cette situation d’impasse dura environ une heure au bout de laquelle la police fit marche arrière et finit par quitter le site du campement. Le même scénario se reproduisit de nouveau le 28 mai.
 
Les marcheurs tibétains ont déclaré qu’ils "marchent en signe de solidarité et en soutien de leurs frères et sœurs tibétains qui subissent au Tibet l’état de siège décrété par les autorités chinoises. Ils lancent un appel aux autorités indiennes pour qu’elles acceptent tout de suite de laisser la Marche se poursuivre".
 
"Alors qu’au Tibet, en ce moment, des Tibétains continuent à être emprisonnés, à disparaître, à subir la torture, et à être exécutés pour leurs croyances, il est de notre devoir de dire au monde entier quelles sont leurs souffrances, et de montrer à la Chine que les Tibétains partout dans le monde sont déterminés à recouvrer leur liberté", dit Karma Sichoe, membre du comité d’organisation. [3]
 
"Avec les Jeux olympiques dans moins de trois mois, et les Tibétains qui souffrent derrière ce mur du silence que les Chinois ont instauré autour du Tibet, nous appelons tous les Tibétains partout dans le monde à se soulever et à nous rejoindre".
 
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[1] Les 5 ONGs tibétaines sont : 
- Tibetan Youth Congress
- Tibetan Women’s Association
- Gu-Chu-Sum Movement of Tibet
- National Democratic Party of Tibet
- Students for a Free Tibet, India
 
[2] Sherab Woeser est le Secrétaire du TYC aux Relations internationales,
 
[3] Karma Sichoe était peintre de thangkas (*) depuis 6 ans lorsqu’il prit part en 1998 à la grève de la faim qui vit Thupten Ngodup s’immoler par le feu.
(*) Thangka (ou tanka) : peinture bouddhique sur étoffe (ou sur papier collé sur un tissu) que l’on peut rouler autour d’un axe de bois. Généralement suspendues au-dessus des autels du bouddhisme tibétain, les thangkas représentent des mandalas ou les "saints" du bouddhisme tibétain
 
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Arrestation de nombreuses nonnes du couvent de Buruna à Kardze, province du Sichuan
 
21 mai 2008 - Radio Free Asia
 
De sources tibétaines, les autorités chinoises auraient investi le couvent de Buruna à Kardze (1) dans la province du Sichuan.

52 nonnes auraient été emmenées en détention. 21 autres nonnes du couvent sont restées enfermées toute une journée, les mains attachées.
Le couvent serait encerclé. De nombreux fonctionnaires de la sécurité sont entrés et le couvent est comme en état de siège.
 
Cet important couvent, détruit à la suite du soulèvement de 1959, reconstruit en 1983 et agrandi en 2000 est situé sur une colline près de Kardze. Il comprend habituellement 89 nonnes.
 
Son Maître, très respecté dans la région, est Tulku Phurbu Tsering, communément appelé Buruna Rinpoché, arrêté le 18 mai vers 4h30 (du matin, heure locale) après avoir refusé la campagne chinoise de "rééducation patriotique".
 
Les nonnes de Buruna ont été obligées de critiquer le Dalaï Lama et leur Maître.

"Aujourd'hui, des fonctionnaires sont venus dans notre couvent et ont essayé de nous forcer à condamner et signer des critiques contre le Dalaï Lama et Buruna Rinpoché" affirme une nonne, le 20 mai. "Nous avons refusé. 52 nonnes sont parties en deux groupes et ont protesté, appelant à la « Longue vie du Dalaï Lama ». Elles ont aussi lancé des tracts et manifesté. J'ai appris que 52 des nonnes qui ont manifesté ont été mises en détention".

"Actuellement, personne n'a le droit d'être dans la ville de Kardze. La fermeture des magasins a été ordonnée. Les forces de sécurité emplissent la ville".
 
Un fonctionnaire du Bureau de la Sécurité Publique, contacté par téléphone confirme la détention de "séparatistes" : "Plusieurs séparatistes ont été détenus. Ils l'ont été selon la loi du pays. Vous pouvez demander à qui vous voulez".
 
