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Le
Karmapa (AFP)
Après le Dalaï Lama, le Karmapa sera-t-il le chef
spirituel des Tibétains ?
Jeudi 15 juillet 2010 - Dharamsala - La fête
d'anniversaire du dalaï lama, qui vient de souffler ses 75 bougies, a
livré quelques clés concernant la succession mystère du chef spirituel
et politique des Tibétains: assis à côté du prix Nobel de la paix, se
tenait un lama de 26 ans à l'avenir prometteur.
Orgyen Trinley Dordje revendique le titre de 17e
karmapa, l'un des plus importants chefs du bouddhisme tibétain. Séparés
par deux générations, le Dalaï Lama et le Karmapa partagent un lien
particulier: ils ont tous deux fui leur pays pour vivre un exil
incertain.
Le Karmapa, qui s'enfuit en 1999, a aujourd'hui le
même âge que le Dalaï Lama quand celui-ci quitta le Tibet à la suite
d'un soulèvement anti-chinois. Tous deux vivent à Dharamsala, dans le
nord de l'Inde, une ville qui sert de base au gouvernement tibétain en
exil, dont le Dalaï Lama est le chef.
"Il est comme une figure
paternelle pour moi. Je le considère comme mon professeur et mon guide",
confie-t-il dans un entretien à
l'AFP.
Selon lui, la mort du Dalaï Lama, de son vrai nom
Tenzin Gyatso, aura un "impact énorme" sur le mouvement tibétain et la
lutte pour une véritable autonomie au sein de l'administration
chinoise.
Il n'y a cependant pas "de précipitation" pour
penser à la succession, jure-t-il, avant d'ajouter qu'il "ferait de son
mieux pour aider aux activités que le Dalaï Lama a portées" pour le
Tibet et les Tibétains.
Le Karmapa est l'un des chefs spirituels bouddhistes
les plus importants au Tibet, avec le Dalaï Lama et le Panchen Lama.
Mais le dernier Panchen Lama, un enfant de six ans nommé par le Dalaï
Lama en mai 1995, a été porté disparu peu après et Pékin a nommé son
propre candidat.
Même s'il ne pourra jamais devenir le 15ème Dalaï
Lama car il appartient à une autre branche du bouddhisme, le Karmapa
pourrait avoir une position dominante jusqu'à ce qu'une nouvelle figure
soit trouvée.
Ce Karmapa a été à la fois
reconnu par le Dalaï Lama et intronisé par le pouvoir chinois, avant sa
fuite du pays, ce qui fait de lui une figure très
influente.
Il est de ce fait considéré comme un possible
médiateur entre Pékin et les 200.000 membres de la communauté tibétaine
en exil, même si selon lui, il reste considéré avec méfiance par la
Chine.
Sa fuite du Tibet, à l'âge de 14 ans, avait été
motivée par la crainte de se voir réduit à un rôle de marionnette par
les autorités chinoises.
"L'une de mes inquiétudes était qu'à l'âge de 18
ans, j'obtienne un poste au sein du gouvernement (chinois) et qu'alors
je doive aller contre sa Sainteté et la cause pour le Tibet",
explique-t-il.
Vivant désormais sous la loi indienne, il est soumis
à des restrictions de déplacement. Un voyage prévu en Europe cette année
a ainsi échoué et son seul voyage en 11 ans à l'étranger fut aux
États-Unis en 2008.
L'existence en Inde d'un
mouvement tibétain, qui milite ouvertement pour l'autonomie ou
l'indépendance et dénonce des violations des droits de l'Homme au Tibet,
tend les relations diplomatiques entre l'Inde et la
Chine.
Interrogé par l'AFP, le
porte-parole du Dalaï Lama, Tenzin Taklha, souligne que le Karmapa est
l'un des nombreux Lamas à pouvoir endosser des responsabilités après la
mort du Dalaï Lama.
"Il est certainement l'un des chefs spirituels les
plus importants. Il est charismatique et un chef prometteur avec un
nombre important de fidèles", a-t-il cependant souligné.
Traditionnellement, la recherche du Dalaï Lama est
menée par les Lamas les plus haut placés dans la hiérarchie, mais le
régime communiste chinois a récemment indiqué qu'il se réservait le
droit d'avoir le dernier mot.
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PARIS / TAIWAN / PEKIN
:
Plus que jamais, bas les pattes devant la Chine !
Coucher… ! à la niche !
Mercredi 7 juillet 2010
- Marianne - Philippe Cohen
Et encore plus que jamais quand
le président de l'assemblée de la RPC est en visite à Paris et à
l'Assemblée nationale française...(ndlr).
Ça se passe comme ça à
Paris : la conférence d'un chercheur taiwanais à l'IFRI a été annulée
pour ne pas chatouiller les oreilles sensibles de la représentation
diplomatique chinoise...
La recherche scientifique sur
la Chine est-elle encore libre en France ? On peut se le demander suite
à la mésaventure vécue par Andrew Yang, chercheur taiwanais, et par
ailleurs vice-ministre de la Défense dans son
pays.
Andrew Yang était invité à donner une conférence sur
la sécurité en Asie à l'IFRI l'un des tout premiers instituts de
recherche en matière de relations internationales, dirigé par Thierry de
Montbrial. Or, quelques jours avant ladite conférence, l'impétrant
apprend l'annulation de son voyage et le refus par l'administration
française de lui accorder un visa de séjour.
Que s'est-il passé ? C'est
assez simple à comprendre. La venue de ce chercheur taiwanais, bon
connaisseur de la défense chinoise, n'avait pas l'heur de plaire à
l'ambassade de Chine. Qui l'a fait savoir à qui de droit. Oui mais qui
est qui de droit ? C'est ce que nous avons cherché à savoir. Côté IFRI,
le chercheur en charge du dossier nous renvoie à la direction. Le
patron, Thierry de Montbrial, qui a régulièrement des relations avec la
Chine , nous réoriente, via sa secrétaire, vers un directeur général.
Lequel nous indique, de façon laconique, que " Monsieur Yang a eu un
problème technique ", et qu'il faut voir avec le Quai d'Orsay. Côté quai
d'Orsay, différents interlocuteurs se renvoient la patate chaude jusqu'à
un mail du service de communication d'une certaine Elsa Pignol. Un
message on ne peut plus sybillin : " Nous n'avons aucun commentaire sur
cette affaire."
Personne - les Ambassades de
Chine et de Taiwan étant bien sûr muettes sur l'affaire - ne voulant
donc raconter l'histoire, nous sommes contraints de le faire nous-mêmes.
Selon toute vraisemblance, l'Ambassade de Pékin a joint à la fois l'IFRI
et le Quai d'Orsay. Thierry de Montbrial a obtempéré : pour lui, le
maintien de bonnes relations avec la Chine est au dessus de tout, (et
même de la liberté de la recherche ?). L'IFRI a donc annulé la
conférence tandis que le ministère des Affaires étrangères refusait le
visa.
L'ambassade de Taiwan ne peut
rien faire au moment où le pays vient de signer un accord commercial
avec Pékin, accord sur lequel mise depuis des mois le gouvernement
taiwanais pour normaliser ses relations avec la Chine. Quant au Quai
d'Orsay, selon des sources internes, à la veille de la prochaine visite
à Paris, en septembre du Président Hu Jintao, dont on espère qu'il
signera une nouvelle moisson de contrats commerciaux, il n'est pas
question susciter le moindre ombrage aux diplomates chinois. Plus que
jamais, bas les pattes devant la Chine !
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Nancy Pelosi demande à la Chine d'engager des
discussions "sérieuses" avec le Dalaï Lama
Mardi 6 juillet 2010 -
Washington (AFP) - La présidente de la Chambre américaine des
représentants Nancy Pelosi a demandé à la Chine mardi, à l'occasion des
75 ans du dalaï lama, d'engager des discussions "sérieuses" avec le
dignitaire bouddhiste qu'elle a qualifié "d'homme de paix et de
sagesse".
"Sa Sainteté a fait part de sa volonté de se rendre
en Chine et de dialoguer directement avec des hauts responsables. Mon
voeux le plus cher est que Pékin envoie un message ferme en invitant sa
Sainteté en Chine pour d'importantes discussions", a indiqué Mme Pelosi
dans un communiqué.
Nancy Pelosi, connue pour ses critiques envers Pékin
au sujet des violations des droits de l'homme, a estimé qu'il était
"grand temps de résoudre la question" du Tibet.
"Un accord négocié assurera la stabilité intérieure
au Tibet et oeuvrera en faveur de la réputation de la Chine dans le
monde", a ajouté Mme Pelosi.
"A l'occasion du 75e anniversaire de sa Sainteté le
dalaï lama, je continue d'admirer l'oeuvre de sa vie qui fait la
promotion de la compassion, de la paix et des droits de l'homme pour
toutes les personnes du monde", a-t-elle dit.
Adulé par son peuple, icône en Occident, le dalaï
lama, qui a fui le Tibet en 1959 à la suite d'un soulèvement
anti-chinois, est abhorré par Pékin qui voit en lui un dangereux
séparatiste.
Pour autant, le lauréat du prix Nobel de la paix en
1989, apôtre de la non-violence, défend une stratégie conciliante face à
la Chine, une "voie moyenne" qui prône une simple "autonomie
culturelle".
Des milliers de Tibétains ont fêté mardi les 75 ans
du Dalaï Lama dont l'âge et la santé précaire posent avec une acuité
croissante la question de sa succession.
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Claude B. Levenson
Mai
2010
Le Tibet à
rebrousse-temps
Regardez une carte de
géographie, vous le verrez au coeur de l'Asie, même si son nom n'y
figure plus, au milieu de nulle part, c'est-à-dire au centre même, axe
de la planète dorénavant assimilé au " troisième pôle " ou toit du monde
au-dessus des étendues euroasiatiques, pays que des idéologue
s'acharnent à faire disparaître en l'effaçant de l'histoire des hommes
et que d'autres, mieux inspirés et fondés à le faire, préservent
tranquillement avec non moins d'obstination pour l'avenir des
générations futures. Pays qui existe tellement à force d'être souhaité
disparu corps et biens de la mémoire humaine et dont l'âme nomade
caracole sur la crêtes des montagnes, des nuages ou des
rêves.
Défaite des vainqueurs,
victoire des vaincus : alors que le bras de Pékin se fait de plus en
plus long à mesure que ses interlocuteurs se font plus petits et semble
étendre ses tentacules bien au-delà de la Grande muraille, fût-elle
virtuelle, des hommes et des femmes chassés de chez eux il y a plus d'un
demi-siècle ont dû se résoudre un jour à partir et à prendre l'une des
multiples routes du temps, celle de l'exil. Peut-être à rebrousse-temps
du temps linéaire commun dans la société humaine. Car enfin, à l'heure
de l'émancipation des peuples, lorsque tant d'autres recouvraient la
liberté ou accédaient à l'indépendance, le Tibet, lui, était
militairement occupé contre la volonté de son peuple révolté, et depuis
lors, soumis à une colonisation systématique au nom d'une hypothétique
modernisation à marche forcée piétinant les aspirations profondes des
premiers concernés, les Tibétains eux-mêmes. Curieuse destinée à vrai
dire pour un peuple dont Jacques Bacot disait à l'orée du XXe siècle
qu'il était " étrange et vivait à part des autres, ne faisant rien comme
eux "…
Et pourtant : comme d'autres
peuples naguère asservis, les Tibétains restent
insoumis.
Ils le font savoir à leur
manière, parfois surprenante, s'entêtant à ne pas capituler ni à
l'intérieur de leur pays défiguré où tout est fait afin qu'ils oublient
leurs racines, leur passé, leurs traditions et leur histoire - ni dans
l'exil où non contents de reconstruire et de préserver leur héritage,
ils l'offrent en partage. Pour enrichir le patrimoine commun de
l'humanité. Du toit du monde jusqu'aux rives d'océans lointains : de
quoi contribuer à irriguer ou à éclairer les temps à
venir.
Sur place néanmoins, en leur
vaste berceau d'altitude, la vie est rude à ceux qui persistent à ne pas
abdiquer leur singularité, voire à réclamer le respect de leurs droits.
Un jeune Tibétain téméraire, rapidement arrêté par des gardiens de
l'ordre chinois aux aguets, a osé devant le Jokhang à Lhassa réclamer en
solitaire une aide réellement efficace et des compensations pour les
victimes du séisme de la mi-avril, laissées pour compte dans les hameaux
à peine éloignés de l'épicentre du désastre. D'autres dans la région de
la catastrophe ont été arrêtés pour avoir posé des questions sur
l'organisation des secours et les incohérences de l'aide d'urgence,
retardée par la méconnaissance du terrain et les difficultés
d'accès.
Toutefois, comme pour tenter de
mieux dissimuler des réalités qui dérangent, à la grandiose exposition
universelle de Shanghai censée témoigner aux yeux du monde de la montée
pacifique de la Chine sur l'échiquier mondial, il se trouve un "
pavillon du Tibet céleste " où, selon une dépêche de l'AFP, on voit des
" Tibétains tout sourire richement parés dans des paysages somptueux
illustrant ainsi " la société harmonieuse " version le président Hu
Jintao, sous le slogan " le Tibet nouveau, une vie meilleure ". Revers
de la médaille, fin avril, l'agence officielle Xinhua en appelait au "
renforcement de la vigilance contre les forces étrangères hostiles à la
Chine " et à " bloquer les informations nuisibles concernant les droits
de l'homme, le Tibet ou le Xinjiang ". Amis du Tibet, vous voilà dûment
avertis, attention à la liste noire…
Mieux encore, le 9 mai, une
dépêche de la même agence Xinhua rapportait les propos de Jia Qinglin,
président du Comité national de la Conférence consultative politique du
peuple chinois, appelant les ressortissants chinois à l'étranger et les
étrangers d'origine chinoise, membres de diverses associations
culturelles ou d'amitié, à contribuer par des investissements " au
développement de la Région autonome du Tibet er la Région autonome
ouïghoure du Xinjiang ". Et de les encourager à être de " fermes
partisans de l'unité nationale et de mieux faire découvrir au monde les
progrès du Tibet et du Xinjiang, à faire plus d'efforts pour sauvegarder
l'intégrité territoriale, la cause de la réunification et la diffusion
de la culture chinoise à l'étranger ". Comme si tous les grands (et les
moins grands) de ce monde ne s'étaient pas empressés il y a peu dans le
sillage du récent tremblement de terre de présenter au président chinois
des condoléances très " chinoisement correctes ", sans jamais mentionner
les victimes tibétaines… Bien seul à tenter un peu tardivement de sauver
l'honneur, le Congrès américain serait en train de rédiger une
résolution visant à réparer ce manque d'élémentaire
courtoisie…
" Se libérer de la peur ", n'a
cessé de répéter la Dame de Rangoun, toujours recluse dans la maison
familiale en train de se délabrer et abandonnée au mauvais vouloir d'une
camarilla paranoïaque que d'aucuns font mine de croire sur parole quand
les militaires birmans promettent des "élections " libres et ouvertes "
devant déboucher sur une " démocratie disciplinée ". Il y a plus
longtemps, vers la fin des années 80, d'autres ailleurs se battaient
pour garder la mémoire, résister à l'oubli, ne pas se soumettre ni
capituler, se protéger du désespoir : ce vadémécum de la dissidence
est-européenne a finalement permis à ses artisans de casser un temps
immobile et de briser le contrat du silence. Persister, informer, ne pas
céder - disait Vaclav Havel. Parce que, comme l'avait alors résumé l'un
d'eux, " le chemin le plus court vers la liberté des autres est ma
propre liberté. "
Newsletter janvier
2010 mailto : claude.levenson@gmail.com
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IMPORTANT SEISME AU TIBET
(KHAM)
Province du Qinghai
colonisée par la Chine (nord-ouest de
la Chine actuelle)
Bilan
provisoire au 20 avril : 2000 Morts , 12315 blessés et 300
disparus
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La ville de Gyegu (Jyekundo) 3
jours avant le séisme. Elle est peuplée à 95 % de Tibétains et regroupe la
plus grande quantité de Mani au Tibet (pierres gravées) ©Tibet De
Facto.
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Un Comité pour venir en aide aux victimes de
Yushu Bureau du Tibet à
Paris
Un violent tremblement de terre, d'une amplitude de
6,9 sur l'échelle de Richter, a frappé la région de Kyejudo (Yushu) dans
la province de l'Amdo le 14 avril dernier.
A ce jour, les autorités dénombrent environ 2 000
décès, 300 disparitions et plus de 12 000 blessés graves. Plusieurs
milliers de personnes se trouvent dans une situation extrêmement
critique, beaucoup de bâtiments ayant été détruits.
Via la Circulaire du Cabinet (Kashag) n° Kh86 (61
10)-11 du Gouvernement tibétain en exil, un Comité pour venir en aide
aux victimes de Yushu a été créé. Tous les dons financiers seront les
bienvenus. Le Bureau du Tibet est habilité à les percevoir?; ils seront
regroupés et envoyés à ce comité basé à Dharamsala qui se chargera de
les répercuter.
Merci infiniment de faire largement circuler cette
information au plus grand nombre possible. Pour des raisons pratiques,
n'oubliez pas d'accompagner vos chèques d'une petite note mentionnant la
destination de votre donation.
Nous vous remercions de votre solidarité ainsi que
la Communauté tibétaine en France ( www.tibetan.fr) et toutes les Associations qui ont déjà pris
l'initiative d'œuvrer dans le même sens.
Wangpo
Bashi
Bureau du Tibet, 84 Bd Adolphe Pinard, 75014
Paris
Tél: (1) 46 56 54 53
Fax: (1) 41 17 00 14
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Témoignage d'Olivier du
site
Tibet De Facto
Mardi 20 avril 2010 - Tibet De
Facto
Tibet-defacto était à Gyegu (ou
Jyekundo) dans le district de Yushu au Nord-Ouest de la région tibétaine
traditionnelle du Kham, 3 jours avant le séisme.
La ville de Gyegu est située à
3.700 mètres d'altitude. Elle est la capitale de la Préfecture Autonome
de Yushu dans la province chinoise du Qinghai. Nous sommes ici en fait
dans la province traditionnelle du Kham dans la région de Jyekundo (ou
encore Gyegu ou Gawa pour les Tibétains Khampa).
Le mercredi 14 avril 2010, un
tremblement de terre de grande ampleur a frappé la ville et la région.
Les dernières estimations portent le bilan à près de 2.000 morts et
environ 15.000 blessés. Et ce bilan risque encore de s'alourdir car
nombre de personnes sont encore portées disparues. De plus, la région
comporte beaucoup de sites isolés difficilement accessibles. Il y a
également des centaines de milliers de sans-abri.
Trois jours avant la
catastrophe, Tibet-defacto était dans la région. Après avoir hésité, je
me décidé à publier quelques photos prises juste avant cet événement
dramatique. Pour aider à faire connaître cette région un tout petit peu
mieux au moment ou elle est si durement frappée (Gyegu est maintenant à
85 % détruite) et ou sa population a tant besoin
d'aide. _______________________
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Communiqué de Thupten Gyatso,
Président de la Communauté Tibétaine de
France
URGENT - Appel aux dons
Samedi 17 Avril 2010
La Communauté Tibétaine de
France lance un appel à don après le puissant tremblement de terre,
d'une intensité de 7.1 sur l'échelle de Richter, qui a frappé la région
de " la Préfecture Autonome Tibétaine de Yushu ", dans la province
traditionnelle tibétaine du Kham, mercredi 14 avril, à 6 heures, heure
locale.
Selon le bilan provisoire,
environ mille personnes ont péri et plus de 10.000 personnes sont
blessées. 90% des habitations en bois et en terre sont détruites et
100.000 personnes se trouvent sans abri avec une température de moins 10
degrés Celsius. L'épicentre du séisme est habité par une population à
98% Tibétaine, par conséquent presque toutes les victimes sont des
Tibétains.
La Communauté Tibétaine dans la
diaspora, s'organise pour venir en aide aux victimes, dans la phase
d'urgence, sans oublier la reconstruction de la ville de
Yushu.
Nous avons besoin de votre
solidarité et de votre générosité envers les victimes du tremblement de
terre au Tibet.
Sélectionnez votre montant *
:
60 euros soit 15€ après
déduction fiscale
80 euros soit 20€ après
déduction fiscale
100 euros soit 25€ après
déduction fiscale
160 euros soit 40€ après
déduction fiscale
soit par chèque à l'ordre
de " la Communauté Tibétaine de France " 28, rue Sorbier 75020 Paris.
Nous vous adresserons un reçu
par la suite.
Nous vous remercions
cordialement pour votre soutien.
Bureau de la Communauté
Tibétaine de France et ses Amis.
Thupten Gyatso,
Président
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Secours dans la zone de
Yushu (nord-ouest de la Chine)
après une série de violents
séismes, le 14 avril 2010/AP/SIPA
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Selon le dernier bilan, 617 personnes sont mortes
et
plus de 9.000 autres sont blessées...
Jeudi 15 avril 2009 - 20minutes.fr
DERNIERE INFO : 17h28 - Le président
chinois Hu Jintao a qualifié le séisme d'«énorme désastre» et a confirmé
qu'il rentrait en Chine à l'issue d'un sommet des grands pays émergents
jeudi soir.
En visite au Brésil, Hu Jintao écourte son voyage en
Amérique latine pour rentrer en Chine. Sur place, les parents des élèves
ensevelis sous les décombres attendent avec inquiétude des nouvelles.
Les opérations de secours se révèlent compliquées à cause du le faible
niveau d'oxygène lié à l'altitude. Les sauveteurs s'activent toujours ce
jeudi pour retrouver des survivants dans la province du Qinghai, dans le
nord-ouest de la Chine, après le violent séisme de mercredi.
Le Premier ministre Wen Jiabao est arrivé jeudi soir
à Yushu, épicentre du séisme de magnitude 6,9 qui s'est produit
mercredi, selon les médias officiels. Il est à la tête d'une délégation
de 40 personnes et devrait se rendre au quartier général des opérations
de secours. Il devrait repousser une tournée en Asie du sud-est. Le
président chinois Hu Jintao, en visite au Brésil, a quant à lui décidé
d'écourter son voyage en Amérique latine en raison du séisme survenu
dans son pays. Le président chinois était arrivé mercredi soir à
Brasilia, pour participer à un sommet des grands pays émergents.
Les secouristes travaillent à mains
nues
Le dernier bilan fait état de plus de 617 morts,
selon l'agence Nouvelles de Chine, révisant à la baisse un chiffre donné
auparavant par la Radio nationale. Selon l'agence, 1.045 personnes ont
été extraites vivantes des décombres par les secouristes, qui ont retiré
107 corps, alors que 2.038 personnes sont soignées.
Auparavant, la Radio nationale de Chine avait
affirmé que 2.038 personnes avaient été extraites des décombres dans la
préfecture de Yushu, épicentre du puissant séisme. Les autorités avaient
annoncé mercredi soir que plus de 900 personnes avaient pu être
extraites des décombres, souvent par des secouristes travaillant à mains
nues.
Parmi les morts, au moins 66 élèves. Ce jeudi, la
télévision officielle diffusait des images de sauveteurs s'affairant
dans les décombres pour tenter d'atteindre des élèves coincés dans la
préfecture de Yushu. Wang Yubo, responsable de l'éducation de la
province du Qinghai, cité par l'agence Chine Nouvelle, a précisé que le
tremblement de terre avait détruit au moins 11 écoles.
Ecoliers coincés dans les dortoires de leurs
écoles
Des dizaines de parents attendaient dans l'angoisse
des nouvelles de leurs enfants qui fréquentaient l'école professionnelle
de Yushu, selon l'agence. «Lors du séisme, les élèves venaient d'achever
leurs exercices physiques du matin. La plupart prenaient leur petit
déjeuner à la cantine de l'école ou nettoyaient leurs salles de classe»,
a déclaré le proviseur, Kunga Tenzin. «Certains ont été piégés dans
leurs dortoirs», a ajouté le proviseur.
Lors du séisme au Sichuan voisin en mai 2008, des
milliers d'écoliers avaient péri dans l'effondrement des écoles, un
sujet qui avait provoqué une très vive polémique sur le respect ou non
des normes antisismiques dans la construction des bâtiments. Certains
parents avaient évoqué la corruption qui aurait pu expliquer pourquoi
des milliers d'établissements scolaires, construits à la va-vite,
s'étaient écroulés, alors que d'autres bâtiments avaient résisté.
Difficultés du fait de l'altitude
Des milliers de sinistrés ont passé la nuit dehors
dans la préfecture de Yushu avec des températures descendant sous zéro
degrés et un vent glacial. L'armée chinoise a dépêché sur place 100
parachutistes ainsi que 1.500 autres personnels pour prendre part aux
opérations de secours et de recherches de survivants. Plus de 6.000
soldats ont été envoyés sur place. Cependant, les opérations de secours
sont compliquées par le faible niveau d'oxygène du fait de l'altitude
élevée.
La préfecture de Yushu, se situe sur le plateau
tibétain, surnommé «le Toit du monde», à une altitude moyenne de 4.000
mètres. Les opérations de secours en haute altitude «sont beaucoup plus
exigeantes physiquement et techniquement en raison de la raréfaction de
l'oxygène», a expliqué He Xiong, directeur du Centre de prévention et de
contrôle des maladies de Pékin. Le niveau d'oxygène dans la région de
Yushu, région montagneuse de la chaîne himalayenne, peut être un tiers
voire moitié moins élevé que celui au niveau de la mer, selon des
chiffres officiels.
Les opérations sont également rendues difficiles du
fait de l'état des routes et des réseaux d'électricité et de
télécommunications, endommagés par le séisme suivi de nombreuses
répliques et de glissements de terrain.
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Déclaration du Kashag (*) à l'occasion du
51e anniversaire de la journée du soulèvement national
tibétain Aujourd'hui, le 10 mars 2010, marque
le 51e anniversaire du soulèvement pacifique tibétain de 1959 contre les
autorités chinoises. En ce jour mémorable, le Kashag rend hommage au
courage des Tibétains et des Tibétaines qui ont sacrifié leur vie à
notre cause temporelle et spirituelle. Par solidarité envers nos
compatriotes de l'intérieur du Tibet, actuellement soumis à la torture,
le Kashag adresse sa reconnaissance et sa commisération à chacun d'entre
eux. Comme stipulé dans la déclaration du Kashag en date du
10 mars dernier, nous avons constaté des évolutions négatives et
positives au cours de ces 50 dernières années. D'un côté, tous les
Tibétains vivant au Tibet et en dehors ont été les victimes de terribles
épreuves et notre spiritualité, notre politique et notre peuple ont subi
des pertes irréparables. Néanmoins, d'un autre côté, des Tibétains du
Tibet de tous les âges, sans se décourager, maintenant leur vaillance,
ont alimenté notre lutte pour la vérité au fil des ans. De même, ceux de
l'exil ont accompli de grandes réussites spirituelles et politiques, en
particulier dans les domaines de la préservation et de la promotion de
la spiritualité et de la culture tibétaines. Aujourd'hui, alors que nous
nous souvenons de tout cela, le Kashag souhaite exprimer sa plus
profonde gratitude à Sa Sainteté le Dalaï-Lama dont la direction
positive a pu mener à toutes ces réalisations au cours des
années. Entre le 10 mars dernier et aujourd'hui, les
Tibétains exilés et leur administration ont organisé diverses cérémonies
de commémoration pour marquer le cinquantenaire de leur vie en exil et
pour remercier du fond du cœur leurs pays d'accueil. Dans le cadre de
ces cérémonies, une réunion informelle des employés de l'Administration
Centrale Tibétaine (ACT) s'est récemment tenue afin de tirer les
enseignements des expériences passées et de faire des propositions
relatives à l'avenir. Un résumé de l'issue de cette réunion, qui a été
apporté à Sa Sainteté le Dalaï-Lama, comprend (entre autres sujets) un
renouvellement du serment des employés de rester sur la voie de la paix
et de la non-violence dans notre lutte pour la vérité, jusqu'à ce qu'une
solution durable ait été trouvée à la question du Tibet. Nous sommes
convaincus que la plupart de la population du Tibet (au Tibet et en
dehors) se joindra à ce serment. Nous sommes
particulièrement préoccupés par le fait qu'aucune évolution positive ne
se soit produite au Tibet depuis l'éclatement de la crise, le 10 mars
2008. Le Kashag enjoint donc la République Populaire de Chine (RPC) à
mettre un terme immédiat à toutes ses actions inhumaines et illégales,
dont la répression et des violations des Droits de l'Homme au Tibet, de
même que les condamnations à mort et à de longues périodes
d'emprisonnement prononcées contre des Tibétains, sans procès légaux. Le
Kashag réclame également officiellement la remise en liberté de tous les
prisonniers tibétains innocents, dont le jeune Panchen-Lama, Gondun
Choekyi Nyima. De plus, le Kashag exhorte tous les Tibétains du Tibet à
faire preuve de la plus grande retenue et de la plus grande
prudence. Dans le cadre du processus de pourparlers actuel,
nous avons présenté aux officiels concernés de la RPC un mémorandum pour
une autonomie véritable du peuple tibétain, le 31 octobre 2008. Dans ce
document, en plus d'une articulation des aspirations fondamentales des
Tibétains au Tibet et en dehors, nous avons réclamé la pleine
application des clauses relatives à l'autonomie nationale régionale
telles qu'inscrites dans la constitution.
Cependant, les Chinois ont
cherché à détourner ou à mal interpréter les demandes que nous y avons
inscrites. Afin de clarifier ces sujets et pour faire une nouvelle
demande en deux points, les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama se
sont rendus à Pékin cette année et y ont participé à une neuvième série
de pourparlers avec leurs homologues chinois, les 30 et 31 janvier. Dans
ces derniers entretiens, les émissaires, sur les conseils de Sa Sainteté
le Dalaï-Lama, ont mis en avant les deux propositions
suivantes: 1. Le souci ultime de Sa Sainteté le
Dalaï-Lama est le bien-être des six millions de Tibétains. À ce sujet,
le gouvernement central chinois soutient que les Tibétains du Tibet sont
heureux et qu'en tant que telle, il n'y a pas de question du Tibet à
résoudre. Nous croyons au contraire que la plupart des Tibétains du
Tibet sont soumis à de terribles épreuves. Il règne parmi eux un vaste
sentiment d'insatisfaction et de mécontentement dans tous les domaines
(religieux, politique, économique, linguistique, culturel et social).
Face à des vues aussi divergentes entre les deux parties, il nous semble
nécessaire de mener une étude collective et méticuleuse de la situation
sur place afin de saisir quelle est la réalité. Par conséquent, nous
demandons au gouvernement chinois d'entreprendre une telle étude, de
manière à ce que chaque Tibétain puisse véritablement exprimer ce qu'il
ressent réellement, sans crainte et sans doute. S'il s'avérait, suite à
une telle étude, que les Tibétains, dans leur majorité, estiment qu'il
n'y a pas de problème au Tibet et qu'ils sont contents de leur sort, Sa
Sainteté le Dalaï-Lama ne recherche rien d'autre. Il n'y aurait alors
nul besoin pour les deux parties d'être en désaccord sur l'avenir du
Tibet. Mais s'il s'avère que les Tibétains sont mécontents, alors le
gouvernement central chinois devra, " preuves concrètes à l'appui ",
reconnaître qu'il y a un véritable problème au Tibet et entamer des
discussions pour collectivement trouver des solutions et leurs moyens au
problème du Tibet. 2. L'allégation que Sa Sainteté le
Dalaï-Lama et son administration en exil ont provoqué le soulèvement
spontané et pacifique qui secoue toutes les zones tibétaines depuis le
10 mars 2008, est faux. De fait, cette allégation n'est pas acceptable
par nous. Cela a été signifié aux dirigeants chinois lors des
pourparlers informels qui se sont déroulés à Shenzhen. En conséquence,
lors de la 7ème série de pourparlers, le gouvernement central chinois a
accepté la réalité et a changé sa position en passant des " trois
interdits " à " quatre choses à ne pas soutenir ". Pourtant, récemment,
il a de nouveau formulé de telles allégations à notre encontre. Il y a
donc désormais une nécessité pour le gouvernement central chinois de
clarifier si sa position est restée la même que lors de la 7ème série de
pourparlers ou s'il l'a changée. S'il l'a effectivement changée, alors
le gouvernement central chinois doit entreprendre cette étude en
profondeur (au Tibet et en dehors) pour scientifiquement identifier la
véracité de ces accusations. L'issue d'une telle enquête devra être
acceptée par les deux parties concernées. De plus, dussions-nous être
dans notre tort, nous en ferions amende honorable. Si ce n'est pas le
cas, le gouvernement central chinois doit cesser de répandre des
mensonges et de telles allégations infondées, à la fois sur son sol et
sur la scène internationale, et publier une clarification sur ce
point. Le gouvernement central chinois n'a pas apporté de
réponses claires sur ces deux points et n'a pas non plus communiqué nos
deux demandes dans ses déclarations de presse ultérieures. Nous allons
de notre côté continuer de faire pression sur ces deux points que nous
avons formulés de manière honnête et sincère. Si le point de vue et ce
que dit le gouvernement central chinois contiennent un élément de
vérité, alors celui-ci ne devrait avoir aucune hésitation à accepter
cette enquête. Nous pouvons tous garantir qu'une fois qu'une enquête en
bonne et due forme sera menée, les choses seront plus claires pour
l'avenir et la réalité sera plus évidente à tous. Au cours
des neuf séries de pourparlers, les émissaires de Sa Sainteté le
Dalaï-Lama ont catégoriquement affirmé au gouvernement chinois qu'il n'y
a pas lieu de débattre de la question personnelle de Sa Sainteté le
Dalaï-Lama ou de ses proches. L'unique intérêt du processus de dialogue
est le bien-être des six millions de Tibétains. La question personnelle
de Sa Sainteté n'a été avancée dans aucun de ces échanges. Nous avons
amplement clarifié cela dans le passé et nous le réitérons aujourd'hui.
Par conséquent, le gouvernement central chinois, à travers ses dires et
ses déclarations officielles, selon qui la raison des pourparlers est
précisément de parler de la question personnelle de Sa Sainteté le
Dalaï-Lama, et pas le bien-être des six millions de Tibétains, a tort.
C'est tout simplement hors propos. Bien qu'il n'y ait pas le moindre
changement dans notre détermination à nous engager dans le dialogue avec
la RPC jusqu'à ce qu'une solution durable soit trouvée à la question du
Tibet, le Kashag souhaite officiellement stipuler que l'agenda du
processus de dialogue ne doit concerner que le bien-être des six
millions de Tibétains et rien d'autre. Nous réaffirmons par conséquent
qu'il n'y a strictement rien à débattre au sujet de la situation
personnelle de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. D'avis que la
question du Tibet est d'ordre intérieur et qu'elle doive donc être
résolue dans le cadre de la RPC, nous sommes toujours ouverts envers le
gouvernement central chinois. Cependant, les Chinois continuent
d'évoquer Sa Sainteté le Dalaï-Lama et de la question du Tibet et ils
continuent d'exercer partout d'énormes pressions liées à cela : dans
leurs relations bilatérales avec d'autres pays ou dans divers forums
internationaux. Cela contribue manifestement à nos yeux à faire de la
question du Tibet une question internationale. Notre lutte
se base sur la vérité et la non-violence. Il ne fait aucun doute que si
tous les Tibétains du Tibet et du dehors mettent toute leur foi dans la
voie de la non-violence que nous avons choisie et que nous pratiquons,
alors la véracité du problème tibétain prévaudra plus tôt que prévu.
Aujourd'hui, un nombre croissant de pays en quête de vérité, des gens,
des dirigeants religieux et politiques manifestent leur inquiétude et
leur soutien envers la question du Tibet. De plus en plus
d'intellectuels chinois en Chine et à l'étranger commencent à apprécier
et à soutenir la " Voie Médiane " choisie par Sa Sainteté le Dalaï-Lama.
De plus, la vérité liée aux mauvaises politiques chinoises au Tibet
devient de plus en plus évidente. Qui plus est, la politique de la "
Voie Médiane ", bénéfique à tous, ne prévoit pas la victoire des uns et
la défaite des autres. Le monde entier nous l'envie et des pays comme
les États-Unis et d'autres partageant les mêmes idéaux lui ont offert
leur soutien. Les intellectuels tibétains des trois régions tibétaines
l'admirent et la soutiennent également. Ainsi, la question du Tibet a
atteint et continue d'atteindre de grands résultats dont les bénéfices
sont à moyen et à long termes. Alors que nous exprimons notre infinie
gratitude à Sa Sainteté le Dalaï-Lama d'avoir élaboré une politique
aussi authentique, le Kashag souhaite faire le serment devant Votre
Sainteté de poursuivre cette politique à l'avenir, sans la remettre en
question. La cruauté et les atrocités inimaginables de ces
60 dernières années n'ont pas réussi à ébranler l'esprit et la
détermination du peuple tibétain. Le gouvernement chinois aiguise
actuellement sa politique du recours au mensonge et à l'argent pour
détruire l'esprit et l'unité du peuple tibétain. Le Kashag pense que le
peuple tibétain ne se laissera pas prendre au piège des Chinois et de
leurs tromperies. L'unité de tout le peuple tibétain, intacte depuis si
longtemps, a été renforcée par le soulèvement populaire de 2008. Le
Kashag appelle tous les Tibétains à fournir un effort pour renforcer
cette unité et à résister aux sollicitations et aux machinations de la
partie adverse qui cherche à nous diviser, nous, les Tibétains. Le
Kashag exhorte tous les Tibétains à veiller à ne pas s'engager dans des
querelles internes pour des motifs de moindre
importance. Deux points importants auxquels les Tibétains
du Tibet doivent être vigilants sont les suivants
: 1. Les jeunes Tibétains doivent être encouragés à
étendre leurs horizons éducatifs en se concentrant à la fois sur
l'enseignement traditionnel et sur l'enseignement moderne et en
acquérant des compétences professionnelles dans leurs domaines
d'études.
2. Il faut rechercher tous les moyens
possibles de préserver le délicat environnement du plateau tibétain de
toute dégradation supplémentaire. Il s'agit là de sujets
apolitiques qui auront pourtant un impact fort à cout et à long termes
pour le bénéfice à la fois de Tibétains et des Chinois. Il est donc
capital que les deux parties fassent des efforts collectifs dans ce
sens. De même, chacun doit faire de son mieux pour appliquer les
conseils de Sa Sainteté le Dalaï-Lama aux gens à travers le monde en
général et aux Tibétains en particulier, conseils à teneur à la fois
spirituelle et temporelle, pour cette existence actuelle mais également
pour toutes celles à venir. Si les Tibétains, actuellement
divisés en différentes unités administratives, peuvent être réunies sous
une seule administration autonome, cela facilitera l'élaboration d'une
politique uniforme visant à développer les domaines de l'éducation, de
la culture, de la santé etc. Cela contribuera notamment à préserver la
culture et l'identité uniques du Tibet. La demande de réunir tous les
Tibétains sous une administration unique a été faite et répétée au
gouvernement chinois depuis 1951. Ainsi, au cours du Vème Forum de
Travail sur le Tibet, il a été demandé aux délégués de toutes les zones
tibétaines de réfléchir à un plan de développement uniforme pour tous
les Tibétains. Le Forum a également identifié le fait que les conditions
de vie de tous les Tibétains en général, mais des paysans et des
éleveurs tibétains en particulier, sont particulièrement mauvaises. Nous
devons répondre à cet état de fait. Nous attendons que le gouvernement
chinois applique un programme de développement uniforme pour toutes les
zones peuplées de Tibétains. Le 6 juillet 2010, Sa Sainteté
le Dalaï-Lama aura 75 ans. Le Kashag prévoit de célébrer cet
anniversaire de manière plus recherchée que les années précédentes,
grâce à des activités spirituelles majeures. De même, notre démocratie
en exil fêtera ses 50 ans le 2 septembre cette année. Nous planifions
par conséquent de fêter cet anniversaire-là également. Nous espérons que
tous les Tibétains garderont ces deux événements à l'esprit. Bien qu'il
soit particulièrement difficile pour les Tibétains du Tibet de célébrer
ouvertement ces deux événements, nous ne doutons pas que leurs cœurs et
leurs esprits s'uniront à ceux des Tibétains en exil à ces deux
occasions. Pour finir, le Kashag prie pour que Sa Sainteté
le Dalaï-Lama vive encore longtemps et pour l'accomplissement spontané
de tous ses vœux. Puisse la vérité de la question tibétaine éclater très
prochainement ! Le 10 mars 2010
Le Kashag
________ (*) Le Kashag est le nom tibétain qui signifie " le
cabinet du gouvernement tibétain " NB : Le présent document
a été traduit d'après un original publié en tibétain. En cas de
différence de sens entre les deux, veuillez considérer la version en
tibétain comme primant et finale sur toute
autre. Traduction française d'Alexandre Huillet pour le
Bureau du Tibet, Bruxelles. www.tibet.net ( english, tibétain, …) www.tibet-info.net (
français)
_______________________
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Entretien
avec Sa Sainteté le Dalaï Lama
(réalisé en octobre 2009
avant sa visite récente aux Etats-Unis)
Le Tibet survivra-t-il ?
Cet entretien a été conduit par
Chen Yan (**)
Dans le monde interconnecté
du XXIème siècle, il y a longtemps que la question tibétaine ne relève
plus uniquement des " affaires intérieures " de la Chine, mais s'inscrit
dans un mouvement plus vaste d'aspiration à la démocratie. Comment
répondre à la demande d'autonomie et de liberté du peuple tibétain ; et
comment aider une Chine économiquement développée et politiquement
arriérée à s'engager dans la voie de la démocratie : aux yeux du Dalaï
Lama, ces deux questions sont intimement liées.
Un dialogue entre représentants
du Dalaï Lama et autorités chinoises s'est engagé en Chine à partir de
2002. Huit rencontres officielles ont eu lieu sur le territoire chinois,
mais pour l'heure, les pommes de discorde restent nombreuses. Le Tibet
historique comprend, outre la région autonome du Tibet, les territoires
peuplés de Tibétains dans les provinces du nord-ouest de la Chine :
Qinghai, Gansu, Sichuan (1) et Yunnan. Afin de sauvegarder la culture
tibétaine dans son ensemble, le gouvernement tibétain en exil a demandé
au gouvernement chinois de procéder à un redécoupage territorial qui
permette d'inclure dans la région " autonome " du Tibet (qui n'a
d'autonome que son nom officiel !) toutes les régions habitées par les
Tibétains. Cette suggestion a provoqué une réaction virulente de la part
du gouvernement chinois pour lequel cette tentative de reconstitution
d'un " Grand Tibet " n'est qu'une revendication d'indépendance voilée.
Le malaise est d'autant plus profond que, malgré les réformes
démocratiques introduites en 2001 par le quatorzième Dalaï Lama et la
mise en place d'un pouvoir exécutif désormais dirigé par un chef de
gouvernement élu au suffrage universel (2), les médias officiels chinois
continuent de voir dans le gouvernement tibétain en exil un régime
théocratique. Il est pourtant certain que, résidant en Inde, le
gouvernement tibétain en exil n'a été reconnu par aucune instance
internationale et n'a guère que le pouvoir d'organiser la vie des
quelques centaines de milliers de Tibétains éparpillés à travers le
monde, tout en se projetant dans un avenir hypothétique. Le jour où
l'armée chinoise quittera les terres tibétaines n'est, en effet,
aucunement prévisible…
Nos lecteurs apprécieront cet
entretien exceptionnel réalisé à Dharamsala et accordé à Radio France
Internationale (émission en chinois) ainsi qu'à notre revue. Cet
entretien (mené en tibétain et en chinois), a permis au Dalaï Lama de
s'adresser directement, pour la première fois, à un auditoire de Chine
populaire et de briser ainsi le mur de la propagande que les dirigeants
de Pékin s'emploient à ériger entre lui et la population
chinoise.
Sa Sainteté le Dalaï
Lama - La Chine d'aujourd'hui est fondamentalement différente de la
Chine d'il y a trente ou quarante ans. Le tournant se situe en 1978,
avec le retour de Deng Xiaoping au pouvoir et le lancement de la
politique de réforme. Incontestablement, le développement économique a
permis d'améliorer les conditions de vie des Chinois. Ils sont de plus
en plus nombreux à voyager, et de plus en plus d'étudiants chinois font
des études à l'étranger. Grâce à ces échanges, la Chine devient de plus
en plus perméable aux valeurs démocratiques de
l'Occident.
C. Y. - 2009, c'est
aussi le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, qui a
sonné le glas du système communiste en Europe. Comment envisagez-vous la
sortie du communisme en Chine ?
D.L. - Un effondrement
brutal du régime, à l'image de ce qu'à connu l'Union Soviétique, serait
problématique non seulement pour la Chine mais aussi pour les pays
voisins. La meilleure solution serait, pour le Parti communiste chinois,
de mettre en place, de sa propre initiative, des réformes politiques
graduelles. J'approuve entièrement le point de vue qu'a exprimé le
vice-président Xi Jinping dans un long texte publié par le Quotidien du
Peuple (3) : il insiste sur l'importance des comportements démocratiques
au sein du Parti et appelle de ses vœux l'organisation d'élections
directes au niveau des instances de base. Le président Hu Jintao a
également mentionné à plusieurs reprises le mot démocratie dans son
discours d'ouverture du XVIIe Congrès du Parti communiste chinois en
octobre 2007. Mais la démocratie ne saurait se contenter de discours.
Elle doit s'ancrer dans le concret. Je suis néanmoins confiant : les
dirigeants savent que la démocratie est incontournable, et lorsqu'ils
mesureront l'intérêt à long terme que la Chine peut en retirer, ils
seront bien obligés de régler cette question.
C.Y. - Vous voulez dire
que, sans la démocratie, la Chine ne deviendra jamais une véritable
grande puissance ?
D.L. - Absolument. La
Chine est un grand pays qui est appelé à occuper une position importante
sur la scène mondiale. Pour l'instant, elle en est loin car le reste du
monde ne lui fait pas confiance. La raison ? Son manque de transparence.
C'est parce que la Chine se dissimule que ses voisins et la communauté
internationale la redoutent. Il n'y a ni liberté de la presse ni liberté
de parole. Le gouvernement se réfugie constamment derrière le secret
d'Etat. Ce mot avait peut-être un sens pendant la guerre civile, avant
1949, ou pendant la guerre de Corée, au début des années 1950 ; mais, en
temps de paix, est-il nécessaire de tout bâillonner ? Cette censure des
médias nuit à l'image de la Chine. N'importe qui, n'importe quel pays,
peut commettre des erreurs. Il faut les reconnaître et s'excuser
publiquement aux yeux du monde.
C.Y. - Lors de votre
récent voyage aux Etats-Unis, vous n'avez pas été reçu par le président
Obama. Savez-vous s'il a subi des pressions de la part du gouvernement
chinois ? Avez-vous prévu de le rencontrer dans un proche avenir
?
D.L. - Le président
Obama a certainement subi des pressions. C'était peu de temps avant sa
visite à Pékin, au cours de laquelle il a abordé la question tibétaine
avec le gouvernement chinois. Pour ne pas irriter ses interlocuteurs, il
a jugé plus opportun de ne pas me recevoir. J'étais de son avis. Notre
but ultime n'est-il pas de résoudre le problème tibétain ? Il est donc
inutile de froisser qui que ce soit. Des amis qui entretiennent des
contacts avec des officiels chinois de haut rang m'ont, eux aussi,
conseillé de ne pas rencontrer le président américain cette
fois-ci.
Mais il a été convenu qu'au
retour de sa visite en Chine, M. Obama me recevrait dès que possible.
Comme mes voyages sont programmés longtemps à l'avance et que je n'ai
pas l'intention de modifier mes plans, je pense que notre rencontre aura
lieu probablement en 2010 (NDLR : Le Dalaï Lama a
rencontré le président Obama le 18 février 2010 "Le gouvernement chinois
a émis une protestation formelle, concernant cette rencontre,
auprès de l'ambassadeur des Etats-Unis en Chine Jon
Huntsman).
C.Y. - Un certain nombre
de dirigeants européens, eux, ont bravé les foudres de Pékin. C'est le
cas du président Sarkozy qui vous a rencontré en Pologne (4). A la suite
de cette entrevue, les relations franco-chinoises ont d'ailleurs connu
un sérieux refroidissement …
D.L. - La chancelière
allemande et le président français, que j'ai vus l'an dernier, ont tous
deux été " punis " par le gouvernement chinois. Cela dit, je ne tiens
pas particulièrement à multiplier mes contacts avec les dirigeants,
surtout si ces rencontres doivent leur causer des ennuis. Si je sillonne
la planète, c'est avant tout pour aller au devant des peuples. J'estime
que, en tant qu'élément de ce vaste ensemble qu'on nomme humanité, il
est de mon devoir de promouvoir la bonté qui réside en chacun de nous
afin que le monde devienne plus harmonieux. Et, en tant que chef
religieux, j'essaie de favoriser le dialogue entre les religions. C'est
pourquoi, chaque fois que je visite un pays, je donne toujours des
conférences devant le plus grand nombre de personnes possible. Enfin, en
tant que Dalaï Lama, je dois assumer mon rôle de porte-parole de tous
les Tibétains qui me font confiance, quel que soit l'endroit où ils se
trouvent. Depuis 2001, les responsabilités administratives sont assumées
par des élus tibétains (5). Il me reste des responsabilités politiques,
mais je joue plus un rôle de conseiller que de décideur. Je suis un
semi-retraité !
C.Y. - Quelle impression
le président Sarkozy vous a-t-il laissée ?
D.L. - C'est un homme
très franc et pas maniéré du tout. Quant à son épouse, que j'ai eu
l'occasion de rencontrer dans le sud de la France, elle était
visiblement très émue et très franche elle aussi.
C.Y. - Après les
manifestations de mars 2008 au Tibet, la Chine a connu en juillet 2009
des affrontements interethniques meurtriers dans la province du
Xinjiang. Quelle est votre lecture de ces deux événements ? Une alliance
est-elle envisageable entre les peuples tibétain et ouighour pour lutter
ensemble en faveur de l'indépendance ou d'une véritable autonomie
?
D.L. - Lorsque j'ai
quitté le Tibet en 1959, j'ai fait la connaissance de nombreux Ouighours
- (6). Nous nous réunissions pour parler de notre souffrance et de notre
avenir. Il y avait parmi eux des gens qui préconisaient de recourir à la
lutte armée pour conquérir l'indépendance - une démarche que, comme vous
le savez, j'ai toujours réfutée. C'est la raison pour laquelle nous nous
sommes éloignés peu à peu les uns des autres.
Mais apparemment, les esprits
ont évolué. Il y a quelques années, j'ai rencontré Mme Rebiya Kadeer
(7). Je lui ai exposé mon point de vue sur l'autonomie et la lutte non
violente et elle a totalement approuvé mes idées. Après les événements
du 5 juillet dernier à Urumqi, je l'ai revue à Prague à l'occasion d'une
conférence de la Fondation Nobel et elle m'a, à nouveau, confirmé son
choix de la non violence.
Certains de mes amis chinois
pensent que je devrais éviter Mme Kaader en raison de sa mauvaise
réputation : Pékin la considère comme un leader terroriste. Je leur ai
répondu que je leur avais rendu service puisque j'ai réussi à la rallier
à ma position et à lui faire abandonner toute idéologie belliqueuse
!
C.Y. - Mme Kaader
jouit-elle sur le peuple ouighour de la même autorité que vous sur les
Tibétains ?
D.L. - J'ai abordé ce
sujet avec elle. Je lui ai dit qu'elle devait souder autour d'elle tous
les Ouighours et enfants d'Ouighours installés à l'étranger. De la même
façon, j'encourage les très nombreux dissidents qui ont quitté la Chine
après les événements de Tian'anmen à s'unir pour former une force
commune. Malheureusement, cette force n'a pas encore vu le
jour.
C.Y. - Vous avez
organisé, il y a quelques mois, deux rencontres sino-tibétaines : la
première a eu lieu au mois d'août 2009 à Genève, et la seconde un mois
plus tard à Vancouver. Les Tibétains en exil ont, de leur côté,
multiplié les contacts avec les Chinois d'outremer. Cette politique de
rapprochement a-t-elle porté ses fruits ?
D.L. - Après les
événements de Lhassa en mars 2008 (8), j'ai effectué des voyages aux
Etats-Unis, en Angleterre et en Allemagne. Partout, je me suis heurté à
des centaines d'étudiants chinois qui protestaient avec véhémence contre
moi et contre le gouvernement tibétain en exil. Pensant qu'ils n'étaient
pas au courant de ce qui s'était réellement passé, j'ai décidé d'aller
vers eux, en particulier les bouddhistes, et de leur expliquer ma
position. Cette démarche a été très fructueuse puisque, lors de mon
voyage en Australie au mois de juin, les manifestations avaient baissé
d'un ton. Certains étudiants, chercheurs et écrivains chinois m'ont fait
part de leur étonnement. Non seulement ils ont pu constater que je ne
ressemble en rien à la personne décrite par la propagande officielle,
mais en plus ils approuvent entièrement mon point de vue. J'en ai déduit
qu'en améliorant la communication entre les Tibétains et les Chinois on
pourrait grandement contribuer à la résolution du problème tibétain. De
même, certains Chinois, fraîchement arrivés à Dharamsala (9), étaient
inquiets pour leur sécurité. Ils pensaient que les Tibétains allaient
les attaquer. Lorsqu'ils ont compris qu'ils se trouvaient sur une terre
de paix, ils en ont été tout heureux !
Rien ne remplace l'expérience
directe. En 1956, quand j'ai quitté le Tibet pour la première fois à
l'occasion d'un pèlerinage en Inde, l'armée chinoise m'a escorté jusqu'à
la frontière. Il y avait là un vice Général qui me disait que, si l'on
me posait des questions sur le Tibet, il faudrait répondre qu'il valait
mieux voir la réalité de ses propres yeux, et que les yeux sont des
témoins plus fidèles que les oreilles. Et il avait parfaitement raison.
Au lieu de stigmatiser les Tibétains de Dharamsala, de les accuser -
comme ce fut encore le cas en mars 2008 - de fomenter des troubles au
Tibet, pourquoi les autorités chinoises n'envoient-elles pas sur place
une délégation pour faire toute la lumière sur ce prétendu complot ? Les
archives du gouvernement tibétain en exil sont à leur disposition, sans
aucune restriction. Mais Pékin n'a pas répondu à notre offre. Cette
ouverture doit pourtant s'effectuer dans les deux sens. S'il est vrai
que les Tibétains profitent du développement économique de la Chine et
qu'ils sont heureux, pourquoi les autorités chinoises n'ouvrent-elles
pas les portes du Tibet aux journalistes du monde entier pour qu'ils
puissent le constater de leurs propres yeux ? Au lieu de cela, ils
continuent d'en interdire l'accès aux médias
étrangers.
C.Y. - Vous expliquez
depuis plusieurs années que vous ne revendiquez pas l'indépendance du
Tibet, mais une simple autonomie, conformément à la Constitution
chinoise. Vous insistez également sur le fait que la région tibétaine
devrait comprendre non seulement la région autonome du Tibet, mais aussi
toutes les zones où la culture tibétaine est fortement présente, ce qui
est interprété par Pékin comme la revendication d'un " Grand Tibet " et
un premier pas vers l'indépendance …
D.L. - C'est le
gouvernement chinois qui parle de Grand Tibet. Jamais nos représentants
n'ont utilisé cette expression. La vérité, c'est qu'il existe, en dehors
de la région autonome, des départements et des districts autonomes
tibétains dans plusieurs provinces limitrophes du Tibet, qui possèdent
leurs propres radios et journaux en langue tibétaine. Ce que nous
demandons, c'est une réelle autonomie du Tibet qui permette de protéger
la religion et la culture tibétaines. Pendant plus de mille ans, les
régions de U-Tsang, d'Amdo et de Kham, qui se trouvent aujourd'hui en
dehors de la région autonome tibétaine proprement dite, ont largement
contribué au rayonnement de notre culture. Parmi les Tibétains qui ont
quitté la Chine en 1959 nombreux sont ceux qui sont originaires de ces
contrées. Certains sont même devenus des guéshé (10)
bouddhistes.
Le monastère de Drepung (11),
qui comptait sept ou huit mille disciples avant 1959, en accueillait
encore ces dernières années entre six cents et mille, malgré l'exil de
nombreux Tibétains. Mais un ami chinois, qui s'y est rendu il y a
quelques mois, nous a appris qu'il ne reste pas plus de soixante-dix
moines. Pour quelle raison ? Parce que, après les événements du 14 mars
2008, les Tibétains dont le lieu de résidence (12) se trouve en dehors
de la région autonome ont été renvoyés chez eux par les
autorités.
Depuis l'ouverture d'un
dialogue avec Pékin en 2002, mes représentants se sont entretenus à huit
reprises avec les autorités chinoises. Lors de la cinquième rencontre à
huis clos, qui a eu lieu en février 2006, les négociateurs de Pékin ont
clairement dit qu'ils savaient que le Dalaï Lama ne cherchait pas
l'indépendance du Tibet. Pourtant, en avril et en mai de la même année,
la presse officielle a redoublé de critiques à mon égard, m'accusant de
vouloir diviser le pays. Ce double discours prouve que les dirigeants
chinois ont toujours eu des arrière-pensées. S'agissant du Grand Tibet
aujourd'hui, c'est exactement la même chose. Les Chinois déforment
sciemment mes propos. Après les événements qui se sont déroulés au
Xinjiang (13) le 5 juillet 2009, le secrétaire du parti de la province
de Guangdong, Wang Yang, a souligné la nécessité de réexaminer la
politique chinoise à l'égard des minorités nationales. Je suis tout à
fait d'accord avec lui. Deng Xiaoping a eu le courage de réformer
l'économie chinoise. Si le gouvernement chinois pouvait faire preuve du
dixième de ce courage pour entreprendre des réformes politiques, nous en
serions les premiers ravis.
C.Y. - Si le
gouvernement chinois vous donnait des garanties suffisantes sur le plan
culturel, seriez-vous prêt, en contrepartie, à consentir des concessions
politiques ? Pourriez-vous transiger sur le point controversé de la
réunification des trois régions tibétaines (14) ?
D.L. - Notre devoir est
de respecter la volonté du peuple tibétain et de nous battre pour que
ses souhaits soient exaucés. Le dixième Panchen Lama (15) était très
attaché à la réunification des trois régions tibétaines. Parmi les
nombreuses raisons citées, il mettait surtout en avant la protection de
notre culture et de notre religion. D'ailleurs, demandez aux Tibétains
de l'Amdo, du Gansu et du Qinghai, y compris aux membres du Parti
communiste chinois, ce qu'ils en pensent : tous sont favorables à
l'unification. Au moment de la fondation de la région dite " autonome "
du Tibet en 1965, le vice-premier ministre de l'époque Chen Yi, envoyé
du gouvernement à Lhassa, avait lui-même admis que l'unification de
toutes les régions tibétaines était incontestablement une bonne
idée.
Il est évident que, pour entrer
dans le détail d'une unification, il faudrait négocier concrètement avec
le gouvernement chinois - ce qui, dans le contexte actuel de tensions
extrêmes, est peu probable. Nous avons appelé la communauté
internationale à faire pression sur la Chine pour qu'elle autorise des
organismes indépendants et fiables à conduire une enquête auprès de la
population tibétaine. Si les Tibétains sont satisfaits de leur sort,
s'ils vivent dans de bonnes conditions, alors nous retirerons notre
demande et nous présenterons nos excuses auprès de la communauté
internationale. En revanche, s'il apparaît que les Tibétains sont
malheureux, sur le plan économique ou spirituel, alors le gouvernement
chinois doit faire face à la réalité et entamer les
réformes.
C.Y. - Vous avez
mentionné la réforme de 2001 qui a démocratisé le pouvoir tibétain en
exil. Cette réforme n'a-t-elle pas signé également, d'une certaine
manière, la fin de la tradition tibétaine ?
D.L. - Le titre et la
fonction du Dalaï Lama ont correspondu à une certaine période de
l'histoire du Tibet. Il n'y a pas de rapport intrinsèque entre la
culture tibétaine - qui compte environ mille trois cents ans d'histoire
- et le système du Dalaï Lama qui ne remonte qu'à six cents ans. Le
régime du Dalaï Lama est le produit de la culture tibétaine, plus
particulièrement du bouddhisme tantrique, et non l'inverse. L'ancien
système, dans lequel le Dalaï Lama était un leader à la fois spirituel
et temporel, est révolu à jamais.
Quant à l'institution du Dalaï
Lama elle-même, il appartiendra au peuple tibétain de se prononcer sur
sa survie. C'est à lui que reviendra la décision. Pas tout de suite,
parce que je n'ai pas l'intention de mourir demain matin ! Mais, un jour
ou l'autre, les Tibétains devront se poser la question. S'ils
considèrent qu'il n'y a plus de raison de maintenir ce système, alors il
faudra arrêter. L'idée d'être le dernier Dalaï Lama ne me déplairait pas
car, après tout, par rapport à mes treize prédécesseurs, je ne suis
peut-être pas le meilleur, mais je ne suis pas le pire non plus
!
C.Y. - Si l'on
interrogeait les Tibétains aujourd'hui, je suis sûr qu'ils ne seraient
pas d'accord pour abolir votre fonction !
D.L. - Vous avez raison.
Les Tibétains souffrent terriblement et ils comptent sur moi pour
améliorer leur situation. C'est à cause du gouvernement chinois que je
suis devenu quelqu'un d'extrêmement important. Mais l'abolition du
système n'est pas impossible : si le Tibet devenait une région
réellement autonome et si le niveau de vie des Tibétains augmentait
sensiblement, il n'aurait plus lieu d'être. J'exhorte les bouddhistes du
monde entier - ceux du Tibet, de Chine ou de Corée, du Vietnam ou du
Japon, les disciples du Petit Véhicule ou du Grand Véhicule - à entrer
pleinement dans le XXIe siècle. Un bouddhiste moderne doit vivre en
harmonie avec son temps, concilier sa croyance et la science. Le jour où
ce souhait sera réalisé, c'en sera probablement fini de l'ère des lamas
et des grands maîtres du bouddhisme tantrique.