Des sources tibétaines disent que le nombre de détenus dans la prison de Kardze est devenu tellement important que beaucoup d'entre eux ont été déplacés. "Personne ne sait où ils ont été emmenés" rapporte un homme.
Les résidents d'une maison pour personnes âgées ont tenté de réclamer la libération des nonnes, mais la police les a arrêtés avant qu'ils puissent parvenir au centre de Kardze.
 
Les 11 et 12 mai 2008, les autorités de Kardze ont mis en détention 14 nonnes qui avaient manifesté malgré une présence imposante des forces de sécurité. Sept autres nonnes ont reçu des peines de prison pour avoir rejoint les manifestations du mois de mars.

Les 14 nonnes de Kardze avaient manifesté les 11 et 12 mai dans la partie centrale de la ville, près de la station de télévision locale. Elles protestaient contre la détention de deux nonnes du couvent, arrêtées le 23 avril.
(1) ch.Ganzi, voir  carte. Kardze se situe à environ 200 km à l'ouest de Chengdu, à environ 300 km de l'épicentre du séisme qui a secoué le Sichuan en mai 2008.

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Le dalaï lama à Londres, le 20 mai 2008 - Luke Macgregor (AFP/Pool)
 
Le Dalaï-Lama sera en France du 13 au 23 août prochains

20 mai 2008 - AFP
 
Le dalaï lama se rendra en France du 13 au 23 août pour notamment dispenser ses enseignements à Nantes (ouest) mais "aucune rencontre n'est prévue" pour l'instant avec les autorités françaises, a indiqué mardi le bureau du Tibet à Paris.

Le secrétaire général du bureau du Tibet à Paris Wangpo Bashi avait indiqué en mars que le dalaï lama arriverait en France le 15 août à l'occasion d'une visite prévue à l'origine en juillet 2006 et reportée pour des raisons de santé.
 
"Pour le moment aucune rencontre n'est prévue, aucune proposition de rencontre n'a été formulée au niveau du gouvernement et de l'Etat français", a précisé Wangpo Bashi, soulignant que rien n'est exclu mais que le dalaï lama a un "emploi du temps très chargé".
 
Cette visite, qui aura lieu pendant les Jeux olympiques de Pékin (8-24 août), avait été confirmée en mars, en pleine tension diplomatique entre la France et la Chine à la suite d'émeutes anti-chinoises au Tibet.
 
La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade, s'était alors déclarée prête à recevoir le dalaï lama et avait ajouté que le président Nicolas Sarkozy prendrait de son côté "une décision le moment venu".
 
Après l'Allemagne, le dalaï lama a entamé mardi une visite de onze jours en Grande-Bretagne au cours de laquelle il rencontrera le Premier ministre Gordon Brown, qui a accepté de le recevoir mais ailleurs qu'à Downing Street.
Il s'agit de sa première visite dans un pays européen depuis les émeutes sanglantes au Tibet. Le prix Nobel de la paix 1989 vit en exil depuis 1959 à Dharamsala dans le nord de l'Inde.
 
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Le Dalaï-Lama sème la zizanie en Europe

 
 
Le Dalaï Lama lors de son discours à la Porte de Brandebourg à Berlin, le 19 mai 2008 (Photo: Reuters)
 
 
Le 19/05/2008 - Patrick Adam pour RFI
 
C’est par un puissant symbole que le Dalaï Lama a clos sa visite de cinq jours en Allemagne. Son ultime prise de parole s’est en effet déroulée à la Porte de Brandebourg, haut lieu de la réunification allemande. Quelque 15 000 personnes sont venues écouter le chef spirituel tibétain appeler à prier pour les victimes chinoises du séisme. Si l’invitation à se rendre à Berlin avait été lancée de longue date par l’association Tibet Initiative Deutschland, le fait qu’elle soit la première visite en Europe du Dalaï Lama depuis les émeutes du mois de mars au Tibet a contribué à sa large médiatisation. Et les couacs qu’elle a provoqués au sein de la coalition au pouvoir sont à la mesure de l’événement.
 
Recevoir le chef tibétain revient à s’exposer à l’ire de Pékin. En septembre dernier, Angela Merkel l’avait reçu en audience privée à la chancellerie. La Chine avait alors annulé une série de rencontres bilatérales, et ce n’est qu’en janvier que les relations s’étaient réchauffées avec la visite en Allemagne du chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi.
 
 
Une rencontre a minima
 
Cette fois, Angela Merkel n’a pas eu à choisir. En voyage en Amérique latine, la chancelière a fait savoir par l’un de ses portes-paroles qu’elle était « tout à fait d’accord » pour qu’une rencontre ait lieu entre un membre du gouvernement et le Dalaï Lama, précisant toutefois qu’elle n’en était pas l’inspiratrice. C’est donc la ministre de la Coopération économique et du Développement, la social-démocrate Heidemarie Wieczorek-Zeul, qui s’est entretenue avec le Dalaï Lama, « en tant que représentante du gouvernement allemand », a-t-elle tenu à souligner, mais dans un hôtel chic de Berlin et non dans un lieu officiel. Un choix de la discrétion, dicté par les protestations feutrées du gouvernement chinois qui, par l’intermédiaire de son ambassade, a fait connaître sa désapprobation.
 
Une rencontre a minima donc, sachant que le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier n’a pas souhaité recevoir le Dalaï Lama.
 
Déjà en septembre, il avait qualifié la rencontre entre la chancelière et le chef tibétain de « politique pour la galerie. » Cette fois, la presse a révélé que le ministre n’avait pas été informé à l’avance de l’entretien prévu entre sa collègue du gouvernement et le Prix Nobel de la paix 1989.
 
Et cette fois encore, la coalition au pouvoir a laissé apparaître ses divisions. Aucun haut dirigeant des sociaux-démocrates ne s’est entretenu avec le représentant tibétain, alors que plusieurs responsables du camp conservateur l’ont rencontré, qu’il s’agisse du président du Bundestag ou du ministre-président de la Rhénanie du Nord-Wesphalie.
 
 
Malaise en Grande-Bretagne
 
Mais, l’Allemagne n’a pas le monopole du malaise. Ainsi, la polémique se poursuit-elle en Grande-Bretagne où le bonze tibétain arrive ce mardi. Le Premier ministre Gordon Brown recevra le Dalaï Lama le 23 mai, non pas à sa résidence au 10 Downing Street, mais à celle du chef de l’Eglise anglicane. Une manière de désamorcer le volet politique qui a été vivement critiquée par le groupe parlementaire sur le Tibet qui dénonce une « erreur cruciale » dans la mesure où « cela dévalue la rencontre au rang d’entrevue avec un chef spirituel. » Gordon Brown se défend de « faire des courbettes » devant le gouvernement chinois, mais ses deux prédécesseurs Tony Blair et John Major avaient tous deux reçu le Dalaï Lama à Downing Street.
 
La polémique n’est sans doute pas près de s’apaiser dans la mesure où après la Grande-Bretagne, le chef tibétain se rend en Australie et aux Etats-Unis, avant de revenir en Europe. Ce sera pendant les Jeux Olympiques organisés en Chine, le Dalaï Lama est attendu en France. Paris présidera alors l’Union européenne.

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Un manifestant Tibétain récemment réfugié décrit la répression chinoise 
 

Kusang Sonam

 
14 mai 2008 Dharamsala, Inde - AFP
 
Kusang Sonam raconte qu'avant de fuir en franchissant la frontière montagneuse, il s'était caché pendant 12 jours pour pouvoir échapper aux forces de l'ordre chinoises qui traquent les Tibétains qui se sont soulevés contre la dictature de Pékin sur cette région himalayenne.
 