C.Y. - Mais la fin du
système théocratique ne va pas forcément de pair avec la disparition du
Dalaï Lama …
D.L. - Les choses sont
claires : le chef du gouvernement tibétain en exil est désormais élu
tous les cinq ans au suffrage universel. Je n'exerce donc plus aucune
responsabilité de nature administrative. Quant à ma mission politique et
historique, elle s'arrêtera le jour où les Tibétains de Chine et les
Tibétains de l'exil seront réunis au sein d'un Tibet qui n'aura pas
d'"autonome" que l'appellation. Ce jour là, je pourrai me contenter de
donner des conférences sur le bouddhisme… _______ * Quatorzième Dalaï Lama,
Tenzin Gyatso vit en exil en Inde depuis 1959. Prix Nobel de la paix en
1989.
** Historien. Chef de la
section en langue chinoise de Radio France Internationale. Auteur, entre
autres publications, de : L'Eveil de la Chine, Editions de l'Aube,
2004.
Chen Yan - La Chine
vient de fêter le soixantième anniversaire de la naissance de la
République populaire. Cette année 2009 a également marqué le
cinquantième anniversaire de votre départ de Lhassa et de celui de
milliers de Tibétains vers l'exil. Quel regard portez-vous sur ces
dernières décennies ?
(1) Le Tibet
historique comprend une zone beaucoup plus vaste que la région autonome
du Tibet telle qu'elle a été définie par le gouvernement chinois en
1965. L'Amdo se situe dans les provinces actuelles du Qinghai et du
Gansu, et le Kham dans celles du Sichuan et du
Yunnan.
(2) La
démocratisation du régime tibétain a débuté dès l'arrivée en exil du
Dalaï Lama et a été réalisée progressivement sous sa direction. Depuis
2001, le premier ministre, actuellement le professeur Samdhong Rinpoché,
est élu au suffrage universel. En 2007, le départ à la retraite du Dalaï
Lama a été officiellement évoqué, ainsi que son remplacement éventuel
par le XVIIe Karmapa, Orgyen Trinley Dorje. Bien que le Dalaï Lama se
déclare lui-même en semi-retraite, les Tibétains continuent à le révérer
comme leur chef spirituel, créant ainsi une ambiguïté sur la nature de
ses fonctions. Même s'il ne joue plus le rôle traditionnel du théocrate,
il reste l'ultime recours vers lequel les Tibétains se tournent, faisant
passer la dévotion avant les principes démocratiques que le Dalaï Lama
tente patiemment de leur inculquer.
(3) Quelques réflexions sur les soixante ans
d'édification du parti dans la Chine nouvelle, discours prononcé le 1er
septembre 2009 à l'Ecole centrale du parti et reproduit par le Quotidien
du Peuple.
(4) Le président français a rencontré le Dalaï
Lama à Gdansk, le 6 décembre 2008, à l'occasion des cérémonies du 25e
anniversaire du prix Nobel de la paix de Lech
Walesa.
(5) Le
Parlement tibétain est l'organe législatif du gouvernement tibétain en
exil. Il comprend 43 membres élus, dont 10 députés pour chacune des
trois provinces principales du bouddhisme tibétain. Trois députés
représentent la diaspora tibétaine en Europe et en Amérique. Les
derniers députés sont nommés par le Dalaï Lama pour représenter la
culture, les sciences ou le service de la communauté. C'est le Parlement
qui est habilité à élire le Cabinet tibétain : le Kashag ou Conseil des
ministres.
(6) La province
du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, est peuplée à 47 % d'Ouighours,
groupe ethnique de langue turque, en majorité des musulmans sunnites, à
40 % de Chinois Han et à 12 % de membres d'autres groupes ethniques
comme les Kazakhs et les Kirghizes.
(7) Rebiya
Kadeer est devenue la personnalité politique la plus représentative du
mouvement d'opposition ouighour en exil. Elle vit à Washington depuis
2005, après avoir passé six ans en prison en
Chine.
(8) Des
manifestations importantes se sont déroulées à Lhassa du 10 au 14 mars
2008, avant que la police et l'armée interviennent pour ramener le
calme. Le gouvernement tibétain en exil estime qu'il y aurait eu plus de
150 morts et des milliers d'arrestations suite aux manifestations qui se
sont déroulées dans la plupart des régions habitées par des
Tibétains.
(9) Dharamsala
est une ville du nord de l'Inde, située dans l'Etat de l'Himachal
Pradesh. C'est là que siège le gouvernement tibétain en exil, et que
réside le XIVe Dalaï Lama, Tenzin Gyatso.
(10) Docteur en
bouddhisme tantrique.
(11) Le monastère de Drepung se trouve au
nord-ouest de Lhassa. Fondé en 1416, il est l'un des trois grands
monastères de la branche des Gelugpas du bouddhisme tibétain, à laquelle
appartient le Dalaï Lama et le Panchen Lama.
(12) Le système du hukou, mis en place par le
gouvernement chinois dès le début des années 1950, fixe le lieu de
résidence de chaque citoyen chinois, en distinguant les ruraux et les
citadins et en obligeant chacun à dépendre d'un seul village ou d'une
seule ville, de la naissance à la mort. Les " migrants " peuvent ainsi
être renvoyés à tout moment dans leur lieu de
résidence.
(13) Les émeutes du 5 juillet au Xinjiang
trouvent leur origine dans un événement qui s'était produit dans une
usine de jouets à Shaoguan au Guangdong, en juin 2009, et qui avait
provoqué la mort de deux ouvriers ouighours.
(14) Région autonome du Tibet, Kham et
Amdo.
(15) Le dixième
Panchen Lama, contemporain du XIVe Dalaï Lama, est mort au Tibet en
janvier 1989.
Entretien traduit du
chinois par Mme Yang Mei et Marie Holzman.
Edité par :
Politique Internationale, n° 126, Hiver 2009-2010 (revue
trimestrielle) Coût : 15 €
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Communiqué de la Communauté Tibétaine de
France
51e anniversaire du soulèvement national tibétain
contre l'occupation illégale chinoise du
Tibet
Manifestation nationale de
solidarité avec le Tibet, le mercredi 10 mars 2010 à 15 h au Trocadéro à
Paris.
Le Tibet marquera le 51e anniversaire du soulèvement
national contre l'occupation chinoise du Tibet et cette année correspond
aussi aux 60 ans de l'invasion chinoise sur le sol du territoire
tibétain, suite à la guerre d'agression contre l'Etat tibétain libre et
indépendant. Cet acte d'intrusion forcée a mis à mal la souveraineté
nationale et l'intégrité territoriale du Tibet.
Après 50 ans de domination
coloniale de la Chine, en 2008 au Tibet il y a eu un soulèvement
populaire et pacifique à travers toutes les zones de peuplement tibétain
pour rejeter la présence chinoise au Tibet. Depuis, le gouvernement
chinois mène une campagne de terreur contre les Tibétains résistants,
qui sont suspectés d'avoir participé aux manifestations anti-pouvoir
colonial chinois.
La situation des Tibétains au
Tibet en 2009 était aggravée par des arrestations, des condamnations
expéditives à des peines capitales. Deux Tibétains ont déjà été
exécutés. Des détentions prolongées sans aucune procédure judiciaire, ni
information des familles des détenus politiques. Par ailleurs, les
militaires chinois sont toujours stationnés auprès des habitations
tibétaines dans tous le pays et la vie quotidienne des Tibétains est
soumise à la loi martiale qui ne dit pas son
nom.
Malgré la mise en scène des pourparlers entre les
émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et les représentants du Parti
Communiste de Chine, aucun progrès n'est signalé sur le terrain, pour la
population tibétaine dans leurs conditions sociales, économiques et
encore moins dans le domaine de la revendication politique.
Le gouvernement chinois tient
toujours la même rhétorique à l'égard du Dalaï Lama. La stratégie
chinoise consiste à diviser les Tibétains en creusant des fossés afin de
détruire l'unité nationale. La Chine cherche à boycotter toutes les
activités de Sa Sainteté le Dalaï Lama sur la scène internationale pour
que cela aboutisse un jour à un anéantissement escompté par le régime
colonial.
A l'occasion du 10 mars
2010, tous les compatriotes tibétains de la France et les amis du Tibet
allons envoyer à la Chine populaire le message suivant que nous sommes
toujours debout et déterminés à mener le combat pour la liberté du
peuple tibétain. Nous vous sollicitons afin de faire circuler cet appel
autour de vous et venir vous*même à la journée de mobilisation massive
pour le Tibet.
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Le Dalaï-Lama sera reçu à la Maison Blanche
courant février
Jeudi 4 février 2010 -
LEMONDE.FR - AFP/Stefan Rousseau
Le Dalaï-Lama, chef spirituel des Tibétains
en exil, sera reçu ce mois-ci à la Maison Blanche en dépit de la colère
exprimée par la Chine à l'annonce de sa rencontre avec Barack Obama, a
confirmé, jeudi 4 février, le porte-parole de la présidence américaine.
"Il sera ici ce mois-ci", a dit M. Gibbs en réponse à une question sur
la date de la visite du Dalaï-Lama à Washington.
Le porte-parole n'a cependant pas communiqué
la date exacte de cette visite, ni précisé si M. Obama et le Dalaï-Lama
poseraient ensemble pour les photographes. La Maison Blanche avait déjà
confirmé mercredi la rencontre, sans évoquer de date, expliquant que "le
Dalaï-Lama est une figure religieuse et culturelle respectée dans le
monde entier, et c'est à ce titre que le président va le rencontrer".
Pékin, qui accuse le Dalaï-Lama de vouloir l'indépendance du Tibet,
avait protesté, indiquant que "la Chine s'oppose fermement à la visite
du Dalaï-Lama aux Etats-Unis et à ce que des dirigeants américains le
reçoivent".
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NDLR : Si la visite du Dalaï-Lama
devait se confirmer, la France de Nicolas Sarkozy ne sortirait pas
grandie des ses atermoiements de 2009.
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Claude B.
Levenson Janvier
2010
Tibet, afin que perdure la
lumière
Elles étaient froides et
venteuses, ces nuits de janvier à Bodh Gaya, et pourtant, les journées
poussiéreuses, brumeuses au petit matin, étaient empreintes de cette
légèreté bienveillante qui - en dépit de bousculades passagères -
accompagne d'ordinaire les déplacements du Dalaï-lama. A ce rendez-vous
d'enseignement public, les fidèles étaient bien présents, attentifs sous
la vaste tente pompeusement baptisée Kâlachakra maïdan. Autour du grand
stûpa et de l'arbre de la Bodhi où le prince Gautama a jadis atteint
l'Eveil, c'était la circumambulation traditionnelle en rangs serrés des
pèlerins venus de loin, accompagnée de la non moins traditionnelle
litanie profonde des moines, dans le crissement des moulins à prières au
poing des dévots et le glissement feutré de milliers de pas sur les
cailloux et la terre battue du chemin de ronde consacré par le temps et
la foi. Les moments forts n'ont pas manqué, parmi lesquels hors session
une audience remarquée accordée aux participants chinois de divers
horizons de l'intérieur et de l'extérieur, ainsi qu'une rencontre avec
des étrangers (entendez " occidentaux ") venus à trois ou quatre mille
d'une quarantaine de pays écouter le maître de sagesse que les Tibétains
apprécient depuis si longtemps.
Si les enseignements sont chose
sérieuse par excellence, le Dalaï-lama sait aussi les agrémenter de
remarques judicieuses parfois inattendues mais toujours à propos -
ainsi, alors qu'il expliquait la nécessité de se débarrasser de
l'hypocrisie en tant qu'obstacle sur le chemin, son allusion brocardant
le président américain ajournant leur rencontre afin de ne pas froisser
des susceptibilités à fleur de peau à l'autre bout du monde a soulevé
une vague de rires dans l'assistance. Plus grave cependant, à l'issue de
ces journées bien remplies, au cours d'une rencontre informelle, le
leader tibétain a renouvelé un appel pressant à tous ceux qui le
pouvaient d'aller voir " ce qui se passe au Tibet militairement occupé,
afin de prendre la mesure des souffrances endurées par le peuple
tibétain, et d'en porter témoignage. "
Il y a une année, l'ONU et les
décideurs de tout calibre d'horizons divers avaient fait la sourde
oreille. Certes, un vieil adage prétend qu'il n'est pire aveugle que
celui qui ne veut pas voir - mais comment rester de marbre quand Dhondup
Wangchen écope de six ans de prison pour avoir filmé des Tibétains
exprimant leur ras-le-bol d'une présence étrangère imposée ? Les peines
sont lourdes pour quiconque ose parler vrai dans un pays sous la botte,
Tibétains et Chinois téméraires en font la cruelle expérience. A preuve,
deux écoles, l'une élémentaire et l'autre moyenne, viennent d'être
fermées d'autorité dans la région de Machu, pour avoir annoncé
l'organisation d'un séminaire consacré à la sauvegarde de la langue
tibétaine… Et ce n'est pas la nomination d'un Tibétain de souche, Pema
Thinley, au poste de secrétaire adjoint (adjoint seulement, pas dans le
rôle principal) du parti communiste de la Région dite autonome qui va
changer quelque chose, tandis qu'à peu près dans le même temps, lors
d'une réunion politique dans la capitale tibétaine, Jampa Phuntsok
(Qiangba Pingcuo, selon la transcription chinoise) donnait sa démission
du poste de gouverneur - payerait-il les pots cassés des manifestations
de Lhassa de 2008 ? Pas de nouvelles cependant de son double chinois,
Zhang Qingli, dont les prises de position d'une rare intransigeance ont
sans doute contribué à entretenir les tensions.
Et pendant ce temps, on apprend
qu'il y a quelques jours, le 8 janvier de cette année, le Bureau
politique du parti communiste chinois réuni à Pékin sous la présidence
de Hu Jintao en personne, flanqué du premier ministre Wen Jiabao et du
vice-président Xi Jinping discutait du " système d'autonomie régionale
des minorités ethniques et d'une voie de développement à la chinoise
adaptée aux conditions locales ", afin d'assurer " la stabilité à long
terme du Tibet ". Mais, au fait, qui donc a décidé que les Tibétains
étaient une " minorité ethnique " de la Chine ?
Après les jeux olympiques et le
60e anniversaire tant claironné de la République populaire, la clique
dirigeante de la Chine se prépare en vue de l'exposition universelle de
Shanghai et, un peu plus tard dans l'année, des jeux asiatiques de
Canton. Inutile donc de s'étonner qu'à la veille de la réunion à Pékin
des plus hautes têtes pensantes du régime, le Bureau d'information du
Conseil d'Etat ait jugé nécessaire d'annoncer et de définir publiquement
ses objectifs pour 2010. En voici l'essentiel, dans le respect du jargon
officiel : " La Chine doit se saisir du pouvoir du discours, prendre la
direction de l'opinion publique et accroître sa capacité de
communication internationale, travailler à gagner en puissance dans
l'opinion publique étrangère - à la mesure du développement économique
de la Chine et de son statut international. " Et le directeur dudit
Bureau, Wang Chen, de préciser : "nous nous efforcerons encore davantage
afin d'aider le monde à comprendre une Chine prospère, démocratique,
ouverte, pacifique et harmonieuse. " Rien que ça…
Inutile de rire, même
jaune, nous voilà prévenus, et en guise d'illustration concrète, il faut
savoir que très fâchés par le refus des organisateurs privés d'un
festival de cinéma à Palm Springs de retirer de leur programmation un
film tibétain de Ritu Sarin et Tenzin Sonam intitulé " Le soleil au-delà
des nuages ", les responsables de l'industrie cinématographique chinoise
ont décidé de quitter la compétition en emportant les deux films
officiels. Le film tibétain a remporté un franc succès. Et encore plus
courroucés par les (timides) remontrances anglaises à la suite de la
récente exécution d'un citoyen britannique, les diplomates chinois ont
fort peu diplomatiquement fait avoir qu'ils ne se rendraient pas au
rendez-vous du dialogue sino-britannique bisannuel sur les droits de
l'homme qui devait se tenir en janvier à Londres. Ça commence bien…Il
n'empêche : à en croire l'avis de deux experts aux points de départ de
leur réflexion croisée grandement opposés, le Tibétain Tsering Shakya et
le Chinois Wang Lixiong, " la bataille du Tibet " est bel et bien
engagée, et ce qui se joue tragiquement aujourd'hui sur le toit du monde
nous concerne tous, chacun et chacune. Il n'est pas concevable de
laisser disparaître le Tibet, son peuple et sa culture, ni de les
laisser être métamorphosés de force en produits folkloriques de
pacotille… chinoise, la communauté humaine ne s'en remettrait
pas.
C'est à coups d'investissements
économiques, d'encouragements effrénés au consumérisme et de contrôle
renforcé sur la religion que le régime de Pékin entend venir à bout de
la résistance tibétaine. Et si le chemin est semé d'embûches à l'heure
d'une érosion généralisée des libertés fondamentales et de la liberté
tout court, n'est-ce pas Alexandra David-Neel qui disait : " La bravoure
est la plus sûre des attitudes. Les choses perdent de leur épouvante à
être regardées en face ", alors qu'Albert Camus estimait pour sa part
que " en vérité, le chemin importe peu, la volonté d'arriver suffit à
tout… "
Newsletter janvier
2010 mailto : claude.levenson@gmail.com
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Neuvième rencontre
Tibet-Chine Le compte-rendu du chef de la délégation Lodi
Gyari Transmis par Christiane Stocchi et
Thupten Gyatso - Bureau du Tibet
Paris
Avec Kelsang Gyaltsen et
accompagné de Tenzin P. Atisha, Bhuchung K. Tsering et Jigmey Passang
membres de la Task Force, Lodi Gyari a conduit la délégation tibétaine
en RPC du 26 au 31 janvier pour une neuvième série de pourparlers avec
les représentants des autorités chinoises. Discussions intervenant après
une interruption de 15 mois.
Revenus à Dharamsala le 1er février 2010, Lodi Gyari
et les membres de la délégation ont présenté leur rapport officiel au
Dalaï-Lama, au Premier ministre du Gouvernement tibétain en exil
Samdhong Rinpoche, ainsi qu'au Président et à la Vice-présidente du
Parlement tibétain en exil.
Voici ce rapport établi par Lodi Gyari
(*) "Le 30 janvier, nous nous sommes
entretenus à Pékin avec M. Du Qinglin, Vice-président de la Conférence
consultative politique populaire chinoise et Ministre du Département du
Travail du Front uni du Comité central. Le lendemain, le 31
janvier 2010, nous avons passé une journée en pourparlers avec Zhu
Weiqun, Vice-ministre adjoint et avec le Vice-ministre Sithar. M. Nyima
Tsering, l'un des Vice-directeurs du Congrès populaire de la Région
autonome du Tibet, a également assisté à ces
entretiens. Nous sommes arrivés à Changsha, capitale de la
province de Hunan, le 26 janvier 2010. Avant d'entamer notre programme
sur place, nous avons officiellement présenté au Département du Travail
du Front uni du Comité central une Note relative au Mémorandum sur
l'autonomie réelle pour tous les Tibétains, que nous avions déjà
proposée lors de la huitième série de pourparlers, en novembre
2008. Cette Note contenait sept points sur les questions
fondamentales soulevées par les autorités chinoises lors de cette
huitième entrevue, ainsi que des suggestions constructives pour faire
progresser le processus de dialogue. Ces sept points comprennent
le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la
République populaire de Chine, le respect de la Constitution de la RPC,
le respect des "Trois Adhésions", le respect de la hiérarchie et de
l'autorité du gouvernement central chinois. Des questions
soulevées par le gouvernement central sur des compétences particulières
se rapportaient au Mémorandum, reconnaissant le cœur du problème et
offrant la coopération de Sa Sainteté le Dalaï-Lama en vue d'une
solution mutuellement bénéfique. La Note indiquait
clairement que Sa Sainteté le Dalaï-Lama et d'autres membres du
gouvernement en exil n'ont aucune exigence personnelle à formuler.
Sa Sainteté se préoccupe des droits et du bien-être des Tibétains.
Par conséquent, la question fondamentale devant être résolue est
l'application fidèle d'une autonomie réelle, permettant aux Tibétains de
se gouverner eux-mêmes, selon leurs propres idées et
besoins. Sa Sainteté le Dalaï-Lama s'exprime au nom du
peuple tibétain avec lequel il entretient une relation profonde et
historique, basée sur une confiance totale. Il est indéniable que Sa
Sainteté représente légitimement le peuple tibétain et elle est
certainement perçue comme son légitime représentant et
porte-parole. En effet, ce n'est que par le dialogue avec Sa
Sainteté le Dalaï-Lama que la question tibétaine pourra être
résolue. Il est capital de reconnaître cette
réalité. Nous insistons sur le fait que l'engagement de Sa
Sainteté pour la cause tibétaine ne vise pas la revendication de droits
personnels ou d'une position politique, ni pour le compte de
l'administration tibétaine en exil. Nous avons appelé nos
homologues chinois à cesser les accusations infondées contre Sa Sainteté
et de la traiter de séparatiste. Au contraire, nous enjoignons les
autorités chinoises à travailler avec Elle afin de trouver une solution
au problème du Tibet, acceptable des deux côtés et basée sur le
Mémorandum. C'est ainsi que seront assurés la stabilité, l'unité et le
développement d'une société harmonieuse. Nos homologues
chinois ont quant à eux exposés " les Quatre Interdits " pour définir
leur position. Ils nous ont aussi fourni un exposé détaillé sur les
récents développements relatifs au Tibet, et en particulier à
l'important Vème Forum sur le travail au Tibet. Ils ont déclaré
que le Forum visait à améliorer la vitalité des Tibétains dans la Région
autonome du Tibet et dans toutes les zones tibétaines, et tout
particulièrement, dans les services publics tels que l'éducation, les
services médicaux et la protection de l'environnement. En nous
basant sur les rapports qui nous ont été transmis sur le Forum à
l'origine, nous avons salué les questions qu'il a soulevées pour
améliorer la vie des Tibétains, notamment dans les zones rurales.
Nous saluons le fait que le Vème Forum sur le travail au Tibet a examiné
des points comme le développement dans toutes les zones tibétaines ( la
Région autonome du Tibet ainsi que les autres zones tibétaines ). Nous
croyons fermement que toutes les zones tibétaines doivent être régies
par une politique uniforme et une administration unique. En nous
débarrassant des slogans politiques, bien des problèmes dont le Forum a
fait des priorités s'apparentent aux besoins de base des Tibétains, tels
que mentionnés dans notre Mémorandum. Le regard opposé
porté sur l'analyse de la situation actuelle au Tibet demeure une
différence majeure entre nos homologues chinois et nous. Donc,
pour une compréhension mutuelle de la situation réelle, nous avons
suggéré un effort commun pour saisir la réalité de fait sur place, avec
le souci de chercher la vérité d'après les faits. Cela aidera les deux
parties à évoluer au-delà des controverses l'une de
l'autre. Ces prochains jours, nous examinerons les points
soulevés par nos homologues, y compris les comptes-rendus du Vème Forum
sur le travail au Tibet ainsi que " les Quatre Interdits ". Comme
je l'avais fortement précisé au cours de notre entretien, je souhaite
ardemment que les autorités chinoises se livreront à un travail de
réflexion sérieuse sur les points que nous avons soulevés. Comme Sa
Sainteté le Dalaï-Lama n'a cessé de clarifier sa position quant à
l'avenir du Tibet au sein de la République Populaire de Chine et qu'elle
a fait preuve de volonté politique envers les autorités chinoises, nous
ne voyons aucune raison pour laquelle un terrain d'entente ne pourrait
être trouvé pour résoudre ces problèmes. Nous souhaitons réitérer
l'incessante volonté de Sa Sainteté à travailler avec le gouvernement
central chinois là-dessus afin que le peuple tibétain puisse retrouver
sa fierté et sa dignité et que la stabilité et l'unité de la République
Populaire de Chine soient assurées.. Nous remercions nos
hôtes, le Front uni du Hunan, le Front uni pékinois et le Département du
Travail du Front du Comité central pour leur hospitalité au cours de ce
séjour. Dharamsala, le 2 février 2010." (*) Traduction française d'Alexandre Huillet pour le
Bureau du Tibet, Paris.
____
NDLR :
Comme on le voit, il n'y a aucune proposition de la part des
responsables chinois lors de cette nouvelle rencontre, ces derniers
restant campés sur leurs positions... désormais bien connues
!
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Décès à 99 ans d'un "collabo tibétain" historique
! Jeudi 24 décembre 2009 - Agence
France-Presse
Un ancien haut responsable
du gouvernement du Dalaï-lama, qui avait signé l'accord de 1951
reconnaissant la souveraineté de la Chine sur le Tibet, Ngapoi Ngawang
Jigme, est décédé mercredi à Pékin à l'âge de 99 ans, ont rapporté jeudi
les médias officiels.
Dans un communiqué, cité par les médias chinois, le
comité central du Parti communiste a salué "un grand patriote, un
militant social connu, un bon fils du peuple tibétain".
Né en février 1910 à Lhassa dans une famille de
nobles, Ngapoi Ngawang Jigme était gouverneur du Kham, lorsque les
troupes communistes chinoises s'étaient emparées de cette province de
l'est du Tibet en octobre 1950.
Capturé, il avait ensuite dirigé la délégation qui
s'était rendu à Pékin en 1951 pour, selon la terminologie chinoise,
négocier la "libération pacifique du Tibet". Il avait alors signé l'
"accord en 17 points", reconnaissant la souveraineté de la Chine sur le
Tibet.*
Pékin affirme que le Tibet fait partie de la Chine
depuis le XIIIe siècle, une affirmation contestée par le gouvernement
tibétain en exil.
Le Dalaï lama, chef spirituel des Tibétains qui vit
en Inde depuis 1959, soutient que l'accord de 1951 a été imposé par les
Chinois et qu'il en a pris connaissance en écoutant la radio.
Après la fuite du Dalaï-lama, à la suite d'un
soulèvement avorté contre la présence chinoise en 1959, Ngapoi Ngawang
Jigme était devenu l'un des principaux responsables politiques tibétains
au sein du régime communiste. En 1965, il avait été nommé président de
la toute nouvelle Région autonome du Tibet.
---------
(*) Accord et prise d'otages (NDLR).
Cet accord ornementé d'un faux cachet a été
imposé par Pékin à la délégation tibétaine coupée de Lhassa et ne
disposant d'aucun moyen de communication avec le Dalaï-lama et les
responsables tibétains.
L'accord lui-même signifiant la mise sous
tutelle manu-militari d'une nation indépendante avec cependant la
reconnaissance d'une "certaine" autonomie n'a pourtant jamais été
respecté par les responsables de la dictature chinoise qui l'avaient
imposé au cours de cette prise d'otages.
Aucun changement depuis 1951 : le point
de vue de Pékin étant de croire et faire croire qu'un mensonge mille et
mille fois répété inlassablement finira par devenir un jour une "vérité"
d'inspiration divine sans aucun doute
!
Avec les compliments de toutes les
dictatures et régimes autoritaires du monde ! C'est ce que certains
appellent sans doute les progrès du régime chinois en matière de Droits
de l'homme.
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Une nonne, prisonnière politique
tibétaine, décède à l'hôpital de Chengdu (Chine) des suites de ses
tortures
Lundi 7 Décembre 2009
- Phayul - (traduction Tibet Chine Actualité)
Dharamsala (Inde) - Une
nonne tibétaine de Kardze est morte tôt dimanche dans un hôpital de
Chengdu, capitale de la province chinoise du Sichuan, selon des sources
tibétaines en éxils en Inde.
La religieuse de la nonnerie de
Kardze Lamdrag, Yankyi Dolma, âgée de 33 ans a été arrêtée le 24 mars
2009 avec une autre religieuse, Sonam Yangchen, après avoir organisé une
manifestation sur la place du marché à Kardze contre la politique
répressive du gouvernement chinois.
Les nonnes on scandé des
slogans comme : "La Chine hors du Tibet", "retour du Dalaï
Lama au Tibet", "arrêtez la persécution religieuse au Tibet", tout en
jetant en l'air des tracts pro-indépendance, selon un communiqué.
Environ 50 soldats armés ont
battu sévèrement les deux religieuses et les ont emmenées dans un
fourgon. Les autorités ont ensuite saccagé la nonnerie. Ce soir-là,
Yankyi et Sonam ont dû enlever les photos du Dalaï Lama,
ajoute le communiqué. Leurs parents et les membres de leur
famille ont été réprimandés pour avoir des liens avec les "forces
séparatistes en exil du Dalaï-lama". Le jour suivant, les autorités
chinoises ont appelé le frère de Yankyi, Tsangyang Gyatso, à
l'autorité administrative locale et l'ont interrogé pendant des
heures.
Yankyi aurait succombé à
la suite des tortures en prison. Tenzin Choeying de l'Association
"Étudiants pour un Tibet Libre" (Inde) a déclaré : "Les soldats chinois
l'ont battue sans pitié en plein jour dans le marché historique de la
ville de Kardze. Et nous pouvons très bien imaginer ce qu'ils peuvent
faire à huis clos dans la prison."
Yankyi avait été remise à
la Cour populaire intermédiaire de Kardze, le 24 août 2009. Toutefois,
on ne connaît pas les décisions du tribunal.
Yankyi est née de Guendune
Dhargye et Pema Khando de Hormeytsang, famille du canton de Roltsa dans
le comté de Kardze, "TAP" province du Sichuan. Elle devint religieuse à
l'âge de 17 ans.
L'Association des femmes
tibétaines, Étudiants pour un Tibet libre, le Parti démocratique
national du Tibet et l'Association d'anciens prisonniers politiques "Gu
Chu Sum" ont tenu, tard dans la soirée, une veillée aux chandelles
sur la place principale de McLeod Ganj (Inde) pour rendre hommage à
Yankyi.
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Le chanteur tibétain Tashi Dondrup a été arrêté à
cause de "chansons subversives"
Lundi 7 décembre 2009 -
Phayul (Traduit par Gachet, H.N.S Info)
Les autorités
chinoises ont arrêté jeudi un chanteur tibétain jeune et populaire sous
les accusations de composition de chansons subversives, selon le Times
Online.
Tashi Dondrup (photo) a été arrêté hier après-midi
alors qu'il était en fuite dans la ville de Xining, capitale de la
province de Qinghai, où il s'était réfugié après que les autorités
eurent interdit sa musique.
Le chanteur professionnel de 30 ans a sorti un album
intitulé "Torture sans trace" le mois dernier. Cet album contient treize
chansons exprimant la nostalgie envers le leader tibétain exilé, le
Dalaï-Lama et rappelle la répression qui a suivi les émeutes
anti-chinoises au Tibet en mars dernier. Les 5000 CD ont vite été
épuisés chez les tibétains de la région de l'Amdo dans l'est du Tibet,
où Tashi Dondrup est une star locale. Les autorités chinoises ont
interdit l'album immédiatement.
Selon le reportage, les officiels de la province
centrale du Henan, où le chanteur est membre de la troupe artistique de
la région autonome mongole du Henan, ont émis un mandat pour son
arrestation. Le musicien, fils de fermiers tibétains, marié il y a deux
mois, a ensuite pris la fuite avant son arrestation.
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Claude B.
Levenson Décembre
2009
Les Iles Féroë à l'Unesco, le Tibet peut
toujours attendre...
Récemment, le petit monde
parisien de l'Unesco était en pleine effervescence, dans l'attente du
nouvel élu qui tiendra dorénavant le devant de la scène à sa direction.
De rumeurs en joutes serrées, de palabres en négociations laborieuses,
la tête de l'organisation internationale est féminine, Irina Bokova la
Bulgare, l'ayant finalement emporté sur Farouk Hosny l'Egyptien. A peu
près en même temps, les amateurs de foot, bien plus nombreux, se
passionnaient pour un match décisif entre les équipes de France et des
îles Féroé, justement.
A première vue, pas grand-chose de commun entre ces
deux événements. Et pourtant… Le brouhaha autour du premier et les
clameurs entourant le second ont relégué loin à l'arrière-plan un
troisième événement qui vaut tout de même son pesant
d'information.
Heureusement, à la différence d'un surprenant
silence journalistique, un organe de presse sérieux et qui ne perd
aucune occasion de lancer son scoop n'a pas négligé d'annoncer à son
vaste public cette nouvelle si importante : dès la mi-octobre, tous les
intéressés étaient informés que les Iles Féroé venaient d'être admises
comme deux-centième membre à l'Unesco, " qui compte désormais 193 Etats
membres et sept associés ".
Merci le Service français de Radio Pékin, qui précise
doctement : " Selon l'Acte constitutif de l'Unesco, les territoires ou
groupes de territoires qui n'assument pas eux-mêmes la responsabilité de
la conduite de leurs relations extérieures peuvent être admis comme
membres associés par la Conférence générale. "
Sage disposition qui a permis à
l'archipel européen de 18 îles et 40.000 habitants de se joindre aux
associés qui l'ont précédé, à savoir Aruba, les Antilles néerlandaises,
les Iles Caïman, les Iles Vierges, Tokelau (dans le Pacifique, trois
îlots et 1.187 habitants), et … Macao. La dépêche chinoise a ceci
d'intéressant que non seulement elle donne l'information, capitale pour
enrichir le patrimoine culturel mondial de l'humanité, mais en même
temps, elle est stimulante, car elle peut donner des idées et suggérer
des initiatives tout aussi heureuses et novatrices. Que les pays
adhérant à l'ONU soient de plein droit membres de l'Unesco, rien à
redire, et que son institution spécialisée dans l'éducation et les
sciences en compte une demi douzaine de plus eu égard à la diversité
culturelle de notre brave petite planète bleue, rien que de très normal
: l'auguste institution n'a-t-elle pas pour mandat de " contribuer au
maintien de la paix et de la sécurité dans le monde en resserrant, par
l'éducation, la science, la culture et la communication, la
collaboration entre nations, afin d'assurer le respect universel de la
justice, de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales
pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion,
que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples "
?
Il est donc tout naturel d'y
retrouver St. Kitts et Nevis, St. Marin, St. Vincent et les Grenadines,
les Iles Marshall et les Salomon, ou encore Kiribati, Nauru, Tuvalu et
Tonga, pour accueillir leur nouvel associé, les Féroé, " connues pour
l'intégrité des paysages, l'architecture traditionnelle et une identité
culturelle marquée ". " Identité culturelle marquée… territoires qui
n'assument pas eux-mêmes la responsabilité de leurs relations
extérieures ", ça ne vous rappelle rien? D'accord, Macao y a bien sa
place… Mais alors, pourquoi pas le Tibet ? Nul doute qu'il s'agit là
d'un malencontreux oubli, que le ministre chinois des affaires
étrangères (ce sont eux qui se chargent généralement de déposer la
demande d'association à l'Unesco, au nom du pays qui exerce la tutelle)
se fera un réel plaisir de réparer dans les meilleurs délais. Il est de
notoriété publique - pour reprendre une formule chère aux porte-paroles
de Pékin - que le Pays des Monts neigeux qui, comme chacun sait ou feint
de le croire, " appartient à la Chine depuis la nuit des temps ", se
prévaut sans ambiguïté d'une " identité culturelle marquée ", avec son
architecture traditionnelle et ses paysages naguère intègres d'une
beauté puissante, pour ne citer que ces traits
saillants.
Son passé, son savoir ancestral, ses trésors
artistiques, sa langue et son alphabet, ses us et coutumes, ce qui reste
de son patrimoine qualifient amplement ce vaste territoire qu'on appelle
" le toit du monde ", autant que Macao, pour entrer par la grande porte
à l'Unesco.
Une idée en ce sens avait été lancée il y a environ
une année, visant à l'inscrire au Patrimoine mondial, en vue d'apporter
une " réponse magistrale et pacifique au problème posé par le statut de
ce pays ". Intention on ne peut plus louable, mais qui l'a entendue en
des temps où le tout économique l'emporte sur le tout politique, voire
sur le respect des principes mêmes de l'ONU et de l'Unesco auxquels ont
souscrit tous les membres de ces honorables institutions ? Faute d'un
geste de véritable courage politique, l'Unesco qui revendique
l'universalité culturelle s'honorerait de pareille audace…
Une ombre de taille entre New Delhi et
Pékin
Au-delà cependant de ce qui
peut paraître relever de l'anecdote, la realpolitik de plus en plus
largement en vogue à travers le monde a de quoi laisser songeur. Comme
si le Tibet n'était qu'un simple alibi, ou un cache-misère, selon les
intérêts de l'instant - que l'on s'appelle Barack Obama ou Nicolas
Sarkozy, sans oublier Manmohan Singh, voire Sonia Gandhi. Entre les deux
mastodontes asiatiques qui se livrent sans cesse à des escarmouches plus
ou moins feutrées masquant mal une rivalité croissante, le Tibet n'est
plus l'Etat-tampon de naguère, mais une ombre gigantesque sur les
relations entre New Delhi et Pékin. Et ces rapports ne sont pas au beau
fixe, quand bien même la presse est plutôt discrète à ce
propos.
Davantage que des bruits de bottes, ce sont des
roulements de chars et le sourd vacarme d'une construction accélérée
d'infrastructures militaires sur le toit du monde qui se font entendre
au loin, tandis que le gouvernement indien joue apparemment la sérénité…
tout en suspendant des chantiers frontaliers dès que les autorités
chinoises manifestent leur mauvaise humeur.
Il ne suffit toutefois pas de laisser le Dalaï-lama
répondre aux demandes des fidèles d'Arunachal Pradesh et d'ailleurs pour
faire croire que l'Inde n'a pas à se soucier des intentions de sa
nouvelle voisine au-delà de l'Himalaya - les intentions de cette
dernière ne sont pas à l'abri de tout soupçon. Le Tibet et les Tibétains
en ont fait et en font encore l'amère expérience, certains stratèges ou
hauts fonctionnaires en Inde n'ont pas oublié l'expérience de 1962 et ne
souhaitent pas qu'elle se renouvelle. Personne n'y a intérêt certes, à
l'exception de ceux qui aimeraient bien allumer la mèche, et l'histoire
indique qu'ils se laissent plus souvent qu'à leur tour enivrer par
l'orgueil de la puissance, cette illusion pernicieuse qui monte si vite
à la tête au point d'en ignorer les conséquences.
Prenant à rebrousse-poil
l'antienne du déclin de l'influence occidentale, américaine en
particulier, dans le monde et du rôle des démocraties en faveur des
droits de l'homme, Wei Jingsheng, un vétéran de la dissidence chinoise,
rappelait récemment à l'occasion de l'anniversaire de la chute du mur de
Berlin : " Nous autres Chinois, nous étions découragés après le massacre
du 4 juin à Tiananmen. Cette victoire des Européens de l'Est nous a fait
l'effet d'un feu de camp dans les ténèbres, elle nous a encouragés et
rendu espoir. " Certes, les temps changent lentement, et même si parfois
l'horizon s'obscurcit et le ciel semble bas, le dernier mot revient
toujours à la lumière. " L'humanité crie à l'aide, constatait naguère le
Dalaï-lama. Notre temps est désespéré. Ceux qui ont quelque chose à
offrir, qu'ils se manifestent. Il est grand temps… " En des temps encore
plus reculés, un autre sage assurait : " C'est lorsqu'il n'y a plus
d'espoir qu'il convient d'espérer. "
Newsletter Décembre
2009 mailto : claude.levenson@gmail.com
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Photo SL
- capture Dailymotion - LeMonde.fr - montage SL
Accord UMP-PC chinois :
Le Député Lionnel Luca voit... rouge
24 Octobre 2009 - Nice Matin
" Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP,
a signé jeudi un protocole entre son parti et le Parti communiste
chinois lors de sa visite à Pékin
(...)" Bertrand signe... Et Luca
s'étrangle.
De colère. D'amertume, aussi.
Le député des Alpes-Maritimes, président du groupe
d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale, se dit " complètement
abasourdi " que son mouvement " s'acoquine à un parti totalitaire ". Et,
dans un courrier adressé à Xavier Bertrand, il annonce sa décision " de
se mettre en congé de l'UMP pour son fonctionnement interne ".
Lionnel Luca, député impétueux, ne mâche pas ses
mots.
Comment avez-vous appris que Xavier Bertrand
avait signé ce protocole ?
Franchement ? On m'a envoyé la dépêche de l'AFP et
j'ai cru que c'était une mauvaise blague. Un bidouillage. Un canular sur
Internet, c'est dire...
Et quand vous avez compris que c'était
vrai...
Déjà, faire ça un 22 octobre, le jour de la lecture
de la lettre de Guy Môquet dans les lycées, il fallait oser. Et pendant
que Xavier Bertrand signait le protocole à Pékin, le même jour, trois
Tibétains - deux hommes et une femme - étaient exécutés par l'armée
chinoise pour leur rôle dans les émeutes de l'an dernier. Et je ne suis
pas loin de penser que ce n'est pas une coïncidence de faire ça, ce
jour-là. De ça, Xavier Bertrand n'en dit pas un mot. Les manifestations
au Tibet n'avaient qu'une seule revendication : la liberté. Je suis
écoeuré que mon parti soit du côté des tyrans et non des
résistants.
" On va lui faire péter son protocole ! "
A quoi sert ce protocole ?
Il s'agit de resserrer les liens, de mieux
travailler et échanger. Je crois rêver ! Ils se sont même promis une
manifestation commune chaque année. Une fois en France, une fois en
Chine. Même le PCF, dans ses rêves les plus fous, n'aurait pas imaginé
un truc pareil !
En réaction, vous vous mettez en congé de l'UMP
pour son fonctionnement interne, ce qui veut dire ?
Que je n'assure plus mes fonctions comme
celle au Conseil national par exemple. Pour tout ce qui fait la machine
UMP, je ne m'associe plus au fonctionnement du parti. C'est une grève
passive. Un boycott. J'en ai marre, c'est vraiment n'importe quoi. En
revanche je garde ma carte. D'abord parce que l'UMP, c'est... familial.
Et parce que je ne suis pas certain que tous les membres du mouvement
soient d'accord avec ce protocole, bien au contraire.
Vous êtes remonté...
Enfin ! On ne le fait même pas avec les
conservateurs britanniques et on fait ça avec les communistes chinois.
60 millions de morts ! Oui, en colère, décontenancé. Et triste aussi,
parce que ce n'est pas l'idée que je me fais de la politique. A
l'époque, en prenant ma carte au RPR, je pensais qu'on était plutôt du
côté de la résistance que du côté des collabos. Et moi je ne veux pas me
déshonorer.
Vous comprenez Xavier Bertrand ?
Non. Je tombe des nues. Je peux comprendre la
nécessité pour nous d'avoir des relations d'Etat à Etat avec la Chine,
mais pas qu'on lui donne un brevet de bonne fréquentation. Là
franchement, ça rime à quoi ? Qu'est-ce qu'on a à gagner ? Des
chaussures pourries qui vous brûlent les pieds ?
Je suis étonné de ce qu'à fait Xavier Bertrand qui
était un homme pour qui j'avais plutôt de la sympathie. Mais on va lui
faire péter son protocole !
Qui avez-vous informé de votre décision
?
J'ai prévenu Copé, mon président de groupe. Et les
députés du Groupe Tibet. On est 180, dont plus de 100 UMP quand même.
Mais cela ne remet pas en cause mon soutien à Nicolas Sarkozy, qui
restera dans l'histoire comme le seul président de la République à avoir
rencontré officiellement le Dalaï-lama.
Votre décision est-elle révocable ?
Je veux marquer le coup. On verra comment ça va
réagir.
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L'UMP Lionnel Luca :
" l'UMP est solidaire des tyrans
chinois"
Vendredi 23 Octobre 2009 - Marianne - Gérald Andrieu
Le député UMP des
Alpes-Maritimes et président du Groupe d'étude sur la question du Tibet
n'a pas apprécié de voir son parti "s'acoquiner avec un parti
totalitaire", le Parti communiste chinois. Dans un courrier adressé à
Xavier Bertrand, il annonce "sa mise en congé de l'UMP".
Ça sentait la goutte d'eau,
la goutte de trop. Et ça l'a été. Pour Lionnel Luca, député UMP des
Alpes-Maritimes et défenseur de la cause tibétaine, l'annonce de la
signature par Xavier Bertrand d'un protocole d'accord entre son parti et
le Parti communiste chinois ne passe pas. Dans un courrier adressé au
secrétaire général de l'UMP en date de ce vendredi, Lionnel Luca annonce
" avec beaucoup de regrets mais également avec une entière certitude "
vouloir " [prendre] congé de l'UMP pour son fonctionnement interne
auquel [il] ne [saura] participer dans ces
conditions".
Certes, il prend soin de préciser que " cela ne
remet nullement en cause [son] soutien au Président de la République qui
restera dans l'histoire comme le seul Président de la République à avoir
rencontré officiellement le Dalaï Lama ".
Mais Lionnel Luca n'est pas du genre à mâcher ses
mots. Et il le prouve à nouveau lorsqu'il s'agit d'expliquer sa décision
: " Si je peux comprendre, écrit-il, la nécessité pour la France d'avoir
des relations d'Etat à Etat avec le grand pays qu'est la Chine, rien
n'oblige un parti démocratique comme le nôtre à s'acoquiner avec un
parti totalitaire, lui donnant ainsi un brevet de bonne fréquentation. "
Et d'ajouter à l'adresse de Xavier Bertrand : " Dans
le même temps où vous étiez présent (en Chine, ndlr), trois Tibétains
dont une femme ont été exécutés par l'armée chinoise à Lhassa pour leur
participation aux manifestations de mars 2008 violemment réprimées ;
elles font suite à 12 condamnations à mort prononcées à la suite des
récentes manifestations dans le Si-Kiang. Toutes ces manifestations
n'avaient qu'une revendication : la Liberté. Je suis triste que mon
parti soit du côté des tyrans et non des résistants. Le Parti communiste
chinois aura tôt ou tard à rendre des comptes à son peuple et devant
l'Histoire. Qu'aurons-nous à dire à ce moment-là ?
" ______
*** Lionnel Luca, député UMP des Alpes maritimes,
président du groupe d'Etudes parlementaire sur le problème du
Tibet, Assemblée nationale, Palais Bourbon, casier de la Poste
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L'UMP se jumelle avec les communistes
chinois
Jeudi 22 Octobre 2009 -
Marianne - Philippe Cohen et Sylvain Lapoix
A l'occasion d'une visite en Chine, Xavier
Bertrand a signé un protocole entre l'UMP et le Parti populaire chinois.
A quand les grandes fresques sur le Président Sarkozy sur les murs de
Paris ? "Le
vent d'Est l'emporte sur le vent d'Ouest !", avait coutume de dire Mao.
En devenant parti-frère du Parti populaire chinois, l'UMP réalise enfin
les prédictions du Grand Timonier ! A l'occasion d'une visite officielle
du secrétaire général du parti présidentiel français, Xavier Bertrand a
signé un protocole pour "une meilleure compréhension, une meilleure
connaissance et beaucoup plus d'échanges" entre les deux formations
politiques. Une façon de rattraper l'incident suite à la rencontre entre
Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama en début d'année et un message fort
envers le dissident UMP Lionnel Luca, soutien de la monarchie
théocratique illégitime du Tibet, reclus sur la Côte d'Azur
!
On a eu du mal à le croire. On
a vérifié pour savoir s'il ne s'agissait pas d'un hoax. Mais non, c'est
du béton, l'UMP se marie bien avec le dernier parti totalitaire du
monde (avec le PC nord-coréen), celui qui a dirigé la révolution
culturelle et provoqué la mort de centaines de millions de Chinois.
Lou ravi qui a eu cette idée de
génie, tout heureux d'avoir pris de vitesse le sinophilique Jean-Pierre
Raffarin, a même fourni des précisions sur cet accord historique. Tous
les deux ans, a-t-il promis, un événement donnera "un relief
particulier" à ce protocole. On imagine le dilemme : que choisir, un
défilé militaire signé Serge Dassault ? Une longue Marche des caissières
de Carrefour ? Un défilé de majorettes conduit par Carla Bruni
?
Une chose est sûre : le
secrétaire général de l'UMP était également là pour s'inspirer de la
réussite du PCC. Il a ainsi visité l'école des cadres du parti qui
compte 76 millions de membres afin de s'initier aux méthodes les plus
modernes de recrutement et de formation des militants politiques. " Le
quart de rouge c'est la boisson du Garde Rouge ", chantait Nino Ferrer
dans les années 1970.
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Jacques Rogge
et Liu Qi, maire de Pékin, lors de l'ouverveture des J.O. le 8 août
2008.
On comprend, enfin, pourquoi Jacques
Rogge a fait la sourde oreille aux demandes réitérées
du "respect des Droits de l'Homme en Chine"
durant les JO !
Un accord secret entre Jacques Rogge et
la Chine pour que les J.O. soient attribués à
Pékin
Mardi 20 octobre 2009 - Harold Thibault
(Aujourd'hui la Chine)
Voila qui pourrait expliquer la ferveur avec
laquelle le président du CIO a toujours défendu les Jeux de Pékin. La
Chine et Jacques Rogge se sont entendus secrètement pour que Pékin
obtienne les J.O. et que lui soit élu président du CIO, révèle l'ancien
ministre chinois des sports.
Jacques Rogge et Liu Qi, maire de Pékin, lors de la
cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques le 8 août 2008
La Chine a passé un accord secret avec Jacques Rogge,
président actuel du Comité International Olympique (CIO), pour s'assurer
l'attribution des Jeux de Pékin, selon un livre du ministre chinois des
sports de l'époque, Yuan Weimin, que s'est procuré le quotidien
britannique Times.
L'ancien ministre y explique
que M. Rogge a négocié avec lui pour s'assurer le vote des membres
chinois du CIO lors de sa réunion de Moscou en 2001, au cours de
laquelle il devait attribuer les Jeux d'été de 2008 et élire un nouveau
président.
Le livre, intitulé "Yuan Weimin
et les vents et nuages du sport international" révèle comment Pékin a
réussi à se mettre des votes de membres européens du CIO dans la poche,
alors que ces derniers étaient plus susceptibles de voter pour Istanbul
ou Paris.
"Bien que n'ayant pas de
contrat écrit avec Rogge nous avions un accord privé" écrit Yuan, selon
le Times.
Yuan explique que lui et le
maire de Pékin Liu Qi ont eu un rendez-vous avec M. Rogge dans un
appartement d'un centre de conférences de Genève à l'approche de la
réunion de Moscou. Rogge aurait alors dit que l'une des raisons pour
lesquelles il soutiendrait la candidature de Pékin était qu'en cas
d'attribution des J.O. de 2008 à Paris, cela serait mauvais pour sa
propre campagne à l'intérieur du CIO. La rencontre était une initiative
de Li Lanqing, alors membre du Comité Permanent du Bureau Politique du
PCC, la plus haute instance politique de Chine, selon l'ancien ministre.
"Nous avons expliqué à Rogge
que nous espérions que (lui) et ses amis soutiendraient Pékin. Rogge a
dit qu'il espérait que les trois délégués chinois du CIO et les amis de
la Chine le soutiendraient" écrit Yuan Weimin, selon le Times. "Rogge
m'a dit qu'il m'était très reconnaissant de le soutenir dans sa campagne
pour être président et qu'il soutiendrait complètement la candidature
chinoise aux Jeux Olympiques", poursuit-il.
"Mais il espérait que la Chine
comprendrait qu'il ne puisse pas exprimer sa position et son opinion
(publiquement) parce qu'il était président du Comité Olympique Européen
et que Paris et Istanbul étaient en Europe - mais que malgré cela il
travaillerait pour Pékin".
L'ancien ministre révèle dans
le livre que la Chine a promis qu'elle persuaderait ses amis de soutenir
Rogge et qu'en retour Rogge s'était engagé à gagner le soutien des
membres européens du CIO.
Le plan du Bureau permanent a
failli vaciller lorsque l'un des délégués chinois au CIO s'est montré
enclin à voter pour un autre candidat à la présidence, le Sud-Coréen Kim
Un-yong. Furieux, les dirigeants chinois auraient alors donné l'ordre
aux trois Chinois du CIO de voter pour Rogge. Finalement, Pékin s'était
vue attribuer le 13 mai 2001 et Jacques Rogge avait été élu président 3
jours plus tard.
Un porte-parole de M. Rogge a répondu au quotidien
londonien que le président du CIO avait été élu par une large majorité
et que toute insinuation que des accords auraient été passés est
complètement fausse.
A l'époque, et jusqu'à la tenue
des Jeux, le choix du Comité Olympique d'attribuer les Jeux à Pékin
avait été critiqué au regard du bilan de la Chine en matière de droits
humains.
A plusieurs reprises, M. Rogge
avait défendu son choix. "Au moment de la candidature à Moscou en 2001,
un membre dirigeant du Comité de candidature (de Pékin) a dit
qu'attribuer les Jeux à Pékin ferait avancer l'agenda social de la
Chine, dont les droits de l'Homme. C'est ce que j'appelle un engagement
moral" avait par exemple expliqué M. Rogge au printemps 2008, à quelques
mois des J.O, sur CNN.
Jacques Rogge a été réélu
président du CIO pour 4 ans vendredi 9 octobre dernier après avoir été
le seul candidat à sa succession.
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Claude B.
Levenson Octobre 2009
Tibet on t'aime, Washington non
plus...
Les grands titres de l'actualité qui se bousculent à
la une de la presse et occupent le devant des journaux télévisés ont
tendance à laisser dans l'ombre des informations souvent révélatrices.
Ainsi, rien que depuis début octobre, plusieurs sources tibétaines ont
permis de confirmer l'arrestation d'un certain nombre de Tibétains qui
avaient participé le 7 juin à une cérémonie d'offrande d'encens à
l'occasion de Saka Dawa (une fête d'importance capitale du calendrier
tibétain), quelques-uns ont été relâchés, mais familles et proches sont
toujours sans nouvelle d'autres participants. Par ailleurs, les
responsables du monastère de Pangsa sont également sans nouvelle ni
information d'une dizaine de moines arrêtés lors des protestations de
mars 2008. D'autres renseignements reçus début octobre confirment qu'une
doctoresse tibétaine à la retraite a été condamnée en novembre 2008 à 15
ans de prison sous l'accusation d'avoir " passé des secrets d'Etat à
l'étranger " lors des manifestations du printemps 2008.
Elle purge sa peine de travaux forcés dans un centre
près de Lhassa, sans avoir été autorisée à voir quiconque de ses proches
depuis sa détention et sans avocat lors du procès…
Et afin de ne pas oublier
qu'une " bonne " nouvelle peut tenter d'en cacher une autre bien moins
réjouissante, l'agence officielle chinoise annonçait le 4 octobre que
près de 3 millions d'hectares de prairie de la réserve des Trois
rivières (Dri-chu, Ma-chu et Za-chu, soit le Yangtsé, le Fleuve jaune et
le Mékong, entre Kham et Amdo) avaient été " écologiquement réhabilités
" au cours des quatre dernières années. Pas un mot en revanche des
restrictions imposées dans ce louable but à des dizaines de milliers de
nomades tibétains dont c'était naguère le terrain de transhumance depuis
des siècles, désormais sédentarisés de force dans les nouveaux "
villages socialistes " où, privés de leurs bêtes et sans possibilités
d'activités de substitution, ils semblent voués à une mort aussi lente
que certaine. Toute comparaison avec le sort naguère réservé aux peuples
indiens des Amériques serait oiseuse ou fortuite, voire taxée de
malveillance.
Quant au Nobel surprise attribué au fringant
président américain, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il était
inattendu et qu'il n'a pas suscité que de l'enthousiasme jusque parmi
ses plus ardents partisans. Des commentateurs, y compris américains (et
de tout bord) s'étonnent de la promptitude d'un prix couronnant certes
de belles intentions, mais bien peu de concret. Bien sûr, l'heureux
lauréat n'est qu'en début de mandat, même si d'aucuns se disent qu'une
candidature déposée à la hâte juste avant la clôture des listes de
proposition et à peine onze jours après son entrée à la Maison Blanche,
c'est aller un peu vite en besogne.
Le fait que le nouveau
président du Comité Nobel de la paix soit parallèlement et depuis peu
secrétaire du Conseil de l'Europe peut donner à penser que le brave
homme n'avait guère envie de se mettre à dos Moscou pas plus que Pékin.
Or, l'association russe " Mémorial " et le dissident Hu Jia (au nom de
tous les autres, et ils sont nombreux à languir dans les geôles
chinoises souvent sans même que l'on sache leurs noms ou les accusations
qui pèsent sur eux) étaient cités comme favoris pour le prix de cette
année. De quoi regretter le discrédit ainsi jeté sur une récompense
prestigieuse, gaspillée pour un lauréat qui n'en demandait pas tant ni
n'en avait besoin - ce qui fait dire à un blogueur américain que cette
bévue pourrait bien signaler le début de la fin d'un certain rêve
américain de pays protecteur pur et dur des libertés
fondamentales.
Il semble difficile de ne pas percevoir une
contradiction évidente entre de belles paroles et des faits pratiques -
nombre d'analystes n'ont pas manqué de relever le report par la Maison
Blanche de la rencontre envisagée entre Barack Obama et le Dalaï-lama
justement de passage à Washington, et certains responsables tibétains
ont eu du mal à masquer leur déconvenue tandis que Pékin ne cachait pas
sa satisfaction. Sortant de sa réserve coutumière, seul Samdong
Rimpoché, chef de l'administration en exil, a constaté publiquement que
comme tant d'autres, le président américain choisissait l'apaisement
vis-à-vis de la Chine.
Dame, quand une bonne partie de
la dette américaine est en mains chinoises, on le comprendrait à moins…
Il n'empêche : ce que l'on appelle aujourd'hui en politique un " signal
" lancé en direction d'un partenaire (ou d'un adversaire) est en
l'occurrence un signe qui laisse mal augurer de la place concédée
dorénavant à la défense des libertés et des droits de l'homme par une
administration américaine plus préoccupée (comme tant d'autres !) par
des soucis économico-financiers et d'une relance convoitée pour sortir
de la crise d'un capitalisme débridé.
De l'autre côté de la planète,
entre l'Inde et la Chine, en dépit des protestations de bonne foi et de
bonne volonté réciproques, la tension monte le long de la frontière,
avec déploiement de troupes à la clef. Des frictions sont évitées de
justesse du côté du Ladakh et les responsables chinois voient rouge à
l'idée de la visite annoncée du Dalaï-lama en Arunachal Pradesh, au
monastère de Tawang où était né le VIème dalaï-lama… Pendant ce temps,
au Népal, les nouvelles autorités mènent la vie dure aux réfugiés
tibétains, de plus en plus surveillés et restreints dans leurs
activités, alors que le gouvernement népalais a demandé à Pékin la
prolongation de la voie ferrée de Lhassa à Katmandou, afin de favoriser
les échanges entre les deux pays. Pourtant, dans les campagnes
népalaises, la grogne monte devant les intrusions chinoises, l'ouverture
de routes nouvelles menaçant directement le mode de vie et les
conditions de travail des populations locales.
Dans le contexte actuel, tout
cela ne signifie nullement qu'on se croise désormais les bras, car on ne
saurait oublier que d'autres affrontent les autocrates à mains nues :
ils résistent aux pires épreuves, et quand on les entend, on n'en finit
pas de s'interroger - comment font-ils? Impossible de ne pas les
soutenir par une solidarité agissante, aussi modeste
soit-elle.
Naguère, lorsque le continent
latino-américain était le théâtre favori des dictateurs, des amis
comparaient, en guise d'humour trop souvent noir, les dictaduras et les
dictablandas (soit dictadure contre dictadouce ?).
L'actuelle variante en vogue
chez les héritiers du Céleste empire ressemble de plus en plus à une
forme exemplaire de la première variété - raison suffisante de ne pas
rendre les armes. Les graines de démocratie prennent du temps à éclore,
mais elles ont été semées, reste à les cultiver et les arroser - sans
jamais oublier qu'il n'est rien de permanent, sinon le
changement…
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Le Népal s'apprête à déployer une force
de police à sa frontière tibétaine
5 octobre 2009 - Treck
Magazine Anthony Nicolazzi
Selon Anthony Nicolazzi, le
Népal s'apprête à déployer une force de police à sa frontière tibétaine,
selon Bhim Rawal, le ministre de l'Intérieur népalais, cité par l'AFP
(lire la dépêche originale en anglais). Si le ministre se défend d'agir
sous la pression de la Chine, cette annonce intervient au lendemain de
l'arrestation, par la police népalaise, de 80 militants tibétains, qui
manifestaient jeudi devant l'ambassade de Chine à Katmandou, à
l'occasion des 60 ans de la république populaire de
Chine.
"Nous envisageons de déployer
l'APF (Armed Police Force) à différents points le long de la frontière"
a ajouté M. Rawal. "Nous avons déjà déployé nos forces de sécurité le
long de la frontière indo-népalaise. Il est clair que la sécurité de nos
frontières est d'un intérêt national. Nous devons consacrer tous nos
efforts à rendre notre frontière sûre et
efficace".
Plusieurs milliers de Tibétains
franchissent chaque année la frontière népalaise pour fuir la politique
d'intégration chinoise à l'égard du peuple tibétain. Le 30 septembre
2006, un groupe de Tibétains qui fuyaient au Népal en passant par le col
de Nangpa La et le Solukhumbu avait essuyé les tirs de la Police
Populaire Armée (PAP) chinoise, chargée de la sécurité des frontières
chinoises. Une nonne de 17 ans avait été
tuée.
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Le Dalaï-lama sera reçu aux Etats-Unis
par la coordinatrice sur le
Tibet
Mardi 6 octobre 2009 - AFP
Maria Otero, responsable du dossier tibétain auprès
du gouvernement américain, a rencontré le Dalaï-lama lundi lors de la
visite à Washington du chef spirituel tibétain en exil, a annoncé le
département d'Etat. "La sous-secrétaire d'Etat pour la démocratie et les
affaires générales, Maria Otero, qui est également la coordinatrice
spéciale du gouvernement américain sur le Tibet, rencontrera le Dalaï
lama à son arrivée à Washington", avait déclaré le porte-parole du
département d'Etat, Ian Kelly, dans la journée.