" Je savais que j'étais mort s'ils me retrouvaient " : c'est ce qu'a dit à l'AFP cet homme de 38 ans, vendeur de vêtements, et père d'un enfant, lors de sa première interview, dans un Centre de Réfugiés en Inde.
 
Sonam raconte qu'après quatre jours de manifestations à Lhassa, des soldats chinois armés de poignards ont attaqué les Tibétains qui manifestaient le 14 mars, ce qui suscita en retour des actes de vengeance, suivis eux-même d'une gigantesque chasse à l'homme à l'encontre des manifestants dans la capitale de la région autonome (du Tibet, selon la terminologie chinoise).
 
" Nous étions en train de manifester pour commémorer le 49ème anniversaire (du soulèvement des Tibétains contre l'occupation chinoise) lorsque des troupes nous ont attaqués avec de longs couteaux ", déclara-t-il.
 
" Nous avons lancé des pierres. Les soldats se sont alors repliés, puis ils sont revenus avec des armes à feu. Et très vite, ce furent les fumigènes, les crépitements des tirs, et des cris affreux ", décrivait-il.
 
Sonam est originaire du district de Dartsedo dans la préfecture de Kardze.
Il affirme avoir vu plusieurs Tibétains se faire tuer par balle et d'autres se faire poignarder à mort.
 
" Les troupes ont balancés leurs corps dans les fourgons de la police comme si c'étaient des carcasses d'animaux. Et puis ils sont partis, " décrivait Sonam.
 
Sonam est parvenu à se réfugier au Népal le 26 mars.

Le Népal est un point de passage très important pour tous ceux qui fuient le Tibet. A Katmandu, un centre de réception créé sous l'égide des Nations Unies, délivre des papiers d'identité aux réfugiés tibétains, grâce à un "gentleman's agreement" avec le gouvernement (du Népal). La plupart des réfugiés sont dirigés ensuite sur Dharamsala, en Inde, où se tient le gouvernement tibétain en exil.
 
Le gouvernement en exil affirme que la répression chinoise a causé la mort d'au moins* 203 Tibétains  et a blessé environ 1000 Tibétains. Pékin dit que les ''émeutiers'' et ''insurgés'' tibétains ont tué 21 personnes.
 
" En tant que Tibétains, il était de notre devoir de protester contre l'occupation de notre pays par la Chine. Mais eux, ils (leurs troupes) ont fait un usage de la force totalement disproportionné, " expliquait Sonam, donnant ainsi l'un des rares témoignages directs.
 
Sonam est l'un des rares Tibétains à avoir réussi récemment à s'enfuir du Tibet. Il y a aussi un autre Tibétain, père d'une petite fille, qui est parvenu à rejoindre Dharamsala le 30 avril via le Népal.
 
En avril, une adolescente et deux jeunes garçons ont atteint Dharamsala. Ils furent dirigés vers une maison plus sûre pour éviter que leurs identités ne soient découvertes.

Leurs parents figurent encore sur les listes de personnes disparues au Tibet, dit Dorjee, le directeur du centre de réfugiés.
 
Sonam brûle déjà de retourner dans sa famille - sa fille, sa femme, son frère, et son père - mais c'est maintenant impossible.

" Je ne peux pas repartir là-bas car un message reçu de ma femme me dit que la police est toujours à ma recherche et qu'ils m'ont confisqué tout ce que je possédais, " raconte le réfugié, vêtu d'habits qu'on lui a prêtés.
 
Le Dalai Lama presse les leaders mondiaux d'obtenir de la Chine qu'elle mette un terme à la répression au Tibet. Ce mois-ci ses émissaires ont eu des discussions avec des officiels en Chine. Mais Pékin continue d'imputer les émeutes au leader spirituel du Bouddhisme Tibétain basé en Inde.
 
Dorjee, du centre de réfugié, dit que pour les Tibétains il est désormais pratiquement impossible de s'échapper avec les patrouilles renforcées à la frontière et les méthodes draconiennes des autorités chinoises.
 
" Avant, ici nous recevions généralement de l'ordre de 3000 réfugiés chaque année en provenance du Tibet. Mais depuis le 14 mars… Regardez, nos dortoirs sont complètement vides, excepté Sonam. "
 
" Les autorités chinoises ont établi la liste des membres de chaque famille, et tous les jours elles font l'appel : si une des personnes de la famille est absente alors c'est tout le reste de la famille qui en subit les conséquences, " dit-il.
 
Dorjee préfère ne pas en dire davantage, craignant pour la sécurité des proches des évadés : " on ne peut pas tout dire, vous savez… ".

(*) selon les témoignages que le TCHRD a réussi à collecter à ce jour : voir le site internet du Centre Tibétain des Droits de l'Homme et de la Démocratie www.TCHRD.org pour plus de renseignements).
 
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Le Dalaï Lama reçu par une ministre au nom du gouvernement allemand
 
Lundi 19 mai 2008 - Berlin (AFP)
 
Une ministre allemande a rencontré lundi le dalaï lama à Berlin, soulignant qu'elle le faisait "en tant que représentante du gouvernement allemand" alors que la Chine a manifesté sa désapprobation avant cet entretien.

"J'ai eu (cet entretien avec le dalaï lama) aussi en tant que représentante du gouvernement allemand, je suis membre de ce gouvernement", a insisté la ministre de la Coopération économique et du Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, à l'issue d'une rencontre de plus d'une heure avec le bonze tibétain de 72 ans.

Par la voie de son ambassade à Berlin, Pékin avait officiellement fait part de sa réprobation avant la rencontre avec la ministre social-démocrate.

Soucieux de ménager la Chine, cet entretien ne s'est d'ailleurs pas déroulé au ministère mais dans un grand hôtel berlinois.

Le dalaï lama devait également être l'invité dans la journée de la Commission des Affaires étrangères du Bundestag, la chambre des députés allemands.

Si le prix Nobel de la paix 1989 s'est refusé à donner un caractère politique à son séjour, le premier qu'il effectue en Europe depuis les émeutes sanglantes au Tibet, sa visite s'avère très médiatisée.

"Le monde a besoin de personnalités qui incarnent les idées de paix et d'égalité", a ajouté Mme Wieczorek-Zeul. "Je tiens à souligner à quel point (...) le dialogue pacifique est important pour la cohabitation dans ce monde global".

Sa visite a également suscité de gros remous dans la coalition droite-gauche de la chancelière Angela Merkel. Cette dernière avait reçu le dalaï lama à la chancellerie en septembre dernier, déclenchant une grave crise dans les relations bilatérales avec la Chine.

Actuellement en déplacement en Amérique latine, la chancelière a insisté, selon la presse, pour que le leader tibétain soit reçu par un membre du gouvernement alors que son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier s'est refusé à le rencontrer.

Le dalaï lama effectue une tournée de cinq jours en Allemagne qui doit s'achever lundi en fin d'après-midi par un très symbolique discours au pied de la Porte de Brandebourg.

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En Allemagne,
le Dalaï Lama plaide inlassablement
pour l'autonomie du Tibet
 
16/05/2008 - Bochum (AFP et La-Croix.com)
 
Le dalaï lama a une nouvelle fois plaidé vendredi pour l'autonomie du Tibet, au deuxième jour de sa visite en Allemagne, réaffirmant inlassablement qu'il ne réclamait pas l'indépendance à la Chine.
 
"Nous ne voulons pas l'indépendance", a souligné le chef spirituel du bouddhisme tibétain à Bochum (ouest), lors d'une rencontre avec des journalistes.
 
"Nous voulons vivre en paix avec nos frères et soeurs chinois", a-t-il ajouté, deux mois après de violentes émeutes au Tibet contre l'occupation chinoise.
 
Le dalaï lama, qui vit en exil depuis 1959 dans le nord de l'Inde, a renoncé de longue date à réclamer l'indépendance du territoire himalayen mais a semblé ces derniers mois débordé par une jeunesse tibétaine plus radicale et ouvertement indépendantiste. Le prix Nobel de la paix 1989 a réclamé "une autonomie significative pour que les Tibétains puissent préserver leur culture, leur langue".
 