Le Dalaï-lama, qui effectue actuellement une longue
tournée en Amérique du Nord, est arrivé lundi dans la capitale
américaine où il doit notamment s'entretenir avec des parlementaires,
mais pas avec le président Barack Obama. M. Kelly, qui n'a pas donné de
détails sur la rencontre entre Mme Otero et le Dalaï-lama, a indiqué
lors du point de presse quotidien du département d'Etat que le président
américain "rencontrerait le Dalaï-lama à un moment qui leur conviendra à
tous les deux", renvoyant les journalistes vers la Maison Blanche pour
plus de détails.
La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a nommé la
semaine dernière Mme Otero responsable de la coordination sur le Tibet,
avec pour objectif de promouvoir le dialogue entre les autorités
chinoises et les représentants du leader spirituel tibétain.
Nous
n'essayons pas de minimiser certains de nos désaccords avec la Chine
dans le domaine des droits de l'homme
Les autorités chinoises se sont "fermement opposées"
le mois dernier à ce que le Dalaï-lama rencontre des responsables
officiels étrangers, après qu'il ait rencontré des collaborateurs de M.
Obama en Inde. Pékin a également adressé une mise en garde voilée à la
Maison Blanche contre une rencontre entre M. Obama et le Dalaï-lama,
considéré par la Chine comme un "séparatiste" visant l'indépendance du
Tibet sous couvert d'appels à plus d'autonomie.
L'entourage du Dalaï-lama a alors indiqué que ce
dernier ne rencontrerait pas M. Obama lors de sa visite à Washington
cette semaine, tandis que le "Premier ministre" tibétain en exil,
Samdhong Rinpoche, accusait les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux
d'opter pour "l'apaisement" avec Pékin.
"Nous avons décidé de rencontrer le Dalaï-lama en raison
de notre respect pour ses positions, pour le fait qu'il est un dirigeant
spirituel respecté", a expliqué M. Kelly. "Notre position à l'égard de
la Chine est claire, nous voulons tendre la main à la Chine. Nous
pensons que la Chine est un acteur mondial important", a poursuivi le
porte-parole. "Pour autant, nous n'essayons pas de minimiser certaines
de nos préoccupations concernant la Chine et certains de nos désaccords
avec la Chine dans le domaine des droits de l'homme, de la liberté
religieuse et de la liberté d'expression", a-t-il dit. "Mais je pense
qu'il s'agit de deux questions distinctes, la décision du président de
rencontrer le dalaï lama et la forme que prennent nos relations avec la
Chine", a-t-il conclu.
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Manifestation de Tibétains en marge du G20 de
Pittsburgh
Vendredi 2 5septembre 2009
(AFP)
Une centaine de Tibétains ont défilé jeudi dans les
rues de Pittsburgh (Pennsylvanie, est) pour dénoncer "l'occupation
chinoise du Tibet depuis soixante ans" alors que le président chinois
doit participer au sommet du G20, a constaté l'AFP.
"Nous sommes là pour dénoncer l'occupation illégale
par la Chine du territoire du Tibet", a affirmé Pema Gyalpo, un militant
tibétain de New York.
"Le président Hu Jintao est un meurtrier plutôt qu'un
dignitaire qui mérite d'être respecté par le monde entier. Il n'est pas
le bienvenu en Amérique, le pays de la liberté" ***, a affirmé ce
protestataire.
"Les Tibétains ont été brutalement réprimés par la
Chine dont le président est honoré aujourd'hui", a ajouté Alan Loryfice,
un Américain de New York participant à cette manifestation qui
rassemblait une centaine de Tibétains vêtus de jaune, venus de Chicago,
New York et Boston.
Le Dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains, a
entamé mardi une visite de plus de deux semaines en Amérique du Nord.
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Le Tibet de nouveau fermé
aux touristes
étrangers
22 septembre 2009 - La Presse Canadienne
Pékin - Le gouvernement
chinois a de nouveau fermé le Tibet aux touristes étrangers, dans la
perspective du 60ème anniversaire de la Chine populaire, a indiqué mardi
un responsable du tourisme, alors que des mesures de sécurité renforcées
sont prises partout pour éviter des incidents pendant les
célébrations.
Tan Lin, du bureau du tourisme du Tibet, précise que
l'interdiction est entrée en vigueur ce mardi, mais ne s'applique pas à
ceux qui sont déjà sur place.
La Chine a imposé des mesures de sécurité telles que
l'interdiction de la vente de poignards dans les grands magasins
Carrefour, après deux attaques au couteau place Tiananmen la semaine
dernière, d'après les médias locaux. D'après une responsable du magasin
du Grand Hôtel de Lhassa, l'interdiction s'applique jusqu'au 8 octobre
prochain.
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Appel à un rassemblement citoyen
pour la
liberté
Lundi 21 septembre 2009 - par Communauté
Tibétaine
Jeudi, 1er octobre 2009 de 18h à 20h30 sur le parvis
des droits de l'Homme, au Trocadéro à Paris.
Nous allons observer le 1er octobre comme une
journée mondiale de deuil pour les peuples chinois, Ouighour et Tibétain
; parce que nous sommes tous victimes d'un même tyran ( le
P.C.C.).
Nous respectons toujours la Chine comme une Nation,
un peuple au même titre que les autres dans le monde. Les autres peuples
doivent aussi bénéficier du même respect de la part de la " Chine
populaire ".
Les Chinois, les Ouighours et les Tibétains se
retrouveront ensemble avec les amis français, le 1èr octobre, pour
dénoncer les violences et les injustices infligées par le régime
totalitaire du " Parti communiste chinois " contre les populations qu'il
prétend gouverner. L'intérêt suprême du Parti communiste chinois est de
se maintenir au pouvoir éternellement.
Désormais, la Chine est dominée par un Parti
communiste sans l'idéologie communiste, qui défend les intérêts d'une
poignée d'autocrates aux dépens des populations.
L'union de trois peuples symbolisera l'amitié et la
reconnaissance réciproque entre nous tous et nous dirons haut et fort,
que notre adversaire commun est celui qui abuse sans cesse de nos droits
fondamentaux. C'est le "Parti communiste chinois" qui a le monopole des
pouvoirs depuis 60 ans.
Diviser pour mieux régner : Le gouvernement du "
P.C.C. " tente de dresser les Chinois contre les Tibétains, les
Ouighours en prévalant l'idéologie du grand Han qui aurait la vocation
naturelle de coloniser les peuples du monde.
Venez nombreux nous prêter votre voix de citoyen
libre pour réclamer la liberté, la justice, et la démocratie pour nous
tous.
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Tsewang Dondrup montre ses
blessures
lors d'une conférence de
presse à Dharamsala
le 28 mai (Abhishek
Madukhar/Reuters)
Tsewang Dondrup, une histoire tibétaine en
exil
Mardi 8 septembre 2009 -
Alexandre Marchand (Etudiant en journalisme) - Rue
89 Dharamsala - Accrochée aux contreforts des Lower
Himalayas, Dharamsala (Himachal Pradesh) est une agréable station de
montagne dans laquelle débarquent des flots continus de touristes et de
hippies. Mais de cette foule vêtue à l'occidentale surgissent ça et là
des teintes ocre et mauve. Les moines tibétains sont là pour rappeler au
voyageur, si besoin en est, qu'il se trouve au centre de la communauté
tibétaine en Inde.
Il y a cinquante ans cette année, le Dalaï-lama
s'enfuyait de Lhassa, capitale tibétaine, entraînant dans son sillage
des foules d'exilés volontaires. L'hémorragie n'a jamais cessé depuis.
Aujourd'hui encore des Tibétains continuent de prendre le chemin de
l'Inde pour échapper à la présence chinoise. Tsewang Dondrup est un de
ceux-là.
Coincée entre deux échoppes, l'entrée sombre du
centre pour les réfugiés tibétains est peu engageante. C'est ici, dans
une triste chambre sentant le feu de bois, que réside Tsewang depuis son
arrivée en Inde il y a trois mois et demi. Dehors, la pluie martèle les
vitres et des torrents d'eaux dévalent les rues pentues. Petit homme vif
au visage rond et au teint hâlé, Tsewang est vêtu d'une polaire rouge,
son bras gauche en écharpe. La voix chargée de colère, il entame son
récit.
Fermier dans la province de Kham (est du Tibet),
Tsewang se joint en ce 24 mai 2008 à une manifestation pacifique
spontanée en faveur des droits de l'Homme dans la ville de Tihoe. Seules
armes des participants : des slogans, que ce soit parce que " Sa
Sainteté [le Dalaï-lama] interdit l'usage de la violence " ou, sur un
plan plus pratique, parce que les Chinois ont entrepris de confisquer
tout objet susceptible de servir d'armes.
Face au groupe, près de 200 policiers et soldats
chinois. Ayant d'abord vainement tenté de disperser les manifestants à
coups de barres de fer, la police se met à tirer dans la foule.
Fuite à dos de moto
Non loin de lui un jeune moine s'effondre, incapable
de se relever. Tsewang se jette à sa rescousse en le traînant par le
bras. Rejoint par un autre homme, ils commencent à déplacer le moine.
C'est à ce moment-là qu'il reçoit une balle dans le dos dans la région
du rein. Balle vite suivie par une autre qui lui traverse l'avant-bras
dans toute sa longueur (le curieux angle de ses os atteste de
l'irréversibilité des dommages). Il perd connaissance et tombe. Les
manifestants le mettent sur une moto où deux hommes prennent son corps
en sandwich et démarrent immédiatement.
Après une halte de deux heures dans un village
voisin, le temps de panser tant bien que mal les blessures afin de
réduire l'hémorragie, il faut continuer à fuir. Les deux motocyclistes
ainsi que deux autres hommes du village prirent sur eux de le mettre sur
un brancard et de le transporter dans les montagnes. Il raconte : " Le
trajet fut très douloureux car mes blessures étaient très mauvaises et
le terrain très accidenté. "
Avançant uniquement de nuit, sans lumière, se
cachant dans les forêts en journée, le convoi marcha ainsi pendant six
jours.
Mis sur la liste des " personnes les plus
recherchées " par les autorités chinoises, Tsewang se vit privé de toute
possibilité de retour à la vie normale. Commença ainsi son long séjour
dans les montagnes en compagnie de ses quatre sauveurs (trois dont il ne
peut révéler les noms car ils vivent toujours au Tibet). Afin d'éviter
de se faire repérer, la troupe changeait régulièrement d'emplacement,
vaguant de grottes en forêts.
Les tsampas (galettes faites de farine d'orge),
cuites la nuit, constituèrent l'alimentation de base des cinq hommes
pendant tout ce temps. A tour de rôle, chacun de ses compagnons
retournait au village pour un temps afin d'éviter d'éveiller des
soupçons et d'amasser de la nourriture et des médicaments. Coûteux, ces
derniers étaient payés par des villageois au courant de la présence et
de l'état du fuyard. Pendant six mois, Tsewang resta ainsi allongé sur
le dos, se rétablissant douloureusement.
Une " seconde mort ", quitter le
Tibet
Malgré les rigueurs du climat et un traitement
médical assez sommaire, Tsewang réussit à survivre animé, dit-il, " par
la volonté de raconter son histoire au monde ". Au bout d'un an et deux
mois, se sentant suffisamment fort il prit la décision, sa " seconde
mort ", de quitter le Tibet pour l'Inde.
Avec un de ses compagnons d'infortune, Lobsang
Samten, ils rejoignirent Lhassa où, de là, ils traversèrent l'Himalaya
avec l'aide d'un passeur. Trois semaines furent ainsi nécessaires pour
atteindre leur havre, le Népal, où ils furent pris en charge par les
autorités tibétaines en exil.
Homme simple, sans éducation, Tsewang sait les
risques qu'il prend en racontant son histoire, surtout vis-à-vis de sa
famille restée au Tibet. Mais son récit ne lui appartient pas, c'est
celui de ces personnes qui l'ont aidé à travers ces épreuves, celui de
ceux qui vivent toujours cachés dans la nature, celui de toute une
communauté. Dans les rues de Dharamsala, la pluie continue de tomber,
drue.
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Les Sénateurs français exhortent Pékin
d'accorder au Tibet une autonomie réelle
Samedi 5 septembre 2009 - Tibet.net (site officiel
du Gouvernement tibétain en exil) "La délégation du Parlement français presse
le Gouvernement chinois de mettre réellement en application au Tibet les
dispositions en matière d'autonomie régionale des ''nationalités''(2)
inscrites dans la Constitution chinoise.
A Pékin, lors d'une 8ème rencontre sino-tibétaine
(début nov. 2008), les Représentants de Sa Sainteté le Dalaï-lama
avaient présenté au Gouvernement chinois un ''Memorandum pour une
Autonomie réelle du Peuple tibétain''(4). Le Memorandum insiste sur la
nécessité de voir préservés l'unité de la nationalité tibétaine et son
patrimoine riche et unique (sur les plans historique, culturel,
linguistique, spirituel, etc.). Ce texte considère que la mise en
application effective de ce que prévoit théoriquement la Constitution
chinoise pour les ''minorités''(2) permettrait de répondre aux
principales aspirations des Tibétains.
" En France, parfois les avis divergent au Sénat sur
des questions qui nous sont soumises, mais quand il s'agit des Tibétains
les Parlementaires restent unanimes dans leur attitude et dans le souci
qu'ils ont du problème du Tibet " a déclaré le Sénateur Humbert(1) aux
médias internationaux et locaux.
" Notre présence à Dharamsala symbolise la
solidarité du Peuple français et son soutien envers le Peuple tibétain.
Notre visite ne vise aucunement à porter atteinte aux sentiments du
Peuple chinois ", affirmait le Sénateur Humbert.
Il a ajouté qu'ils n'étaient pas du tout ennemis de
la Chine et qu'ils ne cherchaient pas à lui infliger une défaite, mais "
ce que nous voulons dire au Pouvoir chinois, c'est que ce qui se passe
actuellement au Tibet est inacceptable ".
Le Sénateur Humbert a mis l'accent sur le fait
que le problème du Tibet n'est pas une question de politique
intérieure chinoise, et qu'au contraire il figure parmi les
préoccupations les plus fortes de toute la Communauté
internationale.
Il a déclaré que le Peuple français considère
l'avenir du Tibet, comme un problème très important, mettant en jeu la
survie même d'une civilisation unique, et que les Français sont
admiratifs du Peuple tibétain pour sa lutte non-violente
d'émancipation.
"Cette visite à Dharamsala nous a permis de parfaire
et d'enrichir notre approche de la question du Tibet. Nous allons
maintenant faire en sorte de communiquer l'information à la population
française", a-t'il ajouté.
Le Sénateur Thierry Repentin a fortement incité les
Parlementaires du monde entier à se rendre au Tibet pour prendre
vraiment conscience de tout ce que peut endurer le Peuple tibétain sous
le régime répressif instauré par Pékin. Il a précisé que le Parlement
français avait déjà voté trois résolutions sur le Tibet et que les
Parlementaires continuaient à se préoccuper fortement du problème du
Tibet en se tenant informés de la situation.
Les Sénateurs français (1) vont rencontrer Sa
Sainteté le Dalaï Lama à New Delhi le 5 septembre 2009." ______ Notes du traducteur :
1. Les Sénateurs de la
délégation parlementaire française en visite à Dharamsala auprès de la
Communauté tibétaine: le Sénateur Jean-François Humbert (UMP, Président
du Groupe d'information sur le TIBET; région Franche Comté (Est de la
France)); le Sénateur Thierry Repentin (Parti Socialiste, Groupe Tibet);
la Sénatrice Jacqueline Panis (UMP, Groupe Tibet). Sénat / Groupe
d'information internationale sur le TIBET: www.senat.fr/ga/ga_tibet/index.html
2. ''Nationalités, minorités'' : en
dehors de l' ''ethnie Han'', le Pouvoir chinois reconnaît 55 groupes
ethniques - dits ''Minorités'' (dont les Tibétains) - tous sensés faire
partie intégrante de la R.P. de Chine. Sa Constitution leur accorde
certains droits... surtout sur le papier. L'ethnie Han, dite majoritaire
en RPC, est en réalité un patchwork de ''minorités'' de langues et de
cultures très diverses: cf. article " Cent façons ou presque d'être
Chinois " : www.courrierinternational.com/article/2009/08/01/cent-facons-ou-presque-d-etre-chinois
3. Démocratie : la Communauté tibétaine
en exil est régie par un système démocratique instauré par le Dalaï Lama
depuis les premières années de son exil forcé en Inde, avec une nette
séparation des Pouvoirs :
" Exécutif :
assuré par le Gouvernement tibétain en exil composé de plusieurs
Ministres (Ministre se dit Kalon en tib.) dirigé par un Premier Ministre
(élu tous les 5 ans par tous les exilés dans le monde entier; poste
occupé par le Professeur Samdhong Rinpoche; élections en 2011; Premier
Ministre = Kalon Tripa en tib.). Le Premier Ministre est assez méconnu
au niveau international - alors que le Dalaï lama lui a délégué le
pouvoir politique - car à ce jour aucun pays n'a eu le courage de
reconnaître le Gouvernement tibétain en exil.
" NB : le 6 juillet 2000, le
Parlement européen votait une résolution invitant les "gouvernements des
États membres à examiner sérieusement la possibilité de reconnaître le
gouvernement tibétain en exil comme représentant légitime du peuple
tibétain si, dans un délai de trois ans, les autorités de Pékin et le
gouvernement tibétain en exil n'étaient pas parvenus à un accord sur un
nouveau statut pour le Tibet par le biais de négociations organisées
sous l'égide du Secrétaire général des Nations unies".
" Au terme de l'échéance, en
juillet 2003, il était attendu que le Parlement européen fasse le bilan
des objectifs fixés et reformule en conséquence ses recommandations dans
le cadre d'une nouvelle résolution. Cela n'a pas été le cas. Pourtant,
la mise en oeuvre de cette résolution est aujourd'hui plus que jamais
justifiée.: cf. extrait de la Campagne Tibet-Europe
(www.tibet-europe.eu/). La France devrait donner le ton
!
" Législatif : 43 députés
élus par les exilés tibétains tous les 5 ans (le Dalaï lama n'exerce pas
l'option qui lui permet de désigner 3 députés supplémentaires: il veut
que les Tibétains prennent en charge leur propre destin);
" Judiciaire : en Inde, les
Tibétains traitent d'affaires civiles spécifiques; le reste incombe à la
Justice indienne.
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Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères
britannique
en visite au Tibet cette semaine
Mardi 8 Septembre 2009 - Aujourd'hui La Chine
Le secrétaire d'Etat aux
Affaires étrangères Ivan Lewis accomplira cette semaine la première
visite au Tibet jamais effectuée par un membre du gouvernement
britannique, dans le cadre d'une mission d'information en Chine, a
annoncé lundi le Foreign Office.
M. Lewis doit visiter Pékin et Lhassa, la
capitale de la Région autonome du Tibet, entre lundi et jeudi, a indiqué
une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères, sans
donner plus de précisions pour des raisons de sécurité.
"C'est la première visite au Tibet" jamais
effectuée par un membre du gouvernement britannique, a-t-elle souligné.
M. Lewis "rencontrera des contacts-clés au sein du gouvernement chinois
à Pékin, pour faire avancer notre coopération avec la Chine sur une
série de dossiers internationaux et bilatéraux", a précisé le Foreign
Office dans un communiqué. "Il entrera également en contact avec les
autorités régionales du Tibet et étudiera de visu la situation
politique, économique, sociale et culturelle des Tibétains", a ajouté le
ministère.
Des associations de défense des Tibétains
ont demandé à M. Lewis de dénoncer la manière dont Pékin administre le
territoire himalayen et ce qu'elles considèrent comme des abus
croissants des droits de l'Homme à l'égard des Tibétains depuis les
émeutes meurtrières du 14 mars 2008.
"Ne pas faire de déclaration publique serait
vu comme une acceptation tacite de la politique de la Chine au Tibet,
donnerait à la Chine une victoire en terme de propagande qu'elle ne
mérite absolument pas et ne ferait qu'encourager les autorités chinoises
à continuer à perpétrer de nouvelles atrocités", a estimé Stephanie
Brigden, directrice de Free Tibet.
En 2008, des manifestations avaient dégénéré
à Lhassa et dans les régions peuplées de minorités tibétaines, faisant
21 morts selon Pékin, dus aux manifestants, et quelque 200 selon le
gouvernement tibétain en exil.
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Claude B. Levenson Septembre
2009
Tibet, la résistance au
coeur
Le Dalaï-lama à Taiwan - une visite-surprise,
inattendue, et qui en a pris plus d'un au dépourvu, suscitant même une
controverse passagère sur place. Mais celle-ci avait à voir
essentiellement avec la politique intérieure de Taipeh, dans la mesure
où l'invitation émanait de l'opposition peu favorable au rapprochement
trop appuyé du président Ma de la Chine continentale. Pékin a d'ailleurs
parfaitement saisi les intentions de chacun, en se montrant
inhabituellement modéré dans ses protestations dirigées davantage vers
les initiateurs de la visite que vers un président taïwanais navigant si
bas dans les sondages qu'un refus d'accéder à la demande d'approbation
de visa n'aurait en rien arrangé ses affaires.
A l'évidence, la sagesse du
leader tibétain n'a pas été prise en défaut, lui qui, en répondant
favorablement à l'invitation, s'est empressé de préciser haut et clair
que ce voyage avait pour but unique de réconforter les familles
endeuillées après le passage d'un cyclone meurtrier d'une rare violence
et de prier avec elles pour le repos des disparus. Et comme à
l'ordinaire, le Dalaï-lama s'en est tenu à sa promesse, se contentant à
l'occasion de constater devant une poignée de contestataires combien ils
avaient de la chance de vivre en démocratie et d'être libres de
s'exprimer. Magistrale leçon de droiture et de compassion, soit dit en
passant, qui devrait donner à réfléchir à bien des responsables d'un
monde ne tournant pas tous les jours très rond.
A la fin du voyage, il se
dégage sans nul doute un sentiment de gratitude de tous ceux - et ils
étaient nombreux - qui ont bénéficié de cette Présence, mais peut-être
aussi des réflexions à en tirer. Ainsi donc, le Dalaï-lama a passé
quelques jours en un territoire bruyamment revendiqué comme sien par
Pékin qui ne se gêne pas pour l'ostraciser, et le ciel n'est pas (encore
?) tombé sur la Cité interdite ? Serait-ce que le temps est enfin venu
de voir en ce pèlerin pas tout à fait comme les autres un authentique
facteur de paix plutôt qu'un méchant fauteur de troubles ? Au moment où
le Turkestan oriental s'enflamme à nouveau et qu'Ouroumchi quadrillé par
l'armée fait écho à Lhassa il n'y a guère, la question n'est pas
forcément impertinente.
Sédentarisation, alcoolisme et
Potala. Car pendant ce temps,
au Tibet comme dans les enclaves tibétaines qui persistent à demeurer
elles-mêmes au Kham et en Amdo, il se passe des choses qui éveillent
fort peu d'intérêt et ne font pas les grands titres de l'actualité
internationale. Par exemple, qui prête attention au drame silencieux que
vivent les nomades en voie de sédentarisation forcée ? Plus de 50.000
d'entre eux viennent d'être délogés du " parc naturel " autour des
sources du Fleuve jaune, du Yangtsé et du Mékong - sous prétexte de
surpâturage qui mettrait en péril l'équilibre écologique des lieux,
alors que pasteurs et bergers tibétains ont de tout temps été les
meilleurs gardiens de ce fragile environnement. Un vaste programme de
relocation a été lancé en octobre 2008, prévoyant la sédentarisation
dans les cinq ans de près d'un demi million de nomades au
Séchouan…
Ou encore, cet encouragement
aussi insidieux qu'officiel à la boisson dans les villes et les nouveaux
villages " socialistes " : avec l'apparition de promotions tapageuses
pour la bière et autres breuvages, l'alcoolisme va croissant parmi les
jeunes générations et les laissés pour-compte marginalisés chez eux, au
point qu'un fonctionnaire chinois, maire adjoint de Lhassa, Chen Zhi
Chan, déclare tout de go à un journaliste indien de passage dans la
capitale tibétaine à l'occasion de la fête de Choeton, rebaptisée
d'autorité ' du yaourt' : " Boire est dans la nature des Tibétains,
c'est une espèce de culture locale. La bière tibétaine est à base
d'orge, c'est une manière de stimuler l'économie locale ". Ah bon ? Ce
qui n'empêche pas le journaliste de relever que tandis que visiteurs et
touristes boivent jusqu'à plus soif, les Tibétains, eux, se pressent du
côté du monastère de Drépung pour assister au déploiement du grand
thangka de Bouddha, élément fondamental de la fête.Autre nouvelle passée
inaperçue, pourtant claironnée par Chine nouvelle, l'achèvement " avec
succès " (bien entendu !) des travaux de rénovation de " trois reliques
du patrimoine tibétain - les palais d'hiver et d'été à Lhassa, et le
monastère de Sakya ".
Mais ce qu'omet de dire
l'agence officielle chinoise et que relève le Times of India, c'est que
le Potala et le Norbulingka sont devenus des musées, des coquilles vides
sans âme, et qu'il est vain de chercher au Potala la moindre image du
XIVe Dalaï-lama… Sans doute les adeptes bien pensants de la
modernisation et du développement du Tibet seront-ils ravis d'apprendre
qu'il est question de creuser un tunnel d'accès souterrain au Potala, "
pour alléger la circulation et faciliter le parcours des pèlerins
"…
Et qui donc a relayé la
protestation silencieuse d'une Tibétaine et de ses enfants devant le
commissariat de police d'un village près de Chamdo pour demander la
libération de son mari arrêté le 27 juin pour n'avoir pas donné suite
aux ordres d'application d'une nouvelle " campagne de rééducation
patriotique " au monastère de Pema dans le district dont il était
responsable ? Tans d'autres informations si quotidiennes qu'elles vont
se perdre dans un marais de routine, comme si le sort des uns laissait
indifférents tous les autres… Même le témoignage poignant d'un moine de
Labrang, passé clandestinement en vidéo, n'a guère éveillé d'écho - il
rappelle pourtant " aux Nations unies et à la communauté internationale
qu'elles ont l'obligation morale de parler au nom du peuple tibétain à
l'intérieur du Tibet qui vit dans une peur constante et endure une
sévère répression ". Est-ce ainsi que les hommes vivent ?,
s'interrogeait un jour un poète…D'autres nouvelles passent elles aussi,
sans qu'il leur soit réellement prêté attention - cette sourde tension
qui monte insidieusement entre New Delhi et Pékin autour du vieux
monastère de Tawang et de la revendication chinoise affichée ouvertement
sur l'Arunachal Pradesh, ou cette brusque flambée de violence du côté de
Kokang à la frontière septentrionale de la Birmanie avec la Chine, au
grand déplaisir de Pékin qui demande à la junte de prendre les mesures
adéquates pour protéger les citoyens chinois. Et ce rappel de
l'injustice faite à Aung San Suu Kyi qui résiste en faisant appel de son
inique condamnation, alors qu'une rumeur circule que les moines birmans
en ont assez de la mauvaise conduite des généraux. Quant aux grands de
ce monde, ils sont apparemment aux abonnés absents, ou en vacances, ou
ils regardent ailleurs, englués dans des soucis plus urgents, et surtout
ne pas faire de vagues, ne pas faire de peine aux autocrates en place où
que ce soit, maîtres chez eux comme le veut la bienséance diplomatique
internationale. Comme s'ils étaient sourds à cette autre rumeur qui
court, résister, désobéir, ne pas se croiser les bras devant
l'intolérable…
Car au loin, là-haut, brille
une flamme, celle du Tibet.
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De la gauche vers la droite
: Wang Lequan, Li Dezhu, Zhang
Qingli, Liang
Guanglie.
Les
dirigeants Chinois accusés par la justice espagnole
de la
répression lors du soulèvement
du
peuple Tibétain de mars 2008.
La Chine adresse par
écrit des menaces à l'Espagne,
au sujet du
Tibet
Quant à la Cour espagnole, dans sa poursuite pénale contre
les dirigeants chinois, elle ajoute le carnage de Nangpala
...
Vendredi 21 août 2009 - Communauté Tibétaine de
France Dharamsala, le 21 août 2009, la Chine a
rejeté la demande judiciaire concernant les dirigeants chinois, qui
doivent comparaître devant la Cour espagnole pour " les crimes contre le
Peuple Tibétain ". Par ailleurs, la Chine a répliqué en demandant au
gouvernement espagnol d'arrêter l'enquête et en la qualifiant de " faux
procès ".
L'ambassade de Chine en Espagne, dans ses premières
réponses écrites aux poursuites pénales la concernant, a dit que
l'Espagne a violé " les principes de base d'une juridiction d'Etat et de
l'immunité établie par le Droit International, et que l'assistance
judiciaire n'est pas couverte par le Traité concernant les Affaires
criminelles entre la Chine et l'Espagne ". La Chine a dit
qu'elle "refuse avec fermeté toute demande de l'assistance judiciaire
concernant le procès, et elle demande à l'Espagne d'assumer ses
responsabilités face au Droit international, et d'adopter des mesures
immédiates et effectives pour empêcher une quelconque violation du
Traité par l'assistance judiciaire dans les Affaires criminelles entre
la Chine et l'Espagne, et donc de mettre un terme à la poursuite pénale
contre la Chine aussi vite que possible ".
L'ambassade de Chine à Madrid a également retourné
la commission rogatoire délivré par le Ministère espagnol de la Justice
pour que les dirigeants chinois puissent témoigner devant la
Cour. Les Tribunaux nationaux espagnols, lesquels traitent
des cas de crimes contre l'humanité et de génocide, ont accepté
d'entendre une poursuite pénale engagée le 9 juillet 2008, par un Groupe
de soutien au Tibet. Cela a été admis en vertu des principes de la
compétence universelle, que le système judiciaire espagnol a adopté en
2005, et sous lesquels les Tribunaux espagnols peuvent entendre des
Affaires concernant le génocide et les crimes contre l'humanité où que
cela soit commis, et quelque soit la nationalité du défendeur.
Le Juge espagnol, Monsieur Santiago Pedraz a informé
le 5 mai dernier le Ministère chinois de la Justice de la poursuite
pénale devant la Haute Cour d'Espagne, contre huit dirigeants chinois,
dont le Secrétaire du Parti pour " la Région Autonome du Tibet " Zhang
Qingli, en rapport avec la répression du gouvernement chinois sur les
manifestants tibétains depuis mars 2008.
Le Juge Monsieur Pedraz a demandé en mai, à la
Chine, d'interroger les défendeurs chinois en Chine, au cas où ils
refusent de venir en Espagne. Un représentant de l'ambassade chinoise à
Madrid, selon des sources fiables à Madrid, aurait indiqué dans des
échanges verbaux avec les officiels espagnols, que le Juge Pedraz serait
arrêté s'il se rendait en Chine.
Les procès concernant le Tibet, affrontent des
menaces depuis qu'une résolution du Congrès espagnol, a adopté le 19
mai, de limiter les compétences juridictionnelles des Juges aux Affaires
dans lesquelles, il y aurait un lien espagnol clair.
En dépit des manœuvres politiques et de la pression
continue de la Chine, le Juge Monsieur Pedraz a récemment annoncé
l'extension de l'un des procès concernant le Tibet, qui inclura
l'enquête sur la fusillade du 30 septembre 2006 à Nangpala, par les
forces des gardes frontière. Ce qui a entrainé la mort de la none
Kelsang Namtso, âgée de 17 ans, au moment où, ils essayaient de
traverser la frontière du Tibet et du Népal. Le Juge
Monsieur Pedraz a demandé le 14 juillet au gouvernement indien, un visa
afin d'interroger les témoins tibétains de la fusillade de Nangpala. Un
Alpiniste américain, Luiz Benitez qui a vu abattre fatalement la none
Kelsang Namtso , celle-ci avec soixante quatorze autres tibétains
incluant des nones, des moines, et des enfants fuyaient le Tibet, par le
passage du col de Nangpala ; l'alpiniste américain a fourni des preuves
le 17 juillet au Juge Pedraz de la Haute Cour d'Espagne.
Parmi les personnes poursuivies, sont inclues, le
Ministre chinois de la Défense, monsieur Lian Guanglie, le Ministre de
la Sécurité d'Etat, monsieur Geng Huichang , le Ministre de la Sécurité
publique, monsieur Meng Jiangzhm, le secrétaire du Parti monsieur Zhang
Qingli, membre du Bureau politique, monsieur Wang Lequang, le Président
de la Commission des Affaires ethniques, monsieur Li Deshu, Commandant
de l'Armée populaire de " libération " à Lhassa, le général Tong
Guishan, ainsi que le Commissaire politique du commandement militaire à
Chengdu, parmi lesquels Zhang Qingli, Wang Lequan, et Li Dezhu ont été
associés en tant que les principaux architectes des répressions au Tibet
et dans d'autres régions à population tibétaine.
Les tribunaux nationaux espagnols qui traitent les
crimes contre l'humanité, et le génocide, ont accepté d'entendre un
procès engagé par " le Comité de Apoyo al Tibet " (CAT) et la fondation
" Casa Del Tibet ", le 5 août de l'année dernière avant les J.O. de
Pékin. Cela a été admis en vertu des principes de la " compétence
universelle " adoptés par l'appareil judiciaire espagnol en 2005 et sous
lesquels les Tribunaux espagnols peuvent entendre les cas de génocide et
de crimes contre l'humanité, où que cela soit commis et quelque soit la
nationalité du défendeur.
Le Juge d'une autre Cour nationale est en train
d'enquêter sur un génocide allégué au Tibet, dans les années 1980 et
1990. Dans ce procès, les trois anciens prisonniers politiques ont
témoigné devant la Cour, il s'agit de Paldent Gyatso ; Jampel Monlam et
Bhagdro.
Un avocat espagnol Dr. Jose Elias Esteve et Alan
Cantos du Comité " de Apoyo al Tibet " (CAT) ont été en Inde, au mois de
février de l'année dernière, pour demander aux Tibétains de témoigner
devant la Cour espagnole, après que l'Inde ait refusé de mettre en place
une commission rogatoire qui aurait permis aux Tibétains de témoigner en
Inde, d'après un rapport " d'Asian Age " en date du 17 février
2008.
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Conférence sino-tibétaine "Trouver des terrains
d'entente" Communiqué de presse
(1)
Déclaration de la Conférence
sino-tibétaine
GENEVE - Une conférence sino-tibétaine
intitulée "Trouver des terrains d'entente" s'est tenue à Genève du 6 au
8 août 2009. Elle a réuni des Chinois et des Tibétains, notamment des
experts, professeurs, écrivains et des défenseurs des droits de
l'homme. L'objectif de la
conférence était d'abord d'informer le peuple chinois et la communauté
internationale du fait que :
- la culture et l'identité mêmes du peuple tibétain se
trouvent en grave danger ;
- le régime chinois ne respecte absolument pas les
droits humains fondamentaux des Tibétains. La conférence
visait aussi à identifier des orientations concrètes pour soutenir le
peuple tibétain encore davantage dans sa lutte pour ses libertés et pour
sauver de l'extinction son identité et sa culture uniques, comme l'avait
exprimé de manière poignante Sa Sainteté le Dalaï-Lama dans son discours
d'ouverture. Dans ce contexte, la conférence a mis en
évidence les orientations communes suivantes : I. Valeurs fondamentales
La conférence s'est appropriée les valeurs
fondamentales de la " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ",
dont la liberté, la démocratie, l'État de droit, le respect des Droits
humains, l'égalité et la coexistence de toutes les
cultures. II. Origines et nature du
problème du Tibet
- Le problème du Tibet ne tire par son origine
d'un conflit quelconque entre les peuples chinois et tibétain. La cause
vient du pouvoir totalitaire que la République Populaire de Chine exerce
au Tibet, en y perpétrant un génocide culturel. - Pékin
revendique que le Tibet fait partie de la Chine depuis toujours. Or, les
faits historiques prouvent le contraire. - La culture, la
religion, la langue et le mode de vie du peuple tibétain sont en voie de
disparition. - Les droits humains fondamentaux du peuple
tibétain sont bafoués : notamment le droit à l'auto-détermination
nationale, le droit de participer aux choix politiques et la liberté
religieuse. - Les media du pouvoir chinois déforment la
réalité du problème du Tibet et attisent les conflits entre les deux
Peuples. III. Voies pour une résolution du
problème du Tibet - Respect des droits humains
fondamentaux du peuple tibétain, notamment la participation aux choix
politiques et la liberté religieuse. - La solution du
problème du Tibet est fortement liée à la démocratisation de la
Chine.
- Le peuple chinois devrait sérieusement réfléchir
aux dérives du nationalisme Han et se mettre à vraiment respecter la
culture et le mode de vie des Tibétains. - Le gouvernement
chinois doit se conformer aux règles d'un État de droit. -
Respect du droit indéniable de Sa Sainteté le Dalaï-Lama de pouvoir
retourner dans sa patrie. IV.
Recommandations à l'attention du gouvernement tibétain en
exil - Développer dans le monde entier des
cercles d'amitié sino-tibétains (associations, forums, organisation
citoyennes etc.) afin d'accroître les échanges culturels et les liens
affectifs entre ces deux peuples. - Créer un Institut de
Recherches pour les experts chinois et tibétains travaillant sur
l'histoire et la culture du Tibet et dont le credo sera la vérité des
faits. - Mettre en œuvre des moyens pour contrer le blocus
de l'information à propos de Sa Sainteté le Dalaï-lama et pour briser le
contrôle médiatique du régime chinois sur la question tibétaine, afin
notamment de permettre aux citoyens de Chine et de la communauté
internationale d'accéder à une information autre que celle élaborée par
Pékin. - Faire en sorte que Sa Sainteté le Dalaï-lama
puisse communiquer plus facilement ses valeurs à la communauté chinoise
et renforcer ainsi le renouveau en cours des valeurs spirituelles au
sein de la population chinoise. Notre vœu à tous au
sein de la conférence sino-tibétaine est que le peuple tibétain recouvre
sa liberté et que l'on empêche la culture tibétaine de
disparaître.
Nous partageons cette foi fondamentale : la liberté est la
valeur la plus essentielle de toutes ; la culture tibétaine est un
précieux trésor de l'humanité au même titre que toutes les autres
cultures.
Tant qu'il n'y aura pas de liberté au Tibet, il n'y
en aura pas non plus en Chine. L'extinction de la culture tibétaine ne serait pas
seulement une tragédie pour le peuple tibétain mais aussi une honte pour
le peuple chinois et une perte irremplaçable pour toute
l'humanité.
Les participants à la conférence
sino-tibétaine Genève, le 8 août 2009.
______ (1) Document initial en mandarin, puis
traduit en anglais. En cas de divergence, le document en mandarin fait
référence.
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Claude B.
Levenson Août 2009
" Le Tibet, le Dalaï-Lama et les foudres de
Pékin"
Si
d'aventure quiconque en doutait, les actuels locataires de la Cité
interdite n'ont guère l'intention de changer quoi que ce soit à leur
politique envers les 'minorités', et surtout pas à l'égard des Tibétains
pas plus d'ailleurs qu'envers les Ouïghours. Pour les Mongols et les
Mandchous, c'est déjà vraisemblablement un peu tard, et toujours dans
une même indifférence internationale qui donne à réfléchir. Le récent
voyage européen du Dalaï-lama - Pologne, Allemagne et Suisse - est
révélateur à ce propos, non pas qu'il ait été très différent des
précédents, même si certains aspects en disent plus long qu'il n'y
paraît de prime abord, mais parce que du côté de Pékin, le ton est
encore monté jusqu'à devenir comminatoire.
Bien sûr, les fidèles étaient
au rendez-vous, les enseignements et conférences ont été suivis avec une
attention soutenue, les échanges avec le public empreints à la fois de
bonne humeur et de bon sens, les Tibétains accourus des alentours pour
s'incliner devant leur chef spirituel et temporel. Ce qui a pu peut-être
attirer l'attention d'un œil un tant soit peu scrutateur, c'est parfois
la frivolité de plusieurs articles de presse, une connaissance
approximative du sujet abordé et la tonalité souvent agressive de
certains intervenants. L'étonnement aussi de percevoir assez nettement
dans quelques propos l'écho marqué de la propagande officielle chinoise.
Certes, nul n'ignore l'offensive, de propagande justement, lancée
récemment à grand fracas par les responsables dudit Bureau tous azimuts
et en de multiples langues - rien de surprenant là, après tout c'est
leur boulot. Mais qu'aujourd'hui encore -à nouveau ? - d'aucuns,
journalistes ou autres, se laissent si aisément piéger, voilà qui ne
manque pas de surprendre.
Il est de notoriété publique
(pour reprendre une expression qu'affectionne particulièrement la
propagande chinoise) depuis belle lurette que les dirigeants chinois
n'aiment pas que le Dalaï-lama se déplace peu ou prou à sa guise, et à
chacun de ses voyages où que ce soit, lorsque Pékin ne réussit pas à
bloquer visas ou invitations toujours jugés malintentionnés, la machine
se met en marche comme s'il suffisait d'appuyer sur un bouton pour
entendre la même rengaine. Cette fois cependant, le tir de barrage a été
plus violent que de coutume, avertissant péremptoirement, par exemple le
3 août à la suite de l'escale à Varsovie (chinatibet.people.com.cn) que
"les activités d'instigation au séparatisme en Chine doivent cesser".
Vous m'en direz tant sur le sacro-saint principe de non-ingérence dans
les affaires d'autrui, dont Pékin ne cesse de se gargariser à la moindre
occasion.
Le lendemain, le Quotidien du
peuple en ligne (version française originale) récidivait encore plus
explicitement. Sous le titre " La Suisse officielle ignore le Dalaï-lama
", Zhao Guojun, " spécialiste des problèmes internationaux " expliquait
: " Autrefois, la Suisse n'a pratiquement aucune influence sur la
stratégie politique internationale, c'est pourquoi elle osait provoquer
la Chine en recevant officiellement le Dalaï-lama. Cette fois-ci la
Suisse officielle décide de l'ignorer et la raison c'est qu'elle
constate que la Chine occupe une place de plus en plus importante dans
l'environnement mondial actuel et qu'elle doit prendre en considération
sa coopération avec celle-ci, ce afin de pouvoir préserver ses intérêts
d'Etat et surtout protéger ses intérêts économiques et commerciaux (…)
D'autre part, la violente protestation diplomatique du gouvernement
chinois (après les incidents d'Ouroumchi) a produit un certain effet sur
les autres pays. " Illustration involontaire du vieil adage chinois "
effaroucher les poules pour faire peur aux singes " ? Allez
savoir…
Il n'empêche, le ton est encore
monté pour stigmatiser la rencontre à Genève, sous l'égide d'une
respectable ONG, le Mouvement international pour la réconciliation, et
de l'Association d'amitié Suisse-Tibet, d'intellectuels tibétains et
chinois dans le but avoué d'explorer ensemble des ouvertures afin de
préserver l'avenir. Certes, le chemin est encore long jusqu'à jeter des
ponts, mais l'histoire enseigne qu'il faut bien commencer un jour,
quitte à nourrir une infinie patience : quelques cartes en main, ou
quelques oreilles réellement attentives, permettent à l'espoir de durer.
Et dans le contexte de blocage actuel dû à l'intransigeance des
dirigeants chinois, force est de miser sur l'avenir.
D'aucuns font grief au
Dalaï-lama de l'échec, qu'il admet lui-même, de sa volonté de dialogue
pour parvenir à une solution négociée, viable pour les deux peuples que
la géographie a placés dans un voisinage commun. Lui est allé aussi loin
qu'il le pouvait dans les concessions, et il est parfaitement conscient
de la volonté profonde de son peuple qui aspire au respect de son droit
inaliénable à l'autodétermination, à la liberté. Dans ces conditions,
plutôt que de lui imputer l'échec de cette tentative non violente de
sortir de l'impasse, ne serait-ce pas plutôt grand temps de reconnaître
que c'est un signe sans équivoque de la faillite du système de société
contemporaine et des règles dont elle s'est dotée dans le sillage de la
Seconde guerre mondiale et que chaque dictature bafoue à sa convenance ?
A y réfléchir à deux fois, sans attendre un miracle, plus que jamais il
s'avère nécessaire de faire pièce au mensonge, de résister sans
oublier que ma liberté dépend aussi de celle d'autrui.
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Les dirigeants chinois peu empressés de recevoir
François Fillon
Vendredi 30 Juillet 2009 - Le Monde
François Fillon avait prévu de se rendre à Pékin
fin août. Ce devait être la première visite, sur le plan bilatéral, d'un
haut
responsable du gouvernement français, depuis la brouille spectaculaire entre Paris et
Pékin à propos du Tibet, en 2008. Le déplacement a dû être repoussé
à la demande des Chinois, qui ont invoqué le calendrier chargé
du premier ministre, Wen Jiabao.
Le report de ce voyage, au
cours duquel le premier ministre français devait poser la première
pierre d'une des deux centrales nucléaires EPR vendues à la Chine par
Areva, signale, selon des connaisseurs du dossier, la persistance d'une
mauvaise humeur chinoise à l'égard des autorités politiques françaises.
Malgré les multiples efforts de l'Elysée, depuis des mois, pour rétablir
la relation avec Pékin. Le voyage de M. Fillon reste programmé. Selon
des sources autorisées à Pékin, il devrait avoir lieu d'ici à la fin de
l'année, avant une visite prévue en France du président Hu Jintao.
"Principe de non-ingérence"
M. Sarkozy avait provoqué la
colère de Pékin à deux reprises en 2008. En conditionnant sa venue aux
JO de Pékin à la reprise d'un dialogue entre les émissaires du
dalaï-lama et la Chine (le chef de l'Etat fit malgré tout le déplacement
pour la cérémonie d'ouverture). Puis en annonçant abruptement, en
novembre, qu'il rencontrerait le chef de l'Eglise tibétaine en
Pologne.
Paris avait cherché à dissiper
ces tensions, décrites par des diplomates comme la plus grave crise dans
les relations bilatérales depuis des décennies. Dans un communiqué
publié en avril, avant une rencontre à Londres, en marge du G20, entre
M. Sarkozy et son homologue chinois Hu Jintao, la France s'engageait,
"dans le respect du principe de non-ingérence", à ne jamais, "sous
quelque forme que ce soit", soutenir le principe d'une indépendance du
Tibet.
Certains passages du texte
avait été interprétés par des observateurs comme une façon pour Paris de
promettre aux Chinois qu'aucune nouvelle rencontre entre le dalaï-lama
et M. Sarkozy ne serait désormais envisageable. Côté français, on
assurait toutefois n'avoir que réitéré la position traditionnelle de la
France à l'égard du Tibet, ajoutant que, le dalaï-lama ne revendiquant
pas lui-même l'indépendance, la formule ne pouvait donc s'appliquer à
lui. Le geste français était censé en tout cas solder le contentieux
avec Pékin. Les diplomates notaient des améliorations dans la relation.
Mais cela a-t-il suffi ?
Certains facteurs internes
chinois pourraient aussi avoir joué. Le report de la visite de M. Fillon
est annoncé au moment où Wen Jiabao, qui incarne l'aile plus modérée du
régime, est curieusement absent de la scène politique publique depuis
des semaines.
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Deux Tibétains de retour d'exil gravement
torturés
15 juillet 2009 - Tibet DeFacto
et Phayul
Deux jeunes tibétains en exil
retournant au Tibet ont été brutalement torturés par la police chinoise
suite à leur arrestation près de la frontière du Népal en avril de cette
année.
D'après boxun.com, un site
Web en langue chinoise, les deux jeunes étaient en Inde pour aller à
l'école gérée par le gouvernement tibétain en
exil.
Dagah et Tsuiltrim de la
Préfecture autonome du Tibet de Dechen dans la province du Yunnan ont
tenté une première fois d'entrer au Tibet en février. Ils sont arrêtés à
la frontière par une patrouille chinoise qui leur indique qu'il y a en
ce moment des restrictions gouvernementales sur les déplacements des
jeunes tibétains à la frontière. Les deux retournent alors à la capitale
népalaise et reviennent à la frontière en avril. De nouveau, une
patrouille chinoise les arrête sous prétexte que leur permis de voyage a
expiré depuis quinze jours.
Les deux jeunes sont
emmenés dans un centre de détention à Shigatsé où la police chinoise les
interroge pendant plusieurs jours. D'après le site, ils sont soumis à de
terribles séances de torture durant lesquelles ils sont frappés avec des
matraques électriques ce qui provoque de graves lésions sur leurs
abdomens et leurs organes génitaux.
Avant leur départ du Népal, les
deux jeunes avaient contacté par téléphone leurs familles dans le
Yunnan. Les recherchant, les deux familles les localisent au centre de
détention de Shigatsé.
D'après les sources, la mère de
Dagah s'est évanouie en voyant son fils dans un état de faiblesse
extrême. Alors que la famille de Dagah obtient sa libération sous
caution, les parents de Tsuiltrim seraient en route pour Shigatsé pour
le faire libérer.
Dagah a été admis dans un
hôpital de Kunming dans le Yunnan pour y suivre un traitement médical.
Des sources fiables ont fait part au site Web de l'inquiétude des
médecins envers les problèmes médicaux que Dagah risque d'avoir plus
tard dans sa vie malgré sa récupération progressive à
l'hôpital.
Selon le site, il y a d'autres
Tibétains au centre de détention de Shigatsé arrêtés soit alors qu'ils
fuyaient le Tibet soit de retour d'exil.
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Vendredi 17 juillet 2009 - Le Dauphine Libéré -
Crest
Enfin... un semblant de réponse
!!!
A un mois de
l'exposition sur les Cinq
continents
la Mairie de Portes-lès-Valence avait annulé téléphoniquement
la participation de TVD à la manifestation des 17 et 18 juillet... pour un "problème de salle"
!
Interrogée par
le "Dauphiné Libéré" la mairie de Portes-lès-Valence apporte une
"réponse" qui ne peut que surprendre par ses contre-vérités
ou ses approximations...
"Nous avons fait le choix
d'une diversité à offrir au public au niveau des associations. Et finalement,
nous avons trouvé que Tibet Vallée de la Drôme était trop
partisane pour convenir à l'esprit du festival" explique Cyril Bernardin,
directeur du cabinet du maire. "Nous avons également appris
que l'association allait travailler avec un établissement privé, nous
nous préférons favoriser le public au privé, c'est un choix politique assumé. Ce
festival a vocation à rassembler, nous avons également
craint que le discours de l'association choque certains des visiteurs.
Même si nous respectons son activité. Je regrette qu'elle
face de cette décision une montagne, cela ne reflète pas d'une certaine
sérénité" et de conclure "le drapeau tibétain ne flotte pas
sur notre mairie, nous jugeons qu'un service public ne doit pas prendre position
sur un tel sujet."
Lettre ouverte au Maire de
Portes-lès-Valence
MAIS
POURQUOI DONC AVONS-NOUS ETE INVITES ?
1) Sommes-nous une association partisane
? Oui, si l'on prend ce terme dans le sens de "favorable à" ou
"qui défend une opinion, une idée". Non, dans le
sens de "partial" ou "de parti
pris".
Donc, nous ne
sommes pas une association partisane, au sens ou semble l'entendre la
mairie de Portes, puisque notre raison d'être est de faire connaître
la culture tibétaine, de mener à bien des projets de scolarisation au
Tibet (avec l'accord tacite des autorités chinoises) et maintenant en France
et de demander le respect des Droits de l'Homme pour les Tibétains.
Nous laissons à d'autres
associations, qui le font mieux que nous, le soin d'engager des actions
plus militantes. Nous avons d'ailleurs répondu à l'invitation de
communes (quelques soient les opinions politiques de leurs maires) ou
d'associations qui nous ont invitées, et ce, sans faire de "vagues" que
ce soit à Chabeuil, Saillans, Eurre, Rousset-les-Vignes, Chastel-Arnaud,
Cléon d'Andran, Montmeyran, Allex ou Crest. Il suffit qu'un "cahier des
charges" précis soit signé par les partenaires.
2) Nous allons effectivement scolariser deux étudiants dans un lycée privé
"sous contrat" mais ce n'est pas un choix délibéré. Ceci résulte
de la fin de non recevoir des lycées publics que nous avons contactés
en premier lieu. Ces derniers réclamaient les dossiers scolaires de nos étudiants que
nous n'étions pas en mesure de fournir puisque ces derniers arrivaient de
camps de réfugiés en Inde.
3) Notre discours ne peut être choquant car selon
les directives données par le "cahier des charges" nous restons sur le terrain
culturel.
4) Il
semblerait que nous fassions "une montagne" de cette décision d'annuler notre participation
à un mois de l'exposition ! Notre article paru dans la presse prouve
le contraire. Mais l'élémentaire correction aurait nécessité de nous écrire (ou
de nous rencontrer) pour nous informer de ce changement radical de
dernière minute, voire de nous présenter des excuses pour les frais
engagés, or rien de tel n'a été fait ! Seul un bref
appel téléphonique a ruiné tout notre travail.
Nous avions été invités (sans
avoir rien demandé !) après que la commune de Portes ait consulté notre
site Internet, compulsé notre book et visionné des
photos, elle s'était dite "intéressée par notre
travail".
Je rappelle que TVD avait investi
dans de l'artisanat et des décors en accord avec le service
culturel de la mairie de Portes. Cette décision risque de mettre en
difficulté financière notre association qui n'avait inscrit à son calendrier
2009 que cette seule manifestation. Nous entamons une action sur
quatre années de scolarisation de deux étudiants et avions besoin des
bénéfices potentiels dégagés par cette exposition.
On aurait voulu faire capoter
notre action que l'on ne s'y serait pas pris
autrement.
5) Quant au
"Drapeau tibétain". Il n'a jamais été question de le faire flotter sur la mairie de
Portes-lès-Valence à l'occasion de cette exposition.
Chaque mairie prend ce type de décision en son âme et
conscience et après un vote de son Conseil municipal. La
seule demande qui ait été formulée (comme il se doit
!) c'est de savoir si nous pouvions l'apposer dans ou sur la salle d'exposition durant
la manifestation.
Une campagne de drapeaux avait
été menée par plusieurs associations drômoises, dont la nôtre, à
l'occasion des JO de Pékin... mais, c'était en 2008. Il serait bon de ne
pas faire l'amalgame !
Conclusion - Laissons
donc vivre Portes-lès-Valence sur son île déserte en dehors de toute
information... ne troublons surtout pas la quiétude de sa population par des
"vérités choquantes" qui ont pour nom : tortures, emprisonnements arbitraires,
exécutions sommaires, avortements programmés par les autorités, infanticides,
génocide culturel, etc. Toutes choses que nous n'aurions pas dites... pour ne
pas faire de "vagues" !
TIBET VALLEE DE LA
DROME
souhaite
vous avoir éclairé sur cette "réponse" pour le moins contestable de la mairie de
Portes-lès-Valence.
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Avec un peu de
retard
Vibrant hommage de Robert Badinter au Dalaï
Lama
Jeudi 11 juin 2009
- Communauté Tibétaine
"Les gouvernants chinois,
exaspérés par sa force tranquille, peuvent le dénoncer comme un loup
caché sous sa robe de moine. Mais si nous voyons la robe du moine, nous
ne distinguons pas les traits du loup. Et à dire vrai mes amis, les
gouvernants chinois nous paraissent bien peu qualifiés pour jouer le
rôle du petit chaperon rouge.
La vérité est plus simple. Le Dalaï Lama est un
homme de paix. Et il sait que la résistance spirituelle d'un peuple
opprimé, à travers le temps et les épreuves, finit toujours par
l'emporter."
C'est un rare privilège de présenter le Dalaï Lama
en de telles circonstances et à une telle assemblée.
Souvent je me suis interrogé : Pourquoi parmi les
personnalités si diverses que j'ai eu l'occasion de rencontrer, le Dalaï
Lama est-il marqué du sceau de l'exception ? Sans doute, son savoir est
considérable et recouvre des domaines multiples de la connaissance,
philosophique, politique, scientifique, écologique. Mais d'autres
détiennent aussi ces clefs du monde. Sans doute, son expérience de la
vie et des épreuves traversées au cours d'une existence déjà longue
ajoute à son enseignement la densité de la sagesse. Mais d'autres
personnalités détiennent aussi cette vertu.
En vérité, ce qui fait aujourd'hui du Dalaï Lama un
être d'exception, c'est le message dont il est porteur, qu'il a toujours
enseigné et incarné : un message d'humanité et de spiritualité dans un
monde marqué par le matérialisme quand ce n'est pas la cupidité, et la
cruauté quand ce n'est pas la barbarie.
D'abord l'humanité : Le Dalaï Lama en a fait son
horizon tout au long d'une vie qui depuis un demi-siècle est faite
d'exil et d'errance, loin de son peuple et de sa terre natale. Parce
qu'à l'orée de sa vie, le Dalaï Lama a vu son pays envahi et écrasé par
une puissance militaire étrangère, le Dalaï Lama est devenu bien au-delà
de sa propre cause un messager de la paix universelle, cette condition
première du bonheur des peuples.
L'humanité, pour le Dalaï Lama, elle s'exprime dans
le respect constant de la dignité et des droits de l'Autre, de notre
frère humain. Pour lui, les droits de l'homme sont la charte politique
de l'humanité. Ils sont les droits de tous les êtres humains, partout
dans ce monde. Ces droits précieux et fragiles, ils ne se conçoivent
qu'universels et indivisibles. Car que seraient les droits de l'homme
s'ils n'appartenaient qu'aux sociétés riches et développées alors que
des milliards d'êtres humains vivent dans la misère, la maladie et
l'ignorance ?
Le message du Dalaï Lama est ainsi proclamation de
notre solidarité avec tous les êtres humains, face aux épreuves que le
destin réserve à chacun de nous. Car où l'être humain accablé
trouvera-t-il refuge ou secours sinon dans la solidarité de ses frères
?
Enfin l'humanité, pour le Dalaï Lama, ne survivra
que sur une terre protégée contre sa destruction progressive en assurant
la sauvegarde de l'environnement, ce patrimoine commun de tous les êtres
vivants.
Ce message d'humanité qui inspire l'enseignement et
la vie du Dalaï Lama, il ne prend toute sa dimension que par sa
spiritualité. Face à la violence dans ce monde, le Dalaï Lama a toujours
opposé les seules forces qui vaillent, celle de l'esprit et de la
justice.
Si le Dalaï Lama, chef d'un état occupé, meurtri,
opprimé, a maintenu haut et fort les droits du peuple tibétain, c'est
parce qu'il a choisi de faire de la non violence une arme spirituelle à
nulle autre pareille. Oui, le Dalaï Lama croit, comme nous, qu'une cause
juste doit pour l'emporter, faire appel inlassablement à la conscience
humaine face à la violence mortelle. A cet égard, le Dalaï Lama
s'inscrit dans la droite ligne de Gandhi.
Les Chinois exaspérés par sa force tranquille,
peuvent le dénoncer comme un " loup caché sous sa robe de moine ". C'est
d'ailleurs ce terme de " simple moine " qu'utilisait le Dalaï Lama
lui-même pour se qualifier, au moment solennel où il recevait à Oslo le
prix Nobel de la Paix. Mais si nous voyons la robe du moine, nous ne
distinguons pas les traits du Loup. Et à dire vrai, les dirigeants
chinois nous paraissent peu qualifiés pour jouer le rôle du petit "
Chaperon rouge ".
La vérité est plus simple : le Dalaï Lama est homme
de paix. Il sait que la résistance spirituelle d'un peuple opprimé, à
travers le temps et les épreuves, finit toujours par l'emporter. Le
Dalaï Lama croit à la force du Droit. Et parce que la cause des
Tibétains est juste, il sait qu'elle triomphera de ses oppresseurs. Car
que demande le Dalaï Lama ? non pas, comme affirme la propagande
chinoise, la proclamation d'un Etat tibétain souverain, reconnu comme
tel par la communauté internationale. (Pour ma part, je l'avoue, je n'y
verrai pas d'inconvénient).
Le Dalaï Lama, lui, conscient des réalités
internationales et des rapports de force, ne réclame que le statut
d'autonomie pour le Tibet, la sauvegarde de son identité culturelle, si
importante dans le concert des civilisations, et le respect des droits
fondamentaux des Tibétains. Mettre un terme à un régime d'oppression et
à un génocide culturel, instaurer un régime d'auto gouvernement et
amener l'Etat de droit au Tibet, il n'y a rien là qui menace l'intégrité
territoriale de la république chinoise ni sa souveraineté
internationale. Aussi nous continuerons inlassablement à soutenir, par
les voies du droit et la force spirituelle de la justice tous ensemble,
sans violence ni provocation, mais avec résolution et constance, la
juste cause des Tibétains. C'est pourquoi je vous remercie d'être venus
si nombreux aujourd'hui écouter le " simple moine bouddhiste " de
passage chez nous, notre ami Le Dalaï Lama.
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Un Tibétain en prison depuis plus d'un an
pour un envoi de SMS et d'emails
Vendredi 26 juin 2009 - RSF
et IFEX
Reporters sans frontières
dénonce la condamnation à trois ans de prison de Gonpo Tserang, un guide
de montagne tibétain, pour avoir envoyé des SMS et des emails à
l'étranger. Les messages portaient sur les manifestations de mars 2008
défiant le pouvoir chinois. Les autorités de la Préfecture autonome
tibétaine de Dêqên (Yunnan, sud de la Chine) l'ont reconnu coupable
d'"incitation au séparatisme", le 26 avril 2008.
"Cette condamnation est
inadmissible car elle punit un simple citoyen qui faisait circuler des
informations sur la situation au Tibet, que les médias étrangers étaient
interdits de couvrir. Les messages incriminés ne relèvent pas de
l'incitation au séparatisme et Gonpo Tserang ne les a nullement envoyés
dans cette intention. Nous demandons la suspension de sa condamnation et
sa libération", a déclaré Reporters sans frontières.
Selon des informations
recueillies auprès d'organisations tibétaines, Gonpo Tserang, 33 ans, a
été arrêté le 23 mars 2008. Il est actuellement détenu à la prison de
Xianggelila (Yunnan). Aux dires des autorités, "du 16 au 18 mars 2008,
Gonpo Tserang a utilisé Internet et son téléphone portable pour envoyer
des messages provocateurs déformant les faits réels et la stabilité de
l'ordre social dans la province tibétaine après l''incident' du 14 mars
2008". Dans le verdict de la décision de la préfecture de Dêqên, il est
également souligné que "Gonpo Tserang a utilisé Internet afin de
fabriquer délibérément des rumeurs, déformer les faits et inciter au
séparatisme".
L'internaute a été condamné en
vertu de l'article 103 (2) du code pénal chinois selon lequel "si un
crime contre-révolutionnaire est à l'origine d'une critique féroce à
l'encontre de l'Etat et si les circonstances sont particulièrement
flagrantes, la peine mort est envisageable".
Depuis mars 2008, Reporters
sans frontières a enregistré une augmentation significative des procès
de Tibétains accusés d'avoir envoyé des informations à l'étranger,
principalement vers les communautés tibétaines en exil. A la
connaissance de l'organisation, sept personnes ont été condamnées entre
octobre et novembre par la Cour intermédiaire de Lhassa, à des peines
allant jusqu'à la prison à vie.
Selon une étude de
l'organisation dissidente chinoise Gongmeng, publiée en juin 2009 et
rédigée par quatre chercheurs chinois, les accusations de "séparatisme"
sont un moyen de "cacher les erreurs de gestion des dirigeants locaux".
Lors des émeutes de mars 2008, les journalistes étrangers n'ont pas pu
couvrir les faits et les médias officiels chinois ont complètement
ignoré l'événement.
Le 11 mars 2009, un moine
tibétain a également été arrêté et accusé de "séparatisme" après avoir
donné à la communauté tibétaine en exil des informations relatives aux
manifestations et aux arrestations dans la province. Par ailleurs, le 5
mai, le webjournaliste tibétain Namkha Sonam Drakpa a dû quitter le
Tibet pour avoir possédé et distribué des photos du Dalaï Lama. Par peur
d'être découvert par les autorités chinoises de la province, il a pris
la route de l'Inde. Il travaille aujourd'hui pour une publication en
ligne chinoise basée aux Etats-Unis.
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Le
Tibet devient une priorité
de la politique américaine envers la
Chine
Vendredi 26 Juin 2009 - France
Tibet
Les questions liées au
Tibet resteront parmi les principales priorités de la politique
américaine envers la Chine, a dit Kurt M. Campbell, récemment nommé par
le Président Obama au poste de Secrétaire Adjoint aux affaires de l'Asie
de l'est et de la Pacifique.
Encourager le respect des
Droits de l'Homme, dont les droits des minorités et la liberté de
religion, dans toutes les régions, y compris le Tibet, est une grande
priorité dans notre engagement bilatéral avec la Chine a dit M. Campbell
lors de son audition devant le Comité des Relations Etrangères du Sénat
et en réponse aux questions des sénateurs le 10 juin
2009.
"En engageant la Chine sur un
grand éventail de défis, nous aurons des discussions franches sur des
questions où il y a des désaccords, dont les Droits de l'Homme, le
Tibet, la liberté de religion et la liberté d'expression" a dit M.
Campbell dans une réponse écrite à une question.
Il soutient que la "promotion
des droits de l'homme est un aspect essentiel de la politique étrangère
américaine" et il a ajouté que le Président Obama et la Secrétaire
d'Etat Clinton avaient tous les deux soulevé leurs inquiétudes à propos
des Droits de l'Homme et les questions tibétaines lors de leurs réunions
respectives avec les dirigeants chinois.
"Nous ne répugnerons pas à
chercher des occasions de soulever franchement avec les dirigeants
chinois nos inquiétudes sur la mauvaise situation des Droits de l'homme
au Tibet. Le Président Obama et la Secrétaire d'Etat Clinton ont discuté
des problèmes tibétains avec les responsables chinois au plus haut
niveau, et moi je ferai de même" dit Campbell qui devrait être confirmé
rapidement dans son poste par le Sénat.
Campbell est le premier
responsable haut placé du Département d'Etat à se présenter devant le
comité qui sera responsable des questions qui, dans leur ensemble,
formeront la politique américaine sur le Tibet, dit dans un rapport sur
son site web la Campagne Internationale pour le Tibet, un groupe de
pression qui soutient le Tibet à Washington.
D'après ce rapport, le
Secrétaire Adjoint de la démocratie, des droits de l'homme et du
travail, le Secrétaire Adjoint de la population, des réfugiés et de la
migration, l'ambassadeur américain en Chine, et le coordinateur spécial
des affaires Tibétaines sont tous des membres clés de l'équipe de
politique du Département d'Etat et devraient être en place dans les
semaines à venir.
Dans sa déclaration, Campbell a
également dit que le gouvernement américain continuerait à promouvoir le
dialogue positif entre les responsables chinois et tibétains dans le but
d'atteindre résultats significatifs sur le Tibet.
"De la même manière, nous
encouragerons aussi les Tibétains à poursuivre le dialogue avec les
Chinois et à identifier des domaines où des améliorations substantielles
dans la vie des Tibétains peuvent de manière réaliste être
atteintes."
Cette administration considère
que les discussions entre le gouvernement chinois et les représentants
du Dalaï Lama sont essentielles pour résoudre les tensions de longue
date dans les régions tibétaines de la Chine, et pour protéger
l'identité ethnique, culturelle et religieuse du peuple tibétain. "
Nous continuerons à nous
concentrer sur la promotion du dialogue positif qui vise à atteindre des
résultats significatifs", dit-il.
Répondant à la déclaration de
Campbell, Todd Stein, directeur des relations avec le gouvernement de la
Campagne Internationale pour le Tibet, a dit : "L'attente des 'résultats
significatifs' fait écho aux déclarations récentes du président Obama,
de la secrétaire d'état Clinton et de la présidente de la Chambre des
représentants Pelosi, qui donnent une haute priorité pour le Tibet et un
sentiment que les discours ne suffiront pas pour satisfaire une nouvelle
équipe présidentielle qui recherche des preuves de progrès sur le Tibet
et qui est prête soutenir les moyens de l'obtenir. Le langage sans
ambiguïté de ces déclarations devraient être ainsi entendu par le
gouvernement chinois".
Les discussions entre les
représentants du Dalaï Lama et Beijing se sont arrêtées après que Pékin
a reçu avec dérision le "Mémorandum sur l'Autonomie Véritable pour le
Peuple Tibétain" soumis par les Tibétains lors de la huitième session de
discussions en octobre 2008.
La Chine continue d'insister
sur le fait que la porte est toujours ouverte pour les
discussions.
Cependant, du côté tibétain, on
dit que les chinois n'ont pas été sincères dans les discussions qui ont
eu lieu depuis 2002, et on prétend que le gouvernement de Pékin a rejeté
le mémorandum proposé sans donner d'explications juridiques ou
raisonnées.
Le Groupe de Travail pour le
Tibet, une organisation mise en place en 1999 principalement pour aider
les représentants du Dalaï Lama dans leurs discussions avec les
représentants du gouvernement chinois, se serait réuni récemment à
Dharamsala, le siège du gouvernement tibétain en exil, pour réfléchir
sur des façons de briser l'impasse et reprendre les discussions avec les
responsables chinois.
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Une ONG chinoise remet en cause la version
officielle sur la révolte tibétaine de
2008
Samedi 13 juin 2009 - LE MONDE -
Correspondant à Shanghaï Plus d'un an après les
manifestations qui ont secoué Lhassa en mars 2008, une organisation non
gouvernementale (ONG) chinoise ose prendre à revers la thèse officielle
et simpliste sur les événements, en publiant les résultats d'une enquête
d'un mois sur le terrain, dans la province du Gansu, près de Xiahe et
Hezuo, ainsi qu'au Tibet même, à Lhassa et Haidong.
Rédigé par quatre chercheurs pour le compte de l'ONG
Gongmeng (ou Open ConstitutionInitiative), un tel rapport, qui soulève
des questions taboues en Chine, aurait difficilement pu voir le jour
s'il n'avait pas été le fait deChinois Hans (population majoritaire en
Chine), oeuvrant sous couvert de recherches universitaires.
Gongmeng, fondée en 2003, n'est
autre que la plate-forme des "avocats des droits de l'homme". Plusieurs
de ses membres ont par ailleurs entrepris ces derniers mois de défendre
des Tibétains accusés de divers crimes suite aux troubles de 2008, non
sans s'exposer au harcèlement policier.
Intitulé "Rapport d'enquête sur
les causes sociales et économiques de l'incident du 14 mars dans les
zones tibétaines" - ce jour-là, ont eu lieu au Tibet les plus
importantes manifestations depuis celles de 1989 à Lhassa -, le texte
d'une quarantaine de pages annonce très vite la couleur : au-delà des
prétendus "facteurs externes" qui ont contribué à échauffer les esprits
au Tibet en 2008, les auteurs notent combien ils ont ressenti, sur
place, "le mécontentement populaire et la colère qui se cachaient
derrière les incidents, et la complexité de leurs causes
sociales".
Il serait vain, expliquent-ils
en substance, de faire l'économie d'un débat "autour des causes
historiques de ces contradictions", des "questions de sentiment
religieux et d'identité ethnique"ainsi que de "la réalité profonde des
problèmes de conflits d'intérêts" au coeur de ce mécontentement. Ils
s'en prennent ouvertement à la "surexposition de la violence du 14 mars
par la propagande" à travers les médias, qui n'a conduit qu'à "attiser
les rancoeurs entre Hans et Tibétains".
En s'intéressant à l'entreprise
de modernisation du Tibet par le gouvernement chinois, l'enquête révèle
les limites des politiques de "développement rapide" lancées dans les
années 1990, qui ont en réalité "créé les bases d'une marginalisation
accrue" des Tibétains. Ce sont "les nouveaux venus, les Non-Tibétains,
qui sont les premiers à bénéficier (de la) stratégie de chances pour
tous" à Lhassa et ailleurs, soulignent les
auteurs.
Surtout, "une nouvelle
aristocratie" s'est substituée à l'ancienne. A la tête de "ressources
sociales complexes", elle est "plus puissante que l'ancienne
aristocratie" et a adopté des "pratiques rentières". Son pouvoir
provient "d'une source de légitimité externe", le gouvernement central,
ce qui accroît l'aliénation de la population. Le prétexte du "maintien
de la stabilité", les"accusations de séparatisme", ou "de forces
étrangères" masquent comme "un cache-sexe les erreurs de gestion (des
dirigeants locaux) justifiant la répression du mécontentement
populaire", lit-on.
L'extrême indigence des
politiques culturelles et éducatives en langage tibétain a contribué,
constatent les auteurs, à créer une jeunesse tibétaine désoeuvrée et
ignorante de sa propre histoire culturelle.
Enfin, le rapport considère que
le "bouddhisme tibétain", qui "est à la base du système et de la culture
traditionnelle tibétaine, non seulement ne devrait pas être considéré
comme un obstacle à la modernisation mais plutôt comme une base sur
laquelle il faut compter pour la promouvoir".
L'enquête de Gongmeng est bienvenue dans le contexte
d'omerta qui règne autour de la question tibétaine en Chine : de source
chinoise et indépendante, elle confirme et nourrit la plupart des
problèmes exposés par les ONG tibétaines en exil.
Accessible en ligne, sa
diffusion reste toutefois confidentielle - aucun média chinois n'en a
encore fait l'écho. Mais elle a tout lieu de ne pas passer inaperçu à
Pékin. "Le but est de proposer des idées constructives au gouvernement.
Il est indispensable d'avoir des voix plurielles lors d'un événement
aussi complexe que celui du 14 mars", confie, à Pékin, Zhang Boshu,
professeur à l'Académie des sciences sociales. Proche de Gongmeng, il
est l'auteur, en 2008, d'un texte corrosif sur le rôle historique du
Parti communiste du Tibet.
"Le problème du Tibet est avant
tout une question des droits de l'homme. Mais ce n'est pas que cela. Les
violations des droits de l'homme sont un effet, et non une cause. La
cause du problème du Tibet, c'est un système dictatorial irrationnel", y
écrit-il.
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Chamdo : la campagne de boycott agricole
sévèrement réprimée
Jeudi 18 Juin 2009 - Tibet de
Facto
Un Tibétain blessé par balle et
trois autres grièvement blessés à Chamdo dans l'est du Tibet lors d'une
opération contre la campagne de boycott agricole en cours dans la
région.
Au cours de la répression, un
dénommé Tsering a été touché par une balle et deux autres Tibétains,
Paga et Lhadar, ont été emportés par la police après avoir été gravement
battus et blessés à coups de matraques. Un autre, nommé Samga, a lui été
frappé à coups de crosse. D'après les sources, tous ces événements se
sont déroulés fin mai dans le district de Jomda, Préfecture de Chamdo,
Région Autonome du Tibet (RAT).
Ces mêmes sources précisent que
les forces de sécurité chinoises ont également arrêté des manifestants
dont certains font partie du personnel des monastères de Vara et Jobhu
dans le district de Jomda.
Tous les détenus ont plus tard
été relâchés à l'exception de trois personnes?: Sonam Palmo (dit Sopal)
Lobsang Palden et Yeshe Dorjee, accusés d'être les meneurs de cette
campagne de boycott agricole.
Plusieurs lamas en retraite de
deux autres monastères de la région ont également été sévèrement frappés
par les forces de sécurité chinoises au cours de descentes nocturnes.
Le monastère de Gyune a été
assiégé et encerclé par les forces armées et 8 de ses lamas en retraite
ont été battus lors d'un raid de nuit. Même scénario pour des lamas du
monastère de Palchen, eux aussi battus.
Des campagnes de boycott
agricole similaires ont également eu lieu à différents endroits dans la
préfecture de Kardze (Ch: Ganzi) dans la province du Sichuan depuis mars
dernier.
Le TCHRD (Tibetan Center for
Human Rights and Democracy) dit que ce mouvement de désobéissance civile
symbolique est mené par les habitants de ces régions afin de défier la "
politique répressive qui prévaut, initiée et mise en œuvre par les
autorités chinoises contre les Tibétains ".
Le TCHRD avait déjà rapporté
que les autorités chinoises avaient averti par voie d'affiches les
paysans tibétains des sérieuses conséquences encourues, pouvant aller
jusqu'à la confiscation des terres, par ceux qui refuseraient de
reprendre leurs activités agricoles.
Depuis, les autorités chinoises
de Kardze ont mené une opération " arrestations et passages à tabac "
contre les paysans continuant de défier l'ordre donné de cultiver leurs
terres.
Selon le TCHRD, beaucoup des
jeunes de Kardze ont été arrêtés et mis en détention par les autorités
chinoises après avoir participé aux manifestations de l'an
dernier.
Pour le TCHRD, " même si les
gens de Kardze désiraient labourer les terres, il n'y a presque plus de
main-d'œuvre disponible ".
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Le Dalaï lama remet une kata à
Bertrand Delanoë en symbole de respect, dimanche 7 juin à
Paris.
Nouvelle tentative d'ingérence de la RPC dans les
affaires intérieures françaises... La Chine appelle la ville de
Paris à "rectifier ses erreurs"
Mardi 9 juin 2009 - AFP et Aujourd'hui la
Chine La Chine a fermement condamné lundi la remise
la veille par Paris du titre de "citoyen d'honneur" au dalaï lama,
estimant qu'il s'agissait d'une "grave ingérence" dans les relations
sino-françaises.
La remise de cette distinction
dimanche au chef spirituel des Tibétains par le maire socialiste de la
capitale française, Bertrand Delanoë "ne pourra que porter atteinte aux
relations de Paris avec les municipalités chinoises concernées et
constitue une grave ingérence dans les relations sino-françaises", a
indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué faxé à
l'AFP.
Ce titre de "citoyen d'honneur"
de Paris avait été décerné en mars 2008 par les élus de la
ville.
Les autorités chinoises, qui
accusent le Dalaï lama de rechercher l'indépendance du Tibet, ce qu'il
récuse, avaient par avance protesté, début mai, contre cette cérémonie.
"Ignorant l'opposition de la Chine, la ville de Paris a accordé au dalaï
lama le prétendu titre de citoyen d'honneur, nous exprimons notre fort
mécontentement et notre opposition déterminée à cet égard", déclare le
ministère dans son texte, rappelant les "graves difficultés" récentes
entre la Chine et la France en raison du Tibet.
Pékin appelle la ville de Paris
"à cesser toutes ses ingérences sans exception, à adopter des mesures
sincères et efficaces, à rectifier ses erreurs et à éviter de s'enfoncer
dans la voie de l'erreur".
Dimanche, le maire de Paris
avait expliqué ne vouloir "ni pratiquer d'ingérence dans les affaires
chinoises, ni même prôner l'indépendance du Tibet, ce que nous n'avons
jamais fait".
Le maire PS de Paris Bertrand
Delanoë a affirmé lundi "ne pas négliger la réaction des dirigeants
chinois" qui ont condamné la remise dimanche par Paris du titre de
"citoyen d'honneur" au dalaï lama, tout en soulignant que la ville "ne
fait pas la politique étrangère de la France". "Je ne néglige pas la
réaction des dirigeants chinois. Je m'y attendais un peu", a-t-il
souligné lors d'un déjeuner de presse en marge du conseil de Paris,
après la vive réaction de Pékin à la remise de ce titre, décerné en mars
2008 par les élus de la Ville.
"Paris doit se situer du point
de vue des valeurs, mais Paris ne fait pas la politique étrangère de la
France", a-t-il souligné, précisant: "Je n'ai subi absolument aucune
pression de l'Elysée ou du Quai d'Orsay".
"Je n'ai jamais été pour
l'indépendance du Tibet, je ne suis pas bouddhiste. Je prends des
positions liées aux valeurs de Paris et à mes convictions profondes. Je
ne prétends pas régenter le monde", a redit lundi Bertrand Delanoë,
après des propos similaires la veille.
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La RPC
trompe tout le monde...
Dalaï-lama
à Paris : profil bas sous la pression de la Chine
Lundi 8 juin 2009 - Pierre Haski -
Rue89 En visite en France, le Dalaï-lama a estimé que "la
Chine trompe tout le monde, y compris les hommes politiques français" qui,
à part Betrand Delanoë, n'ont pas souhaité le rencontrer. Le prix à payer
pour la réconciliation franco-chinoise.
Le Dalaï lama a une grande capacité à rire de tout, y
compris de ce qui semblerait à première vue négatif pour lui. Dimanche matin, à
Paris, lors d'une visite en demi-teinte, il a fait remarquer à quelques
journalistes, dont Rue89, que "la Chine trompe tout le monde, y compris les
hommes politiques français", partant dans un éclat de rire aussi communicatif
qu'intrigant. S'il y a une chose dont le chef spirituel des
bouddhistes tibétains peut rire, c'est effectivement les embarras que sa visite
suscite dans le monde politique français ! Nicolas Sarkozy et le gouvernement
prennent bien soin de faire savoir qu'ils n'auront aucun contact avec le Dalaï
lama lors de son séjour, et même le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui
l'avait invité pour lui remettre sa médaille de "citoyen d'honneur" de la
capitale française décerné l'an dernier en pleine crise tibétaine, le reçoit
dimanche en catimini, sans tapage, comme s'il regrettait son geste passé.
Il est vrai qu'entre temps, la Chine a piqué une grosse
colère contre la France après la rencontre de Nicolas Sarkozy avec le leader
tibétain en Pologne, annulant un sommet sino-européen sous présidence française,
et pénalisant les entreprises françaises dans l'attribution des contrats.
Dimanche, en piqure de rappel, des étudiants chinois en France manifestaient à
Paris contre la venue du dalaï lama risquant d' "endommager la relation
franco-chinoise, qui vient de sortir d'un époque difficile"…
"Victoire" diplomatique chinoise
La réconciliation franco-chinoise s'est en effet faite sur
le dos du Dalaï lama : même s'il ne l'admet pas, Nicolas Sarkozy a dû promettre
à Pékin de ne plus rencontrer ce "diable en habit de moine", selon la
terminologie du Parti communiste chinois… Le communiqué commun franco-chinois
d'avril dernier a été présenté à Pékin comme une grande victoire diplomatique.
Le Dalaï lama ne s'en formalise pas en apparence. Il confiait
dimanche matin à un petit groupe de journalistes français invités à le rencontrer
dans un palace parisien que l'enjeu de sa visite n'étant pas diplomatique
mais spirituel - il prononçait dimanche après midi une conférence
sur "éthique et société" à… Bercy ! -, cette absence de contacts politiques ne
le chagrinait pas. Et il considère toujours Nicolas Sarkozy comme "un ami du
Tibet".
Pourtant, à
y regarder de plus près, Nicolas Sarkozy aurait des raisons de considérer
que le compte n'y est pas au Tibet, par rapport à sa demande publique,
l'an dernier, de voir reprendre le dialogue entre Pékin et les émissaires
du dalaï lama. Ce dialogue a certes repris à la veille des Jeux olympiques
de Pékin, mais a vite tourné court : "Après les événements de mars 2008,
on pouvait espérer une approche plus réaliste de la part du gouvernement
de Pékin. Mais cela ne s'est pas produit. Toute leur politique est basée sur l'hypocrisie, à
tous les niveaux. (…) Il n'y a rien à attendre du gouvernement chinois,
je n'ai pas beaucoup d'espoir. Il peut toujours changer d'avis, mais je n'y crois
pas. Mais je garde confiance dans le peuple chinois."
Le Dalaï lama sait pertinemment que si la mobilisation
internationale autour du Tibet est importante pour sa cause, elle n'a que peu
d'influence sur la Chine en raison du rapport de force qui a basculé en faveur
de Pékin, à mesure que le poids économique et diplomatique chinois montait.
Dalaï-lama : "L'esprit tibétain ne sera jamais
brisé" S'il reste optimiste, c'est parce
qu'il est convaincu que "l'esprit tibétain ne sera jamais brisé". Il souligne
que trois générations de Tibétains se sont confrontés au pouvoir chinois. Celle
des années 50 qui a été brisée par le pouvoir maoiste ; celle des années 80 qui
a fait face à la répression des manifestations de 1987-88 ; et enfin la nouvelle
génération qui a explosé l'an dernier, même s'il suggère que les violences de
Lhassa le 14 mars 2008 auraient pu être organisées par le pouvoir chinois.
"Les dirigeants chinois devraient savoir que tous les vingt
ans, ils ont face à eux une nouvelle génération déterminée. Ils devraient savoir
que sans une approche plus réaliste, d'autres manifestations suivront. Ce n'est
dans l'intérêt de personne".
A moins que, comme il l'admet
lui-même, "ils attendent ma mort" ! Et d'éclater de nouveau de rire… A 74
ans, le chef exilé des Tibétains réfléchit en effet à sa succession pour
ne pas laisser Pékin en profiter pour semer la confusion parmi son peuple.
La succession des dalaï lama répond en effet à des rituels très stricts
liés à la "réincarnation" et le pouvoir chinois a déjà prouvé dans celle
du panchen lama, le "numéro deux" de la hiérarchie tibétaine, qu'il était
capable de s'immiscer dans un processus religieux complexe.
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Source France Tibet
Réincarnation de son vivant ?
Le dalaï lama a confirmé dimanche qu'il réfléchissait,
avec les autres chefs spirituels tibétains en exil en Inde, à désigner de
son vivant l'enfant qui devra "accueillir" sa réincarnation après sa mort.
Une procédure qui, selon lui, n'est pas étrangère à la tradition
tibétaine, même si elle peut sembler contradictoire avec l'idée même de
"réincarnation". Il est certain que Pékin s'opposera à ce choix et tentera
d'imposer une alternative.
Pour l'heure, le dalaï lama reste le porte drapeau de la
cause tibétaine et reste une épine pour le géant chinois. On conscoit bien
que Pékin mise beaucoup sur sa disparition au plus vite. Fort de son aura
spirituelle, il parvient à remplir un stade comme Bercy pour écouter ses
enseignements spirituels et a développé un discours "universel" qui
s'adresse aussi aux non-croyants, ou aux non-bouddhistes.
De ce point de vue, quel que
soit le jugement que l'on porte sur son action, le dalaï lama a
assurément pris un ascendant moral sur ses ennemis de Pékin, qui l'emportent toutefois au
"nombre de divisions", comme disait Staline en parlant du Vatican… Le profil bas des
officiels français dimanche en est le signe le plus sûr
!
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Le Dalaï-lama accuse la Chine
d'avoir orchestré les émeutes de mars
2008
Dimanche 07
juin 2009 - LEXPRESS.fr
Le chef spirituel en exil
des Tibétains, de passage dans la capitale, a été fait "citoyen
d'honneur" de la ville de Paris.
Le Dalaï-lama, chef spirituel
en exil des Tibétains, a évoqué dimanche à Paris une "orchestration" par
la Chine des émeutes de mars 2008 au Tibet et une campagne pour le
discréditer, peu avant de recevoir le titre de "citoyen d'honneur" de la
ville de Paris.
"On a eu des témoignages selon
lesquels trois camions de Tibétains qui étaient inconnus ont été amenés
le 14 (mars) au matin. On soupçonne une orchestration", a affirmé le
Prix Nobel de la Paix à quelques journalistes.
"Les Chinois ont dit que tout
avait commencé le 14 mars au matin et en fait on sait très bien que ça a
commencé le 10 après-midi mais que la police et l'armée ne sont pas
intervenues", a-t-il ajouté en tibétain traduit par son interprète
officiel en France, Matthieu Ricard.
De même, en février 2006, lors
d'une rencontre entre des envoyés du Dalai-lama et des officiels
chinois, ces derniers "ont reconnu qu'ils acceptaient le fait que le
Dalai lama ne demandait pas l'indépendance (du Tibet). Mais quelques
mois plus tard, il y eu une intensification de la dénonciation du
Dalaï-lama comme étant un séparatiste", a traduit Matthieu
Ricard.
Le Dalaï lama qui multiplie les
rencontres avec les Chinois à l'étranger depuis un an, leur explique,
comme il l'a fait samedi à Paris, "qu'il n'a pas confiance dans le
gouvernement totalitaire chinois mais qu'il fait confiance au peuple
chinois", a expliqué à l'AFP Matthieu Ricard.
"Il veut contrer la propagande
de Pékin qui tend à monter les Chinois contre les Tibétains et ramener
de bonnes relations entre les deux ethnies", explique Marie Holzman,
présidente de l'association Solidarité Chine, proche des dissidents
chinois, qui a organisé la rencontre entre le Dalai-lama et un groupe de
Chinois.
La Chine avait accusé le
Dalaï-lama d'avoir fomenté des émeutes anti-chinoises en mars 2008 pour
saboter les jeux Olympiques de Pékin, et l'accuse de séparatisme. Lui
dément, et affirme qu'il prône seulement une large autonomie culturelle
et spiriturelle du Tibet.
Samedi, le Dalaï lama avait
dénoncé, à son arrivée à Paris, la "condamnation à mort" dont est
victime la "nation tibétaine", en raison de la "politique dure" de
Pékin.
Dimanche après-midi, il devait
donner une conférence de deux heures sur le thème de "l'Ethique laïque"
au Palais-Omnisport de Bercy où des milliers de fidèles étaient
attendus.
"Mon engagement c'est la
promotion des valeurs humaines. Je décris ces valeurs comme [l'éthique
laïque] ce qui signifie le respect de toutes les origines, de toutes les
religions", a-t-il expliqué en anglais.
Le Dalaï lama devait se rendre
ensuite à la mairie de Paris en fin d'après-midi pour recevoir son titre
de citoyen d'honneur pour lequel il s'est dit "honoré". Décernée en
2008, la distinction lui sera remise par le maire de Paris Bertrand
Delanoë, membre de l'opposition socialiste à Nicolas
Sarkozy.
En dépit des foudres de Pékin,
qui avait qualifié l'octroi de ce titre d' "ingérence dans les affaires
intérieures chinoises", M. Delanoë a maintenu le rendez-vous, affirmant
qu'il n'entendait pas renoncer à ses convictions.
Cette visite intervient à un
moment délicat des relations entre la France et la Chine qui se
remettent à peine de quatre mois de "brouille" consécutifs précisément à
une rencontre en décembre en Pologne entre le président Nicolas Sarkozy
et le Dalaï-lama, qui avait ulcéré la Chine. Aucun rendez-vous avec le
gouvernement n'est prévu lors de cette visite de deux jours à Paris du
chef tibétain.
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Le Dalaï-Lama à Paris, une visite
embarrassante
Vendredi 5 juin 2009 - LEMONDE.FR - Hélène
Franchineau
Programmée le même week-end que les élections
européennes et la finale de Roland-Garros, la visite du dalaï-lama en
France, les 6 et 7 juin, pourrait presque passer inaperçue. Surtout
depuis que la France et la Chine se sont officiellement réconciliées,
reléguant à l'arrière-plan leur différend autour du Tibet. Après une
conférence à Bercy sur le thème "l'éthique et la société", le dalaï-lama
recevra une médaille de citoyen d'honneur des mains du maire de Paris,
Bertrand Delanoë. Le Dalaï-lama avait été fait citoyen
d'honneur de la Ville de Paris le 21 avril 2008, au moment où les
relations franco-chinoises connaissaient un sérieux refroidissement en
raison des positions françaises concernant le chef spirituel des
Tibétains. Quelques mois plus tard, en décembre, le président de la
République, Nicolas Sarokzy, l'avait rencontré, provoquant l'ire de
Pékin. Mais depuis une entrevue entre le président français et son
homologue chinois Hu Jintao, le 1er avril, l'ardoise semble effacée. Un
voyage en Chine du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer,
y aura aidé. Ce qui n'a pas empêché Pékin, dans un communiqué publié le
7 mai, d'exprimer à nouveau sa forte opposition à la venue du chef
spirituel dans la capitale, appelant Paris à "ne plus commettre
d'erreurs au sujet du Tibet".
Le Dalaï-Lama " mérite un meilleur accueil
" dixit Lionnel Luca
Le député UMP Lionnel Luca, président du groupe
d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale, déplore que l'événement
n'intéresse plus personne.
"Ce n'est pas un enjeu pour les médias, car il tombe
après les Jeux olympiques et les vingt ans de la répression sur la place
Tiananmen." Du côté de la Mairie de Paris, l'équilibre est délicat. Sur
l'agenda de M. Delanoë, disponible en ligne, on ne trouve aucune mention
de la cérémonie censée commencer dimanche à 17 heures. L'entourage du
maire explique qu'elle sera organisée en petit comité. Les groupes UMP,
centriste et communiste au conseil municipal ont pour leur part annoncé
leur intention de boycotter la rencontre. Jean-François Lamour,
président du groupe UMP au conseil municipal, s'interroge en effet sur
"l'opportunité d'un tel événement" alors que les relations entre les
deux pays commencent à s'améliorer.
"Cet état de choses reflète la situation de la
diplomatie en France : on ne sait pas sur quel pied danser.
L'autocensure envers la Chine s'exerce à fond", déplore la sinologue
Marie Holzman, qui participera à la rencontre entre le Dalaï-lama et la
communauté chinoise de Paris. Lionnel Luca regrette pour sa part que le
chef spirituel des Tibétains reçoive un accueil aussi ambigu : "Le
Dalaï-lama n'est pas un repris de justice, c'est un Prix Nobel de la
paix. Il mérite un meilleur accueil."
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Contre toute tentative d'ingérence de la Chine
dans les affaires intérieures
françaises... A chacun son drapeau :
une haie d'honneur demain rue de Rivoli pour le
Dalaï-lama
Dimanche 7
juin 2009 - France Tibet
L'idée lancée par l'association
"France-Tibet" et reprise par nombre de groupes de soutien au Tibet qui
doivent se réunir lundi, à l'invitation du Dalaï-Lama et du Bureau du
Tibet, consiste à faire rue de Rivoli une haie d'honneur au Dalaï-lama
avec les drapeaux tibétains à la sortie de sa conférence à Bercy demain
dimanche.
Pour honorer d'une part le prix Nobel de la paix,
citoyen d'honneur de la Ville de Paris, guide spirituel et leader
politique du Peuple tibétain.
Pour souligner d'autre part l'opposition nette et
massive de l'opinion publique française à toute tentative d'ingérence de
la Chine dans les affaires intérieures européennes ou
françaises. Dans un communiqué l'association France Tibet
indique notamment : "Pour que l'on n'oublie pas le Tibet et tous les
drames qui s'y déroulent actuellement, pour obliger les médias à un
minimum de couverture de cette " cérémonie ", pour montrer au
gouvernement de la République Populaire de Chine, que nombre de citoyens
français n'ont pas l'intention de fermer les yeux sur ce qui se passe au
Tibet, mais bien au contraire de poursuivre le soutien pour la
revendication d'un Tibet autonome, nous vous invitons à rejoindre dès la
sortie de la conférence de Bercy, la rue de Rivoli au plus près de
l'Hôtel de Ville. A l'intérieur de Bercy, en fin de conférence, comme à
Nantes, nous saluerons le Dalaï-lama avec nos drapeaux du Tibet, et avec
ces mêmes drapeaux nous nous déploierons le long de la rue de Rivoli
pour une haie d'honneur la plus longue possible.
A Pékin, la place Tian' an Men a été bouclée le jour
anniversaire du massacre de sa jeunesse étudiante. Le rêve du
gouvernement chinois serait sans doute de baillonner la presse à Paris
et que cet hommage passe inaperçu."
Une
position similaire a été adoptée par de nombreux groupes de soutien au
Tibet dont ceux du sud-est et du sud-ouest . Ces groupes qui en dehors
de la conférence de Bercy doivent se retrouver lundi pour une réunion de
coordination [le 2e vice-président de TVD, Benoît
L'HUILLIER, y représentera l'association]
, appellent ainsi chacun à
rejoindre avec son drapeau dès la sortie de la conférence ou au plus
tard à 17 h, la rue de Rivoli au plus près de l'Hôtel de Ville
(métro ligne 14) .
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Hillary Clinton veut que
Pékin rende publics
les noms des victimes
Mercredi 3 Juin 2009 - Le Monde
A la veille de
l'anniversaire de la répression des manifestations de Tiananmen, la
secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a appelé le régime
chinois à publier les noms des personnes tuées, disparues ou arrêtées il
y a vingt ans.
"Des centaines de milliers de
manifestants étaient descendus dans la rue pendant des semaines à Pékin
et dans l'ensemble du pays, tout d'abord pour honorer la mémoire du
dirigeant réformiste disparu Hu Yaobang, puis pour exiger les droits
fondamentaux qui leur étaient refusés", a rappelé la chef de la
diplomatie américaine.
A ses yeux, "une Chine qui a
fait d'énormes progrès économiquement et qui est en train de trouver sa
juste place au premier plan sur la scène internationale devrait examiner
ouvertement les pages sombres de son passé et publier le décompte de
ceux qui ont été tués, arrêtés ou ont disparu".
Aucun décompte définitif des
manifestations dans la capitale chinoise n'existe. Des centaines,
peut-être des milliers de personnes auraient été tuées le 4 juin 1989.
Le 30 juin 1989, un rapport de la mairie de Pékin avait fait état de
"dizaines de militaires morts, six mille membres des forces de l'ordre
blessés, plus de trois mille civils blessés et plus de deux cents morts
dont trente-six étudiants".
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Droits
de l'homme :
des réfugiés tibétains
interpellent l'ONU à Genève
Mardi - 2 Juin 2009 -
Romandie News
Une centaine de manifestants
tibétains ont demandé à l'ONU d'envoyer une mission d'enquête au Tibet
et de faire annuler des condamnations à mort prononcées par Pékin. Ils
ont lancé cet appel à l'ouverture d'une session du Conseil des droits de
l'homme.
Parti le 25 mai de Berne, un groupe de marcheurs de
la communauté tibétaine en Suisse s'est joint à la manifestation sur la
place des Nations, devant le siège de l'ONU. Les Tibétains ont alterné
prières et discours et condamné les "détentions arbitraires" au
Tibet.
Dans un mémorandum transmis au bureau de la Haut
Commissaire aux droits de l'homme Navi Pillay, la communauté tibétaine
de Suisse lui demande d'intervenir pour exiger de la la Chine qu'elle
annule les condamnations prononcées le 8 avril dernier à Lhassa contre
quatre militants. Lobsang Gyaltsen et Loyak ont été condamnés à mort et
Gangtsu Tenzin Phuntsog et Penkyi à la prison à vie.
Dans sa pétition, la communauté tibétaine de Suisse
demande à la Haut Commissaire et au Conseil des droits de l'homme de
"censurer la Chine". Elle souhaite l'envoi immédiat d'une commisison
d'enquête internationale indépendante au Tibet, l'autorisation d'un
accès sans entraves, notamment pour la presse, au territoire et la fin
des "exécutions brutales" de militants tibétains.
Le Conseil des droits de l'homme a entamé une
session régulière de trois semaines, consacrée à la discussion des
rapports de plusieurs experts de l'ONU. Les nouveaux pays membres élus
le 12 mai par l'Assemblée générale de l'ONU, dont les Etats-Unis,
n'assumeront leur nouveau rôle qu'à la fin de cette session, le 19
juin.
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Les
figures clefs de la confrontation
sur la
place Tiananmen en 1989
Mardi 02 juin 2009 - NOUVELOBS.COM
Voici les principales figures qui ont marqué le mouvement
prodémocratique de 1989 en Chine...
Les politiques :
Li Peng : le boucher de
Pékin Premier ministre et principal
opposant au secrétaire général du Parti Zhao Ziyang's - ce dernier étant
contre la répression militaire du mouvement prodémocratique -, Li Peng
fut considéré comme "le boucher de Pékin". Il est vu comme celui qui
persuada Deng Xiaoping que les étudiants menaçaient le régime. Il se
retira en 2002 et vit toujours à Pékin.
Chen Xitong : la repression + la
corruption Maire de Pékin en 1989, il
soutint la répression militaire. En 1995, il fut démis de ses fonctions
et écopa de 16 ans de prison pour corruption. Mais les observateurs
voient plutôt dans son emprisonnement le résultat de rivalités
politiques. Il fut libéré en 2006.
Deng Xiaoping : l'ordre à l'Armée de
tirer c'est lui En 1989, il était l'homme fort du régime.
Président de la Commission militaire centrale et père des réformes économiques,
il fit pencher la balance en imposant la manière forte et ordonna que l'armée
tire sur les manifestants après sept semaines de paralysie du
pouvoir. Zhao
Ziyang et Hu Yaobang :
les honnêtes hommes
Quand s'est déclenché le "Printemps de Pékin", Zhao Ziyang était
secrétaire général du Parti communiste et partisan du dialogue. Le 19 mai 1989,
il se rendit à Tiananmen, exhortant, en pleurs, les étudiants à quitter la
place. Ce fut sa dernière apparition publique. Limogé le 24 juin, il fut placé
en résidence surveillée à Pékin. Il mourut en 2005. Ses mémoires posthumes ont
été publiés en avril dernier. Il avait succédé au poste de secrétaire général du
PCC à Hu Yaobang mort le 15 avril 1989 en résidence surveillée qui de retour
d'une tournée au Tibet dans les années 80 avait jugé l'occupation chinoise au
Tibet : "ça, c'est du colonialisme à l'état pur" .
Les étudiants
:
Wang
Dan Il fut, à 20 ans, l'un des plus importants leaders étudiants
du mouvement de 1989. Il passa près de huit ans en prison avant d'être relâché
en 1998. Il s'exila aux Etats-Unis où il reprit ses études et passa une thèse
sur l'Histoire asiatique.
Wuer
Kaixi Il avait 21 ans et étudiait à Pékin au moment du "Printemps
de Pékin". Il prit part aux grèves de la faim sur la place Tiananmen et devint
célèbre en tenant tête au Premier ministre chinois Li Peng, en mai, en direct à
la télévision.
Chai
Ling Etudiante de 23 ans, elle fut baptisée la "pasionaria" des
étudiants chinois. Elle reste une figure controversée du mouvement
prodémocratique de 1989, en raison de l'obstination qu'elle montra à convaincre
les étudiants à continuer d'occuper la place Tiananmen, alors que la répression
semblait imminente. Elle s'enfuit plus tard à Paris, puis partit en exil aux
Etats-Unis. Elle y poursuivit ses études à Harvard avant de monter une société
d'informatique. > lire son témoignage dans Le Nouvel Observateur de
1989
Les intellectuels et
artistes :
Liu
Xiaobo Il fut l'un des principaux intellectuels à soutenir le
mouvement prodémocratique de 1989. Il participa aux négociations avec l'armée
pour laisser la vie sauve au dernier groupe d'étudiants qui demeurait sur la
place Tiananmen. Pour avoir combattu pour les droits de l'homme et critiqué le
Parti communiste, il a passé bon nombre de ces vingt dernières années en
prison.
Fang
Lizhi S'il n'a pas participé directement au mouvement de
Tiananmen, les idées de cet astrophysicien, expulsé du Parti communiste en 1987
pour avoir soutenu des manifestations d'étudiants, l'a inspiré. Peu après la
répression, les autorités émirent un mandat d'arrêt à son encontre. Il trouva
refuge à l'ambassade des Etats-Unis, pays où il obtint l'asile politique en
1991.
Cui
Jian Le "père du rock" en Chine vint plusieurs fois sur la place
Tiananmen et l'une de ses chansons ("Etre dans un extrême dénuement") devint
l'hymne du mouvement des étudiants.
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Nouvelle tentative d'ingérence
de la Chine
dans les affaires européennes... Pékin menace à nouveau les
pays hôtes du Dalaï-Lama
Mardi 2 juin 2009 -
NOUVELOBS.COM Une "détérioration" des relations serait le
prix à payer pour les pays qui recevront le leader spirituel tibétain,
actuellement en tournée européenne, prévient le gouvernement
chinois.
Une nouvelle mise en garde contre les pays qui
accueilleraient le Dalaï-Lama a été lancée, mardi 2 juin, par la Chine,
alors que le leader spirituel est actuellement en tournée européenne. En
cas d'accueil du chef des bouddhistes tibétains, une "grave
détérioration" des relations avec Pékin seraient la conséquence à
assumer par ces nations.
Qin Gang, le porte-parole du ministère des Affaires
étrangères, a annoncé aux médias que "Toute action irresponsable de
quelque pays que ce soit sur cette question représentera une grossière
ingérence dans les affaires intérieures de la Chine et détériorera
gravement les relations (de la Chine) avec ces pays", a déclaré le
porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang à la
presse.
Le Dalaï-Lama est accusé par
Pékin de demander l'indépendance du Tibet. Il est pourtant uniquement
partisan d'une large autonomie. Le leader spirituel tibétain vient de
séjourner au Danemark pendant trois jours, où il a été reçu par le
Premier ministre Lars Loekke Rasmussen.
Du 6 au 8 juin, le Dalaï-Lama est attendu dans la
capitale française, où le maire de Paris, Bertrand Delanoë, doit le
recevoir afin de lui remettre la distinction de citoyen d'honneur de la
ville, accordé l'année dernière par le conseil de la ville. Une visite
qui survient alors-même que les relations franco-chinoises commençaient
à s'apaiser. Invité par Nicolas Sarkozy après des mois de tension, le
président chinois est attendu en France avant la fin de l'année. Les
deux chefs d'Etat s'étaient rencontrés début avril à Londres, en marge
du sommet du G20. La rencontre avait mis fin à une longue période de
tensions dans les relations franco-chinoises.
Lors du passage de la flamme olympique à Paris, en
2008, les manifestations pro-tibétaines avaient créé des frictions entre
les deux pays.
En réponse à un rendez-vous entre Nicolas Sarkozy et
le Dalaï-Lama à Gdansk (Pologne) début décembre, le président chinois
avait annulé sa venue au sommet de l'Union européenne à
Lyon.
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Deux manifestants (frères) évadés du
Tibet
parlent des atrocités chinoises
Lundi 1er Juin 2009 - Tibet de Facto
Tsewang Dhondup, 38 ans et Lobsang Thupten,
31 ans, originaires de Tehor, (district de Dragko (Ch?: Luhuo),
préfecture autonome de Kardze (Ch?: Ganzi), province du Sichuan) avaient
participé avec des centaines d'autres personnes à une grande marche de
protestation contre les autorités chinoises dans le district de Dragko
le 24 avril 2008. En tête de cette marche, des nonnes et des moines du
monastère de Palden Chokri.
La manifestation pacifique s'était terminée par des
tirs meurtriers de la police armée chinoise, faisant au moins deux morts
et plus de dix blessés graves.
Tsewang pense qu'il y a eu probablement beaucoup
plus de victimes.
"Vers 16?h?30, le 24 mars, une grande marche
de protestation menée par environ 150 nonnes du couvent de Ngangong se
met en branle à Dragko. La marche est ensuite rejointe par des moines de
Palden Chokri et des centaines de civils, principalement des paysans",
explique Tsewang.
Les marcheurs chantaient "Longue vie au Dalaï-lama",
"Chine, quitte le Tibet", et "Retour de Sa Sainteté le Dalaï-lama au
Tibet".
"Plus tard, plus de 300 policiers chinois armés ont
ouvert le feu au hasard dans la foule. Ils ont également lancé des gaz
lacrymogènes et fait usage de cannes électriques et de matraques
métalliques pour réprimer la manifestation. Ces forces chinoises ont
frappé sans aucune retenue et sans montrer la moindre pitié."
Tsewang a été touché par deux fois en essayant
d'aider Kunga, un moine de 20 ans du monastère de Chokri, blessé par
balle.
"Alors que j'essayais de sauver la vie de kunga,
j'ai moi-même étais atteint par deux fois. Une balle tirée dans mon dos
a traversé mon corps et est ressortie devant, un peu au-dessus de ma
taille et une autre a touché mon bras gauche. Je suis tombé quasi
inconscient", raconte Tsewang tout en montrant ses mauvaises blessures
aux journalistes présents à la conférence de presse.
Son frère Thupten l'a vu tomber sous les balles.
Très vite, il réussit à le mener en sécurité à l'aide de sa moto. Konga,
le moine de 20 ans et fils de Tashi Gyaltsen, était lui déjà mort.
À partir de là, Tsewang a lutté entre la vie et la
mort tout en réussissant à ne pas être arrêté pendant un an et trois
mois.
"C'est mon frère qui a pris constamment soin de moi
alors qu'on était toujours en cavale de peur d'être arrêtés", raconte
Tsewang.
"On a même passé environ 6 mois dans une famille. On
ne pouvait pas rentrer dans notre ville vu que nos noms apparaissaient
dans la liste des personnes recherchées par le gouvernement avec une
prime entre 15000 et 20000 Yuan (1500 et 2000 €) sur chacune de nos
têtes."
"C'était vraiment un combat entre la vie et la mort
pour moi. Comme je ne pouvais pas accéder à des soins médicaux corrects,
les blessures par balle ont commencé à pourrir en se couvrant d'asticots
et de pus, ce qui provoquait des douleurs insoutenables."
"Ma santé allait tellement de mal en pis que j'ai
envisagé de mettre fin à mes jours".
"Et puis l'espoir et la détermination de voir Sa
Sainteté le Dalaï-lama et l'envie de raconter au monde extérieur les
souffrances endurées par le peuple tibétain sous l'occupation chinoise
m'ont rendu plus fort."
"Tout au long du parcours, nous avons été
généreusement soutenus par plusieurs familles. Mais je suis avant tout
éternellement redevable à mon frère Thupten."
Questionné par un étudiant américain sur ce que les
communautés afro-américaines pouvaient faire pour le Tibet, Tsewang a
lancé un appel pour que des "recherches approfondies" soient faites pour
mettre réellement en lumière le problème du Tibet.
"Je demande à la communauté internationale
de soutenir le Tibet en se basant sur la réalité de la situation et à se
dégager de l'emprise de l'information partisane émise par la puissante
machine de propagande chinoise en Chine et à travers le
monde."
"Je demande à la communauté internationale d'aider
le Dalaï-lama à retourner dans son pays, le Tibet. Vous pouvez également
aider à faire libérer les prisonniers politiques tibétains ainsi que le
Panchen-lama, celui reconnu par le Dalaï-lama."
"Les gens des médias doivent être assez courageux
pour aller au cœur des villages tibétains et dans les régions isolées
pour évaluer eux-mêmes et de manière indépendante la véritable situation
du Tibet sous l'autorité chinoise. Ils doivent entendre les vraies voix
du Tibet qui sont si bien bâillonnées par le gouvernement chinois",
insiste Tsewang.
"Le niveau de violence que nous avons dû subir de la
part des forces chinoises l'année dernière confirme ce que nous pensons
depuis longtemps. La Chine n'a aucun respect ni aucune considération
pour la vie et le bien-être des Tibétains", ajoute Tsewang avec
dédain.
"Je ne peux même pas m'imaginer comment les Chinois
ont pu infliger une telle violence à des manifestants pacifiques l'année
dernière. Après ce qu'ils ont fait au Tibet l'année dernière, je peux
seulement imaginer la quantité de ressentiment qu'éprouvent maintenant
les Tibétains envers le gouvernement chinois."
Les deux frères disent qu'ils ont quitté le Tibet
avec la "conviction et l'espoir" d'aider à soulager les souffrances des
Tibétains au Tibet.
À la conférence de presse, Tsewang et Thupten ont
été rejoints par Tsering Gyurmey et Gompo qui avaient pris part à une
manifestation similaire à Kardze l'année dernière et qui ont réussi eux
aussi à regagner l'Inde la semaine dernière.
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Six femmes tibétaines blessées
lors d'une fusillade à Tawu
Mardi 26 mai 2009 - Tibet de Facto
Au moins 6
femmes tibétaines ont été gravement blessées après que les forces de
sécurité chinoises aient ouvert le feu sur des Tibétains dans le
district de Tawu.
Dimanche 24 mai, 11 heures du matin (heure de
Pékin): la police et la police armée (la PSB et la PAP) tirent à
l'aveuglette sur des habitants des districts de Tawu et de Kardze
(préfecture autonome de Kardze).
A l'origine de cet événement, la volonté de la Chine
de construire un énorme barrage hydroélectrique entre les districts de
Nyagchu et Tawu qui implique un déplacement massif de Tibétains (des
dizaines de milliers). Alors qu'elles commencent à planifier les travaux
début 2008, les autorités chinoises contraignent les habitants du
district de Tawu à signer des documents relatifs à leur
expropriation.
Cette année, les autorités veulent commencer le
transfert des populations, ce à quoi les Tibétains s'opposent vivement,
refusant de quitter leurs terres et maisons ancestrales.
Le 5 mai 2009, le gouvernement chinois envoie un
grand nombre de policiers armés dans la région. Ils détruisent les
maisons de plusieurs familles dont celles d'Ati Gyatso Tsang et de Chego
Pezi Tsang.
Plus tôt, lors d'une réunion à laquelle les
habitants de la ville de Wara Mato ont été convoqués, les autorités font
ériger un pilier en pierre pour leur signifier leur transfert dans un
autre lieu.
Sous la conduite de Lhamo, une femme de plus de 70
ans, les habitants furieux et s'opposant fermement à cette politique de
transfert forcé, refusent de bouger et détruisent le pilier.
Le 24 mai 2009, les habitants des districts de Tawu
et de Nyagchu sont convoqués au siège du district de Tawu pour assister
à une déclaration publique à propos de leur évacuation de la région à
cause du barrage. Très vite après cette annonce, le rassemblement se mue
en manifestation que la police tente d'arrêter en lançant des gaz
lacrymogènes. L'armée ouvre le feu.
Six femmes (Tsering Lhamo, Rigzin Lhamo, Dolma,
Kelsang, Dolkar et Khaying) sont gravement blessées sans que l'on sache
si c'est mortellement ou non vu qu'elles ont été immédiatement évacuées
de force.
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Le
maire de Paris recevra
le Dalaï-Lama début
juin
Mercredi 27 mai 2009 - AFP
PARIS - Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë
recevra le Dalaï-Lama lors de sa visite en France prévue du 6 au 8 juin, a
indiqué mardi à l'AFP Laurent Fary, porte-parole du maire, confirmant des
informations de RTL.
Le porte-parole a cependant précisé qu'il n'était pas en
mesure pour le moment de "confirmer quelque date ou créneau horaire que ce
soit".
Le Conseil de Paris avait voté en 2008 pour faire du
Dalaï-Lama un Citoyen d'honneur de la capitale et le secrétaire général du
bureau du Tibet à Paris, Wangpo Bashi, avait évoqué début mai la possibilité que
le chef spirituel des Tibétains reçoive ce titre des mains de M. Delanoë lors
d'une visite à Paris prévue du 6 au 8 juin.
La Chine avait immédiatement demandé à la Ville de Paris de
cesser ses "ingérences dans les affaires intérieures chinoises", assurant que ce
titre de Citoyen d'honneur décerné au chef spirituel tibétain, que Pékin accuse
de vouloir obtenir l'indépendance du Tibet, avait "soulevé une forte indignation
du peuple chinois".
"Si la municipalité de Paris remet ce titre, cela entraînera
de nouveau une forte opposition de la Chine", avait déclaré le porte-parole du
ministère des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu.
Le 11 mai dernier, M. Delanoë avait toutefois indiqué ne pas
avoir "l'intention de changer de point de vue" à ce propos, tout en affirmant
qu'il "n'est pas question d'ingérence" dans les affaires intérieures
chinoises.
"Mais il n'est pas question non plus de renoncer à mes
convictions, sans provocation", avait-il ajouté.
Le Quai d'Orsay a confirmé mardi la venue du "Dalaï-Lama
(qui) effectue une tournée européenne qui va le conduire au Danemark, en
Islande, aux Pays-Bas et en France".
"Il sera à Paris pour recevoir la distinction de citoyen
d'honneur qui lui a été attribuée en 2008", a confirmé le porte-parole adjoint
du ministère, Frédéric Desagneaux.
"Il s'agit d'une initiative prise par la Ville de Paris en
toute indépendance", a-t-il ajouté, soulignant qu'"aucune demande n'a été faite,
aucune rencontre n'est prévue avec un représentant du gouvernement
français".
"Nous considérons que la visite
du Dalaï-Lama à Paris ne doit pas avoir d'impact sur la qualité de nos
relations avec la Chine", a-t-il ajouté, alors que la France et la Chine ont
mis officiellement un terme début avril à la brouille provoquée par une rencontre
en décembre du président Nicolas Sarkozy et du Dalaï-Lama, qui avait ulcéré
Pékin.
M. Sarkozy a nié l'existence
d'un accord secret avec Pékin au terme duquel il aurait renoncé à
rencontrer le Dalaï-Lama en échange de la reprise d'un dialogue de haut
niveau avec la Chine.
Le
Dalaï-Lama vit en exil depuis 1959 dans le nord de l'Inde, à Dharamsala, et
affirme avoir renoncé à ses exigences indépendantistes au profit d'une autonomie
pour la région himalayenne.
Après l'invasion et l'occupation
par la Chine du Tibet en 1950-1951, le 14e Dalaï-Lama avait fui le 17 mars 1959
et traversé la frontière indienne le 30, près de trois semaines après le début
d'une insurrection avortée contre le régime chinois.
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Visite du Dalaï-Lama :
Bertrand Delanoë se défend de toute ingérence,
mais ne veut pas renoncer à ses
convictions
Mardi 12 mai 2009 - AFP Le maire
socialiste de Paris Bertrand Delanoë n'a "pas l'intention de changer de
point de vue" à propos du Dalaï-lama qui a été fait citoyen d'honneur de
la capitale tout en affirmant qu'il "n'est pas question d'ingérence"
dans les affaires intérieures chinoises.
La Chine a récemment demandé à la Ville de Paris de
cesser ses "ingérences dans les affaires intérieures chinoises", alors
qu'il y a un an, la municipalité parisienne a décerné le titre de
citoyen d'honneur au Dalaï-lama. "J'ai reçu le Dalaï-lama il y a
quelques années (...) J'assume le vote des élus de Paris de lui accorder
la citoyenneté d'honneur. Quand lui remettrai-je? Je n'en sais rien", a
indiqué M. Delanoë lors d'un déjeuner de presse en marge du conseil de
Paris. "Il n'est pas question d'ingérence.
Mais il n'est pas question non plus de renoncer à mes
convictions, sans provocation" a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du bureau du Tibet à Paris,
Wangpo Bashi, avait évoqué les dates d'une visite du 6 au 8 juin pour
que le chef spirituel des Tibétains, accusé par les Chinois de vouloir
obtenir l'indépendance du Tibet, reçoive son titre de citoyen d'honneur
des mains de M. Delanoë.
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Photo : VOA Tibetan
language TV relayée par Tibet de Facto
Des images de la manifestation
étudiante
à Labrang sortent du Tibet
Dimanche 10 mai 2009 - Tibet de Facto
De nouvelles images
de la manifestation réunissant lycéens et étudiants à Labrang (chinois?: Xiahe)
le 24 avril 2009 sont sorties du Tibet.
Les images confirment que plusieurs
centaines d'étudiants du collège tibétain de Labrang ainsi que plusieurs enfants
âgés d'environ une dizaine d'années ont participé à la manifestation contre la
diffamation permanente du Dalaï-lama qu'orchestrent les autorités
chinoises.
Une des images montre un groupe de
jeunes filles d'environ douze ans, presque toutes en costumes tibétains
traditionnels, en tête d'un cortège de
manifestants.
D'autres images montrent des
enfants portant des bannières apparemment " faites mains ".
Des adultes ou des étudiants
plus âgés sont également visibles ainsi que des moines (probablement du
monastère de Labrang) en arrière-plan bien qu'ils ne semblent pas
prendre part à la manifestation.
Ces photos ont été prises avant que la police n'intervienne
pour appréhender les étudiants. Sur une photo postérieure, on aperçoit en
arrière-plan des camions de l'armée.
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Des moines manifestants de Labrang s'échappent du
Tibet
Dimanche 10 mai 2009 - Tibet de
Facto
Cinq moines tibétains
recherchés par les autorités chinoises pour avoir organisé une
manifestation au monastère de Labrang en 2008 viennent de trouver refuge
en Inde.
Les cinq moines tibétains (Gendun Gyatso, Kelsang
Jinpa, Lobsang Gyatso, Jamyang Jinpa et Jigme Gyatsa) avaient réussi à
manifester contre l'oppression chinoise devant des journalistes
étrangers participant à une visite organisée et contrôlée par le
gouvernement chinois en avril 2008 au monastère de Labrang (province de
Gansu). Cette action avait eu un grand retentissement médiatique à un
moment ou de nombreuses autres manifestations se multipliaient dans la
région depuis le mois de mars. Les moines sont arrivés sains et saufs à New Delhi,
la capitale indienne, après avoir réussi à échapper aux forces
de sécurité chinoises pendant plus d'un
an.
Ayant
eu vent après la manifestation qu'ils seraient arrêtés, les cinq moines,
séparés en plusieurs groupes, se réfugient dans les collines près du
monastère.
" Nous avons vécu comme des animaux, nous déplaçant
constamment d'un endroit à un autre. Mais mieux valait ça que la prison
" déclare Gendun Gyatso.
Alors qu'ils vivent dans la clandestinité depuis
deux mois, Gyatso et ses deux amis se retrouvent un jour encerclés par
la police chinoise. Kelsang Gyatso et Jinpa arrivent à s'échapper de
nouveau mais leur compagnon est capturé et est toujours en prison.
Une évasion
conseillée
Jamyang Jinpa, l'un des moines ayant parlé aux
journalistes étrangers lors de la manifestation, dit avoir entendu
parler une première fois de leur visite à Labrang sur Radio Free Asia
diffusant une émission en dialecte de l'Amdo " Mais nous ne savions pas
la date exacte " précise-t-il.
Jinpa et ses camarades de classe du monastère, Jigme
Gyatso et Lobsang Gyatso, se sont mis alors à planifier la
manifestation, persuadés que c'était " une excellente occasion " de
faire connaître les problèmes du Tibet.
" Nous avons demandé la liberté pour le Tibet ainsi
que la libération des prisonniers politiques tibétains dont le
Panchen-lama " déclare Jinpa.
Les troupes chinoises ont encerclé le monastère de
Labrang après la manifestation ajoute Jinpa, précisant que lui et ses
amis se sont enfuis dans les collines, habillés en civil, après qu'un
lama leur ait conseillé de s'échapper.
Questionnés sur leurs intentions actuelles, Jinpa
dit qu'ils ne souhaitent qu'une chose, aller à Dharamsala, siège du
gouvernement tibétain en exil, afin de rencontrer le Dalaï-lama.
En dépit de leur évasion réussie, ils
n'éprouvent pas de satisfaction particulière " Trop de personnes
souffrent encore au Tibet " dit Jinpa.
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Pékin
demande à Obama
de ne
pas rencontrer le Dalaï-lama
23 avril 2009 - NOUVELOBS.COM -
AP Alors que le chef spirituel tibétain en exil doit se rendre aux
Etats-Unis, la Chine exhorte le président américain à ne pas autoriser "le
Dalaï-lama à se livrer à des activités séparatistes aux
Etats-Unis". Le président américain Barack Obama devrait s'abstenir
de rencontrer le Dalaï-lama lors de la visite aux Etats-Unis du chef spirituel
tibétain en exil, a déclaré la Chine, jeudi 23 avril. Bien que cette rencontre
n'ait pas été officiellement confirmée par Washington, tous les présidents
américain depuis George Bush père ont reçu le Dalaï-lama, provoquant
systématiquement la colère de Pékin qui l'accuse de vouloir la sécession du
Tibet.