Au premier jour de sa très médiatisée visite en Allemagne, un pays qui lui a toujours manifesté un soutien appuyé, il avait déjà affirmé à la télévision publique qu'il n'était "pas anti-chinois".
 
Le dalaï lama, 72 ans, a entamé jeudi une tournée dans les pays occidentaux. Il doit rencontrer la semaine prochaine le Premier ministre britannique Gordon Brown.
 
Sa venue en Allemagne, où il doit participer à des conférences dans quatre villes avant de se rendre à Berlin, a suscité des remous au sein du gouvernement, la chancelière ayant, selon le Süddeutsche Zeitung, appuyé pour qu'il soit reçu par un ministre alors que le chef de la diplomatie s'y opposait pour ne pas froisser la Chine.
 
Angela Merkel avait reçu le dalaï lama "à titre privé" à la chancellerie en septembre dernier, ouvrant une grave crise dans les relations de l'Allemagne avec Pékin.

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Déclaration de l'Emissaire Particulier
de Sa Sainteté le Dalaï-lama,
Kasur Lodi Gyaltsen Gyari
 
08 Mai 2008 - Dharamsala

L'émissaire Kelsang Gyaltsen et moi-même avons eu l'honneur de faire notre rapport à Sa Sainteté le Dalaï-lama, hier, immédiatement après notre arrivée de Chine. Kalon Tripa, et le Professeur Samdhong Rinpoche, nous rejoignirent pour l'exposé. Nous nous sommes également entretenus ce matin avec la Vice Présidente (du Parlement tibétain en exil), Madame Dolma Gyari. Le Président (du Parlement), Monsieur Karma Choephel, est en ce moment en visite officielle à l'étranger.

Le 4 Mai 2008 à Shenzhen, en Chine, nous avons rencontré le Vice-ministre Exécutif Zhu Weiqun ainsi que le Vice-ministre Sithar du Front Unifié du Travail du Parti Communiste Chinois. Nous aimerions exprimer notre reconnaissance à nos hôtes ayant accepté notre suggestion de tenue de cette rencontre informelle à Shenzhen, ainsi que d'avoir accepté l'entrevue entre dirigeants sans autres assistants. Le Vice-ministre Exécutif Zhu Weiqun et le Vice-ministre Sithar sont nos interlocuteurs depuis de nombreuses années. Cette longue relation a permis de rendre possible de franches et ouvertes discussions, dans une atmosphère amicale et respectueuse, malgré la tension dominante et la situation grave au Tibet.
 
Notre principal objet, dans la recherche d'une rencontre urgente informelle, était de discuter de la situation critique au Tibet. Il y eu des avis forts, et divergents sur la nature ainsi que les causes des récents événements tragiques au Tibet. Ces avis ont été exposés de manière franche et directe.
 
Pour notre part, nous avons catégoriquement rejeté l'accusation portée à Sa Sainteté le Dalaï-lama selon laquelle il serait l'instigateur des manifestations et troubles au Tibet. Par contre, nous avons clairement exposé que les événements au Tibet sont les conséquences inéluctables de mauvaises politiques des autorités envers les Tibétains, cela depuis plusieurs décennies. La récente crise au Tibet est le symptôme clair d'un profond sentiment de rancune et d'amertume des Tibétains envers ces politiques. La tâche à prendre en main consiste à adresser les inquiétudes légitimes du peuple tibétain de manière réaliste et constructive.
 
Nous avons souligné l'importance de mettre fin à la répression en cours dans Tibet entier. Nous avons appelé à remettre en liberté des prisonniers, à permettre aux blessés d'obtenir un traitement médical approprié et à donner un accès sans retenue aux visiteurs, médias y compris. Nous avons aussi appelé à la fin de la campagne de "rééducation patriotique" que le peuple tibétain abhorre profondément.
 
Nous avons aussi rejeté l'accusation selon laqu