Ferme opposition
"Nous nous opposons fermement à
l'engagement du Dalaï -lama dans des actions séparatistes dans quelque pays que
ce soit, sous quelque motif que ce soit et sous quelque nom que ce soit", a
souligné Jiang Yu, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
au cours d'un point de presse habituel. "Nous avons présenté aux Etats-Unis des
doléances les exhortant à tenir leurs engagements en n'autorisant pas le dalaï à
se livrer à des activités séparatistes aux Etats-Unis", a-t-elle
ajouté.
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Tibet : un juge espagnol veut interroger des
responsables chinois
Mardi 5 mai 2009 -
NOUVELOBS.COM
Un juge espagnol souhaite interroger huit hauts dirigeants
chinois sur leur implication dans la répression tibétaine du printemps dernier.
Le ministre chinois de la Défense fait partie des "mis en
examen". Le juge d'instruction espagnol Santiago Pedraz a annoncé,
mardi 5 mai, son intention d'interroger huit hauts dirigeants chinois présumés
responsables de la répression du printemps 2008 au Tibet.
Il a indiqué avoir demandé aux autorités chinois
l'autorisation de se rendre en Chine et y interroger ces personnes parmi
lesquelles figurent le ministre chinois de la Défense, Liang Guanglie, selon un
document auquel l'AFP a eu accès.
Le juge souligne que ces responsables politiques et
militaires seront interrogés en qualité de "mis en examen", c'est-à-dire de
suspects, et non comme témoins. Leurs interrogatoires seront ensuite remis à
l'Audience nationale, tribunal espagnol dédié aux enquêtes sur les crimes de
masse commis dans le monde entier.
Répression chinoise : "un crime contre
l'humanité"
En août 2008, la justice espagnole
s'est déclarée compétente pour instruire une plainte du Comité de soutien au
Tibet (CAT) déposée à Madrid contre ces dirigeants chinois. Les plaignants
estiment que la répression des troubles au Tibet par les autorités chinoises au
printemps 2008, est constitutive "de crimes contre l'humanité par élimination
systématique et généralisée de Tibétains, de blessures graves, tortures et
disparitions forcées".
Cette répression a fait, selon eux, au moins 203 morts, plus
de 1.000 blessés graves et 5.972 arrestations illégales et disparitions. De son
côté, Pékin a assuré qu'un seul Tibétain avait été tué par les forces de
sécurité et que les émeutiers avaient tué 21 personnes lors des graves troubles
de la mi-mars 2008 au Tibet et dans les régions environnantes.
Le juge Santiago Pedraz souligne que les faits dénoncés par
la plainte, s'ils se confirment, "seraient constitutifs de crime contre
l'humanité selon la législation pénale espagnole". La justice espagnole se
reconnaît, depuis 2005, une compétence universelle pour enquêter sur les crimes
contre l'humanité, génocides, et tortures de masse commis dans le monde entier,
à condition que les faits dénoncés ne fassent pas ou n'aient pas fait l'objet
d'une enquête dans le pays concerné.
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Le Dalaï Lama, "partie de la solution" pour le
Tibet, selon un conseiller
d'Obama
Samedi 2 mai 2009 -
A.F.P
La Chine devrait considérer
le dalaï lama comme "faisant partie de la solution" tibétaine plutôt que
de tenter de l'isoler, a déclaré vendredi un conseiller du président
américain Barack Obama.
Jeff Bader, directeur pour l'Asie au Conseil
national de sécurité de la Maison Blanche, a demandé au Comité des 100,
un groupe de pression d'Américains d'origine chinoise, d'user de son
influence pour que Pékin adopte une position différente vis-à-vis du
chef spirituel du bouddhisme tibétain, exilé en Inde depuis 1959.
"J'espère que vous allez user de (votre) crédibilité
et (vos) relations pour aider à convaincre les responsables chinois que
le Dalaï Lama n'est pas un problème mais fait plutôt partie d'une
solution à la situation au Tibet", a déclaré M. Bader.
Début avril, en marge du sommet du G20 à Londres, M.
Obama avait fait le pari de la main tendue à la Chine en annonçant un
"dialogue" tous azimuts avec Pékin et a accepté une invitation à se
rendre en Chine avant la fin de l'année.
Des responsables du département d'Etat américain
avaient néanmoins rappelé à cette occasion qu'à la faveur du dialogue
les Etats-Unis ne fermeraient pas les yeux sur les questions délicates
telles que les droits de l'homme.
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La Chine reçoit Chirac, un "vieil
ami"
Mardi 28 avril 2009 - Aujourd'hui la
Chine
L'ancien président de la République française
Jacques Chirac, que les autorités chinoises aiment à qualifier de "vieil
ami de la Chine", a été reçu par le chef de l'Etat Hu Jintao, au début
d'une brève visite à Pékin.
M. Chirac a été reçu mardi 28 avril par M. Hu à
Diaoyutai, la résidence des hôtes étrangers, pour un entretien qui
devait être précédé d'un dîner, a constaté l'AFP. Hu Jintao l'a remercié
au début de la rencontre pour son action, alors qu'il était président,
au service de l'amitié sino-française.
M. Chirac a été invité par les autorités chinoises
pour cette visite de deux jours de caractère privé lors de laquelle il
souhaite évoquer la crise économique mondiale, le G20, l'Afrique, et
le rôle prépondérant de la Chine sur ces dossiers, a-t-on indiqué dans
son entourage.
L'ancien chef de l'Etat français devait avoir
mercredi un entretien téléphonique avec l'ex-numéro un chinois Jiang
Zemin, puis prononcer un discours à l'Institut des Hautes Etudes
Diplomatiques de Pékin, dont il sera fait docteur honoris causa.
M. Chirac doit évoquer également à Pékin les
questions que défend la Fondation Chirac qu'il a créée après avoir
quitté le pouvoir en 2007 : lutte contre la déforestation, accès aux
médicaments pour tous et sauvegarde des langues et cultures menacées.
Jacques Chirac est populaire en Chine où les
autorités le traitent souvent de "lao pengyou", vieil ami de la Chine,
un pays qu'il connaît bien.
Cette affection officielle et populaire fait
ressortir par contraste la difficulté de la relation avec son successeur
Nicolas Sarkozy, surtout depuis le passage chaotique de la flamme
olympique au printemps 2008 à Paris et sa rencontre avec le Dalaï-lama,
leader spirituel des Tibétains. Cet entretien, en décembre, avait ulcéré
Pékin et provoqué une brouille diplomatique de quatre mois, jusqu'à ce
que les deux pays signent le 1er avril un communiqué conjoint et
tournent officiellement la page.
Depuis, le chef de l'Assemblée nationale Bernard
Accoyer a fait le voyage de Pékin. Un autre ancien président français,
Valéry Giscard d'Estaing, est également attendu, fin mai, dans la
capitale chinoise.
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Chine : la mort après les JO
Suite aux condamnations à morts réaction du
député Lionnel Luca
Président du groupe d'étude sur le Tibet à
l'Assemblée Nationale
Nice 17 Avril 2009
L'agence Chine Nouvelle a révélé des condamnations à
mort prononcées à l'encontre des manifestants tibétains arrêtés l'an
dernier. Au mépris de tous ses engagements pour obtenir les JO, le
Gouvernement chinois poursuit tranquillement sa politique de répression
avec la complicité passive des démocraties qui se taisent.
En France où on aime faire du zèle, c'est le moment
qu'ont choisi des responsables politiques anciens et actuels pour se
rendre en Chine sûrement pour s'excuser du soutien du peuple français au
peuple tibétain…
L'annonce de ces condamnations à mort politique
devraient les faire renoncer à ce déplacement sauf à prendre
l'engagement d'intercéder en leur faveur.
Lionnel LUCA Président du Groupe
d'Etudes sur la question du Tibet Vice-Président
du Conseil Général des Alpes-Maritimes
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REPUBLIQUE
FRANCAISE
Communiqué du
Sénat
Paris, le 9 avril
2009
Réaction du Président du groupe d’information sur
le Tibet du Sénat au "communiqué de presse sino-français"
du 1er avril 2009
Les sénateurs membres du
groupe d’information sur le Tibet du Sénat ont pris connaissance avec la
plus grande attention du communiqué de presse rendu public le 1er avril
2009, après plusieurs réunions de consultations, par le ministère des
Affaires étrangères de la République populaire de Chine et le ministère
des Affaires étrangères de la République française, à l’occasion de la
rencontre entre le président Nicolas Sarkozy et le président Hu
Jintao.
M. Jean-François Humbert (UMP –
Doubs), président du groupe d’information sur le Tibet du Sénat, formule
à propos de ce communiqué de presse sino-français les observations
suivantes :
1. La Chine et la France sont
légitimement attachées au principe de non-ingérence tel que consacré par
la Charte des Nations unies. Toutefois, la question tibétaine ne saurait
être considérée comme une affaire intérieure à la Chine, tant que 140
000 exilés politiques tibétains continueront de vivre en dehors des
frontières du Tibet, et que le flux quotidien des réfugiés tibétains
vers le Népal et l’Inde, à travers l’Himalaya, ne sera pas
tari.
2. La question du Tibet est
effectivement très importante et sensible, au premier chef pour les
Tibétains eux-mêmes. Elle est aussi sensible pour les Français et pour
leurs représentants élus, nationaux ou locaux, qui sont attachés au
respect partout dans le monde des droits humains, et notamment des
libertés politiques, d’opinion et de conscience.
3. le Tibet est
effectivement partie intégrante du territoire chinois, depuis "l’accord en
dix-sept points" signé sous la menace de la force en 1951 par les émissaires
de Lhassa avec les représentants de Pékin. Même si les Tibétains ont
une interprétation très différente de celle des Chinois sur les
relations qui ont existé entre les deux pays dans le passé, antérieurement à
la "libération pacifique" du Tibet en 1949, il est aujourd’hui inutile
de contester ce fait.
4. Depuis 1988, la
position constante et
très claire du Dalaï Lama, comme du Gouvernement tibétain en exil
à Dharamsala en Inde, a été de renoncer à l’indépendance pour demander
une véritable autonomie. Les propositions concrètes des
négociateurs tibétains pour un nouveau statut du Tibet, dans le cadre actuel de
la Constitution de la République populaire de Chine, sont exposées dans
le Memorandum pour une véritable autonomie du peuple tibétain présenté
en novembre 2008 aux négociateurs chinois.
Source : Sénat, 9 avril 2009 et
Rédaction Tibet Info (JMB)
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REPUBLIQUE FRANCAISE
Communiqué de l'Assemblée
nationale
Paris, le 3 avril 2009
"
L'ingérence dans la non-ingérence "
L'annonce d'un accord entre les
gouvernements français et chinois pour renouer des contacts ne peut que
réjouir tous ceux qui sont attachés à la défense de l'identité
culturelle et religieuse du peuple tibétain.
Affirmer que le Tibet est
partie intégrante de la Chine est également la position du Dalaï- lama ;
par contre l'affichage d'une région autonome du Tibet au sein de l'Etat
chinois reste purement virtuel et doit donc être vraiment réalisé en
étant conforme à la constitution chinoise.
Cela dit, quand le Quai d'Orsay
évoque le respect du principe de non-ingérence, a-t-il consulté son
Ministre des Affaires Etrangères avant lui qui s'était fait le hérault
de l'ingérence ?
Lionnel LUCA Président du Groupe d'Etude sur la
question du Tibet
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Deux émeutiers de Lhassa en 2008 condamnés à
mort
Mercredi 8 avril 2009
- Les Echos.fr Deux personnes qui avaient participé aux
émeutes de Lhassa ont été condamnées à mort par un tribunal du Tibet
pour avoir provoqué des incendies meurtriers, a rapporté mercredi
l'agence Chine Nouvelle, annonçant les premières peines capitales plus
d'un an après les troubles.
Deux autres accusés ont été
condamnés à mort, mais avec un sursis de deux ans, une peine
généralement commuée en prison à vie en Chine, a précisé l'agence
officielle. Un autre s'est vu infliger la prison à vie, a ajouté Chine
Nouvelle, citant un porte-parole du tribunal de
Lhassa.
Les cinq accusés, sur
lesquels aucun détail n'a été fourni, ont été jugés dans trois affaires
séparées, pour des incendies de magasins qui ont fait sept morts à
Lhassa en mars 2008.
Selon l'agence officielle,
un autre dossier d'incendie, qui s'est soldé par cinq morts durant les
émeutes de mars est en cours de jugement.
Contactée par l'AFP, une
personne de garde au tribunal n'a pas été en mesure de confirmer les
condamnations. Le gouvernement régional n'était pas
joignable.
Selon les autorités
chinoises, les émeutiers de Lhassa en mars 2008 ont tué 18 civils et un
policier.
Une version contestée par
les exilés, pour qui 203 Tibétains ont trouvé la mort à Lhassa et lors
de la répression des troubles qui s'étaient propagés dans les régions à
population tibétaine environnantes, dans l'ouest de la
Chine.
En février, le
vice-président du gouvernement régional du Tibet, Baema Cewang, avait
fait état de 76 personnes condamnées après les émeutes de l'année
dernière dans la capitale de la Région autonome du Tibet, sans donner de
détails.
Le chiffre précédent donné
par les autorités en novembre avait été de 55.
Les manifestations
antichinoises avaient débuté le 10 mars à Lhassa, jour anniversaire du
soulèvement contre la tutelle de Pékin de mars 1959, avant de prendre
une tournure plus violente le 14 mars et de s'étendre à d'autres régions
de Chine où vivent des minorités tibétaines.
Cette année, pour le 50e
anniversaire de cette insurrection manquée, les autorités chinoises
avaient considérablement renforcé la sécurité au Tibet et dans les zones
environnantes en mars pour empêcher que des troubles ne se
reproduisent.
Source AFP - Selon un récent
rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty
International, l'année dernière, la Chine a exécuté 1.718 personnes,
soit 72% du total mondial (2.390).
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Jean-Pierre Raffarin se félicite
du "compromis fertile" avec la
Chine
Mercredi 8 avril 2009 - Le Monde -
Bruno Philip Pékin - Venu présider un colloque économique
franco-chinois, l'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin
a estimé, lundi 6 avril, que le communiqué de réconciliation publié le
1er avril par Paris et Pékin était le fruit d'un "compromis fertile" qui
permettait d'en revenir "aux fondamentaux" après des mois de bouderie
chinoise. M. Raffarin a expliqué que le texte était à la fois "plus
précis et plus engageant" à l'égard de Pékin.
"On ne parle pas seulement de (l'attachement français) à
l'unité de la Chine (dans ce communiqué) : on dit que l'on est non
seulement contre l'indépendance du Tibet mais aussi contre le soutien à
l'indépendance.
Jean-Pierre Raffarin persiste et signe...
"Si Nicolas Sarkozy rencontrait de nouveau le Dalaï
Lama
Pékin considérerait que c'est un soutien à
l'indépendance" (*)
" A la question de savoir si le même
texte engage le président Nicolas Sarkozy à renoncer à toute rencontre
avec le Dalaï-Lama, M. Raffarin a répondu qu'"on ne peut pas faire dire
au texte ce qu'il ne dit pas", ajoutant cependant que, si M. Sarkozy
rencontrait de nouveau le chef spirituel tibétain en exil, "les Chinois
considéreraient cela comme une forme de soutien (à l'indépendance du
Tibet)".
La rencontre entre les deux hommes, en décembre 2008, en
Pologne, avait provoqué la fureur de Pékin, qui avait annulé un sommet
sino-européen.
____
(*)
NDLR : Rappelons, pour la vérité des faits, que le Dalaï Lama ne demande pas l'indépendance du Tibet, mais
une réelle autonomie. Il n'y donc pas lieu d'évoquer un quelconque soutien à
l'indépendance. _______________
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Quelque soit leur âge "Les Tibétains votent avec leurs pieds et avec leurs
vies" pour fuir le "le Paradis chinois" - @ Centre des réfugiés -
Dharamsala.
EXPO A PEKIN
Un sommet dans l'art de la propagande
d'Etat !
"
Au Tibet, c'est le paradis ! "
Vendredi 3 avril 2009 - Le Monde - Bruno
Philip (correspondant à Pékin)
En ce 50e
anniversaire du soulèvement de Lhassa et de la fuite du Dalaï-Lama (10
et 17 mars 1959), le régime chinois a tenu à frapper les esprits. En
témoigne l'organisation à Pékin d'une exposition dont l'intitulé ne
laisse pas place au doute - "Cinquante ans de réforme démocratique au
Tibet" - et qui, de fait, représente, dans son genre, un sommet dans
l'art de la propagande d'Etat.
Les organisateurs ne se sont
préoccupés ni d'une vision historique globale ni des subtilités
anthropologiques ou culturelles pour décrire la réalité médiévale du
Tibet d'avant les "réformes". Pris sous le feu d'une critique
occidentale qui ne faiblit pas à propos de la "colonisation" han sur le
Toit du monde ou des failles de la légitimité chinoise historique au
pays des neiges, il leur fallait choisir dans les réalités de l'Histoire
ce dont ils avaient besoin pour démontrer que le Tibet d'autrefois
n'était qu'une terre de violence et d'injustice.
A l'entrée, alors qu'une longue
file d'attente d'enfants des écoles et des membres des comités
d'entreprise s'est formée devant le Musée des nationalités, qui héberge
l'exposition, tout visiteur est soigneusement fouillé. Une inspection si
minutieuse que le journaliste étranger, qui a pourtant montré sa carte
de presse prouvant son accréditation officielle auprès des autorités
chinoises, se fait subtiliser son carnet de notes par les gardiens.
Motif : les notes déjà prises en français ressemblent à du tibétain et
il est interdit d'introduire des documents dans
l'exposition...
Celle-ci est organisée de façon
chronologique. Tout commence, au temps du Tibet "féodal", une époque
marquée par le servage dans lequel étaient plongés, selon les chiffres
des légendes explicatives, "95 % des Tibétains". Dans le premier hall,
le visiteur ne peut qu'être impressionné par les vieilles photos de
certains serfs enchaînés, d'autres qui brandissent des moignons,
d'autres encore qui fixent l'objectif de leurs orbites vides, signes de
l'amputation et de l'énucléation rituelles punissant parfois les
coupables de crimes.
Dans une ferme reconstituée,
une paysanne ploie sous un sac tandis que son bébé en haillons gémit sur
le sol en terre battue. A côté, une maison d'aristocrate respirant
l'opulence illustre les contrastes du monde tibétain
d'autrefois.
Une notice enfonce le clou :
"Avant 1959, la société tibétaine était sombre et cruelle. Le peuple
souffrait de l'oppression politique et spirituelle. La société était
décadente et arriérée, le Tibet était plongé dans un stade prolongé de
pauvreté et d'immobilisme." Selon le même texte, "les aristocrates, les
officiels et les représentants du clergé qui constituaient 5 % de la
population possédaient toutes les terres".
Certes, le Tibet d'autrefois
n'était pas le pays de cocagne tel que se le représentent certains
Occidentaux fantasmant sur le pays des neiges qui, selon certaines
images d'Epinal, incarne une sorte de "Shangri-La" paisible et
bienheureux avant l'invasion chinoise. Le Tibet était un pays médiéval
et un royaume théocratique. Les réalités sociales étaient cependant plus
complexes ou différentes de ce que la propagande chinoise
instrumentalise aujourd'hui pour justifier sa politique dans l'ancien
royaume du dalaï-lama. Ces mêmes réalités continuent de faire débat et
divisent les chercheurs occidentaux : A. Tom Grunfeld, un sinologue
canadien pourtant plutôt bien en cour à Pékin, publie des chiffres
différents de ceux présentés à l'exposition dans son livre sur
l'histoire du Tibet : "Le clergé et la noblesse formaient 20 % de la
population et 60 % des Tibétains étaient des serfs." (Et pas 95 %,
donc...) Le grand tibétologue américain Melvyn Goldstein confirme que le
Tibet d'avant 1950 était une "théocratie féodale" dirigée par "des
leaders incompétents et corrompus". Il ajoute que le servage ne
signifiait pas pour autant que la société était figée et qu'il
n'existait pas une certaine forme de mobilité sociale chez les serfs où
se distinguaient plusieurs sous-groupes, de conditions
variables.
En 2003, Heidi Fjeld,
anthropologue norvégien, affirmait pour sa part que les termes servage
et féodalisme étaient des concepts non adaptés au Tibet qui aurait,
selon lui, davantage ressemblé à une "société de castes"... Le terme de
serf lui-même - qui se dit miser en tibétain - est controversé dans sa
traduction, certains spécialistes estimant qu'il faut y voir avant tout
la notion de "sujet" lié aux seigneurs féodaux ou aux monastères, même
si une partie d'entre eux étaient soumis à l'impôt ou à la
corvée.
A ce sujet, Melvyn Goldstein
devait préciser que les conditions de vie du serf tibétain ressemblaient
fort à celles du serf de l'Europe médiévale, utilisant les écrits de
l'historien français Marc Bloch. Selon ce dernier, la condition de
servage supposait un statut héréditaire, permettait à l'individu de
jouir de certains droits sans qu'il lui soit possible de posséder les
moyens de production, en l'occurrence les terres.
En ce qui concerne les
amputations et l'énucléation, si ces formes de punitions existaient bel
et bien dans le Tibet médiéval, elles n'étaient pas employées de manière
systématique et le treizième Dalaï-Lama les avait même fait évoluer dans
les années 1930 en alternant curieusement d'une année sur l'autre
châtiments corporels et peine de mort. Ce qui n'empêcha pas le
gouvernement tibétain de condamner à l'énucléation, en 1934, le
politicien réformateur Lungshar, accusé d'avoir fomenté un complot
contre certains ministres...
Heureusement, tout cela est bel
et bien révolu. Une autre partie de l'exposition vante les mérites de la
"Libération pacifique du Tibet" (1951), celle-ci finissant par être mise
en danger par les "23 000 rebelles" qui, à la fin de 1958, infestaient
les campagnes tibétaines. Mais l'insurrection populaire de mars 1959
dans Lhassa fut matée, le Dalaï-Lama s'enfuit, les rebelles se rendirent
et, le 28, la Chine finit par dissoudre le "gouvernement local du
Tibet". Cette date, annonce fièrement l'une des affichettes de
l'exposition, sanctionne désormais "le jour anniversaire de
l'émancipation des serfs".
Dans un des halls principaux,
une fresque spectaculaire annonce la couleur : des mannequins vêtus en
paysans brûlent, sur un feu artificiel aux flammes mouvantes, les titres
de propriété des seigneurs désormais dépossédés de leurs droits sur les
serfs. Des fusils mitrailleurs et des grenades capturés sur les
guérilleros sont exposés dans des vitrines, mais la violente répression
de l'année 1959, les conséquences du Grand Bond en avant, durant lequel
un Tibétain sur cinq serait, selon certaines sources occidentales, mort
de faim au début des années 1960, les émeutes des années 1980, sont bien
entendu passées sous silence.
La dernière partie de
l'exposition est consacrée, chiffres à l'appui, à la mise en valeur de
la modernisation du Tibet grâce à la République populaire de Chine. Au
hasard, on apprend qu'il n'y avait encore que 0,4 télévision pour 100
habitants en "Région autonome" tibétaine en 1990 et qu'il y en a 61,8
aujourd'hui. En 1958, il y avait 62 hôpitaux, cliniques ou dispensaires
au Tibet. Il y en a 1 339 désormais. Dans le Tibet féodal, 2 % des
enfants étaient scolarisés ; depuis 1985, 29 500 Tibétains ont étudié
dans différentes provinces chinoises.
Sur les livres de commentaires
mis à la disposition du public, on peut lire des phrases du genre :
"L'union fait la force !" "Vive la République populaire prospère !"
"Vive l'Union des nationalités de Chine !" Un jeune homme de 23 ans
nommé Peng Xu, stagiaire informaticien, nous glisse gentiment en sortant
: "La Chine est une grande famille. Taïwan et le Tibet sont des parties
inaliénables de la Chine. Personne ne pourra les séparer de la mère
patrie."
Comme le dit l'un des slogans
de l'expo : "Au Tibet, maintenant, c'est le paradis
!"
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Tibet : pas d'accord "secret"
France-Chine
pour renouer le
dialogue
Vendredi 3 avril 2009 -
AFP
Londres - Le président Nicolas
Sarkozy a catégoriquement démenti jeudi à Londres tout "accord secret"
au terme duquel il aurait renoncé à rencontrer le Dalaï Lama en échange
de la reprise d'un dialogue de haut niveau avec la
Chine.
"Il n'y a pas d'accord caché
avec la Chine (...). Les Chinois sont extrêmement pragmatiques et il ne
leur viendrait pas à l'idée de demander des choses qu'ils
n'obtiendraient pas", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de
presse en clôture du sommet du G20.
"Toute ma vie politique, j'ai
considéré qu'il n'existait qu'une Chine (...) J'ai toujours considéré
que le Tibet faisait partie de la Chine", a-t-il poursuivi, rappelant
que le chef spirituel des bouddhistes tibétains lui-même "ne demande pas
l'indépendance du Tibet".
"Je tiens beaucoup au
partenariat stratégique avec la Chine (...) On a levé les malentendus,
j'en suis extrêmement heureux", a conclu Nicolas
Sarkozy.
Après quatre mois d'une
brouille provoquée par sa rencontre en décembre en Pologne avec le Dalaï
Lama, la France et la Chine ont repris leur relation à haut niveau
mercredi soir, à la faveur d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le
président chinois Hu Jintao en marge du G20.
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La France et la Chine se réconcilient
sur le dos du
Tibet...
Jeudi 02 avril 2009 -
Liberation.fr
La France et la Chine
se sont réconciliées en catimini, à l’ombre des grandes tractations du
G20. Alors qu’une rencontre avec Nicolas Sarkozy ne faisait pas partie
des plans de Hu Jintao, il y a encore une semaine, c’est un petit
communiqué (voir le communiqué du Ministère des
Affaires étrangères, en fin d'article),
glissé discrètement hier, qui a scellé la réconciliation. Ce
texte a été publié conjointement par les deux
pays.
Symbole du renouveau, les deux
présidents se sont finalement entrevus hier soir. Hu Jintao s’est félicité de ce
revirement: «Notre rencontre (...) marque un nouveau point de départ pour nos
relations bilatérales et j’espère que les deux parties vont travailler ensemble
pour lancer une nouvelle phase dans les relations
sino-françaises».
Pour rétablir les relations, il n’a
fallu qu’une petite phrase, paraphée par la France: «La France mesure pleinement
l’importance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme qu’elle s’en
tient à la politique d’une seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet
fait partie intégrante du territoire chinois».
Finies les références à une autonomie
culturelle large tibétaine, au respect des droits de l’homme, la France lâche le
Tibet pour courtiser Pékin.
Les relations sino-françaises, déjà peu
chaleureuses depuis le passage chaotique de la flamme olympique à Paris l'an
dernier, avait pris un sérieux coup de froid en décembre, lorsque Nicolas
Sarkozy avait rencontré le Dalaï Lama à Gdansk.
A cette époque, Nicolas Sarkozy
exprimait encore sa «préoccupation» pour le Tibet, jugeant primordiaux la
reprise du dialogue entre les autorités chinoises et le dalaï lama ainsi que le
respect des droits de la minorité tibétaine. Mais dans le communiqué d'hier,
nulle trace de ces exigences. La realpolitik a repris le
dessus.
Cette réconciliation furtive reste
largement eclipsée par la poignée de main entre Barack Obama et Hu Jintao. Le
président américain a accepté une invitation de son homologue chinois à se
rendre à Pékin avant la fin de l’année. Les Etats-Unis, comme beaucoup d’autres,
veulent s’engager sur la voie d'une collaboration plus étroite avec le géant
chinois.
Communiqué du ministère des Affaires étrangères
et européennes
Après plusieurs réunions de
consultations, le ministère des Affaires étrangères et européennes de la
République française et le ministère des Affaires étrangères de la République
populaire de Chine sont parvenus aux conclusions agréées
suivantes.
Les deux parties ont réaffirmé leur
attachement à l’importance primordiale de la relation franco-chinoise et leur
volonté de saisir l’occasion du 45e anniversaire des relations diplomatiques
entre la France et la Chine pour renforcer le partenariat stratégique global,
fondé sur une approche stratégique et de long terme, le respect mutuel et la
prise en considération des intérêts fondamentaux des deux pays. La France et la
Chine réitèrent leur attachement au principe de non-ingérence tel que consacré
par la Charte des Nations unies, et conviennent de renforcer leur concertation
sur les dossiers mettant en jeu les intérêts fondamentaux des deux pays dans un
esprit de confiance mutuelle.
La France mesure pleinement
l’importance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme qu’elle s’en
tient à la politique d’une seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet
fait partie intégrante du territoire chinois, conformément à la décision prise
par le général de Gaulle qui n’a pas changé et ne changera pas. Dans cet esprit
et dans le respect du principe de non-ingérence, la France récuse tout soutien à
l’indépendance du Tibet sous quelque forme que ce soit.
Les deux parties estiment que dans la
situation politique et économique internationale actuelle marquée par de
profonds changements, la France et la Chine, membres permanents du Conseil de
sécurité des Nations unies, assument de lourdes responsabilités dans la
préservation de la paix mondiale comme dans la promotion du développement. Les
deux parties ont souligné leur disposition à renforcer le dialogue et la
concertation pour relever ensemble les défis planétaires tels que la crise
financière internationale.
Dans cet esprit, les deux parties ont
décidé de tenir, au moment opportun, des contacts de haut niveau ainsi que de
nouvelles sessions du dialogue stratégique entre les deux pays, en vue de
promouvoir la coopération bilatérale dans les différents domaines et d’assurer
un développement harmonieux et stable de la relation
franco-chinoise.
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Communiqué
La Journée chinoise de "l'émancipation des
serfs"
cache une répression au
Tibet La décision chinoise
d'observer demain une soi-disant journée d'émancipation des serfs aggrave les
problèmes au Tibet. Les Tibétains y voient une insulte et une
provocation. Nous considérons cette "journée d'émancipation des serfs" le 28 mars comme
une tentative de déstabilisation et de créer le chaos au Tibet, du fait
de quelques individus uniquement préoccupés par leurs propres intérêts.
Si les Tibétains perdent patience et descendent dans les rues pour
manifester, les dirigeants chinois auront un prétexte pour exercer une
répression encore plus brutale. Tout le Tibet subit déjà une répression de haute sécurité
et un déploiement supplémentaire de troupes. Malgré
ces mesures, les Tibétains, considérant les conditions de vie
au Tibet insupportables, descendent dans les rues individuellement et collectivement et distribuent des tracts
appelant à la liberté, à décrocher le drapeau chinois
pour hisser le drapeau tibétain.
Cette année, les Tibétains
n'ont pas fêté le Nouvel An tibétain en signe de deuil envers les
victimes de la répression de l'an dernier durant les importantes
manifestations qui ont éclatées à travers tout le Tibet. Fait sans
précédent dans l'histoire du Tibet, les Tibétains de Kanze, dans l'est
du Tibet, ont décidé de ne pas s'occuper des champs en signe
exceptionnel de désobéissance civile et de protestation contre la main
de fer chinoise.
Un moine, Tashi Sangpo,
du monastère Ragya à Golok, dans le nord-est du Tibet, a été arrêté le
10 mars 2009, pour avoir prétendument hissé le drapeau tibétain. Il
a échappé à ses gardes et s'est noyé à proximité, dans le Fleuve
Jaune. Ces actes et bien d'autres sont la réelle attitude tibétaine face à
l' "émancipation" par la Chine. Cette journée sera observée
par les Tibétains à travers le monde, surtout par ceux du Tibet, comme
un jour de deuil. Figure aussi emblématique que Hu Yaobang, le
secrétaire général du Parti communiste chinois, qui s'est rendu à Lhassa
en 1980, s'est excusé auprès du peuple tibétain et a déclaré que les
conditions au Tibet étaient pires que dans le Tibet d'avant
1959. Quelques jours avant de mourir prématurément, en
1989, feu le Panchen-Lama a déclaré que la domination chinoise au Tibet
avait apporté plus de souffrances que de progrès au peuple
tibétain. Depuis l'invasion chinoise au Tibet, en
1949-1950, plus de 1,2 million de Tibétains ont péri en conséquence
directe du pouvoir chinois et plus de 6000 monastères ont été réduits en
cendres. Aujourd'hui, il est difficile de rencontrer une famille
tibétaine qui ne compte pas un membre ayant été emprisonné ou tué par le
régime chinois. Cette journée sera considérée comme celle où les
Tibétains, en tant que peuple, ont perdu tout vestige de leurs libertés
fondamentales, individuelles et collectives.
L'une des justification de la "libération" du Tibet par la Chine est que
l'ancien Tibet était féodal et répressif. Ceci est une déformation
flagrante de la nature de l'ancienne société tibétaine. Au début du
XXème siècle, il n'y avait pas de réel fossé entre les paysans du Tibet
et ceux de la Chine. De plus, les paysans tibétains jouissaient de
davantage de libertés et de meilleures conditions de
vie. Pour prouver
que l'ancienne société tibétaine était répressive, les autorités
chinoises organisent actuellement une exposition sur les prisons
tibétaines et les châtiments appliqués. Cependant, la réalité est que la
taille de la prison de Nangze Shar à Lhassa, abondamment citée par la
propagande chinoise, ne pouvait accueillir qu'une poignée de
prisonniers.
En fait, le nombre
total de prisonniers dans tout le Tibet avant 1959 est estimé à
une centaine. Après les soi-disant libération et émancipation des "serfs"
tibétaines, les prisons sont apparues dans tous les coins du Tibet. Rien
qu'à Lhassa, il y a désormais 5 prisons principales et la population
carcérale se situe entre 3 500 et 4 000 individus.
Le meilleur juge de la "libération" reste le peuple tibétain. Les
Tibétains votent de leurs pieds et de leurs vies en franchissant
l'Himalaya, en quête de liberté et de bonheur hors de leur Tibet "
libéré ". Ils sacrifient également leurs vies pour informer le monde des
conditions de vie terribles au Tibet.
Cela a été amplement démontré
l'an dernier lorsqu'une série de manifestations très suivies et
généralisées a éclaté à travers tout le Tibet. Si les " serfs " étaient
heureux de leur " émancipation ", pourquoi auraient-ils risqué leurs
vies et se seraient-ils exposés à des coups pour protester contre le
pouvoir chinois au Tibet ?
Le
Kashag Le 27 mars
2009
Contact : Thubten Samphel Sonam N
Dagpo Secrétaire Département de l'Information et des Relations
internationales Administration Centrale Tibétaine Tél. : 01892
222510 222457 Traduction en français
effectuée par le Bureau du Tibet, Paris.
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La France envoie à Pékin des délégations
en vue d'une réconciliation
?
26 mars 2009 -
AFP
Pékin - La France va
envoyer en Chine plusieurs délégations politiques et économiques dans un
effort pour remettre sur les rails les relations bilatérales perturbées
depuis quatre mois par une vive controverse sur le Tibet, a annoncé
jeudi un quotidien chinois.
Par ailleurs, une rencontre entre les présidents
français Nicolas Sarkozy et chinois Hu Jintao en marge du G20 la semaine
prochaine à Londres n'est pas totalement exclue, même si la Chine a
indiqué la semaine dernière qu'un tel entretien n'avait pas été prévu,
selon le China Daily.
Bernard Accoyer sera le premier président de
l'Assemblée nationale française depuis 1982 à effectuer en avril une
visite en Chine, a annoncé le quotidien de langue anglaise.
Il doit être précédé, début avril, par l'ancien
Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, à la tête d'une délégation
économique comprenant les représentants de dix poids lourds des affaires
pour un séminaire économique bilatéral.
Les anciens chefs de l'Etat Jacques Chirac et Valéry
Giscard d'Estaing devraient aussi se succéder à Pékin en avril, selon le
quotidien.
La Chine boude la France depuis une rencontre entre
M. Sarkozy et le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains,
début décembre en Pologne. Ulcérée, elle avait annulé le sommet
UE-Chine, M. Sarkozy étant également président en exercice de l'Union
européenne à l'époque.
Lors de sa longue tournée en Europe en janvier, le
Premier ministre Wen Jiabao avait soigneusement contourné la France, à
laquelle Pékin a demandé, à moult reprises et sans effet, des "mesures
concrètes" non précisées pour sortir de la crise.
Le G20 de Londres aurait pu fournir une occasion de
rapprochement franco-chinois. Mais Pékin a communiqué la semaine
dernière une longue liste de responsables étrangers que Hu Jintao doit
rencontrer en bilatérales en marge du sommet et dans laquelle M. Sarkozy
n'apparaît pas.
Toutefois le China Daily cite un universitaire, Pang
Zhongying, selon lequel "il est possible qu'il y ait une espèce
d'interaction entre (MM. Hu et Sarkozy) à Londres.
Le journal cite également un diplomate français
expliquant que "le fait que (la rencontre) ne soit pas prévue ne
signifie pas qu'ils ne vont pas se voir". "Ce serait dommage si les
deux pays ne coopéraient pas", estime M. Pang, "la Chine et la France
ont des intérêts sur des questions telles la réforme du FMI et la crise
financière".
La Chine est intraitable sur les rencontres du dalaï
lama, qu'elle accuse de menées indépendantistes, avec des dirigeants
étrangers.
L'Afrique du Sud vient de refuser, au nom de
l'intérêt national, d'accorder un visa au chef spirituel tibétain qui
devait prendre part vendredi à une conférence à Johannesburg.
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Paris honore la
censure chinoise
Rue89
- Pierre Haski et Aujourd'hui la Chine
C'est Aujourd'huilachine.com
qui a découvert cette décoration insensée remise à Long Xinmin (à droite
sur la photo), alors Directeur Général de l'Administration générale de
la Presse et de la Publication.
La révélation de cette cérémonie a aussitôt provoqué
la disparition des photos de la cérémonie et du discours de
l'ambassadeur de France du site de la Chancellerie...
L'ambassadeur de France, Hervé
Ladsous, avait eu quelque audace, pendant la cérémonie, en déclarant
: "une information plurielle, une information fiable, libre
d'accès et libre de circuler sont autant d'objectifs pour une réelle
liberté d'expression dans un Etat de droit en construction".
Mais cette réaffirmation des
principes s'accompagnait d'un passage de pommade en règle, avec cette
phrase étonnante au paragraphe suivant : "Vous avez su concilier
votre passion pour les médias avec une carrière au sein du parti". Long
Xinmin est membre suppléant du Comité central du Parti Communiste
Chinois.
Commentaire du site
Aujourd'huilachine.com à propos de M. Long : "C'est en fait lui
qui a la responsabilité de la mise en place de la politique
d'information voulue par les autorités. Il n'est certes à ce poste que
depuis la fin 2005, mais c'est en droit à lui que les journalistes
emprisonnés en Chine, ou que les internautes en délicatesse avec la
sécurité d'Etat pourraient s'adresser. Il a fait interdire plusieurs
publications, dont le populaire supplément du China Youth Daily". C'est
ce qui s'appelle concilier une passion pour les médias avec une carrière
au PCC...
Remerciements pour l'autorisation de lancement
du magazine
"Chine Plus" du groupe Hachette
?
Une clé de cette décoration est
peut-être contenue dans les remerciements qui lui sont adressés pour
avoir permis le lancement du magazine Chine Plus. Chine Plus, c'est le
dernier né du groupe Hachette, qui a besoin d'avoir beaucoup de guangxi,
de relations au sein des autorités, pour sortir ses nombreuses
publications.
Quelle qu'ait été
l'arrière-pensée de cette cérémonie, elle aura tourné court : Long
Xinmin a en effet perdu son poste, soupçonné, selon la presse de
Hongkong, d'être impliqué dans un "énorme scandale immobilier à Pékin".
D'autres sources hongkongaises attribuent son limogeage à son
conservatisme excessif... De quoi donner un petit goût encore plus
détestable à cette décoration de la honte.
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Militaires
chinois frappant des Tibétains menottés au sol (mars
2008)
Les premières
images
de la répression chinoise au
Tibet
Vendredi 20 mars 2009 -
NOUVELOBS.COM
Le gouvernement tibétain en exil a diffusé les premières images –
extrêmement choquantes –
des violences exercées par le régime chinois lors de la
répression des manifestations à Lhassa en mars 2008
ATTENTION CERTAINES IMAGES PEUVENT
CHOQUER !
Diffusée vendredi 20 mars par
le gouvernement tibétain en exil, la vidéo provient apparemment de trois
sources différentes. On peut y voir des images qui ont de toute évidence
été prises par des cameramen de l'armée chinoise. Des manifestants
affrontant les forces de l'ordre sont ensuite roués de coups et menottés
à terre. Certains semblent s'être évanouis.
Les images qui suivent
proviennent probablement de la famille d'un jeune Tibétain. Il a été
torturé, et apparemment relâché sans avoir été soigné. A l'Hôpital de la
Région autonome du Tibet (TAR), des médecins – payés par sa famille,
précise la voix off – essayent de le soigner, sans parvenir à le sauver.
La vue de ses plaies infectées est insoutenable. L'équipe médicale a été
amenée à extraire 2,5 kg de chair pour parvenir à les nettoyer, est-il
précisé. Le jeune homme serait mort le 19 juin 2008. La vidéo montre
ensuite ses "funérailles célestes" célébrées selon la tradition, avec
les vautours qui dévorent rituellement le cadavre. Dans les restes
d'ossements, indique la voix off, un clou fiché dans son pied est
découvert. Selon les indications de la vidéo, il aurait notamment été
brûlé, battu avec bâton électrique et son talon droit aurait été percé
avec un clou, avant d'être relâché.
Enfin, une troisième source
a fourni des images volées des troupes chinoises qui quadrillent Lhassa
aujourd'hui.
En mars 2008, des
manifestations pacifiques de moines avaient démarré à Lhassa et
rapidement débordé du Tibet. Elles s'étaient soldées par de nombreuses
arrestations et par la mort de 21 personnes selon Pékin, d'au moins 203
Tibétains selon le gouvernement tibétain en exil.
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Texte de la "Résolution du
Parlement européen"
du 12 mars 2009
Le Parlement européen,
- vu ses précédentes résolutions sur la Chine
et le Tibet, et en particulier celles du 10 avril 2008 sur le Tibet[1]
et du 10 juillet 2008 sur la situation en Chine après le tremblement de
terre et avant les jeux olympiques,
- vu l'allocution prononcée par Sa Sainteté le
Dalaï-Lama devant le Parlement européen le 4 décembre 2008,
- vu la déclaration sur le
Tibet faite par le gouvernement des États-Unis et l'Union européenne
lors du sommet UE-États-Unis du 10 juin 2008,
- vu l'article 108,
paragraphe 5, de son règlement,
A. considérant que le mois de mars 2009 marque
le cinquantième anniversaire de la fuite du Tibet et du début de l'exil
en Inde de Sa Sainteté le Dalaï-Lama,
B. considérant que les
huit sessions du dialogue entre les émissaires de Sa Sainteté le
Dalaï-Lama et les représentants du gouvernement chinois se sont soldées
par un échec et qu'aucune nouvelle négociation n'est prévue,
C. considérant que le
mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain, élaboré à
la demande du gouvernement chinois et présenté en novembre 2008 à Pékin
par les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, lors de la huitième
session de négociations, respecte les principes de la constitution
chinoise et de l'intégrité territoriale de la République populaire de
Chine, mais qu'il a été rejeté par le gouvernement chinois, qui y voit
une tentative de "semi indépendance" et d'"indépendance déguisée",
D. considérant que Sa Sainteté le Dalaï-Lama
fait appel à la non-violence, que cette démarche lui a valu d'être
couronné par le prix Nobel de la Paix en 1989 et qu'il ne demande pas
l'indépendance du Tibet mais la reprise des négociations avec les
autorités chinoises, afin de parvenir à un accord politique global
d'autonomie réelle, dans le cadre de la République populaire de Chine,
E. considérant que, au cours des derniers
jours, les autorités chinoises ont renforcé les mesures de sécurité au
Tibet, en interdisant aux journalistes et aux étrangers de se rendre
dans la région et en annulant les autorisations qui avaient été
accordées aux étrangers, menant une campagne de représailles violentes à
l'encontre du peuple tibétain,
F. considérant qu'un grand nombre de moines du
monastère de An Tuo, dans la province chinoise de Qinghai, ont été
arrêtés le 25 février 2009 au cours d'une marche pacifique à l'occasion
du nouvel an tibétain,
1. prie instamment le gouvernement chinois de
considérer le mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple
tibétain, présenté en novembre 2008, comme une base de discussion sur le
fond, dans la perspective d'un changement positif et notable au Tibet,
dans le respect des principes énoncés dans la constitution et la
législation de la République populaire de Chine;
2. invite le Conseil à établir avec précision
ce qui s'est passé lors des négociations entre la République populaire
de Chine et les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï-Lama;
3. demande à la présidence du Conseil, à
l'occasion du cinquantième anniversaire du départ en exil vers l'Inde de
Sa Sainteté le Dalaï-Lama, d'adopter une déclaration demandant au
gouvernement chinois l'ouverture d'un dialogue constructif en vue de
parvenir à un accord politique global et d'y introduire une référence au
mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain;
4. condamne tous les actes de violence, qu'ils
soient le fait de manifestants ou d'une répression disproportionnée de
la part des forces de l'ordre;
5. demande au gouvernement chinois de libérer
sans délai et sans conditions toutes les personnes détenues au seul
motif de leur engagement dans un mouvement de protestation pacifique et
de fournir des informations sur toutes les personnes qui ont été tuées,
qui sont portées disparues ou maintenues en détention, y compris sur les
charges retenues contre elles;
6. demande aux autorités chinoises de permettre
aux médias étrangers d'entrer librement au Tibet, y compris dans les
territoires tibétains situés hors de la région autonome du Tibet, et de
supprimer le système d'autorisations spéciales nécessaires pour pouvoir
se rendre dans ladite région autonome;
7. invite instamment les autorités chinoises à
permettre aux experts des droits de l'homme des Nations unies et aux
organisations non gouvernementales internationales et reconnues
d'accéder librement au Tibet afin qu'ils puissent enquêter sur la
situation sur place;
8. prie instamment la présidence du Conseil de
prendre l'initiative d'inscrire la question tibétaine à l'ordre du jour
d'une session du Conseil "Affaires générales" afin d'aborder la manière
dont l'Union pourrait faciliter l'accomplissement de progrès en vue
d'une solution pour le Tibet;
9. charge son Président de transmettre la
présente résolution au Conseil et à la Commission, ainsi qu'aux
gouvernements et aux parlements des États membres, au président, au
gouvernement et au parlement de la République populaire de Chine et à Sa
Sainteté le Dalaï-Lama.
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Rama
Yade estime que le Dalaï-Lama
est un "homme de paix" et non un "homme
dangereux"
Mercredi 11 mars 2009 - NOUVELOBS.COM
- AP
Réagissant aux commentaires du gouvernement
chinois accusant le Dalaï -lama de colporter des "mensonges", Rama Yade
souligne que le chef spirituel des Tibétains est "un homme de
paix". La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme Rama Yade
a estimé mardi 10 mars que le Dalaï-Lama n'est "pas un homme dangereux",
mais "un homme de paix". Réagissant aux déclarations du gouvernement
chinois accusant le chef spirituel tibétain de colporter des
"mensonges", à l'occasion du 50e anniversaire du soulèvement manqué de
mars 1959 contre l'occupation chinoise, Rama Yade a souligné sur
France-2 que "ce n'est pas un homme dangereux, c'est un homme de paix,
un homme de dialogue, (...) de sagesse, un apôtre de la non violence.
C'est pour cela qu'on lui doit respect et égard".
Pas d'indépendance
"Ce que nous souhaitons c'est
que l'identité spirituelle et religieuse du Tibet soit pleinement
respectée", a rappelé la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme. "Nous
ne demandons pas l'indépendance du Tibet (qui) fait partie intégrante de
la Chine. C'est une donnée de la politique étrangère française depuis le
général de Gaulle".
"Partenariat stratégique" avec la Chine
Sur le plan économique, Mme
Yade a déclaré qu'un "partenariat stratégique" entre la France et la
Chine "existe déjà depuis plusieurs années, et nous y tenons". En ce qui
concerne le Tibet, "il n'y a nulle ingérence, il y a eu juste, rencontre
entre le chef de l'Etat français et un homme de paix", a-t-elle insisté,
faisant référence à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï-Lama
en décembre en Pologne.
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Les eurodéputés appellent à une autonomie
réelle du Tibet
Jeudi 12 mars 2009 -
NOUVELOBS.COM
Les députés européens ont demandé, jeudi 12 mars, à
Pékin de renouer le dialogue sur une "autonomie réelle" du Tibet. Ils se
sont à leur tour penchés sur la question tibétaine, deux jours après le
50e anniversaire du départ en exil en Inde du dalaï lama, et au
lendemain de l'adoption d'un texte similaire par la Chambre des
représentants américaine.
Le
texte des eurodéputés a été adopté par 338 voix contre 131 et 14
abstentions. Ce document "prie instamment le gouvernement chinois de
considérer le mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple
tibétain, présenté en novembre 2008, comme une base de discussion sur le
fond".
Un memorandum rejeté par Pékin
Les eurodéputés, qui ont pour nombre d'entre eux
arboré un drapeau tibétain dans l'hémicycle ces derniers jours, demandent
aussi aux 27 Etats membres de l'Union européenne de
faire une déclaration demandant à Pékin "l'ouverture d'un dialogue
constructif" et mentionnant explicitement ce mémorandum.
Présenté en novembre 2008 aux
autorités chinoises par les émissaires du Dalaï-Lama, ce mémorandum a
été rejeté par Pékin. Car la Chine le considère comme une remise en
question de l'intégrité territoriale chinoise.
Lors d'un débat, la commissaire
européenne aux Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner, a regretté
le fait que les discussions en 2008 entre Pékin et les émissaires du
Dalaï-Lama n'aient "pas apporté de résultats substantiels".
Elle a rappelé elle aussi "la
nécessité pour les deux parties de reprendre rapidement le dialogue",
soulignant qu'il s'agissait du "meilleur moyen d'éviter la frustration
et la violence chez les jeunes Tibétains".
Le vote du Parlement européen
intervient peu après des protestations de Pékin contre l'adoption par la
Chambre des représentants américaine d'une autre résolution de soutien
au Tibet.
Pour un libre accès au Tibet
Invité en marge de la session
du Parlement à Strasbourg, le représentant à Bruxelles du Dalaï-Lama, Tashi Wangdi, avait
appelé mardi les journalistes à faire pression sur Pékin pour
obtenir le droit d'aller librement au Tibet.
Un appel relayé par les
eurodéputés qui demandent le libre accès au Tibet aux médias étrangers
et aux observateurs indépendants.
Les journalistes étrangers ne
peuvent pas se rendre librement dans la région autonome du Tibet.
Cependant, selon les règles en vigueur depuis deux ans, ils sont
autorisés à circuler normalement dans les régions tibétaines
proches.
Mais, ces derniers jours, de
nombreux journalistes étrangers ont rencontré les mêmes difficultés dans
ces zones, ce qui a suscité des protestations du Club des correspondants
étrangers de Chine et de groupes de défense des droits de
l'Homme.
Paris dans le collimateur de Pékin
Les relations entre l'UE et la Chine avaient été
mises à mal en décembre par la rencontre entre le chef spirituel des
bouddhistes tibétains et le président français Nicolas Sarkozy, qui
assumait alors la présidence tournante de l'UE. Pékin avait alors annulé
le sommet UE-Chine prévu à Lyon.
En janvier, le Premier ministre
chinois Wen Jiabao a effectué une tournée d'apaisement en Europe, en
évitant soigneusement de faire escale à Paris.
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Le Congrès américain vote une résolution de soutien au Tibet par 422
voix contre 1
Mercredi
11 mars 2009 - Romandie
News
WASHINGTON - La Chambre des représentants américaine a adopté
mercredi une résolution de soutien au Tibet à l'occasion du
50e anniversaire du soulèvement de Lhassa contre la présence
chinoise dans la région himalayenne qui a provoqué le départ
en exil du dalaï lama.
La résolution a été adoptée par 422 voix contre 1.
Le texte introduit à la chambre basse par le
représentant Rush Holt appelle à "reconnaître la détresse du peuple
tibétain à l'occasion du 50e anniversaire de la fuite du dalaï lama et
appelle à un effort multilatéral soutenu pour apporter une solution
durable et pacifique au problème du Tibet".
Aucun texte similaire n'était en projet au Sénat
mercredi.
La
Chine estime que cette résolution représente l'expression de quelques
anti-Chinois... 422 représentants !!!
De son côté, Pékin avait appelé mardi le Congrès
américain à retirer son projet de résolution. "Nous faisons part de
notre profonde inquiétude à ce sujet, la résolution au Congrès américain
proposée par quelques représentants anti-chinois va à l'encontre de
l'histoire et de la réalité du Tibet", avait déclaré le porte-parole du
ministère des Affaires étrangères Ma Zhaoxu.
Le texte "reconnaît le peuple tibétain pour sa
persévérance face aux épreuves et à l'adversité". Il appelle "le
gouvernement de la République populaire de Chine à répondre aux
initiatives du dalaï lama pour trouver une solution durable à la
question tibétaine".
"Cette résolution appelle à une cessation immédiate de
la répression et des violences à l'encontre du peuple tibétain", a
déclaré M. Holt mercredi devant ses collègues de la Chambre des
représentants.
La présidente de la Chambre des représentants Nancy
Pelosi a ensuite pris la parole affirmant, en reprenant les mots du
dalaï lama, que "la vie pour les Tibétains sous la répression du régime
chinois est l'enfer sur terre".
Le chef spirituel des Tibétains, âgé de 73 ans, vit en
exil en Inde depuis l'écrasement en 1959 d'un soulèvement contre la
domination chinoise du Tibet, occupé neuf ans plus tôt par Pékin.
Pékin accuse le dalaï lama de séparatisme, ce que ce
dernier rejette en se prononçant seulement pour le respect de l'identité
culturelle du Tibet et des droits de l'homme dans cette région
himalayenne au sein de la Chine.
En octobre 2007, malgré la colère de la Chine, le
président américain George W. Bush avait remis au dalaï lama, la plus
haute distinction civile du Congrès, au cours d'une cérémonie sous la
coupole du Capitole.
Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi
a rencontré mercredi son homologue américaine Hillary Clinton. Il
devrait être reçu jeudi par le président Barack Obama.
Mardi, le département d'Etat américain a exprimé sa
"profonde préoccupation" concernant les droits de l'homme au Tibet et
pressé la Chine de "revoir" une politique "qui a créé des tensions à
cause de son impact négatif sur la religion, la culture et le mode de
vie tibétains".
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Cinquante ans
après la fuite du Dalaï-lama,
le Tibet sous tension
Lundi 9 mars
2009 - Pierre Haski (Rue 89) Extraits - C'était il y a
cinquante ans. Mais la page d'histoire n'a jamais été tournée, et
continue de peser sur l'un des points de crise de la planète: le Tibet.
Un demi-siècle après la fuite de Lhassa du Dalaï-lama, le "toit du
monde" sous contrôle chinois reste sous haute tension, comme en témoigne
la forte mobilisation sécuritaire à l'approche de cet anniversire à haut
risque.
L'approche de l'anniversaire du 10 mars 1959 est
chaque année un moment difficile pour les autorités chinoises. L'an
dernier, on se souvient que la répression des premières manifestations
de moines avait dégénéré en émeutes antichinoises dans les rues de la
capitale tibétaine, Lhassa, le 14 mars, faisant une vingtaine de morts
et d'importants dégats matériels, et replaçant la question tibétaine au
coeur de l'agenda mondial.
Les autorités chinoises
redoutent ce désormais double anniversaire, celui du soulèvement de 1959
et celui des émeutes du 14 mars 2008 et de la répression qui s'ensuivit.
Ces derniers jours, un début d'agitation a été signalé parmi les moines
des zones tibétaines du Sichuan, où un moine nommé Tabe s'est immolé par
le feu vendredi 27 février devant le monastère de Kirti, dans la ville
d'Aba. Le moine serait sorti de son monastère avec un drapeau tibétain à
l'effigie du dalaï lama dessiné à la main, puis se serait aspergé
d'essence avant d'allumer le feu.
Le poids de
l'histoire
Il y a un demi-siècle,
l'histoire a basculé dans cette partie du monde. Les troupes chinoises
avaient pris le contrôle du Tibet peu après la victoire des troupes
communistes de Mao Zedong à Pékin en 1949, mais avaient respecté
jusque-là une autonomie relative à cette région placée sous l'autorité
d'un chef religieux, le dalaï lama, quatorzième "réincarnation" du
Bouddha de la Compassion. De vieilles photos montrent même le jeune
dalaï lama, Tenzin Gyatso, qui n'a alors que 16 ans, en compagnie du
chef de la révolution chinoise, un choc culturel
profond.
Mao extorque au
leader tibétain un "Accord en dix-sept points" signé le 23 mars 1951, qui
intègre le Tibet dans la toute jeune République populaire de Chine, tout
en lui garantissant la liberté religieuse et une relative
autonomie.
Mais cette autonomie se révèle de plus en plus factice,
et
le parti communiste chinois (PCC) veut imposer
aux Tibétains le système qu'il met en oeuvre dans le reste du pays
: une modernisation à marche forcée doublée d'un égalitarisme
absolu, et un abandon des "superstitions" religieuses. Le contexte de la
guerre froide naissante accentue le climat de crise, d'autant que deux
frères du dalaï lama critiquant sa soumission à la volonté de Pékin
s'enfuient aux Etats-Unis où ils sont enrôlés dans un programme de
destabilisation de la CIA...
La crise arrive à son paroxysme
en mars 1959. Les Tibétains sont convaincus que les Chinois, qui ont
amassé des troupes, veulent tuer le dalaï lama. Le 10 mars, la foule
assiège la résidence de son chef spirituel pour l'empêcher de se rendre
à ce qui ressemble comme un traquenard chinois. La tension monte, et
l'armée chinoise tire même quelques obus près de la
maison.
Le 16 mars, finalement, conseillé
par son "oracle", le dalaï lama s'enfuit en pleine nuit de Lhassa
avec quelques fidèles, et gagne à travers les sommets enneigés l'Inde
voisine, où Nehru l'accueille et lui accorde l'asile. En apprenant
la fuite du chef spirituel des Tibétains, Mao aurait déclaré :
"Dans ce cas, nous avons perdu la bataille"...
Le dalaï lama vit depuis un
demi siècle à Dharamsala, en Inde, où il a été rejoint par quelque 250
000 réfugiés formant une véritable nation tibétaine en exil, avec son
gouvernement, son parlement, ses rituels...
A Lhassa, la fuite du dalaï lama provoque
une répression sanglante de ce soulèvement populaire, faisant des
milliers de victimes - jusqu'à 80 000 selon les exilés, chiffre
invérifiable - et plongeant le Tibet dans une situation de
soumission totale à l'autorité chinoise. Le Tibet subira, comme le reste
de la Chine, les outrances du maoïsme, à commencer par la Révolution
culturelle dont un des aspects a porté sur la tentative d'éradication de
la religion.
Le 10 mars 1959 marque la
dernière tentative des Tibétains de résister massivement à la mainmise
chinoise; c'est aussi le début d'un exil sans fin pour celui qui incarne
historiquement ce peuple des montagnes, fort d'à peine quelques millions
d'âmes et qui tente de maintenir sa culture et son identité dans un pays
d'1,3 milliard d'habitants.
Cinquante ans après, le
problème tibétain est entier
Les événements de l'an dernier
ont montré que cinquante ans de pouvoir chinois absolu sur la "Région
autonome tibétaine" n'ont rien changé au problème: les Tibétains vivent
leur situation comme coloniale, un mot qui agace les Chinois qui,
documents historiques à l'appui, disent que le Tibet est
chinois.
Mais le problème est moins l'appartenance du
Tibet à la Chine - même le dalaï lama affirme qu'il ne veut
pas l'en détacher - que ce qui s'y passe. Une fois passées les
outrances de la Révolution culturelle, le pouvoir chinois a changé de
stratégie au Tibet et a joué la carte du développement économique et de
l'intégration de plus en plus forte du Tibet dans l'ensemble
chinois.
L'identité tibétaine est-elle
soluble dans le matérialisme? C'est finalement sur cette queston que
repose le pari chinois, qui semble d'ores et déjà perdu. En déversant
des milliards dans une des zones les plus pauvres de l'ensemble chinois,
le gouvernement pensait calmer les critiques tibétaines contre l'afflux
de Chinois Han dans la zone autonome, et affaiblir le poids de
l'influence du dalaï lama et des moines.
Si les Chinois s'étaient
contentés de casser la vieille société féodale et d'apporter au Tibet la
"modernité", ils seraient sans doute moins critiqués aujourd'hui. Mais
l'autonomie du Tibet a été réduite à une dimension purement symbolique,
et le très athée parti communiste chinois se mêle même de décider qui
est la bonne réincarnation des dignitaires
bouddhistes.
Un an après, le rendez-vous de mars
est donc revenu hanter les dirigeants chinois, confrontés à une équation
sans autre solution, pour le moment, que celle de la force et de
la patience : attendre la mort du dalaï lama en espérant profiter de
la confusion qui en découlera pour asseoir définitivement le pouvoir
chinois.
Le temps presse pour le dalaï lama
Le dalaï lama, pour sa part,
sait que le temps presse. A 73 ans, il sait que les autorités chinoises
jouent la montre en attendant sa disparition. Lorsque le successeur du
panchen lama, le deuxième personnage du clergé bouddhiste tibétain, a
été sélectionné selon les rituels de la "réincarnation", Pékin a
littéralement kidnappé le choix du dalaï lama et lui a imposé son propre
choix. On n'a plus jamais revu l'enfant qui avait été initialement
choisi, et c'est le "panchen lama de Pékin" qui parade aujourd'hui dans
les cérémonies officielles.
La même chose risque de se reproduire
pour le choix du 15e dalaï lama, et le risque est d'en avoir deux,
l'un choisi en exil, l'autre par Pékin, avec les dangers de la confusion.
Le parti communiste a même émis un décret interdisant les réincarnations
sans l'accord du PCC, un comble pour un parti théoriquement
marxiste !
En attendant, Pékin amuse la
galerie avec un dialogue largement destiné à montrer sa bonne foi au
reste du monde qui se mobilise à intervalles réguliers autour de la
question tibétaine, pour mieux l'oublier dès que les opinions publiques
sont apaisées... Ainsi, pour sauver ses Jeux olympiques, le gouvernement
chinois a accepté de tenir plusieus réunions l'an dernier, avec les
émissaires du dalaï lama, sans résultat et sans
lendemain.
Le calcul chinois pourrait être
à courte vue, car le dalaï lama est aujourd'hui en mesure de contrôler
les éléments les plus radicaux de la jeunesse tibétaine, en empêchant le
recours à la violence, même si Pékin l'accuse sans preuve d'avoir été
l'instigateur des émeutes de mars 2008.
On sait que la Ligue de la
jeunesse tibétaine en exil rue dans les brancards, et n'accepte que par
fidélité de soutenir la "voie moyenne" du dalaï lama, c'est-à-dire la
négociation d'une véritable autonomie pour le Tibet au sein de la
RPC.
Pour l'heure, la bataille de propagande
fait rage. Pékin vient ainsi de publier un "livre blanc", à la
veille de cette période anniversaire, pour accuser les Occidentaux d'entretenir
les troubles et de freiner le développement économique de la
région tibétaine. Ce texte, rédigé par le Bureau de l'Information du Conseil
d'Etat et publié par l'agence de presse officielle Xinhua, souligne
notamment : " Il est clair
que la soi-disante question tibétaine n'est en aucune façon un problème
ethnique, religieux ou social. Il s'agit plutôt d'une manoeuvre des
forces occidentales anti-chinoises pour affaiblir, diviser et diaboliser
la Chine. "
Pas vraiment la main tendue aux
Tibétains, mais plutôt le signe d'une nervosité du pouvoir chinois
actuel, confronté à une grogne sociale de plus en plus forte, pris au
dépourvu par l'impact colossal de la crise économique mondiale sur une
Chine qui se croyait au-dessus de ça, et même au réveil d'une dissidence
qu'il croyait matée, comme le montre la publication de la Charte 08 en
décembre dernier.
Au moment où s'engage un rapprochement à pas
comptés avec Taiwan, Pékin ne veut pas donner le moindre signe de
faiblesse sur la question de l'"unité nationale". Ce sont les Tibétains
qui en font les frais, mais qui pourraient bien ne pas l'accepter sans
se faire entendre.
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COMMUNIQUE DU BUREAU DU
TIBET
ET DE LA COMMUNAUTE TIBETAINE EN
FRANCE
C'est au cours des années 1949/50 que les
troupes chinoises envahirent le territoire tibétain. Le Tibet lança un
appel à la communauté internationale qui resta sans réponse. Seule face
à la Chine, la délégation tibétaine fut contrainte de signer, en 1951, à
Pékin, l'infâme " Accord en 17 Points " dans lequel le Tibet fut forcé
d'abandonner sa souveraineté. Il s'ensuivit, pour le Tibet bouddhiste et
la Chine communiste, une période de neuf années de coexistence
difficile. Les Tibétains du Nord-Est et de l'Est du Tibet,
qui assistèrent les premiers à l'intrusion de l'Armée populaire de "
libération ", fuirent devant la répression chinoise croissante et durent
gagner les zones rurales. C'est là qu'une résistance armée s'organisa,
laquelle se propagea bientôt dans tout le Tibet. Tristement célèbres
dans la mémoire des Tibétains, les provinces de l'Amdo et du Kham furent
la scène d'un cycle résistance-répression qui contraignit des milliers
de Tibétains à fuir vers le Tibet central et vers Lhassa, relativement
plus sûrs. Mais le ressentiment de ces populations, engendré par
l'arrogance et la violence avec lesquelles la Chine traitait le
gouvernement tibétain, s'abreuva encore des récits de destructions des
monastères et de massacres de lamas et de moines que rapportaient les
réfugiés venus du Tibet oriental. Bientôt, le mécontentement qui
couvait se traduisit par une défiance ouverte à l'égard de la Chine et
le rejet de son pouvoir colonialiste. Le 10 mars 1959, ce
sont des dizaines de milliers d'hommes et de femmes qui descendent dans
les rues de Lhassa pour réclamer l'indépendance du Tibet. Ce mouvement
de protestation, porté par une population déjà exaspérée, fut réprimé
dans un bain de sang. Selon une estimation chinoise, près de 87
000 Tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central. Il fallut un
peu plus de trois jours à l'Armée Populaire de Libération pour venir à
bout du soulèvement, mais elle ne réussit pas à étouffer le mouvement de
la résistance qui se répandait dans tout le Tibet. Le soulèvement du 10
mars et sa répression inconditionnelle eurent pour conséquence la fuite
vers l'Inde du Dalaï-Lama, des membres de son gouvernement et d'environ
80 000 Tibétains. Le gouvernement tibétain en exil, depuis
son siège de Dharamsala en Inde, a développé, sous la conduite du
Dalaï-Lama, une résistance non-violente contre l'occupation chinoise,
résistance qui a donné naissance à un Mouvement pour la liberté du
peuple tibétain étendu aujourd'hui à l'échelle mondiale.
Aussi chaque année, où qu'ils soient, les Tibétains
commémorent le 10 mars, pour qu'eux-mêmes se souviennent et pour
rappeler au monde que les Tibétains qui sont morts pour la cause de la
liberté ne sont pas morts en vain, que leur mort est un sacrifice juste
et noble, consenti pour que puisse renaître un Tibet
libre. Depuis 1996, plusieurs communes en France et en
Europe, ont décidé de hisser le drapeau du Tibet autour du 10 mars pour
manifester leur solidarité envers le peuple tibétain et ainsi soutenir
sa lutte non-violente pour trouver une solution négociée avec la Chine
afin de résoudre durablement le problème du Tibet.
C'est ainsi qu'en France, près de 500 communes arborent
une fois par an le drapeau du Tibet et plus de 300 communes ont décidé
de le hisser de façon permanente. Ces actions ont pris de l'ampleur et
depuis, sont suivies dans de nombreux pays européens.
Pour la première fois, le 10 mars 2006, la Ville de Paris
et le Conseil régional d'Ile-de-France, ont décidé de hisser le drapeau
du Tibet dans le cadre d'une cérémonie officielle afin de montrer leur
solidarité au peuple tibétain. AUJOURD'HUI LA REPRESSION
CONTINUE AU TIBET : plus de 6000 Tibétains sont détenus pour leur
participation dans les manifestations de mars-avril 2008, plusieurs
Tibétains ont été condamnées sans aucun recours ou avec le simulacre de
justice, les surveillances sont renforcées autour de tous les monastères
et lieux du culte au Tibet, les autorités ont annoncé le renforcement de
campagne " Frapper fort " au Tibet, toute manifestation est interdite,
postes de contrôles de l'armée et de la police ont été multiplié de
façon significative, voyageurs étrangers sont autorisés avec des
restrictions extrêmes, aucun journaliste n'est autorisé de travailler
sur place, et récemment, des nouvelles arrestations ont eu lieu,…et pour
provoquer les Tibétains, les autorités chinoises ont récemment fait
annoncer au gouvernement de la soi-disant " Région autonome du Tibet "
de décréter le 28 mars comme la journée de fin de servage au Tibet
!! Manifestation de commémoration organisée conjointement
par la Communauté tibétaine en France et le Bureau du
Tibet. CONTACTS PRESSE
: M. Thupten
Gyatso Mobile :
0680729054 ou 0145673837 M. Wangpo
Bashi Mobile
: 0633346087 au Bureau : 0146565453 M. Alain
Vercamer Mobile :
0616572592 ou 0144520969
E
mail : 10mars2009@gmail.com ou tibetparis@aol.comSites
:
www.tibet-info.net ou www.tibetan.fr
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Au Tibet... vive
inquiétude à
l'approche du 10
mars
La presse chinoise se déchaîne
!
Samedi 21/02/2009 - Le Monde - Bruno
Philip
Ecraser la clique du Dalaï-Lama !" Trois semaines
avant le 50e anniversaire du soulèvement de Lhassa, le 10 mars 1959, la
presse officielle se déchaîne contre le chef de l'Eglise tibétaine, et
prévient que le pouvoir ne tolérera pas une répétition des émeutes
antichinoises du printemps 2008.
Selon le journal Xi Zang Ribao
("Le Quotidien du Tibet"), des responsables de la "Région autonome"
tibétaine ont appelé "le Parti communiste, le gouvernement, l'armée et
le public à se mobiliser", afin "d'écraser fermement la sauvage
agression de la clique du Dalaï-Lama". "Il faut, conclut l'article,
vaincre le séparatisme et maintenir la stabilité."
Dans les zones tibétaines,
le niveau de contrôle exercé par la police et les forces paramilitaires
de la Police armée populaire (PAP) a été renforcé. Les forces de l'ordre
ont été déployées principalement à Lhassa, à Xiahe (Gansu) - où se situe
le grand monastère de Labrang, qui avait été le théâtre de
manifestations en mars 2008 -, à Tongren, dans la province du Qinghai,
et enfin à Litang, au Sichuan.
C'est dans cette dernière
ville que vient d'avoir lieu la manifestation la plus significative
depuis les troubles du printemps 2008 : dimanche 15 février, un moine du
nom de Lobsang Lhundup, 37 ans, a été arrêté après avoir crié des
slogans en faveur du Dalaï-Lama.
Selon l'organisation Free
Tibet et le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), basé
à Dharamsala, en Inde, 300 personnes se sont rassemblées le lendemain
dans le centre de Litang pour exiger la libération du moine. Des heurts
ont éclaté avec les forces de l'ordre, qui ont dispersé la manifestation
à coups de bâton et de crosse de fusil. Selon ces mêmes sources, une
vingtaine de manifestants ont été arrêtés.
"Le doigt sur la détente"
Que ce soit au Tibet ou
dans les districts et "préfectures autonomes" tibétaines des provinces
avoisinantes, l'ambiance est morose, rapportent des voyageurs ou des
habitants. La population semble bien décidée à boycotter les festivités
du nouvel an tibétain (Losar), qui ont débuté mercredi 18 février. Les
Tibétains veulent faire de ce boycottage un exemple, afin de marquer
leur hostilité au pouvoir et de protester contre la répression qui s'est
abattue sur ces régions depuis les événements de 2008.
Les mesures prises à l'approche
de l'anniversaire qui marque la fuite en exil du Dalaï-Lama trahissent
la préoccupation des autorités. De passage en Allemagne, le chef de
l'Eglise tibétaine avait déclaré : "La situation est si tendue que les
militaires chinois ont le doigt sur la détente quand ils portent leurs
armes. Aussi longtemps qu'il y aura présence militaire chinoise, il y a
aura tension."
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Le
Dalaï-Lama contre le Karma noir
19 Février
2009 - L'Express - François Gautier à Auroville (Inde)
Le 14e Dalaï-Lama est en visite à Auroville, la cité internationale
près de Pondichéry, où 2000 personnes venant de 44 pays s'essaient à
l'unité humaine. " Le monde a besoin de tentatives comme celle d'Auroville
", sourit le Dalaï-Lama, alors qu'il sort du Matrimandir, une
boule d'or futuriste qui est le centre spirituel d'Auroville. Un
peu plus tard, après avoir inauguré le pavillon tibétain, le
premier centre culturel tibétain au monde, le Dalaï-Lama accorde une
interview exclusive au Point. Cette interview -immédiatement après le
conclave de Dharamsala, où de nouvelles stratégies pour la libération du
Tibet ont été discutées - est une première.
INTERVIEW
Le Point : Qu'avez-vous pensé des attentats
de Bombay du 26 novembre ?
Le Dalaï-Lama : Quelle horreur ! Le terrorisme
frappe de plus en plus l'Inde et ces gens-là ont réussi à prendre Bombay
en otage pendant trois jours. Du point de vue tibétain, le terrorisme
est un péché, non seulement contre ceux que l'on assassine, mais contre
soi-même, lorsqu'il s'agit de terrorisme suicide, comme cela a été le
cas à Bombay...
Le Point : Justement, sous l'angle
bouddhique, quel karma se créent ces terroristes ?
Le
Dalaï-Lama : Nous, les Tibétains, croyons en un karma noir que des
individus ou des peuples se créent à eux-mêmes, et qui leur revient un
peu plus tard, ou au cours d'autres vies [il marque un silence]... mais,
pour ces terroristes, je ne veux pas [il insiste sur " veux pas "]
répondre à cette question [autre silence]... La violence engendre la
violence... Mais tous mes amis musulmans me disent que le vrai djihad,
c'est contre soi-même, que le Coran ne prêche pas la violence et qu'à
partir du moment où on pratique la violence, on n'est plus musulman.
Alors, je ne sais pas [il marque une pause]... Tout de même, ces
terroristes recherchent la publicité, et à Bombay, ils en ont bénéficié
au maximum grâce aux télévisions. Montrer ces images qui médiatisent la
terreur constitue une sorte de violence passive, qui elle aussi engendre
son karma.
Le Point : Comment combattre le terrorisme
?
Le Dalaï-Lama : Du point de vue bouddhiste, si votre
motif est sincère, si vous êtes plein de compassion, alors la violence
est permise pour se défendre, ou pour combattre une autre violence qui
cherche à faire le mal. Les dieux grimaçants de nos temples tibétains
sont d'ailleurs les incarnations de cette violence pétrie de compassion
et de sagesse. En fait, il existe deux sortes de violence : une première
qui est mentale ; et la seconde, physique, qui se manifeste dans
l'action. Généralement, on ne parle que de celle-ci et on oublie
celle-là, qui est le moteur premier de la violence. Mais si vous avez un
mental plein de compassion et d'amour pour le prochain, même vos mots
durs et vos actions violentes seront pleins d'amour. Cela dit, une fois
que vous avez commis quelque violence, même si au départ votre motif est
juste, on ne peut jamais prédire quels effets cette violence va avoir
sur vous car, comme je l'ai déjà dit, la violence engendre la violence.
Le Point : Alors, comment faire ?
Le Dalaï-Lama : Il faut utiliser le dialogue, pour
que la prochaine génération de musulmans soit différente. Il faut avoir
de la compassion, fût-ce envers les terroristes-car c'est aussi à
eux-mêmes qu'ils se font du mal.
Le Point : Vous avez récemment dit que vous
étiez en semi-retraite ?
Le Dalaï-Lama : Absolument ! J'ai remis tous mes
pouvoirs au gouvernement tibétain [en exil] démocratiquement élu, ce qui
a été entériné par le récent conclave de Dharamsala ; 90 % des décisions
sont d'ailleurs aujourd'hui prises par les élus tibétains.
Le Point : Mais vous êtes le porte-flambeau
du Tibet !
Le Dalaï-Lama : [Il rit] Je sais bien... C'est pour
cela que je continue à voyager et à donner des interviews comme celle-là
[nouveau rire]. Mais le sort du Tibet ne peut pas reposer sur une seule
personne, c'est trop dangereux. Notre lutte doit devenir nationale et
tous les Tibétains doivent y prendre part. Personnellement, j'ai
toujours pris trois engagements : le premier, envers le monde entier,
est de promouvoir les valeurs humaines telles que la compassion, le
pardon, la tolérance ; le deuxième, en tant que bouddhiste, est
d'inciter à une compréhension ainsi qu'à une harmonie parmi les
traditions religieuses majeures à travers le monde ; et le troisième, en
tant que dalaï-lama , est donc d'oeuvrer pour la cause tibétaine, pour
le Tibet.
Le Point : Le Tibet en dernier ?
Le Dalaï-Lama : Oui, mon premier engagement est pour
l'humanité tout entière.
Le Point : Vous avez été opéré récemment de
la vésicule biliaire ; quel est l'état de votre santé ?
Le Dalaï-Lama : [Il part d'un grand rire] Je suis en
pleine forme. Regardez : je me suis levé à 4 h 30 ce matin, j'ai fait
deux heures d'avion, trois heures de voiture, puis deux heures
d'audiences... Est-ce que j'ai l'air fatigué ? Le docteur qui m'a
récemment examiné pour voir si j'avais bien récupéré de l'opération m'a
dit que j'avais la constitution d'un homme de 60 ans, alors que je vais
en avoir 74... Est-ce grâce à toutes ces heures de méditation et de
contemplation ? Je n'en sais rien, mais je pense que je vais vivre
jusqu'à 95 ans... Tant pis pour les Chinois qui attendent ma mort
prochaine afin de choisir un dalaï-lama qu'ils pourront contrôler.
Le Point : Justement, préparez-vous votre
prochaine réincarnation ?
Le Dalaï-Lama : [Il soupire] Je ne sais pas si je
vais me réincarner... ou alors je me réincarnerai en femme... [rire]...
Vous savez, dans la tradition des dalaï-lamas, on peut même se
réincarner avant sa mort. Un de mes maîtres, Sakya Tchögyach Rimpoché,
fut choisi par le 13e dalaï-lama comme la réincarnation de son propre
maître, alors que ce dernier était encore vivant. Les Chinois sont fous
de rage quand je parle de nommer quelqu'un de mon vivant.
Le Point : Pensez-vous que la récession
économique chinoise va aider la cause tibétaine ?
Le Dalaï-Lama : Vous faites allusion au fait que le
Tibet a recouvré la liberté chaque fois que la Chine connaissait des
problèmes internes... Mais non, cette fois, cela va les durcir encore
plus [il marque un silence]. J'ai l'impression que mes cinquante ans de
politique de non-violence pour retrouver l'autonomie tibétaine ont
échoué et c'est de cela que le conclave récent a principalement discuté.
En même temps, que pouvons-nous faire, nous un million de Tibétains,
contre un milliard de Chinois ? Lors de la dernière rencontre [entre
Tibétains et Chinois après les JO], les Chinois ont purement et
simplement nié l'existence d'un problème tibétain. Le seul problème pour
eux, c'est le dalaï-lama, ce " séparatiste ".
Le Point : Quelle est la solution ?
Le Dalaï-Lama : Il faut protester. Le mouvement
contre la guerre du Vietnam a été un exemple de suprême efficacité pour
nous. Mais comment créer un tel mouvement contre les Chinois ? Il
faudrait que le monde entier participe à cette protestation.
Le Point : Que pensez-vous d'Obama ?
Le Dalaï-Lama : Je l'ai rencontré en 2004 lorsqu'il
était sénateur. Il a l'air très jeune, dynamique, mais je ne le connais
pas très bien [il marque une pause puis dévoile un petit sourire
moqueur]. Moi, j'aimais bien Bush ! Il rigolait tout le temps et me
prenait par la main chaque fois qu'il me rencontrait...
Le Point : Vous trouvez que le monde va mieux
?
Le Dalaï-Lama : Absolument ! Il y a de nombreux
signes positifs : l'élection d'Obama en est une, mais aussi l'Union
européenne qui avance-et les Français ont donné le ton et le donnent
encore aujourd'hui grâce à votre président.
Le Point : De quoi d'autre avons-nous besoin
?
Le Dalaï-Lama : D'un peu plus d'amour, d'un peu plus
de compassion les uns pour les autres... Du sens de l'humour, il faut
savoir sourire [il part alors d'un rire tonitruant qui lui secoue tout
le corps]...
Le Point : Vous avez rencontré récemment
Carla Bruni...
Le Dalaï-Lama : J'ai été très impressionné. Carla
Bruni est non seulement belle, mais elle est intelligente, dynamique et
sincère. Lorsque je l'ai rencontrée en août 2008, à Lodève, elle m'a
demandé comment elle et son mari pouvaient aider la cause tibétaine [le
dalaï-lama ne veut pas nous dire ce qu'il lui a demandé mais, trois mois
plus tard, Nicolas Sarkozy rencontrait enfin officiellement le
dalaï-lama en tête à tête].
Le Point : Vous pensez qu'elle est bouddhiste
?
Le Dalaï-Lama : [Silence]... Je ne sais pas... Il
faudrait lui demander [grand rire]...
Le Point : Comment s'est donc déroulée votre
entrevue avec le président français à Gdansk ?
Le Dalaï-Lama : Il a les idées claires , il est très
intelligent et ne cache pas ses buts. J'ai décelé quelqu'un d'ouvert,
qui sait écouter et qui, peut-être grâce à Carla, comprend la
spiritualité tibétaine.
Le Point : Si vous deviez définir les
Français en quelques mots...
Le Dalaï-Lama : Chaque fois que je vais chez vous,
je remarque que les journalistes français, même s'ils ne sont pas
toujours des plus polis, posent des questions plus intellectuelles, plus
profondes, que celles que posent par exemple les journalistes
américains. Beaucoup de Français s'intéressent également de près à la
cause tibétaine et au bouddhisme tibétain.
Le Point : A quoi attribuez-vous cet
engouement ?
Le Dalaï-Lama : Moi, je ne cherche pas à convertir,
je crois que chacun devrait garder sa religion. Mais que l'on croie au
bouddhisme ou non, il n'y a pas de doute que c'est une des philosophies
les plus riches de ce monde ; et cela explique peut-être cet engouement
croissant en France.
Le Point : Vous avez proposé que le Tibet
devienne un Etat démilitarisé, dénucléarisé, qui fasse tampon entre
l'Inde et la Chine, les deux géants d'Asie.
Le Dalaï-Lama : Oui, dénucléarisé surtout. Car les
Chinois ont placé sur le plateau du Tibet un certain nombre d'ogives
nucléaires. Nous savons également qu'ils stockent leurs déchets
nucléaires dans des grottes au nord du Tibet, car de nombreux animaux y
donnent naissance à des bébés difformes. Il faut que cela cesse et c'est
pour cela que je pense que le bouddhisme et sa religion de non-violence
et de compassion peuvent aider la Chine communiste [silence]. Une zone
de paix ne veut pas simplement dire une absence d'armes nucléaires, mais
aussi qu'il n'y ait pas la moindre trace de haine et de violence mentale
dans ceux qui la peuplent. Car, comme je l'ai dit plus haut, c'est la
motivation de la haine qui est plus grave que l'acte lui-même. Grâce à
une longue tradition bouddhique qui enseigne la compassion et l'amour,
nous les Tibétains pouvons remplir ce rôle
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Tibet : les ferments de la
révolte
Vendredi 20/02/2009 - Libération.fr - Pascale
Nivelle
Grand angle - A l'approche des commémorations d'un
mois de mars qui s'annonce explosif, et malgré le bouclage de la région,
notre envoyée spéciale a pu rencontrer des résistants au
quotidien.
Des
centaines d'hommes, serrés, debout à l'arrière de camions, remontent
l'unique rue de Tagong. Moines en robes rouges, bergers en manteaux
doublés de fourrure, le couteau à la ceinture. Ils lèvent les bras en
signe de victoire. Devant le temple étincelant dans le soleil d'hiver,
un millier de personnes et quelques yacks placides ont formé une haie
d'honneur. Villageois et nomades descendus des plateaux sont venus sur
leurs chevaux harnachés, les femmes ont sorti leurs lourdes coiffes de
fête ornées d'os de yack et d'argent. La foule pousse des cris aigus,
s'engouffre dans l'enceinte du monastère à la suite des camions. Deux
garçons, la tête basse, sont menés dans les profondeurs du temple sous
les huées : "Voleurs, pilleurs !" Dans la salle de prière, du riz et du
thé au beurre fumants attendent les justiciers. Partis à 300 avant le
lever du soleil à la poursuite des pilleurs de temple, ils n'ont rien
avalé depuis près de dix heures.
Dans le Tibet verrouillé, constellé de casernes de
la wujing, la police armée, la scène paraît inouïe. Toute cette longue
journée, les policiers chinois de Tagong sont restés terrés dans leur
local. L'expédition punitive aurait été montée à leur insu. "Ils savent,
mais ils ont peur", se moque Adjie (1), une solide commerçante
tibétaine, les joues écarlates de soleil et d'excitation. "La police,
c'est nous", pérore Telsen, l'un des "combattants". "Nous savions où
étaient les voleurs, nous sommes allés les chercher.
Maintenant, c'est aux grands lamas de les juger." Bras
nus dans le froid coupant, un moine, Nonorpa, explique : "Ces jeunes
garçons ont volé sept statues au temple, pour les revendre à Chengdu.
Leur famille, des nomades pauvres installés par ici pour l'hiver, les a
dénoncés. On les a arrêtés chez eux." A la découverte du vol, il y a
moins d'un mois, le temple n'avait pas porté plainte devant la justice.
Selon Nonorpa, le pouvoir chinois n'a pas à se mêler des "affaires
intérieures du monastère". C'est la tradition, Tagong s'y accroche au
mépris de la loi. "Si la police chinoise intervenait, les villageois se
soulèveraient, affirme Telsen, on ne la voit jamais dans ce genre
d'affaires." Selon le moine, "il s'agit d' un vol de plusieurs millions
de yuans, les jeunes risquent la peine de mort avec la loi chinoise.
Pour eux, mieux vaut que nous rendions la justice entre nous." La peine
est fixée à l'avance : quelques jours de détention dans le monastère,
puis une parade dans l'unique rue de Tagong, sous les sifflets de la
foule en colère, prête à lyncher les iconoclastes. Et peut-être un
pèlerinage obligatoire, à pied jusqu'au palais du Potala de Lhassa, à
quelque 1 500 kilomètres. Tout Tibétain doit s'y rendre un jour. "Cela
leur remettra les idées à l'endroit et servira d'exemple, juge Telsen,
33 ans. Beaucoup de jeunes n'ont plus de religion, plus rien dans la
tête. Le gouvernement leur a lavé le cerveau."
Bouche à oreille
Des Telsen, le Tibet en compte des dizaines de
milliers. Fiers, forts, fervents, ils sont allés, ou rêvent d'aller en
Inde se prosterner devant leur idole, la bête noire de Pékin. "Chez moi,
j'ai 400 photos du dalaï-lama, affirme Telsen dans un anglais presque
parfait. Si la police en découvre une seule, je peux partir en prison
pour huit mois." A 20 ans, ce fils de nomades pratiquement illettrés, en
charge de sa mère et de plusieurs frères et sœurs depuis la mort de son
père, était parti pour "devenir un vrai voyou", traînant de bars en
bars, prompt à la bagarre. Un séjour d'un an et demi à Dharamsala, parmi
les Tibétains en exil, l'a "métamorphosé". Il a vu le dalaï-lama deux
fois et a appris l'anglais. Revenu à Tagong, il a ouvert un commerce,
s'est acheté une voiture et des chevaux, et s'est mis au service du
temple qui a facilité son voyage en Inde : "J'ai compris ce que
signifiait être Tibétain", dit-il. Sur la route du Kham, haute région
tibétaine rattachée à la province du Sichuan, Telsen fait mine de tirer
sur les voitures de police et les convois militaires qui sillonnent la
région depuis les émeutes de mars dernier : "Je hais ce gouvernement.
Pas les Chinois, qui sont comme nous, mais ce régime." Il ajoute : "On
est tous prêts à se battre. Ce ne sera pas pour l'économie ou la
politique, mais pour défendre notre religion. A Pékin, ils n'ont pas
compris ça."
Adjie, la villageoise aux joues rouges, n'est pas
une rebelle. Mariée à un Chinois elle remercie "le gouvernement qui nous
donne à manger", se rappelant qu'enfant, elle marchait pieds nus l'hiver
: "On n'avait que de l'herbe et de la poudre d'os de yack pour ne pas
mourir de faim." Ce qui manque à Adjie, c'est "la liberté d'aimer celui
que vous appelez DL". Jamais elle ne reniera "sa sainteté" comme le
voudraient les autorités de Pékin. "Sa présence nous éclaire, il est
dans le cœur de chaque Tibétain, pour toujours", dit-elle. C'est sa
façon "personnelle" de résister. Le 25 mars, pour la première fois de sa
vie, Adjie boycottera le Losar, le nouvel an tibétain. Pas de danse, pas
de parades de chevaux, comme le veut la tradition. Cette année, le Tibet
priera "pour les morts de mars 2008". Selon les Tibétains en exil, la
répression des violentes émeutes au printemps dernier aurait fait 200
morts et 1 000 blessés. Pékin parle d'une vingtaine de victimes, tous
han (ethnie majoritaire chinoise).
Dans
l'immense région tibétaine, de la Région autonome du Tibet (TAR) au Kham
et à l'Amdo (provinces de Gansu et Qinghai), la consigne du boycott du
Losar est passée de bouche à oreille, de portable en portable. Elle est
partie d'on ne sait où, mais chacun s'apprête à la suivre : "Seuls les
Tibétains carriéristes ou ceux qui sont fonctionnaires danseront ce
jour-là", affirme Cewang, commerçant de 27 ans et déjà propriétaire de
plusieurs boutiques de souvenirs. Une vieille femme au visage tanné,
occupée à balayer le temple, s'approche à la vue d'étrangers : "Comment
va le dalaï-lama ?" Mola fera la grève du nouvel an et priera pour les
morts du 14 mars, "comme tout le monde". Elle ajoute : "Je ne suis
jamais allée à l'école, j'ai passé ma vie avec les yacks, je suis un
yack moi-même. Je ne comprends pas tout."
A huit heures de voiture de Tagong, sur la plus
mauvaise route de Chine qui relie la capitale du Sichuan à Lhassa, voici
Lithang, devenue en dix ans une bourgade chinoise grise et sale, serrée
au pied d'un immense monastère. L'altitude - 4200 mètres - n'a pas
découragé les nombreux Chinois installés ici. Pour arriver ici, il faut
passer au travers de plusieurs check-points tenus par des policiers de
18 ans, peu motivés. "Des Tibétains enchinoisés", comme explique,
maussade, notre chauffeur local : "La plupart des policiers, sauf les
chefs, sont Tibétains. C'est la force du pouvoir chinois de faire ça. En
cas d'émeutes, ils préfèrent qu'on se batte entre nous."
Bâton de pèlerin
La foule est tibétaine. Les hommes, cheveux longs,
portent la chuba, une manche négligemment rejetée en arrière. Les femmes
aux lourds bijoux cachent leur visage sous des bonnets colorés et
doublés de fourrure. Les policiers sont partout, errants sans but dans
la rue principale. Ce dimanche, vers midi, Lobsang Lhundup, 37 ans, lama
d'un monastère voisin, a brusquement levé son bâton de pèlerin dans la
rue du marché. Il a crié : "Longue vie au dalaï-lama, indépendance pour
le Tibet, pas de Losar cette année !" Les policiers ont fondu sur lui
aussitôt. "Ils l'ont frappé et arrêté", raconte un témoin. Le lendemain,
300 personnes défilaient dans Xingfu Donglu, la "rue du Bonheur" en
chinois. 24 Tibétains ont été arrêtés selon le groupe Free Tibet et des
témoins sur place. Le district, assure un commerçant, a été "placé sous
loi martiale".
En mars dernier, les émeutes tibétaines avaient
démarré comme ça. L'immense région s'était enflammée à quelques mois des
Jeux olympiques. Lithang était restée calme. Mais depuis, la ville a été
transformée en garnison de la PAP, la police armée populaire. Des
milliers de soldats campent, prêts à intervenir, ne sortant que pour des
parades spectaculaires.
Dans son Restaurant des Neiges, minuscule gargote
qui sert des momos (raviolis) tibétains, Metipa écarte le rideau de la
cuisine. Sous ses fenêtres, dans la cour d'une école transformée en
caserne, des dizaines de soldats s'entraînent, bouclier au poing,
hurlant en chœur. Metipa branche une cassette du chanteur interdit Gonga
pour couvrir ces "cris de guerre". Sur une étagère, une petite photo du
dalaï-lama jeune, du temps où il portait des verres fumés : "S'ils la
découvrent, les policiers m'obligeront à l'écraser du pied. Ils me
colleront une amende de plusieurs milliers de yuans et me mettront en
prison." Ce portrait pourtant en évidence, c'est la contribution de
Metipa, père de deux jeunes enfants, à la révolte secrète qui habite
selon lui les Tibétains : "Tout est devenu interdit, porter un couteau
en ville, mettre l'écharpe blanche à la porte du restaurant, ou des
drapeaux de prière… On a tous, tout le temps, envie de se rebeller. Mais
d'un autre coté, on a peur." Metipa dit connaître "au moins dix
personnes, dont des moines", qui ont été arrêtées ces derniers mois et
dont personne n'a plus de nouvelles. Au pied du Chöde Gompa, la grande
lamaserie qui surplombe la ville, il désigne quelques ruines : "Tout a
été détruit par l'armée chinoise dans les années 50. Des milliers de
moines ont été tués à cette époque. Chaque Tibétain le sait. On n'a
jamais pardonné."
Le 10 mars prochain sera le cinquantième
anniversaire de la plus importante rébellion tibétaine, matée dans la
violence par l'Armée populaire de libération (APL) qui avait "libéré" le
Tibet neuf ans plus tôt. Une semaine après, le dalaï-lama s'échappait
définitivement pour l'Inde, laissant 6 millions d'orphelins. Les
Tibétains, et encore plus les autorités chinoises, craignent de
nouvelles émeutes début mars. Déjà, de nombreuses régions de la zone
tibétaine ont été fermées préventivement aux étrangers, le passage des
convois militaires s'intensifie. Un jeune moine hésite à parler, de peur
d'avoir affaire à des envoyés du gouvernement, comme cela arrive
souvent. Puis il se lance, au mépris des caméras de surveillance piquées
tout autour : "Il va se passer des choses lors de cet
anniversaire."
Il ne faut pas insister longtemps pour être conduit
dans un dédale d'escaliers antiques jusque sous les toits. Comme dans
chaque monastère tibétain, la "Présence" est là, dans un réduit enfumé
d'encens. Dans un cadre d'un demi-mètre de hauteur, Tenzin Gyatso,
quatorzième dalaï-lama, sourit devant un monceau de billets de banque à
l'effigie de Mao. Un vieux moine fait un clin d'œil, le pouce levé,
heureux de la visite. Ses jeunes frères, occupés à façonner des
statuettes en beurre coloré dans un local glacial, le sont moins. Leurs
yeux en disent plus long que leurs paroles, contingentées sur ordre du
supérieur. Un bonnet enfoncé sur les yeux, un masque sur le visage, un
grand moine finit par souffler en anglais : "J'ai passé dix mois en
prison, comprenez-nous, on ne peut pas vous parler."
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(1) Les noms ont été
changés
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A Pékin, Jean-Pierre Raffarin fait un faux procès au
gouvernement tibétain en exil !
" Peut-on être favorable à la théocratie quand on est
Français, c'est-à-dire que le religieux prenne le pouvoir ?
"
Mardi 10 février 2009 - Aujourd'hui la
Chine L'ancien haut responsable
français Jean-Pierre Raffarin a affirmé mardi à Pékin qu'il restait
"encore du travail" pour un apaisement des relations entre la Chine et
la France, à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre Wen Jiabao.
"On est plutôt dans une situation où tout le monde cherche à sortir de
la crise (...) mais naturellement il y a encore du travail à faire, des
précisions et des clarifications à apporter", a-t-il déclaré à la
presse, soulignant que M. Wen avait insisté "de manière positive sur
l'exigence d'une bonne relation avec la France".
"Les Chinois attendent de
nous des positions rassurantes", a-t-il poursuivi, se déclarant persuadé
que le président français Nicolas Sarkozy prendrait "des initiatives
avant le 2 avril (date du G20 à Londres) pour rassurer les autorités
chinoises sur son attachement au partenariat global stratégique".
"Les diplomates
travaillent", a-t-il souligné, refusant de donner des précisions sur les
initiatives que la France pourrait prendre pour calmer la situation.
"Sur la souveraineté et la théocratie,
deux sujets sur lesquels les Chinois nous interpellent, nous avons
une forte proximité", a jugé M. Raffarin, expliquant que la France ne
pouvait pas "encourager le séparatisme du Tibet". "Peut-on être favorable
à la théocratie quand on est Français, c'est-à-dire que le religieux
prenne le pouvoir ?", a-t-il aussi lancé.
Les relations
sino-françaises qui avaient déjà pris un coup de froid au printemps
dernier, lors du passage chaotique de la flamme olympique à Paris, se
sont encore tendues à la fin de l'année dernière.
Le président Sarkozy, alors
président en exercice de l'Union européenne, avait décidé de rencontrer
le 6 décembre le dalaï lama en Pologne, entraînant l'annulation
exceptionnelle par Pékin d'un sommet sino-européen prévu à Lyon le 1er
décembre. Wen Jiabao a aussi volontairement évité la France lors de sa
récente tournée européenne.
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A tous les groupes et
associations de soutien au Tibet en rapport avec le Bureau du
Tibet
Paris - le
10 février 2009
Bien des communes
et des collectivités dans votre région ont adhéré aux actions de
solidarité avec le peuple tibétain, notamment, en hissant le drapeau du
Tibet à l'occasion de la commémoration du soulèvement du peuple tibétain
du 10 mars 1959. Emues par les répressions brutales des forces
chinoises contre les manifestants tibétains au cours du printemps 2008,
plusieurs centaines de mairies se sont déclarées solidaires de votre
action. Nous sommes particulièrement fiers de compter plus
de 500 maires de France et plus de 700 à travers l'Europe qui se
joignent à cette action. Nous savons également que certains
d'entre eux (228 mairies/collectivités à ce jour dans l'Hexagone ) ont
décidé de hisser nos couleurs de manière permanente jusqu'à ce que le
peuple tibétain ait trouvé une solution négociée avec la Chine
populaire. Nous savons également qu'un grand nombre de ces
mairies ont adhéré à l'action grâce aux mobilisations des
associations comme la vôtre qui oeuvrent pour le peuple tibétain.
Et nous vous remercions pour l'efficacité de votre
action. Alors que nous vivons le moment le plus sombre de
notre histoire, plus que jamais nous avons besoin de votre soutien. Le
peuple tibétain aussi bien à l'intérieur du Tibet que celui qui vit en
exil reste sensible au soutien exprimé par les populations, élus, ONG et
gouvernements. Les manifestations de protestations à Lhassa et dans les
régions orientales du Tibet au cours de l'année 2008 ont démontré, une
fois de plus, la situation extrêmement grave de notre peuple qui vit
depuis 50 ans sous la domination chinoise. Si 2008 a été
une année charnière marquée par des manifestations et, malheureusement,
les répressions toujours aussi brutales de la part des autorités
chinoises au Tibet, le passage de la flamme Olympique à Paris et le
soutien extrêmement fort manifesté par les populations, les médias et
les élus de la nation française, sans oublier la visite de Sa Sainteté
le Dalaï Lama en France, 2009 reste une année historiquement marquante
pour nous, car le 10 mars prochain, nous commémorerons le cinquantenaire
du soulèvement du peuple tibétain. Nous envisageons, à Dharamsala ainsi
qu'ailleurs dans le monde, de nombreux événements et actions tout au
long de l'année et cela jusqu'au 10 mars 2010, actions dont nous vous
informerons et auxquelles vous pourrez participer.
Afin de donner tout son sens à cette date anniversaire
importante, nous avons récemment présenté une lettre à plus de 620
mairies en leur demandant de relayer leurs actions et si possible
de rechercher l'adhésion de leurs confères et
consoeurs. Nous venons de faire la même démarche
auprès des sénateurs et des députés membres du Groupe Tibet dans les
deux Assemblées de la France. L'action " Drapeau pour
soutenir le peuple tibétain " bénéficie d'un grand écho sur le
plan national et international, et la Chine demeure très sensible à
cette marque de soutien manifesté par les élus représentant les
populations d'un pays dont la devise est " Liberté, Egalité, Fraternité
". Ces actions comptent beaucoup dans la poursuite du dialogue
initiée par Sa Sainteté le Dalaï Lama qui plus que jamais, est déterminé
à poursuivre le combat pour son peuple en s'appuyant sur les valeurs de
la démocratie, de la justice et de la liberté. Nous vous rappelons
également que notre peuple, dans sa très grande majorité, mène une
résistance active de non-violence et ce dans des conditions extrêmement
contraignantes que vous connaissez tous. Nous vous
informons de nos démarches, et par la même occasion, nous vous demandons
de les appuyer en faisant des démarches parallèles de votre côté en
qualité d'association Tibet Support Group. Le cas échéant,
nous aimerons être informés de toute nouvelle adhésion des mairies et
des collectivités dans votre région. Avec toutes nos
cordiales salutations… Tashi Wangdi
(M.) Représentant de Sa Sainteté le Dalaï
Lama
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Sénat : Jean-François Humbert élu à la tête
du groupe d'information sur le Tibet
5 Février 2009 - Ma Commune.info
Le groupe a porté à sa présidence le sénateur du
Doubs qui succède à Louis de Broissia. La cause du Tibet a toujours été
très chère à Jean-François Humbert.
En cette année 2009, qui
s'annonce cruciale pour le Tibet et sera l'occasion de commémorer
l'invasion chinoise de 1949 et l'insurrection de Lhassa en 1959, le
groupe d'information sera plus actif que jamais, annonce un communiqué.
Il s'efforcera de prendre des
initiatives en commun avec les groupes sur le Tibet de l'Assemblée
nationale, du Parlement européen, et des autres Parlements de pays
démocratiques. Le nouveau président du groupe d'information
sur le Tibet du Sénat a, sans plus attendre, demandé à l'ambassadeur de
la République populaire de Chine à Paris de bien vouloir recevoir une
délégation de son bureau.
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Matthieu Ricard :
"le Dalaï-Lama est
découragé..."
Mardi 3 février 2009 - Le Matin (Suisse) -
Patrick Vallélian
Le chef spirituel des Tibétains n'a pas le
moral. La faute aux Chinois qui refusent tout dialogue, estime Matthieu
Ricard, un de ses proches.
Quelle issue à la crise entre le Tibet et la
Chine? Aucune, estime Matthieu Ricard*, moine bouddhiste français et
proche du dalaï-lama. Pis, cette situation bloquée par les Chinois sape
le moral du chef spirituel des Tibétains, 73 ans, qui a été hospitalisé
brièvement cette semaine à New Delhi. Pour la troisième fois en cinq
mois. "Le dalaï-lama est découragé depuis les tragiques événements de
mars dernier (ndlr: les révoltes antichinoises de Lhassa)", reconnaît
Matthieu Ricard.
"Les Chinois ne veulent pas
négocier un accord sur l'autonomie culturelle et religieuse du Tibet.
Depuis la fin des Jeux olympiques et le refus en bloc par Pékin du
projet tibétain d'une autonomie, compatible avec la Constitution
chinoise, qui permettrait la survie de l'héritage culturel du Tibet, le
dialogue semble être au point mort", poursuit Matthieu Ricard qui est
sorti de sa retraite spirituelle dans l'Himalaya le temps du WEF pour
participer à divers dialogues auxquels il a été convié et promouvoir
Karuna-Shechen, l'association humanitaire qu'il coordonne et qui est
active au Népal, en Inde et au Tibet.
C'est une situation
déplorable, estime le Français: "Les Chinois ne comprennent pas que le
mieux pour tous serait de trouver un accord avec le gouvernement
tibétain en exil tant que le dalaï-lama est en vie. Une fois qu'il ne
sera plus là, ceux qui exigent l'indépendance du Tibet pourraient
prendre le relais. Ce qui ne mènera pas à grand-chose."
D'autant que la communauté
internationale a d'autres préoccupations que de voler au secours du
Tibet depuis l'éclatement de la crise des subprime. "Dans beaucoup de
pays démocratiques, c'est le plus souvent "mollesse oblige". Il est
regrettable que la cause tibétaine soit ainsi sacrifiée."
Intérêts commerciaux
Les pays capitalistes ont
trop besoin de faire du commerce avec la Chine pour exiger un véritable
respect des droits de l'homme de la part de la nation la plus peuplée du
monde. "Le monde se couche trop facilement devant les Chinois. C'est un
mauvais calcul, car le gouvernement chinois est des plus cyniques et
méprise ceux qui s'abaissent devant lui." Une phrase que le Conseil
fédéral devrait méditer, lui qui a accueilli en grande pompe la semaine
dernière à Berne Wen Jiabao, le premier ministre chinois. Et qui a fait
dégager manu militari de la place Fédérale la poignée de manifestants
protibétains.
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Appel du Kashag à propos de la
relance de la campagne "Frapper fort" au Tibet Dharamsala le 29
janvier 2009
A la suite
des politiques très répressives adoptées par la RPC pour étouffer la
protestation des Tibétains dans toutes les régions du Tibet l'année
dernière, nous sommes très inquiets d'apprendre qu'à compter du 18
janvier 2009, les autorités chinoises à Lhassa ont lancé une campagne
"Frapper fort" de 42 jours dans l'intention d'accroître la vigilance
contre le regain de protestations politiques et pour maintenir la
stabilité dans la politiquement rétive région du Tibet. Des
sources crédibles ont signalé des " raids " officiels dans des maisons
et hôtels tibétains à Lhassa par le Bureau de sécurité publique (PSB)
qui a raflé "5766 suspects" à fin d'interrogatoire. Un incident de tir a
été également signalé au monastère de Dergué, à minuit le 27 janvier.
Cette campagne a pris un angle politique, particulièrement après les
nombreuses émeutes au Tibet en mars 2008 et est utilisée comme une arme
pour éliminer les dissidents. Nous sommes consternés
d'apprendre par un récent communiqué de presse, qu'en raison de tortures
et de coups sévères, Pema Tsepak, un jeune garçon tibétain, est mort le
23 janvier dans la région de Chamdo. Le 20 janvier, il avait prit part à
une manifestation non-violente avec deux autres jeunes garçons
tibétains, dont le sort reste aujourd'hui inconnu. Il y a
davantage de témoignages d'une pression accrue sur les Tibétains au
Tibet pour célébrer le prochain nouvel an tibétain (le Lossar), malgré
leur réticence à la célébration de celui-ci afin de montrer leur deuil
envers les compatriotes tibétains qui sont morts pendant les
manifestations de mars 2008. Dans les régions de "la préfecture autonome
tibétaine" de Ngaba et de "la préfecture autonome tibétaine" de Kardzé,
au Sichuan, les autorités chinoises ont même promis des primes de 500
yuan pour chaque famille et la délivrance de pétards gratuits afin
d'inciter à célébrer le Lossar tibétain. La relance de la
campagne "Frapper fort" et l'intensification d'autres politiques
extrêmes de la RPC vont causer encore bien plus de violations des droits
fondamentaux et des libertés du peuple tibétain. Il y a un accroissement
du sentiment de peur et d'intimidation à Lhassa et dans d'autres régions
du Tibet. Nous sommes très peu informés des intentions de la RPC
derrière la relance de ces campagnes, y compris l'éducation politique,
qui vont incontestablement créer une atmosphère propice à plus
d'agitation politique et, de ce fait, justifier l'usage de mesures
encore plus répressives. Nous demandons aux autorités de la
RPC de suspendre leur campagne "Frapper fort" et de mettre immédiatement
un terme à leurs politiques extrêmes au Tibet. Nous demandons vivement
aux parlements, aux gouvernements et à tous citoyens autour du monde
d'intervenir activement de façon à ce que les incidents malheureux de
mars 2008 ne se répètent pas. Nous demandons également aux
Tibétains au Tibet de comprendre que, malgré la dure répression et les
sévères restrictions, nous devons maintenir notre calme et puiser dans
notre persévérance non-violente, dans l'intérêt à long terme de notre
combat. Nous appelons vivement les Tibétains au Tibet à ne pas s'engager
dans la violence et d'éviter toute activité qui risquerait de conduire à
un emprisonnement inutile ou une mise en danger de la vie. Nous vous
engageons également à tout faire pour prévenir toute animosité et
conflit avec le peuple chinois. Le Kashag Cabinet de
l'Administration centrale tibétaine en
exil Dharamsala
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Opération "Frapper fort"...
La police est chargée
d'enquêter sur plusieurs milliers de
personnes
Mercredi 28 janvier 2009 -
Redaction Tibet Info (JMB)
La Chine a lancé une opération
de police au Tibet, enquêtant sur des milliers de personnes, dont
certaines ont été arrêtées pour leurs opinions "réactionnaires", a
affirmé le 28 janvier 2009 l’organisation de défense des Droits de
l’Homme International Campaign for Tibet (ICT).
La campagne "Frapper fort"
a été lancée le 18 janvier, à quelques semaines du 50e anniversaire du
soulèvement antichinois de mars 1959 au Tibet.
En une semaine, 8
424 personnes (1) ont fait l’objet d’une enquête et 81 ont été interpellées,
a de son côté indiqué le journal officiel China Tibet News sur son site
internet, dans un article récent.
Deux personnes ont notamment été arrêtées parce que
des "opinions réactionnaires" ont été trouvées dans leur téléphone
portable. D’autres sont soupçonnées de crimes tels que vol,
prostitution, meurtre, actes de violence, selon ce media.
La police de Lhassa n’a pas voulu commenter ces
informations.
China Tibet News affirme que
l’opération visait à créer "un bon environnement social" pour le Nouvel
an chinois (le 26 janvier) et le Nouvel an tibétain, le 25 février, mais
ICT estime qu’elle pourrait avoir pour but "d’intimider les Tibétains"
avant le 50e anniversaire du soulèvement de mars, et le premier
anniversaire des violences qui avaient secoué la région en 2008.
"Les autorités ont peur de
nouveaux troubles après la vague de manifestations qui avaient balayé le
plateau (himalayen) l’an dernier", a indiqué
ICT.
(1) L’AFP mentionne
8 424 personnes, ICT n’en mentionne "que" 5 766, car il fait référence à
une source antérieure.
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Pema Tsepak. © Phayul
Communauté tibétaine de
Tsawa
Un jeune Tibétain battu à mort par la police
chinoise
Mardi 27 janvier 2009 -
Redaction Tibet Info (JMB) - Phayul
Pema Tsepak, l’un des trois
jeunes Tibétains qui ont protesté dans le comté de Dzogang [1],
préfecture de Chamdo, en "Région autonome du Tibet", est décédé le 23
janvier 2009 de ses blessures après avoir été battu par les autorités
chinoises.
Le 20 janvier, trois
Tibétains, identifiés comme Thinley Ngodrub, 24 ans, son frère Thargyal,
23 ans [2], et Pema Tsepak, 24 ans, tous originaires de Punda, Comté de
Dzogang, ont exhibé une bannière blanche où était écrit "Indépendance
pour le Tibet", ont jeté des tracts en l’air et crié des slogans, avant
de se faire arrêter par les forces de sécurité chinoises. Une jeune
tibétaine, Dechen Dolma, qui a été trouvée en possession du portable de
Pema Tsepak, a également été arrêtée mais libérée plus tard, le 24
janvier.
Selon des contacts à
Dharamsala, Pema a été admis à l’hôpital du Comté de Dzogang pour des
soins, mais son cas était tellement grave qu’il a dû être transporté à
l’hôpital de la préfecture de Chamdo, où il a succombé à ses blessures.
Pema avait subi de graves
blessures à l’intestin et aux reins, selon le témoignage de Yeshi Tsomo,
originaire de cette région du Tibet, à Phayul.
Dans un autre incident survenu
le 22 janvier, trois autres Tibétains ont participé à une manifestation
de protestation et ont été arrêtés immédiatement. Ils ont été identifiés
comme étant Tashi Norbu, 29 ans [3], Thinlay Gyatso, 44 ans, et Lobsang
Lhamo, 27 ans, tous du Comté de Dzogang. [4]
Une veillée aux chandelles et
une session de prière ont eu lieu à Dharamsala pour pleurer la mort de
Pema Tsepak avec les personnes originaires de sa communauté, en
collaboration avec les associations Tibetan Women Association
(Association des femmes tibétaines), Gu-Chu-Sum, et Students for a Free
Tibet - India (Etudiants pour un Tibet libre -
Inde).
Le Gouvernement tibétain en
exil rappelle que la violente répression des manifestations au Tibet
après mars 2008 est estimée avoir fait 219 morts, 1 294 blessés, et 5
600 personnes arrêtées ou détenues, dont plus de 1 000 manquent
encore.
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[1] Le Comté de Dzogang forme,
avec celui de Markham, la partie la plus au sud-est de
la "Région Autonome du Tibet".
[2] Thinley Ngodrub et son
frère Thargyal sont retenus à la prison de Chamdo
[3] Tashi Norbu est enfermé à
la prison du Comté de Dzogang
[4] Thinlay Gyatso et Lobsang Lhamo ont été libérés
le 24 janvier.
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Nouveau représentant du Dalaï Lama à
Paris
Lundi 19 janvier 2009 -
Redaction Tibet Info (JMB) - Bureau du Tibet,
Paris.
Suite à l’annonce faite par le
Kashag, Monsieur Tashi Wangdi, ancien Représentant de Sa Sainteté le
Dalaï Lama en poste à New York, a succédé à Monsieur Jampal Chosang pour
diriger les Bureaux du Tibet à Paris.
Du 12 au 15 janvier dernier,
l’ensemble des dossiers et des responsabilités a été confié au
Représentant entrant par M. Jampal Chosang. Un certain nombre de
rencontres a eu lieu lors de cette toute première visite à Paris de
Monsieur Tashi Wangdi en qualité de Représentant. Une rencontre
collective avec la Communauté tibétaine en France a eu lieu le samedi 17
janvier 2009.
Il va de soi que, au gré de ses
missions, M. Wangdi aura l’occasion de faire d’autres rencontres avec
des organismes et des personnes liés au Tibet dans les pays mandatés aux
Bureaux du Tibet de Bruxelles et de Paris.
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BUREAU DU TIBET -
PARIS
Mercredi 14 janvier 2009
Discours au parlement Européen
Traduction
française effectuée par le Bureau du Tibet
Décembre
2008
Sa Sainteté le Dalaï Lama
Votre Excellence, M. le
Président, Honorables membres du Parlement, Mesdames et
Messieurs,
C'est un grand honneur de
parler devant vous et je vous remercie de votre invitation. Où que
j'aille, mon principal intérêt et mon engagement premier sont la
promotion des valeurs humaines, telles que l'affection - que je
considère comme le facteur clé d'une vie heureuse tant aux niveaux
individuel et familial que collectif. De nos jours, il semble qu'une
attention insuffisante soit prêtée aux valeurs intérieures. Les
promouvoir constitue donc mon engagement numéro
un.
Mon second engagement le
plus important, c'est la promotion de l'harmonie entre les religions.
Nous acceptons le besoin de pluralisme en politique et en démocratie
mais nous semblons souvent plus hésitants quant à la pluralité des fois
et des religions. Malgré leurs différents concepts philosophiques, les
traditions religieuses majeures portent le même message d'amour, de
compassion, de tolérance, de contentement et de maîtrise de soi. Elles
ont également en commun le potentiel d'aider les êtres humains à mener
des vies plus heureuses. Ces deux objectifs constituent mes engagements
les plus forts.
Bien sûr, le problème du
Tibet me concerne tout particulièrement et j'ai une responsabilité
spécifique à l'égard du peuple tibétain, qui continue de placer en moi
ses espoirs et sa confiance en cette très difficile période de notre
histoire. Le bien-être du peuple tibétain est ma constante préoccupation
et je me considère comme son libre porte-parole en
exil.
La dernière fois que j'eus
le privilège de m'adresser au Parlement européen (PE), le 24 octobre
2001, j'ai déclaré : " malgré quelques développements et progrès
économiques, le Tibet continue de faire face à des problèmes de survie
fondamentaux. Les violations sérieuses aux droits de l'Homme sont
répandues dans tout le Tibet et sont souvent le résultat de politiques
de discriminations raciales et culturelles. Malgré tout, elles sont
seulement les symptômes et les conséquences d'un problème plus profond.
Les autorités chinoises voient la culture et la religion distinctes du
Tibet comme la source d'une menace de séparation. De ce fait, un peuple
entier avec sa culture et son identité uniques font face à la menace
d'extinction résultant de politiques délibérées ".
Depuis mars de cette année,
des Tibétains de tous milieux, à travers tout le plateau tibétain, ont
manifesté contre les politiques discriminatoires et oppressives des
autorités chinoises au Tibet. Avec la pleine conscience du danger
imminent pour leurs vies, des Tibétains de tout le Tibet appelé aussi
Tcheulkha-Soum (U-Tsang, Kham et Amdo), jeunes et vieux, hommes et
femmes, moines et laïcs, croyants et non-croyants, y compris des
étudiants, se sont rassemblés spontanément et courageusement pour
exprimer leur angoisse, leur mécontentement et leurs doléances
authentiques vis-à-vis des politiques du gouvernement chinois. J'ai été
profondément attristé par la perte de vies humaines, tibétaines et
chinoises, et j'ai immédiatement appelé les autorités chinoises à la
retenue. Comme les autorités chinoises m'ont accusé d'orchestrer les
récents événements au Tibet, j'ai appelé de façon répétée à ce qu'une
investigation en profondeur soit diligentée par un comité indépendant et
internationalement reconnu, que j'invite aussi à Dharamsala, en Inde. Si
le gouvernement chinois dispose de la moindre preuve pour soutenir ses
allégations, il doit la révéler au monde.
Malheureusement, les
autorités chinoises ont eu recours à des méthodes brutales pour gérer la
situation au Tibet, malgré les appels de plusieurs dirigeants du monde,
d'ONG et de personnalités de stature internationale pour éviter la
violence et montrer de la retenue. Durant les évènements, un grand
nombre de Tibétains ont été tués, des centaines blessés et emprisonnés.
Nombreux sont ceux dont le sort reste inconnu. Alors que je me tiens
devant vous, il y a dans plusieurs régions du Tibet une forte présence
policière et militaire. Dans plusieurs endroits, les Tibétains
continuent de souffrir à cause d'une situation de loi martiale de fait.
Il y a une atmosphère d'angoisse et d'intimidation. Les Tibétains au
Tibet vivent constamment avec la peur d'être le prochain arrêté. Compte
tenu de l'interdiction faite aux observateurs internationaux, aux
journalistes ou même aux touristes de se rendre dans plusieurs régions
du Tibet, je suis profondément inquiet du sort des Tibétains.
Actuellement, les autorités chinoises ont la main complètement libre au
Tibet. C'est comme si les Tibétains faisaient face à une peine de mort,
une peine visant la destruction de l'esprit du peuple
tibétain.
Plusieurs honorables
membres du PE connaissent mes efforts constants pour parvenir à une
solution mutuelle acceptable au problème tibétain, à travers le dialogue
et la négociation. Dans cet esprit, au PE à Strasbourg, en 1988, j'ai
présenté une proposition formelle de négociation qui n'appelle pas à la
séparation et à l'indépendance du Tibet. Depuis lors, nos relations avec
le gouvernement chinois ont connu diverses fortunes. Après une
interruption de près de dix ans, en 2002 nous avons établi à nouveau un
contact direct avec les dirigeants chinois. Des discussions importantes
ont eut lieu entre mes envoyés et des représentants du gouvernement
chinois. Dans ces discussions nous avons clairement exposé les
aspirations du peuple tibétain. L'essence de mon approche de la voie
médiane est d'assurer une autonomie véritable pour le peuple tibétain,
dans le cadre de la constitution de la République populaire de Chine
(RPC).
Durant le 7ème round de
discussions à Pékin, les 1er et 2 juillet de cette année, la partie
chinoise nous a invités à présenter nos vues sur l'autonomie véritable.
En conséquence, le 31 octobre 2008 nous avons présenté au gouvernement
chinois le Mémorandum pour l'autonomie réelle du peuple tibétain. Notre
mémorandum présente notre position sur l'autonomie véritable et comment
les besoins primaires de la nation tibétaine pour cette autonomie
peuvent être satisfaits. Nous avons présenté ces suggestions avec le
seul objectif de faire un effort sincère pour régler les problèmes réels
au Tibet. Nous étions confiants qu'avec de la bonne volonté, les
solutions présentées dans notre mémorandum pouvaient être mises en
œuvre.
Malheureusement, la partie
chinoise a rejeté notre mémorandum dans sa totalité, stigmatisant nos
suggestions comme une tentative de " semi-indépendance " et "
d'indépendance déguisée " et, pour cette raison, inacceptables. De plus,
la partie chinoise nous accuse de " nettoyage ethnique " parce que notre
mémorandum appelle à la reconnaissance du droit des régions autonomes "
de réguler la résidence, l'installation, l'emploi ou les activités
économiques des personnes qui souhaitent venir dans des régions
tibétaines et provenant d'autres régions de la RPC.
"
Nous avons clairement
exposé dans notre mémorandum que notre intention n'est pas d'expulser
des non-Tibétains. Notre inquiétude est le mouvement de masse mis en
oeuvre, en premier lieu de Han, mais aussi d'autres nationalités, dans
plusieurs régions tibétaines qui marginalise la population autochtone
tibétaine et menace l'écosystème fragile du Tibet. Les changements
démographiques majeurs qui résultent d'une immigration massive
conduiront à l'assimilation plutôt qu'à l'intégration de la nationalité
tibétaine dans la RPC et, graduellement, à l'extinction de la culture
distincte et de l'identité du peuple tibétain.
Le cas des populations de
la Mandchourie, de la Mongolie intérieure et du Turkestan oriental sont
des exemples pertinents des conséquences dévastatrices d'un transfert
massif de population Han majoritaire vers des zones aux ethnies
minoritaires. Aujourd'hui, la langue, l'écriture et la culture du peuple
mandchou ont disparu. Et en Mongolie intérieure, aujourd'hui, seuls 20%
sont d'origine mongole sur une population totale de 24
millions.
Malgré les déclarations
contraires de certains officiels chinois tenant d'une ligne dure, nous
avons répondu sincèrement aux inquiétudes du gouvernement chinois
s'agissant de la question de la souveraineté et de l'intégrité
territoriale de la RPC. Le mémorandum, dont nous vous remettons une
copie, l'explique parfaitement. Vos commentaires et vos suggestions sont
les bienvenus.
Je profite de cette
opportunité pour solliciter les bons offices de l'Union européenne et du
Parlement : ne ménagez pas vos efforts pour convaincre le gouvernement
chinois de résoudre le problème du Tibet par des négociations sincères ,
pour le bien commun des peuples tibétain et
chinois.
Bien que je rejette
fermement l'emploi de la violence comme moyen, dans notre combat, nous
avons certainement le droit d'explorer toutes les autres options
politiques qui nous sont disponibles. Dans un esprit démocratique, j'ai
appelé à une réunion spéciale des Tibétains en exil pour discuter de
l'état du peuple tibétain, du problème du Tibet et de la conduite future
de notre mouvement. La réunion a eu lieu du 17 au 22 novembre 2008 à
Dharamsala, en Inde. Le manque de réponse positive du gouvernement
chinois à nos initiatives a renforcé la suspicion de nombreux Tibétains,
qui considèrent que le gouvernement chinois n'a aucun intérêt à trouver
une solution mutuellement acceptable. Ils continuent de croire que le
gouvernement chinois est résolu à une assimilation forcée et complète et
à une absorption du Tibet par la Chine. Du coup, ils appellent à une
complète indépendance du Tibet. D'autres défendent le droit à
l'autodétermination et à un référendum au Tibet. En dépit de ces
différents points de vue, les délégués ont unanimement décidé de me
donner le pouvoir de décider de la meilleure approche, en accord avec la
situation du Tibet, de la Chine et du monde et des changements qui
interviennent.
Je vais étudier les
suggestions faites par 600 leaders et délégués des communautés
tibétaines dans le monde, y compris les vues que nous pouvons rassembler
de Tibétains au Tibet.
Je suis un ardent défenseur
de la démocratie. En conséquence, j'ai constamment encouragé les
Tibétains en exil à suivre le processus démocratique. Aujourd'hui, la
communauté de réfugiés tibétains fait partie des rares communautés de
réfugiés qui ont établi les trois piliers de la démocratie : le
législatif, le judiciaire et l'exécutif. En 2001, nous avons franchi une
grande étape dans le processus de démocratisation en élisant par
suffrage direct le Premier ministre du Kashag (le cabinet de
l'administration tibétaine en exil).
J'ai toujours soutenu que
le peuple tibétain devait, en dernier ressort, décider du futur du
Tibet. Comme l'a dit le Pandit Nehru, Premier ministre de l'Inde, devant
le Parlement indien le 7 décembre 1950 : " le dernier mot en ce qui
concerne le Tibet devrait être celui du peuple du Tibet et de personne
d'autre ". Le problème du Tibet a des dimensions et des implications qui
vont bien au-delà du sort de 6 millions de Tibétains. Tout d'abord, le
Tibet est situé entre l'Inde et la Chine. Pendant des siècles le Tibet a
été une zone tampon pacifique, séparant les deux pays les plus peuplés
de la Terre. Quoi qu'il en soit, en 1962, seulement quelques années
après la soi-disant " libération pacifique du Tibet ", le monde a été
témoin de la première guerre de l'histoire entre les deux géants de
l'Asie. Cela démontre clairement l'importance qu'il y a à trouver une
résolution juste et pacifique de la question du Tibet pour permettre une
confiance et une amitié véritables et durables entre les deux plus
puissantes nations de l'Asie. Le problème du Tibet tient également en la
fragilité de son environnement qui, selon les scientifiques, a un impact
sur une grande partie de l'Asie et ses milliards d'habitants. Le plateau
tibétain est la source de plusieurs des plus grands fleuves d'Asie. Les
glaciers du Tibet forment la plus grande masse de glace en dehors des
pôles. Certains experts de l'environnement parlent du Tibet comme du
3ème Pôle. Et si le présent réchauffement perdure, le fleuve Indus
pourrait s'assécher dans les prochains 15-20 ans. Enfin, l'héritage
culturel du Tibet est basé sur le principe bouddhique de compassion et
de non-violence. De ce fait, il concerne non seulement les 6 millions de
Tibétains mais aussi les 13 millions de personnes à travers l'Himalaya,
la Mongolie et les Républiques de Kalmoukie et de Bouriatie en Russie, y
compris les frères et soeurs chinois qui, de plus en plus nombreux,
partagent cette culture qui a le potentiel de contribuer à bâtir un
monde pacifique et harmonieux.
Ma maxime a toujours été
d'espérer le meilleur et de se préparer pour le pire. Avec ceci à
l'esprit, j'ai conseillé aux Tibétains en exil de faire plus d'efforts
dans l'éducation de nos jeunes générations, de renforcer nos
institutions culturelles et religieuses en exil, avec pour objectif de
préserver notre riche héritage culturel, d'étendre et de renforcer les
institutions démocratiques et la société civile au sein de la communauté
des réfugiés tibétains. L'un des principaux objectifs de notre
communauté en exil est de préserver notre héritage culturel là où c'est
possible et d'être la voix libre de notre peuple captif au Tibet. Nous
faisons face à des tâches et à des défis démesurés. En tant que
communauté de réfugiés, nos ressources sont naturellement limitées.
Nous, Tibétains, devons également envisager le fait que notre exil
pourrait durer encore plus longtemps. Je voudrais donc remercier l'Union
européenne pour son aide dans les domaines de l'éducation et la
culture.
Je n'ai aucun doute sur le
fait que l'engagement, fidèle sur les principes, du Parlement européen à
l'égard de la Chine aura un impact sur le processus de changement en
cours en Chine. La tendance globale est vers plus d'ouverture, de
liberté, de démocratie et de respect pour les droits de l'Homme. Tôt ou
tard, la Chine devra suivre la tendance mondiale. Dans ce contexte,
j'aimerais louer le PE pour avoir honoré du prestigieux prix Sakharov le
défenseur des droits de l'Homme Hu Jia. C'est un signal important alors
que nous voyons la Chine progresser rapidement. Avec son nouveau statut,
celle-ci est conduite à jouer un rôle majeur de leader sur la scène
mondiale. Pour le remplir, je pense qu'il est essentiel pour la Chine de
permettre l'ouverture, la transparence, le droit et la liberté
d'information et de penser. Il n'y a pas de doute sur le fait que les
attitudes et les politiques de la communauté internationale envers la
Chine auront un impact sur le processus de changement en cours, autant
que sur les événements et développements internes.
En contraste avec
l'attitude toujours extrêmement rigide du gouvernement chinois envers le
Tibet, il y a heureusement au sein de la population chinoise - surtout
au sein des cercles chinois éduqués et informés - une compréhension et
une sympathie grandissantes pour la souffrance du peuple tibétain. Bien
que ma foi dans le gouvernement chinois sur la question du Tibet
devienne de plus en plus faible, ma foi dans le peuple chinois reste
inébranlable. J'ai donc conseillé au peuple tibétain de faire des
efforts concertés pour toucher le peuple chinois. Les intellectuels
chinois ont ouvertement critiqué la répression brutale des
manifestations tibétaines par le gouvernement chinois en mars de cette
année et ont appelé à la retenue et au dialogue pour résoudre les
problèmes au Tibet.
Des avocats chinois ont
publiquement offert de défendre lors de leur procès des manifestants
tibétains arrêtés. Aujourd'hui, il existe une compréhension, une
sympathie, un soutien et une solidarité grandissantes au sein de nos
frères et soeurs chinois pour la situation difficile des Tibétains et
leurs aspirations légitimes. C'est très encourageant. Je profite de
cette opportunité pour remercier nos courageux frères et soeurs chinois
pour leur solidarité.
Je remercie également le PE
pour son soutien et son attention continus pour le combat juste et
non-violent des Tibétains. Votre sympathie, votre soutien et votre
solidarité ont toujours été une grande source d'inspiration et
d'encouragement pour le peuple tibétain, à la fois au-dedans et
au-dehors du Tibet. Je voudrais remercier tout particulièrement les
membres de l'Intergroupe Tibet du PE, qui ont fait de la tragédie du
peuple tibétain non seulement le sujet de leur travail politique mais
aussi la cause de leur coeur. Les nombreuses résolutions du PE sur le
problème du Tibet ont beaucoup aidé à révéler la souffrance du peuple
tibétain et à faire prendre conscience du problème du Tibet au grand
public et aux gouvernements, ici, en Europe, et partout dans le
monde.
Le soutien constant apporté
par le PE pour le Tibet n'a pas été ignoré en Chine. Je regrette que
cela ait causé quelques tensions dans les relations UE - Chine. Quoi
qu'il en soit, j'aimerais partager avec vous mon espoir et ma croyance
sincères que l'avenir du Tibet et de la Chine passera d'une
incompréhension à une relation basée sur le respect mutuel, la confiance
et la reconnaissance d'intérêts communs - malgré la situation actuelle
très sombre au Tibet et l'impasse du processus de dialogue entre mes
émissaires et le gouvernement chinois. Je n'a pas de doutes sur le fait
que votre attention et votre soutien continus pour le Tibet vont, sur le
long terme, avoir un impact positif et aideront à créer l'environnement
politique nécessaire pour une résolution pacifique du problème du Tibet.
Votre soutien continu est donc essentiel.
Je vous remercie de
l'honneur que vous m'avez fait de pouvoir partager mes pensées avec
vous.
Sa Sainteté le XIVème
Dalaï Lama le 4 décembre 2008 Bruxelles
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La Chine
relâche des prisonniers
pour ne pas les voir mourir en
prison
Mardi 6 janvier 2009 - Redaction Tibet Info
(JMB) - Phayul et Voice of Tibet
La Chine a commencé à libérer
les prisonniers tibétains qui sont susceptibles de succomber à leurs
blessures des suites de la torture et des sévices subis en prison. Cela
permet aux autorités chinoises de ne pas être responsable de la mort
d’un détenu en prison.
"Ils (les autorités
chinoises) remettent les prisonniers aux familles pour éviter d’être
blâmé pour leur mort", a déclaré Tenzin Choeying de Students for a Free
Tibet (Étudiants pour un Tibet Libre) en Inde.
Selon la radio Voice
of Tibet, Guru Dorji, de Kardzé, a été libéré avant la fin de sa peine
de prison, après avoir été sauvagement torturé en prison.
Citant des sources fiables, VOT a indiqué que les
villageois ont été appelés par les autorités pénitentiaires pour venir
récupérer Guru Dorji le 1er janvier. Les villageois l’ont ramené à son
domicile le lendemain dans un piètre état.
L’épouse de Guru Dorji est décédée alors qu’il était
en prison. Il a exprimé sa tristesse de ne pas avoir pu la voir, mais a
déclaré qu’il n’était pas inquiet au sujet de sa propre mort. Prévoyant
sa mort prochaine, Guru Dorji a distribué ses biens à ses deux enfants
et a exhorté ses concitoyens à prendre soin d’eux.
Les villageois qui sont allés le chercher ont été
forcés de signer une lettre promettant qu’il ne participerait pas à des
manifestations, s’il se remettait de ses blessures. Une source locale a
indiqué à Voice Of Tibet que Guru vomissait ce qu’il mangeait, et qu’il
était dans un état grave.
Dans un autre incident, une
fille nommée Rigden Lhamo, 21 ans, de Kardzé, a été remise à sa famille
autour du 25 décembre 2008, parce que les autorités craignaient qu’elle
ne succombe à ses blessures en prison. Elle a été grièvement blessée
lors des manifestations du 28 mai 2008, et a ensuite été
emprisonnée.
Le 22 décembre, Rinchen et
Jampa Dolma, du couvent de Getsul à Kardzé, ont également été libérées
avant leur date de sortie prévue. Elles ont été arrêtées avec deux
autres religieuses de Getsul pour leur participation à des protestations
le 22 mai à Kardzé.
Cependant, les raisons de leur libération n’ont pas
pu être confirmées pour le moment.
Une autre sœur nommée Dolma
Yangtso du couvent de Laru à Sertha avait informé sa famille de sa
condamnation à 2 ans de prison. Elle est décédée des suites de ses
blessures après avoir été touchée par balle par les forces de sécurité
chinoises lors d’une manifestation le 10 août 2008, toujours à
Kardzé.
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Voeux de Thupten GYATSO, président de
la Communauté tibétaine de France
Chers amis du Tibet,
A l'occasion de la festivité de
la Saint Sylvestre, je voudrais vous présenter à toutes et à tous de
tout mon coeur au nom de notre équipe du Bureau de "la Communauté
Tibétaine de France et ses Amis" nos meilleurs voeux pour 2009. Nous
prions que celle-ci vous apporte de la paix et de la santé aussi bien à
l'échelle individuelle que collective, ainsi que la réalisation de vos
projets.
L'année 2008 a marqué par une
multitude des événements de tout genre sur le plan mondial et plus
particulièrement au Tibet, les manifestations politiques du mois de mars
dernier ont ouvert une nouvelle page dans l'Histoire de la Résistance
pacifique du peuple tibétain contre l'occupation illégale de notre pays
par la "République populaire de Chine".
Une répression sanglante menée
par des militaires chinois et "la Police armée du Peuple" à l'encontre
des manifestants Tibétains et celle-ci a été commandité directement par
Hu Jin Tao sous sa responsabilité.
Nous sommes tellement attristés
par l'absence d'une réaction concertée de la part de "la Communauté
internationale" sur la question tibétaine à l'instar d'autres problèmes
du monde afin d'imposer aux autorités chinoises "une enquête
internationale" sur la persécution généralisée de la population civile
tibétaine complètement désarmée.
La République populaire de
Chine a bénéficié une totale impunité de l'ONU pour ses crimes contre
l'humanité au Tibet et ailleurs. Le résultat de course, le Tibet
est devenu une prison à ciel ouvert où les Tibétains sont considérés
moins que rien par un pouvoir colonial qui ne sait que exprimer à
travers la violence ensuite Hu Jing Tao cherche à cacher ses crimes en
déformant les faits et sa machine de propagande (Xinghai) prêche une
version des faits selon laquelle les rôles inversés des criminels des
victimes.
Au mois de mai dernier, malgré
la tension qui régnait au Tibet suit aux répressions chinoises, les
Tibétains dans le monde entier ont fait preuve de compassion et d'amitié
en exprimant leurs solidarité avec le peuple chinois lors de la
tremblement de Terre du 12 mai 2008 en Chine, qui a provoqué la mort de
92, 000 personnes selon "l'agence officielle de Chine nouvelle" et que
plusieurs millions se seraient retrouvés sans
abri.
le processus du dialogue
sur l'avenir du Tibet entre Dharamsala et Pékin se retrouve dans
l'impasse à cause de la mauvaise foi et du manque de la volonté
politique des autorités chinoises pour régler la question tibétaine.
Mais tout n'est pas perdu pour le Tibet, les Tibétains dans sa forte
majorité ont apporté un soutien sans faille à la politique de la voie
médiane du gouvernement tibétain donc à Sa Sainteté le Dalai Lama à
travers la "Réunion extraordinaire du 17-22 du novembre dernier à
Dharamsala en Inde.
A l'issue de cette réunion
spéciale, la société civile a démontré son unité et sa pertinence sur sa
demande de l'autonomie pour le Tibet. Désormais la balle se trouve du
côté de Pékin.
En tant que Tibétains, nous
apportons notre soutien à " Charte 08" rédigée par plus de trois cents
chinois de tous les secteur de la société chinoise. ce document résume
en 19 points réclame fin de monopole du pouvoir "du parti communiste"
afin d'engager la Chine vers un Etat fédérale dans un cadre d'une
démocratie chinoise soucieuse du respect des droits fondamentaux pour
tous.
Enfin, nous vous souhaitons une
très belle année et nous demandons à nos amis citoyens de continuer
votre soutien à la cause du Tibet. je vous remercie
infiniment.
Thupten GYATSO,
pour l'équipe du Bureau
de "la Communauté
Tibétaine de France".
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Nicolas Sarkozy a rencontré le
Dalaï-Lama
6 Décembre 2008 - Le
Parisien
Le président de la République a
rencontré pour la première fois le chef spirituel tibétain. L'entretien
a eu lieu à Gdansk (Pologne), à l'occasion de la cérémonie organisée
pour le 25e anniversaire de la remise du prix Nobel de la paix à Lech
Walesa, ancien président polonais et ancien dirigeant du syndicat
Solidarnosc.
"Il convient de ne
dramatiser aucun rendez-vous. Je suis libre en tant que président de la
République française de mon agenda", a déclaré Nicolas Sarkozy,
avant la rencontre avec le dalaï lama qui devrait durer trente
minutes cet après-midi. "En tant que président du Conseil de
l'Europe, je porte des valeurs, des convictions. C'était mon devoir de
le faire, je le fais bien volontiers", a-t-il ajouté.
Cette rencontre suscite la
colère des Chinois, qui menacent de boycotter les produits français.
Pour Pékin, le chef spirituel tibétain en exil est un agitateur
dangereux. Après avoir annulé un sommet avec l'UE à Lyon le 1er décembre
et, dans la foulée, le sommet France-Chine prévu le lendemain à Paris,
Pékin a maintenu la pression sur Paris. Le porte-parole du ministère des
Affaires étrangères, Liu Jianchao, a ainsi affirmé que les relations
commerciales bilatérales pourraient en souffrir, tandis que les appels à
boycotter les produits français ont ressurgi sur Internet.
Face à la colère chinoise, Nicolas Sarkozy a déclaré
à Gdansk : "Il faut voir ces choses tranquillement, sereinement. Le
monde a besoin d'une Chine ouverte qui participe à la gouvernance
mondiale. La Chine a besoin d'une Europe puissante (...) nous avons le
devoir de travailler ensemble." Les relations s'étaient refroidies au
printemps après la sévère répression par Pékin de manifestations
tibétaines, qui avait "choqué" le chef de l'Etat français, puis du
passage mouvementé de la flamme olympique à Paris. En août, Nicolas
Sarkozy avait renoncé à rencontrer le dalaï lama en visite en France. Le
chef spirituel tibétain avait inauguré un temple boudhique avec Carla
Bruni-Sarkozy. "J'ai déjà rencontré l'épouse. Je suis heureux
maintenant de rencontrer le mari", a-t-il déclaré, non sans ironie,
cette semaine lors de sa visite au Parlement de Bruxelles.
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Edito du Monde
Alarme tibétaine
Edition du 25/11/2008 - Le
Monde Il faut s'inquiéter pour le Tibet.
L'apparent calme qui règne sur le Toit du monde, secoué au printemps par
des troubles violents avant que la main de fer de Pékin ne le bâillonne,
est trompeur. En l'absence de règlement politique, le désenchantement et
le désespoir continueront d'y faire oeuvre délétère, avant la prochaine
explosion.
L'échec récent des discussions avec Pékin,
auxquelles les dirigeants chinois avaient consenti pour faire bonne
figure avant les Jeux olympiques de l'été, est un fort mauvais
présage.
Déjà le raidissement se dessine dans le camp
tibétain. Comme si la trêve olympique se concluait. En l'absence d'une
information libre, on peine évidemment à prendre toute la mesure des
sentiments qui travaillent les cinq millions de Tibétains de
l'"intérieur" qui vivent sous la férule chinoise.
Mais la diaspora (140 000 personnes) est gagnée,
elle, par une exaspération lourde de périls. Si un message devait être
retenu des états généraux de l'exil qui se sont réunis du 17 au 22
novembre à Dharamsala, sur les contreforts himalayens du nord de l'Inde,
c'est bien celui-là : les esprits se crispent à nouveau.
Il ne faut pas chercher à se rassurer en relevant
que le document final du conclave, sans précédent dans les annales du
mouvement tibétain, réaffirme le soutien à la voie modérée - l'autonomie
- prônée par le dalaï-lama. Il convient de bien lire entre les lignes.
Ce que sous-entend vraiment ce texte, c'est que toutes les options vont
redevenir ouvertes si, "dans un proche futur", Pékin ne se départ pas de
son intransigeance coutumière.
Toutes les options ? Le projet d'"indépendance", terme
jusque-là tabou dans les cercles proches du dalaï-lama, est ainsi brandi
comme une mise en garde.
Deux décennies d'approche conciliatrice - la fameuse
"voie du milieu" - du chef politique et spirituel des Tibétains sont
ainsi virtuellement en danger. Il est urgent que la communauté
internationale comprenne la rupture en train de se dessiner. Il est
impératif qu'elle se tourne à nouveau vers Pékin pour le convaincre
qu'il n'est dans l'intérêt de personne, y compris des Chinois eux-mêmes,
que le Toit du monde s'enfièvre à nouveau.
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Le Dalaï-Lama juge la communauté
tibétaine
"en grand danger"
Dimanche 23/11/2008 - LEMONDE.FR
Le dalaï-lama a tenu une conférence de presse,
dimanche 23 novembre, à Dharamsala, après avoir déclaré, lors d'un
rassemblement des Tibétains en exil, qu'il avait "récemment perdu de
plus en plus confiance dans les autorités chinoises".
La communauté tibétaine est "en grand danger" faute
de stratégie, a averti, dimanche 23 novembre, le dalaï-lama, qui a aussi
reconnu avoir perdu toute confiance dans les autorités chinoises après
l'échec d'années de négociations sur le statut du Tibet.
"J'ai récemment déclaré que ma confiance dans les
autorités chinoises s'amenuisait", a-t-il ainsi déclaré lors d'un
rassemblement de la communauté tibétaine à Dharamsala, "capitale" depuis
1959 du gouvernement en exil, située dans le nord de l'Inde. Ce type de
consultation, où quelque 550 exilés tibétains débattaient depuis une
semaine sur l'avenir de leur lutte, était sans précédent. "Dans les
vingt prochaines années, si nous ne prenons pas garde à nos actes et à
notre stratégie, alors la communauté tibétaine est en grand danger", a
prévenu le dignitaire bouddhiste, âgé de 73 ans, qui a appelé à des
"projets innovants pour les Tibétains".
Alors qu'une frange des exilés tibétains aspirait à
une radicalisation de la lutte contre la domination chinoise, l'option
d'un possible durcissement - l'indépendance du Tibet plutôt qu'une
simple autonomie - a été écartée. Un consensus s'est en fait dégagé
parmi les délégués pour s'aligner sur la ligne conciliante prônée par le
dalaï-lama, qui a renoncé à revendiquer l'indépendance, sachant que la
Chine ne reviendra jamais sur sa souveraineté sur le Tibet qu'elle
contrôle depuis 1951. Le chef politique et spirituel tibétain a ainsi
choisi une diplomatie dite de la "voie moyenne" consistant à réclamer
une large "autonomie culturelle".
"La majorité s'est
prononcée pour poursuivre la politique de la 'voie moyenne'" du
compromis avec Pékin sur le statut de la province autonome chinoise,
avait déclaré, samedi, le président du Parlement tibétain en exil, Karma
Chophel. Mais "un certain nombre [d'exilés] ont déclaré que si la 'voie
moyenne' ne donnait pas de résultats dans un avenir proche, alors le
peuple tibétain sera contraint de modifier sa position en vue d'une
totale indépendance ou d'une exigence d'auto-détermination", a cependant
prévenu Karma Chophel.
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Les
délégués tibétains en conclave à Dharamsala (Reuters)
Les Tibétains en exil
soutiennent la voie moyenne du
Dalaï-Lama
Samedi 22/11/2008 -
Libération.fr et Reuters - par Bappa Majumdar (traducrion Marc Delteil
et Guy Kerivel)
DHARAMSALA - Le conclave qui a rassemblé cette
semaine des centaines de Tibétains en exil à Dharamsala, dans le nord de
l'Inde, a décidé de poursuivre la "voie moyenne" du dalaï-lama vis-à-vis
de la Chine.
Cette réunion de six jours dans la "capitale" des
Tibétains exilés visait à discuter de l'avenir du mouvement devant
l'absence de résultats de huit sessions de discussions entre les
autorités de Pékin et le camp du chef spirituel des Tibétains.
La "voie moyenne" du dalaï-lama consiste à
rechercher par le dialogue une plus grande autonomie de la province
chinoise au détriment de la revendication d'indépendance.
"Nous continuerons sur cette 'voie moyenne' et s'il
n'y a pas de résultat à court terme nous envisagerons d'autres options,
y compris l'indépendance", a cependant déclaré Karma Choephel, président
du parlement tibétain en exil.
Pour Samdhong Rimpoche, Premier ministre du
gouvernement en exil, "la voie moyenne reste notre objectif". "Nous
sommes toujours partisans de la non-violence. Une petite partie de notre
peuple n'est pas d'accord mais sa voix a aussi été entendue", a-t-il
dit.
Immobilisme chinois
Certains délégués à Dharamsala voulaient qu'un délai
de deux ans soit fixé à Pékin pour régler la question tibétaine, faute
de quoi ordre serait donné de radicaliser le mouvement
d'émancipation.
Mais la majorité a apporté son soutien à la ligne du
dalaï-lama qui, à 73 ans, a récemment connu des ennuis de santé et
n'assistait pas aux débats. Pour certains observateurs, la réunion de
Dharamsala visait à persuader les Chinois qu'en l'absence de compromis
des éléments plus radicaux se dresseront contre eux.
Des pourparlers se sont tenus du 31 octobre au 5
novembre à Pékin, au cours desquels la Chine a continué de rejeter les
revendications d'autonomie des Tibétains en exil.
Ceux-ci ont présenté à leurs interlocuteurs un
"protocole pour une véritable autonomie", soulignant leur droit à leur
propre gouvernement régional, à une représentation au sein des organes
de décision, à la protection de la culture et de l'identité des
nationalités minoritaires au Tibet et à la préservation de
l'environnement.
Les responsables chinois ont fermé la porte à toute
"indépendance, semi-indépendance ou indépendance déguisée".
Selon une source tibétaine, les mesures de sécurité
ont été renforcées ces derniers temps à Lhassa, la capitale du
Tibet.
Les personnes dépourvues de permis de séjour, comme
les pèlerins ou les hommes d'affaires, sont expulsées de la ville, a
précisé cette source, selon qui la police et les militaires patrouillent
dans les rues.
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La pièce
originale (sa version en tibétain) du "Traité Tibet-Mongolie de 1913" a été
retrouvée en Mongolie
Le traité d'indépendance du Tibet (1913) a été
retrouvé
Phayul - 12 novembre 2008 - par Phurbu Thinley
(English version)
"Dans les premières lignes du traité (traité
Tibet-Mongolie de 1913) le Tibet et la Mongolie attestent de s'être
libéré de la domination Mandchou et d'avoir chacun constitué un état
indépendant."
Au cours des siècles, le Tibet et la Mongolie
avaient développé des liens très forts au niveau culturel et historique.
Suite à l'effondrement de la Dynastie Manchu (Qing) en 1911, le Tibet et
la Mongolie déclarèrent leur indépendance puis, par la suite, signèrent
en 1913 un traité d'amitié et de reconnaissance mutuelle de leurs
indépendances respectives.
Parfois, l'existence de ce traité entre le Tibet et
la Mongolie, tel qu'il a été conclu début 1913, a été mise en doute par
certains intellectuels. Mais récemment, la pièce originale de la version
en Tibétain (mais pas celle en Mongol) du traité Tibet-Mongolie de 1913
a été redécouverte, mettant pour la première fois à la disposition des
experts une part essentielle du document original.
Interviewé par Phayul, le Professeur Elliot Sperling
fait un peu plus la lumière sur ce traité, en montrant sa portée
historique par rapport aux controverses sur la question du Tibet.
Le Professeur Elliot Sperling travaille au
Département d'Etudes Eurasie-Centrale de l'Université d'Indiana (USA).
Il y dirige le programme de recherche sur le Tibet. Il est venu
récemment à Dharamsala (siège du Gouvernement Tibétain en Exil en Inde)
pour une conférence sur le Traité, la redécouverte de son texte
original, et en décrivant ses implications. Il vient de donner de
nombreuses conférences sur ce sujet dans diverses universités
occidentales.
Interview
Q - En quoi
consiste exactement ce traité Tibet-Mongolie de 1913
?
Elliot Sperling : Le Traité
revêt exactement ce que laisse entendre son libellé. C'est un traité
signé en janvier 1913 et portant les sceaux des représentants du Tibet
et de la Mongolie. Dans les premières lignes du traité, le Tibet et la
Mongolie attestent de s'être libéré de la domination Mandchou et d'avoir
chacun constitué un état indépendant. Suivent une série de courts
articles portant, entre autres sujets, sur leur engagement mutuel de
secours et d'assistance, et abordant des dispositions commerciales et
financières.
Q - La version en tibétain de l'original du
Traité a été retrouvée au cours de l'année dernière. Où et à quelle date
précisément ? Pourquoi n'a-t'il pas été officiellement accessible plus
tôt ?
E.S. - Le Traité a été retrouvé en Mongolie. Il
devait être dans les archives nationales (d'ailleurs il porte le sceau
de l'ancien ministère des affaires étrangères). Des copies ont commencé
à circuler seulement en 2007. La délicate situation politique de la
Mongolie (située entre l'URSS et la Chine), pendant presque tout le
XXème siècle, a sûrement joué sur le fait que cette version originale
soit restée inaccessible aussi longtemps.
Néanmoins, d'autres versions du traité étaient
disponibles : en anglais, mandarin, et mongol. Il y en avait même une en
tibétain - résultant d'une traduction de l'anglais (!) comme celle en
mandarin - réalisée par Tsepon W.D. Shakabpa - et, avant que
n'apparaisse le document original en tibétain, c'était la seule version
accessible pour ceux qui lisent le tibétain.
La version en anglais résultait quant à elle d'une
traduction d'une version en russe, cette dernière ayant probablement été
rédigée à partir d'un rapport officieux des Mongols relatant l'original.
Aucune de ces autres versions ne donnait une vue exhaustive de toutes
les parties du texte original en tibétain, mais elles sont étonnament
fidèles à l'original sur le fond.
En résumé, les traductions se sont enchaînées à
partir de la pièce originale en tibétain, qui fut d'abord traduite en
mongol, puis cette version fut convertie en russe, elle-même traduite en
anglais. Ce dernier a ensuite été traduit d'un côté en mandarin, et de
l'autre en tibétain (par Shakabpa) à nouveau (avec des différences par
rapport à l'original en tibétain).
Q - Quelle est la
signification historique de ce traité daté de 1913
?
E.S. - Sachant que l'existence même de ce traité
était parfois mise en doute, la redécouverte du document original est
très importante au niveau historique. Sa portée vient surtout du fait
qu'il s'agit d'un document officiel dans lequel, conjointement, le Tibet
et la Mongolie reconnaissent mutuellement leur indépendance, suite à
l'effondrement de la Dynastie Qing.
Q - La Chine conteste
l'existence et la validité de ce traité. Sur quelles bases
?
E.S. - La plupart des auteurs chinois ont dénigré ce
traité, mais pas tous de la même façon. Il y a un ouvrage en mandarin
qui s'évertue laborieusement à n'évoquer ce traité que sous le terme
"accord", laissant entendre qu'il n'a aucune valeur au plan
international. (Les mêmes circonvolutions lexicales furent utilisées
pour l'Accord en 17 Points de 1951, où le terme "Accord" fut choisi pour
montrer que le document en question ne constituait qu'un arrangement
entre parties à l'intérieur d'un même pays, et pour le rendre
inutilisable juridiquement au niveau international.)
D'autres auteurs chinois s'appuient, pour dénigrer
le traité Tibet-Mongolie de 1913, sur les observations de Charles Bell,
qui affirmait que le 13ème Dalai Lama n'aurait ni requis explicitement
la signature d'un tel traité, ni assuré ensuite sa ratification.
Q - Il est incontestable
que le Tibet ait été totalement indépendant de toute subordination
étrangère entre 1911 et 1950. Aussi le 13ème Dalai Lama avait-il déclaré
formellement l'indépendance du Tibet en 1912. Cependant, l'existence du
traité entre le Tibet et la Mongolie, conclu début 1913, était sujet à
discussion pour certains
intellectuels.
E.S. - Cela est, je le répète, largement dû à ce
compte rendu de Bell. Alfred Rubin dénigre sa validité avec l'expression
"même si le traité existe vraiment", tandis que Tom Grunfeld y fait
allusion avec l'adjectif "prétendu". Dans l'édition 1987 de son livre
sur le Tibet moderne, il affirme que le traité "se révèle être un cas
classique de désinformation venant de responsables russes, colons en
Mongolie". Il a omis cette mention dans l'édition de 1996.
Q - Maintenant que le
texte original du traité est retrouvé, quelles sont les implications
éventuelles sur le problème du Tibet, pour les experts de cette question
?
E.S. - C'est un point qui reste à étudier. Mais
désormais il ne peut évidemment plus être balayé d'un revers de
main.
Q - Quelle conclusion
pouvez vous tirer après avoir eu accès à l'original de ce traité
méconnu, objet de tant de débats ?
E.S. - Le traité est authentique. Il existe
vraiment, et il porte les signatures et les sceaux de responsables
agissant avec les attributions de Ministres Plénipotentiaires du Dalai
Lama, dotés des pleins pouvoirs pour conclure ce traité. Il n'y a aucun
doute sur le contenu du traité.
Même si des doutes ont pu être émis, venant
notamment de Charles Bell, il serait inconcevable que les Tibétains
signataires aient pu fabriquer les certificats prouvant que le Dalai
Lama leur avait donné tout pouvoir pour mener à bien cette mission (je
fais notamment référence à leur délégation de pouvoir accordée par le
Dalai Lama les faisant ses Plénipotentiaires), et qu'ils auraient
ensuite pu masquer leur fraude à travers la formulation même du traité.
Pour comprendre les remarques de Bell sur le fait
que le Dalai Lama ait minimisé son rôle dans ce traité, on peut supposer
que dans le prolongement des événements qui ont conduit par deux fois à
son exil, le Dalai Lama ne se faisait plus d'illusion sur les rapports
de force autour du Tibet : alors, quand il a vu les Britanniques,
informés par des rumeurs, commencer à exprimer leur désaccord par
rapport à ce traité, il a sûrement préféré rester dans le vague sur le
traité dans ses échanges avec Bell.
Merci beaucoup
Professeur Sperling.
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Des copies ont
commencé à circuler seulement en 2007. Le Prof. Elliot Sperling pense
que la délicate situation politique de la Mongolie, pendant presque tout
le XXème siècle, expliquerait le fait que l'original du traité n'ait pas
été découvert plus tôt. (Phayul/File).
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Malgré l'échec des dernières discussions le Dalaï Lama veut continuer à discuter avec la
Chine
Mercredi 12 novembre 2008
par Redaction Tibet Info (JMB)
Le Dalaï Lama croit toujours
aux vertus du dialogue avec la Chine sur une éventuelle autonomie du
Tibet, a annoncé le 11 novembre son conseiller, malgré l’échec des
récentes discussions sino-tibétaines.
Le Secrétaire du
Département de la Sécurité Tenzin Taklha a indiqué à l’AFP que le chef
en exil du bouddhisme tibétain "estimait que, dans n’importe quel
conflit, la seule solution réside dans le dialogue".
"Il ne peut y avoir aucun progrès sans pourparlers.
C’est la position constante du Dalaï Lama", a-t-il affirmé.
"La Chine ne fera jamais de concession sur le statut du
Tibet"
Pourtant, la Chine a
annoncé le 10 novembre que ses dernières discussions à Pékin avec les
émissaires du dignitaire religieux avaient échoué en précisant qu’elle
ne ferait "jamais de concession" sur le statut du Tibet, région annexée
par la Chine en 1951.
Deux émissaires du Dalaï
Lama ont participé début novembre en Chine à un nouveau cycle de
négociations sur le Tibet, premiers entretiens depuis ceux de juillet
jugés décevants par les Tibétains.
Des émissaires du lauréat
1989 du prix Nobel de la paix 1989 et des représentants chinois
discutent officiellement depuis 2002.
En octobre, le Dalaï lama
avait reconnu que la revendication pour une plus grande autonomie du
Tibet avait échoué et s’était dit prêt à envisager un durcissement de sa
stratégie. Des groupes de jeunes exilés tibétains, amers et
indépendantistes, sont favorables à une radicalisation du mouvement.
Pour sa part, Pékin refuse toute idée d’indépendance ou de
"semi-indépendance".
Une grande réunion de Tibétains
est programmée à Dharamsala du 17 au 22 novembre pour discuter de
l’avenir de la cause tibétaine.
Le Dalaï Lama avait
lui-même admis en octobre avoir perdu espoir de trouver un règlement
avec la Chine, "mais il n’a jamais dit qu’il renonçait au dialogue", a
assuré le Secrétaire du Département de l’Information et des Relations
Internationales, Thubten Samphel.
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Deux émissaires
du Dalaï-Lama en Chine
30 Octobre 2008 - Le Figaro
Deux émissaires du dalaï
lama ont quitté le nord de l'Inde pour se rendre en Chine pour un
nouveau cycle de négociations sur le statut du Tibet, a-t-on appris de
source officielle.
Le dignitaire bouddhiste avait
indiqué dimanche avoir perdu tout espoir de continuer à discuter avec la
Chine d'une autonomie pour le Tibet et envisager de durcir sa stratégie
en la matière, notamment en examinant les revendications d'indépendance
formulées par des groupes tibétains radicaux.
Mais ce huitième cycle de
discussions sino-tibétaines était programmé et les deux émissaires Lodi
Gyaltsen Gyari et Kelsang Gyaltsen devraient passer une semaine à Pékin
en compagnie de représentants chinois, a indiqué le gouvernement
tibétain en exil à Dharamsala (nord de l'Inde) dans un
communiqué.
La Chine avait appelé mercredi
le leader spirituel tibétain à saisir cette "opportunité et à répondre
positivement aux conditions posées par les autorités centrales" lors des
contacts précédents.
Des émissaires du lauréat 1989
du prix Nobel de la paix et Pékin discutent officiellement depuis 2002
du statut du Tibet. Le dernier entretien remonte à
juillet, mais il avait été jugé décevant par les
Tibétains.
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Des moines tibétains battus à coups de pelles
et de machettes par la police paramilitaire chinoise
!
27 septembre
2008
Free Tibet Campaign
English version Free Tibet Campaign (FTC) rapportait le fait que
50 moines tibétains avaient été battus par la police paramilitaire
chinoise le 24 septembre 2008 au monastère de Kirti (dans le comté de
Ngaba, région d'Amdo, dans l'est du Tibet historique; territoire
rattaché à la province chinoise de Sichuan).
Aujourd'hui FTC dispose de
plus de détails, venant d'une source certifiée, sur ces événements au
monastère de Kirti : Le moine qui avait été battu dans la soirée du 24
sept. se dénomme Jimpa Ladja. Il était sorti du bâtiment du monastère
pour aller aux toilettes, à l'intérieur de l'enclave du monastère.
Le monastère de Kirti se
trouve encerclé par la police paramilitaire chinoise, qui a installé 9
postes de garde autour du monastère: chacun d'eux est entouré de
barrières et 10 à 15 policiers y sont regroupés. Au delà de ces
checkpoints, une limite a été tracée tout autour du monastère : les
religieux ont interdiction de sortir de cette zone sans autorisation.
Jimpa Ladja a été arrêté
par des paramilitaires, à l'un des postes de garde, alors qu'il revenait
vers le batiment du monastère. Les policiers l'ont accusé de circuler
hors du périmètre autorisé. Ladja a dit que c'était faux, et ils se sont
mis à le frapper sauvagement. Après ce tabassage, Ladja a pu parvenir à
pied jusqu'à la cantine qui fait partie du monastère. Une cinquantaine
de moines s'y trouvaient en train de dîner. En sang, Ladja leur a
raconté qu'il avait été battu sans qu'il ait commis d'infraction.
Alors, deux des moines sont
allés demander des explications au poste de police, du côté nord du
monastère. Là-bas des paramilitaires chinois les ont menacé en tirant en
l'air et dans le sol, à balles réelles, tout près des moines qui sont
alors repartis en courant vers le réfectoire, poursuivis par les
policiers qui exigeaient que Ladja en sorte
immédiatement.
A la cantine, deux
moines se sont indignés auprès des paramilitaires du fait insensé de
sanctionner des moines sortant de leur monastère pour aller aux
toilettes. Les religieux ont demandé aux policiers de contacter leurs
responsables pour traiter avec eux de cette affaire. L'un des policiers
a effectivement téléphoné mais, juste après, deux camions remplis de
paramilitaires ont débarqué. Ils étaient armées de fusils, de pelles et
de machettes.
Lorsque ces policiers
en armes firent irruption, les moines se tenaient assis par terre,
ouvrant même leurs vêtements pour montrer qu'ils n'avaient aucune arme.
Les religieux n'ont montré aucun signe de violence, mais la police s'est
mise brutalement à leur taper dessus à coups de crosses de fusil, de
pelles et même de machettes.
Leurs blessures
étaient telles que cinq moines durent être hospitalisés. Il s'agit de
Lama Sotse, Rabgye, Tsang Chopel, Labchoek and Lophel. Rabgye et Tsang
Chopel souffrent de graves blessures dues à des coups de pelles et de
machettes.
Les moines blessés ont été
conduits à l'hôpital public de la ville de Ngaba. Au 26 sept. seul Lama
Sotse s'y trouvait encore.
A ce jour, on ne sait
toujours pas ce que sont devenus les quatre autres religieux
hospitalisés.
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Jetsun Pema à Crest - Fabrice Anterion
- Dauphiné Libéré
La soeur du Dalaï-Lama était hier à Crest
Lundi 25 août 2008 - Chantal
Seignoret - Dauphiné Libéré
Pour tous les réfugiés
tibétains d'Inde, elle est "Pema la", la "Mère". C'est par son action
inlassable en faveur de l'éducation et des enfants que Jetsum Pema a
mérité cet affectueux surnom. La soeur cadette du Dalaï Lama a consacré
près de 40 ans de sa vie aux "tibetian children village" installés pour
les exilés sur le territoire indien. Depuis 2006, date de sa retraite,
elle parcourt le monde pour témoigner et recueillir les fonds
nécessaires à la poursuite de son action et à la création de la première
université tibétaine. Elle était hier à Crest à l'invitation de
l'association "Tibet vallée de la Drôme" et de "Tibet, les enfants de
l'espoir".
Le matin, la soeur du
Dalaï-Lama -avec lequel elle partage une certaine noblesse physique- a
été officiellement honorée par la municipalité d'Hervé Mariton. Membre
du groupe d'études pour le Tibet à l'Assemblée nationale, le député
maire soutient depuis longtemps la cause du Tibet; il a tenu à remettre
à Jetsum Pema la médaille de l'Assemblée nationale, la ville se serait
également engagée à parrainer les études de deux jeunes
tibétains.
Toujours de jeunes orphelins
arrivants Au lendemain de la visite du Dalaï Lama en France, sa
soeur s'est refusée à tout commentaire politique, se déclarant seulement
"inquiète de l'après Jeux Olympiques" et des quelque 10.000 prisonniers
qui seraient actuellement dans les prisons chinoises.
"Notre mission est d'être "la
voix des sans voix". La Chine est un pays économiquement très fort, mais
très faible du point de vue des droits de l'homme et il lui faudra
progresser sur cette voie pour être reconnue des autres nations". Pas de
découragement donc puisque le long combat pacifique des exilés tibétains
et de leur chef spirituel "est aujourd'hui connu dans le monde
entier".
"L'important est de former un bon être
humain"
En Inde, un travail
considérable a été accompli depuis la première école, créée dès 1959.
Aujourd'hui 27.000 enfants sont accueillis, dont 16.000 en "tcv", ces
villages d'orphelins organisés en communauté éducative autour d'une
"mère". Et il en arrive encore près d'un millier par an. Les parents
tibétains préfèrent se sacrifier et se séparer de leurs enfants pour
qu'ils rejoignent l'Inde -souvent à pied, dans le froid et la neige- et
puissent conserver leur culture d'origine. Ces écoles sont financées
soit par l'aide occidentale, soit par le parrainage individuel (30
dollars par enfant).
A Bangalore, est en
construction la première université qui accueille déjà 87 étudiants
destinés au professorat. Neuf millions d'euros sont nécessaires, dont la
moitié est déjà trouvée. "La démocratie va de pair avec l'éducation et
celle-ci est au centre des préoccupations du Dalaï-Lama, explique Jetsum
Pema, mais plus que le savoir, l'important est de former un bon être
humain". Porteur de ces valeurs éthiques et spirituelles qui ont valu au
Dalaï-Lama une reconnaissance mondiale.
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Bernard Kouchner :
le Dalaï-Lama "toujours le bienvenu en
France"
Lodève - Vendredi
22 août 2008 - Le Point.fr - Marc Vignaud
Le ministre des Affaires
étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'État aux Droits de
l'homme Rama Yade ont assisté aux côtés du Dalaï-Lama, vendredi, à
l'inauguration du temple bouddhiste de Lérab Ling à Roqueredonde dans
l'Hérault, tout comme l'épouse du chef de l'État Carla Bruni-Sarkozy.
Cette entrevue intervient à la veille du départ du Prix Nobel de la paix
et alors que l'accueil officiel a été, selon l'opposition, frileux et
confus pour ne pas froisser Pékin.
À son arrivée, l'épouse du
président de la République française Carla Bruni-Sarkozy a été
accueillie par le Dalaï-Lama. Elle a effectué avec lui une procession
autour de l'édifice sous une pluie battante. Le père spirituel du
bouddhisme, vêtu de l'habit et d'une coiffe traditionnels, lui a ensuite
passé autour du cou la traditionnelle écharpe blanche portée en signe de
bienvenue au Tibet, la "kata". La première dame de France, vêtue d'une
robe bleu marine et chaussée de sandales mauves, a joint un moment les
mains en signe de respect. Puis ils ont défait le noeud d'un ruban sur
la porte centrale du temple de Lérab Ling, inaugurant officiellement ce
lieu. Au cours de leur entrevue, Carla Bruni-Sarkozy lui a transmis "les
salutations" de son mari, a fait savoir le représentant en Europe du
Dalaï-Lama, Jampal Chosang.
Lors de l'inauguration, le chef
spirituel du Tibet s'est prosterné devant la statue de Bouddha à
l'intérieur du temple, avant de saluer dans l'assistance le ministre des
Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui lui a remis un présent. La
secrétaire d'État aux Droits de l'homme Rama Yade ainsi que l'ancien
Premier ministre Alain Juppé l'ont aussi salué.
Son combat "pour la justice"
Bernard Kouchner a assuré que
ce dernier était "toujours le bienvenu en France". Le chef de la
diplomatie française s'est refusé à toute autre déclaration,
s'engouffrant rapidement dans sa voiture sitôt l'entrevue achevée. Il
est le seul représentant du gouvernement français avec Rama Yade à avoir
rencontré le Dalaï-Lama lors de sa visite en France. Le président
Nicolas Sarkozy avait indiqué qu'il ne recevrait pas le Dalaï-Lama car
le moment était peu opportun et que le chef spirituel n'avait pas
demandé à le voir. En revanche, l'exilé en Inde avait été reçu à Nantes
par le maire de la ville et le président du groupe socialiste à
l'Assemblée Jean-Marc Ayrault, et s'était affiché samedi dernier avec
Ségolène Royal.
Le moine bouddhiste a pour sa
part déclaré à Bernard Kouchner que "la Chine [était] une grande
puissance, la nation la plus peuplée au monde, avec une immense
culture", mais que "pour gagner la respectabilité au sein de la
communauté mondiale, elle [avait] besoin d'une autorité morale qu'elle
ne pourra obtenir que si elle marche vers la démocratie", rapporte
Matthieu Ricard, son interprète français. Le Dalaï-Lama "a exprimé à
quel point la situation était grave et que c'était la seule solution qui
était bonne pour la Chine et bonne pour le Tibet". Il a également
affirmé que, "en parallèle aux Jeux olympiques, il y a une certaine
forme de répression extrêmement brutale qui continue de régner. La trêve
olympique est donc un peu une histoire".
Le Dalaï-Lama a assuré que son
"combat - et celui de son peuple - n'est pas un combat contre la Chine,
mais pour la justice" et qu'il continuait à apprécier "la façon dont la
France, depuis les événements tragiques de mars, a essayé de soutenir ce
combat", espérant que "cela pourra se poursuivre". Il a par ailleurs
annoncé qu'il y aurait en septembre une réunion du parlement tibétain en
exil "qui déciderait peut-être de nouvelles options à proposer au
gouvernement chinois" lors d'une rencontre "qui pourrait se faire en
octobre" entre ses représentants de Pékin. C'est au parlement tibétain,
"de façon purement démocratique", de décider de l'avenir du Tibet,
a-t-il conclu.
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SS le Dalaï Lama à
Nantes, à ses côtés Matthieu
Ricard
(photo : Régis Routier - Ville
de Nantes)
L'armée chinoise tire sur la foule dans le
Kham
140 Tibétains tués lundi
18 août
(*)
Jeudi 21 août 2008 - Henri Tincq - Le
Monde
A la
veille de sa visite au temple bouddhiste Lerab Ling près de Lodève
(Hérault), où il doit rencontrer, vendredi 22 août, Carla Bruni-Sarkozy,
Bernard Kouchner et Rama Yade, le Dalaï-Lama a évoqué à Nantes, pour Le
Monde, l'avenir politique du Tibet après les Jeux olympiques de
Pékin.
Le Monde - La répression
a-t-elle continué au Tibet, malgré la trêve olympique ?
Dalaï-Lama - L'armée
chinoise a encore tiré sur la foule, lundi 18 août, dans la région du
Kham, dans l'est du Tibet : cent quarante Tibétains auraient été tués, mais
ce chiffre demande à être confirmé (*). Depuis le début des émeutes, le
10 mars, des témoins fiables ont pu établir que 400 personnes ont été
tuées dans la seule région de Lhassa. Tuées par balles, alors qu'elles
manifestaient sans armes. Leurs corps n'ont jamais été rendus aux
familles. Si l'on considère tout le Tibet, le nombre des victimes est
bien sûr plus grand. Dix mille personnes ont été arrêtées. On ne sait
pas où elles sont incarcérées.
La nouveauté est la
construction de vrais campements militaires. La présence militaire au
Tibet est ancienne, mais la frénésie de constructions nouvelles, dans
les régions de l'Amdo et du Kham, me fait dire que cette colonisation
par l'armée est destinée à durer. Autrefois, des camions militaires
venaient et restaient quelques mois. Aujourd'hui, un projet de
répression brutale s'inscrit dans la durée.
Le Monde - Qu'attendre
donc de la discussion que vous espérez toujours avec Pékin
?
Dalaï-Lama - Entre
les émeutes de mars et les Jeux olympiques, nous avions cru à des
signaux positifs. Le président Hu Jintao lui-même s'était engagé à des
discussions sérieuses. Mais nous avons vite déchanté. Nos émissaires se
sont heurtés à un mur. Aucune ouverture n'a été enregistrée. Le
Parlement tibétain en exil se réunira donc en septembre, mais notre
approche ne va pas bouger : celle de la non-violence et de la voie
médiane. L'autonomie reste notre but. Une autonomie véritable, car
l'autonomie à la chinoise, nous savons ce qu'elle est : un
leurre.
Le Monde - Vous venez
de déclarer au Financial Times qu'il faut "respecter" la Constitution de
la République populaire de Chine. Et au New York Times, que vous êtes
prêt à endosser le "socialisme" chinois. Est-ce un changement de cap
?
Dalaï-Lama - J'ai
toujours dit qu'il fallait instaurer l'autonomie du Tibet dans le cadre
de la Constitution de la République populaire de Chine. Je n'ai pas
changé d'avis. De même, je dis depuis longtemps qu'il faut respecter le
régime chinois, y compris sa nature socialiste. Dès 1992, j'affirmais
que si une solution était trouvée au Tibet et nous paraissait
acceptable, alors nous rentrerions au pays et reconnaîtrions les
pouvoirs en place. J'avais même ajouté que le gouvernement tibétain en
exil se trouverait automatiquement dissous. C'est toujours
vrai.
Le Monde - Hypothèse
inimaginable...
Dalaï-Lama - Oui,
parce que les autorités continuent de penser qu'il n'y a pas de problème
au Tibet, que le seul problème est celui posé par le dalaï-lama ! Elles
ont souvent tenté de me convaincre que si je m'alignais, je retrouverai
tous mes pouvoirs. Mais le sort du dalaï-lama me préoccupe moins que le
sort de six millions de Tibétains.
Bien sûr, il y a un problème au
Tibet ! Le président Hu Jintao affirme qu'il travaille à une "société
harmonieuse". Mais tout ce qu'il fait va à l'encontre d'une telle
harmonie. Den Xiao Ping avait un vrai projet de développement économique
et nous l'avions approuvé, car nous connaissons les retards matériels du
Tibet. Mais tout ce qui a suivi a contredit les projets d'éducation, de
développement, de stabilité politique, d'unité nationale. Aucune
harmonie ne sera possible en Chine avec la politique de la force, qui
est tout sauf une politique réaliste.
La Chine veut devenir une
superpuissance ? Elle doit d'abord retrouver une autorité morale. La
répression qui frappe le Tibet et d'autres régions de Chine porte une
atteinte considérable à sa respectabilité. De plus en plus
d'intellectuels le disent et critiquent le régime. Mais notre position
n'est pas qu'il y ait des gagnants et des perdants. C'est que les deux
parties soient gagnantes. En attendant, nous considérerons toujours que
les Tibétains de l'intérieur sont nos maîtres. Je ne suis que le
porte-parole libre du peuple tibétain qui est chez lui et réprimé au
Tibet.
Le Monde - La "voie
médiane" et la "non-violence" ne sont-elles pas en recul chez les
jeunes, comme l'ont prouvé les émeutes de mars
?
Dalaï-Lama -
Contrairement à ce qu'on a dit dans les médias, ce n'est pas la
non-violence qui est en cause. Il n'y a qu'une très faible minorité - y
compris chez les jeunes - qui évoque le recours à la violence. La vraie
divergence est celle qui oppose ceux qui réclament l'indépendance du
Tibet et ceux qui, comme nous, veulent proposer une voie médiane et une
véritable autonomie. Or nous sommes dans une situation difficile parce
que la voie médiane, il faut le reconnaître, n'a pas porté beaucoup de
fruits.
Je voudrais ajouter, à propos
de la violence, que celle-ci n'est jamais une solution. L'Europe le
sait, qui a subi les carnages de deux grandes guerres. La France le
sait, qui va enterrer dix de ses soldats tués en Afghanistan. J'ai de la
compassion pour leurs familles. Comme j'ai de la compassion pour les
familles du Sichuan touchées par le tremblement de terre : cette
politique chinoise de l'enfant unique est amère. En perdant un enfant
dans une école détruite, beaucoup de parents perdaient leur enfant
unique !
Le Monde - Quel bilan
faites-vous, après les polémiques, de l'accueil de la France
?
Dalaï Lama - Si
j'étais venu avec un agenda politique précis, des rendez-vous avec des
responsables politiques et gouvernementaux, alors il y aurait eu de quoi
être largement déçu ! Je dois rencontrer Bernard Kouchner. Je le connais
depuis longtemps et n'ignore pas sa solidarité pour le Tibet, ni celle
du président Sarkozy.
Alors, j'espère qu'après les
Jeux olympiques, le président en exercice de l'Union européenne fera des
propositions constructives au gouvernement chinois. Quoi qu'il en soit,
mon agenda n'était pas politique. Je suis venu en France travailler à la
promotion de valeurs humaines et au dialogue entre les religions. Si
j'en juge par les publics rencontrés, j'ai de quoi être très satisfait.
Propos recueillis par Henri
Tincq
(*) Le bureau du
Dalaï-Lama a publié un communiqué, jeudi 21 août à 17 heures, de mise au
point : "Suite à un article paru dans le journal Le Monde, daté du 21
Août, Sa Sainteté Dalaï-Lama aurait déclaré que 140 personnes auraient
été tuées récemment dans l'est du Tibet. Nous souhaitons clarifier le
fait que Sa Sainteté n'a pas mentionné un nombre de victimes. En réponse
à une question du journaliste concernant des nouvelles récentes selon
lesquelles les troupes chinoises auraient tiré sur une foule de
manifestants, Sa Sainteté a clairement répondu que nous n'avions pas
d'informations spécifiques concernant le nombre de victimes. Dans cette
interview, Sa Sainteté a dit : " Nous avons simplement reçu cette
nouvelle, mais sans pouvoir la confirmer. " Depuis la réception de ces
nouvelles, tous les efforts faits pour communiquer avec la population
locale affectée par ces événements à Kardzé (Kham, est du Tibet,
province du Sichuan) ont échoués."
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Appel à tous ceux qui sont
concernés
par le sort du Tibet
Samdhong
Rinpotché, Premier ministre
Dimanche 17 août 2008 -
Dharamsala - Inde - Au nom du Comité de solidarité
tibétaine Le monde entier, de manière générale, souffre de
graves problèmes tels que la pauvreté, la violence, la dégradation de
l'environnement et les conflits inter-religieux, lesquels entraînent -
et entraîneront encore dans le futur, à moins qu'on décide d'y remédier
- d'interminables souffrances. Au Tibet,
la politique intolérante, répressive et discriminatoire du
gouvernement chinois a provoqué, en une soixantaine d'années, la mort de milliers de
Tibétains ainsi que la disparition progressive de leurs institutions
religieuses et culturelles dont il n'est préservé que des simulacres à
l'intention des touristes. Intentionnellement ou pas, les
différentes politiques adoptées par le gouvernement chinois envers le
Tibet conduisent inexorablement à ce que l'on peut appeler un " génocide
culturel ". En outre, le façon dont la police et l'armée chinoise,
depuis le mois de mars, ont réprimé et répriment encore, sans la moindre
compréhension ni pitié, des protestations pacifiques dont le seul but
est d'exprimer les peurs et les aspirations profondes d'un peuple
désespéré a entraîné la mort de centaines de personnes, tandis que des
milliers d'autres ont été blessées, torturées ou emprisonnées sur de
simples soupçons et sans aucun jugement. Ces atrocités sont commises en
ce moment même et plus que jamais, et l'atmosphère de terreur qui règne
dans tout le pays augure mal d'un relâchement de la politique de
répression aveugle après la fin des Jeux Olympiques. Il est
également clair que non seulement les Tibétains mais aussi une grande
partie du peuple chinois sont privés de liberté d'expression, que ce
soit dans le domaine social, politique ou religieux. Le massacre de la
place Tian An Men nous a montré avec évidence de quelle façon le
gouvernement chinois répondait aux demandes légitimes de son propre
peuple. Pour ceux qui en doutent encore, il n'est pas difficile de se
représenter la manière dont ils traitent actuellement le peuple tibétain
dont ils clament, officiellement, l'appartenance à la " mère patrie " au
même titre que les quatre autres ethnies " chinoises ", mais qu'ils
considèrent officieusement - il suffit d'écouter les chinois parler
entre eux pour s'en convaincre - comme barbare et inférieur aux Hans.
Si vous pensez que l'intention pure possède une force qui
lui est propre, nous vous invitons à participer, sous la direction de Sa
Sainteté le Dalaï Lama, à une journée d'action pacifique pour la paix
dans le monde en général, et en particulier pour la résolution du drame
tibétain. Cet appel s'adresse bien sûr aux Tibétains en exil, mais aussi
à ceux qui soutiennent leur combat pour la liberté, et tout simplement
aux amoureux de vérité et de justice. La journée que nous avons choisie
est celle du 30 août prochain.
Consacrons-la, toute entière si
nous le pouvons, ou en partie selon nos possibilités, à cultiver une
intention pure envers tous les êtres, à former des vœux sincères pour le
bonheur d'autrui, de même qu'à prier pour la paix dans le monde et, en
particulier, pour la fin des souffrances du Tibet.
Cette action collective permettra, nous le croyons, de
contrebalancer les effets négatifs des actes violents qui provoquent
inutilement le malheur d'autrui et se retournent tôt ou tard contre ceux
qui les commettent, de soutenir en pensée les victimes de cette
violence, de susciter dans notre propre esprit l'amour et la compassion
et d'instiller un peu de compassion et de sagesse dans le cœur de ceux
qui oppriment les autres. Nous accompagnerons cette action, si nous le
pouvons, du jeûne traditionnel que l'on pratique au Tibet pour faire
participer le corps aux pensées
purificatrices.
Samdhong Rinpotché (Kalon Tripa) Premier ministre du gouvernement tibétain en
exil
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République Française
Communiqué du
Sénat
L’essentiel des propos tenus au Sénat par le
Dalaï Lama
Paris, mercredi 13 août 2008
Le Dalaï Lama a été reçu au
Palais du Luxembourg aujourd’hui, mercredi 13 août 2008, par 40
sénateurs et députés membres du groupe d’information sur le Tibet du
Sénat, présidé par M. Louis de Broissia (UMP – Côte d’Or), et du groupe
d’études sur le Tibet de l’Assemblée nationale, présidé par M. Lionnel
Luca (UMP – Alpes-Maritimes).
Au cours de cette audition
commune, le Dalaï Lama a rappelé que le but principal de sa visite en
France était culturel et spirituel, et pas politique, mais qu’il était
heureux de rencontrer à cette occasion des parlementaires français, dont
beaucoup sont des amis de longue date.
Le Dalaï Lama a confirmé,
d’après de nombreux témoignages, la gravité de la situation au Tibet à
la suite des événements du mois de mars, les Tibétains étant
actuellement victimes d’arrestations arbitraires, d’exécutions sommaires
et de tortures à mort. Il a signalé un très fort renforcement de la
présence policière et militaire dans toutes les régions du Tibet
historique. Il en a conclu que les Tibétains subissent une nouvelle
"Révolution culturelle".
Le Dalaï Lama a indiqué, citant
ses propres sources d’information, que le gouvernement chinois aurait
l’intention, après la fin des Jeux olympiques, de faire venir un million
de Chinois supplémentaires dans la région autonome du
Tibet.
Le Dalaï Lama a regretté que le
gouvernement de Pékin ait propagé au sein de la population chinoise
l’idée que les Tibétains haïssent les Chinois, entraînant en réaction un
fort ressentiment et une discrimination à l’encontre de ceux des
Tibétains qui vivent dans les grandes villes
chinoises.
Le Dalaï Lama a récusé les
accusations des autorités chinoises, selon lesquelles il aurait organisé
les émeutes du mois de mars. Il a proposé d’ouvrir toutes les archives
du gouvernement tibétain en exil et tous les enregistrements de ses
discours, mettant au défi le gouvernement chinois d’apporter la preuve
de ses affirmations.
Le Dalaï Lama a espéré que le
gouvernement chinois, se rendant compte que la situation réelle du Tibet
n’est pas celle qu’il prétendait, adopterait désormais une position plus
réaliste et plus constructive. Dans cette hypothèse, il a estimé que sa
propre approche pragmatique de la "voie médiane" serait tout à fait
adaptée.
Le Dalaï Lama, après avoir
rappelé que nombre de ceux qui soutiennent la cause tibétaine et des
jeunes Tibétains eux-mêmes sont devenus critiques de son approche de la
"voie médiane" parce qu’elle n’a pas encore donné de résultats, a
annoncé que le Parlement tibétain en exil se réunira à Dharamsala au
mois de septembre pour discuter de la politique à
suivre.
Le Dalaï Lama a précisé que les
députés tibétains allaient actualiser et détailler le plan de paix en
cinq points qu’il avait personnellement présenté en 1988 devant le
Parlement européen à Strasbourg. Il a considéré que l’histoire donnait
une base solide à un statut d’autonomie pour le Tibet, la Chine ayant
toujours considéré le Grand Tibet comme une entité spéciale, différente
de toute autre province chinoise.
Le Dalaï Lama a souligné que,
contrairement au point de vue des autorités chinoises, la question
tibétaine ne se réduit pas à son propre statut personnel, mais concerne
le sort des six millions de Tibétains qui vivent en Chine et y sont
opprimés. Il s’est inquiété du ressentiment accumulé par les Tibétains
depuis trois générations à partir de l’invasion chinoise de 1950 qui, si
aucune solution n’est apportée, se transmettra encore aux générations
futures.
Le Dalaï Lama a affirmé que le
Tibet est une nation ancienne, dotée d’un riche héritage culturel, qui
semble avoir reçu une condamnation à mort. Il a rappelé qu’il tendait
constamment une main amicale au peuple chinois mais que, personne ne la
saisissant pour l’instant, il était bien obligé de tendre l’autre main à
ceux qui soutiennent les Tibétains dans leur combat pour la
justice.
Le Dalaï Lama a considéré que,
les pressions économiques étant irréalistes, une forme de pression
politique était nécessaire sur le gouvernement chinois pour l’amener à
faire enfin preuve de bon sens. Il s’est félicité du fort soutien
apporté au Tibet par plusieurs pays européens, parmi lesquels la France,
l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la République tchèque, ainsi que
par l’Union européenne toute entière, par l’intermédiaire du Parlement
européen. Il a estimé que, la tendance d’un régime totalitaire comme
celui de la Chine étant toujours d’abuser, la communauté internationale
n’avait aucune raison d’accepter de se laisser brimer par le régime
communiste chinois.
Le Dalaï Lama a regretté que
l’accession de la Chine à un statut de superpuissance, par ailleurs
méritée, se fasse sur la base d’une force militaire, pour qui le pouvoir
est conçu comme s’obtenant d’abord par les armes. Il a estimé que cette
situation n’était pas optimale pour le monde, et surtout pour les
voisins immédiats de la Chine que sont l’Inde, le Japon et la Russie. Il
a considéré qu’il était de la responsabilité de la communauté
internationale d’amener la Chine à embrasser les idéaux de la
démocratie, ce qui ne pouvait se faire que par
étapes.
Contacts : Bureau de M.
Louis de Broissia 01 42 34 35 17 Secrétariat du groupe d’information
01 42 34 36 08
Un compte rendu de
l’audition sera disponible dans les jours prochains sur les pages
Internet du groupe d’information
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"Les Chinois : prix Nobel de la dictature" selon Lionnel
Luca
Lundi 11 août 2008 -
Tibet Info (JMB)
Plusieurs voix se sont élevées
le 11 août contre la réception à huis clos et sans journalistes du Dalaï
Lama au Sénat, prévue le 13 août, notamment qualifiée de "honte" par un
parlementaire UMP.
Les présidents des groupes
parlementaires sur le Tibet des deux assemblées - tous deux membres de
l’UMP - ont chacun regretté cette décision.
"Nous devons le recevoir à
huis clos, dans le bureau d’un sénateur. C’est une honte !", a déclaré
le député Lionnel Luca, président du groupe d’études sur le Tibet à
l’Assemblée.
Soulignant que le Dalaï
Lama est prix Nobel de la paix, il a relevé que "ce n’est pas le cas des
dirigeants chinois. Eux, c’est plutôt le prix Nobel de la dictature.
Elle me fatigue, l’ambassade de Chine", a-t-il dénoncé dans un
communiqué.
Christian Poncelet fait ami-ami avec Pékin
!
Son homologue du Groupe
d’information sur le Tibet au Sénat, Louis de Broissia, a assuré que le
huis-clos (prévu dès l’annonce de la rencontre fin juillet) avait été
décidé car le président de la Haute Assemblée Christian Poncelet
"craignait de fâcher la Chine" avec une réception officielle.
"En outre, Christian
Poncelet a souhaité que les journalistes ne soient pas là. Heureusement,
il ne peut pas interdire aux parlementaires d’accéder au Sénat !",
ajoute M. de Broissia dans un entretien du 12 août dans La Croix (publié
le 11 août sur le site web du journal La Croix).
Il considère cependant le
rendez-vous comme un "contact officiel". "Nous sommes un groupe reconnu
par le bureau du Sénat et, en tant que parlementaires, nous représentons
la nation", dit-il.
"Le président du Sénat tente
une nouvelle fois de faire plaisir aux autorités de Pékin en refusant à
la presse de couvrir une rencontre entre des élus français et le Dalaï
Lama", a déploré de son côté Reporters sans frontières.
Selon un communiqué de
l’ONG, M. Poncelet tente ainsi "d’empêcher la presse de se faire l’écho
d’un événement qui revêt une grande importance pour la communauté
tibétaine".
Les deux groupes sur le
Tibet réunissent respectivement 189 députés et 63 sénateurs, soit 252
parlementaires de toutes tendances politiques.
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" On ne dit plus rien, sauf aux amis très
sûrs... "
Le tibet sous la
botte
Lhassa - Jeudi 24 juillet -
Ursula Gauthier - Le Nouvel Observateur
Patrouilles incessantes,
contrôles d'identité à chaque instant, mouchards, caméras de
surveillance, micros-espions dans les rues : quatre mois après la
révolte du Tibet, le pouvoir chinois fait régner à Lhassa, d'où les
journalistes sont bannis, une paranoïa qui rappelle les pires
persécutions staliniennes, a constaté notre envoyée spéciale Ursula
Gauthier.
A Lhassa, les chauffeurs de
taxi sont presque tous chinois, les cyclopousses presque tous tibétains
: c'est un des signes les plus visibles de l'inégalité des statuts qui
fait grincer les dents des Tibétains. Mais depuis l'écrasement de la
révolte du 14 mars et l'imposition d'une loi martiale qui ne dit pas son
nom, on n'entend plus la moindre plainte. Il faut être fou, ou
inconscient, pour élever la voix. Ou ivre. C'est le cas de ce jeune
homme qui prend un taxi un jour de juin, trois mois après les émeutes.
Il vient d'une "bonne famille tibétaine", il est éméché et sans doute
arrogant. Sûrement trop confiant dans l'entregent de son père, haut
cadre du Parti. Il se répand en invectives contre ces Chinois qui se
conduisent au Tibet comme en pays conquis. En temps normal, le chauffeur
aurait fait profil bas, de crainte que le fils à papa ne le prive de sa
licence. Mais les temps ont changé. Le petit taxi sichuanais s'arrête au
premier carrefour et va se plaindre auprès des soldats postés là comme à
tous les coins de rue. Les militaires foncent sur l'ivrogne. Malgré sa
mise de golden boy de la nomenklatura, malgré le nom de son père qu'il
hurle en chinois, ils le jettent sur le pavé et s'acharnent sur lui à
coups de botte - jusqu'à ce que mort s'ensuive. Paralysée d'effroi, une
foule immense a suivi toute la scène, sans un mot, sans un
geste.
Mission accomplie. Tout
Tibétain, du haut en bas de l'échelle, sait désormais qu'il risque la
mort au moindre soupçon d'irrespect à l'égard de la puissance chinoise.
Lhassa doit oublier la dangereuse audace des grappes de jeunes qui
hurlaient d'excitation en arrachant les grilles métalliques de la Banque
de Chine, qui caillassaient les camions militaires, incendiaient les
commerces chinois et molestaient leurs boutiquiers. Après avoir passé en
boucle à la télévision les images inouïes de ces jours de désordre et de
rébellion, le pouvoir veut maintenant imprimer la terreur dans les
esprits.
La présence militaire est
écrasante, les contrôles d'identité incessants. Ne pas avoir ses papiers
entraîne une arrestation immédiate, parfois une disparition définitive.
Car la lutte contre les "éléments criminels" responsables des troubles
de mars n'est pas terminée. Une liste d'émeutiers recherchés est
toujours affichée sur des panneaux publics.
Les contrôles visent surtout
les grands gaillards aux cheveux longs, au teint cuivré, portant un
rosaire au poignet, une turquoise au cou ou une dent en or : des
Tibétains des hauts plateaux, qui ont fourni le gros des insurgés de
mars. "La plupart sont renvoyés dans leurs bleds, souffle un habitant de
Lhassa sous couvert d'anonymat. Ceux qui ont trempé de près ou de loin
dans les émeutes sont arrêtés, torturés, déportés. Une amie chinoise,
qui prenait le train quelques semaines après les événements, a vu des
centaines d'hommes blessés, claudiquant, couverts de bandages sales,
menottes, embarqués sur le train pour Xining. De là, ils auraient été
envoyés au Sinkiang, où se trouvent les pires goulags de Chine. Les
familles, des nomades ou des paysans illettrés, n'osent pas demander des
comptes..."
Cette chasse au faciès a vidé
les rues de Lhassa des impressionnants nomades couverts de bijoux qui
faisaient tourner les moulins à prières. Surtout fuir toute ressemblance
avec ces fiers Khampas qui ont osé se dresser contre les maîtres
chinois. Exit la mode "ethnique" qui avait cours chez les jeunes
branchés de Lhassa. "Plus personne ne porte les cheveux sur l'épaule :
trop dangereux, explique un musicien avec un rire amer. On s'est tous
rabattus sur la coiffure déstructurée qui a cours chez les modeux
Chinois..." En priant pour ne pas s'attirer la suspicion des uniformes
omniprésents.
On ne peut faire trois pas sans
tomber, à chaque carrefour, devant chaque bâtiment officiel, chaque
point sensible ou symbolique (stations d'essence, postes, banques,
etc.), sur des groupes de soldats, l'air mauvais, déployés en éventail,
fusils pointés vers l'extérieur, doigt sur la gâchette. Dans toutes les
rues et ruelles, toutes les cinq minutes, une patrouille de militaires,
visages fermés, tenue léopard et gants blancs, défile au pas. Des
camions vert-de-gris sillonnent les avenues, exhibant leur cargaison de
wujing (police armée) en attirail complet - casques, boucliers,
matraques, fusils... Les
nombreuses casernes qui entourent la ville sont-elles insuffisantes à
loger cet afflux de troupes ? Les unités militaires venues du Sichuan
avec leurs véhicules briqués, leur matériel dernier cri, occupent
ostensiblement le Musée du Tibet, la Bibliothèque du Tibet, désormais
fermés aux visiteurs.
A cette mise en scène qui vise
à frapper les esprits s'ajoute la part immergée de l'iceberg : des
milliers de mouchards, déguisés en citoyens ordinaires, en nomades,
voire en moines, épient les conversations dans tous les lieux publics.
"On ne dit plus rien de personnel, sauf aux amis très sûrs, dans des
endroits très sûrs, avoue un Tibétain à mi-voix. Prenez la place du
Jokhang, le temple principal : c'est le lieu le plus fliqué de la
planète." En effet, il suffit de lever le nez : à côté des caméras de
surveillance classiques, les bâtiments qui bordent l'esplanade du
majestueux coeur de Lhassa ont reçu de nouvelles caméras sphériques
plantées au bout de longs bras horizontaux. Ce sont des fish eyes,
capables de filmer à 360°. Le bruit court que des "micros-zooms" ont été
installés, qui peuvent capter une conversation particulière à des
dizaines de mètres de distance.
De quoi créer une paranoïa qui
rappelle l'époque des pires persécutions staliniennes. Les gens simples
sont ainsi persuadés que les Chinois disposent de moyens techniques
fabuleux. "Quand les fouilles des maisons ont commencé, ma nounou m'a
confié en pleurant qu'elle avait détruit les deux photos du dalaï-lama
qu'elle possédait, raconte une intellectuelle. Pourquoi ne pas les avoir
cachées ? Parce qu'elle avait entendu dire que les Chinois avaient une
torche spéciale qui bipait et détectait les photos du dalaï-lama les
mieux dissimulées..."
Cette terreur extrême, frôlant
l'irrationnel, explique peut-être en partie l'absence de photos de la
répression. Certes, lors des fouilles, des contrôles, les forces de
l'ordre ont spécifiquement recherché les images, épluchant les
ordinateurs, les cartes à mémoire des mobiles, saisissant tout ce qui
avait trait aux événements de mars. Mais il faut aussi compter avec
l'autocensure : "Si quelqu'un a eu le courage de faire des photos des
tués, il lui en faut encore plus maintenant pour ne pas les détruire.
Quant à essayer de les faire sortir, ce serait de l'héroïsme",
affirme-t-on sous le manteau. Toute personne en possession de la moindre
image "sensible" est traitée comme un criminel.
Tous les touristes, y compris
les touristes chinois, doivent respecter la consigne : pas de photos qui
fâchent. Les agences habilitées à recevoir des visiteurs étrangers se
sont engagées auprès du Bureau du Tourisme à surveiller étroitement
leurs clients : "Pas de photos de militaires, ni de policiers. Pas de
photos de bâtiments détruits pendant les émeutes. Ne faites pas de
photos d'un quelconque incident, un quelconque heurt entre la population
et les forces de l'ordre, insistent les guides. S'il vous plaît,
respectez les ordres, nous sommes responsables de votre
conduite."
A ce jour, la stratégie est
payante : aucune image n'a transpiré des tueries de mars, ni des
arrestations massives qui ont suivi. Quant à celles de l'occupation
militaire actuelle, elles se réduisent à quelques photos volées.
Le 25 juin, la Chine a pourtant
annoncé la réouverture du Tibet au tourisme. En fait, seuls de rares
voyageurs indépendants sont admis. Quant aux journalistes accrédités,
théoriquement bienvenus, on les empêche systématiquement de s'y rendre.
Le Tibet est la seule province de Chine dont l'accès soit subordonné à
un permis spécial - aux conditions désormais draconiennes : séjour
limité à six jours; visites et trajets prédéfinis; guide, chauffeur et
même véhicule désignés à l'avance et impossibles à modifier... Ici, les
touristes sont surveillés comme le lait sur le
feu.
"Jusqu'aux JO, il ne faut pas espérer autre chose
que cette ouverture en trompe-l'oeil, estime le patron d'un café privé.
Une concession à l'opinion publique internationale, aussi factice que la
prétendue reprise du dialogue avec les émissaires du dalaï-lama." La
Chine, à l'évidence, cherche à gagner du temps au Tibet. Mais dans quel
but ? Que va-t-elle faire après les JO ? Remédier enfin aux causes
réelles de la colère tibétaine ? Ou, comme le redoutent les habitants
traumatisés de Lhassa, déclencher "la répression finale" une fois
l'attention du monde détournée
? _______________
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La Chine réfute une
déclaration sur le Tibet formulée au sommet
UE-Etats-Unis
Beijing, le 11 juin (Agence
Xinhua) - La Chine a marqué mercredi son opposition par rapport à
un commentaire tenu récemment au sommet entre l'Union Européenne
et les Etats-Unis concernant le Tibet, lui reprochant de s'ingérer
dans les affaires intérieures de la Chine.
"Nous sommes attentifs aux
reportages relatifs et nous opposons à la déclaration sur le Tibet tenue
au sommet entre l'Union Européenne (UE) et les Etats-Unis", a dit
le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Qin
Gang.
Ses commentaires font suites à
une déclaration conjointe proclamée à la fin du sommet 2008
UE-Etats-Unis, faisant des commentaires sur le Tibet et accusant
la situation sur les droits de l'homme en Chine.
Soulignant que le Tibet
constituait une partie inaliénable du territoire chinois, Qin a
dit que "la question du Tibet était une affaire intérieure de la
Chine, de même que les relations entre le gouvernement chinois et le
Dalaï Lama".
Les dirigeants de l'Union
Européenne et des Etats-Unis ont exprimé dans la déclaration leur
"inquétude face aux émeutes récentes au Tibet, et encouragé toutes
les parties à s'abstenir de toute violence supplémentaire".
Ils ont apprécié la décision
récente de la Chine de rentrer en contact avec les représentants
du Dalaï Lama et encouragé les deux parties à progresser par le biais
d'un dialogue substantiel, constructif et orienté vers des
résultats rapidement.
Répondant à l'appel de l'UE et
des Etats-Unis à la Chine pour que cette dernière "s'attaque à son
mauvais bilan en matière des droits de l'homme", Qin a répliqué
que le gouvernement avait fourni des efforts continus pour
promouvoir et protéger les droits de l'homme.
"Nous résistons à toute
tentative d'ingérence dans les affaires intérieures d'autres nations
sous prétexte des droits de l'homme et nous opposons à l'adoption
de tout double standard", a-t-il ajouté.
La Chine croit que les
différends peuvent être gérés sur une base d'égalité et de
confiance mutuelles, et par le dialogue et la coopération, a affirmé le
porte-parole.
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Christiane
Chaix, Karma Tinley et Danièle Froment réunis au TCV de Dharamsala en nov. 2006
- Photo Richard Broussaud
Pupilles du Tibet en exil
3 juin 2008 - Dharamsala (Inde)
- Le Monde - Julien Bouissou (envoyé spécial)
Pendant quarante jours, Legphel
a traversé l'Himalaya, depuis le Tibet jusqu'en Inde, blottie dans les
bras de sa mère. "Elle m'a embrassée longuement avant de repartir dans
les montagnes. Par la suite, j'ai oublié son visage", raconte l'écolière
de 12 ans, les mains agrippées à la jupe de son
uniforme.
Depuis son arrivée, il y a sept
ans, au centre des réfugiés de Dharamsala, la capitale du gouvernement
tibétain en exil, Legphel n'a plus reçu de nouvelles de ses parents. Un
de ses camarades lui a rapporté que son oncle avait vu mourir sa mère
sur le chemin du retour. "Mais une mère ne disparaît pas comme ça",
lâche la jeune réfugiée en haussant les épaules.
Désormais, Legphel étudie
l'histoire et la culture tibétaines dans un village spécialement aménagé
pour accueillir les enfants exilés du Tibet, construit à flanc de
montagne à quelques kilomètres de Dharamsala. Ici, les 2 100 élèves ont
droit au surnom d'"orphelins". Non pas que leurs parents soient morts -
ils habitent de l'autre côté des sommets enneigés qui dominent la vallée
-, mais ces derniers ne leur donnent plus aucun signe de vie.
Envoyer une lettre ou passer un
coup de téléphone serait trop risqué. En 2007, 50 jeunes réfugiés ont dû
retourner chez leurs parents après que la police chinoise eut découvert
qu'ils avaient fui le Tibet. "Alors, les enfants préfèrent oublier leurs
parents plutôt que de supporter leur absence, même si tous n'y
parviennent pas", reconnaît le directeur de l'école. La nuit, Legphel se
réveille parfois en croyant voir les siens, à côté d'elle, "tout près
des yeux".
Entre 700 et 1 200 enfants
tibétains arrivent illégalement, chaque année, en Inde. Agés de 6 à 15
ans, ils sont confiés par leurs parents à des passeurs à quelques mètres
des premiers postes-frontières du Tibet. Personne ne connaît le visage,
ni le nom de ces intermédiaires qui préfèrent rester anonymes, de peur
d'être dénoncés. Avec eux, les enfants exilés entreprennent une marche
d'un mois, le plus souvent en hiver, la saison la plus sûre pour
traverser l'Himalaya. "A cause du froid, les garde-frontières préfèrent
rester dans leurs abris plutôt que de patrouiller", explique Dhorjee,
directeur du centre des réfugiés de Dharamsala.
La marche s'effectue toujours
de nuit et, surtout, dans le silence. La moindre pierre qui tombe du
sentier peut donner l'alerte. Certains enfants périssent sous les balles
ou tombent dans des crevasses. Impossible de savoir combien meurent
chaque année. Ceux qui arrivent au centre des réfugiés de Dharamsala
sont les seuls à être comptabilisés. Ce vieux bâtiment, coincé entre des
magasins de souvenirs, abrite dans la pénombre de son dortoir une
cinquantaine de lits collés les uns aux autres, avec, à leurs pieds,
quelques cartables remplis de vêtements chauds. Les enfants y lisent des
biographies illustrées du dalaï-lama et apprennent à dessiner. D'abord
le drapeau tibétain, puis des monastères bouddhistes. Pour tuer l'ennui,
il leur arrive de jouer à l'entrée du bâtiment, le long d'un mur tapissé
de photographies de cadavres gisant dans les rues de Lhassa, la capitale
du Tibet. Puis arrive le jour de la bénédiction du dalaï-lama. Dès le
lendemain, les enfants partent vivre chez leur nouvelle mère, dans le
village tibétain.
Les "home mothers" sont des
mères professionnelles. Formées pendant deux ans à la couture, à la
cuisine et à la psychologie de l'enfant, elles accueillent les jeunes
exilés dans des maisons tibétaines construites en pierres, en hauteur du
village. "En élevant les enfants dans le respect de la tradition
tibétaine, je sauve mon pays de l'oubli", précise Tsering, une mère de
48 ans qui vit avec 36 enfants, au milieu des tapisseries de monastères
bouddhistes et des portraits de famille du dalaï-lama. Son mari,
discret, ne quitte pas des yeux l'écran de télévision, où défilent les
dernières images d'émeutes en provenance du Tibet. "Il n'y a qu'une
mère, ici, pas de père", prévient Tsering en jetant un regard furtif en
direction du portrait du dalaï-lama. Au lever du jour, pendant que les
garçons arrosent des fleurs, les écolières peignent leurs longs cheveux
noirs dehors, face à la vallée. Au son de la cloche, des centaines
d'enfants dévalent les chemins escarpés qui mènent au terrain de
basket-ball, transformé tous les matins en terrain de prière. Assis en
tailleur sur des tapis, des centaines d'écoliers répètent, penchés sur
leurs livres, les mantras récités par les moines.
"Les enfants deviennent
tibétains en apprenant la culture, l'histoire et la religion de notre
pays", insiste Karma Tinley, superviseur de l'école, au pied d'un
bâtiment qui affiche le slogan "Venez pour apprendre, partez pour
servir". Les livres d'histoire et de langue sont écrits par les
professeurs eux-mêmes. Le manuel d'histoire commence au chapitre "Tibet
et Chine" et se termine au chapitre "Exil".
Sur le bureau soigneusement
rangé de Karma Tinley, une pile de journaux intimes attendent d'être
lus. Les confidences des écoliers, qui doivent tenir sur une page, sont
lues chaque jour par un professeur avec, en priorité, celles qui portent
la mention "A lire s'il vous plaît".
"Il faut déceler les
souffrances psychologiques de l'enfant avant qu'il ne soit trop tard",
explique le superviseur. "Je suis triste aujourd'hui car Sa Sainteté a
de la fièvre", écrit un écolier, à la date du 18 mars. Le même jour, un
autre s'inquiète : "J'ai vu des Tibétains brûler les voitures des
Chinois à la télévision. J'ai peur pour mes parents. Je ne peux rien
faire pour eux sinon apprendre à être une bonne Tibétaine." Pour
apprendre à le devenir, l'école dispense des cours d'éducation civique.
Y sont enseignés la Constitution tibétaine, rédigée en 1960, tout comme
la règle selon laquelle chaque Tibétain doit verser 2 % de son salaire
au gouvernement en exil.
"Il faut bien nous entraîner à
la démocratie pour être prêts le jour de l'indépendance", résume l'une
des institutrices, qui souhaite garder l'anonymat. Elle-même a passé son
enfance au village, avant de retourner chez ses parents, au Tibet, il y
a quelques années. "Lorsque j'ai revu leurs visages, les souvenirs de
mon autre vie me sont revenus. C'était insupportable pour moi. J'ai
finalement décidé de rester en Inde, car c'est ici que j'ai vécu le plus
longtemps", dit-elle. En choisissant de vivre à Dharamsala,
l'institutrice s'est fait une raison : "Ici, je suis peut-être orpheline
de mes parents, mais pas du Tibet."
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Pékin et les émissaires du dalaï-lama s'accordent
pour poursuivre les consultations
Samedi 3 et dimanche 4 mai
2008 - LEMONDE.FR Pour leur première rencontre
officielle depuis dix mois, les autorités chinoises et les deux
émissaires du dalaï-lama, qui ont eu une entrevue à huis clos, dimanche
4 mai à à Shenzhen, sont convenus de laisser la porte ouverte au
dialogue et d'"avoir de nouveaux contacts", sans toutefois faire état de
progrès dans la résolution de la crise tibétaine, a rapporté l'agence
officielle Chine Nouvelle. Aucune date n'a été communiquée pour une
nouvelle rencontre entre les deux parties.
Auparavant, le premier ministre
du gouvernement tibétain exilé en Inde, Samdhong Rinpoche, avait précisé
que les deux émissaires, Lodi Gyari, représentant du chef spirituel des
Tibétains à Washington, et Kelsang Gyaltsen, son homologue en Suisse,
"reviendront en Inde mardi ou mercredi", et que la teneur des entretiens
ne sera connue "qu'après leur retour".
Cette rencontre, annoncée
vendredi par le gouvernement tibétain, a lieu à trois mois de
l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, alors que la Chine est accusée
de violations de droits de l'homme au Tibet. Les émeutes qui ont
commencé le 10 mars à Lhassa ont fait au moins 203 morts selon les
Tibétains en exil, tandis que Pékin accuse des "émeutiers" d'avoir tué
18 civils et un policier. C'est sous la pression internationale, alors
que le parcours de la flamme olympique à travers le monde a été émaillé
de nombreux incidents entre militants pro-Tibet et pro-Chinois, que
Pékin avait proposé le 25 avril de renouer le dialogue, et appelé le
dalaï-lama à "mettre fin" aux violences avant les JO.
Des "suggestions pour
apporter la paix"
Les exilés
tibétains et les autorités chinoises négocient officiellement depuis
2002, et ont "toujours maintenu le contact", y compris en mars, a
reconnu le gouvernement en exil. Mais les pourparlers de Shenzhen ne
seront en aucun cas "un septième cycle de négociations, juste une
consultation informelle", a prévenu vendredi Samdhong Rinpoche, qui
disait ne pas "nourrir de fortes attentes", mais être "heureux" de cette
rencontre. Les émissaires "feront part des profondes inquiétudes de Sa
Sainteté sur la manière dont les autorités chinoises gèrent la situation
et feront des suggestions pour apporter la paix dans la région" du
Tibet, avait précisé Thubten Samphel, porte-parole de ce gouvernement
établi à Dharamsala.
Selon l'agence Chine
nouvelle, Pékin a dépêché Zhu Weiqun et Sitar, deux vice-ministres du
front uni du travail, un département du Parti communiste chargé des
contacts avec les dirigeants religieux et les minorités ethniques.
Les derniers signaux envoyés
côté chinois sont contrastés. Samedi, la presse officielle ne
mentionnait pas la rencontre prévue, et continuait d'accuser le
dalaï-lama et sa "clique" d'avoir fomenté les émeutes à Lhassa dans le
but de saboter les JO - ce dont le chef spirituel des tibétains se
défend. Dans un entretien à des médias japonais dimanche, le président
chinois Hu Jintao a lui espéré que les discussions sur la crise au Tibet
aboutissent à des "résultats positifs". A la veille d'une visite
officielle au Japon, la deuxième de l'histoire pour un chef d'Etat
chinois, il s'est aussi dit confiant dans la réussite des JO :"Je
pense que les jeux seront un succès, avec un large soutien de
l'étranger, y compris du peuple japonais", a-t-il déclaré selon l'agence
de presse Jiji.
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17 Tibétains condamnés... dont 2 à perpétuité
!!!
Selon Pékin, il y aurait eu 19
morts... tous Chinois
???
Mardi 29 avril 2008 -
par FRANCE 24
La justice chinoise a condamné 17 Tibétains pour
leur implication dans les émeutes de mars à Lhassa, capitale du Tibet,
contre la Chine. Le tribunal, basé à Lhassa, a prononcé des peines
allant de trois ans à la perpétuité. Il s’agit des premières
condamnations depuis les violences.
Notre correspondant à Pékin,
Sébastien Le Belzic, parle de "peines sévères et de justice expéditive".
Et de préciser : "La justice a retenu des accusations de meurtres
affirmant que ces émeutes avaient fait 19 victimes, toutes chinoises".
La Chine accuse également les émeutiers d'avoir blessé 382 civils et 241
policiers.
Selon les autorités chinoises,
les émeutiers ont incendié sept écoles, cinq hôpitaux et 120 habitations
et pillé 908 magasins, pour des dégâts totaux estimés à plus de 244
millions de yuans (plus de 22 millions d'euros).
Le détail des peines
individuelles n’a pas été rendu public excepté pour deux condamnés :
Soi'nam Norbu, un conducteur employé par une agence immobilière de
Lhassa, et un moine, Basang, qui ont écopé de la prison à vie. "Ce genre
de procès est très opaque", commente Sébastien Le Belzic.
Un responsable du tribunal a
indiqué à l’AFP que les détails des jugements seraient annoncés
publiquement en fin de journée.
Selon Dharamsala, on dénombre 203 Tibétains tués et 2000
arrestations
Les manifestations
anti-chinoises, qui avaient commencé à Lhassa le 10 mars, jour
anniversaire de la révolte anti-chinoise de 1959, avaient dégénéré
quatre jours plus tard. Elles s’étaient ensuite étendues dans l’ouest de
la Chine où vivent des minorités tibétaines. Le dalaï lama, en exil en
Inde, est accusé par Pékin d'avoir fomenté les émeutes pour saboter les
Jeux olympiques du mois d'août. De leur côté, les dirigeants tibétains
en exil assurent que la répression chinoise a fait au moins 203 morts et
que plus de 2.000 personnes ont été arrêtées. La police chinoise avait
annoncé l'arrestation de 400 personnes participant aux
émeutes.
"On s’attend à d’autres
condamnations dans les jours et les semaines à venir", avance Sébastien
Le Belzic.
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Le dernier maoïste de
France
Réponse à Jean-Luc
Mélenchon
Lundi 14 avril 2008 par
Jean-Paul Ribes Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essone,
aime que l'on parle de lui. Bien qu'élu du parti socialiste, il n'hésite
pas à faire ouvertement campagne contre son parti quand ça l'arrange,
l'essentiel étant de se singulariser par des positions, souvent
outrancières, sur les sujets les plus variés.
Aujourd'hui, devant le grand
mouvement de sympathie pour le Tibet qui se manifeste en France et un
peu partout dans le monde, il fallait bien que quelqu'un se dresse, à
contre-courant, comme le champion de la Chine calomniée. Le sénateur
s'est donc instruit sur la question... mais aux plus mauvaises sources.
A savoir, la petite collection de brochures de propagande diffusée par
l'ambassade de Chine.
D'où ses chiffres fantaisistes,
ses dates inexactes, ses affirmations aussi fausses que péremptoires. Le
tout baignant dans un éloge vibrant de la politique chinoise, non
seulement au Tibet, mais en Mongolie, au Turkestan oriental (ch. :
Xinjiang), et une approbation à peine voilée des mesures de répression à
l'égard des dissidents ou des adeptes de Falung Gong (une secte, donc
pas vraiment des humains) torturés et croupissant en prison.
Si le bouillant défenseur de la
bureaucratie pékinoise avait un peu le souci de l'équilibre, nous lui
conseillerions de se mettre vraiment au travail en allant s'informer,
non seulement auprès des "fanatiques du Dalaï Lama" que nous sommes à
ses yeux (la fameuse "clique" n'est pas loin) mais des universitaires
les plus qualifiés, experts d'une histoire, d'une langue et d'une
culture auxquelles ils consacrent leur vie et leur intelligence. Plus de
cinq-cents d'entre eux, de Varsovie à Oslo en passant par Hong Kong,
Paris et Washington, viennent d'ailleurs d'adresser une lettre sans
équivoque au président chinois M. Hu Jintao.
Premier ouvrage dont nous
lui recommandons instamment la lecture " Le Tibet est-il chinois ? "
[1], paru en 2002 chez Albin-Michel sous la direction d'Anne-Marie
Blondeau et de Katia Buffetrille, et qui regroupe les contributions de
tibétologues mondialement reconnus.
Il y découvrirait que la
prétention d'appartenance du Tibet à la Chine depuis le IXème siècle,
qu'il a glanée dans ses lectures approximatives, est une idée récente,
et qui n'a vraiment cours que depuis une cinquantaine d'années, depuis
qu'elle a été imposée par le PC chinois.
Même Mao Zedong avait quelques
doutes sur la question, puisque, dans ses années de lutte pour le
pouvoir, il reconnaissait aux Tibétains le droit à leur drapeau, et son
projet constitutionnel accordait aux "nationalités" le droit à
l'autodétermination.
Pour faire court voici ce
qu'affirment les universitaires compétents. Lié aux empereurs
mongols (dynastie Yuan), lors de leur arrivée au pouvoir en 1271 par un
accord spécifique (Chö-Yon) dit de "maître spirituel à bienfaiteur", le
Tibet ne figure pas comme faisant partie du domaine impérial dans les
très officielles "annales des Yuan". Pas plus qu'il ne figure dans les
"annales des Ming", la dynastie qui devait succéder aux Yuan en 1368.
Avec l'arrivée des Mandchous
(dynastie Qing) en 1644 les choses se sont lentement modifiées,
notamment sous le règne de Qianlong (1735-1796) où l'on voit apparaître
l'idée d'une suzeraineté de l'empereur sur le Tibet. En quelque sorte le
"bienfaiteur" devient "protecteur" et le Tibet un "protectorat", sans
pourtant que cela prête vraiment à conséquence sur le terrain. La
présence symbolique des ambans (envoyés de l'empereur) et l'entretien
épisodique d'une petite garnison (quelques centaines d'hommes), à qui
était exclusivement confiée une tâche de défense extérieure devant être
perçue comme relevant d'un consentement mutuel plus que d'une domination
par le pouvoir central.
L'érudit sénateur pourrait-il
par exemple nous citer une seule "mesure de gouvernement" imposée par
l'empereur, comme les rois de France pouvaient en prendre dans leurs
provinces ?
Un pouvoir central qui ira en
s'affaiblissant au cours du XIXème siècle au point que le corps
expéditionnaire envoyé par la couronne britannique en 1904 et commandé
par le lieutenant-colonel Younghusband ne trouvera en face de lui pas
l'ombre d'un soldat chinois !
En revanche, la première et
sanglante tentative d'annexion du Tibet en 1906 par les troupes de Zhao
Erfeng, le "boucher du Kham" se terminera par une déroute en 1911, avec
la chute de la dynastie mandchoue. C'est donc tout
naturellement que, de retour dans sa capitale Lhassa, le XIIIéme Dalaï
Lama pourra déclarer l'indépendance du Tibet et (point 5 de la
déclaration) limiter considérablement le système des fermiers "attachés
à la terre" en affirmant : "nul n'a le droit d'empêcher quiconque de
cultiver toute terre vacante", allant même jusqu'à utiliser, bien avant
d'autres, cette formule : "la terre appartiendra au cultivateur".
Le Tibet va donc frapper
monnaie, produire ses propres timbres, délivrer des passeports, bref
s'attribuer les instruments de tous les pays indépendants. Une
indépendance que la Commission des juristes qui siège à Genève, avec
statut consultatif à l'ONU, décrira ainsi dans son rapport de 1960 : "le
Tibet était au moment de la signature de l'accord en dix-sept points en
1951 un Etat indépendant de facto... Il a démontré de 1913 à 1950 qu'il
présentait les conditions d'un Etat, telles qu'elles sont généralement
acceptées par la loi internationale".
Le seul reproche que l'on
puisse faire aux Tibétains de l'époque, par négligence ou mauvaise
connaissance du terrain diplomatique, c'est de n'avoir pas transformé ce
"de facto" en "de jure", comme avait su le faire la Mongolie, dite
extérieure. Sur la question du régime politique et social
qui prévalait au Tibet avant l'invasion chinoise de 1950, personne ne
prétend qu'il était un modèle de justice et de modernité. Tout n'allait
pas pour le mieux au Pays des Neiges. Il fallait réformer. Mais les
meilleures réformes ne sont-elles pas celles auxquelles le peuple
consent ?
Le XIVème Dalaï Lama, dès son
installation dans ses fonctions en 1950, avait fermement exprimé son
souhait de s'atteler à la tâche et de sortir son pays de l'archaïsme.
L'invasion chinoise ne lui en laissera pas le temps.
L'ébauche de constitution qu'il
promulgue en 1963, dès son arrivée en exil, est d'ailleurs une preuve
évidente de sa détermination démocratique, puisqu'il y est prévu que les
députés et même les membres du gouvernement, y soient élus au suffrage
universel.
En revanche, parer le régime
chinois de toutes les grâces, lui qui n'accorde aucun droit de vote à
ses citoyens, et même pas celui de s'exprimer sur internet (mémento Hu
Jia), notre gaucho sénatorial y va un peu fort. Et de lui attribuer,
dans la foulée, toutes les vertus émancipatrices que revendiquent les
régimes coloniaux, à commencer par la France lorsqu'elle régnait
Outre-mer. Le brouillon sénateur ne s'embarrasse d'ailleurs pas de ses
propres contradictions ; lui qui se montre si critique de l'importation
armée de la "démocratie" américaine en Irak, ne trouve rien à redire à
l'imposition du communisme au bout des baïonnettes chinoises au Tibet,
et ce depuis un demi-siècle. Enfin là où l'ignorance
devient carrément de la mauvaise foi partisane, c'est lorsque le Mao du
Sénat reprend quasiment mot à mot les thèmes qui lui sont soufflés par
l'ambassade de Chine sur la "volonté de restaurer la théocratie" du
Dalaï Lama et autre balivernes mensongères.
Dans toutes ses déclarations
sur l'avenir de son pays, le dirigeant tibétain affirme clairement sa
volonté de n'assumer aucun rôle au pouvoir lorsqu'il reviendra au Tibet,
celui-ci devant être issu exclusivement des urnes, dans le cadre d'une
constitution laïque et démocratique.
Quant au régime social, c'est
en France, devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée
nationale, présidée à l'époque par Jack Lang et devant un Edouard
Balladur ébahi, que nous avons tous entendu le Dalaï Lama affirmer avec
une certaine audace que son choix se portait résolument vers un système
socialiste. Affirmation qu'il complétait dans le Nouvel Observateur du
17 janvier 2008 en se décrivant comme "un marxiste en robe bouddhiste".
On comprend que cela puisse déplaire au sénateur de gauche. Enfin, la
robe de moine. Car il préfère sans doute réserver l'appartenance
marxiste aux vareuses des commissaires politiques, aux complets-vestons
des businessmen et aux uniformes des militaires, zélés défenseurs du
capitalisme chinois.
Qu'on nous pardonne notre ton
parfois polémique, il ne cache ni hargne ni colère. Simplement notre
souhait de voir l'élu de la République s'obliger à un peu de retenue
dans ses propos, appliquant la consigne que tous les journalistes dignes
de ce nom partagent : "qui n'a pas fait d'enquête n'a pas droit à la
parole". Inutile de lui préciser l'auteur de cette citation.
Qu'il sache en outre que nous
n'agissons jamais par haine de la Chine, attachés que nous sommes à la
liberté de ce grand peuple, que nous ne sommes pas des "indépendantistes
tibétains" et encore moins des "agitateurs professionnels" comme
l'affirme la langue de bois pékinoise. S'il veut s'en convaincre, et à
moins qu'il ne calque son attitude sur l'horreur du dialogue propre aux
dirigeants chinois, nous sommes, cela s'entend, parfaitement disposés à
le rencontrer. En toute bonne foi.
Jean Paul
Ribes
-------------------------------------------------------------------------------- Petite
bibliothèque à l'usage de l'élu qui veut savoir de quoi il parle sans
limiter sa connaissance à "Tintin au Tibet" ou aux brochures de
propagande :
"Histoire du
Tibet", Laurent Deshayes : Fayard, 1997 [2] "Le Tibet
est-il chinois ?", Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille : [1], Albin
Michel, 2002
et bien sûr les deux
excellents rapports publiés dans le cadre des documents de travail du
Sénat :
"Tibet, un peuple
en danger" (GA 50, Octobre 2003)
"Quelle solution
politique pour le Tibet ?" (GA77, Octobre 2007)
articles récents :
"Tibet, le défi à
la Chine", Le Nouvel Observateur, janvier 2008 "Bourgeonnement
précoce du printemps de Lhassa", Le monde diplomatique, avril 2008,
interview de M. Ricard dans Le Monde et pour une information
quotidienne : www.tibet-info.net [1] Le Tibet est-il chinois ? sous
la direction d'Anne-Marie Blondeau et de Katia Buffetrille.
Pour la première fois,
des chercheurs du monde entier se sont réunis pour donner au lecteur une
connaissance aussi exacte et pondérée que possible du Tibet. Symbole en
Occident d'une prestigieuse tradition spirituelle "orientale", ce pays
est aussi, depuis la "libération pacifique" chinoise dans les année '50,
l'objet de polémiques, de propagande et contre-propagande, entre
Chinois, Tibétains en exil, Tibétains du Tibet et Occidentaux.
Tout en reconnaissant
dans son titre, Le Tibet est-il chinois ?, l'enjeu essentiel de ces
affrontements, cet ouvrage ne cède à aucun parti pris et recherche
seulement l'objectivité. La genèse de l'ouvrage est liée à une réaction
de spécialistes occidentaux à la publication, en 1988 d'un pamphlet
chinois intitulé "Le Tibet, cent questions et réponses". Ce document
affirmait présenter le résultat des recherches des tibétologues chinois
sur les points controversés de l'histoire tibétaine et de la politique
chinoise au Tibet. Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, les
éditrices, ont conservé le plan du pamphlet et ont placé en regard des
réponses des savants chinois celles des savants occidentaux pour chacun
des thèmes traités.
L'éventail est vaste, de
l'histoire à l'éducation, de la médecine à la démographie en passant par
les émeutes, la folklorisation de la culture tibétaine, etc. Cette
encyclopédie condensée sur le Tibet offre tout particulièrement un
éclairage novateur sur la religion, inscrite ici dans l'ensemble dont
elle est solidaire. La forme interrogative du titre de l'ouvrage est une
invitation à la réflexion, à partir de connaissances rassemblées sans
passion et dont la divulgation s'imposait dans les circonstances
présentes. Le lecteur pourra enfin juger sur pièces de ce que fut le
Tibet, de ce qu'il est devenu et de ce qu'il pourra
devenir. [2] " Histoire du Tibet " de Laurent Deshayes.
Editions Fayard, janvier 1997. Très attendue, cette "Histoire du
Tibet" - la première du genre en français - est fondée, outre les
sources classiques, sur un fond d'archives peu utilisé jusqu'alors :
celui du Ministère des Affaires étrangères français et de la Société des
Missions Etrangères de Paris. D'où, sans doute, l'accent mis sur la
place des missionnaires chrétiens au Tibet, à différents moments de son
histoire.
Une histoire complexe et
tourmentée dont Laurent Deshayes réussit, et c'est un tour de force, à
suivre le fil à travers les influences mongoles et mandchoues, les
guerres pour le pouvoir entre écoles du bouddhisme (ou du moins entre
lamas dignitaires), ou les convoitises étrangères. Une chose est
certaine en tous cas : cette histoire ne peut être lue avec les seuls
concepts occidentaux de la géopolitique.
Ainsi cette
relation Chö-Yon (de maître spirituel à bienfaiteur) qui unit les
peuples tibétains (de Sakya Pandita aux Dalaï Lamas) d'abord aux Khans
mongols, puis à l'empereur de Chine, malgré ses implications politiques,
ne peut en rien se confondre avec une suzeraineté chinoise et encore
moins un protectorat, impliquant un abandon de soumission du côté
tibétain.
Historien,
donc impartial, Laurent Deshayes rétablit les vérités tronquées,
masquées, transformées par les fonctionnaires impériaux du Parti
communiste
chinois. _____________________
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République Française
Paris, le 8 avril 2008
Assemblée
Nationale
Lionnel
LUCA Président du Groupe d'études sur le problème du
Tibet
à l'Assemblée nationale
Flamme olympique : une organisation
"bunkérisée"
Le président UMP du groupe
Tibet à l'Assemblée nationale, Lionnel Luca, a dénoncé le choix fait par
les organisateurs du passage de la flamme olympique à Paris de
"bunkériser" l'événement, écartant par principe les associations de
défense des droits de l'Homme.
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Des députés manifestent sur le passage de la flamme
olympique
Le 07 avril 2008 - AP
Des députés de toutes sensibilités politiques ont
manifesté lundi après-midi pour le respect des droits de l'Homme en
Chine lors du passage de la flamme olympique devant le Palais-Bourbon.
Trente-cinq d'entre eux sont sortis sur le mur d'enceinte de l'Assemblée
au moment du passage de la flamme. Les manifestants, dont certains
étaient ceints de l'écharpe tricolore et agitaient des drapeaux
tibétains, ont crié "Liberté pour le Tibet" et chanté "La
Marseillaise".
Une banderole "Respect des
droits de l'Homme en Chine" avait été placée sur le mur. Sur le quai,
des manifestants pro-tibétains ont repris le slogan, couvrant de leurs
voix quelques dizaines de partisans du régime de Pékin installés au coin
du quai Anatole-France et du boulevard
Saint-Germain.
Parmi les députés manifestants
se trouvaient Jean-Marc Ayrault (PS), Françoise de Panafieu (UMP),
Jean-Christophe Lagarde (Nouveau centre) ou encore Yves Cochet
(Verts).
Le groupe d'études sur le Tibet
et le groupe socialiste avaient organisé cette manifestation inédite
pour "montrer l'attachement de notre peuple aux droits de l'Homme de
manière générale et en particulier pour les Tibétains qui ont eu le
courage d'alerter le monde en bravant la répression et en mourant pour
cela", selon Lionnel Luca (UMP), président du groupe
d'études.
"Une manifestation de CRS" selon Jean-Louis
Borloo
Personne n'a pu voir la flamme
olympique, qui se trouvait à l'intérieur d'un autocar précédé de
plusieurs dizaines de camions de CRS et protégé par un impressionnant
dispositif policier. "Vous avez vu la flamme, vous?", demandait la
députée socialiste Aurélie Filippetti, qui avait revêtu pour l'occasion
le T-shirt de l'association Reporters sans
frontières.
"C'est une manifestation de
CRS", s'est amusé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, venu
assister à la scène depuis les marches du
Palais-Bourbon.
"On a l'impression que c'était
un défilé militaire", a remarqué M. Ayrault, un badge avec le mot
"liberté" au revers de sa veste. "La flamme olympique, c'est le symbole
de la fraternité, et aujourd'hui on a entr'aperçu cette flamme olympique
encadrée de policiers".
L'ambassade de Chine se comporte comme "une ambassade
occupante" selon Lionnel Luca
De son côté, M. Luca a trouvé
"scandaleux" que les forces de l'ordre ait arraché les drapeaux
tibétains brandis par des manifestants sur le passage de la flamme.
"Plutôt que Pékin à copier Paris, c'est plutôt Paris qui aurait tendance
à copier Pékin", s'est insurgé le député UMP. Il a dénoncé "l'arrogance"
de "l'ambassade de Chine à Paris qui se comporte selon lui comme "une
ambassade occupante".
Le débat sur le projet de loi
relatif aux organismes génétiquement modifiés (OGM) avait été interrompu
pendant une demi-heure pour permettre aux députés de participer à la
manifestation.
Le président UMP de l'Assemblée
Bernard Accoyer n'a en revanche pas accédé à la demande du groupe
socialiste de déployer le drapeau du Tibet sur le fronton du
Palais-Bourbon. Il a invoqué le principe de neutralité des services
publics qui "s'oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics
des signes symbolisant la revendication d'opinions politiques,
religieuses ou philosophiques".
"Il y a quelques temps, le
portrait d'Ingrid Betancourt avait été érigé devant l'Assemblée
nationale et le règlement ne l'exigeait peut-être pas non plus", a
remarqué le président du groupe socialiste Jean-Marc
Ayrault.
M. Accoyer a informé les
députés qu'il allait saisir le prochain bureau de l'Assemblée d'une
"réflexion sur l'utilisation du frontispice de l'Assemblée lors des
expressions nationales de cette nature".
AP
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Le 3 avril 2008 - AFP
Paris
Le
Groupe d'études Tibet de l'Assemblée nationale passe de 62 à 143 membres
!
Le groupe d’études sur la
question du Tibet de l’Assemblée a plus que doublé ses effectifs après
la répression chinoise à la mi-mars à Lhassa, passant de 62 à 130
membres, députés de gauche comme de droite, selon son président Lionnel
Luca (UMP).
Ce groupe Tibet se prépare à
participer aux manifestations de soutien au peuple tibétain lors du
passage de la flamme olympique.
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Le 2 avril 2008 - AFP
Paris
Jean-Marc Ayrault demande que le drapeau tibétain
flotte sur le Palais Bourbon le 7 avril 2008
Le président du groupe PS,
Jean-Marc Ayrault, a demandé le 3 avril au président de l’Assemblée
nationale, Bernard Accoyer (UMP), que le drapeau tibétain soit déployé
sur le fronton du Palais-Bourbon le 7 avril à l’occasion du passage de
la flamme olympique à Paris. (La flamme olympique passera notamment le
long de la Seine, devant l’Assemblée nationale).
"J’ai écrit au président
Bernard Accoyer afin qu’il fasse arborer les couleurs du Tibet au
fronton de l’Assemblée nationale le jour du passage de la flamme",
annonce M. Ayrault, au nom des députés PS, PRG et apparentés (205 élus),
dans un communiqué.
"Nous souhaitons que la
représentation nationale exprime son soutien" aux Tibétains, "ces hommes
courageux qui luttent contre l’oppression" chinoise, souligne-t-il.
"Malgré l’approche des Jeux
olympiques de Pékin et les multiples pressions internationales, les
autorités chinoises s’obstinent dans cette funeste voie. Elles viennent
ainsi de condamner Hu Jia, figure emblématique du combat pacifique pour
l’amélioration de la situation des Droits de l’Homme dans le pays, à
trois ans et demi de prison", écrit M. Ayrault dans sa lettre à M.
Accoyer, communiquée à l’AFP.
"Le passage de la flamme
étant un moment hautement symbolique, il nous paraît inconcevable que la
représentation nationale française n’exprime pas, à cette occasion, son
attachement aux valeurs universelles des Droits de
l’Homme et son soutien aux victimes du régime chinois", insiste-t-il.
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Louis de Broissia
REPUBLIQUE FRANÇAISE Paris, le 31 octobre 2007
COMMUNIQUE DE PRESSE
Quelle solution politique pour
le tibet ?
M. Louis de Broissia (UMP – Côte-d’Or), président du
groupe d’information sur le Tibet du Sénat, a présenté à la presse son
rapport intitulé
« Quelle solution politique pour le Tibet ? »,
qui fait suite à la visite officielle d’une
délégation du groupe d’information à Pékin et à Lhassa. Cette visite
officielle répondait à une invitation de l’Assemblée nationale populaire
de Chine, car les sénateurs membres du groupe d’information sur le Tibet
sont partisans d’un dialogue direct avec les autorités chinoises. Les
entretiens tenus à cette occasion, dont les comptes-rendus figurent en
annexe du rapport, ont été courtois mais francs.
Si la position des autorités chinoises mérite d’être
entendue, elle ne peut pas cependant être acceptée sans réserves. La «
libération pacifique » du Tibet, en 1950, puis sa « réforme démocratique », à
partir de 1959, sont des expressions reçues de la propagande destinées à masquer
la réalité d’une annexion par la force suivie de bouleversements violents. De
même, il est contraire aux faits d’imputer la rébellion tibétaine à un complot
impérialiste occidental, alors qu’elle résultait spontanément d’un sentiment
national bafoué.
Le développement matériel du Tibet depuis son annexion a
pu être constaté sur place par la délégation du groupe d’information. Toutefois,
l’envers du décor laisse apparaître une marginalisation économique et culturelle
des Tibétains de souche, caractéristique d’une situation de type
colonial. Les sénateurs membres du
groupe d’information sont convaincus qu’il est de l’intérêt des autorités
chinoises de parvenir rapidement à un accord avec le Dalaï-Lama, dont les
positions modérées sont connues. Ce n’est pas un arrangement relatif au
statut personnel de celui-ci qui est en jeu, mais bien une vraie solution
politique qui permettrait au Tibet de s’épanouir au sein de la grande Chine
dans un cadre d’autonomie sincère.
Le rapport,
qui est le troisième publié par le groupe d’information, après « Tibet : un peuple en danger » (n°GA 50 – octobre
2003) et « Le Tibet en exil : à l’école de la
démocratie »
(n° GA 67 – juin 2006), est disponible sur
internet :
http://www.senat.fr/noticerap/2007/ga77-notice.html.
Contact
presse : Jacques-Henri de Rohan Chabot 01 42 34 35
17
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République
Française
Paris, le 16 octobre 2006
Assemblée
Nationale
Le
Groupe d'Etudes sur le Tibet à l'Assemblée Nationale exprime
sa révolte sur la tuerie du Nangpa-La
Les Jeux de Pékin ont-ils
commencé ?
Ball-trap avec les Tibétains
! Le 30 septembre dernier, Kelsang Namdrol (*), une
jeune nonne tibétaine âgée de 17 ans, a été abattue par les
gardes-frontières chinois qui ont ouvert le feu sur un groupe d'environ
soixante-dix personnes qui tentaient de passer du Tibet au
Népal.
Contrairement à ce qu'affirmaient
les autorités chinoises, les pélerins n'étaient pas armés et n'ont pas
attaqué les gardes chinois, comme le montre bien la vidéo réalisée par un
caméraman de la chaîne roumaine ProTV qui se trouvait avec les alpinistes
qui ont alerté l'opinion internationale.
Les 140 membres du groupe d'études
sur le problème du Tibet, révoltés par cette lâche agression, dénoncent avec
fermeté cette violation des règles internationales, et demandent à la
communauté internationale d'ouvrir une enquête indépendante sous l'égide de
l'ONU, afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
Ils saisissent le Ministre des
Affaires Etrangères pour obtenir des explications auprès du Gouvernement
chinois.
C'est une nouvelle fois la preuve
indiscutable de ce que le Peuple tibétain subit depuis 56 ans; des centaines
de Tibétains tentent de quitter le Tibet, occupé depuis 1950 par la Chine,
afin de fuir la répression politique, culturelle et religieuse dont ils sont
victimes.
Lionnel LUCA Président du
Groupe d'études sur le problème du Tibet à l'Assemblée
nationale Député des Alpes-Maritimes
CONTACT PRESSE: Marie Huteau
06 63 04 61 09
(*) Note de FranceTibet : Rectificatif de
l'identité de le jeune nonne abattue KELSANG NORTSO (et non Kelsang Namdrol
) indique le Centre des Droits de l'Homme de Dharamsala.
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REPUBLIQUE
FRANÇAISE Le 23 août 2006
COMMUNIQUE DE PRESSE
Invitation officielle au
Tibet pour des parlementaires
français
Pour la première fois dans
l'histoire des relations franco-chinoises, une délégation de parlementaires
français se rend au Tibet à l'invitation officielle de l'Assemblée Populaire de
Chine.
Du 21 au 31 août, une délégation de
quatre sénateurs conduite par Louis de Broissia, Président du Groupe
d'Information sur le Tibet du Sénat, se rendra via Pékin à Lhassa, Shigatse et
Chengdu à la rencontre de la population tibétaine.
Les sénateurs ne manqueront pas de
rappeler aux autorités chinoises que les conditions de vie imposées aux
tibétains (vie économique bien sûr, mais aussi culturelle, religieuse,
expression libre etc…) obscurcissent l'image que la puissante Chine offre au
monde, dans la perspective des Jeux Olympiques de 2008
notamment.
Ils seront en particulier les
interprètes de la communauté tibétaine en exil qu'ils sont allés rencontrer à
Dharamsala (Inde) en avril 2005, et se feront l'écho de sa sainteté le
Dalaï-lama dont le retour facilité donnerait du Tibet l'image d'une démocratie
respectée dans l'Ensemble Chinois.
Louis de BROISSIA
Président du Groupe d'Information sur le Tibet SENAT 15 rue de Vaugirard - 75006 PARIS Tél. : 01 42 34 35 17 - Fax : 01 42 34 43
22 E-mail : l.debroissia@senat.fr
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PEKIN
Le 30 août
2006
COMMUNIQUE DE L'AFP
" On les a agacés en posant la question du Panchen Lama "
Une délégation parlementaire
française, qui a eu l'autorisation de visiter pour la première fois le
Tibet, a appelé mercredi le gouvernement chinois à ouvrir le dialogue
avec le Dalaï Lama avant les jeux Olympiques de
2008.
" Le moment est venu pour
les Chinois de montrer une ouverture plus grande sur le Tibet ", a
estimé, mercredi à Pékin, Louis de Broissia qui préside au Sénat le "
Groupe d'information sur le Tibet " et a rencontré 15 fois le Dalaï
Lama, leader spirituel des Tibétains en exil.
" Il y a une opportunité, ce
sont les jeux Olympiques ", a ajouté son collègue Jean
Faure.
M. de Broissia (UMP) a
conduit la délégation, formée de trois autres sénateurs, pour cette première
visite d'information dans les villes tibétaines de Lhassa et de Shigatse,
puis au Sichuan, dans une zone où vit une minorité
tibétaine.
Il a indiqué avoir soulevé
auprès de ses interlocuteurs officiels la question des prisonniers
politiques et du sort de Gedhun Choekyi Nyima.
Aujourd'hui âgé de 16 ans,
ce dernier avait été désigné 11e Panchen Lama par le Prix Nobel de la Paix
quand il avait six ans avant de disparaître puis d'être remplacé par
Gyaincain Norbu, choisi par Pékin.
" Le sentiment que j'ai,
c'est qu'ils acceptent ce dialogue, on les a agacés en posant toujours la
question du Panchen Lama, celui qui a disparu, on a dit qu'on voulait le
voir, on a parlé des prisonniers politiques " a déclaré le sénateur
français.
M. de Broissia a souligné que " le Dalaï Lama veut
revenir (en Chine) comme religieux, pas comme chef d'Etat ", affirmant avoir
répété aux autorités chinoises que " la théocratie c'est fini, ne parlez
donc pas du passé ".
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PARIS Le 23 août
2006
INTERVIEW AFP
"Je pensais aller au Tibet, je
suis allé en Chine"
Le sénateur UMP Louis de
Broissia, de retour de la première visite au Tibet d'une délégation
parlementaire française, a plaidé auprès des autorités chinoises le retour
des réfugiés tibétains avant les Jeux olympiques de 2008.
M. de Broissia, qui préside le
"Groupe d'information sur le Tibet" du Sénat était accompagné des UMP Jean Faure
et Laurent Béteille, ainsi que du PS Thierry Repentin, pour ce voyage à
l'invitation de l'Assemblée populaire de Chine.
AFP - Cette visite
représente-t-elle à vos yeux une ouverture de la part des autorités chinoises ?
Louis de Broissia - C'est la première
fois, en tout cas, qu'une délégation parlementaire française s'occupant
officiellement des questions tibétaines est reçue par les autorités chinoises,
donc c'est un pas positif puisque, après tout, ils ont accepté le dialogue. On a
beaucoup parlé du Panchen Lama, disparu il y a 11 ans, on a beaucoup parlé du
Dalaï Lama, on a parlé de prisonniers politiques, avec une liste que j'ai remise
aux autorités officielles. Donc ça a été un langage vraiment franc. Et que ces
autorités aient accepté ce langage est déjà un premier pas.
AFP - Avez-vous pu avoir des
contacts avec des Tibétains hors la présence d'autorités chinoises ?
Louis de
Broissia - On n'a pas eu de
contact. Je ne voulais pas non plus compromettre des Tibétains. On voit des
policiers dans les monastères. On sent que les monastères ne sont pas un lieu
d'expression spontanée. Ce qui est pesant, pour un occidental qui y va, c'est
que c'est la Chine. Moi, je pensais aller au Tibet, je suis allé en Chine. La
ville de Lhassa est une ville chinoise, la ville de Shigatse est une ville
chinoise. Tout le long de la route, l'habitat rural tibétain laisse la place à
des habitats chinois. Mais les jeunes tibétains revenus des universités
chinoises veulent retrouver leur identité tibétaine.
AFP - Quel message avez-vous laissé aux autorités
chinoises ?
Louis de Broissia - Faites rentrer, avant
2008, les réfugiés tibétains au Tibet. Faites cela, ce sera un coup de génie, et
vous réussirez les Jeux olympiques, vous réussirez l'exposition universelle.
Dans le respect de l'autonomie, de la Constitution, ouvrez des négociations
sérieuses avec le Dalaï Lama. Ils ne nous ont pas dit non. Les autorités
chinoises se disent ouvertes au dialogue. Je considère que la question tibétaine
doit être posée par la Chine et réglée à l'intérieur de la Chine. A ce
moment-là, ce sera un problème intérieur chinois.
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L'association TIBET VALLEE DE
LA DROME remercie Patrick Bonnassieux, Cl. B. Levenson,
ainsi que le Sénat et la Chambre des
députés pour leurs précieuses infos.
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